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Full text of "L'oiseau"

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FOR EDVCATION 

FOR SCIENCE 






LIBRARY 

OF 

THE AMERICAN MUSEUM 

OF 

NATURAL HISTORY 





A. M 



REVUE 



'Màn laturi 





Ole 



PUBLIEE PAR 

LA SOCIÉTÉ NATIONALE D'ACCLIMATATION DE FRANCE 



DEUXIÈME PARTIE 

ORPS ITMOLOQ I E — AVICULTURE 



S'j.îT.ût.L^'^ 



L'OISEftU 



Volume IV. — Année 1923 



PARIS 
AU SIÈGE SOCIAL : 198, BOULEVARD SAINT-GERMAIN 

1923 



i^ 



L*0ISEAU 



Société Nationale d'Acclimatation. 
L'OISEAU 



Pli. I 

1923 




WORABÉ 

iPyromelana afraj. 



Ignicolore 
(Pyromelana franciscana). 



Pape de Leclancher 
(Passerina leclancherii. 

Diamant mirabilis 
(Poephila mirabilisi. 

Diamant psittacllaire 
(Erythfura psittacea). 

Grenadin 
(Granatina granatinai. 



Amarante 
iLogonosticta senagalaj 



Cordon bleu 
(Urœginthus phoenicotis). 



LES ©ISEftUX 



LEUR ErVTRKTIEX — LEUR ELEVAGE 



manuel pratique et général, publié sous les 
auspiees de la Société îV'atîonale «fAcclimata- 
tîon «le France et tie l'Avîcultural Society «le 
Iion«lres, par un Comité mixte, sous la «lirec- 
tion «le MIII. .fean MKI.ACOITR, Prési«lent «le la 
Section «l'ornitliolosie «le la Société IVationale 
«I^Acclimatation «le France, et Wavi«l SETM- 
SnilTH, Directeur «les Services ornitliologîïiues 
du «lar«lin zoolois;ique «le Ijondres. 



* 
* * 



Il n'existe pas, actuellement, d'ouvrage complet et mo- 
derne traitant des Oiseaux en captivité. Pour combler cette 
lacune, la Sectioîl d'Ornithologie de la Société Nationale 
d'Acclimatation et VAvicultural Society jugent actuellement 
nécessaire de coopérer étroitement, dans le but de vulgari- 
ser davantage l'art d'entretenir et d'élever les Oiseaux de tous 
genres, de le rendre plus facile aux débutants et d'accroître 
ainsi le nombre des amateurs. Elles décident donc de com- 
mencer dans leurs deux Revues la publication simultanée, en 
français et anglais, d'une même série d'articles SUr les 
soins à donner aux Oiseaux, avec description des prin 

l'oiseau. — 1923. 1 



2 L OISEAU 

Cipales espèces et tous renseignements utiles. Ces articles 
seront accompagnés d'un grand nombre de planches en 
couleurs et en noir, et seront écrits par les meilleurs spécia- 
listes des deux Sociétés ; ils commencent à paraître dans le 
présent numéro et se suivront sans interruption. 

Après une introduction, que l'on trouvera plus loin, oii 
sont fournies des indications générales sur l'installation, la 
nourriture et les soins à donner aux Oiseaux, toutes les fa- 
milles seront passées en revue ; celles qui présentent le plus 
d'intérêt en captivité seront longuement étudiées : tous les 
renseignements nécessaires à l'entretien et à l'élevage des 
Oiseaux qu'il est facile de se procurer, et sont par là même 
les plus populaires, seront donnés en détail. Quant aux fa- 
milles dont aucune espèce n'a jamais été tenue en cage, elles 
ne seront que mentionnées, de façon suffisante toutefois pour 
faciliter les futurs essais d'acclimatation dont elles pourraient 
être l'objet. 

Ces articles, étant donné leur caractère pratique, seront 
rédigés clairement et simplement, de façon à pouvoir être 
consultés sans difficulté, même par des débutants. Ils seront 
au nombre d'environ cinquante et formeront deux volumes 
séparés de plus de 700 pages, abondamment illustrés. Cet 
ouvrage répondra à un urgent besoin. 

Nos abonnés sont priés d'annoncer la publication de ce 
manuel aux personnes qui s'intéressent aux Oiseaux, afin 
qu'elles puissent profiter dès le début du nouvel avantage 
que notre Revue offre à ses lecteurs ; c'est l'Art tout entier 
de faire vivre et reproduire les Oiseaux que notre Société 
met ainsi à la portée du public, grâce à l'effort désintéressé 
des amateurs les plus expérimentés et des éleveurs les plus 
habiles. 



IXTRODUCTIOX 



INDICATIONS GÉNÉRALES SUR L'INSTALLATION, 
LA NOURRITURE, LES SOINS ET LES ACHATS 

par Jean DELACOUR 



L'Oiseau sauvage est certainement l'être vivant que 
l'homme préfère, en dehors des Animaux domestiques, pour 
le faire vivre auprès de lui comme compagnon. Non seulement 
les Oiseaux comptent parmi les créatures dont les formes et 
les couleurs sont les plus harmonieuses, mais ils nous inté- 
ressent encore par leurs mouvements gracieux, leurs mœurs 
captivantes et surtout par leur voix mélodieuse, don unique 
de la Nature à la plupart d'entre eux. 

Heureusement, la majorité des Oiseaux se prête aisément 
à la captivité ; la variété des moyens dont nous disposons 
pour les faire prospérer est extrême : on en trouve pour 
convenir à la plupart des espèces et aussi à tous les amateurs ; 
depuis la plus petite Cage d'appartement jusqu'à l'acclima- 
tation en liberté dans un Parc, il existe mille façons de faire 
vivre et d'élever ks Oiseaux. On arrive ainsi à les maintenir 
dans un état de santé et d'activité aussi parfait que s'ils 
vivaient à l'état sauvage. 

Ce sont les meilleurs de tous ces procédés que nous allons 
brièvement passer en revue. Nous parlerons d'abord des ins- 
tallations, puis de la nourriture pour les adultes et les jeunes 
et enfin des soins à leur donner en cas de maladie, ainsi que 
des précautions à prendre lors des achats. Nous nous en tien- 
drons, dans cette introduction, à des données générales, nous 
réservant de fournir de plus amples détails à propos des diffé- 
rentes faimilles et espèces dans les chapitres qui les concernent. 



L OISEAU 



I. INSTALLATIONS 

Nous ne pouvons parler de toutes les installations possibles, 
dont le nombre est infini ; nous indiquerons seulement les 
meilleures, celles qui donnent une complète isatisf action ; 
toutes ont été expérimentées par nous-mêmes, soit à Villers- 
Bretonneux, jusqu'en 191 8, soit, après la destruction de cette 
propriété, à Clères, 011 elles existent actuellement. 

Nous ramenons les installations à six types : la Cage, la 
Chambre d'Oiseaux, la Volière intérieure et la Galerie, la 
Volière en plein air, le Parquet et l'Enclos, le Parc. 

CAGES 

L'installation la plus simple à donner à un Oiseau est la 
Cage ; c'est' aussi de beaucoup la plus répandue. Il s'ensuit 
que les modèles existent par centaines ; quelques-uns sont 
excellents ; un certain nombre, convenables ; la plupart, 
détestables. Parmi ces derniers, je citerai toutes les Cages 
(( chalets » compliquées et autres horreurs dites ornemen- 
tales, qui offensent à la fois le bon goût et le bon sens, sont 
inconfortables et difficiles à nettoyer. 

Je ne signalerai ici que les bonnes Cages. Elles peuvent 
se ranger en trois catégories : les Cages métalliques, les Cages 
de bois et les Cages-boîtes, dites d'élevage. Chaque catégorie 
convient à certaines classes d'Oiseaux. 

Les Cages métalliques en fer (i) peint ou non, sont compo- 
sées d'un cadre de bois, ou mieux de fer, formant des pan- 
neaux rectangulaires garnis de barreaux. Plus le cadre et les 
barreaux seront minces, plus la Cage sera légère et élégante ; 
il est seulement nécessaire de ne pas dépasser les limites de 
la solidité. Les Cages à Perroquets et à Perruches, qui ren- 
trent dans cette série, peuvent être carrées, rectangulaires ou 
rondes ; elles devront avoir de forts barreaux ; toutes les 



(1) Les cages en cuivre ne sont pas à recommander à cause de leur peu 
de solidité et du vert-de-gris toxique qui les recouvre rapidement. 



LES OISEAUX 



parties de bois seront recouvertes de zinc. Le sommet de la 
Cage, qu'il est préférable d'avoir plat, peut être garni de 
barreaux ou d'étoffe, de molesquine ou de toile par exemple ; 
ce dernier procédé est à employer pour les Ois^eaux sauvages 
et craintifs et ceux qui sont enclins à rêver la nuit ; il prévient 
les blessures à la tête qu'ils ne manqueraient pas de se faire 
en se précipitant contre le haut de la Cage. Les côtés sont 
garnis de barreaux ; ceux-ci doivent être convenablement es- 
pacés, pour ne pas trop masquer l'Oiseau, tout en s'oppo- 
sant à sa fuite. Le fond doit également être garni soit de bar- 
reaux, soit d'un panneau de bois ; dans ce dernier cas, on 
a l'avantage que les débris qui tombent du plateau soient 
retenus et ne salissent pas l'appartement. Sur ce fond glisse 
un plateau métallique, pourvu d'un anneau pour le tirer ; 
il doit posséder de hauts rebords, de 3 centimètres au moins ; 
on évite ainsi que le sable ou la nourriture ne soient pro- 
jetés au dehors. La base des côtés de la Cage est en bois et 
doit être haute de 7 centimètres au minimum, toujours par 
raison de propreté ; l'une d'elles est mobile et possède des 
charnières, pour laisser passer le plateau ; file doit se fermer 
avec toute la sûreté nécessaire ; trop souvent des Oiseaux 
s'échappent de ce côté. Il est également à conseiller de gar- 
nir de plaques de verre le bas des barreaux, au-dessus du 
bois, sur une hauteur de 8 à 10 centimètres. On évite ainsi 
à peu près complètement que la pièce oij l'on tient la Cage 
ne soit salie. 

La Cage ne doit présenter aucun recoin dont le nettoyage 
serait difficile et où la vermine ou les débris pourraient s'ac- 
cumuler. 

Une importante question est celle des portes : pour nettoyer 
facilement la Cage, introduire la nourriture, attraper les 
Oiseaux, etc.... il est nécessaire d'avoir des portes suffisam- 
ment nombreuses et bien placées. Une porte centrale sur le 
devant, une autre plus petite sur chacun des côtés et deux 
autres au besoin pour le service des mangeoires, constituent 
un excellent système. Les portes doivent fonctionner facile- 
ment et se bien fermer ; celles à ressort sont pratiques, mais 
causent parfois des accidents en serrant l'Oiseau qui tente 
de s'échapper ; les portes à glissières sont recommandables. 
Nous avons décrit l'essentiel de la Cage métallique ; don- 
nons maintenant quelques indications sur son aménagement. 



6 l'oiseau 

Le plateau de la Cage devra être garni de sable ou de sciure 
de bois, qui sera remplacé chaque jour, après lavage du 
plateau. Cependant, pour certains Oiseaux délicats, qui se 
nourrissent de bouillies sucrées, comme les Guits-Guits, les 
Souï-Mangas et les Colibris, il est nécessaire de mettre du 
papier buvard sur le plateau ; le sable et la sciure forme- 
raient avec la bouillie une sorte de colle qui s'attacherait à 
l'Oiseau et lui serait néfaste. 

Les perchoirs pourront être des bâtons de bois tourné ou 
des branches naturelles ; les deux genres sont bons, si on a 
soin de les laver ou de les remplacer fréquemment ; les per- 
choirs doivent être en bois tendre et, de préférence, pleins, car 
les parasites se réfugient dans les bâtons creux ; il est néces- 
saire qu'ils soient peu nombreux et espacés de façon que l'Oi- 
seau prenne le plus d'exercice possible ; il faut aussi qu'ils 
soient de grosseur inégale, pour que la patte ne s'immobilise 
pas toujours dans la même position ; ils devront, bien en- 
tendu, être proportionnés à la taille de l'Oiseau. 

Les mangeoires et godets les meilleurs sont ceux de métal 
émaillé, de faïence ou de porcelaine, qui sont faciles à laver 
et conservent parfaitement les aliments ; ils sont indispen- 
sables pour les pâtées, les bouillies et les fruits ; pour les 
graines, on peut les remplacer par des mangeoires de métal 
ou de bois ; il en existe de très nombreux modèles ; les plus 
simples sont les meilleurs ; il faut toujours choisir les réci- 
pients faciles à nettoyer. Les mangeoires à pâtées sont lavées 
chaque jour, avec grand soin ; celles à graines, au moins net- 
toyées soigneusement. Les abreuvoirs, comme les mangeoires, 
sont bons quand ils peuvent être aisément nettoyés ; ceux de 
verre, de faïence et de terre vernie doivent être préférés aux 
autres. 

Les baignoires ouvertes ont l'inconvénient d'inonder la 
Cage ; il vaut mieux employer les baignoires composées d'un 
récipient de zinc et d'un entourage de verre qui se suspend 
à l'extérieur de la Cage, contre l'ouverture de la porte. Il en 
existe de différentes tailles. 

La Cage elle-même devra être lavée et nettoyée à fond une 
fois par mois. 



LES OISEAUX 7 

Les Cages de bois sont analogues de taille et de formes aux 
Cages métalliques et tout ce que nous avons dit sur l'aména- 
gement de ces dernières s'applique à elles, de même qu'aux 
Cages-boîtes ; elles sont formées de cadres de bois et de bar- 
reaux de bois ou de roseau ; elles ont un aspect pittoresque 
et agréable et conviennent admirablement aux Oiseaux insec- 
tivores. Le bois présente sur le métal l'avantage d'être moins 
dur ; les Oiseaux détériorent généralement moins leur plu- 
mage dans les Cages de bois et ont de moindres chances de 
s'y blesser. 

Les Cages-boîtes, dites d'élevage, sont compasées de parois 
de bois plein sauf sur la façade qui est grillagée de bois ou de 
métal. Il est bon de peindre l'intérieur de la Cage en blanc ou 
en nuance claire. Dans les deux plus petits panneaux des 
côtés sont aménagées des portes pleines ; deux autres petites 
portes, sur la façade grillée, facilitent le service des abreu- 
voirs et des mangeoires. Le plateau est analogue à celui des 
autres Cages. Les Cages-boîtes ont le très grand avantage de 
donner aux Oiseaux plus de tranquillité et de les soustraire 
aux courants d'air ; elles sont surtout à recommander pour 
les insectivores délicats et tous les petits Oiseaux que l'on 
veut faire reproduire en Cage. 

Les Cages sont d'un usage très général. Il faut y loger 
d'abord tous les Oiseaux nouvellement arrivés quand ils ne 
dépassent pas la taille d'une Pie ; c'est là une précaution 
essentielle ; les Oiseaux rustiques, qui paraissent en bon état, 
devront y demeurer au moins une quinzaine de jours ; les 
Oiseaux plus délic-ats y resteront jusqu'après leur première 
mue après l'arrivée. Ce n'est que dans une Cage que l'on 
peut observer suffisamanent un nouvel Oiseau pour lui donner 
tous les soins qu'il réclame. 

On tiendra aussi en Cage les Oiseaux insectivores ou gra- 
nivores dépareillés, surtout ceux que l'on garde comme 
chanteurs, et ceux qui sont quelque peu délicats. Enfin, 
nombre de petits Oiseaux : Astrilds, Mandarins. Nonnes, 
Serins de Mozambique, etc.. y vivent parfaitement et souvent 
même s'y reproduisent. 

Ajoutons que les Cages doivent avoir des dimensions en rap- 
port avec leurs habitants : o m. 4o de longueur x o m. 26 de 



8 l'oiseau 

largeur x o m. 35 de hauteur, est un minimum pour un Oi- 
seau ou un couple de la taille des Bengalis ; o m. 60 x o m. 35 
X o m. /(5, convient à ceux de la taille tdes Serins ; o m. 80 
X o m. 45 X o m. 60, à ceux de la taille des Merles. Si l'on 
veut conserver plus de deux Oiseaux dans une Cage, il faudra 
augmenter ses dimensions en proportion du nomibre de ses 
habitants. Il est cruel et antihygiénique de mettre trop 
d'Oiseaux dans un petit espace, 011 ils ne tarderaient pas à 
dépérir. 

CHAMBRES D'OISEAUX 

Les Cages peuvent être placées dans un appartement quel- 
conque ; mais quand on en possède un certain nombre, il 
est préférable de les réunir dans une pièce spécialement amé- 
nagée pour cela : c'est la Chambre d'Oiseaux. 

Cette Chambre devra, autant que possible, être orientée au 
midi ou à l'est et être bien éclairée. Les murs seront badi- 
geonnés à la chaux ou mieux peints au ripolin, de façon à 
être reblanchis ou lavés' souvent. Suivant le nombre de Cages 
que l'on veut y placer, on mettra, le long des imurs les mieux 
éclairés, des rayons destinés à les recevoir ; on pourra aussi 
en placer sur des tréteaux et des tables ; cela présente l'avan- 
tage de pouvoir approcher les Cages de la fenêtre et faire 
ainsi profiter du soleil, à tour de rôle, tous les Oiseaux. Le 
sol de la Chamibre sera recouvert de sable, passé et nettoyé 
chaque jour ; on peut supprimer le sable si le sol est faci- 
lement lavable : le linoléum est à recommander. Les fenêtres 
seront grillagées et munies de volets ou de rideaux, permet- 
tant d'y faire l'obscurité; en été, il est souvent indispen- 
sable de ne laisser pénétrer le jour que lorsque l'on com- 
mence à soigner les Oiseaux ; autreiment, ils se réveillent 
trop tôt, mangent une nourriture peu fraîche et peuvent en 
mourir rapidement. Quand il est possible d'établir un tam- 
bour aux portes, la sûreté en est plus grande. 

La Chambre doit être chauffée. Un poêle isolé du reste de 
la pièce par du grillage peut faire l'affaire, mais un radiateur 
est bien préférable et permet d'entretenir une température 
égale. La pièce sera éclairée, autant que possible à l'électricité ; 
il est nécessaire en hiver de donner de la lumière jusqu'à sept 



LES OISEAUX • ' d 

heures du soir ; autrement, les petits Oiseaux exotiques n'ont 
pas le temps do manger suffisamment pour se soutenir. 

Dans les jomnées sombres, il est bon d'allumer les lampes, 
car certaines espèces ont absolument besoin de soleil ou à 
son défaut, d'une vive lumière. 

La Chambre elle-même constifue une Volière où certains 
Oiseaux volent librement. Les murs où ne sont pas installées 
de Cages, sont garnis de branches d'arbres à feuillage per- 
sistant, tels que le sapin, le thuya, le buis, etc.. Pour les 
conserver longtemps vertes, il faut les cueillir en automne 
ou en hiver. On placera çà et là des nids : corbeilles diverses, 
bûches creuses, boîtes de tous genres, de façon que les di- 
vers Oiseaux puissent trouver un logis à leur convenance. Quel- 
ques perchoirs seront installés près de la fenêtre, au soleil. 
La nourriture sera servie dans des mangeoires, soit à terre, 
soit, mieux, sur une petite table; l'eau sera contenue dans 
des assiettes en terre, assez grandes mais peu profondes ; 
quelques cailloux y seront placés pour permettre aux Oiseaux 
de s'y poser et de se baigner commodément. 

Les Chambres d "Oiseaux sont spécialement recomman- 
dables dans les régions froides où il est très difficile de gar- 
der une grande partie de l'année les Oiseaux exotiques dans 
des Volières en plein air. Elles conviennent parfaitement à la 
plupart des petits Plocéidés et Fringilles : Astrilds, Diamants, 
Chanteurs d'Afrique, de Cuba, etc.. qui y nichent fort bien. 
Dans les Cages de la Chamibre, on peut conserver tous les 
petits Oiseaux, (même les plus délicats : Colibris, Souï-Mangas, 
Tangaras, Paradisiei^s, etc.. 

On fera aussi hiverner dans la Chambre, des Oiseaux qui 
peuvent passer la belle saison en plein air, mais ne sauraient 
y supporter le mauvais temps. 

Une condition essentielle est que la Chambre soit à l'abri 
des Souris et des Rats ; toutes les parties peu solides du sol 
et des murs devront être cimentées ou recouvertes de fin gril- 
lage, et une surveillance constante sera exercée. 

VOLIÈRES LNTÉRIEURES ET GALERIES 

Quand une collection devient très importante, la Chambre 
d'Oiseaux ne suffit plus. Il faut alors recourir, pour les es- 



10 L OISEAU 

pèces trop délicates pour être installées dans des Volières à 
l'air libre et pour celles qui doivent être rentrées en hiver, 
à des Volières intérieures. Celles-ci peuvent être installées dans 
un bâtiment spécialement construit dans ce but ou dans 
n'importe quel local suffisamment sain, éclairé et chauffé ; 
une Orangerie s'y prête bien, de même que certaines galeries, 
remises, etc.. 

C'est un local ainsi transformé, ou construit spécialement, 
que nous appelons Galerie d'Oiseaux. Une bonne disposition 
consiste à établir le long de la façade la mieux éclairée une 
longue table sur laquelle on peut placer de nombreuses Cages, 
et le long des murs, une série de Volières ; on peut installer 
ces dernières sur deux ou trois étages ; elles peuvent varier 
de dimensions, mais leur volume ne doit pas être inférieur 
à un mètre cube pour chacune. Pour faire hiverner les gros 
Oiseaux, tels que les Hoccos, certains Echassiers et Faisans, 
les Gouras, etc., il faut disposer de Volières intérieures de 
3 mètres x 2 mètres au iminimum. La Galerie sera, autant 
que possible, chauffée par des tuyaux d'eau chaude (thermo- 
siphon) comme une serre ou par des radiateurs. Pour la 
plupart des Oiseaux, une température moyenne de i5 degrés 
suffît ; pour les plus délicats, il est nécessaire de maintenir 
de 18 à 20 degrés. 

Les Volières intérieures doivent être faites de panneaux de 
bois ripolinés, ou mieux de verre a cathédrale » ; la façade 
seule sera grillée ; il vaut mieux des grilles que du grillage, 
car ce dernier est plus difficile à tenir propre. Les portes, 
suffisamment larges pour qu'un homme puisse pénétrer dans 
la Volière, seront à glissière et aménagées dans la fajade ; mais 
il est préférable de laisser derrière les Volières un couloir de 
service ; les portes sont alors percées dans le fond des Volières. 
Le sommet de la Volière est fait de bois, quand il y a un autre 
étage au-dessus ; sinon, il peut être grillé, ou mieux encore, 
formé d'une étoffe ; on évite ainsi que les Oiseaux ne se 
brisent le crâne s'ils sont effrayés. Lorsque l'on établit 
plusieurs étages superposés, il est bon, pour donner plus de 
jour, que les Volières supérieures soient en retrait ; la façade 
des Volières inférieures est alors cintrée dans le haut. Autant 
que possible, le fond des petites Volières sera formé de pla- 
teaux comme dans les Cages ; dans les grandes Volières, le 
sol sera carrelé ou cimenté, et on étendra dessus du sable 



LES OISEAUX I I 

bien sec ou de la sciure, qui sera nelloyé chaque jour cl 
changé fréquemment. 

Les Vohères intérieures seront munies de mangeoires, 
d'abreuvoirs, de baignoires, de nids et de perchoirs comme 
des Cages ou des Cliambres d'Oiseaux, en tenant compte de 
la nature, du nombre et de la taille des pensionnaires. 

Quand on construit une Galerie d'Oiseaux spéciale, il est 
très avantageux de ménager, dans le plafond, des panneaux 
vitrés pour donner plus de jour ; mais le toit ne devra pas 
être complètement en verre ; la Galerie serait alors trop 
chaude L'été et trop froide l'hiver. 

Il est bon égalennent qu'un certain nombre de Volières inté- 
rieures correspondent à des Volières en plein air ; les Oiseaux 
peuvent alors être rentrés ou sortis toute l'année suivant la 
température ; c'est l'installation idéale, qui est réalisée dans 
beaucoup de Jardins Zoologiques et chez quelques amateurs. 
Elle existait à Villers-Bretonneux. 

Un moyen différent offre d'ailleurs les mêmes avantages : 
c'est celui qui consiste à munir les volières en plein air 
d'abris chauffés. Ce dernier procédé, qui a été adopté à 
Clères, est même préférable pour l'élevage. 

Quand on possède plusieurs Galeries d'Oiseaux, il est bon 
qu'elles présentent différentes températures ; on peut avoir, 
par exemple, une pièce tempérée de 8 à 12 degrés en hiver 
pour les Oiseaux robustes, qu'il suffit de soustraire aux gelées ; 
une autre plus chaude, de i5 à 18 degrés, puis enfin une 
Chambre de haute température pour les Oiseaux très délicats, 
comme les Colibris, qui ne peuvent supporter moins de iS à 
20 degrés. 

Une Galerie d'Oiseaux bien entretenue ne doit pas avoir 
d'odeur ; il est cependant avantageux de suspendre des réci- 
pients contenant des désinfectants parfumés et d'en vapori- 
ser de temps à autre. 

Les Galeries d'Oiseaux peuvent être arrangées de mille 
façons, suivant le goût de l'amateur ; on peut suspendre aux 
murs des tableaux représentant des Animaux, y mettre des 
sièges et des meubles appropriés, y ajouter des Aquariums, 
des fleurs, etc..., on en fait ainsi des pièces charmantes où 
l'on peut se réunir tout en jouissant de la vue et de la com- 
pagnie des Oiseaux. 



1 i L OISEAU 



VOLIÈRES EN PLEIN AIR 



C'est dans un milieu se rapprochant le plus possible de 
la nature, parmi les arbres et le gazon, au bord d'un bassin, 
que l'on peut le mieux apprécier la grâce des Oiseaux ; c'est 
là aussi qu'ils se portent le mieux et montrent le plus de pen- 
chant à se reproduire. La Volière en plein air est donc la 
meilleure installation que l'on puisse donner aux espèces (et 
ce sont les plus nombreuses) qui peuvent supporter notre 
climat toute l'année, ou tout au moins id'avril-mai & octobre- 
novembre. 

Il existe toutes sortes de Volières, suivant les Oiseaux aux- 
quels -elles sont destinées, et nous ne pouvons prétendre dé- 
crire tous les modèles qui ont été imaginés. Mais notre 
expérience personnelle nous permet de conclure qu'on peut 
ramener les Volières en plein air à cinq types : la Volière pour 
petits Oiseaux, la Volière pour Perruches, la Volière pour 
Oiseaux aquatiques, la Volière pour Rapaces et la Volière 
pour Gallinacés. 

Il y a un certain nombre de conditions que toute Volière 
doit remplir ; elle doit être bien orientée (sud ou sud-est), 
abritée des grands vents et recevoir le soleil ; elle doit être 
bâtie sur un sol sain et bien drainé ; enfin, elle doit com- 
porter un abri assez vaste, suffisamment clair, mais pas trop 
cependant, av-ec des murs et un toit assez forts ; suivant les 
cas, cet abri p'-^urra se clore complètement, ou restera ouvert 
sur le devant et seia chauffé ou non. 

La Yolière pour petits Oiseaux est de beaucoup la plus fré- 
quente. C'est aussi la plus jolie. Elle convient à tous les 
Fringilles et Plocéidés (Veuves, Tisserins, Astrilds, Dia- 
mants, etc.) ; aux Colombes et Pigeons de toutes tailles ; 
aux insectivores et frugivores, depuis les Tangaras, Rossi- 
gnols du Japon, Zosterops, etc., jusqu'aux Merles. Etour- 
neaux, Troupiales, Geais et autres familles voisines. 

Les dimensions de cette Volière seront en rapport avec la 
taille et le nombre de ses habitants ; mais dans tous les cas, 
elle ne devra pas mesurer moins de 3 mètres de long, 2 mè- 
tres de large et 2 mètres de haut, avec un abri de 2 m. x 1 m. 



LES OISEAUX l3 

Les Volières en plein air sont composées d'une armaturfl 
en bois ou en fer recouverte de grillage. Celles en fer sont 
beaucoup plus légères et élégantes, et aussi plus solides et 
durables ; elles n'ont que l'inconvénient de coûter plus cher. 
On doit toujours s'en tenir aux lignes simples et éviter les 
ornementis superflus. Le grillage peut être à simple ou triple 
torsion ; ce dernier est meilleur marché et plus résistant, la 
galvanisation en étant meilleure ; le premier est plus joli. 

De toutes façons, il faut choisir de très petites mailles, 
lo millimètres par exemple, afin d'empêcher toute intrusion 
d'animal nuisible (Souris, Belettes, Rats, etc.). Fer, ou bois, 
et grillage devront être peints soigneusement et entretenus 
de peinture aussi souvent qu'il le faut pour empêcher la 
rouille ou la pourriture. Il faut peindre le fer et le grillage 
en noiro ou en vert très foncé, couleurs qui le rendent pres- 
qu 'invisible ; les tons clairs masquent les Oiseaux à l'inté- 
rieur ; il existe d'aileurs des peintures spéciales pour le fer 
qui le conservent admirablement et sont tout indiquées pour 
les Volières. 

Le cadre de la Volière doit reposer sur des fondations de 
maçonnerie qui auront au moins o m. 60 de profondeur et 
s'opposeront ainsi à l'entrée des Rats et des Souris. Tl est 
aussi très avantageux de disposer un fin grillage sous le sol, 
à 3o ou 4o centimètres de profondeur, parfaitement relié 
aux grillages des côtés. 

L'abri de la volière sera un bâtiment de brique et de 
pierre (i), dallé de briques, de carreaux ou de ciment. L'in- 
térieur sera blanchi ; s'il y a des cloisons, elles pourront 
être en bois. La façade de l'abri, s'il est destiné à être fermé, 
comprendra une porte et des châssis vitrés : le verre ordi- 
naire est à éviter, les Oiseaux ne le voyant pas et se précipi- 
tant dessus ; il est préférable d'employer le verre dépoli dit 
« cathédrale », qui est aussi plus solide. Pour pouvoir laisser 
sortir les Oiseaux sans toutefois trop refroidir l'abri, on 
pratique deux petites trappes, de 20 centimètres x i5 centi- 
mètres environ, ou plus grandes, l'une dans le bas, l'autre 
dans le haut, qui seules restent ouvertes quand le temps est 
froid. 



(0 Si l'abri est destiné à des Oiseaux très rustiques, il pourra être cons- 
truit en bois. 



l4 L OISEAU 

L'abri sera complété au besoin par un radiateur ou des 
tuyaux de chauffage. Il est préférable aussi d'établir un 
plafond afin d'éviter les refroidissements brusques. 

Il est bon que le toit de l'abri se prolonge en auvent d'un 
mètre de profondeur ; c'est sous cet auvent, ou à l'inté- 
rieur de l'abri, que se place la nourriture ; on dispose aussi 
des perchoirs et des nids sous l'auvent. Si l'abri n'est pas 
complètement clos, on fermera néanmoins, avec de la maçon- 
nerie ou du bois, la moitié de la façade, laissant libre l'autre 
moitié ; en ce cas, l'auvent est inutile. 

La Volière en plein air pour petits Oiseaux sera aménagée 
suivant sa destination et le goût de l'amateur. Si l'on a 
surtout le désir de profiter d'un ensemble de beaux Oiseaux, 
sans chercher spécialement à les faire reproduire, on 
fera de la Volière un petit jardin, du style que l'on préfère, 
avec pelouses, allées, bassins, etc. Si au contraire on cherche 
à obtenir des reproductions, on la plantera d'arbustes très 
touffus et de longues herbes. Outre les arbres naturels, on 
pourra disposer des perchoirs aux endroits favorables, en évi- 
tant toutefois de les faire s'entre-croiser ou de les placer au- 
dessus de l'herbe ou des arbustes que les Oiseaux ne tar- 
deraient pas à souiller lamentablement en venant se per- 
cher. 

Les arbres pleureurs se prêtent particulièrement à la plan- 
tation des Volières, de même que les conifères et autres végé- 
taux à feuillage persistant ; tous les arbustes touffus, à 
feuillage petit et épais sont à recommander ; il vaut mieux 
éviter les ifs, que l'on dit vénéneux, bien que nous n'ayons 
jamais constaté, de ce chef, d'accidents. 

Les parties du sol qui ne sont pas recouvertes d'herbes 
doivent être sablées. Les bassins, à eau courante quand cela 
est possible, seront tenus très propres ; ils devront être peu 
profonds et aisément praticables ; quelques pierres dis- 
posées de côté et d'autre éviteront les noyades. 

Il est' inutile de dire que plus la Volière est vaste, plus elle 
est facile à aménager et offre de chances pour l'élevage. Des 
Volières de 6 mètres x 4 mètres, puis de 8 mètres x 5 mètres, / 
sont fréquemment adoptées par les amateurs pour des collec- 
tions variées. Pour des couples isolés, des dimensions moin- 
dres sont suffisantes. L'abri sera aménagé comme une Cham- 



LES OISEAUX l5 

bre d'Oiseaux ou une Volière intérieure, avec une abondance 
do branchages ^t de nids. 

Il faut apporter beaucoup de soin pour composer la popu- 
lation d'une Volière ; on ne peut mettre ensemble que des 
Oiseaux de même force ou de caractère très paisible ; c'est 
ainsi que la plupart des Colombes peuvent être mêlées à de 
très petits Oiseaux. D'une façon générale, on peut grouper 
ks Astrilds, Diamants et petits Fringilles, tels que Papes, 
Chanteurs de Cuba et d'Afrique, etc., en évitant cependant de 
réunir plusieurs couples de la même espèce ou d'espèces 
trop voisines. Une autre Volière peut être consacrée aux 
Veuves, Ignicolores et autres Tisserins ; on peut y ajou- 
ter des Cardinaux, Boutons dOr, Rossignols du Japon, etc. 
Une troisième recevra les Etourneaux, les Grives, les Trou- 
piales, les Merles métalliques et autres espèces voisines. Enfin, 
on pourra réunir les divers Geais, Pies et Toucans. 

Quand on a spécialement en vue la reproduction et l'éle- 
vage, il est préférable de donner à chaque couple une Volière 
pour lui seul. Si on ne peut le faire, il faut alors ne réunir 
qu'un petit nombre de couples, aussi différents que pos- 
sible, imais de force égale et de caractère paisible. 

Les Volières en plein air seront nettoyées comme les Vo- 
lières intérieures ; toutefois, il faudra éviter avec soin de 
troubler la nidification des Oiseaux, n'y entrer qu'avec pru- 
dence, et le moins possible. 

Il est avantageux de grouper en séries les Volières pour 
petits Oiseaux et de prévoir un passage grillagé pour les des- 
servir ; on évite ainsi toute fuite. Ce passage peut d'ailleurs 
être converti en pergola du plus joli effet, par l'addition de 
plantes grimpantes et de rosiers. 

Les Yolières pour Perruches, qui servent aussi pour les Per- 
roquets, seront analogues aux précédentes, mais le grillage en 
sera très fort, pour résister aux becs puissants de ces Oiseaux. 
Pour beaucoup de Perruches, un abri ouvert suffît. 

En général, ces Oiseaux devront être isolés par couple, 
dans un espace d'au moins i5 mètres carrés, sauf en ce qui 
concerne les Ondulées dont on peut garder et élever un grand 
nombre ensemble. On peut aussi mettre dans une très grande 
Volière un certain nombre d'Aras, de Cacatoès, d'Amazones, 



i6 l'oiseau 

de Paléornis et de Conures ; mais alors il y a souvent des 
disputes et les espoirs de reproduction sont nuls. 

Les Volières pour Perruches seront garnies de perchoirs et 
de branches mortes, car ces Oiseaux détruisent tous les ar- 
bustes vivants ; le sol isera mi-partie sable, ani-partie herbe, 
qu'il faut renouveler souvent. L'abri sera garni de bûches 
creuses et de nichoirs de formes diverses. Les détails sur 
l'installation des Perruches seront donnés dans les articles 
concernant la famille. L'orientation à l'est est la meilleure 
pour ces Oiseaux. 

Les Volières pour Rapaces ,sont installées d'une façon ana- 
logue aux précédentes ; elles seront plus vastes et plus solides, 
suivant la taille des Oiseaux. Abri et Volière seront garnis de 
grosses branches inégales, pour éviter les crampes des serres ; 
certaines seront même revêtues de liège. Des blocs de bois ou 
de pierre seront disposés sur le sol, qui sera recouvert de 
gros gravier. Les Rapaces salissent beaucoup et exigent beau- 
coup de soins et de propreté. 

Les Volières pour Oiseaux aquatiques seront agencées 
comme celles des petits Oiseaux, avec arbres et gazon ; un 
grand bassin ou un ruisseau sera établi. Ces Volières devront 
avoir de grandes dimensions : 80 mètres carrés et 5 mètres 
d'élévation constituent un minimum. Ces vastes installations 
se rencontrent surtout dans les Jardins Zoologiques ; celle du 
Jardin des Plantes de Paris, qui mesure 65 mètres x 45 mè- 
tres, avec i4 mètres de haut, est très heureusement aménagée, 
avec un véritable petit lac au centre et de grands arbres ; 
c'est probablement la plus grande et la plus belle du genre. 

Aux Echassiers et Palmipèdes, on peut ajouter toutes 
sortes de gros et moyens Oiseaux : Gallinacés, Pigeons, 
Pies, etc.. Tl est presque toujours nécessaire que ce genre 
de Volière possède un vaste abri chauffé pourvu d'un bassin. 

Les Volières pour Gallinacés ressembleront aussi aux pre- 
mières Volières que nous avons décrites ; elles seront plus 
grandes, fortement plantées d'arbustes touffus, et bien pour- 
vues d'herbe. Pour la plupart des espèces, un abri ouvert 
suffît. Seuls quelques Oiseaux de la Malaisie et de l'Amérique 
du Sud devront être chauffés en hiver. Ces Volières ne servent 



LES OISEAUX 17 

guère qu'à contenir un couple ou un mâle et plusieurs fe- 
melles ; leur taille moyenne sera de 8 mètres x 4 mètres.. 
On peut les construire en séries et constituer ainsi une Fai- 
sanderie ; il est bon, dans ce cas, d'isoler dans le bas chaque 
compartiment du voisin par des plaques de zinc ou de fibro- 
ciment de o m. 80 de hauteur. 

On constitue aussi d'excellentes Volières pour Gallinacés en 
général, et surtout pour Faisans, en entourant d'un grillage 
des parcelles de taillis bas et épais, de 3o ou 4o mètres carrés 
et plus, que l'on couvre ensuite, à i m^ 80 ou 2 mètres de hau- 
teur, d'un autre grillage. Ce isont là les meilleures Volières de 
reproduction. Il importe que les Gallinacés soient très cachés 
à l'époque de la ponte et que peu de gens passent auprès 
de leur Volière ; autrement, la plupart des œufs ne seraient 
pas fécondés. 

Les mêmes Volières serviront aux jeunes à partir de l'âge 
de six semaines ou deux mois ; auparavant, ils seront élevés 
dans des boîtes d'élevage ; la meilleure est constituée par 
une boîte de bois plein, dont le dessous est grillagé pour 
permettre à l'herbe de traverser, tout en évitant l'intrusion 
des Rats ; seule la façade sera à claire-voie ; cette façade sera 
fermée la nuit par une trappe pleine. La boîte communique 
par sa façade avec des cadres de bois, sans fond, couverts en 
grillage, de taille variant entre 2 et 5 mètres carrés, où les 
poussins circuleront dans la journée. Boîtes et cadres seront 
installés sur un terrain herbu, bien drainé et bien sec, et 
fréquemment changés de place. 



PARQUETS ET ENCLOS 

La plupart des gros Oiseaux peuvent être tenus en Par- 
quets ; nous appelons ainsi un terrain entouré, mais non 
recouvert, de grillage ; quand sa superficie dépasse 100 mè- 
tres carrés, c'est un Enclos. 

L'entourage est constitué par des piquets de bois, ou mieux 
de fer, entre lesquels sont tendus les fils de fer maintenant 
du grillage. 

Les Parquets et Enclos devront être situés et orientés 
comme des Volières ; il est nécessaire que le sol en soit sain 
et autant que possible herbu ; on ménagera des emplacements 



lO L OISEAU 

recouverts de gravier où les Oiseaux puissent se tenir par 
les temps humides ; ils seront plantés d'arbres et d'arbustes 
en nombre suffisant pour fournir un bon abri. Suivant 
le degré de rusticité des habitants, le Parquet ou l'Enclos 
comporte un abri ou non ; c'est une cabane, que l'on peut 
rendre jolie ; nous avons à Clères des cabanes qui sont des 
copies réduites de vieilles granges normandes. La cabane aura 
une porte grillagée et une autre vitrée, pour pouvoir donner 
plus ou moins d'abri, et si sa taille l'exige, des fenêtres vitrées 
de verre dépoli. Le sol sera en briques ou en ciment, recou- 
vert de sable ou de paille. Le toit peut être fait de toutes 
sortes de matériaux ; la vieille tuile et le chaume sont d'un 
meilleur effet ; ce dernier doit cependant être doublé à l'in- 
térieur d'un fin grillage pour éviter que les Rongeurs ne s'y 
établissent. 

Les Parquets pour Gallinacés doivent être composés de gril- 
lages de 3 mètres de hauteur, enterrés de o m. 5o et prolongés 
dans le haut par un bavolet de o m. 5o rabattu vers l'inté- 
rieur à angle de 60 degrés. Faute de cette précaution, les 
Paons, Faisans, etc., même éjointés (ils doivent être éjointés 
en Parquets), s'échapperaient en grimpant au grillage. Si 
l'on craint les attaques des Chats, Fouines et autres Carnas- 
siers, on installe un second bavolet, rabattu vers l'extérieur ; 
ceci est applicable à tous les Enclos. Beaucoup de Gallinacés 
n'ont besoin d'autre abri qu'un auvent, sous lequel on 
dispose un perchoir et la nourriture. Seuls quelques-uns sont 
délicats et exigent même d'être chauffés en hiver ; il eist alors 
préférable de les rentrer en Volière pendant la mauvaise saison. 
Les Gallinacés doivent avoir à leur disposition un petit 
abreuvoir et de la cendre pour se poudrer. Leur Parquet 
sera abondamment planté d'arbustes bas et touffus ; il faut 
veiller à ce qu'aucun arbre, sur lequel ils puissent monter, 
ne surplombe l'entourage. La meilleure maille de grillage à 
employer est celle de 19 millimètres environ. Les Parquets 
pour Faisans et autres Gallinacés de même taille doivent 
mesurer au minimum 12 mètres x 8 mètres. Aux Paons, 
Hoccos, Dindons sauvages, etc., il faut donner des Enclos 
d'au moins 200 mètres carrés. Beaucoup de personnes gardent 
tous ces Oiseaux dans des espaces bien plus restreints, mais 
les chances d'élevage sont alors très diminuées. 



LES OISEAUX (I9 

Les Enclos pour Palmipèdes sont très faciles à installer : 
un grillage de i nièlre de haut, légèrement enterré, suffît à 
les garder, quand ils sont éjointés, sauf certaines espèces 
grimpeuses comme les Canards carolins et mandari-ns. Ces 
Enclos doivent contenir un bassin, ou mieux être traversés 
par un ruisseau. 

Les Cygnes et les Oies doivent être isolés par couples ; les 
premiers ont besoin d'un bassin d'au moins 100 mètres 
carrés ; Cygnes et Oies auront de l'herbe en abondance et 
quelques buissons ; leurs Enclos mesureront au moins 3o mè- 
tres X i5 mètres, mais il faut leur donner le plus d'espace 
possible. Ils couvent eux-mêmes et élèvent leurs petits dans 
l'Enclos. 

Les Canards pourront aussi être isolés par couple et traités 
de la même façon ; on obtiendra ainsi les plus grands succès 
d'élevage. Mais quand on veut posséder de nombreuses es- 
pèces et beaucoup d'Oiseaux, on les réunit le plus souvent 
dans un grand enclos, contenant une pièce d'eau ou un grand 
bassin, couvert d'herbe, avec de nombreux buissons, parmi 
lesquels on dispose des nichoirs. Ceux-ci sont constitués par 
des caisses pleines de o m. 5o de long, o m. 3o de large et 
o m. 20 de haut ; le fond n'existe pas et est remplacé par le 
sol naturel ; un des petits côtés sera coupé à demi de façon 
à laisser libre, la moitié inférieure. On peut modifier les 
dimensions de la caisse suivant la taille des Oiseaux. 

Quand les Canards sont ainsi réunis, il est mauvais de 
laisser les femelles couver et élever leurs petits ; mêlés aux 
adultes, les jeunes ne peuvent trouver leur nourriture, que 
les autres dévorent, et ils n'ont pas la tranquillité voulue ; 
il vaut mieux les confier à une Poule et les élever à part. On 
leur donne alors de petits Parquets composés d'un premier 
compartiment de 4 à 5 mètres carrés, entièrement à l'épreuve 
des Rats, c'est-à-dire fait de grillage fin, avec fondations pro- 
fondes ou mieux grillage sous le sol, et côtés et toits grillagés ; 
la caisse d'une boîte à élevage sert d'abri. C'est dans cette 
installation qu'on leur fera passer la nuit. Un deuxième com- 
partiment plus vaste, auquel ils auront accès dans la 
journée, sera constitué par un simple entourage de grillage 
fin. Les deux compartiments devront être munis de bassins ; 
quand cela est possible, il est très avantageux de constuiire 
ces parquets sur un ruisseau. Au cas où des Corbeaux, Pies 



ùô L OISEAU 

et autres Oiseaux de rapine attaqueraient les Canetons, on 
couvrirait les Parquets avec des filets. A l'âge de six semaines 
ou deux anois, les jeunes Canards peuvent être placés dans 
des Parquets analogues à ceux des adultes. 

Les Parquets et Enclos pour Echassiers sont analogues à 
ceux des Palmipèdes, mais entourés d'un grillage de 2 mè- 
tres de hauteur ; de plus, il seront pourvus d'un bon abri, 
la plupart des Oiseaux de cet ordre devant être rentrés en 
hiver, au moins la nuit. 

Les petits et moyens Echassiers devront avoir quelques 
pierres et troncs d'arbres pour se percher. 

Les Enclos des Grues, Cigognes, etc.. mesureront au moins 
3oo mètres carrés. Leur entourage doit avoir 2 m. 5o de hau- 
teur. Il faut éviter que le sol ne soit trop incliné, car ces 
Oiseaux, même éjointés, pourraient s'élancer de la partie la 
plus haute et franchir facilement la clôture. Il est préférable 
de les isoler par paire. On peut aussi mettre chaque couple 
de Grues dans une prairie à bestiaux avec lesquels elles s'en- 
tendent fort bien. Il est simplement nécessaire qu'elles aient 
accès à un ruisseau ou une mare. Même si les clôtures sont 
insuffisantes, elles s'y cantonnent généralement volontiers. 
C'est là la façon la plus recommandable d'installer les 
Grues, car on doit leur donner le plus d'espace possible. Ces 
Oiseaux, en effet, couvent eux-mêmes et élèvent leurs jeunes 
uniquement avec des insectes ; il leur faut donc un grand 
parcours pour en trouver suffisamment. 

Les Enclos pour Coureurs (Autruches, Nandous, Emeus et 
Casoars) seront des prairies; entourées de haies, de barrières 
ou de gros grillage, de i m. 5o de hauteur. On doit donner 
à ces Oiseaux le plus d'espace possible. Comme les Autruches 
et les Casoars sont souvent fort méchants et même dange- 
reux, il est bon que leurs Enclos se composent de deux parties 
séparées par une porte que l'on peut fermer et ouvrir de l'ex- 
térieur ; la personne qui les soigne n'a pas besoin ainsi d'af- 
fronter leurs attaques en les parquant dans la partie de l'En- 
clos où elle n'a pas à pénétrer. Les Autruches et les Casoars 
doivent avoir un abri clos pour l'hiver, parfois même chauffé. 
Les Nandous et les Emeus supportent parfaitement notre 
climat toute l'année. Les Autruches et lès Nandous auront à 



LES OISEAUX 2 1 

leur disposition du sable et de la cendre pour se poudrer ; 
les Emeus et Casoars ont besoin d'un bassin suffisant pour 
pouvoir s'y baigner. 

Les Coureurs élèvent le plus souvent leurs jeunes eux-mêmes 
dans leur Enclos. Quand on fait éclore les jeunes à la cou- 
veuse, on les élève en éleveuse comme des Poulets, avec des 
aménagements proportionnés à leur taille ; c'est d'ailleurs 
la méthode la plus sûre. 

PARCS 

Quand on peut disposer d'un Parc ou d'un Jardin assez 
vaste, on peut y installer des quantités d'Animaux. C'est 
alors un magnifique spectacle ; les Oiseaux y sont en semi 
ou même en pleine liberté et s'y présentent dans les meil- 
leures conditions. Ils y prospèrent admirablement. 

Tl n'y a que deux conditions à remplir :• avoir une clôture 
suffisante et détruire les animaux nuisiblt-s. 

Les propriétés entourées de murs ^^ont toutes prêtes à rece- 
voir des pensionnaires ; il faut seulement vérifier si les murs 
ne sont pas défectueux à certains endroits : ils peuvent être 
trop bas, avoir des ouvertures, ou encore être -surplombés 
par le terrain. 

On remédie à tout cela par des panneaux de grillage. S'il 
n'existe pas de mur, il faut enclore le Parc d'un fort grillage 
de 3 mètres de hauteur, dont o on. 5o enterrés dans le sol. 
Quant à la destruction des bêtes de rapine, elle est réalisée 
par une bonne surveillance et l'extermination de toutes celles 
que l'on rencontre. 

On peut lâcher dans un Parc des Oiseaux de toutes sortes. 
Parmi les Coureurs, les Nandous seuls s'y prêtent bien 
et prospèrent parfaitement ; les Autruches, les Emeus et 
Casoars sont trop méchants et causent des désagréments. 

Les Echassiers. principalement les Grues, sont le plus bel 
ornement des pelouses. Ils n'exigent que peu de soins. Dans 
un étroit Jardin, les Grues labourent la terre ; mais dans un 
espace suffisant, elles ne causent aucun dégât, ne cherchent 
guère à attraper les poissons et même sie rendent utiles en 
capturant des milliers d'insectes et d'animaux nuisibles. On 
peut même laisser leurs ailes à quelques mâles des espèces 



23 L OISEAU 

non migratrices (Antigone, Stanley, etc.). elles ne s'éloi- 
gnent pas et produisent au vol un effet splendide. 

Les Flammants sont' d'une grande beauté dans les Jardins 
et sur les pièces d'eau. Ils sont absolument inoffensifs, et 
ne touchent même pas aux plantes délicates ; ils supportent 
très bien nos hivers en plein air. 

Les Cygnes ornent admirablement les pièces d'eau, mais 
il faut que celles-ci aient une certaine étendue. Il est dange- 
reux d'en mettre ensemble plusieurs couples, même d'espèces 
différentes. 

Les Oies et Bernaches sont tout indiquées pour les Parcs 
et Jardins qui possèdent de l'eau ; la seule précaution à 
prendre est de ne pas mettre ensemjDle, à moins que le parc 
ne soit très vaste, plusieurs couples de la même espèce ou 
d'espèces trop voisines, quand ce sont des Oiseaux batailleurs, 
comme les Bernaches. Enfin les Canards, si divers et si jolis, 
sont les hôtes obligatoires des petites comme des grandes piè- 
ces d'eau, qui semblent tristes et mortes sans leur présence. 

Certains Gallinacés réussissent bien en liberté ; nous cite- 
rons les Paons, Dindons sauvages, les Hoccos et Pénélopes 
(qu'il faut rentrer en hiver), les Lophophores, les Ho-Kis ; les 
Faisans argentés, de Swinhoe, prélats, vénérés, etc., peuvent 
aussi être lâchés dans le Parc ; cependant ils ont une tendance 
à s'échapper et quand on en possède un certain nombre ils se 
chassent les uns les autres et quelques-uns ne tardent ^pas à 
disparaître, surtout les femelles ; il est donc préférable de ne 
lâcher que quelques mâles coimme ornement. 

Les Colombes peuvent aussi s'acclimater en liberté. Il faut 
choisir les espèces non migratrices : les Tourterelles du Séné- 
gal, à collier, à nuque perlée, lophotes réussissent très bien. 
Avant de les lâcher, il convient de les tenir plusieurs mois 
dans une Volière disposée dans un coin tranquille du Parc, 
afin de les bien habituer aux alentours. Quand on les juge 
suffisamment . accoutumées, on ouvre la porte et elles se 
répandent peu à peu dans la propriété. On continue à les 
nourrir dans la Volière, dont la porte, ou une trappe, reste 
ouverte. Les Colombes se imultiplient beaucoup en liberté. 
Il faut seulement les défendre contre les Oiseaux de proie, 
Eperviers et Hiboux, en détruisant ces derniers dès qu'on 
constate leur présence aux environs. 

Les Perruches s'acclimatent aussi de cette façon et l'effet 



LES OISEAUX 33 

produit par leur vol est merveilleux. Les lâchés exigent des 
précautions analogues à celles indiquées pour les Colombes, 
avec encore plus de soin. Les détails à ce sujet seront donnés 
dans les articles traitant de ces Oiseaux. Les Perroquets, Caca- 
toès et Aras peuvent aussi être laissés en liberté, la plupart 
toute l'année. Leur beau plumage fait sensation dan^^ la ver- 
dure. Les Cacatoès ont malheureusement trop d'inclination 
à abîmer les arbres ; les Aras et les Perroquets n'y touchent 
pas d'une façon appréciable en liberté ; s'ils étaient enchaî- 
nés, ils les détruiraient rapidement. 

Enfin, on peut aussi acclimater en liberté de petits Oiseaux, 
toujours par des procédés analogues : les Astrilds et Dia- 
mants divers, certains Tisserins, principalement l'ignicolore, 
et les Boutons d'Or ont été essayés avec succès. 

Tous les Oiseaux en liberté restent presque toujours très 
privés et se font voir constamment. Pour le naturaliste, l'ama- 
teur et l'artiste, une propriété ainsi peuplée de ces magni- 
fiques créatures est un véritable paradis terrestre. 



II. — NOURRrTURES 

La nourriture à donner aux Oiseaux est très variée ; sui- 
vant leurs moeurs et leurs tailles, les aliments à leur fournir 
diffèrent considérablement. Comme nous l'avons fait pour 
les installations, nous ne pourrons mentionner ici toutes les 
compositions qui en ont été imaginées, ni même toutes celles 
qui sont employées avec succès. Nous nous contenterons 
d indiquer les nourritures qui ont été adoptées par nous et 
dont nous pouvons assurer le bon effet sur les Oiseaux. 
D'ailleurs, de plus amples détails seront donnés, quand cela 
sera nécessaire, à propos de chaque famille ou groupe ; 
nous nous en tiendrons ici à la généralité. 

La nourriture qui convient aux Coureurs est un mélange 
de son ou de drèche, de po^mmes de terre cuites, de bette- 
raves crues et de luzerne et autre verdure hachée. Le bis- 
cuit pour Chiens est aussi un bon aliment. Quand ces 
Oiseaux ont à leur disposition de l'herbe en abondance, elle 



34 l'oiseau 

leur suffit ; sinon il faut leur distribuer beaucoup de ver- 
dure. Les Autruches seules digèrent les grains ; on doit leur 
donner un litre de maïs par jour. 

Les jeunes s'élèvent avec une pâtée de mie de pain, d'oeufs 
durs et de viande hachée, et beaucoup de verdure, égale- 
ment hachée ; les épinards .sont excellents, il est bon d'y 
ajouter un peu de glycéro-phosphate de chaux, gue l'on doit 
continuer à leur donner pendant toute leur croissance. Au 
fur et à mesure qu'ils grandissent, on habitue progressive- 
ment les jeunes à la nourriture des adultes. 

Il est recommandable de placer la nourriture dans des 
auges ou baquets de bois. 

Les Grues sont principalement granivores ; on devra leur 
distribuer de l'orge, du blé et surtout du maïs ; elles aiment 
aussi le biscuit pour Chiens. Elles ont cependant besoin d'un 
peu de nourriture animalisée ; lorsqu'elles disposent d'un 
grand parcours, elles y capturent suffisamment d'Insectes et 
de petits Animaux ; mais si elles siont confinées en par- 
quets, il faut leur distribuer un peu de viandei crue ou cuite 
coupée en morceaux de la taille d'une noisette. Les jeunes 
Grues ne se nourrissent que d'Insectes au début ; le seul 
moyen de les élever est de les laisser libres aA'ec leurs pa- 
rents dans un vaste espace. 

Tous les autres Echassiers, petits ou grands, doivent être 
nourris de viande et de Poisson, coupés suivant la taille 
des Oiseaux. Certains mangent aussi du pain et du riz cuit. 
Il est bien préférable de donner la viande et le Poisson crus, 
à condition qu'ils soient frais ; il est bon de rouler la 
viande dans de la chapelure. On peut employer les viscères et 
surtout la rate et le cœur de Bœuf. Si on peut fournir aux 
Echassiers des Grenouilles, des Souris, de gros Insectes, 
leur état en sera amélioré. Les jeunes réclaiment le même 
régime, avec abondance de petits Poissons et d'Insectes. 

Les Goélands et les Mouettes, les Cormorans, les Pingouins, 
etc, recevront la même nourriture. 

Les Flammants mangent du blé ou de l'orge qu'on leur 
distribue dans l'eau, sur un fond uni et peu profond, ou 
dans une mangeoire de métal ; quand ils disposent d'un 



LES OISEAUX 25 

cours d'eau où abondent les Crevettes et le» Coquillages d'eau 
douce, ils n'ont besoin d'aucun autre aliment animalisé. 
S'ils sont privés de toute nourriture naturelle, il faut leur 
donner des Crevettes cuites au moins deux fois par se- 
maine, environ loo grammes par tête. On parvient parfois 
à les habituer à la viande crue hachée. Faute de nourriture 
animalisée, ils perdraient leur belle couleur rose. Les Flam- 
mants mangent aussi un peu d'herbe. 

Les Cygnes, les Oies et les Canards se contentent de grains, 
de blé de préférence, mais à son défaut on peut leur dis- 
tribuer de l'orge, de l'avoine et du sarrazin ; le millet est 
recommandé pour les Sarcelles. On le déposera à terre ou 
dans l'eau, de préférence dans de grandes et nombreuses 
mangeoires. Tous ont besoin d'herbe et de verdure en abon- 
dance, en particulier les Oies. Les Canards aiment aus^i une 
nourriture animalisée qu'ils trouvent généralement dans 
l'eau à l'état naturel. Les jeunes Palmipèdes, au début, re- 
çoivent une pâtée composée de pain ou de biscuit, d'œufs 
durs, d'œufs de Fourmis frais ou séchés et de viande hachée ; 
ils doivent toujours avoir des lentilles d'eau en abondance 
et de la verdure hachée ; après trois semaines on peut leur 
donner un peu de millet. La nourriture des jeunes Canards 
doit être très animalisée ; celle des Cygnes, moyennement ; 
celle 'des Oies, à peine ; celles-ci ont besoin, par contre, de 
grandes quantités de verdure et doivent avoir accès à une 
pelouse dès leur naissance. 

Bien qu'appartenant à une famille bien différente, ïés 
Kamichis (Chnunn) se nourrissent comme des Oies et man- 
gent presque uniquement de l'herbe. 

Les Gallinacés se nourrissent aussi de grains, dont le meil- 
leur est toujours le blé ; ils aiment aussi le maïs, l'orge et le 
sarrazin. Ils doivent avoir de la verdure, ime pelouse ou de 
la salade ; il faut éviter le chou. A la fin de l'hiver et au 
printemps, on peut leur distribuer un peu de chènevis et de 
pâtée animalisée pour les exciter à se reproduire. 

Les Hoccos et les Pénélopes doivent recevoir du riz cuit, 
du pain trempé et de la pâtée de son un peu animalisée 
par de la farine de Poisson ou de viande par exemple. 

Pour élever les jeunes Gallinacés, on leur distribuera la 



a6 l'oiseau 

nourriture suivante : au début, des jaunes d'oeufs durs ha- 
chés, ou mieux du flan (bouillie composée d'œufs et de lait 
cuitis ensemble) et des œufs de Fourmis en petite quantité ; 
après les trois premiers jours, on peut commencer à donner 
une pâtée, aussi sèche que possible, faite d'Insectes conservés 
(œiifs de Fourmis, Ephémèreis, Mouches), de chapelure, 
d'œufs durs, d'un peu d'oignon haché et de salade ou de 
chou cuit haché. Peu à peu, on réduit la partie d'œufs pour 
la supprimer vers cinq semaines. Dès l'âge de cinq jours, on 
donne un peu de millet blanc. Il est indispensable de donner 
de l'eau dès le premier jour, et il faut que la nourriture soit 
toujours absolument fraîche. On substitue peu à peu à cette 
nourriture celle des adultes, qui suffit vers l'âge de quatre 
à cinq mois. 

Les Rapaces seront, autant que possible, nourris de petits 
Vertébrés entiers : Rongeurs, Oi/seaux, etc.. Les poils 
plumes et os leur sont nécessaires ; à leur défaut, on leur 
donnera de la viande à laquelle on mêlera des poils et des 
plumes. 

Pour les adultes de tous les Oiseaux dont nous venons de 
(parler, la meilleure façon de leur distribuer la nourriture con- 
siste à la jeter à terre ou dans l'eau sur un fond uni et propre 
au moins deux fois par jour et de ne donner que la quantité 
nécessaire et suffisante pour qu'elle soit consommée sur le 
champ. S'il s'agit d'Animaux plus délicats ou en mauvais 
état, il faudra la distribuer plus souvent. Quand on ne pourra 
pas faire autrement, on placera la nourriture de la journée 
dans des mangeoires en métal ou en terre. Il faut éviter 
dans tous les cas de laisser s'accumuler de vieux aliments ; 
c'est un gaspillage inutile et un danger pour la santé des 
animaux. 

La nourriture des jeunes devra toujours être très fraîche. 
Aussi leur sera-t-elle distribuée au moins cinq fois par jour et 
commencera-f-on, au plus tard, à 6 heures du matin. C'est 
une condition essentielle de réussite surtout au début. Elle 
sera placée à terre ou dans de petits vases. Pour les jeunes 
Palmipèdes, il est bon d'en répandre une partie dans l'eau 
de leur bassin. Vas^s, sol et bassin seront compètement net- 
toyés chaque jour. Les jeunes Canards ne doivent jamais 



LES OISEAUX 27 

être confinés dans des boîtes d'élevage, mais avoir accès 
toute la nuit et le matin de bonne heure à un petit parquet 
où ils peuvent se nourrir ; il faudra que ce parquet soit com- 
plètement à l'abri des attaques des Rats. 

Les Pigeons et Colombes sont généralement granivores 
et les grains de blé, de sarrazin, de millet et d'alpiste cons- 
tituent pour eux une bonne alimentation. Elle suffira aussi 
à l'élevage des jeunes. Le groupe des Pigeons carpophages 
sera nourri de riz cuit, de pain au lait, bananes et autres 
fruits frais coupés en morceaux, de figues et de raisins secs, 
de pommes de terre bouillies et de chènevis écrasés. 

Les Perroquets sont nourris de graines de soleil, d'alpiste, 
de millet, de chènevis, d'arachides, parfois de noisettes et 
d'amandes ; un peu de pain au lait est recommandable pour 
la plupart, surtout à la mue, ainsi que des fruits et de la 
verdure ; il ne faut jamais leur donner de nourriture ani- 
malisée. Les Perruches reçoivent un mélange proportionné 
d'après les espèces, d'alpiste, d'un peu de chènevis ou de 
soleil, d'avoine et de millet. Comme verdure, outre le gazon 
de leur volière, elles auront de la laitue, du plantin, du 
mouron, du séneçon. Quelques fruits et des arachides com- 
plètent le régime. 

Les Loris et Trichoglosses (Perruches de Sw^ainson, à 
collier rouge, etc.) doivent recevoir du pain au lait, addi- 
tionné de miel, et des fruits doux. Il ne faut jamais leur 
donner des graines. Pour les Loris proprement dits, on 
ajoute au pain au lait un peu d'aliment Mellin. 

Nous avons maintenant à parler de la nourriture des Pas- 
sereaux, et nous allons décrire des aliments plus compliqués. 
Toutefois, une bonne partie de ces petits Oiseaux sont grani- 
vores. Tels sont les divers Plocéidés O^euves, Tisserins, Astrilds 
et Diamants), lesi Fringilles et qnelques autres. Aux plus 
petites espèces on donnera un mélange de gros millet blanc, 
d'alpiste et de petit millet jaune ; on ajoutera du millet en 
grappes et du moha et de la verdure : salade, mouron, séneçon, 
plantin, des épis verts et des herbes en fleurs ou en graines. 

Aux espèces plus grosses, on donnera le même mélange de 
graines, mais on y ajoutera, suivant le c<is, un peu de chêne- 



a8 l'oiseau 

vis, de soleil ou d'avoine, sans toutefois abuser des graines 
échauffantes. 

Beaucoup de ces Oiseaux cependant mangent aussi des In- 
sectes, surtout quand ils nichent ; ils en nourrissent souvent 
exclusivement leurs jeunes ; il faudra donc en mettre à leur 
disposition (Vers de farine (i), œufs de Fourmis, Sauterelles, 
etc.) et leur donner, suivant les espèces, un peu de pain et de 
riz au lait, et de pâtée pour insectivores. 

Les Oiseaux insectivores et frugivores peuvent être très sim- 
plement et somimairement divisés en quelques groupes, dont 
tous les membres se contentent à peu près de la même nour- 
riture. 



1° OMNIVORES 

Pour les Pies, Geais et autres Corvidés, le régime consiste 
en pâtée pour insectivores, viande coupée en morceaux 
roulés dans de la chapelure, riz bouilli, figues sèches écrasées. 
Insectes, petits Vertébrés et fruits frais le plus souvent pos- 
sible ; le nombre de Vers de farine à distribuer par jour est de 
huit à dix par Oiseau. Les Toucans, les Barbus et autres gros 
Oiseaux insectivores-frugivores se contentent de la même ali- 
mentation avec davantage de fruits frais, surtout de ba- 
nane. 

Les Touracos mangent de la pomme de terre cuite coupée 
en morceaux, de la banane et du raisin sec. 

Les Paradisiers reçoivent de la pâtée pour insectivores, 
du riz cuit, un peu de viande et des fruits frais coupés en 
morceaux. Il faut éviter toute nourriture de consistance trop 
dure et en particulier la figue et le raisin secs. Des Insectes 
vivants leur sont salutaires. 

Les Grives, les Etourneaux et leurs congénères sont nourris 
de la même pâtée, d'un peu de viande roulée dans de la cha- 
pelure deux fois par semaine et de figue sèche et de baies, 
liotamment de sureau ; des Vers de terre et cinq à six Vers 
de farine complètent le régime journalier. 



(i) Les Vers de farine sont très échauffants et il ne faut en user que 
modérément. 



LES OISEAUX 29 

2^ INSECTIVORES 

Tous les pi'lits insecli voies plus ou moins délicals (Rossi- 
gnols du Japon, Shamas, Rossignols, Gobe-mouches, Mé 
sanges, etc.) reçoivent uniquement de la pâtée et des Insectes 
Ai\ants et quelques baies. 

3° FRUGIVORES 

Les Tangaras, et autres frugivores, sont nourris d'un 
peu de pâtée, qui peut être remplacée par un mélange de 
biscuit et de jaune d'œuf, et surtout de pain au lait et de 
bananes ; il ne faut distribuer d'autres fruits qu'après s'être 
assuré qu'ils sont bien sucrés. 

lx° NECTARIVORES 

Enfin, les Oiseaux nectarivores, qui se nourrissent principa- 
lement sur les fleurs, doivent avoir un régime spécial. Beau- 
coup d'entre eux mangent des fruits, qu'il n'est bon de leur 
donner que quand ils sont bien mûrs et bien sucrés ; mais la 
base de leur régime doit être la crème à l'aliment Mellin, 
qui devient l'unique nourriture des Souï-Mangas et des Coli- 
bris. Les divers Gruit-Guits, Sucriers, etc., se trouvent fort 
bien de cet alimentation. 

Voici la composition que nous avons adoptée pour la 
pâtée pour Insectivores (i) : 

Quatre parties d'Insectes sécliés (Mouches, Ephémères, 
œufs de Fourmis). 

Une partie de jaune d'œuf frais cuit dur. 

Douze parties de salade et chou crus écrasés. 

Deux parties de carotte râpée, crue ou cuite. 

Douze parties de chapelure de la meilleure qualité (biscuit 
moulu). 

Les Insectes séchés doivent être gonflés à l'eau et parfaite- 
ment lavés au préalable. Le mélange se fait à l'eau chaude ; 
il est pétri et travaillé pendant près d'une demi-heure, de 

(i) Beaucoup de (( Pâtées » sont préparées par des spécialistes et vendues 
toutes prêtes. Elles donnent souvent de très bons résultats, telle la pâtée 
« Duquesne », en France. 



3o l'oiseau 

façon à être tout à fait homogène, seulement légèrement hu- 
mide (mais non mouillé) et facile à égrener. En ajoutant 
quelques gouttes d'huile d'olive, on donne du liant et retarde 
la fermentation. 

Cette pâtée, convenablement préparée, suffit aux Oiseaux 
les plus délicats et nous en avons fait l'expérience sur des 
centaines d'exemplaires les plus divers. Elle nous paraît pré- 
férable à toute autre. Nos Oiseaux se maintiennent dans de 
parfaites conditions et ne sont jamais sujets aux attaques 
d'apoplexie. 

Pour les Oiseaux robustes tels que les Geais et les Etour- 
neaux, on peut supprimer les œufe dans la pâtée et aussi 
ajouter un peu de chènevis écrasé, mais avec précaution. 

Le pain au lait est une excellente nourriture, mais il de- 
mande à être absolument frais et convenablement préparé ; 
autrement, il est dangereux. Pour être bon, il ne doit pas 
être collant ; la meilleure façon de procéder consiste à 
mouiller d'eau des croûtes de pain rassi, puis à les essorer 
sans les écraser ; on verse dessus ensuite le lait bouilli 
et sucré, en quantité suffisante pour bien humecter le pain, 
et on le distribue tel quel ; le mélange doit être assez hu- 
mide, mais non pâteux et ne pas contenir d'amas durs. 

La crème à l'aliment Mellin est préparée en faisant dis- 
soudre dans l'eau cette farine diastasée, spéciale, puis en ajou- 
tant du lait condensé et du miel ; le mélange doit être très 
intime ; les proportions des divers éléments seront de i de 
farine, i de miel, i de lait pour lo d'eau bouillante ; elles 
seront variées dans un sens ou dans l'autre suivant les cir- 
constances. L'aliment Mellin peut être remplacé par d'autres 
produits similaires, mais aucun ne donne d'aussi bons résul- 
tats. 

A toutes les nourritures quelles qu'elles soient, on peut 
avec avantage ajouter un peu de produit appelé <( Marmite », 
uniquement composé de levures et très riche en vitamines ; 
son effet sur tous les Oiseaux est excellent. 

Nou's venons donc d'indiquer brièvement les meilleures 
nourritures à donner aux Oiseaux, d'une façon générale ; il 
est évident, cependant, que ces nourritures devront être va- 
riées suivant les espèces et même les individus, leur condi- 
tion, leur âge, l'époque, le climat, l'installation, etc.. Les 



LES OISEAUX 3l 

proportions des éléments qui les composent doivent être dosés 
différemment selon les cas ; certains mêmes sont ajoutés ou 
retranchés. De plus, il ne faut pas oublier que la variété dans 
l'alimentation est une condition essentielle pour maintenir 
les Oiseaux en bonne santé. Surtout en ce qui concerne les 
Passereaux insectivores et futgivores, on ne doit jamais don- 
ner à un sujet exactement la même nourriture deux jours de 
suite ; c'est là un principe absolu, qui n'est malheureuse- 
ment pas généralement suivi et sur lequel nous insistons tout 
particulièrement. C'est à l'amateur d'imaginer des variétés 
sur les bases que nous avons indiquées. Il faut aussi s'abs- 
tenir de donner constamment des friandises à un Oiseau ; 
s'il aime certains aliments, il ne s'ensuit pas que leur excès, 
ou même leur usage, lui soit profitable ; c'est même souvent 
le contraire qui arrive. Ainsi l'on tuera rapidement un Oiseau 
en lui donnant plus de six à vingt Vers de farine par jour, 
suivant sa taille. L'amateur doit donc se garder de distribuer 
certaines nourritures avec excès, sous prétexte que l'Oiseau 
en est friand. Il est même nécessaire de rationner un Oiseau 
ou de supprimer une partie de son régime, à intervalles plus 
ou moins réguliers ou quand son état l'exige. 

Les distributions de nourriture doivent être faites réguliè- 
rement, toujours au mêmes heures et aux mêmes endroits, 
car il est dangereux de troubler les habitudes des Oiseaux. 
Il est bon que la personne qui les soigne soit toujours vêtue 
de la même façon, de couleurs neutres, et c'est une bonne 
précaution que de siffler avant de pénétrer dans les volières 
pour prévenir les Oiseaux. 

Ajoutons que toutes les, graines et denrées qui composent 
la nourriture doivent être de première qualité et d'une grande 
fraîcheur. Si l'on emploie des produits inférieurs ou vieillis, 
on court le risque de terribles accidents et la petite économie 
que l'on croit avoir réalisée est vite contre-balancée, et bien 
au delà, par la perte de quelqu'Oiseau. L'eau de boisson doit 
être toujours très fraîche ; il ne faut employer que de l'eau 
potable pour l'homme, et quelquefois par précaution, de 
l'eau bouillie. On veillera à ce que la boisson ne soit pas 
souillée par la nourriture et les excréments et on la renou- 
vellera aussi souvent qu'il sera nécessaire. On aura soin que 
les abreuvoirs, comme les mangeoires, ne se trouvent jamais 
sous les perchoirs. 



Sa l'oiseau 



III. — ACHATS ET SOINS GÉNÉRAUX 



Il est très important de bien choisir les Oiseaux qu'on 
achète. Lorsqu'il s'agit de sujets élevés en captivité ou déjà 
acclimatés, un coup d'œil rapide suffit ; mais lorsque l'on 
veut acquérir des Animaux fraîchement importés, il convient 
d'être prudent et de les soumettre à un minutieux examen. 

Il faut observer à loisir l'Oiseau que l'on désire, alors 
qu'il est tranquille et non pas artificiellement excité par la 
peur ; voir s'il reste alors vif et bien éveillé, si son œil est 
brillant et ses pattes nettes, si ses ailes et ses plumes sont 
lisses et collées au corps, s'il se meut sans hésitation, s'il 
mange bien, mais sans excès. On le prend ensuite à la main et 
on se rend compte si, sans être trop gras, il n'est pas trop 
maigre. On doit aussi s'assurer que ses parties anales sont 
saines et non souillées ; le contraire indiquerait des troubles 
digestifs. Il ne faut pas prendre des Oiseaux qui ne remplis- 
sent pas ces conditions, ou, si on les prend à cause de leur 
intérêt particulier, on doit compter sur une perte possible 
et traiter les sujets avec des soins spéciaux. L'état du plumage, 
au contraire, est assez indifférent ; même s'il est fort endom- 
magé, cela ne constitue pas un défaut important, car il sera 
bien vite réparé ^ la mue suivante et n'a pas grande influence 
sur la santé des Oiseaux, à condition toutefois qu'il ne soit 
pas trop défectueux. Quand les Oiseaux sont exagérément 
dénudés ou englués d'ordures, il sont sujets aux refroidisse- 
ments et en meurent fréqueniiment. Les seules précautions à 
prendre avec un Oiseau déplumé, sont de le soustraire au 
froid et de le placer dans une petite cage. S'il vole mal par 
suite du mauvais état des rémiges, on ne le lâchera en volière 
que quand elles auront complètement repoussé. 

Les Oiseaux qui viennent d'arriver ont généralement été 
privés de bains pendant leur voyage et leur séjour chez l'Oise- 
lier ; il faut donc leur donner une baignoire mais la retirer 
aussitôt après leur premier bain et les aider alors à se sécher 
s'ils se sont trop mouillés. Si on laissait l'eau à leur disposi-» 
tion, ils ne cesseraient de se baigner, n'arriveraient pas à se 
sécher et mourraient rapidement d'affections pulmonaires. 



LES OISEAUX 33 

Avec les Palmipèdes et les Echassiers, il faut être particu- 
lièrement prudent ; ces Oiseaux, privés d'eau quelque temps, 
perdent leur imperméabilité de plumage ; si on leur donne 
de l'eau à discrétion, ils s'y noient ou meurent de froid en 
quelques minutes. Il faut les réhabituer à l'eau peu à peu. 

Quand un Oiseau est trop sale pour pouvoir se nettoyer 
lui-même, on le lave, en attendant toutefois qu'il ait re- 
pris assez de force pour supporter l'opération. Le lavage se 
fait à l'eau tiède et au savon ; un blaireau à barbe convient 
admirablement pour cela ; on rince ensuite parfaitement l'Oi- 
seau à l'eau tiède, et on le sèche complètement avec des linges 
chauds et secs ; cette dernière opération est essentielle ; c'est 
parce qu'elle est mal conduite et insuffisante que l'on perd 
parfois des Oiseaux ; elle doit être longue et minutieuse. 
L'Oiseau paraît tou^jours très éprouvé par le lavage, mais s'il 
est bien séché, il se remet vite et il ne faut pas s'effrayer de 
ses mines défaillantes. Quand l'Oiseau n'a que les ailes et la 
queues salies, on les lui lave à l'éponge sans mouiller le corps, 
et cela n'exige pas de soins spéciaux, les grandes plumes se 
séchant rapidement. 

Lorsque les plumes des ailes et de la queue sont cassées, 
beaucoup de personnes les arrachent pour les voir repousser 
plus vite ; c'est un procédé dangereux : on soumet ainsi 
l'Oiseau à une mue forcée qui l'éprouve beaucoup, et s'il 
n'est pas en très bon état, lui est souvent fatale ; on ne 
l'emploiera qu'avec précaution et sur des sujets en parfaite 
santé. 

Si l'Oiseau est envahi par les parasites, il faut le poudrer 
d'insecticide jusqu'à ce qu'ils aient disparu et désinfecter la 
cage. 

Un nouvel Oiseau doit toujours être isolé dans une cage 
au début ou tout au moins n'être réuni qu'à des congénères 
arrivés en même temps, comme nous l'aAons déjà dit. De 
cette façon on évite le risque de contamination et on peut 
plus facilement observ^er le sujet et lui donner les soins et la 
nourriture dont il a besoin. Si plus tard on le place en vo- 
lière ou' en parquet, il est généralement bon d'y placer 
d'abord sa cage quelques jours pour l'habituer à l'endroit 
avant de l'y lâcher. Il est également nécessaire de ne pas 
changer un Oiseau de nourriture tout à coup : on doit s'en- 
quérir de celle qu'il a reçue jusque-là et la lui continuer 



34 l'oiseau 

quelque temps, même si elle est défectueuse ; on la diminue 
progresisivement et on substitue peu à peu une meilleure ali- 
mentation, mais sans changement brusque. 

Il ne faut manipuler et prendre les Oiseaux que le moins 
possible ; mais quand cela devient nécessaire, on le fera avec 
grand soin. S'ils sont en volière ou en parquets, on emploie 
des filets « épuisettes » pour les capturer ; tenus à la main, 
il faut les maintenir sans trop les serrer et empêcher qu'ils 
n'agitent les pattes et les ailes et ne se les brisent. 

Lorsqu'un Oiseau se casse une aile ou une patte, on s'ef- 
forcera de l'immobiliser, ce qui n'est pas toujours facile ; 
on ne peut guère donner à l'avance de conseils sur la 
façon de procéder ; elle variera suivant les circonstances ; 
on emploiera toutes sortes d'attelles, de bandages, de toile 
ad'hésive, du plâtre, etc. Quand la fracture est simple, elle 
guérit le plus souvent ; quand les tissus sont meurtris ou 
déchirés, l'Oiseau périt presque toujours d'infection. Quand 
les extrémités sont seules atteintes, on les ampute. 

Toutes les plaies seront désinfectées le mieux possible : 
touchées à l'iode, nettoyées et pansées avec un antiseptique, 
tel que le lysol. l'iodofonne ou l'eau oxygénée. 

Les pattes gelées sont fréquemment observées, surtout 
chez les Gallinacés et le:s Echassiers. Il est souvent trop 
tard quand on s'en aperçoit ; il faut donc éviter l'accident 
en mettant à l'abri du froid les Oiseaux susceptibles ; l'effet 
causé est la perte plus ou moins complète des doigts, qui se 
produit lentement et n'est complète qu'après plusieurs mois. 
Si l'on s'aperçoit immédiatement de la gelure, il faut mettre 
la patte dans l'eau chaude, la frictionner et l'oindre de corps 
gras jusqu'à ce que la circulation se rétablisse. 

Un accident qui arrive souvent est l'arrêt de l'œuf chez les 
femelles. S'il est soigné immédiatement, il n'a pas de suites 
dangereuses, mais s'il est négligé, il amène la mort. On s'en 
aperçoit à l'aspect général souffrant et triste de l'Oiseau. Si 
on le prend, on constate de l'enflure à l'abdomen. Il faut sé- 
parer le malade, lui donner une purge d'huile de ricin et in- 
troduire de l'huile d'olive dans l'anus. Si l'œuf ne tombe 
pas alors, on maintient l'Oiseau au-dessus d'un récipient 
d'eau bouillante, dans la vapeur, jusqu'à ce que l'œu'f soit 
pondu. Cet accident ne laisse aucune trace, mais le sujet est 



LES OISEAUX 35 

enclin à être atteint de nouveau et doit être surveillé au mo- 
ment de la ponte. 

Lorsque l'on veut empêcher pour toujours un Oiseau de 
voler, on l'éjointe, c'est-à-dire qu'on lui retranche l'extré- 
mité de l'aile où s'insèrent les rémiges primaires, plumes 
essentielles au vol. Pour pratiquer l'opération, on immo- 
bilise l'Oiseau, on fait une ligature aussi serrée que, possible 
immédiatement au-dessus de la dernière jointure de l'aile, 
en laissant toutefois le rudiment de pouce, représenté par une 
petite aspérité, et on sectionne l'aileron immédiatement au- 
dessus de la ligature ; si celle-ci est bien faite, le sujet doit à 
peine saigner ; on laisse la ligature, qui se détache seule au 
bout de quelque temps, et on badigonne le moignon à la tein- 
ture d'iode. Quand l'éjointage est bien fait, il n'affecte pas, 
même temporairement, l'état du patient. 

Les Oiseaux sont sujets à de nombreuses maladies. Nous 
ne mentionnerons que les plus fréquentes : 

Les refroidissements, souvent suivis de pneumonies, sont 
fréquents et très graves. On s'en aperçoit à la respiration dif- 
ficile et sifflante de l'Oiseau. La maladie est souvent fou- 
droyante, et il faut soigner le sujet sans délai. La première 
chose à faire est de placer l'Oiseau dans une cage et la main- 
tenir à une haute température. On lui administre un tonique 
(« lung tonic » de Ditchfield, par exemple ou « Parishes- 
food ))) ; on lui donne une nourriture riche et de l'huile 
de foie de Morue ; on doit veiller à tenir son bec et ses na- 
rines propres ; on ajoutera à son eau de boisson un peu de 
permanganate de potasse. 

La diarrhée n'est souvent que le symptôone de graves ma- 
ladies intérieures. Là encore, on tiendra l'Oiseau au chaud et 
on supprimera de la nourriture ce qui a pu causer la ma- 
ladie (souvent la verdure humide, ou l'état malpropre, des 
mangeoires). On donnera au malade une purge d'huile de 
ricin ou des gouttes spéciales (Ditchfield) et un peu de tein- 
ture d'opium dans son eau de boiss'on (une goutte par déci- 
litrei environ). 

La constipation, qui devient grave si elle n'est pas soignée, 
mais qui guérit généralement vite, sera combattue par une 
légère dose de sulfate de soude, ou, si elle est bénigne, de ma- 
gnésie liquide ; il faudra supprimer de la nourriture pendant 



36 l'oiseau 

quelques jours les éléments échauffants tels que l'œuf, par 
exemple. 

Les attaques d'apoplexie causent de nombreuses pertes dans 
les volières ; elles sont parfois accidentelles, dues à la cha- 
leur, à quelque excitation vioknte, mais elles sont surtout cau- 
sées par une alimentation trop riche et le manque d'exercice. 
Quand on voit des signes d'apoplexie chez un Oiseau, on le 
saisit, on lui met la tête sous un jet d'eau froide, puis on lui 
baigne les pieds à l'eau très chaude, que l'on refroidit ensuite. 
Quand il est revenu à lui, on lui donne une alimentation 
légère, une purge, et le plus d'espace possible. 

Il existe bien d'autres maladies qui affectent les gros et ks 
petits Oiseaux : diphtérie et autres affections contagieuses, 
que l'on traite par l'isolement, des badigeonnages à l'anti- 
septique et des toniques ; l'entérite, que l'on traite comme la 
diarrhée ; la fausse mue, dont un tonique et l'huile de foie 
de morue ont souvent raison ; les maladies de foie, dues à 
une alimentation défectueuse, que l'on guérit quelquefois par 
un régime riche en matières grasses, une purge et un tonique 
(Parishes food) ; la gale aux pattes, dont les lavages au savon 
et de la pommade soufrée ont raison ; le picage, qui est un 
vice que prend un Oiseau d'arracher ses plumes ou celles de 
ses semblables et qu'on parvient à faire passer en endui- 
sant de graisses odorantes (graisse d'Oie, par exemple) le 
corps des Oiseaux, etc.. 

Nous reparlerons plus en détails des maladies et des soins 
qu'elles nécessitent à propos des familles qui y sont plus 
particulièrement sujettes. 

Mais avant de combattre les maladies, on doit chercher à 
les éviter, et pour cela il ne faut jamais perdre: de vue^ les 
soins généraux : hygiène et' propreté strictes, lavages, net- 
toyages et désinfections fréquentes des cages, volières et 
autrefe locaux. 

Si l'amateur observe complètement les règles générales 
que nous avons posées pour l'installation, la nourriture et les 
soins à donner aux Oiseaux, il évitera dans de très grandes 
proportions les pertes et les désillusions, et tirera de ses pen- 
sionnaires le maximum d'agrément et de profit. 

{A suivre). 



LES OISEAUX DE WOBURN 

par Jean DELACOUR 

Woburn Abbey, le magnifique domaine du Duc de Be*d- 
ford, membre de notre Comité d'honneur et président de la 
Société zoologique de Londres, est avant tout célèbre par ses 
merveilleux troupeaux de grands Mammifères ; mais ses col- 
lections d'Oiseaux, auxquelles s'intéresse spécialemnt la Du- 
chesse de Bedford, n'en sont pas moins remarquables. 

J'ai eu l'honneur de les visiter au début du mois d'octobre 
dernier ; malheureusemenit, la guerre et ses conséquences, les 
ont beaucoup diminuées. Bien des espèces qui, auparavant, 
y étaient représentées, ont disparu ; les petits Passereaux, 
Cardinaux, Boutons d'or, etc.. et les Perruches, qui vivaient 
en liberté dans les jardins, ne sont plus là pour animer les 
arbres 'et les buissons. Mais ce qui reste est encore considé- 
rable et plein d'intérêt. 

A Woburn, tous les Oiseaux sont libres, soit dans l'im- 
mense parc, de plus de i.ooo hectares, soit dans des enclos, 
dont le plus petit idépasse encore lo hectares en étendue. La 
collection se compose presqu 'entièrement de Palmipèdes, avec 
quelques Gallinacés, des Grues et des Nandous. 

Dans l-e grand parc, aux vastes horizons, les Canards, et 
surtout les Oies;, foisonnent sur les immenses pelouses et les 
nombreux lacs — > 'et le fait le plus remarquable, c'est que 
presque tous les sujets sont de plein vol. Ils ne se laissent 
d'ailleurs pas approcher de itrès près et vivent à l'état sauvage. 
Volant, nageant ou paissant, j'admire des bandes d'une cen- 
taine d'Oies du Canada ; une cinquantaine d'Oies des neiges, 
auxquelles se mêlent quelques Oies de Ross, de nombreuses 
Oies cendrées, rieuses, des moissons', à bec court, des Ber- 
naches nonnettes et cravants ; plus loin, ce sont d'innom- 
brables Bernaches de Magellan, au milieu desquelles je 
remarque des hybrides de cette 'espèce avec la Bernache à 
tête rousse (C. rubidiceps) ; j'observe aussi cinq Bernaches à 
tête grise (C. poliocephala) , des Oies d'Egypte, des Casarcas. 
Tous ces Oiseaux possederut leurs ailes entières et s'enlèvent 
à mon approche ; c'est un spectacle inoubliable et unique 



38 l'oiseau 

que celui de ces centaines d'Oies volant au-idessus des eaux 
et des prairies. 

Je vois encore de nombreux couples de Céréopses et des 
Oies à tête barrée ; mais celles-là sont éjointées, ces deux 
espèces étant absoluiment rebelles au cantonnement et 
s 'échappant toujours. 

Quelques Cygnes hybrides de Cygnes trompettes et de 
Cygnes de Bewick, habitent aussi le parc, ainsi que divers 
Canards ; je remarque des bandes énormes de Col-verts, de 
Siffleurs et surtout de Mandarins qui volent de tous côtés. 
Ces derniers Canards sont très défiants et ne se laissent pas 
surprendre ; ils nichent dans les creux des arbres et se repro- 
duisent abondamment, pourvu qu'ils aient l'usage de leurs 
ailes. 

On rencontre, dans le parc, de très nombreux Dindons 
sauvages, assez familiers, et quelques Talégalles, très craintifs, 
ainsi que des Faisans vénérés et d'Amherst, qui sont, avec les 
Faisans communs, les seules espèces s'étant maintenues 
depuis la guerre ; les Lophophores ont disparu rapidement. 
Enfin, je vois encore quelques Nandous blancs et des Grues 
cendrées. 

Sur les bords d'un vaste étang, dans un enclois, vivent des 
Oies Empereurs (P. canagica) ; ces rares habitans de l'Alaska 
et du Kamtchatka sont maintenant au nombre «d'une 
quinzaine et leur troupe augmitente chaque année ; ce sont 
de jolis Oiseaux gris bleuté nuancé de brun foncé, avec la 
tête et le derrière du cou blancs. 

Un autre vaste enclos sert de demeure à dix Bernaches 
à cou roux (B. l'uficollis) , la plus rare et la plus jolie espèce 
de la famille. Ses formes rappellent, en plus court et plus 
gracieux, celles de la Nonnette, et son costume gris, noir et 
roux vif, 'tout ligné de blanc, est magnifique. Ces Oiseaux 
sont à peu près les seuls qui existent en captivité ; malheu- 
reusement, depuis une dizaine d'années qu'ils vivent à 
Woburn, ils n'ont jamais tenté de se reproduire ; ils ne sem- 
blent même pas s'être accouplés. 

D'autres étangs et enclos renferment de grandes quantités 
de Canards, de Flammants roses et rouges, de Cygnes divers ; 
je remarque en particulier un beau couple de Cygnes Trom- 
pettes (C. buccinator). Mais toute l'installation est si vaste 
qu'on ne peut se- rendre un compte exact des espèces ni du 



MES ÉLEVAGES d'OISEAUX EN 1923 89 

nombre des individus, au cours d'une courte visite d'une 
journée. 

Les Grues sont représentées par les espèces suivantes : Anti- 
gone, de Mandchourie, de Stanley, à cou blanc. Beaucoup 
ont toutes leurs ailes. Un couple de Grues de Mandchourie, 
dont la femelle s'envole à notre approche, a élevé un petit 
cette année. 

Pour finir, je signalerai un couple de Nandous de; Darwin, 
si rares aujourd'hui, dont l'aspeot ramassé et le plumage 
brun tacheté de blanc, sont du plus bel effet, et des Nandous 
blancs. 

On peut imaginer quel enthousiasme excite la vue de tous 
ces Oiseaux en liberté ; c'est là un spectacle unique, qui n'a 
pas manqué de me rappeler celui que j'avais admiré dans la 
région des grands fleuves de l'intérieur du Venezuela. 



MES ELEVAGES D'OISEAUX EN 1922 
par A. DECOUX 

L'année 1922 a été peu favorable à l'élevage : les gros Oi- 
seaux, surtout les Colombes et les Perruches, ont été peu pro- 
lifiques, conséquence d'un printemps maussade, suivi d'un été 
pluvieux, froid et sans soleil. Les petites espèces d'Oiseaux 
de volière se sont mieux comportées chez moi, quoique — si 
j'en juge par les comptes rendus des journaux spéciaux et par 
ma correspondance avec bon nombre d'éleveurs — ces espèces 
mêmes aient trop souvent déçu beaucoup d'espérances. Ici, 
j'ai eu asisez de succès avec elles pour n'avoir pas le droit de 
me plaindre. 

Aucun Faisan n'a été élevé cette année : les uns, comme les 
Lophophores ou les Tragopans de Cabot, éaient trop jeunes 
pour pondre ou donner des œufs fécondés ; les autres, comme 
les Ho-Kis, ont donné des œufs clairs. Deux jeunes Ho-Kissont 
cependant éclos : l'un est mort étouffé par sa mère, une Poule 
Orpington fauve, l'autre, très vigoureux jusqu'à l'âge de trois 
semaines, périt accidentellement, écrasé par une planche for- 
mant abri dans sa volière... Le mâle Ho-Ki s'est montré par- 
ticulièrement méchant pendant l'époque de la ponte, et nous 



^O L OISEAU 

devions prendre des précautions pour pénétrer dans son par- 
quet. 

Les Tinamous, les Colins ont pondu des œufs qui, pour la 
plupart, n'ont pas pu être mis en incubation. Les autres ont 
été clairs, ou les jeunes éclos sont morts peu après leur nais- 
sarice pendant des périodes de pluie... Et l'on trouve des éle- 
veurs qui se plaignent d'étés trop ensoleillés ! 

L'histoire des Colombes est une autre malheureuse his- 
toire ! 

La plupart n'ont pas même pondu, pas même cherché à 
construire un nid ; c'est le cas des Colombes à ailes vertes de 
l'Inde et d'Australie, des Colombi-gallines de la Martinique, 
des Tranquilles, des Lophaphaps. Pour comble de disgrâce, 
les femelles de cette dernière espèce, si belle, si originale, 
se sont tuées par accident dans une panique nocturne ! 
Cette petite Colombe plumifère australienne n'est pas déli- 
cate ; elle résiste parfaitement bien au froid, et paraît être 
plus sensible à l'humidité. Mais elle est extrêmiement timide 
et peureuse, et se blesse en se précipitant contre les grillages 
de la volière, ou en retombant sur le sol. Comme d'autres 
Oiseaux humicoles : Tinamous, Cailles, Colins, dès qu'on 
l'effraye, elle se jette tête baissée contre tous les obstacles 
qu'elle rencontre. Il serait nécessaire de l'éjointer pour éviter 
des accidents. Le Lophophaps à ventre blanc est l'un des plus 
beaux Colombidés de volière. Il attire l'attention de tous. Il 
est seulement fâcheux qu'il arrive si rarement en Europe et 
reste d'un prix si élevé. 

Les Colombes du Sénégal, espèce très commune au con- 
traire, mais charmante, ont roucoulé, fait des nids... et se sont 
abstenues de pondre. Quelques couples lâchés dans le jardin en 
même temps que des Colombes de Barbarie, ont disparu rapi- 
dement. De ces dernières, un couple est resté dans les arbres, 
mais n'a point niché. Mâle et femelle sont devenus très privés 
et viennent prendre leur nourriture dans le panier aux graines 
quand on va, le matin, renouveler les provisions de lisurs 
sœurs captives. Ils passient la nuit dans les arbres, ou sous lès 
r.ebords du toit de la volière des Ho-Kis. J'espère qu'ils niche- 
ront l'année prochaine... L'espérance est vivace au cœur des 
amateurs d'Oiseaux- ! 

Les Colombes Humérales (Geopelia humeralis) ont été 
moins décevantes et ont élevé des petits après plusieurs cou- 



Sociélé Nationale d'Acclimalaliun 
" LOISËAU' 



Vi.. Il 
[923 



VOLIKRES, DE M. A. DECOUX, A GÉRY, AIXE .SLR-VIENNE (Hlc-Vienne). 




l'ulicre ù Aslrilds cl Didimnils cl groupe de lolicrcs à Perruches. 




Groupe de cinq Volières. 



MES ÉLEVAGES d'oISEAUX EN I932 4l 

vées manquées. Ces beaux Oiseaux ont la fâcheuse habitude 
d'abandonner leurs jeunes dès qu'ils quittent le nid, c'est-à- 
dire bien avant qu'ils soient capables de subvenir à leurs be- 
soins. En enlevant le mâle dèsi qu'il recommence à faire sa 
cour à la femelle, on rappelle parfois celle-ci à ses devoirs de 
mère de famille. Mon couple d'Humérales a encore deux petits 
au nid... Ces Colombes, très décoratives, attaquent les autres 
Colombes qu'on veut leur associer. Il est nécessaire de les te- 
nir éloignées de tout autre Colombidé. Un couple de Lophotes 
fuyait devant les Humérales, et nous dûmes l'enlever pour 
éviter un accident. 

Le petit nombre de jeunes élevés par les Lophotes est un fait 
très digne d'être noté, comme conséquence certaine de la 
basse température de l'été. Un couple de sujets adultes, qui 
avait eu onze petits l'année dernière, ne s'est décidé à pondre 
qu'en septembre. Deux petits seulement ont été élevés. Lin 
autre couple, logé dans une volière à Faisans, n'a même pas 
pondu. 

Les Colombes poignardées se sont mises à pondre dès mars, 
à une époque où je n'avais pas encore de (( nourrices » en état 
d'élever leurs petits. Après un arrêt dans la ponte, en mai, 
elles s'accouplèrent encore. J'ai eu un certain nombre d'œufs 
clairs, des jeunes écrasés par les Colombes rieuses, et. en fin 
de saison, trois petits élevés sont morts accidentellement de 
diarrhée. Il serait nécessaire cependant de multiplier cette 
magnifique espèce, qui, depuis 1914, n'est plus importée en 
Europe. 

Mes Colombes du Cap (Œna capensis) ont fait un nid. et 
pondu deux œufs d'un blanc crème... qui ont été cassés par 
les Rossignols du Japon ou les Cardinaux... Je ne sais qui il 
faut accuser du méfait. Découragées par cet échec, ces Co- 
lombes ont passé l'été sans faire une nouvelle tentative pour 
se multiplier... 

Les Perruches se sont mieux conduites que les Colombes. 

Un très beau succè*. d'abord avec les Stanley : un mâle im- 
porté habite depuis deux ans une volière de 10 mètres de long 
sur 3 m. rto de large, en compagnie de deux femelles, nées 
il y a quelques années dans les volières de Lord Tavistock. 
Depuis longtemps, il a fait son choix entre les deux femelles 
et élève chaque année une nichée de cinq à six petits très 
vigoureux. Cette année, la ponte des deux femelles a été fé- 



43 l'oiseau 

condée : l'une a fait éclore sept petits et l'autre quatre ; mais 
deux seulement de ces derniers ont atteint l'âge adulte. Il 
est à remarquer, en effet, que le mâle ne s'occupe que des 
petits d'une seule nichée. Il n'est pas étonnant que la lourde 
tâche de l'éducation des jeunes dépasse les forces de la mère... 
ce qui explique que deux jeunes seulement soient sortis d'une 
des bûches. D'autres cas de polygamie chez les Platycerques 
captifs ont été signalés ; mais ils sont rares. 

Un autre couple de Stanley a fréquenté la bûche tout l'été 
sans se décider à nicher sérieusement. 

Les Pennant. deux jeunes Oiseaux qu'avait bien voulu me 
céder M. Pauwels, qui les avait élevés en. 1920, n'ont rien 
fait non plus. Mais j'ai eu le mot de l'énigme : les deux Per- 
ruches étaient des mâles ! Elles ont été vendues en juillet 
avec quelques autres Oiseaux et sont parties pour l'Amérique. 
Ce beau Platycerque est généralement très prolifique. 

Les Pséphotes à croupion rouge m'ont d'abord rempli d'es- 
pérances, vite évanouies : au moment où la femelle pondait 
son quatrième œuf, le mâle mourait soudainement d'une atta- 
que, évidemment provoquée par l'excitation de la période 
d'accouplement. Le femielle, cependant, continua à couver ; 
et après vingt et un jours, trois petits venaient au monde. Un 
seul est devenu adulte. La seconde ponte a été sans résultat, 
car il ne m'a pas. été possible d'accoupler à nouveau cette 
femelle en temps utile. 

Les autres Pséphotes et Platycerques n'ont pas même fré- 
quenté les bûches. Les Perruches royales (Aprosmictus cya- 
nopygius) ont dû être déplacées en mai, et j'ai attribué à ce 
changement de domicile leur complète placidité. Le mâle n'a 
pas même tenté de s'accoupler. 

Les Inséparables à tête rose ont fait trois nichées d'avril à 
octobre et couvent encore. Douze petits ont été élevés par un 
seule couple. Le second, mal accouplé d'abord, s'est montré 
moins fécond. Cette petite Perruche est l'une de mes préfé- 
rées ; jolie, prolifique et robuste, elle n'a contre elle que son 
cri perçant, qui n'est pas bien redoutable quand la volière 
est éloignée de l'habitation. 

J'ai eu quelques pertes au début du printemps, qui ont 
défait des couples de Perruches sur lesquelles j'avais, fondé 
de grandes espérances... L'apoplexie est certainement la ma- 
ladie qui enlève le plus de Psittacidéls. J'ai perdu ainsi des 



MES ÉLEVAGES d'oISEAUX EN I922 43 

Loris, des Calopsittes, et deux beaux mâles de Paléornis cya- 
nocéphales, l'un des plus beaux Paléornitidés, et qui peut 
soutenir la comparaison avec n'importe lequel des Platycer- 
ques. J'ai pu, heureusement, accoupler une femelle avec un 
très beau mâle que m'a offert notre collègue, le docteur Mau- 
rice Amsler, d'Eton. Je veux l'en remercier ici. Cette Per- 
ruche a ce qui manque à quelques variétés australiennes : la 
grâce et l'harmonie des formes. Elle ronge à peine, et son 
cri est un sifflement qui n'a rien de discordant. 

Un petit nombre de couples d'Oiseaux frugivores ou insec- 
tivores ont été mis en volière, cette année, pour en obtenir 
la reproduction. Ce sont les Oiseaux encore les moins étudiés 
en captivité, et par suite ceux qu'il importe le plus d'obser- 
ver. Mais ce sont ceux aussi dont l'élevage présente le plus 
de difficultés de tout genre. 

Les Bulbuls à joues blanches étaient deux mâles, qu'il a 
fallu séparer dès les premiers beaux jours : l'un des deux 
aurait tué l'autre. 

Les Stéphanophores à couronne blanche (Stephanophurus 
Iciicocephalus) ont été accouplés trop tard, en juillet, et n'ont 
pas cherché à faire un nid. Ces Tangaras comptent parmi les 
plus beaux Oiseaux de ma collection. Ils font un grand effet 
en volière. Dans le couple que je possède, la feimelle est un 
peu plus grosse que le mâle, et porte une plus large couronne 
blanche ; mais son diadème pourpre est presque inexistant. 
Sont-ce là des signes constants permettant d'identifier sûre- 
ment les sexes P Je ne le pense pas... Le mâle chante dou- 
cement, mais rarement, surtout au lever du jour, — et je 
n'ai pas eu l'occasion de l'entendre. Mais les domestiques 
qui soignent les Oiseaux l'ont souvent entendu chanter pen- 
dant le nettoyage matinal. 

Les Rossignols du Japon ont fait trois nichées : les deux 
premières de deux et trois petits ; la dernière de quatre, 
morts avant de quitter le nid, faute d'une nourriture conve- 
nable, qu'il n'était plus possible de trouver en quantité suf- 
fisante à l'automne. Les deux premières nichées ont été éle- 
vées sans difficulté. Dans les premiers jours de leur existence, 
ces Oiseaux noun-issent leurs jeunes de larA'PS et de fourmis 
rouges des prés, les mâle? ailés ayant leurs préférences, puis 
les Sauterelles, les Vers de farine, les Papillons et Phalènes 
viennent ensuite. Jusqu'à l'âge de douze jours, époque à la- 



44 l'oiseau 

quelle ils quittent le nid, les jeunes ne sont nourris que d'in- 
sectes. Plus tard, les parents leur donnent des fruits, du pain 
trempé et de la pâtée. Cet élevage, très souvent obtenu, 
n'offre aucune difficulté. Le seul fait intéressant à noter est 
peut-être le grand âge du mâle, acheté en igiS par M. Dela- 
cour qui me le céda. Cet Oiseau est énorme et très coloré ; 
il chante fort bien... La femelle fut importée en 192 1. 

Les Martins de Chine ont fait un nid en juillet, mais n'ont 
pas pondu. La femelle était peut-être trop jeune. Ma vieille 
femelle, importée en igiS, est morte aveugle au début du 
printemps, et le mâle a dû être accouplé avec un jeune sujet 
né en France... 

(.4 suivre). 



LA CONSTRUCTION D'UNE VOLIÈRE 
par le Major A. PAM 

Depuis la guerre, je n'avais plus d'Oiseaux d'aucune sorte ; 
en fait, il n'y avait pas de volière dans la propriété que j'ha- 
bite actuellement, où je m'installai en igiS. Cette année-là, 
je commençai à peupler le lac de Palmipèdes (Flammants, 
Canards divers. Cygnes à col noir, Coscorobas, etc.) ; tous fu- 
rent détruits par les Renards pendant, ou imimédiatement 
après la guerre ; cela me déçut tellement que, pendant deux 
ans, je cessai d'être un amateur actif. 

Le désir de posséder des Oiseaux, d'une sorte ou d'une autre, 
restait cependant très vif en moi, et au début de l'année der- 
nière, je succombai facilement, à l'instigation de notre collè- 
gue M. Delacour, qui passait quelques jours chez moi à cette 
époque. Nous trouvâmes ensemble un endroit favorable à la 
construction d'une volière pour petits Oiseaux. Comme une 
série d'articles sur la façon de garder les Oiseaux en captivité 
commence dans le présent numéro de notre Revue, il ne sera 
peut-être pas sans intérêt pour nos collègues, qui désirent éta- 
blir et peupler une volière en plein air, de savoir ce que j'ai 
fait et comment je m'y suis pris. 

J'avais la chance d'avoir, derrière mon orangerie, une pe- 



LA CONSTRUCTION d'uNE VOLIERE 45 

tite cour entourée de murs de brique de trois onètres de hau- 
teur ; contre l'un des murs, il y avait un abri en bois dont on 
s'était seni pour abriter des arbustes. Contre le mur opposé, 
se trouvait un autre petit bâtiment, et, entre eux, restait un 
espace libre d'environ /jo mètres carrés. 

Au centre de cet espace, je dressai le tronc d'un houx (l'un 
de nos bois les plus durs), d'environ aS centimètres de dia- 
mètre ; je l'enterrai de 70 centimètres, laissant 3 mètres au- 
.dessus du sol, de sorte que son somjmet était au niveau des 
murs. Le houx avait de nombreuses branches latérales, que je 
taillai à différentes longueurs et qui senirent de perchoirs. 
Je fixai ensuite six tiges de fer, rayonnant du sommet du houx 
vers les murs et les toits des abris ; ces tiges servirent à soute- 
nir du grillage, de maille de 9 millimètres et large de i mè- 
tre, que j'attachai d'un onur à l'autre pour former un toit 
complet. Je fis légèrement chevaucher l'une sur l'autre chaque 
bande de grillage, pour éviter que de petits Oiseaux puissent 
s'échapper par quelque trou, qui aurait pu se former à la ligne 
de contact des deux bandes ; le grillage fut ensuite solidement 
cousu. J'ajouterai que je clouai des lattes de bois au sommet 
des murs, de façon à pouvoir y fixer facilement le grillage, à 
l'aide de conduits. Le passage, que l'on voit sur le plan, fut 
aménagé de la mlême façon, à cela près que seulement un pe- 
tit nombre de supports fut nécessaire, en raison du rapproche- 
ment des murs. 

Je fis alors un bassin, en creusant une excavation ovale de 
I m. .5o X I mètre, profonde de 3o centimètres ; je remplis 
le fond de pierres et de briques bien tassées, qui furent recou- 
vertes de ciment brut, laissant seulement une profondeur cen- 
trale de 1,5 centimètres avec une pente douce sur le pourtour. 

LTne bonde de cuivre, pour vider le bassin, fut fixée au point 
le plus bas. ainsi qu'un trop-plein, un peu au-dessous du ni- 
veau du sol, tous deux étant reliés à un drain ; ainsi le bassin 
pouvait se nettoyer facilement sans déborder, et convenait aux 
Oiseaux de différentes tailles, la profondeur variant de 2 à 
i5 centimètres. L'eau est amenée par un tuyau de i centimè- 
tre inséré dans le bord du bassin et commandé par un robi- 
net, enterré de i5 centimètres à l'intérieur d'une boîte de 
fonte. 

Je m'occupai ensuite des abris ; le plus grand CA) avait 6 mè- 
tres de long sur 2 mètres de large, 2 m. 5o de hauteur par 



46 



L OISEAU 



devant et 3 m. 2 5 par derrière. Je l'arrangeai de façon à pou- 
voir le clore complètement et mj'en servir comme de volière 
intérieure, le chauffant, par temps froid, au moyen d'un poêle 
à gaz. Je fis placer, de chaque côté de la porte centrale, une 
grande fenêtre de verre dépoli, pour éviter aux Oiseaux de se 
heurter contre elle, ce qui est toujours un danger avec le 
verre ordinaire. Les murs et le sol demandèrent peu de tra- 
vail : trois des premiers sont en briques, celui de façade étant 
do bois double, avec un matelas d'air entre les parois ; ils fu- 
rent badigeonnés à la chaux ; quant au sol cimenté, il ne fal- 
lut que l'examiner pour boucher des fissures par lesquelles 
des Rongeurs auraient pu pénétrer ; il fut recouvert de gros 
sable. On posa différents perchoirs aux endroits favorables, et 




de grandes branchas d'if furent attachées au plafond et fixées 
dans les coins (du buis eût été préférable à de l'if ; mais je ne 
crois pas qu'il y ait de danger à se servir de ce dernier, du 
moment que les Oiseaux ont de la verdure en abondance). Je 
me servis d'un grand vase de terre cuite sur pied comme de 
plat à graines ; ce vase avait la forme d'un bassin ; un mor- 
ceau de bois fut façonné pour obstruer la partie la plus pro- 
fonde, de façon à pouvoir y mettre une couche de graines de 
I centimètre ; les bords un peu relevés du vase empêchent les 
graines d'être projetées au dehors, et il y a assez de place pour 
que de nombreux Oiseaux puissent manger en même temps. 
On mit seulement à l'intérieur un petit abreuvoir, car les. Oi- 
seaux peuvent boire et se baigner au dehors. 
Je fis faire une porte double et en deux ^parties ; l'inférieure 



LA CONSTRUCTION p'UNE VOLIERE 47' 

haute de i m. 5o, la supérieure de 3o centimètres. La porte 
extérieure est en bois, l'intérieure en grillage ; la partie infé- 
rieure de cette dernière est toujours fermée, et le sommet ou- 
vert, tandis que la porte extérieure est généralement ouverte.' 
Les Oiseaux rentrent dans l'abri par l'ouverture supérieure, 
mais par temps très froid, les deux panneaux peuvent se fer- 
mer, et les Oiseaux sont alors confinés pour quelque temps à 
l'intérieur. Il vient bien assez de lumière par les deux fenêtres» 
miais, ipour les jours brumeux et sombres, j 'ai fait poser une 
forte lampe électrique qui pend du plafond ; on peut s'en ser- 
vir aussi dans les longues soirées d'hiver. 

L'autre bâtiment fut traité d'une manière différente, car j'en 
fis un abri ouvert ; il est (marqué « B » sur le plan. Les portes 
et fenêtres furent enlevées, de façon à former trois grandes ou- 
vertures ; les murs furent badigeonnés ; du sable fut répandu 
sur le sol ; des branches d'if et des perchoirs furent disposés 
comme dans l'autre abri. 

Il ne restait plus qu'à planter des arbustes et à disposer des 
perchoirs dans la volière extérieure — cela n'a pas besoin 
d'être décrit, car c'est une affaire de goût personnel ; mais 
je me permettrai de dire qu'il faut que les arbustes soient 
épais, de façon que les Oiseaux puissent s'y cacher et y cons- 
truire leurs nids, et que les perchoirs soient nombreux et 
de grosseurs variées. 

J'établis une allée de gravier, de la porte d'entrée « D » à 
celle du grand abri ; je mis une couche épaisse de gros sable 
à gauche, autour du bassin, et de l'herbe à droite ; les Oiseaux 
apprécient cette diversité du sol, car le sable est toujours sec, 
tandis que l'herbe longue leur permet d'y chasser les insectes. 

La porte d'entrée « D », grillagée, fut placée sous un arc de 
briques ; la porte extérieure « d » est en bois, et l'espace com- 
.pris entre les deux portes forme une autre petite volière où 
j'ai placé un couple d'Ondulées vertes issues de bleues : ces 
Oiseaux endommageaient trop les plantations pour être lais- 
sées dans la grande volière. 

Enfin, tout fut prêt pour les Oiseaux ; comme la saison 
commençait à s'avancer et que je désirais me rendre compte si 
ma volière était favorable, avant d'acheter des Oiseaux rares et 
chers, je commençai par des granivores bon marché. J'achetai 
les roupies suivants, et je donne ici leurs prix approximatifs, 
pour montrer que des Oiseaux véritablement jolis peuvent être 



48 l'oiseau 

acquis dans des conditions très raisonnables : Amarantlies, 
i5 francs ; Dominos, 12 francs ; Mandarins, 20 francs ; Cous- 
coupés, 12 francs ; Cordons-bleus, 25 francs ; Bengalis rou- 
ges, i5 francs ; Becs-d'Argent, 12 francs ; Ventres-oranges, 
i5 francs ; Nonnes, i5 francs ; Ignicolores, 25 francs ; Mon- 
seigneur», 3o francs ; Veuves à collier d"or, 20 francs ; Veuves 
royales, 60 francs ; Papes, 80 francs ; Diamants à longue 
queue, 120 francs. 

Tous les Oiseaux ci-dessus sont robustes et s'accordent bien 
ensemble. 

Le grillage m'est revenu à moins de 3oo francs, et la seule 
autre dépense, en dehors de la main-d''œuvre, fut l'achat des 
tiges de fer et des tuyaux d'eau, avec celui d'un peu de ci- 
ment et de chaux. 

Quand on n'a pas, comme dans mon cas, de murs et d'abris 
à sa disposition, il y a un surplus de dépense pour le grillage, 
le bois pour construire l'abri et les supports ; imais tout cela 
n'est pas cher, et avec un peu d'ingéniosité, on peut bâtir une 
volière à bon compte. Le plaisir qu'elle donne à tout amateur 
d'Oiseaux suPpasse de beaucoup, d'ailleurs, le petit sacrifice 
qu'elle a exigé. 



CHRONIQUE ORNITHOLOGIQUE 

On sait que les Perruches ondulées se reproduisent facile- 
en captivité, mais le fait suivant, que nous rapporte notre col- 
lègue, M^^ R.-M. Périac, est néanmoins extraordinaire, et 
prouve à quel point est domestiquée cette charmante espèce. 

Un couple d'Ondulées que M™*' Périac tient en cage, avait 
déjà plusieurs fois niché quand, par suite du retour à Paris 
de sa propriétaire, il dut être transporté. La femelle était 
alors à la bûche, sur des petits nouveau-nés. Avec grand soin, 
la cage fut placée dans une automobile, et le transport d'une 
trentaine de kilomètres s'effectua sans que la couveuse en fut 
dérangée le moins du monde. Arrivée à Paris, elle continua 
à se montrer la plus dévouée des mères, et (maintenant les deux 
petits de cette couvée qui, pour être jeunes, n'en ont pas 
moins beaucoup voyagé, sont sortis du nid, et jouissent d'une 
excellente santé. 

L'Imprimeur-Gérant : G. LANGLOIS. 

CHATEAUROUX. — IMPRIMERIE LANGLOIS 



Société Nationale d'Acclimalation. 
L'OISEAU 



PL. III 

1923 




Pahadisier Petit Emeraude 
(Paradisea minor) 

Paradisier magnifique 
{Uiphyllodes magnijica) 

Paradisier royal Paradisier Wilson 

((Jiciniiurus reoins) (Schlei^elia wilsoni) 



LES OISEAUX 



CHAPITRE PREMIER 



LES OISEAUX DE PARADIS 
ET LES OISEAUX A BERCEAUX (D 

par DAVID SETH-SMITH 



Les Oiseaux de Paradis, ou Paradisiers, appartiennent à 
un groupe ds Passereaux allant de la taille d'un Corbeau à 
celle d'un Etourneau et comprenant de nombreux genres dans 
deux familles : Paradiseidse. et Ptilonorhynchidsc . Celte der- 
nière renferme aussi les Oiseaux-à-berceaux, qui sont de très 
proches parents des vrais Paradisiers. Tous habitent les vastes 
forêts de la Nouvelle-Guinée et des îles voisines, et l'Aus- 
tralie. 

Dans ce groupe d'Oiseaux, la nature a été prodigue d or- 
nements, paraiif les mâles de brillants plumages et de formes 
extraordinaires, qui en font des joyaux ailés ; mais, en cela, 
elle n'a pas favorisé leur conservation, car, depuis les temps 
les plus reculés, l'homme les a massacrés pour se procurer 
leurs plumes et s'en orner, ce qui aurait amené depuis long- 
temps la disparition de bien des espèces, si les mâles n'avaient 
la faculté de se reproduire avant de prendre leur plumage 
complet, ce qui, chez plusieurs, n'arrive qu'au bout de quatre 
ou cinq ans. 

A ce que l'on sait, la plupart des espèces sont polygames ; 
les mâles ont leurs terrains de danse, sur le sol ou sur les 
arbres. Tous ont de fortes pattes, et beaucoup sont très agiles 
parmi les branches. Leurs mouvements sont saccadés. 

Les Oiseaux de Paradis sont très querelleurs et il est 
presqu 'impossible d'en garder deux dans la même cage, 
même s'ils sont de sexe- différents. Ils recherchent le couvert 



(i) Les Oiseaux : leur entretien, leur élevage. — Manuel pratique et 
général. (V. l'Oiseau, vol. IV, ii° i). 

i.'oiSEAU. — igaS 2 



5o l'oiseau 

et, eiîj captivité, on doit leur donner beaucoup d'ombre. Les 
mâles en plumage parfait sont toujours plus farouches et se 
cachent davantage. 

La nourriture de ces Oiseaux est à peu près la même ; 
elle se compose de fruits et d'Insectes, et pour cette raison, 
ils ne sont guère difficiles à nourrir en captivité. Ils deman- 
dent des fruits en, abondance : raisin et banane surtout, et 
une bonne pâtée pour insectivores, avec des Vers de farine et 
autres Insectes vivaoïts. Les grosses espèces doivent recevoir, 
en outre, un peu de viande hachée, et même des Souris. Tous 
aiment à se baigner. Ils réussissent bien en volière en plein 
air, avec abri, pendant la belle saison ; en hiver, on les tient 
en volières intérieures chauffées ou en cage. On sait peu de 
choses sur leur nidification ; en général, ils construisent des 
nids en forme de coupe, composés de brindilles et de racines. 
Les œufs des vrais Paradisiers ne peuvent être confondus 
avec ceux des autres groupes ; ils sont ordinairement marqués 
de raies brun rouge partant du centre du gros bout. 

Les premiers Oiseaux de Paradis amenés vivants en Eu- 
rope furent, sans doute, les deux mâles de Petit Emeraude 
{Paradisea minor), achetés à Singapore par le docteur Russel 
Wallaoe et arrivés au Jardin zoologique de Londres, en 1862. 
En 1881, le même établissement reçut un Paradisier rouge 
(Uranornis rubra), un Seleucide à douze brins (Seleucides- 
ignotus) et un Manucaude (Maniicodia chalybœata) ; puis 
l'année suivante, un Proméfil d'Australie (Ptilhoris paradisea). 

Mais ce ne fut qu'en 1904 que des amateurs commencèrent 
à posséder des Paradisiers. Cette année-là, M. Walter Good- 
fellow rapporta six Oiseaux pour Mrs Johnstone : i Paradisea 
apoda, T P. miiior. 2 Cicinnurus regius et 2 Maniicodia atra. 
En 1908, il n'y avait pas moins de dix espèces au Jardin de 
Londres. Vers la même époque, plusieurs amateurs envoyè- 
rent des expéditions en Nouvelle-Guinée et se procurèrent 
ainsi des collections admirables : celles de M. E.-J. Brook, en 
Ecosse, de Mrs Johnstone. en Angleterre, et de M. R. Pauwels, 
en Belgique, étaient les plus remarquables. 

Les Paradiseiddc comprennent trente et un genres et les 
Ptiloiiorhynchidœ quatorze ; nous ne nous occuperons, ici, 
que des espèces qui ont été importées vivantes en Europe. 

Le Proméfil d'Australie {Ptilhoris paradisea) est noir ve- 



LES OISEAUX DE PARADIS ET LES OISEAUX A BERCEAUX 5l 

louté avec de brillants reflets verts et pourprés ; le bonnet est 
recouvert de courtes plumes vert bronzé, bordées sur l'ar- 
rière du cou de bleu métallique ; une tache d'un pourpre 
velouté se trouve derrière les yeux ; sur la gorge, un triangle 
vert métallique ; les plumes des flancs sont allongées, soyeuses 
et bordées de vert sombre. Le bec est long et recourbé. Les 
femelles et les jeunes mâles sont gris brun, marqué de blanc 
jaunâtre en dessous, avec un trait blanchâtre sur l'œil. 

Le Proméfil de NouYelle-Guinée (Ptilorhis magnifica inter- 
cedens), ressemble au précédent dont il diffère par une plaque 
pectorale plus grande et les plumes effilées des flancs plus 
longues. Cette espèce a tenté de nicher au Jardin de Londres 
et chez M. Brook, sans succès. Les nids furent construits 
dans des arbustes, à l'intérieur et à l'extérieur, mais la fe- 
melle pondit de son perchoir. La danse du mâle est cu- 
rieuse : il tient son bec en l'air, développe sa poitrine, et 
tourne de côté et d'autre. 

Le Seleucide à douze brins {Seleucides ignotas), est un 
splendide Oiseau qui habite les parties basses de la Nouvelle- 
Guinée et l'île de Salawati. Il est noir en dessus, avec des 
reflets bronzés ; les couvertures des ailes et la queue sont 
violet pourpré ; les plumes veloutées de la tête sont marron 
pourpré en dessus, vert métallique en dessous ; les plumes de 
la poitrine sont vert-noir, bordées de vert émeraude ; dessous 
du corps, jaune pâle. Deux touffes de plumes jaunes partent 
des flancs, chacune possédant six brins rigides et très al- 
longés, recourbés en avant vers la tête. Le bec est long, noir 
et légèrement recourbé ; l'intérieur en est vert pâle. Pour 
danser, le Seleucide déploie la plaque verte de son cou, qui 
lui fait une collerette autour de la tête. Un exemplaire a vécu 
treize ans au Jardin de Ixindres. 

Le Paradisier d'Albertis (variété méridionale) (Drepanornis 
cervinioaiidd) habite les monts Ovven-Stanley, dans le Sud-Est 
de la Nouvelle-Guinée. Cette splendide espèce possède un long 
bec recourbé, et sa couleur dominante est le brun ; la gorge 
est vert métallique à reflets pourpres ; la poitrine, marron 
pourpré, et sur ses côtés poussent des touffes de plumes 
noir pourpré, avec une large bande orange et l'extrémité 



52 l'oiseau 

noire ; plus bas, apparaît une seconde paire de touffes, brun 
pourpré avec l'extrémité des plumes violette. La tête est 
marquée de vert métallique. La femelle est brun barré de 
noir. 

Le Paradisier do la Princesse Stéphanie (Astrarchia sie- 
phaniœ) habite également les monts Owen-Stanley. Un couple 
nicha trois fois chez M. Brook, la ponte étant à chaque oc- 
casion d'un seul œuf. L'un de ces œufs fut détruit par le 
mâle ; M. Brook offrit le second au British Muséum et le 
troisième à la Société Nationale d'Acclimatation de Francs ; 
on croit que ce sont les seuls œufs authentiques de cette es- 
pèce qui existent dans les collections. Le nid était une gros- 
sière construction, édifiée sur un panier fixé à une branche 
attachée au mur de la volière intérieure ; il était composé 
de brindilles de bouleau et de bambous, avec les feuilles en- 
core adhérentes. 

Le mâle de cette rare et splendide espèce, est vert olive, 
avec un aspect velouté sur le dessus du corps ; les ailes et les 
couvertures de la queue sont noires avec de très riches re- 
flets violacés ; la queue, très longue et incurvée, est noir 
pourpré, le bord des plumes internes étant blanc ; la tête est 
vert métallique à reflets pourpres, avec le fron-t, les côtés de 
la tête, la gorge et la poitrine d'un vert émeraude étincelant. 
Les plumes des oreilles sont allongées et forment une fraise 
de chaque côté de la nuque ; elles sont d'un bleu d'acier, 
tandis que de larges plumes, vert bronzé, terminées de rouge 
cuivré, bordent la poitrine. La femelle est brun olive, avec 
les ailes et la tête noires. 

Le Promerops de Meyer (Epimachus meyeri) est une autre 
admirable espèce des monts Owen-Stanley. Le mâle est noir 
velouté en dessus, avec des plumes à reflets métalliques vert 
cuivré sur la tête, le milieu du dos et le croupion ; les deux 
plumes médianes de la queue sont très longues, avec de 
riches reflets bleus. L'Oiseau possède, de chaque côté de la 
poitrine, une sorte de grand éventail noir terminé de bleu ; 
des flancs partent des plumes allongées et décomposées, gris 
souris, avec des bandes subterminales noir velouté et bleu 
pourpré. La femelle est brun roux en dessus, blanchâtre rayé 
de noir en dessous. 



LES OISEAUX DE PARADIS ET LES OISEAUX A BERCEAUX 53 

Le Grand Paradisier ou Grand Emeraude {Paradisea major) 
se trouve aux îles Aru. Il mesure environ 45 centimètres (h; 
longueur et la couleur du corps est marron chez les deux 
sexes. Le mâle adulte a la tête jaune vil' (qui passe au jaune 
paille chez les Oiseaux captifs et dans les dépouilles). Les 
plumes sont fines et veloutées, le front, les lores et le menton 
sont noirs à reflets verts et ont l'aspect du velours. Les 
deux plumes médianes de la queue sont allongées en fila- 
ments de près de 75 centimètres de longueur recourbés en 
dehors. Les plumes remarquables qui rendent l'espèce cé- 
lèbre et qui ont coûté la vie à des centaines de milliers d'in- 
dividus, poussent sur les côtés, en dessous des ailes ; elles 
sont d'un beau jaune d'or à la base, passant peu à peu au cho- 
colat, pâles à l'extrémité où elles deviennent très souples. A 
la base de ces ornements, il y a plusieurs plumes rigides, 
jaune vif, terminées de rouge sang. Le bec est gris de plomb. 

La femelle est brun marron, plus sombre sur la tête et 
la poitrine. 

Les jeunes mâles ressemblent aux femelles, mais sont de 
taille un peu plus forte ; les premières indications de leur 
habit définitif n'apparaissent qu'à trois ou même peut-être 
quatre ans, quant la tête devient jaune. A la mue suivante, 
la gorge devient verte, et l'année d'après apparaissent les 
longs brins de la queue. Encore un ou deux ans s'écoulent 
avant qu'apparaissent les plumes des flancs, et elles n'attei- 
gnent pas leur longueur définitive la première année. On ne 
sait pas exactement à quel âge cette espèce parvient à l'état 
complètement adulte, mais probablement pas avant la hui- 
tième année. D'après M. W. Frost, qui a fait de nombreuses 
expéditions en Nouvelle-Guinée et aux îles Aru à la recherche 
des Paradisiers, le Grand Emeraude se reproduit à l'âge de 
quatre ou cinq ans, ce qui expliquerait que l'espèce se soit 
relativement maintenue, en dépit des massacres continuels 
des Oiseaux adultes. 

D'après M. Boodfellow, tous les mâles en pleines couleurs 
sont exterminés chaque année par les indigènes et le nombre 
de peaux procurées ainsi est de i.ioo par an. « Les Apoda, 
(( écrit-il, reviennent chaque année danser sur les mêmes 
(( arbres, et au début de la saison (mars), les propriétaires 
« de ces arbres peuvent estimer, à une dépouille près, le 
« nombre des Oiseaux qu'ils se procureront. Cela signifie 



54 l'oiseau 

(( que, très probablement, pas un Oiseau en pleines couleurs 
(( n'échappe chaque année au massacre. » 

En 1909, sir William Ingram importa un grand nombre 
de Grands Paradisiers dans le but de les acclimater dans 
l'île de Petite-Tobago, aux Antilles, qui lui appartenait. L'île, 
de i5o hectares environ, couverte d'une épaisse végétation 
tropicale et de très grands arbres, possède un climat très 
analogue à celui des îles Aru. M. Frost conduisit à destina- 
tion, quarante-huit exemplaires, et ils furent lâchés à la fin de 
septembre 1909. Les rapports reçus nous disent qu'ils ont 
prospéré et se sont multipliés. L'île vient d'être vendue à un 
Américain, M. Luben, qui est décidé à continuer à protéger 
les Paradisiers et à essayer de les introduire dans d'autres 
régions. 

Le cri du Grand Paradisier est retentissant, rauque et fré- 
quemment répété. En dansant, il saute rapidement en avant 
et en arrière sur son bâton, puis se couche en avant, baisse 
ses ailes et redresse ses touffes des flancs en une double et 
superbe cascade de plumes qui cache presque le corps ; c'est 
un spectacle merveilleux. Les jeunes et même les femelles 
dansent parfois. 

Le Paradisier de Rag^i {Paradisea raggiana) se rencontre 
dans le Sud et le Sud-Ouest de la Nouvelle-Guinée. Il est un 
peu plus petit que le P. apoda, et en diffère surtout par la 
couleur de ses parures des flancs, qui sont carmin, plus pâle 
à l'extrémité. La tête est jaune comme chez le P. Kipoda, 
mais cette nuance s'étend et forme un étroit liseré autour 
du vert de la gorge. Les petites couvertures des ailes sont 
également jaunes. La femelle est d'un brun marron uniforme, 
très semblable à celle du Grand Paradisier. 

(Le Petit Paradisier, ou Petit Emeraude (Paradisea minor) 
habite le Nord-Ouest de la Nouvelle-Guinée et l'île de Mysol. 
Le mâle semble une réduction du Grand Paradisier, mais 
diffère par les tons jaunâtres du dos et des couvertures supé- 
rieures des ailes. Ses belles plumes des flancs sont jaunes 
dans leur première moitié et deviennent blanches à l'extré- 
mité. Les femelles diffèrent de celles des autres espèces du 
même genre par leurs parties inférieures blanches et la teinte 
jaune de l'arrière du cou et du manteau, et des couvertures 
supérieures des ailes. 



LES OISEAUX DE PARADIS ET LES OISEAUX A BERCEAUX 55 

Cette espèce semble avoir été la première importée vivante 
en Europe. 

Le cri de cet Oiseau est semblable, mais moins fort que 
celui du Grand Paradisier. Sa danse est analogue h celle des 
autres espèces du genre Parndisen. 

[Le Paradisier rouge (Uranornis rahra) se rencontre aux îles 
Waigiou, Batarta et Gémien. 

Il atteint à peu près la taille du Petit Paradisier et lui res- 
semble assez ; les parties jaunes du corps sont cependant plus 
orangées et s'étendent davantage sur le dos. Le devant du 
bonnet, les côtés de la face et la gorge entière sont vert mé- 
tallique. Les plumes des flancs sont comparativement plus 
courtes et plus raides, d'un rouge carmin vif, devenant blan- 
châtre aux extrémités. Les plumes vertes au-dessus des yeux 
se relèvent en deux petites touffes bien ^prononcées, et les 
deux plumes médianes de la queue sont très particulières, 
transformées en deux longs et minces rubans de plus de 
60 oentimèitres de longueur, formant une spirale à deux 
courbes. 

La femelle est brun marron, avec la tête noirâtre, la nuque 
et le haut du dos et des ailes jaunes. 

(Le Paradisier bleu (Paradisornis nidolfi) est encore une 
merveilleuse espèce habitant les monts OAven -Stanley, dans le 
Sud-Est de la Nouvelle-Guinée. C'est un Oiseau de forme 
ramassée, beaucoup moins élégant que la plupart des autres 
membres de la famille, mais magnifiquement coloré. Sa 
tête est noire, avec des reflets rouges sur le bonnet et la 
nuque ; le manteau est noir <le velours, contrastant vive- 
ment avec les ailes qui sont bleu de ciel brillant ; la poitrine 
est noire, tournant au bleu vers le bas ; l'abdomen est noir : 
le bas du dos noir bleuté, et la queue bleue. Les plumes 
des flancs sont très remarquables, étant brillamment colorées 
en dessous, et ternes en dessus, caractèl-e qui est directement 
en rapport avec la façon dont cet Oiseau parade dans une po- 
sition renversée, que nous allons décrire plus loin. Des 
côtés de la poitrine, sous les ailes, partent des touffes de 
belles plumes décomposées ; les externes sont légères, me- 
surent environ 32 centimètres de longueur et sont rousses 
en dessus, bleu vif en dessous, avec le rachis brun rouge ; 



56 l'oiseau 

les internes sont plus courtes et consistent d'abord en un 
rang de courtes plumes noires se raccordant avec celles de 
l'abdomen, puis une bande de plumes un peu plus longues 
terminées de rouge, et enfin des plumes plus légères, dont la 
base est bleu de mer, passant à l'indigo, puis de nouveau 
au bleu de mer brillant. Le bec, puissant, est blanc ; des li- 
gnes de petites plumes blanches se trouvent au-dessus et au- 
dessous de l'œil. Les deux plumes médianes de la queue sont 
très longues, étroites et recourbées. 

Dans « l'Oiseau », de mars 1922, M. Lee S. Crandall dé- 
crit ainsi la parade d'un Paradisier bleu au Parc zoologique 
de New- York : « Au lieu de rester dans une position normale, 
(c le Paradisier bleu serre fortement son perchoir avec ses 
« pattes puissantes, et, les jambes complètement tendues, 
(( pend la tête en bas. Pendant tout le temps de la parade, 
« qui dure plusieurs minutes, la position des pattes ne varie' 
« pas, et leur ferme emprise n'est jamais relâchée. 

« Vues de face, les plumes ornementales, peu voyantes et 
(( assez décevantes au repos, forment un brillant triangle ren- 
(( versé, dont les plumes relevées de l'abdomen constituent 
a le centre. Au milieu apparaît une tache ovale et longitu- 
« dinale d'un noir de velours, bordée au-dessus par une 
« étroite bande rouge sombre ; elle est formée par les plumes 
« qui recouvrent ordinairement l'abdomen. Les deux longs 
« fils pendants de la queue se relèvent d'abord, puis se re- 
« courbent gracieusement de chaque côté. Les ailes sont 
« fermées, collées au corps et la tête est tournée vers le haut. 
» Pendant la parade, le corps se meut en avant et en ar- 
» rière, avec les hanches comme point d'appui ; à chaque 
» violent mouvement du corps, le plumage est étalé à son 
)) maximum. Les lignes de plumes blanches qui bordent 
» l'œil en dessus et en dessous, sont déployées remarquable- 
» ment, ne laissant à l'Oiseau qu'une étrotie rainure pour 
)) regarder l'obsei-vateur. Pendant ce temps, l'Oiseau chante 
)i doucement, d'une voix basse et rauque, agitant légèrement 
» la tête par brusques saccades. Cette façon de chanter, à 
>^ laquelle se livre le Paradisier bleu, même quand il ne pa- 
» rade pas, semble particulière à l'espèce. » 

[Le Paradisier royal (Cicinnurus regius) est un ravissant 
petit Oiseau donl l'aire de dispersion est vaste, car on le 



LES OISEAUX DE PARADIS ET LES OISEAUX A BERCEAUX 67 

rencontre dans la plus grande partie de la Nouvelle-Guinée, 
ainsi qu'aux îles Ams, Salawati, Mysol. 11 est de la taille 
d'une petite Grive. Chez le mâle, toute la tête, la gorge, le 
dos et les ailes sont d'un rouge vif, nuancé d'orangé, prin- 
cipalement sur les courtes plumes veloutées (jui recouvrent 
la base du bec ; au-dessus de l'œil se trouve un point noir 
nuancé de vert ; les plumes rouges du devant du cou se ter- 
minent par une étroite bande d'un, roux orangé, suivi d'une 
bande d'un vert métallique brillant, après laquelle le plu- 
mage du dessous du corps eiSt blanc pur. Sur les côtés de 
la poitrine, partent de dessous les ailes des plaques pectorales 
de plumes relativement longues, grises, avec une étroite bande 
fauve, puis largement tenninées de vert métallique. Les deux 
plumes médianes de la queue, qui est rouge, sont allongées 
et filiformes, terminées de disques recourbés vert métalli- 
que. Le bec est jaune ; les pattes, bleu-violet. Les femelles 
et les jeunes sont bruns, avec des teintes rouges sur les ailes, 
et le dessus du corps barré de noirâtre. L'intérieur du bec 
est vert d'eau chez les deux sexes. 

En captivité, les femelles et les jeunes mâles sont générale- 
ment très familiers, mais les mâles adultes sont presque tou- 
jours très farouches et se cachent continuellement quand on 
les garde en volière. Dans une cage, cependant, ils s'apprivoi- 
sent et on a trouvé que non seulement ils s'y font mieux voir, 
mais qu'ils s'y portent mieux qu'en volière. Un exemplaire 
que possédait Sir W. Ingram en 1907 et qu'il gardait dans une 
prade sous .l'observation la plus indiscrète. Cette danse extra- 
ordinaire a été fort bien décrite par son propriétaire, qui 
écrit : 

(( Il commence sa parade en émettant des sons brefs, res- 
» semblant parfois à l'appel de la Caille, parfois aux jappe- 
)).ments d'un petit Chieni. Ensuite, il déploie ses ailes, ca- 
)) chant qu-elquefois complètement, sa tête ; par moment, il 
)) les lève verticalement ; il les bat comme s'il voulait s'en- 
» voler, et alors d'un mouvement soudain, il fait un demi- 
» tour, de façon, à faire face aux spectateurs, gonflant ses 
» soyeuses plumes blanches. Maintenant, il fait entendre 
» son harmonieux et, délicieux ramage, si enchanteur à en- 
» tendre, mais si difficile à décrire. Il chante d'une voix 
» basse eît chaude, étalant en éventail ses belles plumes des 
)) côtés, qu'il ouvre et ferme en mesure avec les variations 



58 l'oiseau 

» de son chant. Ces éventails ne peuvent être réployés que 

» quand ses ailes sont fermées ; pendant cette phase, il les 

» tient donc closes, étale sa courte queue, la redressant sur 

» son dos, de sorte qu'il rejette les deux longs brins au- 

» dessus de sa tête, tandis qu'il balance gentiment son corps 

» de côté et d'autre. Tout à coup, il se retourne, et montre 

» son dos, les plumes blanches, sous sa queue, frémissant 

» d'émotion ; il se penche sur son perchoir, dans l'attitude 

» d'un coq qui se bat, son bec largement ouvert, montrant 

» distinctement l'extraordinaire couleur vert d'eau de son 

» intérieur. )> 

Le Paradisier magnifique d'Hunstein (Diphyllodes magni- 
fica hunsteini) du Sud-Est de la Nouvelle-Guinée, semble être 
la seule des cinq sous-espèces de Paradisier magnifique qui 
ait été importée vivante en Europe 

Le Magnifique est à peu près de la taille du Royal. Il a 
le sommet de là tête garni de plumes veloutées et brunes ; le 
dos, maron rouge métallique, tournant à l'orangé vers le bas ; 
les couvertures des ailes, jaunes, distinctement teintées 
d'orangé chez le D. hunsteini ; l'abdomen et le dessous 
de la queue sont noirs ; la courte queue est brun foncé, 
sauf les deux plumes médianes qui sont très minces, lon- 
gues de 2 2 cm., recourbées en dehors et d'un vert métalli- 
que brillant ; couvrant le dessous du corps, de la gorge au 
ventre, se trouve une large plaque vert velouté ; vers son 
centre, il y a une bande vert émeraude, et elle est bordée 
de bleu métallique. De derrière Is cou part, une plaque de 
plumes jaune pâle, flanquée de part et d'autre de touffes brun- 
rouge. La femelle est brun foncé en dessus, brun pâle barré 
de noir en dessous. Dans les deux sexes, l'intérieur du bec est 
vert clair. 

Un exemplaire vivant en cage au .Tardin Zoologiqus de 
Londres, faisait souvent « le beau » ; cette parade comprend 
deux phases : "ime attitude d'avertissement, puis la danse 
nuptiale. Dans la première, l'Oiseau se redresse, abais- 
sant sa plaque pectorale vérité et redressant celle de plumes 
jaune-pâle de la. nuque, celle-ci formant un éventail, au-des- 
sus de la tête, et rejoignant en bas le haut de la plaque vçrte 
de la poitrine. Dans la seconde partie, les depx- plaques spnt 
relevées, mais la position du corps est moins verticale- ; le 



LES OISEAUX DE PARADIS ET LES OISEAUX A BERCEAUX 69 

bec est tourné vers la lemelle, et s'ouvre de temps en temps 
pour montrer les tons verts de l'intérieur ; pendant ce tempsi 
les brins de la queue sont redressés et balancés de côté et 
d'autre. 

Le Paradisier de Wilson {Schlcgelia wilsoni) habite les 
Iles Waigiou et Batanta. Il est un peu plus petit que le précé- 
dent, mais lui ressemble assez. 8a principale particularité 
réside en la décoration du dessus de sa tête, qui est chauve ; 
la peau en est bleu de ciel, avec une mince ligne de 
plumes noires et veloutées au milieu et deux autres la croisant 
transversalement. Une large plaque verte à reflets violets re- 
couvre la poitrine ; une touffe jaune garnit le derrière du 
cou ; le dos est, rouge vif, entouré d'une ligne noire ; le 
reste du plumage est binin-rouge, avec les ailes carminées ; 
les deux plumes médianes de la queue sont recourbées en 
dehors en deux boucles bleu métallique. La femelle est brun 
foncé en dessus, jaunâtre barré de noir en dessous ; sa tête 
est décorée comme celle du mâle. 

La parade du Paradisier de Wilson, observée par M. Dela- 
cour à Villers-Bretonneux, en 1916 et 1917, comporte deux 
temps : au premier, l'Oiseau étale sa plaque pectorale verte 
et gonfle la 'touffe jaune de la nuque et le rouge du dos, en 
faisant entendre un chant assez mélodieux ; au second, il 
prend une position verticale, colle au corps toutes ses 
plumes, sauf celles de la plaque pectorale qu'il étale et dont 
il s'entoure la tête, et, les pattes ployées, il fait entendre 
un sifflement fort et mélodieux. 

Les espèces de Manucaudes qui ont été importées appar- 
tiennent aux genres Phonygama et Maniicodia ; les premiers 
se distinguent par la présence de deux touffes de plumes 
allongées sur l'occiput. Leur plumage est bleu ou vert métal- 
lique, et ils sont remarquables par la position particulière de 
leur trachée. 

Les Manucaudes ressemblent fort à des Corbeaux, avec un 
plumage à reflets métalliques plus riches. Ceux du genre 
Phonygama sont ornés d'aigrettes, et les plumes du cou et 
de la igorge sont allongées et pointues. Les sexes sont à peu 
près semblables. Bien qu'il y ait eu quelque confusion quant 
aux noms des Manucaudes qui ont été importés en Europe, 



6o l'oiseau 

il lîi'est pas douteux que les espèoes suivantes aient vécu en 
<;aptivité : Phoiiygama keraudi'enJ , de Nouvelle-Guinée hol- 
landaise ; P. jkimesi, du sud-est de l'île ; Manncodia atra 
et M. chalybxta, tous deux habitant l'ensemble de la Nouvelle- 
Guinée, le premier même se rencontrant dans plusieurs des 
îles voisines. 

Le Sifilet (Parotia), dont on connaît sept espèces ou va- 
riétés géographiques, est placé par Sharpe parmi les Oiseaux 
à berceaux, qu'il rappelle par certaines de leurs habitudes. 

Il .est d'un riche noir velouté à reflets pourprés ; de dessus 
les oreilles part une bande de plumes allongées et soyeuses 
bordées d'une bande vert métallique pourpré ; parmi elles 
surgissent, de chaque côté, trois longs brins terminés par 
des palettes noir métallique ; au-des'sus du bec se trouve une 
touffe de plumes noires terminées de blanc .argenté ; sur 
la gorge est une grande plaque de plumes métalliques et 
brillantes jaune cuivré, avec des reflets verts, bleus et pour- 
prés ; les plumes noires des flancs sont très allongées, lé- 
gères .et veloutées. Les yeux sont bleus. 

La parade a ordinairement lieu sur le sol ; l'Oiseau étale 
les plumes de ses flancs, déploie ses plumes blanches au-dessus 
du bec et dresse ses six brins avec la bande verte de leur 
base ; il remue vivement la tête et fait ainsi violemment cha- 
toyer ses ornements métalliques ; les brins deviennent alors 
invisibles ; en même temps, il étale à l'extrême sa brillante 
plaque pectorale. 

La femelle est brun rougeâtre, plus foncé sur la tête, et n'a 
aucun des ornements du mâle. 

Le Paradisier superbe {Lophorina superba minor) habite 
les monts Owen-Stanley et Charles-Louis dans le Sud de la 
Nouvelle -Guin ée . 

Chez cette espèoe, le mâle est d'un noir à reflets pourprés ; 
la couronne et la nuque sont bleu d'acier ; le manteau forme, 
une sorte de capuchon de longues plum.es noir velouté ; 
sur le devant du cou et la poitrine se trouve une plaque de 
plumes vert métallique brillant, les latérales étant beaucoup 
plus longues que les centrales. Quand l'Oiseau parade, le 
capuchon est redressé, formant un fond à la brillante 
couronne bleue, tandis que sont déployées les plumes pecto- 
rales. 



LES OISEAUX DE PARADIS ET LES OISEAUX A BERCEAUX 6l 

L'Oiseau à berceaux de Lady Mac Gregor (Loria loriae) 
est une espèce rare des montagnes du Nord et du Sud-Est 
de la Nouvelle-Guinée, dont un mâle fut importé. C'est un 
Oiseau de petite taille, dont le mâle adulte est noir velouté 
et pourpré, le jeune et la femelle olive verdâtre. L'intérieur 
du bec est jaune. 

L'Oiseau à berceaux satiné (Ptilonorhynchus violaceus) ha- 
bite les parties boisées de la côte est de l'Australie ; il est 
bien connu d-ss amateurs, car il a été importé en grand nom- 
bre autrefois. Le mâle n'est en pleine couleur qu'à l'âge 
de sept ou huit ans ; il est alors entièrement noir pourpré, 
avec les yeux bleu pâle. Les femelles sont vertes, avec des 
marques grises et brunes, et les jeunes mâles ne s'en distin- 
guent pas. 

Au début de la saison des amours, le mâle construit un 
berceau qui consiste en deux rangées parallèles et épaisses 
de branchettes, dont les extrémités sont solidement enfon- 
cées dans le sol ; elles se rejoignent presque au sommet et 
mesurent environ 4 centimètres de hauteur. Alentour, l'Oi- 
seau amasse nombre d'objets colorés : galets, coquilles) feuil- 
les, fleurs ; une grande partie de son temps est employée 
soit à danser autour ou dans le berceau, soit à ajouter des 
branches et de nouveaux ornements. Le nid est construit 
sur un arbre, de 3 à lo mètres du sol ; il est découvert, peu 
profond et composé de brindilles. Cette espèce s'est reproduite 
en captivité chez Mrs Johnstone en 1902, et il est intéressant 
de constater que le mâle du couple reproducteur n'avait 
pas encore pris sa livrée complète d'adulte. 

L'Oiseau à berceaux jardinier (Amblyornis subularis) fut 
importé pour la première fois en 1908. Les exemplaires 
étaient tous alors d'un brun uniforme, ressemblaient à des 
Grives ; un seul montrait quelques plumes jaunes derrière 
le cou. Le dernier arrivé, cependant, commença bientôt 
à prendre une huppe jaune d'or en éventail qui, développée, 
recouvrait tout le sommet de la tête, mais qui, fermée, était 
à peu près invisible, et cela parce que les plumes des côtés 
et l'extrémité de beaucoup de plumes centrales sont brunes 
ou bordées de brun. 

Cette espèce habite les montagnes de la Nouvelle-Guinée 



62 l'oiseau 

anglaise. Le mâle construit un berceau typique qu'il décore 
d'objets brillants, et surtout de fleurs, ce qui vaut à l'espèce 
son nom populaire de Jardinier. La parade de cet Oiseau a 
été souvent observée pendant les sept ans que vécut un exem- 
plaire offert au Jardin Zoologique de Londres par M. Âstley. 
Il restait généralement caché aux environs de son berceau 
et sortait soudain, la huppe cachée ; tout à coup, il la déve- 
loppait, pareille à une grosse fleur jaune, et avec un son sem- 
blable à une roue d'horloge, courait en arrière, zigzaguant, 
gardant sa huppe ouverte jusqu'à ce qu'il disparaisse de nou- 
veau dans sa cachette. 

L'Oiseau-Rééent (Sericiilus chrysocephala) est le plus beau 
des Oiseaux à berceaux. Il habite les régions broussailleuses 
du sud-est du Queensland et du nord-est de la Nouvelle 
Galles du Sud (Australie). Le mâle adulte a le sommet de la 
tête, le derrière du cou et le manteau d'un jaune orangé 
brillant, avec une nuance plus rouge au front ; les plumes 
de la tête sont veloutées ; les rémiges secondaires sont jaune 
vif, ainsi que les yeux et bec ; tout le reste du corps est 
noir velouté. Les femelles et les jeunes mâles sont brun 
varié de blanchâtre, avec l'occiput noir ; les mâles prennent 
leur pleine couleur à quatre ans environ. 

Cette espèce s'est reproduite en captivité chez feu M. R. 
Phillips, à Londres : « L'Oiseau-Régent, écrivait-il, n'est pas 
« un Oiseau de cage et il y est déplacé, comme dans une \o- 
« lière exiguë ; mais dans une grande volière plantée, avec 
« un abri suffisant en hiver, c'est le plus charmant Oiseau 
« qu'on puisse avoir. Il est remarquablement intelligent et 
« devient très familier s'il est bien traité. Une autre de ses 
« qualités est d'être înoffensiif ipour les petits Oiseautx ; 
(( malheureusement, il ne supporte pas ses semblables. On ne 
« doit pas l'exposer au froid ; il faut aussi veiller à sa 
(( nourriture, pour éviter les attaques ; il faut surtout lui 
« donner des fruits et autres aliments végétaux. » 

L'Oiseau-Régent construit des berceaux comme les espèces 
voisines, mais moins grands et moins épais. « Les berceaux 
(( ordinaii^es servent plus fréquemment aux mâles, écrit M.' 
(( Phillips, pour parader devant les femelles perchées au- 
« dessus d'eux. » 
'M'. Philips constata que l'espèce est polygame, le mâle 



LE LORIOT 63 

ne s'occupant du nid ni des jeunes. L'incubation est de 19 
à 20 jours. En nourrissant les petits, la femelle refusait les 
Vers de farine et préférait à tout les Cafards. 

L'Oiseau à berceaux tacheté (Chlamydoderia mkiculata) ha- 
bite l'intérieur de l'est de l'Australie et a été plusieurs fois 
importé. Il est un peu plus petit que le Satiné ; son plumage 
est brun foncé, tacheté de fauve, le dessous du corps blan- 
châtre, la poitrine et les flancs barrés de bnm sombre ; sur 
la nuque, il y a une bande de plumes rose liias. 

Son berceau est épais, mais écarté du haut ; il est décoré 
d'os, de pierres, de morceaux de verre, de fruits verts. Le 
nid, construit de rameaux lâches, est généralement situé sur 
un buisson épais. 

L'Oiseau-Chat d'Australie {/Elurœdus viridis) est une belle 
espèce vert pré en dessus, jaune verdâtre en dessous, beau- 
coup de plumes étant tachetées de blanc. Il est à peu près 
de la taille et de la forme d'un Geai. On l'a importé à de 
rares occasions. Son cri ressemble au miaulement du Chat. 
Cet Oiseau a été élevé en volière en Australie. Deux espèces 
voisines, ^. melanocephalus, du sud-est de la Nouvelle-Gui- 
née, et /^. huccoides, du nord de l'île, ont été également 
importées. Autant que l'on sache, les Oiseaux-Chats ne cons- 
truisent pas de berceaux comme les autres membres de 
leur famille. 

(A suivre). 



LE LORIOT 

par H DARVIOT 



Bien souvent, je me suis demandé : quels sont donc les mo- 
tifs pour lesquels j'avais un faible si prononcé pour cet 
Oiseau, et oe faible poussé à un tel point que je ne crois 
pas qu'une seule année se soit passée sans qu'il ait compté 
au nombre de mes pensionnaires ? J'ai commencé par des 
jeunes, pris au nid, et j'étais très surpris de ma malchance, 
en m 'apercevant que, d'abord, ils conservaient à peu de 
chose près leurs couleurs du jeune âge, et ensuite que jamais 



64 l'oiseau 

les jeunes ne possédaient le chant, si sonore et si particulier, 
qu'on entend dans la belle saison un peu partout où se trou- 
vent des bouquets de grands arbres. 

Ma sympathie avait peut-être sa source dans l'Oissau lui- 
même, dont les éclatantes couleurs font l'un des plus beaux 
de nos pays, mais surtout dans ce chant si spécial, qui évo- 
que les beaux jours d'été, les meilleurs moments de la belle 
saison, les journées de grand air, resplendissantes de soleil. 
Que de souvenirs il évoque en moi ! souvenirs des pêches à 
la Truite, alors que son chant me suivait toute la journée 
le long de l'Ouche ou de la Loue, au travers des massifs de 
grands Peupliers, qui en garnissent les boucles, souvenirs 
aussi des orages qu'il annonçait bien souvent. 

La vie du Loriot est entourée d'un certain mystère qui 
ajoute un nouveau charme à la curiosité qu'il excite ; cet 
Oiseau est très sauvage et farouche ; bien des personnes ha- 
bitant la campagne ne lont jamais aperçu, bien que son 
chant les ait frappées. 

Le vieux mâle est superbe ; son plumage or et noir est de 
toute beauté ; n'est-il pas d'ailleurs un parent des Oiseaux 
de Paradis de la Nouvelle-Guinée et des Iles d'Océanie ? 

Toute la journée, le Loriot se tient dans les cimes des 
grands arbres, n'en descend que bien rarement et jamais 
pour longtemps. Il faut pour cela qu'il ait aperçu un Insecte 
à terre, que la soif ou le désir de prendre un bain l'y pousse ; 
à peine sa toilette terminée, il regagne en toute hâte ses 
demeures préférées. 

Il prend sa nourriture parmi les branches, et elle consiste 
en larves, en Insectes mous ou en Papillons ; il est très 
friand de fruits et sa gourmandise l'emporte sur sa sauva- 
gerie, quand vient le temps des cerises ; rien ne peut alors 
l'éloigner d'un Cerisier à fruits doux s'il en a une fois goûté. 
Il aim.e tous les fruits sucrés, pommes douces, poires, ba- 
nanes, cerises, prunes, baies de sureau, raisin, etc. ; il les 
recherche tous également, pourvu qu'ils soient tendres et su- 
crés. C'est un grand gourmand, .et cependant, il sait par- 
faitement s'accommoder aux circonstances quand la saison 
devient maussade, les Insectes rares, et que les fruits ne sont 
pas encore mûrs. 

Le nid du Loriot est bien connu ; c'est un berceau sus- 
pendu et artistement bâti par la femelle. liC mâle lui apporte 



LE LORIOT 65 

seulement les matériaux, mais ne contribue ni à l'attache 
ni à la confection du nid. 

La femelle est verdâtre ; les plus vieilles ont un reflet 
jaune assez accentué pour faire naître des doutes sur leur 
sexe ; elles ressemblent alors tellement aux jeunes mâles, 
qu'à peine les stries noires les différencient. Je m'y suis 
laissé prendre une fois et ai conservé (avec quel soin !) une 
vieille femelle tout un hiver, persuadé que je possédais un 
jeime mâle d'un an. La réalité m'est apparue au printemps 
dans toute son horreur et j'ai rendu la liberté à cet Oiseau 
au sexe trompeur. 

Pendant la première année, rien ne distingue les deux 
sexes, ou bien peu de chose ; la mue a lieu en juillet, mais 
comme pour la Fauvette orphée, il semble qu'il y ait deux 
sortes de mue : l'une avant le départ de nos pays qui renou- 
velle et remet à neuf les organes du moteur, en l'espèce 
les pennes des ailes et de la queue ; une autre dans les pays 
chauds, où il hiverne, et avant son retour chez nous ; elle 
lui donne un habit neuf pour aller au-devant de ses amours. 
Cette seconde mue n'affecte alors que le petit plumage. 

Le jeune Loriot part avec ses pennes toutes neuves et perd 
là-bas au printemps son vêtement de jeune, pour revêtir, 
au momnt de son retour, une veste de gala dorée sur tran- 
ches. La poitrine reste grise et les plumes conservent leurs 
stries qui se sont effilées et sont moins noires. Au mois de 
juillet, alors qu'il est âgé d'un an, il perd ses pennes pour 
la première fois et part ; au printemps suivant, il prend son 
vêtement entièremnt jaune citron foncé ; les pennes sont 
noires, mais comme saupoudrées encore d'un reflet gris. Le 
voilà chez nous à son deuxième printemps, et si son plumage 
n'a pas encore l'éclat qui va lui échoir l'année suivante, 
ce n'en .est pas moins déjà un Oiseau de grande beauté. Au 
mois de juillet qui commence sa troisième année, les pennes 
repoussent, alors, cette fois, avec leur maximum de colora- 
tion, c'est-à-dire d'un noir mat absolu. Ces pennes sont d'un 
noir si intense que les taches jaunes des ailes semblent des 
gouttes d'or fondu. Le jaune qui résulte du changement de 
plumage de l'Oiseau, alors complètement adulte, est éclatant. 
C'est un jaune d'or orangé uniforme, qui devient d'autant 
plus intense que l'Oiseau avance en âge. Il est alors dans 
toute sa splendeur ; est-ce im rayon de soleil, un trait de 



66 l'oiseau 

flamme ou un Oiseau qui vient de traverser cet arbre ? Le 
Loriot n'a pas seulement pour lui le riche coloris du plu- 
mage ; c'est aussi un Oiseau d'une forme élégante ; son atti- 
tude respire la fierté et la confiance en soi. Ses allures sont 
distinguées et d'accord avec sa parure. Son vol est, au travers 
des branches, d'une agilité inouïe ; sur terre, où il daigne 
à peine descendre, il est gauche et maladroit. C'est entre 
ciel et terre qu'il habite ; Excelsior doit être sa devise. 

Qui n'a remarqué le chant du Loriot dans la campagne ? 
Les plus indifférents à tout ce qui touche aux Oiseaux ou aux 
choses de la nature, le connaissent. Ce chant se compose 
de trois ou quatre notes seulement, mais assemblées de fa- 
çon si harmonieuse et de tonalité si pleine et si sonore, qu'il 
s'entend facilement dans un rayon de plusieurs centaines 
de mètres. On l'entend des journées entières sans en être 
fatigué. L'Oiseau possède un second chant qui est composé 
d'un faible gazouillis ; il semblerait être comme un prélude 
du chant flûte et sonore qui va le terminer. Il commence 
presque toujours par ce chant à voix basse avant de se ris- 
quer à aborder l'autre. C'est un monologue d'essai et sou- 
vent ces chants se terminent par une syllabe rèche assez 
peu agréable ; c'est quelque chose comme « juihichèèèèk ». 
C'est aussi l'expression de son étonnement ou de sa colère. 
Il y a chez les Loriots, comme chez les chanteurs, des artistes 
et des médiocrités. Les plus estimés sont ceux dont le chant 
est lent, long et varié. Quelques Loriots répètent à satiété 
toujours la même phrase et sont fatigants ; d'autres varient 
tellement la composition et la place de leurs notes que, diffi- 
cilement, on retrouve la même phrase. Ceux-là sont les grands 
artistes et aussi les plus rares. A l'état sauvage, le chant se 
fait entendre dès le retour de l'Oiseau, c'est-à-dire dès la fin 
d'avril. C'est, avec la Caille et les Martinets, le dernier des 
migrateurs qui rentre dans sa patrie. Aussi, les paysans de 
chez nous, disent-ils, dans leur patois, que le Loriot annonce : 
« I su v'nu, to o v'nu. » Ce qui signifie : « Je suis arrivé, 
tout est arrivé. » En captivité, le chant commence à se faire 
entendre dès le courant de janvier par quelques strophes le 
matin, et, en février, il chante déjà longtemps, matin et 
soir ; en mars, il est en plein chant ; on doit le mettre à 
l'air déjà en mars, en le logeant, toutefois, dans une cage 
fermée de trois côtés, afin de le mettre à l'abri des vents 



LE LORIOT 67 

froids. Il reprend, et alors définitivement, son chant, après 
une dizaine de jours ; car le Loriot, comme le Rossignol, 
ne tolère pas volontiers que quelque chose soit changé dans 
ses habitudes. Tout changement est suivi d'un silence de 
10 à i5 jours au moins. Il faut s'y attendre. Le chant dure 
jusqu'au mois d'août, époque de son départ de chez nous. 

Son caractère n'est pas empreint d'une grande douceur ; 
il est, au contraire, farouche et batailleur ; le mâle, tou- 
jours aux aguets, à proximité de son nid, n'y tolère pas de 
rival et n'hésite pas à s'attaquer même à 'des Oiseaux plus 
forts que lui ; il sait mettre en fuite les Pies ou les Geais, 
ces apaches des Oiseaux. Par contre, il éprouve une terreur 
folle vis-à-vis des petits Oiseaux de proie, et la vue d'un Eper- 
vier le teiTorise pour longtemps. Il n'est pas sociable ; s'il 
commence ses voyages en famille, cette réunion ne dure pas 
longtemps devant les velléités d'indépendance auxquelles son 
caractère le pousse. Elevé en captivité, il est d'une fami- 
liarité charmante et conserve en général son plumage en 
bon état. L'instinct de la migration ne le persécute pas, 
comme ses congénères, qui ont connu la liberté. Il n'ac- 
quiert jamais le beau plumage des Oiseaux sauvages ; c'est 
à peine si à la troisième année il devient jaune citron avec 
rémiges et pennes noirâtres. Ses couleurs alors ne s'accen- 
tuent plus ; dans une volière spacieuse, où il peut déve- 
lopper son agilité de vol prodigieuse, c'est vraiment un beau 
spectacle que de le regarder jouer ; ce sont des Oiseaux 
très aimables, très familiers, et amoureux du soleil qui fait 
leur gaieté ; ils prennent une plume, l'emportent d'un trait, 
la lâchent, la reprennent dans une culbute, pour la laisser 
tomber et la reprendre encore, prompts comme l'éclair, au 
moment où elle va toucher terre et où l'on pense qu'ils n'y 
songent plus, et finalement l'abandonnent, mais à la condi- 
tion qu'aucun autre Oiseau ne fasse mine de s'y intéresser. 
Mais pour qu'un Oiseau, pris sauvage, oublie' sa timidité au 
point de jouer sans méfiance et sans arrière-pensée, il faut 
au moins trois ans de captivité. 

Jamais un Oiseau élevé du nid ne possède les notes sonores, 
llùtées et mélodieuses de l'Oiseau sauvage, et même enten- 
dant le chant de ces derniers, il ne le retient pas et reste, 
à ce point de vue, un Oiseau sans valeur. 

Il est bien plus difficile de conserver en captivité un Oi- 



68 l'oiseau 

seau pris sauvage qui, par sa beauté et par son chant, est 
bien plus séduisant ; pour arriver à le conserver en bel état 
de plumage, et pour v.enir à bout de son indomptable sau- 
vagerie, il faut un ensemble de précautions et de patience 
vraiment grand. Le prendre au piège est déjà un tour de 
force, de subtilité et de ruse. Tout lui porte ombrage ; tout 
le met en défiance, et la patience du piégeur est mise à 
une rude épreuve ; pour en triompher, il faut, pour lui 
aussi, se servir de ses passions : bien caché, mettre sur un 
mâle empaillé, deux gluaux en croix et appeler le sauvage 
en imitant son chant ; il se précipite avec fureur, une telle 
fureur aveugle sur le concurrent, dès qu'il l'aperçoit, qu'il 
reste englué. Il vient aussi très bien au cri de la Chouette ; 
on le prend aussi quand, poussé par son amour paternel, 
il veut, quand même, se sacrifier en nourrissant ses petits 
placés dans un trébuchet. On s'empare ainsi du mâle ; on 
replace les petits dans le nid, attaché sur une branche ; 
jamais la femelle ne les abandonne. 

J'ai possédé bien des Loriots dans mon existence et s'ils 
m'ont donné beaucoup de mal, ceux que j'ai réussi à tenir 
en cage, m'ont, par contre, causé tellement de plaisir, que 
toutes mes peines étaient bien vite oubliées. Je suis arrivé 
maintenant avec l'expérience (hélas ! c'est l'âge seul qui 
la donne), à obtenir des Oiseaux qui perdent leur humeur 
farouche et chantent fièrement à deux mètres de moi comme 
pour me jeter un défi. Plus l'Oiseau est vieux, plus il est 
beau ; mais aussi plus son caractère farouche est difficile à 
vaincre ; si j'ai le choix, je préfère un Loriot de deux ans 
qui chante le chant sauvage et n'en a pas, aussi enraciné, le 
farouche caractère. 

Au début de sa captivité, il est prudent de lier les ex- 
trémités des ailes, afin d'éviter que l'Oiseau en se débattant, 
ne brise ses plumes des ailes et de la queue. Là réside la 
plus grande difficulté à vaincre pour conserver un Loriot 
sauvage en captivité. Outre sa sauvagerie qui va toujours en 
diminuant, si on s'occupe de l'Oiseau comme on doit le 
faire, il y a à lutter contre un autre défaut naturel, terrible- 
ment difficile à vaincre ou à atténuer. A l'époque des migra- 
tions, les Loriots, comme tous les migrateurs, sont tourmen- 
tés la nuit par l'instinct du départ ; voletant la nuit en- 
tière, s'élançant contre le grillage pour retomber ou s'y 



I,E LORIOT 69 

accrocher, pour voler ailleurs, ils finissent par casser toutes 
leurs grandes plumes des ailes de la queue, et un Loriot 
sans ailes ni queue est hideux, pénible à voir. Il faut donc 
l'aire l'impossible pour éviter cet écueil. J'ai, pour cela, es- 
sayé de tourner la difficulté en donnant à ces Oiseaux des 
cages-caisses ouvertes d'un seul côté ; les perchoirs sont per- 
pendiculaires au côté ouvert et non pas parallèles, et je laisse 
retomber le soir un rideau qui met l'Oiseau dans une obs- 
curité complète. Il n 'ose plus bouger et je suis arrivé ainsi 
à conserver des Loriots, beaux comme leurs congénères sau- 
vages, lorsqu 'arrivait le printemps. Alors, quelle récom- 
pense ! Là aussi, on n'a rien sans peine. 

Ces cages doivent être placées de telle façon que la nour- 
riture soit introduite, comme la boisson, par des augets 
coulissants, et que l'Oiseau n'aperçoive jamais personne. Il 
prend alors un sentiment de sécurité absolue et c'est beau- 
coup pour le chant ; ou bien, il faut que la cage soit placée 
de telle sorte que la ou les personnes que l'Oiseau doit voir, 
se trouvent toujours entre lui et la lumière. Je donne la 
préférence à ce moyen qui, seul, rend les Oiseaux familiers, 
s'il est aidé par l'offre constante d'une gourmandise : Ver de 
farine ou fruit succulent. 

La cage doit- avoir les dimensions minima de 80 x /jo x 5o 
centimètres. Les sauts en hauteur sont ainsi évités à l'Oiseau 
qui, n'ayant pas à ouvrir ses ailes, n'en brise pas les pennes. 
Il ne s'accroche pas au grillage s'il a peur et toutes les 
chances tournent de notre côté. 

Il faut le soigner sans gestes brusques, éviter toute sur- 
prise, agir doucement et toujours de même façon. Comment 
hésiter à apporter bien vite un Ver de farine quand un de 
ces farouches vous accueille le matin par un sonore 
c huijèhèhèè » suivi de trois notes de la meilleure flûte ? 
Alors, mon procès est bien gagné. Enfin, il ne faut jamais 
perdre de vue que cet Oiseau (comme tous, je crois), conser- 
vera toujours plus durable le souvenir d'un effroi que d'une 
attention ; et ceci indique la ligne de conduite à tenir. 

Le Loriot n'est pas difficile à conserver en captivité, mais 
il y a tout un océan entre conserver, maintenir en vie un 
Loriot, et arriver à ce que, vigoureux et gai comme en li- 
berté, il donne, par son chant et sa confiance, la preuve que 
pour lui tout est pour le mieux. 



70 L OISEAU 

Les jeunes, au nid, s'élèvent avec une pâtée composée 
de lait et de pain mélangé d'œufs de fourmis, des cerises, 
ou bien d'un mélange de farine de turquis et de fromage 
blanc, par moitié. Il est bon de leur donner, quand ils com- 
mencent à voler ou à sortir du nid, une nourriture plus azo- 
tée, quelques Vers de farine ou des Ephémères. Ces dernières 
doivent être ébouillantées auparavant et n'être données que 
ramollies. 

Quand on prend un Oiseau sauvage, la première chose à 
faire est de lui lier, avec un fil, l'extrémité des ailes, afin 
qu'il ne puisse s'en briser les plumes en se débattant. La 
cage, ouverte seulement d'un côté, dans laquelle on le place, 
doit être fermée complètement de calicot', de telle sorte 
que l'Oiseau ne soit Iroublé par quoi ou qui que ce soit. 
On met à sa disposition des œufs de Fourmis frais, des cerises, 
des fruits, des Cafards de boulangerie, et on évite par tous les 
moyens que rien ne l'effarouche ni ne le troublé. Au bout 
d'une huitaine, on mélange les œufs de Fourmis frais à la 
nourriture qui lui sera donnée plus tard, en diminuant chaque 
jour ces œufs, de telle sorte qu'il n'y en ait plus au bout de 
huit autres jours. On commence à soulever le calicot et après 
quatre ou cinq jours on l'enlève complètement. Quand l'Oi- 
seau vide régulièrement son auget, rempli le matin d'une 
pâtée bien choisie, il est bon de lui rendre les fruits ; à ce 
moment de la saison, on les a tous à profusion. 

La nourriture que mes Loriots reçoivent est celle de tous 
mes insectivores, à peu d'exception près. Elle se compose 
d'œufs de Fourmis secs, d'Ephémères, de carotte râpée en 
quantité égale, et j'y ajoute, au moment de servir, une autre 
pâtée qui, elle, se compose de fromage blanc et de brisures 
de gaufrettes moulues grossièrement. Suivant l'état des Oi- 
seaux, je fais augmenter ou diminuer les Ephémères, les œufs 
de Fourmis ou le? gaufrettes. Tout le secret de cette, ou plu- 
tôt de ces compositions, réside en un certain tour de main, 
facile d'ailleurs, qui donne le degré d'humidité voulu. D'un 
côté, j'ai ce mélange de fromage blanc sec, environ un tiers 
de fromage et deux tiers de gaufrettes sèches elles-mêmes ; 
eii mélangeant ces deux éléments, je n'ai qu'une composition 
sèche évidemment, et avide d'humidité. Pour commencer, je 
me sers, dans l'autre mélange, de carottes râpées avec les 
Ephémères et les œufs de Fourmis secs ; intentionnellement, 



LE LORIOT 



ce mélange contient trop de carotte râpée et est trop mouillé 
puisque chacune des trois parties y entre pour un tiers. Ce 
dernier mélange est fait, ou la veille au soir, ou le jour même 
quelques heures avant d'être servi, et au moment de servir, 
je mêle les deux pâtées par moitié. On le presse bien com- 
pact et, un instant après, on le divise sans laisser aucune agré- 
gation. La trop grande humidité a été absorbée par les gau- 
frettes, et le mélange est à point. Chaque matin, les augets 
bien nettoyés me disent que la cuisine est excellente ; la 
santé des Oiseaux, comme leur gourmandise, est satisfaite. 

Au premier janvier, pour leurs étrennes, ils reçoivent le 
premier Ver de farine de l'année ; on leur en donne deux ou 
trois le matin et autant le soir pendant huit jours, pour aug- 
menter pregressivement et arriver à vingt le matin et vingt 
le soir, environ. Entre temps, tous les fruits doux possibles, 
les frais, tels que la nature les produit, les secs, comme baies 
de sureau ou figues, etc., revenus dans l'eau depuis la veille. 
Après la mue d'août, les Vers de farine doivent cesser. En été 
et au printemps, si je le poux, je leur donne des œufs de Four- 
mis frais, de préférence à toute autre nourriture, et grâce à 
ces soins, j'ai des Oiseaux qui me donnent la plus entière sa- 
tisfaction. Ils commencent leur chant en janvier ; leurs notes 
superbes sont remarquables dans un appartement et leur 
sonorité est loin d'être gênante. En février, ils sont déjà en 
plein chant ; en mars, on peut les mettre au grand air, dans 
une cage fermée de trois côtés. 

Mais attention au moment ovi on les place en plein air ; 
éviter les coups de vent froid, laisser retomber alors un rideau 
devant la cage pendant la nuit. Le Loriot est un Oiseau de 
soleil et de chaleur ; il ne passe que les trois mois les plus 
chauds chez nous. Il est plus sensible au froid même que 
beaucoup d'exotiques qu'on voit sur les quais, chez les mar- 
chands. Il faut le placer en bonne exposition ; tous les Oi- 
seaux aiment le soleil ; lui, plus que tous encore. 

Conserver le Loriot en captivité n'est pas un bien grand 
tour de, force, mais en posséder un de plumage parfait, qui 
soit gai et chante de tout son cœur, c'est déjà une diffi- 
culté ; si j'ai pu, par mes conseils, faciliter cette tâche aux 
amateurs d'Oiseaux de volière, j'aurai rempli le but que je 
me suis proposé. . ■ . • 



LOISEAU 



MES ÉLEVAGES D'OISEAUX EN 1922 
par A. DECOUX 

(Fin) 

Un mâle Zosterops du Cap (Z. vireiis), accouplé à une fe- 
melle de l'espèce indienne (Z. palpebrosà), a paru vouloir 
nicher : des brindilles de foin et du crin étaient transportés 
çà et là... Mais la comédie en est restée au premier acte : le 
nid n'a pas été construit, et mes deux Oiseaux sont morts en 
septembre, empoisonnés par du miel aigre. Les Zosterops sont 
beaux et robusit.es, et fort agréables par leur vivacité dans une 
volière de petits Astrilds, sont toujours en mouvement et 
extrêmement gracieux. L'espèce indienne, de beaucoup la 
plus petite, est aussi la plus jolie. 

Les Moqueurs de l'Argentine (Mimus modulator) méritent 
une mention spéciale, bien qu'ils ne se soient pas reproduits, 
car ils sont rares et à peine connus, aussi bien à l'état libre 
qu'en captivité. J'ai eu beaucoup) de peine à réunir ce couple 
d'Oiseaux : quand j'eus trouvé la femelle chez un oiselier de 
Bordeaux, Fontana, M. Delacour découvrit pour moi le mâle 
chez Travella, à Paris. Il resta malade tout un hiver, mais 
il se rétablit complètement et il est aujourd'hui aussi vigou- 
reux que la femelle. L'élégance de leurs formes, la grâce de 
leurs mouvements en font d'admirables Oiseaux de volière, 
bien que les teintes de leur plumage gris, noir et blanc soient 
peu éclatantes. Ces Moqueurs furent lâchés au printemps 
dans une volière de dix mètres de long, plantée d'arbustes ; 
malheureusement, ils commirent sournoisement plusieurs mé- 
faits, détruisirent deux nichées de Cardinaux rouges, tuèrent 
même deux ou trois Oiseaux. Il fallut les exiler dans un autre 
logis de même dimension, mais moins bien garni de ver- 
dure ; ils n'avaient pour compagnons que des Colins et une 
paire de Colombes. A la fin de juillet, la femelle s'eanpara 
d'une boîte et y entassa des aiguilles de pin et des brindilles 
de bois... Mais le nid ne fut pas achevé. Le mâle, cejpendant, 
chantait souvent, surtout à la pointe du jour, et de mon lit, 
je pouvais entendre sa voix. Son chant, très court et bien 
moins beau que celui de Mimus polyglofus, se compose de 



MES ÉLEVAGES d'oISEAUX EN I932 78 

notes très élevées, suivies dun coiu't silence et d'une suite 
de notes descendantes... ; il n'offre que peu d'intérêt. Ces 
Moqueurs sont suffisamment robustes, mais craignent le 
froid. Il faut les chauffer pendanl la mauvaise saison. Le 
mâle et la femelle sont presque identiques, celle-ci étant plus 
mince, plus allongée et ayant la poitrine d'un blanc plus pur. 
Le mâle a la tête plus grosse, le corps [plus large, la poitrine 
lavée de brun pâle. 

Les petits Plocéidés m'ont donné un assez grand nombre 
ds jeunes. Les Diamants à gouttelettes se sont mis à nicher 
dès la fin de février et ont élevé d'abord quatre petits. D'au- 
tres couvées ont eu lieu au cours de l'été, mais l'on doit noter 
qu'en général, cette espèce élève moins bien ses jeunes que 
les autres Diamants d'Australie. 

Les Diamants à longue queue (P. aciiticauda) ont fait une 
première couvée en juin ; la seconde fut détruite par un 
orage d'été et la troisième ne donna que des œufs clairs à 
la fin de septembre. 

Les Diamants à masque {P. personnata) ont fait une seule 
nichée de quatre petits, morts noyés en septembre, peu de 
jours après avoir quitté le nid. 

Les Diamants de Bichenow ont fait trois nichées succes- 
sives : la première et la seconde de cinq jeunes chacune, la 
dernière de quatre, tous parfaitement élevés. Ce couple était 
formé d'un mâle importé depuis trois ans et d'une jeune 
femelle née dans une de mes volières l'été dernier. 

Les Mandarins se sont multipliés abondamment. Les Moi- 
neaux du Japon ont donné également un assez grand nom- 
bre de petits, parmi lesquels quelques jeunes blanc pur. 

Les Diamants Phaétons (Neochmia phaeton) n'ont fait 
qu'un nid, bien qu'ils fussent logés confortablement dans 
une petite volière dont ils étaient les seuls habitants. 

Les Diamants psittaculaires ont commencé assez tard à ni- 
cher. Ils ont cependant élevé un certain nombre de petits. 
Leur dernière nichée a été malheureusement détruite par 
inattention, au moment du nettoyage d'automne de leur vo- 
lière. Cette esîpèce se fait de plus en plus rare. 

Les Diamants tricolores (Eijthrura trichroà) ont construit 
un nid de forme sphérique dans une Conifère. Mais leur pre- 
mière ponte fut détruite par les pluies. Un second nid, cons- 
truit dans l'intérieur de l'abri, semble n'avoir servi tout l'été 



74 l'oiseau 

que de nid de repos. Ces rares Oiseaux viennent d'achever 
leur mue. L'an prochain... peut-être !... 

Les Diamants de Gould, après une première couvée d'œufs 
clairs, couvent encore maintenant, — (fin d'octobre). Il est 
fâcheux qu'ils attendent le mois d'août pour pondre, car il 
est rare qu'on obtienne deux nichées par an du même couple. 

Les Bengalis rouges ont élevé quatre petits. Le mâle, qui 
était, l'an dernier, d'un rouge éclatant, n'a pas pris de com- 
plètes couleurs cette année. C'est un cais que j'ai souvent 
observé chez les Bengalis. Notre climat froid est-il un obstacle, 
parfois, au changement de couleurs ? C'est possible. Le chant 
du Bengali est fort agréable à entendre. 

Les Astrilds à ventre orange (Sporœginthus subflavus) ont 
donné trois petits. Ils sont extrêmement jolis en plumage de 
jeunes avec leurs teintes fanées et leur bec noir. 

Une nichée d' Astrilds bleus du Cap, composée de trois 
petits, a été élevée sans difficulté. Cet Astrild est plus gros, 
plus beau, plus robuste et plus facile à multiplier en volière 
que le Cordon bleu commun. Il s'élève presque aussi aisé- 
ment que l'Amaranthe, et nourrit en partie ses jeunes avec 
de la pâtée et des graines ramollies. C'est l'un des plus beaux 
Astrilds qu'on puisse avoir en volière. 

Plusieurs jeunes Amaranthes communes commencent à 
prendre couleurs. Un hybride d'Amaranthe ordinaire et 
d'Amaranthe pointillée (Lagonosticta rufopictd) voltige aussi 
dans cette volière. Je serais bien heureux d'avoir, l'an pro- 
chain, une ou deux femelles de cette jolie espèce ! On ne 
trouve que des mâles — et exceptionnellement — chez les 
marchands d'Oiseaux. Pourquoi ? 

Cinq Astrilds-Cailles à masque noir, de Guinée (Ortygos- 
piza ati-icollis) ont été mis eni volière ensemble au mois de 
mai. Il y avait deux mâles et trois femelles. Plusieurs nids 
furent construits dans les herbes et détruits par les pluies. 
En août, un nid, placé en un endroit plus abrité, fut bâti 
fpar l'un des couples et quatre jeunes en sortirent en sep- 
tembre. La reproduction en volière de cet Astrild est encore 
fort rare. En plus des deux nichées élevées par moi l'année 
dernière — c'était, je crois, le premier cas d'élevage de cet 
Oiseau en France — , on n'en cite qu'une autre obtenue en 
Alleimagne, il y a environ vingt-cinq ans. Les moeurs de l'es- 
pèce sont très mal connues, aussi bien en liberté qu'en vo- 



à 



EXPOSITION-CONCOURS d'OISEAUI DE CAGE ET DE VOLIÈRE 75 

Hère, et je me propose de les décrire quelque jour. L'obser- 
vation en est malheureusement difficile, car ces A.strilds 
vivent continuellement à terre au milieu des herbes des 
branches basses des arbres. Les Orfygospiza ne sonjt pas les 
plus beaux, mais,- à coup sûr, les plus originaux des Âstrilds. 
Ils ont l'aspect de minuscules Gallinacés, de Perdrix plutôt 
que de Cailles, venues du royaume de Lilliput... 

La reproduction des petits Astrilds d'Afrique est moins dif- 
ficile à obtenir que beaucoup le supposent. Il suffit de leur 
donner une volière abritée et calme, et une abondante provi- 
sion d'Insectes et de larves pour l'élevage de leurs petits. 

La reproduction des Beaux-Marquets et des Grenadins n'a 
pas encore été obtenue cette année. Ces derniers n'ont pondu 
qu'en octobre, et les nichées des premiers ont été détruites 
par d'autres Oiseaux. 



L'EXPOSITION-CONCOURS D'OISEAUX DE CAGE 
ET DE VOLIÈRE DE VERVIERS (BELGIQUE) 

par le comte E. de ROUGÉ 

La Société ornithologique de l'est de la Belgique, dont 
le siège est à Verviers, avait convoqué tous les amis des 
Oiseaux à se rendre nombreux à son exposition de fin no- 
vembre 1922 (25, 26 et 27 novembre 1922). 

Cette exposition annuelle est, pour l'amateur d'Oiseaux, 
un véritable régal des yeux. Elle dépassa cette année toutes 
les expositions précédentes. Près de mille Oiseaux étaient 
exposés dans de petites cages, de grandeur et de modèle 
presque uniformes, mais d'ornementation et de coloris va- 
riés, évitant par cette variété même, la monotonie. Des vo- 
lières du plus agréable effet, de formes très différentes et 
très heureuses, renfermant de petites colonies d'Oiseaux exo- 
tiques ou indigènes, venaient compléter et élargir le cycle 
des cages proprement dites. Lune d'elles, entr'autres, avait 
pour fond un admirable sous-bois, délicieusement brossé, 
dans la perspective duquel les Oiseaux pouvaient parfaite- 
ment avoir l'illusion de la grande liberté des forêts. 



'j6 l'oiseau 

C'est que les membres de la Société ornithologique de l'Est 
de la Belgique, professent pour les Oiseaux un amour plein de 
délicatesse, et ce raffinement aux hôtes qu'ils reçoivent. J'en 
ai été l'heureux bénéficiaire et suis encore :sous le charme 
des journées charmantes en la compagnie des parfaits hommes 
du monde que sont MM. J. Serp, président ; Desson, Pour- 
nay, Houyoux, Schriewer, Dane, Hentz, Dern, Heurotay et 
tutti quanti... 

Je ne veux pas oublier non plus la façon charmante dont 
la présidente, M™® J. Serp, sait faire les honneurs de son 
home, véritable paradis terrestre des Oiseaux. 

D'oii proviennent donc tous ces Oiseaux indigènes P Je ré- 
pondrai de suite : de la tenderie. Les membres de la Société 
ornithologique de l'Est, et en général presque tous les Ver- 
viersois, sont en effet d'experts tendeurs : ils ont érigé l'art 
de la tenderie à la hauteur d'une véritable science. 

Il ne suffît pas, en effet, de se munir d'un filet et d'un ap- 
pelant quelconque et de se rendre sur le plateau de Ver- 
viefs, célèbre par ses passages d'Oiseaux en migrations, pour 
être réputé « tendeur ». La tenderie s'apprend comme toutes 
les connaissances humaines. Le novice serait profondément 
surplis de voir ses filets, disposés cependant dans un en- 
droit réputé, rester constamment vides, alors qu'un voisin 
plus expert fera d'étonnantes captures... L' (( appelant » joue 
certes un très grand rôle dans cet art, mais il est d'autres 
considérations qu'il ne faut pas négliger... Les Verviersois 
sont fiers de ces véritables secrets qui leur procurent chaque 
année, de septembre à octobre, les joies les plus pures et 
les plus méritées (i) 

Les prix. ■ — Les concurrents ont à se disputer plusieurs 
coupes de réelle valeur. La possession en devient définitive 
pour le gagnant qui l'aura méritée un certain nombre de 
fois fixé dans un laps d'années déterminé (trois fois en 5 ans). 

La coupe « Gerfaut n est attribuée à l'exposant du sujet 
indigène déclaré l'Oiseau le meilleur ; la coupe Sacrée, à 
l'exposant du sujet insectivore indigène ou exotique déclaré 
l'Oiseau le meilleur : la coupe de Liège, à l'exposant du 
sujet exotique (Canaris exclus) déclaré l'Oiseau le meilleur. 

(i) J'espère l'an prochain assister à leurs exploits et ne manquerai d'en 
rendre compte aux lecteurs de VOiseau. — E. de R. 



CHRONIQUE OKMTHOLOGIQUE 77 

En dehors de ocs coupes, sont attribués de très nombreux 
prix spéciaux. 

Voici très exactement la liste des Oiseaux qui figuré reni à 
cette remarquable exposition : 

Bouvreuil vulgaire et ponceau ; Verdier ; Pinson (d'Ar- 
dennes et commun) ; Chardonneret (en très grand nombre) ; 
Tarin (lo) ; Ventnron ; Linotte (très nombreuses) ; Linotte 
à bec jaune ; Sizerin roussâtre et boréal ; Serin méridional , 
Mésange charbonnière, à longue queue, bleue, petite char- 
bonnière, nonnette, huppée ; Rouge-gorge ; Gorge bleue ; 
Rouge queue (tithys et de muraille) ; Alouette des champs. 
Lulu ; Cochevis huppé ; Otocoris alpestre ; Bruant jaune, 
ortolan, des roseaux, zizi, fou ; Plectoplane Lapon ; Proyer 
d'Europe ; Pipit des arbres, obscur, des prés ; Bergeronnette 
printanière ; Hochequeue grise ; Merle noir ; Grive mauvis, 
musicienne ; Draine ; Etourneau ; Traquet motteux ; Accen- 
teur mouchet ; Rossignol ordinaire ; Fauvette à tête noire, 
grisette ; Troglodyte ; Pic épeiche ; Pivert ; Torcol ; Sitelle 
torche-pot ; Corbeau corneille ; Pie-grièche ; Moineau fri- 
quet et domestique ; Bec croisé. 

Si les Oiseaux indigènes sont nombreux, on le voit, les 
Canaris et les exotiques prennent chaque année, de leur côté, 
une place de plus en plus importante. Pour peu que ce mou- 
vement continue, Verviers sera dans quelques années la ville 
par excellence des amateurs d'Oiseaux, qui pourront satisfaire 
tous les goûts quels qu'ils soient, à l'égard des petits hôtes 
emplumés. 

(A suivre). 



CHRONIQUE ORNITHOLOGIQUE 

M. Ed. W. Labbe nous écrit de Tunis : 

i5 septembre 1922. 

« Comme je l'ai déjà rapporté, j'ai croisé des Coqs Faisans 
versicolores avec des Poules d'Amherst. J'en ai obtenu des 
demi-sang très vigoureux ; les femelles n'ont jamais pondu, 
mais les mâles, remis avec des Poules d'Amherst, ont donné 
des trois-quart<s. Le? femelles de ce dernier croisement ne 



'j8 l'oiseau 

pondent pas non plus, mais les mâles fécondent les Poules 
d'Amherst pures et jai obtenu, cette année, des sept-hui- 
tièmes. Toutefois, si les demis sont très vigoureux, les trois- 
quarts le sont beaucoup moins et les sept-huitièmes moins 
peut-être encore (ou plutôt il y a dans les couvées de grandes 
inégalités ; il y a des jeunes très vigoureux et d'autres qui 
meurent sans qu'on puisse savoir pourquoi). J'attribue, en 
partie, cette diminution de vigueur à ce que je remets tou- 
jours dans le mélange des Poules d'Amherst du même sang ; 
pourtant, je ne me sers pas de la même Poule pour plusieurs 
générations. 

« Je vais donc maintenant introduire des Faisans d'Amherst 
d'origine tout à fait différente. 

« Voici quelques remarques que mon hybridation m'a 
amené à faire : i° la reproduction se fait, comme je l'ai dit, 
par les mâles. hybrides seuls, à l'exclusion des Poules, toutes 
infécondes jusqu'ici ; 2° la livrée donnée par le premier croi- 
sement -est singulière : les mâles demi-sang ne ressemblent 
en rien ni à l'Amherst, ni au Versicolore, mais plutôt à 
des Faisans de Bohême sans collier ; les tons dominants 
sont en effet le noir (à reflets violets et non verts) et l'acajou ; 
le demi-sang n'a pas une seule plume verte, alors que le vert 
est la couleur dominante chez les deux races mères, ce qui 
tendrait ,à établir que le vert du Versicolore est un brun ren- 
forcé ; il est remarquable que même le plastron, qui est vert 
aussi bien chez l'Amherst que chez le Versicolore, est violet 
et acajou chez le demi-sang : cette tendance au brun, orangé 
ou acajou se retrouve encore chez le trois-quarts, lequel res- 
semble à un Amherst, mais est doté de plumes acajou, orangé, 
feu ou brunes danis diverses parties du corps, notamment 
aux épaulettes et au plastron ; à la différence des demis qui 
se ressemblent complètement entre eux, les trois-quaiis sont 
tous différents les uns des autres ; mais la tendance domi- 
nante est toujours celle-ci : du brun, de l'orangé ou de l'aca- 
jou dans un plumage d'Amherst, tantôt fondu, tantôt localisé 
par masses plus ou moins importantes ; tantôt c'est la plume 
de l'Amherst qui est maillée de brun, d'acajou, ou de feu, 
tantôt SUT un point, au milieu ou sur le bord du plumage 
normal de l'Ambersit, se trouvent des touffes, des lignes ou 
des dessins orangés, bruns, acajous ; 3° les femelles hybrides, 
si elles ne reproduisent pas, en revanche, muent deux fois 



CHRONIQUE ORNITHOLOGIQLE -g 

consécutives chaque anjiée ; cette année encore, la seule Poule 
demie que j'aie conservée vivante vient de perdre sa nouvelle 
queue, dès qu'elle a été complètement poussée, comme 
l'avaient fait les trois que je possédais alors, l'an dernier ; 
mes deux trois-quarts viennent seulement de remplacer leur 
queue, qui est d'une longueur extraordinaire. Je ne sais pas 
si elles vont la perdre prochainement, comme elles l'avaient 
fait l'an dernier. Les mâles, au contraire, ne muent qu'une 
fois l'an, comme les autres Faisans. » 

7 novembre 1922. 

(( Peu après que je vous avais écrit ma première lettre, l'une 
de mes deux Faisanes hybrides trois-quarts d'Amherst et un 
quart de Versicolore s "est mise à perdre de nouveau la queue 
qui venait de repousser. La nouvelle queue est déjà assez lon- 
gue. L'autre hybride trois-quart, qui était une tardive.de 1921, 
n'a perdu jusqu'ici que des plumes de côté, les grandes du 
milieu tiennent toujours, mais je suis convaincu qu'elles tom- 
beront aussi. Ce sera la confirmation de cette bizarrerie qui 
fait muer deux fois consécutives les femelles demie et trois- 
quarts. 

« Par contre, j'ai une jeune hybride de 1932 qui doit être 
une 7/8 ; elle n'a pas perdu sa queue, bien que celle-ci soit 
poussée depuis longtemps. Peut-être, à ce degré-là, les pro- 
duits femelles seront-ils féconds. Si c'est l'infécondité qui 
provoque la double mue, celle-ci ne se produira pas chez les 
7/8. Cs serait très intéressant à vérifier. Mon but, en remet- 
tant toujours des mâles hybrides avec des femelles pures, est 
notamment de voir si, en se rapprochant du pur sang, les 
femelles ne retrouveront pas leur fécDndité. 

(( Quant aux mâles, jusqu'ici, ils la conservent, tant les 
demi que les trois-quarts et, je crois, aussi les 7/8. En l'ef- 
frayant, j'ai malheureusement perdu le seule mâle 7/8 que 
j'avais réussi à élever ; je l'ai fait autopsier, et il a été re- 
connu que les organes génitaux étaient absolument normaux. 
Cet Oiseau avait admirablement vécu jusqu'à l'âge de deux 
mois et demi. Il était si vif que je n'avais jamais pu. lorsque 
j'avançais la tête pour voir ses yeux en lui donnant à manger, 
discerner la couleur de son œil pour vérifier si c'était bien un 
mâle. Lorsqu'à la fin du troisième mois, il a perdu sa viva- 
cité, j'ai cru pouvoir diagnostiquer les parasites intestinaux. 



8o l'oiseau 

Je lui ai donné tous les vermifuges usités, notamment du 
sulfate de cuivre 321/2 0/0 comme boisson. Il est mort, 
malgré cela, à l'âge de trois mois et un jour. L'autopsie a 
révélé une occlusion intestinale causée par des Heterakis 
vesicularis. 

a Voulant bien faire les choses pour un Faisandeau que je 
considérais comme la pièce la plus rare que j'aie jamais éle- 
vée, j'avais voulu entretenir de la verdure dans .son parquet, 
en l'arrosant tous les jours, ce que je n'avais jamais fait jus- 
qu'ici, et, par suite de cette malencontreuse attention, je per- 
dis en lui, pour la première fois, un Faisandeau ayant dépassé 
le premier âge critique. C'est une leçon Je réussis admirable- 
ment les Faisans ici, grâce à la sécheresse. Ce fut une idée 
malheureuse que d'essayer du système humide. 

« Ce jeune mâle 7/8 mort ressemblait presque complète- 
ment à un pur sang. Il portait seulement quelques marques 
en V au lieu de barres sur les épaules. 

(( La femelle, qui est peut-être une 7/8, resseanble à une 
Amherst, mais elle a aussi quelques V sur les épaules ; de 
plus, elle a une teinte chocolat, notamment à la face qui 
n'est pas grise comme chez le pur sang et chez le trois-quart. 
C'est assez joli. 

(( Les femelles trois-quarts ont la queue plus longue et plus 
molle que celle des Amherst. Les plumes de celle qui a mué 
deux fois avaient 67 centimètres de longueur. De plus, elles 
ont les plumes de la collerette aussi développées que chez les 
mâles. Mais queue et collerette sont fauves, comme tout le 
reste du corps. Il semble qu'elles possèdent la forme du 
mâle, mais non les couleurs, comme les ont les Faisanes at- 
teintes de virilisme par stérilité sénile. 

« La Poule supposée 7/8 a la queue de la longueur et de la 
forme d'une Amherst pure, mais les plumes de la collerette 
(chocolat comme le reste du corps, avec barres à reflets mor- 
dorés) sont plus développées que chez une Amherst ». 



L'Imprimeur-Gérant : G. LANGLOIS. 



CH\TEAUROOX. — IJIPRIMERIE LANGLOIS 



Société Nationale d'Acclimatation. 
L'OISEAU 



PL. IV 





Pie BLiîUK DK I. Himalaya 
(Urocissa occipitalis) 

Geai vert a tête BLn:u 
{Xanthura cœruleocephala) 



Pie acaui'; 
{Cyanocoi ax cfuysvps) 

Pie du Yucaian 
(Cissilopha yucalanica) 



LES OISEAUX 



(0 



CHAPITRE II 



LES CORVIDÉS 
(Corbeaux, Geais, Pies) 

par E.-G.-B. MEADE-WALDO 

Les Corvidés comprennent un grand nombre d'Oiseaux 
hautement spécialisés, que Ion rencontre dans presque toutes 
les parties du Monde, à l'exception des régions antarctiques 
et de la Nouvelle-Zélande. 

Les véritables Corbeaux, du genre Corvus, babitent la plus 
grande partie de ce vaste domaine, et partout leurs moeurs 
sont à peu près les mêmes ; ce sont des Oiseaux d'une grande 
intelligence ; tous sont monogames et paraissent s'accoupler 
pour la vie. Parmi eux, se trouvent d'excellents imitateurs 
de sons divers et de la voix humaine. Quelques espèces vi- 
vent en troupes, même à l'époque des nids, tandis que d 'au- 
tres ne le font qu'en automne et en hiver ; tous sont omni- 
vores, certains ayant toutefois des tendances plus carnivores 
que les autres, notamment les Grands Corbeaux et les Cor- 
neilles. 

Peu de Corbeaux s'habilueiil à une étroile captivité ; 
ils sont le phis souvent dangereux pour leurs compagnons, 
mais dans des volières spéciales ou en semi-liberté, ce sont 
de très amusants commensaux (pii aiment à se faire remar- 
quer et montrent beaucoup d'affection pour le maître. Tous 
sembleni avoir la même habitude do cacher leur nourriture 
et de déiober tout objet biillanl. Ils sont très actifs, mais 
moins que les Geais'; leur vol osl jniissant et soutenu, e! ils 
vont au loin chercher leur nourriture malin, et soir, lors((uc 
cela est nécessaire ; beaucoup d'entre eux émigrent. Les 

\(i) V. V Oiseau, vol. IV, n"' i et 2. 

r.'oisE.\u. — 1920 3 



82 l'oiseau 

Corbeaux, comme d'ailleurs tous les Corvidés, ne sont pas 
des Oiseaux qu'il ne faut nourrir qu'une ou deux fois par 
jour ; on doit toujours mettre de la nourriture à leur portée. 
Ils ne mangent pas beaucoup, mais, pour prospérer, deman- 
dent un régime très varié : pâtée pour insectivores, riz 
viande, fruits, souris, etc. Tous aiment à se baigner ; le 
Grand Corbeau (Corvus corax) se plonge même dans l'eau 
chaque fois que l'on remplit son bassin. Les Corbeaux ca- 
chent tous leur nourriture en divers endroits, et semblent 
toujours se rappeler leurs cachettes. Presque tous les genres 
sont rustiques en plein air sous notre climat, à l'exception 
du CorbÎYeau d'Abyssinie {Corvultur crassirostris) , gros Oi- 
seau noir avec le derrière du cou blanc et la gorge brune, 
et du Corbeau aux yeux bleus des îles Aru {Macrocorax fus- 
cicapilhis), noir brillant avec la tète et le cou brun ioncé, 
qui sont tous deux de fort intéressants Oiseaux, très rare- 
ment importés. 

En dehors de ces espèces et des formes européennes com- 
munes : Grand Corbeau, Corneilleis noires et manlelées. 
Freux et Choucas, que chacun connaît, les espèces suivantes 
ont vécu en captivité : le Corbeau à scapulaire (Corvns sca- 
piilatus) d'Afrique, noir brillant, avec le cou, le manteau 
et le dessous du corps blancs, la Corneille de l'Inde (Cor- 
•jiis splendens), aux tons variés de gris et de noir : I.' Cor- 
beau barbu {Rhinocorax affinis) de l'Est Africain et de Pa- 
lestine, tout noir à reflets pourpres et verts ; les CorneillôS 
noires d'Australie (Corvus AiistraJis) et d'Extroin,- Orient 
(C. macrorhynchiis) . 

Les Corbeaux nichent facilement en captivité si on les 
met dans des conditions favorables ; mais ils n'élrveiit pas 
souvent leurs jeunes et sont disposés à les dévorer ! Cela 
est vrai de tous les Corvidés. Cependant, M. H. Saint-Onintin, 
en Yorkslîire, a pu élever bien des fois le Grand Corbeau ; 
pour que les parents amenassent à bien leurs couvées, il 
trouva qu'il fallait leur fournir une alimentation 1r^s riche, 
telle que de la viande de bœuf et de cheval, dn lapin et 
des Moineaux ; autrement, les jeunes étaient rachitiques. 
D'autres amateurs encore ont élevé cette espèce. Il va sans 
dire que les Corvidés, pour se reproduire, ont besoin d'une 
volière par couple. Outre la viande, on doit leur doiuK i cer- 
tains farineux et des fruits, et beaucoup de gros insectes 



LES CORVIDÉS 83 

vivants ; ils ainunl aussi les coquillages et les poissons. 
La Pie :bleue de THimalaya (Urocissa occipitalis) a été 
élevée par le docteur M. Vmsler. Les Pies de Cook (Cyano- 
polius cooki et sinensis) se sont fréquemment reproduites 
chez moi. 'Beaucoup d'autres espèces ont pondu et fait écîore 
des jeunes en volière, mais aucune, à notre connaissance, 
ne les a élevés. 

Les Graves, bien qu'apparemment voisins des Corbeaux, 
■appartiennent à un groupe éloigné. 

Le Grave à bec rouge (Pyrrliocorax pyrrhocorax) et le 
Ghocard des Alpes (P. gmculus) sont d'excellents Oiseaux de 
volière et s'apprivoisent très bien. Ils sont inoffensifs envers 
les petits Oiseaux et demandent un régime d'insectivore ; ils 
ne mangent pas de viande ; en liberté, ils se nourrissent 
surtout de Coléoptères. 

Le Crave à bec rouge est entièrement noir brillant à reflets 
verts ; le bec est long, mince et recourbé, de couleur ver- 
millon, ainsi que les pattes. Le Cliocard des Alpes en diffère 
par son bec plus court, jaune et droit. On a importé le Grave 
d'Australie {Corcorax melanoramphiis) , dont l'aile est 
marquée de blanc, le bec et les pattes noirs. 

Les Gasse-noix (Niicifragà) semblent se rapprocher des Cor- 
iieaux comme forme, et constituent un genre restreint avec 
plusieurs races locales européennes, asiatiques et américaines. 
Ils sont inoffensifs en volière et vivent de pâtée pour insec- 
tivores, de noix et de graines ide pin. Les Casse-noix ne sont 
pas aussi amusants en captivité que les autres Corvidés, mais 
sont cependant intéressants ; leur plumage est gris-brun 
tacheté de blanc. 

Le groupe des Geais comprend des espèces qui comptent 
parmi les plus beaux Oiseaux du monde. Remuant sans cesse. 
ils sont bruyants — quelquefois trop — et possèdent une voix 
très souple, qui leur permet d'émettre les cris les plus rau- 
ques comme les sifflements les plus mélodieux. 

Le Geai ordinaire d'Europe (Garrulus glandariiis) a une 
mauvaise réputation, méritée du reste, en raison de ses 
dégâts dans les jardins et parmi les couvées ; c'est le type 
des vrais Geais et on le rencontre, avec des variations, depuis 
l'Irlande jusqu'au Japon. Tous méritent leur nom de (jIqji- 



84 l'oiseau 

darias, car ils dépendent des chênes pour une bonne partie 
de leur nourriture pendant une longue période, chaque année. 

Les Geais sont de grands mangeurs d'œufs et de jeunes 
Oiseaux, mais je ne trouve pas qu'en captivité ils en soient 
spécialement friands ; fruits, insectes et souris leur plaisent 
davantage. 

En général, on peut les garder en volière avec d'autres 
Oiseaux de même force ; j'en ai eu avec des Gangas, des 
Colombes, etc. La plupart des espèces se montrent rustiques, 
bien qu'il faille rentrer l'hiver, dans un local chauffé, les 
formes sud-américaines. Tous les Geais demandent le régime 
des omnivores. 

Les couples qui manifestent le désir de nicher, doivent 
être isolés en volière et ne seront dérangés ni regardés sous 
aucun prétexte ; en dehors de la distribution de la nourri- 
ture et de la boisson, il faut les laisser seuls ; le mieux est de 
leur faire croire que leurs intentions sont ignorées — et cela 
s'applique à tous les Oiseaux qui nichent. 

Un membre très aberrant du groupe est le Geai de Sibérie 
(Perisoreas infaiistus) ou Mésangeai, qui habite le nord de 
l'Europe et de l'Asie. On l'importe rarement, et à l'excep- 
tion de deux mâles que j'ai possédés, les ayant capturés moi- 
même, je ne l'ai jamais vu en captivité. Je les attrapai en 
Norvège en 1896, par le simple moyen d'un piège tenu à la 
main et appâté d'un ver de farine. Ils vécurent très long- 
temps et paraissaient très heureux en volière, tout à fait 
inoffen:sif>j et sans cesse en mouvement ; ils possèdent des 
notes très mélodieuses. Newton les décrit fort bien : a C'est 
(( l'un des Oiseaux les plus charmants du monde ; ses cris 
(( et ses mouvements imprévus, dont ont été témoins ceux 
(( qui ont pénétré dans la solitude des vastes forêts du Nord 
« qu'il habite, ne peuvent être oubliés, pas plus que l'effet 
(( produit par sa queue rousse, à qui un rare rayon de soleil 
(( donne un éclat tout à fait surprenant pour ceux qui n'ont 
(i vu que des Mésangeais aux couleurs ternes, dans les vitrines 
« des muséums. Il semble qu'il ignore la peur, obsédé par 
« l'observation du voyageur qui envahit son domaine ; celui-ci 
«fait-il halte, l'Oiseau devient l'habitant de son bivouac. 
(( En captivité, il devient rapidement familier, mais on 
(( trouve difficilement la nourriture qui lui convient ». Les 
choses ont changé depuis lors ! 



LES CORVIDÉS 85 

Le Geai de Sibérie mesure 37 centimètres ; son plumage 
est mêlé de gris et de roux, avec la tête plus foncée. 

Dans l'Amérique du Nord, une espèce très voisine, le Geai 
du Canada {Perisoreus canadensis) a les mêmes moeurs ; il 
est de taille égale ; son corps est gris brunâtre, sa tête blan- 
che avec la couronne brun noirâtre. Bien qu'il soit parfois 
importé, on l'apprécie peu en volière ; il est délicat et de 
couleur terne. Je ne l'ai jamais vu apporté en bon état ; s'il 
en était autrement, il est probable qu'il ne serait pas diffi- 
cile à conserver. 

En dehors du Geai ordinaire, on a gardé en captivité le 
Geai de l'Himalaya (G. bispicularis), dont le plumage fauve 
vineux est rehaussé par la queue et les moustaches noires ; 
1 aile est noire, avec les mêmes marques bleues* et noires 
que le Geai commun. Une autre espèce de l'Himalaya, le 
Geai lancéolé {haletas lanceolatus) , a été aussi importée ; c'est 
un superbe Oiseau au corps gris, vineux, à la tête huppée el 
noire, à la gorge garnie de plumes lancéolées noires et 
blanches ; l'aile est variée de brun foncé, de noir et de blanc, 
avec une très large partie bleu vif barré de noir ; la queue 
est de ce même ton superbe, terminée de noir et de blanc. 
Enfin, le Geai de Lidth (Lalocitta lidthi), du Japon, a figuré 
dans les collections ; c'est un Oiseau brun rougeâtre, avec 
la tête, le cou, les ailes et la queue bleu d'azur foncé et les 
plumes de la gorge lancéolées et blanchâtres. 

Bien différents sont les beaux Geais bleus huppés de 
l'Amérique du Nord, du genre Cyanocitta, qui sont cepen- 
dant assez rarement importés. Ils sont rustiques;, bien que 
ceux des régions méridionales demandent un bon abri. On 
en trouve depuis le Canada jusqu'au Mexic{ue. Les espèces 
suivantes ont vécu en Europe : le Geai bleu (C. cristata) du 
Canada et de l'est des Etats-Unis, dont le beau plumage, 
mêlé de divers tons de bleu, de noir et de blanc, en fait un 
Oiseau très populaire, de petite taille (28 cm.) ; le Geai de 
Steller (C. stelleri). de l'ouest des Etats-Unis, est un peu plus 
grand et de tons plus foncés, où, toujours, domine le bleu ; 
les Geais couronnés (C. coronata et C. diademata) du Mexi- 
que, au plumage mêlé de gris et de bleu, à la huppe déve- 
loppée. 

Du genre voisin, sans huppe, Aphelocoma, qui habite les 



86 l'oiseau 

mêmes parages, on a importé le Geai de Siebers (I- sordida), 
chez qui le bleu terne domine. 

Près de ces Oissaux se rangent les magnifiques Geais à 
longue queue de l'Amérique centrale, dont une espèce {Cal- 
loéitta foiinosa) a orné les volières. Ce magnifique Oiseau 
mexicain est doté d'une grande huppe et dune queue très 
développée, qui atteint près de 3o centimètres ; son plumage 
est bleu clair grisâtre en dessus, blanc crème en dessous ; 
la longue queue est bleu foncé, bordée de blanc sur les côtés. 

Les Geais (ou Pies) du genre CissilopJia habitent l'Amérique 
Centrale ; tous se ressemblent ; ils ont la tête et le dessous 'du 
corps noir, les ailes, le dos et la queue bleu clair brillant ; 
les trois espèces, que Ion importe de temps à autre, diffè- 
rent par le ton Ide ce bleu, la taille et la coloration des 
pattes, qui sont jaunes chez le Geai du Yucatan (C. yiicata- 
nica), noires chez les Geais de Beechey (C. beecheyi) et de 
San Blas (C. sanblasiana) ; ce dernier possède en outre une 
petite huppe frontale dirigée en avant à la base du bec. Ces 
trois espèces ont niché en France, mais n'ont jamais élevé 
leurs petits, qui, toujours, ont disparu à l'âge de dix à douze 
jours. Ces Geais sont assez inoffensifs ; j'en ai connu un qui 
a vécu des années avec des Cailles et ne les a jamais atta- 
quées. Ils vivent très longtemps en cage ou en volière. 

Le genre Cyanocoraa;, de l'Amérique Centrale et du Sud 
renferme nombre de belles et intéressantes espèces, entre 
autres le Geai (ou Pie) Acahé (G. chrysops). Cet Oiseau est 
capable d'imiter les sons les plus étranges d'une façon re- 
marquable. J'en ai connu un qui imitait le bruit de l'ancre 
,sur le cabestan, si parfaitement, qu'il était impossible de 
ne pas s'y tromper, si on oubliait iDiseau et l'endroit oiî 
l'on se trouvait. Malheureusement, il était si fier de son talent 
qu'il ne cessait de faire du bruit. La Pie Acahé habite le 
sud du Brésil et l'Uruguay et est assez souvent importée ; il 
est bleu très foncé en dessus, jaune très pâle en dessous ; sa 
tête porte une courte et épaisse huppe noire ; elle est noire, 
avec des taches bleues et gris argenté. Une autre belle espèce, 
le Geai (ou Pie) geng (C. cyanopogon) est brun violacé en 
dessus, blanc en dessous, avec une tache bleu vif sur l'œil ; 
elle habite le Brésil, ainsi que le Geai ):!eu et noir (C. cyano- 



LES CORVIDÉS 87 

mêlas), qui es^t entièrement d'un \iolel grisâtre foncé, avec 
la tête et le cou tirant sur le noir. Le Geai azuré (C. cœra- 
leus), du suid du Brésil, esl bleu-violet iuleiise, avec la tète 
et le cou noirs ; il possède une petite huppe frontale. 

Les Geais verls {Xanthura), de l'Amérique Centrale et du 
nord de l'Amérique du Sud, sont de ravissants Oiseaux assez 
souvent importés ; ils sont de petite taille (27 cm. environ). 
Leur couleur dominante est le vert sur le dos, les ailes et la 
queue, dont les côtés sont généralement jaune.s ; leur tête 
est marquée de bleu vif et de noir ; le dessous du corps t'st 
jaune chez le Geai du Venezuela (A. cœruleocephala) et Is. 
Geai du Pérou (A. yncas) ; ces deux espèces ont une courte 
huppe frontale ; la seconde diffère de la première par la 
couleur de la nuque et du derrière de la tète qui sont ivoire 
pâle au lieu de bleu ; c'est le Geai du Venezuela qui est le 
plus souvent importé. Une troisième espèce, le Geai du Mexi 
que (A. lujcu.osa) nous parvient assez fréquemment : il n'a 
pas de huppe frontale et toutes ses parties inférieures sont 
vert d'eau. 

Tous ces Geais de l'Amérique tropicale ne sont pas 
rustiques en Europe, et pour les garder en bonne santé, il 
convient de leur donner de grandes volières, avec des abris 
nombreux, une nourriture variée et de les rentrer pendant 
l'hiver. Plusieurs espèces vivent mieux en volière intérieure 
toute l'année et même en cage. 

Les Pies, bien connues, habitent tout l'Europe, l'Asie et 
le nord de l'Afrique. 

Voici d'abord le magnifique genre des Pies bleuest (Urocissa) 
de l'Inde et de la Chine, s'étendant jusqu'à Formose. Les 
diverses espèces se ressemblent ; ce sont de grands Oiseaux 
bleu clair sun le dos, noir à la tête et au cou, avec des mar- 
ques blanches sur le dessus de la tête et la nuque, et les 
parties inférieures blanches ; la longue queue flexible, de plus 
de 4o centimètres, est marquée de bleu, de noir et de blanc ; 
bec et pattes varient du jaune au vermillon. La Pie bleue 
de l'Himalaya (U. occipitaUs), la Pie bleue de Chine ((/. eij- 
tliforliyncha) et la Pie bleue à bec jaune (U. flavirostris) sont 
importées de temps à autre. Les deux premières diffèrent très 



«8 L OISEAU 

peu l'une de l'autre ; elles ont le bec rouge orangé ; la troi- 
sième se distingue par son bec jaune clair et sa tache blanche 
limitée à la nuque. 

Les Dendrocittes ou Pies \agabondes {Dendro^citki) sont 
plus petites et ont la queue plus courte. Leur couleur domi- 
nante est le brun-roux clair. Trois espèces arrivent en Europe 
de temps à autre : la Pie vagabonde de l'Inde (D. rufa), qui a 
la tête et le cou noir de suie, le corps fauve orangé, la queue 
et les ailes mélangées de noir intense et de gris argenté ; la 
Pie vagabonde de Chine (D. sifiensis), qui est brun grisâtre, 
avec le front noir, les ailes et la queue noires, et la Pie vaga- 
bonde de l'Himalaya {D. himala-yensis), au corps nuancé de 
brun et de gris, au front noir, à la nuque gris clair, aux 
ailes et la queue noires et gris foncé. 

Les Pirolles (Ct|s)sa) sont peut-être les plus beaux Oiseaux 
de toute la famille. Le Pirolle chasseur de l'Himalaya (C. ve- 
natcria) est importé de temps à autre. Sa couleur est d'un 
beau vert clair, qui tourne au bleu de mer en captivité ; du 
bec partent deux bandes noires qui entourent les yeux et se 
terminent en pointes sur la nuque ; les ailes sont brun-rouge, 
tachelée?. de noir et de blanc ; la queue, assez longue, est 
verte, terminée de noir et blanc ; bec et pattes rouge corail. 

La Pie noire du Sénégal (CryptorJiina ajra) a été importée 
fréquemment depuis quelques années ; c'est un Oiseau de 
taille moyenne, d'un noir terne, avec les rémiges et la queue 
brun foncé ; le bec est rose chez les jeunes sujets et proba- 
blement aussi chez les femelles. 

Toutes ces Pies sont moins sensibles au froid que les 
Geais américains et sont presque (mais pas tout à fait) rus- 
'^ tiques en France. Elles sont beaucoup plus agitées que les 

Pies véritables du genre Pica et ressemblent davantage aux 
■Geais dans leurs mouvements. Ce sont des Oiseaux très, forts, 
auxquels on ne doit pas se fier avec des compagnons plus 
faibles. Comme nous l'avons dit, la Pie bleue de l'Himalaya 
-a élevé des jeunes en volière. 

Le genre CyanopoUus est remai'quabie. Il ne comprend que 
■deux espèces, dont la distribution est peut-être plus éton- 
nante qu celle de tout autre Oiseau au monde. La Pie de 
"Cook (C. cooki) se trouve localement dans le sud et le centre 
dé l'Espagne ; elle est commune près de Cordoue et dans 



ri 



LES CORVIDÉS 8(j 

la province d'Estraniadouif, ainsi que dans quelques parties 
du Portugal ; mais, partout, elle est localisée. L'autre es- 
pèce, C. sinensis, est asiatique et ne diffère de l'Oiseau espa- 
gnol que par sa taille légèrement supérieure et sa queue ter- 
minée de blanc. Ce isont de charmants Oiseaux de volière, 
tout à fait rustiques, et les deux espèces se reproduisent en 
captivité ; chez moi, elles ne tourmentaient pas les autres 
Oiseaux et nichaient régulièrement chaque année. Leurs nids 
sont solidement bâtis et tapissés de laine ; ils ressemblent 
à ceux des Pies-grièclies, ainsi que leurs œufs, qui diffèrent 
de ceux des autres Corvidés ; chez moi, ils étaient habituel- 
lement au nombre de s.ept. 

Ces Pies mangent de tout : insectes, souris, fruits, vers- 
de farine, pâtée, etc.. Nous ne leur donnions jamais de 
viande. 

La Pie de Cook est gris clair aux parties supérieures ; la 
tête est bleu-noir, avec les joues et la gorge blanches ; le 
dessous du corps est cendré blanchâtre ; les. ailes sont bleu 
pâle, ainsi que la queue, qui est terminée de blanc. 

J'ai insisté sur ces Oiseaux parce que je les ai observés 
pendant des années et que j'ai un faible pour eux. 

Les Pies du genre Pica méritent à peine d'être mention- 
nées ; elles sont toutes des variétés géographiques de noire 
Pie vulgaire, que chacun connaît. Ce sont d'amusants pen- 
sionnaires et d'agréables voleurs en captivité ! Partout, elles 
ont les mêmes mœursi. Leur mode de distribution est assez 
remarquable : par exemple, au Maroc, P. mouritanica est 
très commune à certains endroits, alors que de grandes parties 
du pays en sont dépourvues. 

Pour terminer, nous signalerons un curieux Corvidé aus- 
tralien, que l'on importe quelquefois, Stnithidea cinerea de 
la taille d'un petit Geai, et entièrement gris cendré plus ou 
moins mélangé de brun. 

On trouve aussi, en Australie, des Oiseaux très voisins des 
Corvidés et dont on a fait une famille différente : les Stepera. 
Ce sont de gros Oiseaux noirs ou gris brunâtre, marqués de 
blanc, avec l'aspect d'un Corbeau, mais un bec plus fin. On 
a importé les quatre espèces suivantes : S. gracuUna, arrjuta,. 
versicolor et fuliginosa. 



CHAPITRE III 



LES LORIOTS 

par J. DELACOUR 

Les Loriots (Oriolidœ) sont des Oiseaux d'environ 27 cen- 
timètres (taille du Loriot jaune d'Europe), à pattes courtes, 
à bec fort et presque droit, à queue courte. Le jaune domine 
chez la plupart des espèces ; les jeunes sont rayés. Les Lo- 
riots sont répandus dans toute l'Europe, l'Afrique, l'Asie, 
la Malaisie et l'Australie. Plusieurs sont migrateurs, notam- 
ment le Loriot jaune ordinaire, qui vient d'Afrique nicher en 
Europe. Ils contruisent des nids fort bien faits, en forme 
de coupe, suspendus à de petites branches. Leurs œufs sont 
blancs, pointillés de brun-rouge et de brun-noir. 

Les Loriots vivent par couples, sont purement arbori- 
coles et se nourrissent de fruits mous et d'insectes. En cap- 
tivité, on les nourrit de la pâtée pour insectivores et de 
fruits, auxquels on ajoute quelques insectes vivants. Il est 
préférable de les garder en cage ou en volière chauffée pen- 
dant l'hiver ; on peut les sortir dans une volière en plein air, 
pourvue d'un bon abri, vers la fin de mars. Pour les espèces 
tropicales, il est bon de ne ,les -ortir qu'en mai. Tous les 
Loriots, cependant, s'accommodent bien toute l'année d'une 
cage, surtout ,si c'est nne cage-boîte tenue dans un endroit 
tranquille. 

Chez le Loriot jaune (Oriolus yalbula), le mâle est d'un 
jaune d'or brillant, avec les lorums, les ailes et la queue 
noir profond ; le bec est brun-rouge, les pieds gris, l'œil 
rouge vif. Ce n'est qu'à quatre ans que les mâles prennent 
leur belle couleur ; les jeunes sont brun olivâtre en dessus, 
blanc strié de brun en dessous ; ils deviennent graduelle- 
ment de plus en plus jaunes ; les femelles, vert jaunâtre, 
avec les parties inférieures plus claires tachetées de brun. Le 



LES LORIOTS Qt 

Loriot jaune habite l'Europe, où il niche d'avril à août ; il 
passe l'hiv-er dans le centre de l'Afrique. 

11 existe près de quarante espèces de Loriots réparties dans 
d'Afrique, l'Asie et l'Océanie ; toutes se ressemblent de 
forme et de mœurs ; chez la plupart, le jaune d'or domine ; 
chez d'autres, il est remplacé par le gris, l'olive ou le marron. 

Une demi-douzaine de Loriots exotiques ont été importés 
en Europe jusqu'ici. Nous signalerons d'abord le Loriot Kun- 
doo (0. kimdoo) de l'Inde et du Turkestan, qui ne diffère du 
Loriot jaune ordinaire que par le trait noir prolongé au delà 
de l'œil et moins de noir à la queue ; cette espèce n'est pas 
migratrice. 

Le Loriot de Java (0. înaciikitus) ressemble aux précédents, 
une bande noire partant de?, narines passe par les, yeux et 
encercle la tète ; il est, en outre, un peu plus grand ; sa tête 
et son bec sont plus forts. 

Le Loriot de l'Inde (0. indiens) est presque semblable au 
précédent ; il passe la bonne saison en Chine et en Sibérie 
et l'hiver aux Indes. 

Le Loriot à tête noire (0. melanocephalus) est sédentaire 
dans l'Inde. Il est jaune comme les précédents, avec du noir 
aux ailes et à la queue, mais se distingue par la tête, la gorge 
et le haut de la poitrine complètement noires. 

Le Loriot marron (0. trailli) est nettement différent des 
espèces citées plus haut : sa tête et ses ailes sont noires,, 
mais tout le reste de son plumage est d'un marron rougeàtre 
vif. Cette espèce est rare et se rencontre dans le nord de 
l'Inde. 

Le Loriot vert (Mimeta sagittata) habite l'Australie ; il est 
olive grisâtre en dessus, blanc tacheté de noir en dessous. 

Tous ces Loriots exotiques se comportent en captivité 
comme le Loriot jaune. 



CHAPITRE IV 



LES DRONGOS 

par J. DELACOUR 

Les Drougos constituent une famille très homogène (Dicrii- 
rida"), dont tous les membres sont caractérisés par une taille 
assez forte (de 24 à 3o cm. de longueur totale), un bec fort, 
des pattes courtes et une queue fourchue, un plumage géné- 
ralement noir brillant. Ces Oiseaux habitent le sud de l'Asie, 
il'Océanie et une partie d-e l'Afrique 011 ils sont communs. Ils 
sont insectivores et attrapent le plus souvent leur proie au 
vol ; ils se perchent fréquemment sur le dos des bestiaux. 
Certains possèdent un chant très agréable ; ils construisent 
tdans les arbres des nids en forme de coupe ; sans être réel- 
lement migrateurs, ils se livrent à certains déplacements 
limités. 

Les Drongos sont d'un naturel familier et paisible, et se 
prêtent assez bien à la captivité. On les y rencontre cepen- 
dans rarement, malgré l'étrangeté de leur aspect et "le 
charme de leur voix. Ils vivent bien en cage et ne néces- 
sitent pas d'autres soins ni nourriture que les autres Oiseaux 
insectivores de même taille, tout en restant un peu délicats. 

Nous ne ferons que signaler les quelques espèces de Dron- 
gos qui ont vécu en Europe. 

L3 Chibia hottentota, originaire de l'Inde et de Chine, est 
un gros Oiseau noir à reflets pourprés et verts ; sa queue est 
à peine fourchue et sa tête est ornée d'une huppe de plumes 
longues et fines. 

Le Buchangh as)Simîlis est de taille un peu inférieure au 
précédent, sans huppe. Sa queue est plus longue et nette- 
ment fourchue ; il habite l'Afrique du Sud. 

Le B. cœrulescens, de l'Inde, se distingue par son plumage 
^'ris foncé à reflets bleus et ses parties inférieures blanches. 

L'Edolius forficatus, de Madagascar, tout noir, ressemble 



LES OISEAL\ DE HOYERS IIOUSE qS 

aux précédents, mais possède, à la base du bec. une huppe 
droite de plumes fines. 

Enfin, le Drongo à raquettes {Dissemiiras paradiseus) est 
le plus intéressant de la famille ; il est noir à brillants reflets 
bleus ; sa tête est ornée d'une magnifique huppe de plumes 
recourbées en arrière et sa queue est prolongée par deux 
brins filiformes temiinés par des raquettes. Ce Drongo ha- 
bite l'Inde et vit dans les forets ; il possède un chant magni- 
fique. 

(A suivre). 



LES OISEAUX DE BOYERS HOUSE 
par J. DELACOUR 

C'est dans le comté de Wiltshire (Sud-Ouest de l'Angleterre) 
que M. William Shore Baily a installé ;sa collection d'Oiseaux. 
Parmi les amateurs, M. Shore Baily tient une place toute spé- 
ciale par ses innombrables succès d'élevage. Ce qu'il cherche 
avant tout, d'est à obtenir la reproduction en captivité d'Oi- 
seaux rares ou peu connus, d'observer et de photographier 
leurs nids et leurs jeunes ; il rend ainsi à l'ornithologie de 
très grands services, car les œufs et les jeunes de beaucoup 
d espèces exotiques étaient inconnus avant qu'il les élevât dans 
ses volières. 

Etant donné le but spécial qu'il poursuit, M. Shore Baily 
a construit des volières particulièrement bien adaptées à l'éle- 
vage ; elles sont très vastes et m-unies de grands abris ; leur 
construction est fort simple : cabanes de planches et montants 
de bois peints au goudron, panneaux de grillages garnis de 
tôle ondulée dans le bas. La plupart d'entre elles sont abon- 
damment plantées d'arbustes et de grandes herbes, et traver- 
sées par un ruisseau naturel. Tout cela forme un ensemble 
excessivement sauvage, très propice à la reproduction des Oi- 
seaux qui y trouvent les sites et le calme nécessaires à la nidi- 
fication. Rien n'est sacrifié pour favoriser l'aspect des volières 
au détriment de la tranquillité des pensionnaires ; ce sont uni- 
quement des volières d'élevage, et les (meilleures que l'on 
puisse voir. 



94 l'oiseau 

M. Shore Baily is'intéresse surtout aux petits Oiseaux grani- 
vores ; il possède aussi des Grives, des Perruches, des Echas- 
siers, des Palmipèdes, des Gallinacés, des Colombes et des Ra- 
paces nocturnes. 

Dans une cour attenant à l'habitation, on trouve d'abord six 
volières pour Perruches, chacune de 1 5 mètres carrés environ, 
puis une volière pour Hiboux de plus grandes dimensions. 
Tout près, dans le jardin, deux très hautes volières jumelées 
ont été bâties ; chacune mesure environ 5 mètres de haut, 6 
mètres de long et 3 mètres de large ; elles contiennent des 
Grands-ducs exotiques. Non loin de là, séparé des précédentes 
par une allée, se dresse le principal ensemble de volières. 
Toutes se tiennent, se commandent les unes les autres. 

Ce sont d'abord cinq volières de 25 mètres carrés environ 
chacune ; elles contiennent des Lophophores, de jeunes Epe- 
ronniers, des Cailles et Colins divers, des Colombes et de nom- 
breux petits granivores. Un autre compartiment sert de logis 
à six jeunes Ho-Kis, puis, un peu en contre-bas, deux vastes 
volières, chacune de 3o mètres de long sur i5 de large envi- 
ron, sont habitées par des Tinatmous roux, le couple reproduc- 
teur de Ho-Kis et des centaines de Passereaux de toutes sortes. 

Parallèlement à celles-ci s'étendent deux immenses volières 
de plus de 6o mètres de longueur, avec une largeur de i5 mè- 
tres et une hauteur de 2 m; 5o environ. 

Comme les précédentes, elles sont plantées d'arbustes et 
d'herbes hautes enchevêtrées ; la première contient des Tra go- 
pans satyres, des Colins et toutes sortes de petits Oiseauxi, 
Plocéidés et Fringilles ; la seconde est consacrée à des Eperon- 
niers chinquis, des Tragopans de Cabot, et des Echassiers : 
Spatules, Ibis roses. Combattants, Bécasseaux, Barges, Plu^ 
viers ; quelques Fringilles l'habitent aussi. 

Touchant les volières, se trouvent quatre grands enclos ; le 
premier contient des Bernaches de Magellan ; le second, un 
(couple de Marabouts de l'Inde et des Paons nigripennes ; le 
troisième, des Pintades cornues (Meleagris cornuta), et le qua- 
trième des Demoiselles de Numidie. 

Enfin, M. Shore Baily possède un étang entouré de grillage 
oii vivent une trentaine de Canards exotiques. 

L'installation est complétée par une chambre d'Oiseaux, 
chauffée, servant à faire hiA-erner les espèces qui craignent le 
froid et à rétablir les nouveaux arrivants. 



LES OISEAUX DE BOïERS IIOUSE 96 

Nous pensons que nous ne pouvons mieux faire que de don- 
ner une liste des couples d'Oiseaux que possède actuellement 
M. Shore Baily, sans parler des Oiseaux dépareillés : 

Grand-Duc du Bengale. — Biibo bengalensis. 

G.-D. des Iles Falkland. — B. virginiaTius falklandicus. 

G.-D. tacheté d'Afrique. — B. nwx^itlosus. 

Geais azurés. — Cyanocomx cœruleu\s. 

Grive olivâtre. — Turdus olivaceus. 

G. de Kurrichaine. — T. libonyanus. 

G. draine — T. viscivorus. 

G. tachetée. — Geocichla litsitsirupa. 

Alouette des déserts. — Ammomhnes deserti. 

A. à joues blanches. — Pyrrhvinuda leucotis. 
Moineau du Cap. — Passer arcimtus. 

M. à tête grise. — P. diffusus. 

M. à gorge jaune. — Petronia petroneUa. 

M. chingolo. — Zonotricliia pileata. 

M. des vergers. — PhrygUus frutioeti. 

Chardonneret. — Cardiielis elegans. 

Pinson des Ardennes. — Fringilla montijringilla. 

Linotte à bec jaune. — Linota flavirostris. 

Serin de Mozambique. — Serimis hartlaubi. 

Chanteur d'Afrique. — S. leiicopygius. 

C. à croupion jaune. — S. angoleiuis. 

Gros-bec à tête barrée. — Poliospiza giilaris. 

Bec-croisé. — Loxia curvirostra. 

Diuca. — Diuca mînor. 

Bruant à poitrine jaune. — Emberiza flaviventris. 

B. des rochers. — Frîngillaria tahapisi. 
Astrild à joues noires. — Estrilda erythronota. 
Cordon-bleu. — Urœginthus bengalim. 
Veuve géante. — Diatropnra progne. 

— de Jackson. — Drepanoplectes jacksonî. 

— à collier d'or. — Ste garnira paradisea. 

— en feu. — ColiusiMsser ardens. 

— à collier rouge. — C. laticauda. 

Tisserin d'Abyssinie. — Hypha7}tornis abyssinicus. 

T. de Cabanis. — //. cabain'si. 

T. à le te noire. — H. melanocephala. 

T. monseigneur. — Pyromelana jlammiceps. 



^96 



I, OISEATJ 



'* M. misto.-— <%c«i/s luieiventris. 
' T. oryx. ^— P. oryx. 

T. igiiicolore. — P. p-anciscana. 

T. baya. — Ploceus bam. 

T. mahali. — Plocëipasser nMhali. 

Perroquet de Maximilien. — Pianus maximilioniis 

Perruche perlée. — Pyrrhiira perlata. 

P. des cactus. — Conurus cactorum. 

P. callopsitte. — NynUphicns novœ-hollandiœ. 

P. ondulée. — Melopsittaciis -iindulatus. 

Colombe rousse. — Columbuki talpacoti. 

C. diamant. — Geopelia cuneata. 

C. tigrée. — Spilopeliatigrinn. 

Colin de Californie. — Lophortyx californiens. 

Perdrix d'Egypte. — Hammoperdix heyei. 

Caille plombée. — Synaceus phimheus. 

Lophopbore. — ■ Lophophorus impeyamis. 

Eperonnier chinquis.^ — Polyplectron chinqiiis. 

Faisan Ho-Ki. — Crossoptilon mandchuriciim . 

Tragopan satyre. — Tmgopan satyra. 

Paon nigripennes. — Pavo cristatiis var. nigripennis. 

Pintades cornues. — Meleagris cornuta. 

Demoiselle -de Numidie. — Anthropoides virgo. 

Marabouts. — Lepioiihis erumenifer. 

Spatules blancbes. — Platalea alba. 

Ibis rouge. — • Eiidocimus ruber. 

Pluvier varié. — Sqiiatnrola helvetica. 

Maubèche. — Tringa eamitus. 

Péliane cincle. — T. alpina. 

Barge rousse. -^ Limosa lapponiea. 

Bernache'de Magellan! — Chloëphaga magellanien. 

Canard à bec rose. — Meiopinno peposaea. 

C. siffleur du C\n\\.— Mnreea ehiloensis. 

C. siffleur huppé. ^ Brnnia rufinn. 

C. carolin. — Aix sponsa. 

Parmi les Oiseaux qui se sont reproduits à Boyers House au 
cours de ces dernières années, nous citerons les intéressantes 
espèces suivantes : -, 

Moineau du Cap. ^-Passer arciiatus. 
M. des Vergers. '■ — Phrygihis fruticeti. 



Société Nationale <r Acclimatation 
" L'OISEAU " 



Pl. V 

1928 




MARABOUTS DE L'(NUE (LeptoUlus javanicus) 




GHIVE DRAINE ET SO\ NID 

{Turdus viscivorus) 



LES OISEAIX DE BOYERS IIOUSE gj 

Petit et grand Clianteur,-i de Cuba. — EueUtia canora et 

lep'ida. 
Diuca. — Diaca minor. 

* Verdier de Chine. — LigaiHmis sinica. 

* Bouvreuil noir. — Melopyrrha nigm. 
Linotte à bec jaune. — Liiiota flaviroslris. 
Tarin du Sikhim. — Hypocanthis spinoides. 

* Alouettes à joues blanclies. — Pyn-hiilaiida leiicotis. 

* Serin soufré. — Serinus siilphwatus. 
Cordon bleu. — Urœginthiis bengaliis. 
Diamant de Gould. — Poephila gouldiœ. 

'^ Tisserin taha. — PyronMana taha. 

* T. nain. — Sitagra hiteola. 

Perruche omnicolore. — Platycercus eximius. 

* P. à joues grises. — Conurus oculan's. 
P. alexandre. — Paleornis alexandri. 
Colombe picui. — Cohimbiila picui. 
C. diamant. — Geopelia ciineata. 

C. zébrée. — G. striata. 

C. tranquille — G. tranquilla. 

C. à oreillons. — Zenaida auriculata. 

C. à masque de fer. — Œna capensîs. 

C. tigrée. — Spilopelia tigrina. 

* Pigeon carpophage vert. — Sphenocercus sphenurus. 
Colin de Californie. — Lophortyx californica. 

* Colin hybride écaillé x Californie. — L. sqiiaruniafn x L. 

californien. 

* Colin du Mexique. — Ortyx mexicana. 
Caille de jungle. — Perdicnla asiaticu. 

* Caille plombre. — Synaceus plumbeus. 
Eperonnier chinquis. — Polyplectron chinquis. 
Faisan Ho-Ki. — Crossoptilon mandchuriciim. 
Tragopan satyre. — Tragopnn satyra. 

Paon nigripenne. — Pavo cristatus imr. nigripennÏ!!. 
Pintade cornue. — Meleagris cornuta. 
Bernache de Magellan. — Chloephaga magellanica. 
Canard à bec rose. — Metopiana peposaca. 

Les espèces dont le nom est marqué d'un astérisque ont 
été élevées pour la première fois en Europe par M. Shore 
Bail y. 



BETES Eï GENS D'AUTREFOIS 

LES TOURTERELLES DE LA DUCHESSE DE BOURGOGNE 
par Maurice LOYER 

Ce jour-là, 3i janvier 1077, Is duc de Bourgogne, Philippe 
le Hardi, était de passage à Paris. 

Suivant une coutume encore respectée par nos hôtes prin- 
ciers, il n'avait manqué, dès son arrivée, de se rendre chez 
ses fournisseurs parisiens, afin d "y régler ou faire des achats 
et des commandes. 

Après avoir payé à maître Gabriel Festinant, orfèvre, un 
« fermail » d'or semé de pierreries et de perles, dont il avait 
fait cadeau à sa nièce Bonne de Berry, pour le jour de -ses 
épousailles avec Amédée de Savoie, il était ensuite passé chez 
Colas Crétot, mal-stier, à qui il avait commandé « neuf 
grandes malles de chairs et deux malles de sommiers », puis 
chez Jean de Surseul, hanapier, où il avait fait emplette de 
trois (( hanaps de madré », et enfin chez Jean Boule, orba- 
teur, à qui il avait acheté 3 « mars d'or battu », destinés à 
dorer le (( charriot )) de sa femme, la duchesse Marguerite, et 
que Jean de Beaumetz, artiste dijonnais, était alors occupé 
à décorer de peintures (i). 

Le duc quitta donc son logis parisien de l'Hôtel d'Artois, 
monté sur un coursier noir, «ntouré de valets à la livrée rouge 
et verte, qui était celle de Bourgogne. ]X)ur aller rendre visite 
à son frère, le roi de France, en l'Hôtel Saint-Pol. 

L'(( Hôtel solennel des grands esbattements », ainsi que 
Charles V dénommait, sa résidence, n'était pas un palais, 
ou un château-fort ; c'était un vaste domaine formant un 
quadrilatère dont les limites seraient aujourd'hui la Seine, 
les rues Saint-Paul, Saint-Antoine et Pute y Muce (Pétit- 
Musc). H renfermait, outre celui du roi et de la reine, de 
nombreux logis réservés aux princes du sang et aux hauts 



(i) V. E. Prost. — Inventaires mobiliers et extraits des comptes des ducs de 
Bourgogne. Leroux, éditeur, i902-i()o/i. 



LES TOURTERELLES DE LA DUCHESSE DE BOURGOGNE 99 

l'onclioiinaires. le tout enlouré de grands et beaux jardins. 
Le souverain, qui était d'humeur peu voyageuse, y vivait 
en châtelain campagnard, attentif aux soins que les jardi- 
niers donnaient aux plantes qui décoraient ses huit grands 
jardins, aux arbres fruitiers qui ombrageaient ses galeries, 
aux treilles qui entouraient les préaux et aux animaux qui 
peuplaient les cages, les colombiers et les galliniers. Il aimait 
à cueillir, lui-même, en été, les cerises de sa cerisaie, en 
automne, les fruits dorés du jardin aoix Carmes et goûtait 
fort les beaux poissons du vivier du préau du Sauvoir et les 
œufs et les chapons de ses « gelinières ». 

Le duc mit pied à terre devant la porte du quai des Crles- 
tins et pénétra dans l'enceinte royale. Celle-ci s'ouvrait sur 
un préau, formé d'une pelouse rectangulaire, entourée d'une 
haie d'arbustes taillés et de tonnelles faites de lattes entre- 
croisées. Celles-ci se terminaient aux quatre coins par de 
petits pavillons treillages, surmontés d'une grosse ponniie, 
qui supportait une girouette aux armes de France. 

Mais, en cette saison, le jardin royal était sans fleurs, les 
arbustes et les treilles avaient perdu leur garniture de feuil- 
lage, le froid était vif. aussi le duc pénétra sans plus tarder 
sous la galerie qui menait au logis du roi. 

Cette galerie mérite une courte description, car Charles V 
l'avait fait somptueusement décorer en la dédiant à la reine. 
Supportée pai' des colonnes de pierres, elle était adossée à un 
mur sur lequel l'imagier du roi avait peint une forêt mer- 
veilleuse aux arbres vénérables dont les hautes branches se 
perdaient dans la voûte, laquelle était d'azur. Sous ces grands 
arbres, l'artiste avait figuré des arbrisseaux : poiriers, pom- 
miers, cerisiers, pruniers chargés de fruits, tandis qu'à leurs 
pieds fleurissaient des lys, des roses et toutes sortes de menues 
fleurs ; des jeunes enfants se jouaient de ci. de là, en cueil- 
lant les fleurs ou en mangeant les fruits (i). 

Le duc accorda un regard distrait à ces peintures qu'il 
connaissait déjà et pénétra aussitôt dans l'hôtel royal. 

Quel fut le sujet de l'entretien des deux frères, nous som- 
mes obligé d'avouer notre ignorance à ce sujet et cela, du 
reste, n'a guère d'importance. Toutefois, connaissant leurs 



(i) V. Salval. — Histoire et reclierctics des antiquités de la VUle de 
Paris, t. II. pp. 18G et 28/i. 



lOO L OISEAU 

goûts, nous aimons à croire quil y fut autant question de 
bètes que de gens. 

Philippe de Bourgogne avait, dans ses divers cliàleaux, de 
nombreux animaux sauvages ou domestiques et, d'autre pari, 
chacun sait que Charles V possédait, en l'hôtel Saint-Pol, 
dans le préau de la fontain,e, une maison pour ses grands 
Lions, une autre pour les Lionceaux ; une troisième était ré- 
servée aux Sangliers ; qu'il avait également des volières peu- 
plées d'Oiseaux indigènes, et jusque dans sa chambre une 
cage octogone, faite de fil d'archal tressé, peinte en vert et 
qui renfermait un Perroquet, le Papegaut du Roy. Mais il 
était une autre merveille que Charles ne pouvait manquer de 
montrer à son frère, c'étaient les Tourterelles blanches, les 
Oiseaux préférés du Roi, qui les avait fait installer dans une 
chambre près de la sienne et aimait fort à aller les regar- 
der ; il leur offrait des graines et les beaux Oiseaux blancs, 
devenus familiers, voletaient autour de lui, se perchaient sur 
ses épaules et venaient prendre la nourriture que leur tendait 
'la main royale. 

Charles les prisait si fort qu'il les avait confiés aux soins 
d'un gardien spécial, .Teliannin d'Amiens, qui portait le titre 
envié de garde des (( Turturelles blanches du Roy ». 

C'est qu'en effet ces Oiseaux au plumage immaculé étaient 
fort rares à cette époque. Les amateurs du XIV^ siècle pou- 
vaient avoir en cage les Tourterelles de nos bois, voire même 
les Tourterelles rieuses, espèce africaine encore peu connue ; 
mais elles étaient bien loin de rivaliser avec les Colombes 
blanches que seuls les hauts personnages se flattaient de 
posséder. 

Les Tourterelles avaient la bonne fortune de symboliser 
aux yeux de nos aïeux la fidélité conjugale et la virginité. 

Les Pères de l'Eglise avaient déjà célébré leurs vertus. 
Saint-Ambroise ne disait-il pas qu'elles étaient l'emblème de 
la chasteté du corps (immaciilata corporis castimonia) et l'on 
prétendait qu'une fois accouplés, ces tendres Oiseaux ne pou- 
vaient plus être séparés, sous peine d'en mourir ; symboles 
de pureté, de fidélité dans la foi conjugale, les Tourterelles 
jouissaient donc de toutes les faveurs. 

Mais ceci n'a rien qui puisse surprendre. Nos a'ieux du 
Moyen-Age étaient amoureux des choses de la nature et si 
ce culte a perdu de son intensité dans les siècles qui l'ont 



LES TOLRTERELLES DE LA DUCHESSE DE BOLUGOGNE lOI 

suivi, c'est que le citadin s'est renfermé dan< les villes et a 
perdu tout contact avec les bêtss qui, jadis, vivaient si nom- 
breuses autour de lui. 

Le Moyen-Age, qui orna nos cathédrales avec toute la faune 
et toute la flore de la terre de France, dont les imagiers et 
les sculpteurs ont fait vivre, sur l'or de* parchemins ou dans 
les plis de la pierre, les fleurettes de la plaine ou les bêtes des 
bois, tous, citadins ou villageois, nobles ou vilains, aimaient 
hètes et fleurs et les connaissaient, tandis que la Renaissance 
et le siècle de Louis \IV s'éloignèrent de la nature en pré- 
tendant la dom.estiquer. 

Mais que dire alors des animaux albinos, de l'intérêt et 
de la curiosité qu'ils inspiraient aux gens du XIV*' siècle ; et 
ceci s'est perpétué de nos jours : chacun sait ce que vaut un 
Merle blanc ! (i) 

Les Tourterelles blanches ne pouvaient manquer d'exciter 
la curiosité des amateurs d'Oiseaux de cette époque — et ils 
étaient nombreux — car la candeur de leur plumage ajoutai! 
une valeur nouvelle aux qualités que possédaient déjà, de 
l'aveu de tous, leurs congénères grises ; aussi les grands sei- 
gneurs brùlaient-il's tous de posséder quelques-uns ds ces jolis 
Oiseaux. 

Le roi n'en offrit pas au duc Philippe ! 

Celui-ci. cependant, l'audience terminée, s'en fut présenter 
ses devoirs à son aïeule, la vieille reine Blanche de Navarre, 
veuve depuis i35o du roi Philippe de Valois et qui habitait 
également l'enclos de l'hôtel Saint-Pol. 

Elle possédait, elle aussi, une chambre de Tourterelles 
blanches, mais en bonne grand mère qu'elle était, elle fit 
à Philippe de Bourgogne, la 'surprise de lui offrir un couple 
de ces précieux Oiseaux. 

Au cadeau royal, le duc répondit le lendemain en re- 
mettant un pourboire princier au valet qui lui apporta les 
deux Oiseaux immaculés. 

Les comptes de la maison de Bourgogne nous apprennent 
qu'il fut octroyé lo fr. au porteur des Oiseaux ; non pas 
lo fr. de papier ou même d'argent, inais lo fr. d'or pesant 
chacun 3 gr. ^ d'or fin. 

(i) En 1887, le comte de Xevers offrit un Corbeau blanc à la duchesse de 
Bourgogne. 



I02 L OISEAU 

A cette époque, celait une petite fortune. La magnificence 
ducale prouve toute l'importance du don, si Ion veut bien 
se souvenir qu'à celte même date, une Poule \alait i sou, le 
cent d'œufs 6 sous, que l'on avait un Mouton pour i4 sous 
et un Porc pour une livre tournois. 

En bon époux, le duc Philippe décida d'offrir les Tourte- 
relles blanches à sa femme, Marguerite de Flandre, alors 
grosse de leur quatrième enfant et qui était à Dijon. Il chargea 
donc un serviteur de confiance de les lui porter et celui-ci 
fit à pied la rouie de Paris à la capitale du duché de Bour- 
gogne. 

Nous ignorons la date de son départ, mais nous connaissons 
celle de son arrivée, car c'est le lo mai que le trésorier* du duc 
lui compte les 4 fr. 5 sous tournois, prix de son voyage, mais 
nous aimons à croire que pour long qu'il fut, celui-ci ne dura 
pas trois mois. 

Voici donc les Oiseaux blancs parvenus au terme de leur 
voyage. 

Non pas, car lorsque la belle saison fut venue, la duchesse 
qui les affectionnait, les fit transporter en son château de 
Rouvres, à 12 km. de Dijon, où elle se plaisait à faire de 
fréquents séjours. 

Marguerite de Flandre tenait ce domaine de son premier 
mari, le dernier des ducs de Bourgogne de la première race. 
Philippe de Rouvres, mort jeune en lui laissant sa fortune. 

Le château, ainsi que l'étaient toutes les demeures féo- 
dales à cette époque, était entouré de larges fossés remplis 
d'eau, sur laquelle deux Cygnes mettaient la note blanche 
de leur plumage. 

Un pont-levis unissait le château et les jardins, qui étaient 
formés de pelouses et de parterres au dessin régulier, entou- 
rés d'allées soigneusement remplies de « grèves », c'est-à- 
dire de cailloux tirés de l'Ouche, rivière qui coulait non loin 
de là. Des tonnelles garnies de rosiers et d'autres plantes 
grimpantes, ornaient les angles de chacun de ces parterres, 
où les deux frères Jehan le Coutiller, les jardiniers de la du- 
chesse, cultivaient les lis, ainsi que la sauge, la lavande, 
l'hysope, la pervenche et la violette, simples fleurs que 
fournissaient les prés d'alentour. 

'Nous sommes loin des merveilles florales dont la science et 



Lies TOUUTERELLES DE LA DUCHESSE DE BOUUGOG.NE lo3 

l'habilelé de nos botanistes et de nos liorticulleurs a doté 
les jardins du XIX® et du XX® siècles. 

Un clair ruisseau serpentait au travers des pelouses doni 
l'bsrbe soigneusement faucbée et ramassée, servait à la jon- 
chée et c'était sur ce lit de foin coupé, recouvert d'un drap, 
que la première duchesse de la chrétienté aimait, aux beaux 
jours, à reposer, ainsi que ses enfants (i). 

La semaine d'avant Pâques fleuries, Marguerite de Flandre 
faisait garnir de plantes nouvelles les parterres de ses jar- 
dins, puis semer les graines nécessaires au jardin potager : 
pois, bettes, épinards. aulx, poireaux, raves, fèves, oignons, 
laitues, persil, etc., planter les fraisiers pris à la forêt voisine, 
bêcher la terre autour des groseilliers et des arbres fruitiers 
de ses vergers et de ses espaliers. La liste de ces arbres nous 
est parvenue : entes de poiriers* et pommiers de Parmeigney, 
de Calnaul. de Fransuraul, de Saint-Règle, de Blanduraul et 
de Girondot, poirier sucré, angoises, poires lardées, francs 
mûriers, cerises aigres, pêchers, aloingniers blancs et rouges, 
pruniers dudaliers, figuiers et même des oliviers (2). 

Plus loin, la maison Dedalus, sorte de dédale ou de laby- 
rinthe, offrait aux promeneurs la surprise de l'enchevêtre- 
ment de ses allées bordées d'arbrisseaux tirés de la forêt 
prochaine. 

Mais c'est dans le château même, non loin de la chambre 
à parer ou grande pièce d'apparat, que la duchesse de Bour- 
gogne fit placer ses Tourterelles. C'était une chambre d'Oi- 
seaux. Il y avait déjà là un Perroquet et des douzaines de 
Chardonnerets et de Tarins. Les Tourterelles blanches y fu- 
rent placées dans ime grande cage de bois peint sauf sur la 
façade qui était garnie de petits barreaux de bois. Quatre 
petites portes s'ouvraient sur les côtés pour donner la nourri- 
ture aux Oiseaux, le plancher de la cage était mobile. Celle-ci 
avait coûté 18 gros (sous) et le menuisier ou chappier avait 
passé 9 jours à la confectionner. 

Marguerite de Flandre et son mari avaient la passion des 
bêtes. Sans compter les Oiseaux de fauconnerie, ils possé- 
daient un Lieupard ou Guépard, qui leur avait été offert en 

(i) Et. Picard : Les Jardins du ctiâteau de Rouvres. Mémoires S" Eduenne 
nouvelle série t. XXII. 

(2) Arch. de la Côte d'Or B. 11.671, f. 3o6, \° 807 v. Prost. Inv. des Ducs 
de Bourgogne i, note 3 p. 187. 



io4 l'oiseau 

1875, par Jean Galéas Yiscouti, comte de Vertus, et qui vécut 
en semi-liberlé, au moins jusqu'en i383, puisque l'on trouve 
jusqu'à cette date le maître du Lieupard figurant parmi 
les valets du duc. 

C'étaient des Cerfs et des Biches, pris dans la forêl, un 
Beivre ou Castor, cadeau du Grand prieur de Champagne, 
des Paons qui promenaient orgueilleusement, sur Iss pelou- 
ses, l'écrin de leur plumage, diapré de mille couleurs, des 
Gélines gréoises (ou de Grèce), sans doute des Poules sultanes 
et, enfin, au poulailler, des Poules et des Oies grasses de 
Flandre, orgueil des bonnes maisons ! 

j,La duchesse Marguerite aimait assister aux ébats de tous 
ces animaux et l'imagination se plait à la représenter, pré- 
cédée de ses grands Lévriers, accompagnée de Coquerie, sa 
folle, parcourant ses jardins ef visitant les volières et les cages 
de ses Oiseaux préférés. 

Ainsi les heures passaient, au château de Rouvres, où Mar- 
guerite de Bourgogne se plaisait à vivre, avec ses jeunes 
enfants, au milieu des fleurs odorantes et des animaux fami- 
liers, parmi lesquels les Tourterelles blanches tenaient une 
plaie de choix, car elles avaient, ainsi que nous l'avons dit, 
le précieux privilège de symboliser, aux yeux de la duchesse, 
la pureté d'un amour partagé et la constance de la foi con- 
jugale. 



EXP( )S1TI0N-C0NC0L RS D'OISEAUX 
DE CAGE ET DE VOLIÈRE DE VERVIERS (BELGIQUE) 

par le comte E. de ROUGÉ 

(Fin) 

Nulle part, certes, dans mes nombreux voyages et parcours 
en Europe, je n'ai trouvé réunis un aussi grand nombre 
d'amJs des Oiseaux de cage. Vienne, capitale de l'Autriche, 
célèbre jusqu'à la guerre par l'amour de l'Oiseau, semble au- 
jourd'hui accablée sous le poids de l'infortune. L'Oiseau, ob- 



EXPOSITION-CONCOURS DOISEALÏ DE CAGE ET DE VOLIKHE 105 

jet de luxe, a disparu ou presque de son commerce. Le prix 
des pâtées et des cages, joint au souci de vivra, ont conduit 
l'Autriciiien à ce triste résultat. Chez les oiseleurs du ïyrol 
eux-mêmes, rares sont aujourd'hui les Oiseaux à vendre. Le 
Rossignol et le Sprosser, bon marché pour l'étranger, sont 
devenus à peu près inabordables pour l'indigène. Aussi les 
jolies petites cages si délicates, si artistiques et si bien com- 
prises des amateurs tyroliens sont vides de leurs hôtes ou ren- 
i'erment quelque Canari (animal pour lequel, je l'avoue, j'ai 
un certain mépris peu réfléchi, mais semblable à celui que 
m'inspire une Souris blanche). 

Munich, à peine remise des secousses de sa révolution n'a 
pas repris non plus le sens de l'Oiseau et ses marchands n'ont 
rien à offrir... 

Yei-viers, petite ville industrielle de Belgique endommagée 
et apauvrie cependant par l'occupation allemande, a repris, 
elle, en même temps que son énergique désir de vivre, son 
ardent amour de l'ami emplumé. 

Et cet amour jusqu'ici exclusivement consacré à l'Oiseau 
indigène va s'étendre à tous les Oiseaux du globe ! Nous trou- 
vons, en effet, à cette belle exposition, des Canaris saxons 
(ordinaires et panachés), des saxons verts, des saxons huppés, 
des saxons blancs, des saxons blancs huppés, des « waters- 
lagers )) jaunes, panachés, huppés, verts, des « Norwich )>, des 
« Yorkshires », des Harzer verts et divers métis de ces diffé- 
rentes sortes. 

Les exotiques sont représentés par des sujets peu nom- 
breux mais bien choisis : Petit Tisserin, Tisserin masqué, 
Tisserin Cap-moor, Grand Cap-moor : Combassou ; Veuves à 
collier d'or et dominicaine ; Ignicolore ; Travailleur ; Bec de 
corail ; Bengalis à joues oranges, cordons-bleus, piquetés ; As- 
Irid amarante ; Xonne : Bec de plomb ; Bec d'argent ; Cou 
coupé ; Moineau du .lapon clair et foncé ; Mandarin ; Padda 
gris et blanc ; Serin de Mozambique ; Chanteur d'Afrique : 
Monseigneur ; Pape de Leclancher, de la Louisiane ; OrtoLui 
des Indes ; Rossignol du .lapon eî enfin un Aigle bateleur 
d'Afrique — un des rares spécimens vivant en Europe. 

Et maintenant, compatriotes qui me lisez, permettez-moi 
d'attirer votre attention sur les exemples que nous donnent 
les aimables amateurs de Verviers. Etudier et aimer l'Oiseati, 
l'entourer de soins, créer des variétés nouvelles par hybrida- 



io6 l'oiseau 

tiou, rechercher et classer les altérations de plumage, récom- 
penser, au moyen de prix très scnjpuleusement décernés par 
un jury sévère, les Oiseaux dont le plumage impeccable et les 
plumes entières attesteront les soins reçus : telles sont les 
directives de. nos amis belges appliquées avec persévérance et 
aussi avec un remarquable sens, d-'organisation. Après Ver- 
vigrs,, Hervé, après Hervé, Dicon, puis encore Yer\'iers et 
enfin Liège verront successivement des jurys, animés du 
même esprit, appliquer les mêmes méthodes et récompenser 
les «fforts faits dans le même sens. Comment le zèle des ama- 
teurs ne serait-il pas excité ainsi à toujours mieux faire !... 
Cette succession de concours permet aussi à un exposant de 
réparer un échec par un succès subséquent et de ne pas se 
décourager. 

Avant de ])arler de l'exposition-concours de Hervé, que j'ai 
également visitée, je signalerai ici quelques cas intéressants 
d'aberraiion de plumage observés à l'exposition de la Société 
ornithologique de l'est de la Belgique... Les voici : Pinson 
d'Ardenne très marqué de blanc au coi-ps ; Linotte lavée de 
café au lait ; Merle tacheté de blanc au-dessus du croupion ; 
Alouette des champs à front blanc (i). Comme métis figu- 
raient divers sujets issus de Verdier x Canari, Pinson x Ca- 
nari, Chardonneret x Canari, Tarin x Canari Linotte x Ca- 
nari, Tarin x Venturon. 

Je rappellerai aussi pour mémoire les magnifiques collec- 
tions de nids d'Oiseaux du pays, que possède la Société. Ces 
collections furent prêtées très aimablement par elle à notre 
concours parisien de igiZi, dont le succès a été considérable ; 
elles figurèrent dernièrement à Spa, au Casino. M. Hentz, de 
Verviers, modeste savant donl la S(nence des nids est remar- 
quable, a\.iil disposé très artistement dans la salle, un fac- 
simili de petit étang entouré de bouquets d "arbustes dans 
lesquels tous les nids de nos Oiseaux indigènes avaient trouvé 
une place rigoureusement exacte. Le défilé des admirateurs 
et des curieux ne cessa pas durant toute cette exposition. 



(i) Les amatrurs d'aberration de plumages peuvent m"écriro à Paris, 
(".3, rue de l;i Faisanderie, iG« ; je transmettrai leurs demandes et peut- 
clve obtiendrai je qu'elles soient satisfaites, bien que les amateurs préfè- 
rent, en général, conserver ces raretés. — E. de R. 



LE GEAI VERT A TÊTE BLEUE DU VENEZUELA 

(Xanthura cœruleocephald) 
par F. de LACGER 

Tous ceux qui ont eu l'occasion de visiter régulièrement 
les magasins de vente des naturalistes, surtout ceux du port 
de Bordeaux, connaissent le Xanthura qui nous est vendu 
sous la dénomination de Geai vert à tête bleue. 

La caractéri'Stique très particulière de cet Oiseau consiste 
en une petite huppe de plumes qui se trouve au-dessus du 
bec, leur extrémité se recourbant plutôt a ers la pointe ; le 
bleu d'outremer en est la nuance, une ligne de plumes 
blanches sépare celle-ci du dessus de la tête qui est égale- 
ment bleu, mais un peu plus clair ; ce bleu se prolonge sur 
l'occiput. Les joues jusqu'au-dessus des yeux, et en arrière 
de ceux-ci, le dessous du bec et la gorge sont noir de char- 
bon ; au-dessous, une autre triangulaire. Tout le dessus du 
corps est vert vaguement lavé sous divers angles de lumière 
de reflets bleuâtres ; le dessous est jaune. Celui-ci pâlit 
beaucoup après un séjour prolongé en cage. Le dessus de 
la queue est vert bleuâtre, le dessous est jaune. Le bec est 
noir, l'œil jaune, les pattes grises. 

Comme tous les Geais, cet Oiseau a une belle tenue ; son 
agilité, sa souple.sse extrême, ses attitudes si variées, son 
activité permanente le rendent très intéressant et en font 
un hôte des plus agréables. 

En volière, il m'a paru être assez peu résistant, comme 
toutes les variétés, du reste, de ces Geais américains. 

Depuis longtemps le marché en avait été dépourvu ; j'en 
avais possédé à deux reprises différentes autrefois ; mais 
leur passage dans ma collection avait été malheureusement 
de courte durée ; ces sujets, malgré leur apparence robuste, 
leur bel état, avaient rapidement disparu, succombant à un 
mal inconnu devant lequel l'amateur reste impuissant et 
désolé. 

\ers la fin de 1920, j'eus la bonne fortune de recevoir un 
mâle de cette espèce, très beau, en parfait état, mais extrê- 
mement sauvage, à tel point, qu'aussitôt dans sa nouvelle 
demeure, il se jeta d'un côté à l'autre, pour, finalement, 
s'accrocher à un de ses barreaux, s'y brisant net une patte, 



io8 l'oiseau 

juste au-dessous du coude. On plaça sa cage le plus haut 
possible dans la pièce chauffée où il était destiné à passer 
l'hiver et on se borna uniquement à lui donner à manger 
et à boire le plus rapidement possible. 

Trois semaines après environ, la patte était remise et il 
n'y paraissait plus. 

Depuis, ce Geai s'est largement assagi ; 11 est devenu un 
Oiseau de cage, si l'on peut s'exprimer ainsi, bien stylé, 
c'est-à-dire propre, docile, n'abîmant jamais son plumage 
qui reste dans le plus parfait état. Sa familiarité est même 
devenue très grande ; il suffit de s'approcher de sa cage pour 
le voir accueillir le doigt qu'on lui présente avec ou sans 
friandise, par des attitudes variées qui le rendent infiniment 
drôle. Il se redresse alors de tout son haut, danse sur son 
bâton, sans abandonner celui-ci, hérisse les plumes de ses 
flancs, ouvre le bec, roule les yeux ; en un mot il veut pren- 
dre un aspect impressionnant. En même temps, il étale les 
plumes de sa queue, ce qui est d'un très joli effet ; celles du 
dessus forment une raie verte sur le jaune de celles du des- 
sous ainsi mises en éventail. Puis, brusquement, changeant 
de manière, il serre, au contraire, son plumage contre le 
corps, ce qui le rend extrêmement mince et effilé ; pendant 
quelques secondes, il reste immobile, la tête aplatie, la queue 
horizontale, le dessus du corps tout à fait horizontal aussi, 
ce qui lui donne l'aspect d'un Oiseau mal naturalisé ; il se 
met ensuite à jacasser sans arrêt, en jetant alternativement 
le haut de son corps à gauche et à droite. 

La faculté d'imitation de ce Geai est très grande, com- 
plète même à l'égard de certains de ses voisins. C'est ainsi 
qu'il a adopté les divers cris si particuliers d'une Pie Geng, 
dont la cage voisine avec la sienne depuis deux ans, et cela 
de façon si complète qu'on ne saurait dire quel est celui de 
ces Oiseaux qui a crié, si on ne les observait pas en même 
temps. 

Les diverses espèces de ces Xanthura m'avaient paru déli- 
cates jusqu'ici ; pour le moment, cet Oiseau, au contraire, 
a l'air plutôt robu.'^te ; il a bien mué en 1931, entre juillet 
et fin août ; en 1932, il a remplacé les grandes plumes de 
sa queue en février ; en septembre seulement, il a mué en- 
tièrement, .sauf des plumes caudales, qu'il n'a changées 
qu'en décembre pour la seconde fois. 



LE GEAI VEUT X TETE BLEUE DU VENEZUELA. I OQ 

C'est seulement en 1932 que je lui ai vu perdre et rem- 
placer complètement les plumes de sa petite huppe. 

Sa nourriture est très variée ; elle consiste, comme base, 
en un mélange de pommes de terre, œufs, pâtée Duquesne 
et œufs de fourmis secs ; de temps en temps, pain au lait ; 
souvent, de la viande crue. Il aime beaucoup aussi les bis- 
cuits secs, dits petits beurres, le fromage de gruyère, le 
miel, etc.. Bien entendu, il affectionne surtout les insectes 
irais, les guêpes et abeilles surtout. Le maïs, l'avoine même 
lui sont agréables ; il consomme assez du premier de ces 
deux grains ; si on veut le régaler, il faut lui donner la 
bouillie des Souï-Mangas. Tous les fruits ou baies lui sont 
bons ; en été, les baies de sureau lui paraissent excellentes ; 
les raisins lui sont donnés à discrétion. 

Le sable lui est nécessaire, ainsi que la terre un peu hu- 
mide, dont il paraît très avide, surtout si on l'en prive depuis 
un certain temps. 

L'eau lui est également indispensable pour le bain (ju'il 
pratique quotidiennement, quelle que soit la température, 
et à heure fixe, toujours l'après-midi. 

La sensibilité au froid de cette espèce paraît assez grande ; 
dans la journée, si la température baisse trop, ces Geais se 
réchauffent par des mouvements presque perpétuels ; ils fu- 
rètent partout dans leur cage pour en trouver les interstices 
destinés à cacher les aliments de choix qu'ils ne peuvent 
absorber entièrement. Mais, contrairement à ce que l'on voit 
chez les Geais en général, jamais je n'ai vu mon Oiseau emma- 
gasiner dans sa gorge les provisions de grains, de viande 
ou autres, qu'il désirait dissimuler. 

Parfois ces Oiseaux sont turbulents, à tel point qu'il faut 
attacher mangeoires, baignoires, bâtons, faute de quoi, 
quelques minutes après la toilette quotidienne de la cage, 
tout gît au fond de celle-ci. Il y a même des sujets insup- 
portables ; j'en ai eu un qui ne pouvait supporter la cage ; 
dès qu'on l'y mettait, en quelques secondes, il arrachait 
toutes les plumes de ses flancs ; il fallait alors le sortir. 
Remis en volière, cette mauvaise habitude cessait ; placé à 
nouveau dans une prison étroite, il se livrait à un épilage 
en règle. 

Cette fois, heureusement, mon Geai, au contraire, est un 
Oiseau de cage des plus agréables, des plus intéressants, un 



L OISEAU 



des pensionnaires lavoris que l'on redoute toujours de per- 
dre, parce que si on a l'assurance, avec une forte dose de 
patience, de trouver à les remplacer un jour, on n'a pas la 
certitude d'avoir la bonne fortune de mettre à nouveau la 
main sur un sujet ayant des qualités aussi rares. Les Oiseaux, 
en effet, diffèrent entre eux jmr le caractère autant que les 
êtres humains, et ce n'est pas peu dire. 

Les femelles se trouvent aussi parfois dans les arrivages ; 
nul doute qu'après avoir acclimaté et... civilisé ces Oiseaux 
par un séjour très prolongé en cage, on arriverait à en 
obtenir la reproduction. La pratique m'a appris que, con- 
trairement à ce qu'on pouvait croire, ce sont les Oiseaux 
de cage vieux de deux ans et même plus qui donnent parfois 
les meilleurs succès. 



CHRONIQUE ORNITHOLOGIQUE 

Le Marquis de Tavistock nous écrit : 

(( Je possède en liberté un mâle de Perruche à croupion 
« rouge qui déteste toutes les femelles depuis que je l'ai 
« séparé d'une Bonnet-bleu, qu'il a élevée, il y a trois ans, 
« à laquelle il était très attaché. J'ai essayé de le mettre avec 
« plusieurs femelles, aussi bien Croupion-rouge que Bonnet- 
te bleu, mais il les dédaigne toutes. Il y a quelques semaines, 
(( je lâchai une autre femelle Croupion-rouge, dont le mâle 
(( avait été tué. Elle s'obstina à s'attacher au célibataire ; 
(( tout d'abord, il s'enfuit loin d'elle, mais c'était inutile ; 
« alors il l'attaqua et essaya de la chasser ;mais elle continue 
« à le suivre partout où il va, et il se fatigue tellement de la 
(( chasser, que je crois, qu'en fin de compte, il se résignera 
« à l'inévitable et l'acceptera pour épouse. Les Oiseaux sont 
<( parfois curieusement humains ! J'ai enfin découvert com- 
(( ment conserver les Ondulées en liberté. La première chose 
« est d'obtenir quelques paires vraiment rustiques qui ont 
(( passé l'hiver dehors. On les habitue bien à l'endroit, puis 
« on les lâclie, quelques-unes à la fois, vers la fin d'avril. Il 
(( faut suspendre un grand nombre de bûches, avec les trous 
(( d'entrée juste as'sez grands pour une Ondulée ; cela est très 
(( important : si elles nichent dans des cavités naturelles, 
« on a trop de pertes à l'automne ; si les trous sont 



CHRONIQUE ORNITHOLOGIQUE 1 1 I 

« trop grands, elles répugnent à s'en servir, ou si elles s'en 
« servent, les Inséparables (s'il y en a en liberté) y entrent 
« et tuent femelles et jeunes. Pour éviter cela, on doit mellre 
« du grillage autour du trou, de façon à ce qu'il ne puisse 
« pas être agrandi. Au début d'octobre, on commence à rat- 
« traper les Oiseaux ; ces dernières couvées peuvent être pri- 
« ses au nid, et les parents continueront à les nourrir ; les 
« jeunes survivent rarement s'ils sortent plus tard que sep- 
« tembre, et les parents commencent à devenir inquiets et 
« à penser à émigrer vers cett3 époque. 

« La même méthode réussit avec les Inséparables, mais il 
« est encore plus important de les habituer aux nichoirs arti- 
« fiiciels avant de les lâcher ; le plus grand ennui, avec 
(( elles, réside dans leurs combats continuels à propos des 
« nichoirs. » 

* ^ 

* * 

M. H. Darviot nous écrit : 

« Vous me demandez pour les lecteurs de l'Oiseau la recette 
détaillée de ma nourriture pour insectivores en cage. Je 
viens vous la donner avec plaisir. 

« Je commence par faire un mélange de 2 kilos dœufs 
de fourmis secs, i kilo d'éphémères et i kilo de poudre de 
viande de première qualité ; celle-ci ne doit pas être en 
poussière, mais légèrement grumeuse. Le mélange est fait 
une fois pour toutes et bien homogène. 

« Chaque soir, on mélange environ i/5 de carottes râpées, 
4/5 de ce mélange, et quand c'est bien malaxé, on serre le 
tout en un bloc qui passe ainsi la nuit. La quantité de ca- 
rottes râpées à employer doit être telle que le lendemain 
matin, le mélange, lorsqu'on désagrège le bloc, soit un peu 
trop humide. 

(( Chaque matin, cette composition est mélangée elle-même 
avec la suivante : 

« J'ai des déchets de gaufrettes de première qualité (gau- 
frettes sans confiture) ; je les fais moudre grossièrement, 
et,, surtout, pas en farine. Je me procure du fromage blanc 
bien sec, dont on me fait la provision une fois par semaine, 
le jour du marché. On prend une partie de ce fromage et 
on le mélange avec environ six parties de la poudre de gau- 
frettes ; on malaxe le tout ensemble jusqu'à ce qu'il n'y ait 



112 L OISEAU 

plus aspect de gaufrettes ni IVomagc. Je fais faire ce mé- 
lange deux l'ois par semaine. 

(( Pour im insectivore très délicat genre Hypolaïs, on donne 
le premier mélange seul. 

.« Pour im insectivore moins délicat type Rossignol, on 

donne 1? premier mélange, mélangé par moitié avec le second. 

(( Pour un insectivore plus robuste, tel que le Rouge-gorge, 

on le donne mélangé par un tiers du premier et deux tiers 

du second. 

« Pour toutes les Fauvettes, on donne un quart du pre- 
mier et trois quarts du second. 

(( Pour les Grives ou Merles suffit un sixième du premier 
et cinq sixièmes du second. 

« Je donne aux Oiseaux en volière le mélange pour Fau- 
vettes et tout le monde est content. La volière" reçoit en 
outre, chaque matin, le résidu de toutes les cages mélangé 
avec de la pâtée fraîche. » 

Etant donnée la très grande expérience de M. Darviot, 
nous ne pouvons que conseiller fortement d'essayer sa re- 
cette. 

* * 
Pour compléter son étude sur le Loriot, IM. Darviot nous 
a envoyé la note suivante, qui n'a malheureusement pas pu 
être incorporée à l'article lui-même. 

(( Evidemment, l'écueil désagréable à vaincre est la sau- 
vagerie folle du Loriot. Pour faire un Oiseau agréable en 
cage ou en volière, il faut être doué d'une grande patience ; 
son caractère est tellement indomptable, que j'ai été mis 
])hisleurs fois dans l'obligation de replacer la cage où elle 
se trouvait précédemment, parce que l'Oiseau se laissait sim- 
plement mourir de faim ; et ce n'est qu'après plusieurs tâ- 
tonnements que j'arrivais à lui faire accepter un nouvel em- 
placemenl. 

Erratum. — Volume IV, n° 3, page ,^7, lire : Un exem- 
plaire, que possédait Sir William Ingram et qu'il gardait 
dans une grande cage, accomplissait sa parade sous l'obser- 
vation la plus indiscrète. 

L'Imprimeur-Gérant : G. LANGLOIS. 

C!IATE\l ROUX. - • I>II'. L.\>GL01S. 



Société Nationale d Acclimatation 
" L'OISEAU " 



Pl V. bis 
1923 




P. magnifique 



PARADES DE PARADISIERS 
P. bleu 



Petil-Emeraude 



P. royal 



Socielé I\'ationa/e d'AccHïnaLitioii. 
L'OISEAU 



PL. VI 

1923 




Drongo a raquettes 
(Uissemuriis paradiseiis) 

.Merle bronzé vert 
(Laruprucolnis chalyheus) 

Loriot jaun'e Grand Mainate 

{(Jiiolus galbula) (Eulahes javaneiisis) 

Martin des Pagodes 
( Temeniichiis paooda?iim) 



LES OISEAUX 



(0 



CHAPITRE V 



LES ÉTOURNEAUX 

par J. DELACOUR 

Trois familles voisines peuvent être réunies sous le vocable 
général d'Etourneaux ; ce sont : les Etourneaux et les Mar- 
tins {Stunùdic), les Meinates et les Merles bronzés ou mé- 
talliques (Ealabetidœ) et les Pique-Bœufs (Buphagidœ). Tous 
ont une assez grande similitude d'aspect et de mœurs. Ce 
sont des Passereaux de taille assez forte, dont celle de l'Etour- 
neau ordinaire peut être prise comme moyenne (longueur 
totale : 23 centimètres). Le bec est généralement long, assez 
mince, mais fort, les pattes hautes, les ailes longues et la 
queue courte, à quelques exceptions près. Leur plumage est 
souvent assez sombre, mais varié, ou orné de reflets métal- 
liques. Leur voix est généralement puissante, rauque et désa- 
gréable, mais plusieurs genres montrent un penchant très 
marqué à imiter les chants des autres Oiseaux et les divers 
bruits qu'ils entendent ; certains fournissent d'excellents 
parleurs et rivalisent avec les meilleurs Perroquets. 

Les Etourneaux sont abondamment distribués dans l'An- 
cien Monde : Europe, Asie, Afrique et Océanie. Ils manquent 
complètement en Amérique, oià les Troupiales {Icteridae) les 
remplacent. 

D'une façon générale, les Etourneaux vivent en troupe et 
sont extrêmement sociables ; ils fréquentent volontiers les 
lieux habités et cultivés ; certains même, comme les Mar- 
lins, habitent les villes. 

D'un naturel confiant et entreprenant, curieux et parfois 
impudents, ils ne sont nullement farouches s'ils ne sont 
pas inquiétés. 

Les Etourneaux sont plutôt omnivores ; les insectes, les 

(i) V. rOiseau, vol. IV, h"' i, 2 et 3. 

l'oisevl". — 1923. 4 



ii4 l'oiseau 

fruits et les baies forment la base de leur nourriture, mais 
ils mangent parfois, bien que rarement, d'autres aliments, 
et jusqu'à des graines. Les Sturnidde vivent plutôt sur le sol, 
alors que les Eiûabetidse préfèrent les arbres. 

Ces Oiseaux nichent dans les creux des arbres, parfois dans 
les fentes des murs ou des rochers et sous les toits, 
mais certains Merles bronzés, en particulier, construisent des 
nids sur les arbres. Leur ponte est généralement de 4 à 
7 œufs ; l;i coloration la plus répandue est le bleu clair uni 
chez les Sturnidse, tacheté chez les Eulabetidœ ; l'incuba- 
tion dure douze jours environ et les parents se remplacent 
sur le nid ; les jeunes naissent nus, sauf quelques touffes 
de long duvet, et quittent le nid vers l'âge de 22 jours. Beau- 
coup d'espèces sont plus ou moins migratrices. 

Les Etourasaux sont tous d'excellents Oiseaux de volière, 
gais, vifs, amusants et singuliers ; les mimiques qui accom- 
pagnent leur chant sont très divertissantes ; quelques-uns, 
à cause de leur don pour apprendre à siffler et à parler, cons- 
tituent même de bons Oiseaux de cage, malgré leur taille 
un peu foiie : tels sont les divers Meinates, et quelquefois 
les Martins et les Etourneaux ordinaires ou Sansonnets. 

Certaines espèces peuvent parfaitement supporter le climat 
moyen d'Europe toute l'année, pourvu qu'elles aient un abri 
et ce ne sont que les espèces les moins robustes qui 
doivent être tenues en hiver dans un local chauffé. Les Etour- 
neaux vrais et les Martins comptent parmi les plus rusti- 
ques, alors que les Meinates et Merles métalliques sont plus 
sensibles au froid. 

En cage, 'es Etourneaux devront être tenus avec une mi- 
nutieuse propreté ; ce sont de gros mangeurs et ils salissent 
beaucoup : de plus, ils ont besoin de se baigner fréquem- 
ment ; ils devront avoir des cages de grandes dimensions. 

Les volières en plein air, pourvues d'un bon abri, convien- 
nent fort bien à tous les Etourneaux, du mois d'avril à 
novembre. T,es espèces les plus délicates seront rentrées en 
hiver dans des volières intérieures ou des chambres d'Oiseaux 
légèrement chauffées ; une température de 10° à lô** est 
suffisante. On peut en réunir ensemble un grand nombre, 
si l'installation est assez vaste, et les associer à d'autres 
Oiseaux de force à peu près égale et d'habitudes analogues, 
tels que les Troupiales, les Grives, etc.. Il est dangereux de 



LES ETOURNEAUX II.) 

les placer au nàlieu d'Oiseaux plus faibles qu'eux, car, sans 
être essentiellement méchants, ils taquineraient souvent leurs 
compagnons. 

Les volières pour Etourneaux seront plantées d'arbustes 
el de gazon, que ces Oiseaux ne détériorent pas ; elles seront 
pourvues de forts perchoirs et garnies de bûches creuses et 
de nichoirs divers. 

Les Etourneaux se contentent de la nourriture pour omni- 
vores que nous avons indiquée dans l'introduction, c'est-à- 
dire de pâtée, de riz cuit, de fruits et d'un peu de viande. 
Il va sans dire que les insectes vivants leur sont très salu- 
taires. 

Lorsque l'on veut obtenir la reproduction de ces Oiseaux, 
il est préférable d'isoler les couples dans des volières tran- 
quilles, bien pourvues de nichoirs ; ils peuvent cependant 
nicher en société ; pour élever les jeunes, il est indispen- 
sable de leur fournir une très grande quantité d'insectes 
vivants, surtout d? Sauterelles. A cette condition, leur éle- 
vage ne présente pas de difficultés. Ce sont surtout les Mar- 
tins qui se sont reproduits en captivité, mais certains Merles 
métalliques ont été également élevés. 

Un très grand nombre d'espèces d 'Etourneaux ont été 
importées vivantes en Europe et sont ou ont été l'ornement 
des volières. Nous allons les passer en revue. 

A — ETOURNEAUX ET MARTINS 

(Stuniidêe) 

L'Etourneau vulgaire ou Sansonnet (Stwmis vulgaris) est 
trop connu pour que nous insistions sur lui. C'est un bon 
Oiseau de cage, intelligent et familier ; il apprend parfaite- 
ment à siffler et même à parler ; son seul défaut est sa pétu- 
lance, qui le rend souvent importun. On a parfois importé 
quelques espèces asiatiques qui ne diffèrent que très légè- 
rement du Sansonnet d'Europe. 

Les Martins sont des Oiseaux asiatiques, souvent impor- 
tés, qui constituent d'excellents Oiseaux de volière ; voici 
quels sont les principaux genres et espèces. : 

Les Spodiopsar de l'Inde, Indochine, Chine, Japon et Si- 



L OISEAU 



bérie, sont de taille moyenne ; leurs joues sont complète- 
ment emplumées ; leur plumage est de teinte générale assez 
claire où le beige et le gris clair dominent sur le corps, alors 
que les ailes, le dos et la queue sont de nuances plus foncées. 
Parmi les espèces les plus connues, qui ont été importées 
en Europe, citons : S. cineraceiis et S. sericeus, de Chine 
et du Japon, .S. cambodianus, S. blythi, S. hirmanicus, 
S. malaharicus, S. andamensis ; ces trois dernières espèces 
ont été élevées en captivité. 

Le Martin-Pie (Sturnopastor contra) est très commun dans 
l'Inde ; il est terrestre et présente la particularité de nicher 
sur les arbres. Il est un peu plus gros que l'Etourneau ; 
son bec, très pointu, est blanc avec la base orange. Son 
plumage est brun en dessus sur le corps, marqué de blanc et 
de noir aux ailes, gris vineux pâle en dessous ; la queue est 
noire ; la tête et le cou sont noirs, avec une large tache 
blanche sur les joues ; une peau nue et orange entoure l'ceil. 
Le Martin-Pie est un Oiseau de volière très rustique. Le 
Martin-Pie de Java (S. jalla) diffère du précédent par la 
coloration jaune de la peau nue qui entoure les yeux, qui. 
s'étend davantage en arrière. 

Ici se place le curieux Porte-Lambeaux [Crealovhora ca- 
runculatd), le seul Sturnidé d'Afrique avec l'Etourneau ordi- 
naire. On le rencontre depuis l'Abyssinie et l'Angola, et il 
s'étend vers l'Est jusqu'en Arabie ; il vit en troupe comme 
les Etourneaux d'Europe. Ces Oiseaux nichent sur les arbres 
et se nourrissent surtout de Sauterelles. Les femelles et un 
grand nombre de mâles ont la tête emplumée ; leur plumage 
est gris-brun pâle, plus pâle encore en dessous du corps ; 
la queue et les ailes sont brun très foncé à reflets verts ; la 
peau nue qui entoure l'œil est vert jaunâtre ; celle des côtés 
du menton, grise. Les mâles en habit complet, qui sont 
assez rares (on ne sait à quel âge, ni pour quelles raisons, il. 
est revêtu), ont la moitié de la gorge et de la tête dénudée et 
couverte de caroncules érectiles, noires en avant, jaunes en 
arrière, du plus étrange effet. Cet Oiseau a été quelquefois 
importé. 

Le Martin rose (Pastor roseus) hiverne dans l'Inde et" 
niche dans l'est de l'Europe et l'ouest de l'Asie ; il est connu 



LES ETOURNEAUX II y 

comme un grand destructeur de Sauterelles. De la taille de 
l'Etourneau, mais plus lourd ds forme, le mâle, en été, a 
le corps rose ; sa tête, pourvue d'une longue huppe, retom- 
bant en arrière, est noire de même que le cou, Is haut de 
la poitrine, les ailes et la queue ; les mâles, en hiver, et les 
femelles, ont les parties noires mélangées de gris-brun ; le 
rose est plus terne. Les Martins roses sont de bons Oiseaux 
de volière, tout à fait rustiques, mais bruyants et balourds. 

Le Martin de Chine (Sturnia sinensis) est un joli petit 
Oiseau de i8 centimètres de longueur. Son plumage soyeux 
est cendré clair passant au blanc et lavé parfois de. roux pâle ; 
les grandes plumes des ailes sont noires ; celles de la queue, 
noir bordé de blanc. La femelle est d'un gris moins clair 
et plus terne. Cet Oiseau habite la Chine et Formose, et passe 
l'hiver en Indochine, au Sian^ et à Malacca. 

C'est un ravissant Oiseau de volière, qui s'est reproduit 
en France et en Allemagne. 

Le Martin des Pagodes (Temenuchus pagodarum) est l'un 
des plus jolis Sturnidés que l'on puisse, de temps à autre, 
se procurer sur le marché. De taille un peu plus faible que 
l'Etourneau ordinaire, il possède une livrée assez brillante : 
tête noire, ornée d'une longue huppe retombant sur le cou ; 
parties supérieures gris bleuté ; parties inférieures d'un beau 
châtain rosé, avec les parties anales blanches ; queue noire 
terminée de blanc ; pieds jaunes, bec jaune au sommet, 
bleuté à la base. Cet Oiseau a des habitudes plus terrestres 
que les genres précédemment mentionnés et habite l'Inde. 
C'est un bon Oiseau de volière, où il s'est reproduit. 

Les Graculipica diffèrent du genre précédent par une huppe 
très réduite et des zones nues plus étendues en arrière de 
l'œil. Ils sont de taille supérieure. 

Le Martin à cou noir (GracuUpica nigricollis) habite la 
Birmanie, l'Indochine et la Chine ; il est de couleur géné- 
rale brun grisâtre, tacheté de blanc aux ailes et à la queue ; 
la poitrine et le ventre sont blancs, ainsi que les joues, 
la gorge et le bonnet, alors que le cou est noir ; bec, brun- 
rouge, pattes et peau nue de la face, jaunes. 

Le Martin à ailes noires (Graculipica melanoptera) , de 
Java, est entièrement blanc, avec les ailes et la queue noires. 



ii8 l'oiseau 

le bec, la peau de la face et les pattes jaunes. C'est un très 
bel Oiseau de volière, peu importé malheureusement, car il 
vit longtemps et il s'est reproduit en captivité. 

Nous arrivons maintenant au groupe des Martins vérita- 
bles, appartenant aux genres Acridotheres et Mthiopsar. Ils 
sont caractérisés par uns touffe de plumes plus ou moins 
développées, sur le front ; les Oiseaux du premier genre pos- 
sèdent une zone dénudée autour de l'oeil, alors que ceux 
du second ont la face entièrement emplumée. 

Le Martin triste {Acridotheres tristis) est originaire de 
, l'Inde, où il est très commun, en particulier dans les villes ; 
il a été introduit à Madagascar, à Maurice, à la Réunion, etc., 
où il s'est beaucoup multiplié ; c'est un Oiseau de forte 
taille (25 cm.), haut sur pattes, d'un brun vineux à reflet 
cendré, tournant au noir sur la tête, le cou et le haut de la 
poitrine ; les ailes sont de la même couleur que le corps, 
avec les pennes primaires blanches à la base et les couver- 
tures primaires blanches, le ventre et le dessous de la queue 
blancs ; quand l'Oiseau vole, cela produit des bandes blan- 
ches dans les ailes, du plus joli effet ; la queue est noire, 
avec les plumes médianes terminées de blanc ; bec, peau 
nue de la face et pattes jaunes. Ce Martin est très robuste, 
très gai et constitue, comme tous ses congénères, un bon 
Oiseau de volière ; il s'y reproduit facilement ; il apprend 
parfois à siffler et à parler. 

Le Martin ou Merle à lunette (Acridotheres ginginianus) 
diffère du précédent par une taille moins forte, une colora- 
tion générale gris ardoisé, avec la tête noire, les ailes et la 
queue de même couleur, mais où des marques fauves claires 
remplacent les marques blanches de l'espèce précédente ; le 
bec et la peau nue de la face sont rouge orange, les pattes 
jaunes. Il se reproduit souvent en volière et c'est un des 
plus jolis Martins. 

Les Martins du genre /Etiopsar, dont les joues sont emplu- 
mées, diffèrent peu des précédents. 

Le Martin brun (/Etiopsar fuscus) habite la plus grande 
partie de l'Inde. Il ressemble fort dans ses habitudes au 
Martin triste, mais vit dans les parties boisées ; il est un peu 
plus petit et d'un gris-brun roussâtre, avec la tête, les ailes 
et la queue semblables à celles du Martin triste. 



LES ÉTOUR.NEAUX MQ 

Le Martin de Java (/Ë. javanicus) diffère du précédent par 
sa taille un peu supérieure et sa teinte grise s étendant sur 
la tête. Le Grand Martin [/E. grandis), de Cochinchine, de 
Siam et de Malaisie, atteint presque la taille du Marlin trists ; 
il. est tout noir, marqué de blanc aux: ailes et à la queue ; 
sa huppe, à la base du bec, est très développée ; bec et pattes 
jaunes. Le Martin huppé (/i,'. cristateUus) , que l'on trouve 
en Chine el aux Philippines, ressemble au précédent, mais 
est encore plus grand, a la huppe moins développée et le 
bec jaune très pâle. 

B. — MAINATES ET MERLES MÉTALLIQUES 

(Eulabetidœ) 

Les Oiseaux de cette famille se distinguent surtout des 
Etourneaux proprement dits et des Martins par des mœurs 
plus arboricoles, leurs œufs tachetés et la présence de poils 
sur les narines. 

Les Meinates forment un groupe homogène de gros Oiseaux 
(25 à 32 cm.), noir brillant, avec des taches blanches aux 
ailes semblables à celles des Martins ; leur pattes sont plus 
courtes et leur bec plus épais que chez les Martins, de cou- 
leur jaune orange ; de plus, des caroncules de peau jaune 
garnissent la tête, du dessous de l'œil à la nuque. 

Les Meinates habitent les forets, le plus souvent sur les 
montagnes ; ils se nourrissent de fruits et descendent rare- 
ment à terre ; ils nichent dans les creux des arbres. Ce sont 
des Oiseaux sédentaires. Les différentes espèces de Mainates 
ne se distinguent guère que par la taille et la disposition des 
caroncules de la tête. Toutes constituent d'excellents Oiseaux 
de cage, de naturel paisible et familier, que leur talent pour 
imiter la parole, les sifflements et les divers bruits qu'ils 
entendent, rend des plus divertissants ; ils sont robustes et 
omnivores. En volière, ils réussissent également, mais leurs 
allures sont assez lourdes. 

L'espèce la plus fréquemment importée est le Meinate 
religieux, du sud de l'Inde (Eulabes reUgiosus), dont la taille 
atteint 25 centimètres. Ses caroncules sont très développées 
et flottent sur la nuque. Le Meinate intermédiaire (E. inter- 
TYiedia), qui habite une partie de l'Himalaya, la Birmanie, 



120 L OISEAU 

la Malaisie et la Cocliinchine ; il est un peu plus fort que le 
précédent, et en diffère par ses caroncules moins développées 
sur la nuque et plus étendues sous l'œil. Le Meinate de 
Ceylan {E. ptilogenys), de la taille du premier, ne pos- 
sède que deux caroncules sur la nuque. Nous citerons enfin 
le Grand Meinate (E. javanensis), qui habite toute la Ma- 
laisie, et ressemble au Meinate religieux, en différant surtout 
par une taille supérieure (82 cm.). C'est le meilleur parleur 
et siffleur de la famille et le plus recommandable comme 
Oiseau de cage. 

Quelques genres voisins des Meinates, rarement ou jamais 
importés, méritent d'être mentionnés : tels sont les Etour- 
neaux chauves des Philippines (Sarcops calviis), curieux 
Oiseaux gris et noir, dont la tête dénudée est rose chair ; les 
beaux Mino et Melanopyrrhus, de Nouvelle-Guinée, noir mé- 
tallique et jaune d'or ; le Meinate couronné ( Ampeliceps 
coroîmtiis), de Birmanie et de Cochinchine, tout noir, avec 
le dessus de la tête et la gorgs jaune d'or. Tous ces Oiseaux 
demandent, en captivité, les mêmes soins que les autres 
Meinates. 

Nous arrivons maintenant à un groupe d'Oiseaux ds grande 
beauté et d'intérêt exceptionnel pour lamateur : les Merles 
métalliques ; chez ces Oiseaux, le vert, le bleu et le violet à 
reflets chatoyants dominent. , 

Un premier groupe de ces Oiseaux habite l'Océanie, la Ma- 
laisie, et une espèce se rencontre même dans le sud de l'Inde 
et de l'Indochine. 

Les Aplonis sont de taille un peu inférieure à celle de 
l'Etourneau ; en général, les mâles sont gris-noir à reflets 
métalliques, les femelles, de teinte plus claire ; les diffé- 
rentes espèces habitent de nombreuses îles, sont très rare- 
ment importées et offrent peu d'intérêt. 

Les Stournes (Lamprocorax) sont de beaux Oiseaux à la 
queue étagée et à plumes lancéolées, brillamment colorés de 
vert et de pourpre métalliques. Le bec est renflé sur le dessus 
et les pattes assez courtes. Les jeunes ont le dessous du corps 
strié de gris et de blanc. On importe parfois le Stourne bronzé 
(L. metaUica) du nord de l'Australie, de Nouvelle-Guinée et 
des îles voisines ; il est entièrement vert métallique varié de 
pourpre ; son œil est rouge ; sa taille atteint 20 centimètres. 



LES ETOUUNEAUÏ l 2 \ 

Le Stourne métallique du sud de l'Inde et de Malaisis (L. cha- 
lybea) lui ressemble, mais est d'un vert plus uniforme et 
de taille inférieure. Les Stournes sont très intéressants en 
captivité en raison de leur magnifique plumage, mais exi- 
gent plus de soins que la plupart des Etourneaux ; ils crai- 
gnent le froid et demandent une nourriture plus choisie. 

Le second groupe comprend les Merles métalliques pro- 
prement dits, qui sont presque tous africains. Ils représen- 
tent sur ce continent les Etourneaux d Europe et d'x\sie et se 
comportent comme eux ; ils sont toutefois moins terrestres. 
Ces Oiseaux sont très abondants dans toute l'Afrique à partir 
du Sénégal et de l'Abyssinie. 

Les Etourneaux améthystes (Çiniiyncinclus leucogaster) 
sont des Oiseaux de petite taille (17 cm.j, dont la livrée est 
magnifique : tout le corps est violet métallique à reflets mor- 
dorés, à l'exception du bas de la poitrine et du ventre, qui 
sont blanc pur. L'espèce présente deux formes : au nord de 
l'Equateur, on rencontre le C. L leucogaster, alors qu'au 
sud. on trouve le C. l. verreauxi, qui se distingue du précé- 
dent par une marque blanche sur les plumes, extérieure? de 
la queue. Les Etourneaux améthystes étaient fort rares en 
captivité jusqu'à ces dernières années ; seul un mâle de la 
forme du Nord avait figuré au Jardin .Zoologique de Londres. 
Depuis 1920, un assez grand nombre d'Oiseaux de la forme 
méridionale ont été importés. Ils supportent bien la capti- 
vité et se contentent du régime des omnivores ; il est bon 
de les abriter quand vient la mauvaise saison. 

Tous les Merles bronzés, dont le plumage est entièrement 
vsrt, bleu ou violet métallique, peuvent être considérés 
comme appartenant à un même genre : Lamprotornis. 

On rencontre d'abord des espèces dont la queue est longue, 
caractère exceptionnel chez les Etourneaux ; le plus souvent 
importé et le mieux connu est le Merle bronzé à longue 
queue (L. caudatus), d'Afrique occidentale ; il atteint près 
de 5o centimètres de longueur, dont 27 pour la queue, qui 
est violet pourpre ; la tête est noir pourpré ; les ailes, très 
développées, et le corps sont aussi vert métallique, avec des 
points plus foncés et des reflets bleus, œil jaune ; bec et 
pattes noirs. 



122 ]. OISEAU 

Le Merle à longue queue est un superbe Oiseau de volière, 
rustique et vigoureux ; mais il est dangereux pour ses com- 
pagnons de force inférieure ; son ramage est rauque st désa- 
gréable. Il est rarement importé. 

On a également introduit le Merle bronzé à ailas pourpres 

(L. porphyi'opterus), de l'Est africain, de petite iaille, dont 
la queue ne dépasse pas i6 centimètres ; le Merle bronzé de 
Meves (L. mevesi , du Sud-Est et du Sud-Ouest, d'une colo- 
ration générale bleu métallique, avec une queue de 21 cen- 
timètres ; le Merle bronzé de Burchell (L. austraUs), de 
l'Afrique du Sud, dont la queue ne mesure que i5 centi- 
mètres et chez lequel domine le bleu et le vert. 

Puis viennent des espèces à queue courte, dont la plus 
connue est le Merle bronzé vert (L. chalybeiis) ; il est vert 
métallique, avec la région parotique et les petites couvertures 
des ailes bleues, ainsi que les côtés et les cuisses. L'œil est 
jaune,- le bec et les pattes noirs. Il mesure 25 centimètres. 
On voit aussi souvent sur le marché le Merle bronzé aux 
yeux rouges (L. sycobius), qui est presque identique au pré- 
cédent, mais de taille plus faible, et le Petit Merle bronzé 
(L. chloroptcrus) , d'un vert plus uniforme, avec les yeux 
jaune orange, qui ne dépasse pas 18 centimètres de longueur. 
Ces trois Merles sont abondants dans presque toute l'Afrique 
tropicale, notamment au Sénégal ; ce sont d'excellents et 
magnifiques Oiseaux de volière, robustes et sociables, et qui 
se sont reproduits en captivité. 

Le Merle bronzé pourpre (L. purpiireus) dépasse tous les 
précédents en beauté. Sa tète et le dessous de son corps sont 
d'un magnifique violet, tandis que les ailes et le dos sont 
vert et bleu métallique ; la queue courte est violette, bleue 
et verte ; la tête est plus forte que chez les esi>èces précé- 
dentes ; l'œil, énorme, est .jaune 'd'or, bec et pattes noirs. 
Il atteint la taille du Merle bronzé vert et habite l'Afrique 
Occidentale. Il se comporte en captivité comme les autres 
Merles bronzés. Signalons encore les espèces suivantes, qui 
ont été parfois importées et diffèrent par la distribution du 
bleu, du violet et du vert dans le plumage : L. acuficaudus, 
L. piirpiireiceps, L. phœnicopterus, L. chnlcurus, etc.. 



LES ÉTOURNEAUX 123 

Les Spréos diffèrent des Merles bronzés en ce que le des- 
sous du corps est de couleur différente de celle des parties 
supérieures. Le Spréo de Hildebrandt (Spreo hildebrandti), 
de l'Est africain, est bleu-vert métallique en dessus, châtain 
en dessous ; il vit bien en volière et y a pondu. Le Spréo 
à ventre orangé (Spreo piilcher) est un peu plus grand et 
plus vif de couleurs que le précédent ; il habite l'Afrique, 
du Sénégal à lÂbyssinie ; il vit bien en captivité. 

Tout récemment ont été importés d'Abyssinie des Spi'eo sii- 
perbus, splendide espèce verte et bleue en dessus, roux orange 
en dessous, avec les parties anales blanches et une bande de 
même couleur sur la poitrine séparant le vert métallique du 
roux orangé. 

Le Merle à ailes rousses (Amydrus morio) est bleu d'acier, 
avec les rémiges primaires rousses ; il atteint 28 centimètres 
et habite l'Afrique du Sud. De nombreuses espèces afri- 
caines voisines, et le Merle de Tristan qui habite la Pales- 
tine et le Sinaï, se rapprochent beaucoup de cette espèce, et 
comme elle, réussissent bien en captivité ; mais le peu 
d'éclat de leur plumage n'encourage pas à les importer. 



C — LES PIQUE-BŒUFS 

(Buphagidœ) 

On n'importe guère les Pique-Bœufs, dont le plumage est 
terne. Mais il? valent d'être signalés en raison de leurs 
mœurs. Ils comprennent deux espèces : celle à bec jaune 
(Buphaga africana) et celle à bec rouge (B. eijthrorhyncha) ; 
ce sont des Oiseaux bruns, de 24 centimètres environ, à gros 
bec renflé ; mais ce qui les distingue, c'est leur genre de 
vie : ils se tiennent constamment sur de grands Mammi- 
fères : Rhinocéros, Buffles, Antilopes, et les bestiaux qu'ils 
débarrassent de leurs parasites et qu'ils avertissent des dan- 
gers par leurs cris ; parfois même, ils font des trous dans 
les peaux des animaux et boivent leur sang. A notre con- 
naissance, on n'a jamais importé de Pique-Bœufs en Eu- 
rope. 



CHAPITRE VI 



LES TROUPIALES 

par J. DELACOUR 

Les Etourneaux et les Loriots sont remplacés en Amérique 
par une famille qui est particulière à ce continent : les Trou- 
piales {Icte7-id.cc). Ces Oiseaux sont apparentés à la fois aux 
Etourneaux, aux Passereaux et aux Plocéidés, mais, comme 
mœurs et comme taille, c'est des premiers qu'ils se rappro- 
chent le plus ; ils n'en diffèrent véritablement qu'en ce 
qu'il leur manque la première rémige de l'aile. On peut 
encore les distinguer à leurs allures plus saccadées, à leur 
bec souvent plus pointu et plus anguleux, enfin à leur plu- 
mage 011 domine presque toujours soit le noir brillant, soit 
le rouge orange ou le jaune, ne montrant jamais trace de 
bleu ou de vert franc. Certains Troupiales, en outre, dépas- 
sent de beaucoup la taille des plus grands Etourneaux et se 
rapprochent par là des Corbeaux. 

Cette famille comprend des Oiseaux ayant les habitudes 
les plus variées. Certains sont purement arboricoles et des- 
cendent rarement à terre ; d'autres, au contraire, passent leur 
vie à courir sur le sol et ne se perchent jamais : les uns 
nichent en colonies dans les roseaux et construisent un nid 
en forme de coupe ; d'autres (la plupart) construisent de 
curieux nids en forme de bourses pendantes, soit en société, 
soit isolés ; d'autres, enfin, pondent dans les nids des autres 
Oiseaux et imitent les moeurs parasitiques du Coucou. Leurs 
œufs, à fond bleu, blanc ou beige, sont irrégulièrement ta- 
chetés. Certains possèdent un chant très brillant, alors que 
d'autres ne font entendre que des sons rauques et discor- 
dants. 

Quelques espèces de Troupiales émigrent au printemps 
pour nicher dans les régions froides, mais la plupart sont 
sédentaires ou erratiques dans les parties tropicales ou sub- 
tropicales de l'Amérique. Comme chez les Etourneaux, il 



LES tuoupiai.es I a5 

s'y trouve des Oiseaux de monlague, de lorèls et de plaines, 
d'aucunis qui aiment les régions retirées, d'autres qui fré- 
quentent les lieux cultivés et même vivent autour des habi- 
tations. 

Comme les Etourneaux, les Troupiales sont omnivores et 
se nourrissent généralement de fruits et d'insectes ; certains 
mangent aussi des graines. 

La plupart des Troupiales sont d'excellents Oiseaux de 
cage et de volière. Presque tous ont de brillantes couleurs ; 
beaucoup s'apprivoisent aisément, ont un cliant agréable, 
que quelques-uns même améliorent en apprenant à siffler ; 
aus^i constituent-ils des Oiseaux de cage de premier ordre, 
qui sont très appréciés dans leurs pays d'origine. Ils se con- 
tentent du régime des omnivores, comme les Etourneaux, 
mais la plupart exigent davantage de fruits. Ils sont plus 
su.sceptibles au froid et un peu moins rustiques que ces 
derniers. Cependant, ils sont d'un entretien facile, à condi- 
tion d'être rentrés dans un local chauffé d'octobre à la fin 
d'avril. Jusqu'à présent, ils se sont rarement reproduits en 
captivité. On les installera en volière et en cage, comme les 
Etourneaux. 

On trouve souvent des Troupiales sur le marché et nom- 
breuses sont les espèces qui ont décoré nos volières. Nous 
les passerons en revue en les répartissant en cinq groupes, 
d'après leur aspect, leurs habitudes et leur genre de vie. 



A — LES CASSIQUES 

Les Cassicpies sont de gros Oiseaux, arboricoles pour la 
plupart, chez lesquels le noir et les nuances sombres domi- 
nent ; leur bec est orné d'une plaque ou expansion frontale 
plus ou moins développée. Ils nichent, le plus souvent, en 
colonies et construisent sur les grands arbres des nids en 
forme de longues bourses admirablement tressées. 

Certains Cassiques mesurent A8 centimètres de longueur, 
dont 18 seulement pour la queue, et ressemblent à des Cor- 
beaux. La plupart ont un don pour imiter les cris d'animaux, 
les sifflets et toutes sortes de bruits ; ils exhalent une forte 
et désagréable odeur de musc. Les petites espèces, dont la 
taille est encore supérieure à celle de l'Etourneau, sont très 



126 l'oiseau 

recherchées dans leurs pays d'origine, en raison de leur 
talent d'imitation ; on en voit en cage dans presque chaque 
maison. Ils ne semblent pas jouir de la même popularité en 
Europe, où ils ne sont qu'assez rarement importés, sans qu'on 
puisse en imaginer la raison. Ce sont les plus faciles à nour- 
rir de tous les Troupiales, le riz cuit formant la base de 
leur alimentation. 

Le Grand Cassique de Montézuma (Gymnostinops mon- 
tezumœ) a été parfois importé du Mexique. Il mesure 48 cen- 
timètres. ; le dessus du corps est marron ; la tête, noire, ainsi 
que la gorge, passent graduellement au marron foncé sur 
la poitrine ; queue jaune, noire au milieu ; bec noir et jaune. 

Le Grand Cassique huppé (Ostinops decumanus) est noir, 
avec le croupion et le bas du ventre marron, et les côtés 
de la queue jaunes ; le bec, énorme, est blanc, les yeux 
bleus, les pattes noires. On le trouve de Panama au Brésil. 
Le Grand Cassique vert (0. viridis) a vert olive les parties du 
corps qui sont noires chez l'espèce précédente ; le bec est 
jaune ; il habite les Guyanes, le bassin de l'Amazone et 
l'Equateur. 

Le Cassique à dos jaune (Cassicus persicus) est très com- 
mun dans toutes les parties boisées de l'Amérique du Sud, 
du sud du Brésil et de la Bolivie jusqu'à la Colombie. Il vit 
par bandes nombreuses et anime les forêts et les plantations. 
Ses colonies de nids sont un des attraits du pays ; il les 
établit souvent près des habitations. En captivité, c'est 
un Oiseau charmant par sa familiarité et son talent d'imi- 
tateur. Son plumage est joli : il est noir, avec le dos, le bas- 
ventre, une partie des ailes et de la queue jaune d'or ; bec 
blanc et œil bleu. Le Cassique à dos rouge (C. affinis), noir, 
avec le dos écarlate, est également un bel Oiseau, un peu 
moins commun que le précédent. 

Deux Cassiques entièrement noirs, Amblycei'cus solitarius 
et A. holosericens, ont été aussi importés. Ils ne sont guère 
attrayants. Les Cassidix sont de gros Cassiques terrestres et 
en partie granivores, dont le plumage a de riches reflets 
bronzés et violets ; leur valeur comme Oiseau de volière 
semble assez réduite. 



LES TROUPIALES 12'] 

6 — LES CAROUCES 

Bien que le nom de Carouge ait été appliqué à toutes 
sortes de Troupiales, il sera réservé ici à oeux du groupe 
des Àgelainic. Ce sont, en généi'al, des Oiseaux plutôt ter- 
restres, aux pattes assez hautes, au bec souvent court et épais, 
rappelant celui des Passereaux ; chez d'autres, il est plus long 
et excessivement pointu. Leur couleur dominante est le noir 
lustré ; leur taille est assez petite, allant de celle de l'Alouette 
à celle de l'Etourneau. Ils fréquentent surtout les prairies et 
autres terrains découverts. Les Carouges sont omnivores, 
mais mangent volontiers des graines. Ils construisent des 
nids en coupe dans les roseaux, à l'exception des Molothres, 
qui pondent dans les nids des autres Oiseaux et imitent 
ainsi les mœurs parasitiques du Coucou d'Europe. Ils sont 
répandus dans toute l'Amérique. 

Tous les Carouges, surtout ceux dont l'habit noir est 
rehaussé de rouge ou de jaune, sont d'excellents Oiseaux de 
volière, rustiques et enclins à ise reproduire en captivité. 
Leur régime sera celui des omnivores, avec supplément de 
graines, notamment d'alpiste. 

Beaucoup d'espèces ont été introduites en Europe et sont 
assez souvent offertes sur le marché. Nous ne signalerons 
que celles qui sont réellement intéressantes. 

Le Doliconyx (Doliconyx oryzivorus) est de petite taille 
(i6 cm.). Il a la forme et l'aspect d'un Passereau, ou encore 
mieux, de certains Tisserins. Le mâle, au printemps, est 
noir, avec la nuque fauve clair, les scapulaires et le crou- 
pion blancs ; les ailes sont variées de brun ; les plumes de 
la queue sont terminées en pointes. En automne, le mâle 
devient semblable à la femelle et ressemble alors à une 
femelle de Moineau ou ds Tisserin. Ces Oiseaux habitent 
presque toute l'Amérique. Leur chant est brillant et assez 
agréable. Ils sont très rustiques en volière. 

Le Carouge bronzé (CaUothrus œneiis), du Mexique, mesure 
19 centimètres ; son bec est assez long ; le mâle est noir 
brillant, la femelle gris noirâtre. 

Les Molothrus sont des Carouges parasites, vivant à la fois 
sur le sol et perché. Leur bec est assez court et épais. Les 



128 l'oiseau 

mâles sont en général noir brillant, quelquefois avec des 
parties marron ; les femelles sont brunes ; les jeunes sont 
rayés. 

Le Carouge noir (Molothnis ater) habite les Etats-Unis 
et le Mexique ; il est noir, avec la tête et Is cou bruns. Le 
Carouge soyeux (M. bonariensis) est tout noir ; sa taille est 
d'environ i6 centimètres ; il habite l'Argentine et les pays 
limitrophes ; il est commun en captivité ; son chant est 
agz-éable. Le Carouge pourpré (M. purpureiscens) , du Pérou, 
diffère à peine du précédent, de même que le Carouge bril- 
lant (M. atromtens) , des Guyanes et du Venezuela, qui est 
toutefois un peu plus petit. Ls Carouge à ailes marron 
(M. badius), d'Argentine, est gris foncé, avec les ailes marron. 

Les Carouges du genre Agelaius sont plus allongés que les 
précédents ; leur bec est plus long et moins épais ; ils ni- 
chent en société dans les roseaux. Ils sont mi-terrestres, mi- 
percheui^ et fréquentent les marais. 

Le Carouge à épaulettes rouges (Agelaius phœniceus) est 
commun dans l'Amérique du Nord. Il atteint 20 centimè- 
tres ; le mais est noir, avec les petites couvertures des ailes 
rouges bordées de fauve pâle ; la femelle est variée de noir, 
de blanc et de brun. Le Carouge à épaulettes brunes (A. hii- 
meralis), de Cuba, est noir, avec les épaules roussâtres. Le 
Carouge à épaulettes jaunes (^4. thiliiis), noir à épaules 
jaunes, hahits l'Argentine et les pays voisins. Enfin, on im- 
porte aussi parfois des espèces mieux colorées, telles que 
A. icterocephalus, noir, avec la tête et le cou jaunes ; .1. fia- 
vus, avec le croupion et le bas-ventre jaunes ; .4. frontalis, 
noir, avec la tête et la gorge brunes ; A', ruficapillus, sem- 
blable, au précédent, mais d'un brun moins vif. Tous sont 
de bons Oiseaux de volière, peu délicats, qui sont omni- 
vores et montrent des dispositions à nicher. 

Les deux espèces du genre Leistes se rapprochent des pré- 
cédents par la forme, alors qu'ils ressemblent aux Stur- 
nelles du genre Trupîalis par le plumage et par leurs habi- 
tudes terrestres. 

La première (L. guiauensis) habite le nord de l'Amérique 
du Sud ; c'est un Oiseau gris-brun en dessus, rouge en 
dessous. Au moment de la reproduction, le dessus du corps 
devient noir. On le trouve de Panama au Brésil. La seconde 



LES ÏUOUPIAI.ES I 39 

(L. siiperciliaris) , un peu plus forte, avec la tète rouge plus 
brillant et remontant jusqu'au menton, vit depuis le sud 
du Brésil jusqu'en Argentine. Ce sont de bons Oiseaux de 
volière. 

Le Carouge à tête jaune (Xanthocephalus longipes), de 
l'Amérique du Nord, atteint environ 20 centimètres ; ses 
jambes sont hautes ; il est noir, avec la tête jaune et une 
tache blanche à laile ; en hiver, le jaune s'obscurcit. Il est 
lustique et facile à nourrir, mais peu élégant. Par contre, le 
Caroube (ou Troupiale) Soleil (Amhlyramphus holosericens) , 
d'Argentine, est un magnifique Oiseau, noir de velours, avec 
la tête, le cou, le haut de la poitrine et les cuisses rouge 
orangé vif. Le bec est long et aigu. C'est un excellent Oiseau 
de volière, oii il produit un effet splendide. Les Pseudoleistes 
sont brun verdâtre en dessus, jaune en dessous ; ils habi- 
tent l'Amérique du Sud. Tous ces Oiseaux sont faciles à gar- 
der en volière et se contentent du régime des omnivores. 



C — LES STURNELLES 

Les Sturnelles se composent de deux genres de Troupiales 
qui ressemblent un peu aux Alouettes. Leur bec est long et 
mince, leurs pieds larges et leur queue assez courte ; leurs 
mœurs sont terrestres. Ils vivent dans les prairies et les pam- 
pas dépourvues d'arbres. 

Les Sturnelles proprement dites (SturneUa) habitent toute 
l'Amérique du Nord et s'étendent jusqu'en Guyane et au 
Venezuela ; ils sont gris-brun strié en dessus, jaunes en 
dessous, avec une marque noire en V sur la poitrine. L'es- 
pèce la plus connue est .S. magna, de l'Amérique du Nord. 
Les Etourneaux militaires (Trupîalis) sont, au contraire, con- 
finés au Sud. Us diffèrent surtout des premiers par leurs 
parties inférieures rouges et ressemblent beaucoup comme 
couleurs aux Leisics. 

Les espèces sont peu différentes entre elles. T. militaris et 
T. defilippi sont souvent importées. Tous sont des Oiseaux 
purement terrestres qui vivent dans les pampas. Ils vivent 
bien en captivité, avec un régime d'omnivores, et des graines. 



i3o l'oiseau 



D — LES TROUPIALES PROPREMENT DITS 

Les Tioupiales proprement dits sont des Oiseaux de taille 
moyenne, de mœurs arboricoles, qui fréquentent les vergers, 
les haies, les boqueteaux, mais évitent aussi bien la grande 
forêt que la plaine nue. Leurs pattes sont assez courtes, leur 
bec long, mince et pointu. Leur plumage est généralement 
jaune ou orange, relevé de noir et de blanc. Les sexes sont 
parfois semblables, parfois différents. On rencontre ces Trou- 
piales depuis les Etats-Unis jusqu'au Brésil, mais ils abon- 
dent surtout en Amérique centrale. Ils nichent isolément, 
construisant parfois des bourses, parfois des coupes, toujours 
avec beaucoup d'art. Ils sont insectivores et frugivores. 

Les Troupiales comptent parmi les plus brillants Oiseaux 
américains. Aussi sont-ils recherchés comme Oiseaux de cage, 
même dans leurs pays d'origine, où les espèces chanteuses 
sont surtout apréciées. Ils deviennent très familiers et ap- 
prennent à siffler, en dehors de leur chant naturel. Le 
régime des insectivores, et des fruits, leur convient très bien. 

Le Troupiale jaune et noir (Gymnomystax melanicterus) 
se rapproche des Carouges, dont il a en partie les allures 
et les habitudes terrestres. Il habite en troupes les parties 
découvertes des Guyanes et du nord du Brésil, ainsi que les 
plaines du Venezuela ; il est jaune vif, avec les ailes, le dos 
et la queue noirs. On le voit rarement en Europe, quoiqu'il 
soit souvent capturé dans son pays d'origine et vive bien 
en volière. 

Les Troupiales typiques appartiennent tous au genre Icte- 
nis, qui comprend une quarantaine d'espèces. Les Améri- 
cains les appellent Loriots, parce qu'ils rappellent, par leur 
plumage, ces Oiseaux dont ils sont d'ailleurs éloignés par les 
caractères. Tous se ressemblent, et leur taille varie de 17 à 
25 centimètres. Lin grand nombre d'espèces sont importées 
en Europe. Nous signalerons les plus intéressantes et les plus 
fréquemment offertes. 

Nous allons d'abord passer en revue les Troupiales de 
petite taille (17 cm. environ). Le Troupiale de Baltimore 



LES TROUPIALES l3l 

(/. baliimore) habite rAinéiique du Nord et passe la belle 
saison aux Etats-Unis. Il est orange, avec la tête, la gorge et 
le dos noirs ; les ailes sont noires, mêlées de blanc et d'orange ; 
la queue est orange et noire. La femelle est grisâtre en 
dessus et jaunâtre en dessous. Le Troupiale de Bullock 
(/. biillocki) habite la Californie et l'ouest du Mexique et 
diffèrs surtout du Baltimore par ses joues et un large sourcil 
orange. Le Troupiale à flancs noirs (/. abeillei) diffère sur- 
tout du précédent par son dos et ses flancs noirs. Ces trois 
espèces ont le bec relativement court et épais. 

Le Troupiale des vergers (7. spurius) est noir, avec la poi- 
trine et le ventre marron, les ailss mêlées de marron, de 
noir et de blanc, et la; queue noire légèrement tachetée de 
blanc. Il habite l'Amérique du Nord. Le Troupiale de la 
Martinique (/. bonana) a la tête également marron et le 
Troupiale à ailes marron (7. pyrrhopterus), de l'Argentine, 
est tout noir, avec les épaules marron ; ces trois espèces 
sont peu décoratives. 

Le Troupiale moriche (7. clirysocephaliis) est noir, avec 
le bonnet, les épaules et les cuisses jaune d'or ; il habite le 
Venezuela, la Colombie, les Guyanes et le bassin de l'Amazone, 
mais est rare partout. Au Venezuela, c'est l'Oiseau chanteur 
le plus estimé en cage. 

Le Troupiale de Cayenne (7. cayeneiisis) est noir, avec 
l'épaule jaime. 

Le Troupiale de Wagler (I. wagleri) habite le Mexique et 
le Guatemala. Il est noir, avec les épaules, le bas du dos et 
le ventre jaunes. 

Le Troupiale à tête d'or (7. aurJcapiUus) est originaire des 
côtes de la Colombie et du Venezuela ; il est noir en dessus, 
avec les épaules et le bas du dos jaunes, ainsi que le dessous 
du corps ; le derrière de la tête et la nuque sont orangé vif ; 
la gorge, la poitrine et les côtés de la tête, noirs. 

Nous trouvons ensuite des Oiseaux plus forts, de 20 à 
25 centimètres de longueur. Le Troupiale à queue jaune 

(7. mcsomelas) , qu'on trouve assez souvent en captivité, est 
jaune d'or, avec la face, la gorge et le haut du dos noirs ; 
les ailes sont noires, avec les épaules jaunes et un peu de 



iSa l'oiseau 

blanc ; la queue .est jaune, avec le milieu noir. Ce bel Oiseau 
devient très familier et cbante bien ; il habite la côte du 
Pacifique, du Mexique à l'Equateur. 

Le Troupiale doré (/. xanthornus), très commun dans tout 
le nord de l'Amérique du Sud, est jaune orange vif ; un trait 
noir unit l'œil au bec ; la gorge est noire ; les ailes et la 
queue noires et jaunes. 

Le Troupiale ordinaire (/. ictems) est le plus connu en cap- 
tivité ; il habite les côtes de la Colombie et du Venezuela, 
d'oii on l'importe très fréquemment ; c'est un bon siffleur, 
qui apprend toutes sortes d'airs ; il atteint 25 centimètres ; 
son plumage est orange vif, avec la tête, le cou, la gorge et 
la queue noirs ; l'aile est variée de noir, d'orange et de 
blanc ; les plumes de la gorge sont allongées et effilées, la 
peau qui entoure l'œil est nue et bleutée. 

Le Troupiale jama'ica'i (/. jamaicaii), du sud-est du Brésil, 
est un peu plus petit que le précédent, qu'il rappelle beau- 
coup ; son aile a aussi moins de blanc. 

Le Troupiale à dos jaune (/. crocoiwtus) est orange vif, 
avec le front, la gorge et les côtés de la tête noirs, ainsi que 
la queue et les ailes ; ces dernières sont marquées de blanc 
au milieu et d'orange à l'épaule ; il habite les Guyanes et le 
bassin de l'Amazone. 

Le Troupiale à gorge noire (/. gularis), du Mexique et 
d'Amérique centrale, est jaune orange, avec les lores, la 
gorge et la queue noirs ; les ailes sont noires, blanches et 
jaunes. Le Troupiale tacheté (/. pectoralis), de Costa-Rica 
et du Guatemala, ne diffère guère du précédent que par les 
jDoints noirs qui parsèment sa poitrine. Ls Troupiale à tête 
rouge (/. pustulatiis) est peut-être le plus vivement coloré du 
genre ; son plumage ressemble à celui des deux espèces pré- 
cédentes, avec une tête rouge plus accentuée et le haut du 
dos tacheté de noir ; il habite l'ouest du Mexique. Quelques 
autres espèces de Troupiales ont été importées, mais elles dif- 
fèrent peu de celles que nous venons de citer. 



LES TUOUPIALES 1 33 



E — LES QUISQUALES 

Les Quisquales sont les membres de la famille qui se rap- 
prochent le plus des Etourneaux. Ils ont le bec assez mince 
et peu élevé, les jambes hautes ; leur queue est souvent 
étagée et prend même perfois la forme curieuse de bateau. 
La couleur dominante des mâles est le noir à reflets bril- 
lants ; les femelles sont gris-brun foncé. Les Quisqualss 
vivent le plus souvent dans les lieux cultivés et habités. 

Ils pullulent autour des fermes et on en rencontre partout, 
sur le continent comme dans les îles. Ils émettent des cris 
assez musicaux. Ils nichent en société, sur les arbres, et 
construisent des nids sphériques volumineux et peu soi- 
gnés. 

Leur façon de vivre et leur allure rappellent davantage 
celles des Etourneaux et surtout des Merles métalliques 
d'Afrique, que celles de n'importe quel autre groupe de 
leur famille. Les Quisquales constituent de bons Oiseaux 
de volière, à la voix agréable ; mais on les importe rare- 
ment, probablement à cause de leur plumage sombre et de 
leur extrême abondance dans leur pays qui les fait déprécier 
des habitants. Tous les Quisquales qui ont été importés se 
ressemblent ; ils sont d'un noir métallique, teinté soit 
de pourpre, soit de vert ; leur queue est généralement en 
forme de bateau plus ou moins accentuée ; leurs yeux sont 
jaunes. 

Nous citerons : le Quisquale ordinaire (Ouîscalus qiiisca- 
liis), de l'Amérique du Nord ; le Quisquale de Cuba {Holo- 
quiscalus giindlachi) ; le Quisquale de la Martinique (H. mar- 
tinicensis) et le Quisquale du Venezuela (H. liigubris). 

(.4 suivre.) 



MES MULETS DE CHARDONNERET 
par m^^ A. FEUILLÉE-BILLOT 

Je possède un Chardonneret — un petit « rescapé )) que j'ai 
cru imprudent de remettre en liberté totale — mais je le 
laisse libre, tout le jour, dans l'appartement ; il ne passe 
dans sa cage, d'ailleurs spacieuse, que la nuit, et encore 
pas toujours. 

Egalement libre est sa compagne, une Serine. Ov, dans 
cet état de demi-liberté, le couple a fait son nid et, en deux 
couvées, a produit trois mulets, que la Seriné, seule, a éle- 
vés ; c'est une Serine gris-vert, de celles que les Oiseleurs 
appellent des « nourrices „ parce qu'elles sont excellentes 
mères. Le Chardonneret s'est contenté de veiller sur le nid 
qui était suspendu dans un coin de la cage et de contempler 
ses petits. 

Je crois utile de signaler le fait parce que les mulets de 
Chardonneret étant recherchés, beaucoup d'amateurs tour- 
mentent les parents afin, croient-ils, d'en obtenir ; ils en- 
ferment, dès l'automne le couple dans une étroite cage, 
puis, plus tard, quand les œufs sont pondus, ils séparent 
les parents, enlèvent le Chardonneret pour l'emprisonner à 
côté de la cage où s'élèvent les petits, sous prétexte que le 
père pourrait les maltraiter. 

Cette pratique cruelle n'est aucunement justifiée. Et il est 
beaucoup plus agréable de voir circuler à leur aise des 
Oiseaux qui vous encerclent de leurs vols, amicalement, 
plutôt que les regarder s'attrister derrière des barreaux. 

Chacun de mes mulets (deux mâles et une femelle) sorti 
du nid vers 7 heures du matin, voletait partout à midi et 
rentrait le soir avec la mère. Ils sont vifs, vigoureux et 
gais, mes trois mulets couleur d'automne, au masque d'or 
bruni, au ventre de satin blanc. 



élevage du cordon-bleu en al'pautement l35 

LT.LEVAGP: du COUDON-BLEU en APP/YRTEMENT 
par le docteur RICHARD 

Jusqu'au printemps 1921, je n'avais que des Oiseaux du 
pays : Bruants, Bouvreuils, Linots, Pinsons, Chardonnerets, 
■Mésanges, Cinis, et des Canaris, plus un Rossignol de mu- 
raille tout à fait privé et libre dans la maison, ramassant 
les miettes et se chauffant, l'hiver, au coin du feu, près de 
nous. (Il s'est échappé dernièrement à l'automne. Nous 
l'avons eu deux ans.) 

Jusqu'alors, je croyais les Oiseaux exotiques trop fragiles 
pour notre région froide (Haute-Saône), quand je fis la con- 
naissance d'un amateur qui possède ici des sujets de huit 
et dix ans. 

En juin 1921, ma femme rapporta ds Paris 4 Cordons- 
bleus (i mâle et 3 femelles), 4 Becs-de-corail, i couple de 
Cous-coupés, I couple de Mandarins, i Capucin, des Ventres- 
oranges et des Joues-oranges, que j'installai dans ma petite 
volière d'appartement, avec nids de repos, boîtes et bûches à 
Perruches. Je retirai les Oiseaux indigènes, à l'exception du 
Linot et du Cini. Je n'obtins aucune nichée le premier été. 

En mai 1922, les Cous-coupés s'installent dans une boîte et 
nichent les premiers ; presque en même temps, les Cordons- 
bleus transportent un peu partout des brindilles ; le mâle 
danse ; ils seml^lent préférer un nid d'angle. Je le calfeutre 
avec du buis et le garnis de foin, laissant juste une petite 
ouverture, et les Cordons-bleus l'adoptent. La femelle dis- 
paraît là de longues heures ; le mâle transporte quelques 
brindilles et de>. p-himes. 

Je ne cherchai point à voir ce qui se passait et ce furent 
les petits cris des nouveau-nés qui m'avertirent de la réus- 
site de la couA'ée. La volière était à ce moment dans la salle 
à manger, devant une grande baie donnant sur un jardin 
et la campagne, au soleil levant. La fenêtre était presque 
toujours ouverte. 

Le iiid était peu accessible, les barreaux étant disposés 
asso.^ loin, et les Cordons-bleus y péoétraient au vol. 

Bientôt, deux petits sortent du nid (deux femelles), bien 
vivants et remuants. Au bout de deux jours, voyant peu les 



io() l'oiseau 

parents retourner au nid. nous décidons de l'enlever pour 
le nettoyer, quand un petit s"en échappe, tombe au fond de 
la volière et se réfugie dans un coin ; nous le remettons 
inutilement au nid. INous y trouvons alors un autre petit 
emplumé et mort depuis quelques Jours (odeur de putré- 
faction) et deux œufs fécondés. Donc, ponte de 6 œufs fé- 
condés. 

Les parents continuèrent à donner la becquée, mais le 
dernier, moins vigoureux, fut trouvé le matin transi de froid, 
bougeant à peine. Il fut alors placé dans un cageot de trans- 
port, dans du coton, et près du feu et nourri toutes les 
heures à la brochette avec une pâtée faite de mie de pain 
émiettée, jaune d'œuf, lait, larves fraîches de fourmis. Il 
avait bon appétit et grossissait quand le quatrième jour de 
ce régime, il eut les pattes comme paralysées. C'est alors 
que supposant l'alimentation trop riche en albumine, je 
modifiai la pâtée comme suit : suppression du jaune d'œuf 
et des œufs de fourmis, verdure hachée, mie de pain, lait, 
graines pilées, millet et alpiste. 

Le petit malade se remit assez vite et je le mis en volière 
au bout d'une dizaine de jours, car il était trop à l'étroit 
dans son cageot. Il fut nourri à travers le grillage avec la 
brochette et accourait quand on la lui présentait. 

Ici se place un fait qui m'a beaucoup intéressé : les 
parents Cordons-bleus, absorbés par la préparation d'un 
nouveau nid, négligèrent tôt leurs petits. Ceux-ci criaient, 
ouvraient le bec à tous les habitants de la volière et pour 
suivaient inutilement leurs parents, quand j'aperçus le Capu- 
cin dégorgeant dans leurs becs millet et verdure ; peu à 
peu, les petits ne comptèrent plus que sur lui et il suffît seul 
à les nourrir. Mon élève fit comme ses aînés et ce fut encore 
le Capucin qui l'adopta ; dès lors, il refusa sa pâtée. 

J'avais deux femelles, et le dernier né était un mâle. 
Celui-ci est resté plus chétif ; il prit lentement sa tache rouge 
et il vient de périr, le 12 janvier, au moment de la mue, 
peut-être d'un coup de froid pris le matin quand la pièce 
est aérée. 

De septeinbre à mars environ, la volière, à cause du chauf- 
fage, est placée dans 1« salon, au soleil couchant, avec feu 
de bois continu. Température : i5° à 17° environ. 

Depuis, le couple de Cordons-bleus a fait plusieurs essais : 



ÉLEVAGE DU CORDON-BLEL E.\ APPAUTEMENT 187 

En août : 2 œufs clairs. 2 œufs fécondés, 2 petits morts 
presque emplumés. En novembre : 5 œufs, couvés quelques 
jours seulement. En janvier, nouvelle ponte. La mère couve 
actuellement. 

En même temps, d'autres Oiseaux nichèrent : 

En mai : i couple de Cous-coupés niche dans une boîte : 
2 petits. 

En juillet : le même a 5 petits. 

J'enlevai tous les Cous-coupés, à cause de leur habitude 
d'aller dans tous les nids. Ils délogèrent plusieurs fois les 
\fandarins. 

Je les donnai et il n'y eut plus de couvée jusqu'à ce jour. 

En juin, le couple de Mandarins donna 3 petits (2 femelles 
€t un mâle). 

En septembre, il donna 3 petits (2 femelles et i mâle), 
2 des petits qui périrent à 3 mois. 

En novembre : 2 œufs clairs, 3 jeunes morts au nid 
presque emplumés. 

Fin décembre, ponte de 2 œufs non couvés. 

J'ai donc eu 3 couples d'Oiseaux, nichant simultanément 
dans cette petite volière, malgré le nombre d'habitants, qui 
a varié entre 24 et 3i. Cette volière-cage mesure i mètre 
de large, o m. 5o de pronfondeur, i m. 20 de hauteur, plus 
un sommet en pyramide de o m. 80 environ. 

J'attribue tout le succès de l'été dernier aux larves de 
fourmis. Obligé d'en pourvoir mon Rossignol de muraille, 
les autres en profitèrent. Voyageant en auto constamment 
aux environs de Vesoul, je connais les fourmilières bordant 
la route à 20 kilomètres à la ronde. 

D'autre part, l'alimentation comporte : 

Verdure : mouron, herbe grainée, graminées des foins, 
mâche, laitue, plantain, bourse à pasteur (suivant la saison) ; 

Graines : millet blanc et en grappe, alpiste, œillette, na- 
vette ; 

Pain au lait en permanence ; 

Pâtée : jaune d'œuf, mie de pain, poudre d'insectes ; 

Quelques vers de farine coupés en hiver. 

Les Cordons-bleus mangent avec plaisir cette pâtée. Je 
mets à leur disposition du sable de rivière en permanence 
et des coquilles d'œufs pilées. 



MA. VOLIÈRE POUR PETITS OISEAUX 
par Eugène CHAUDET 

Depuis que je fais partie des abonnés de l'Oiseau et que 
J'ai pu entrez- en relation avec ceux que l'on peut appeler 
« les grands amateurs d'Oiseaux », je me suis promis de 
faire parvenir quelques notes sur ma volière. 

En qualité d'amateur suisse, je me permettrai, tout 
d'abord, de remercier tout particulièrement la rédaction de 
la Revue, de bien vouloir faire paraître ces lignes. 

En Suisse, comme en France, les amateurs d'Oiseaux ont 
une tendance à vouloir progresser ; les amateurs suisses- 
allemands se vouent plus spécialement aux Oiseaux insec- 
tivores ; ceux de Suisse française s'occupent surtout de 
granivores. Les éleveurs de Canaris sont très nombreux et 
semblent vouloir se spécialiser dans de nouvelles races ; le 
Canari bernois est une de nos créations. Aujourd'hui, mon 
intention est de parler de ma volière, laquelle est habitée 
par 3oo individus environ, représentant près de i5o espèces 
de petits Oiseaux. 

Des volières pour Oiseaux de cette catégorie se rencontrent 
un peu partout en Suisse, mais surtout dans les établisse- 
ments publics, et le but proposé n'est pas alors le même 
que celui que cherchent à atteindre les amateurs. 

Ces volières publiques sont construites de manière à per- 
mettre aux visiteurs d'observer facilement l'Oiseau, ses cou- 
leurs, son chant, etc. ; elles ne sont pas propres à conser- 
ver diverses espèces délicates. La forme de ces volières varie 
à l'infini ; elles sont parées de toutes sortes d "ornements 
qui ne plaisent qu'au grand public. J'avoue que ces orne- 
ments me choquent. C'est pour cela que j'ai eu soin de 
laisser à l'écart, dans ma volière, tout ce qui n'est pas la 
simplicité même, comme on peut s'en rendre compte par 
la photographie reproduite ci-contre. J'ai surtout recherché 
à imiter la nature : des arbustes, des buissons épais, de 
l'eau limpide et courante, des abris pour tous les temps, 
tout en laissant à mes pensionnaires emplumés des occasions 
de pouvoir jouir de tous les avantages que procurent les 



MA VOUKRE POUR PETITS OISEAUX i3q 

intempéries atmosphériques. En un mot, ma volière a été 
construite pour 1 Oiseau, et non pas pour plaire au visiteur. 
Certes, nombreuses sont les personnes qui m'ont déclaré 
qu'il était dommage que les Oiseaux restassent cachés dans 
la verdure et qu'il faut avoir une patience d'ange pour en 
apercevoir un certain nombre. Mais les vrais amateurs ne 
raisonnent pas de la même façon et partagent mon idée. 

Ma volière mesure ii mètres de longueur, 4 ni. 20 de lar- 
geur et 3 m. 60 de hauteur. Une bonne partie de mes 
Oiseaux y passent toute l'année. Les autres, qui représen- 
tent des espèces ne supportant pas le froid de notre climat, 
sont installées dans une chambre d'Oiseaux. Celle-ci est 
chauffée régulièrement tout en veillant que le thermomètre 
ne dépasse pas 20° centigrades. Les sujets qui ont passé ce 
dernier hiver dans la chambre d'Oiseaux sont tous les petits 
Sénégalis. les Diamants de Gould, Tarins rouges du Ve- 
nezuela, Cardinaux verts, Rossignol ordinaire, Ro'&signol 
progné. Gorges-bleues, Fauvettes à tête noire. Fauvettes des 
jardins, Fauvettes babillardes, grisettes et babillardss ordi- 
naires, orphées et épervières ; les Bulbuls à joues blanches, 
les Sibias à tête noire et Sivas à ailes bleues, le Dyal, le Sha- 
ma et le Merle bleu. Dans une petite volière séparée se 
trouvent les Pouillots, les Troglodytes et les Roitelets. Tout 
le reste de l'armée ailée est resté dans la grande volière du 
jardin et a été favorisé durant cet hiver par un temps 
relativement doux. 

Les diverses Perruches, parmi lesquelles se trouvent l'On- 
dulée bleu ciel, résultat de la sélection de M. Joseph Meyer, 
de Lucerne, ainsi que les autres espèces, supportent très bien 
notre climat et se reproduisent toute l'année. Les divers Car- 
dinaux, Grives, Rouges-gorges, Mouchets, Bruants, Jaseurs, 
Bouvreuils, etc., ne redoutent pas le froid lorsque les abris 
ne leur font pas défaut. 

La nourriture que j'emploie varie suivant la saison. En 
été, tous mes Oiseaux sont mis au régime insectivore. Les 
œufs de fourmis frais forment leur aliment prescjue exclu- 
sif de mai à août ; il m'en faut une moyenne de 6 litres par 
jour. Dès que la fin de la saison s'approche, je commence 
à y additionner un peu de pâtée Duquesne spéciale, que je 
trouve excellente et que les Oiseaux aiment beaucoup ; j'aug- 
mente la portion au fur et à mesure que les œufs de fourmis 



iZ(0 l'oiseau 

frais deviennent rares et difficiles à obtenir. Je donne toutes 
les baies que les saisons nous amènent successivement ; les 
premières apparaissent déjà en juillet ; ce sont les baies de 
sureau sauvage, très abondantes dans la contrée ; plus tard, 
vient le sureau noir, que l'on peut obtenir jusqu'en novem- 
bre. Les Fauvettes, les Grives et les Merles en sont friands. 

Ce régime est également varié par les fruits de la saison, 
pommes, poires, cerises, raisins, etc.. 

Je récolte autant d'insectes vivants que cela m'est pos- 
sible, je me recommande surtout aux campagnards, dont les 
arbres fruitiers sont envahis de chenilles ; la rhubarbe me 
procure beaucoup d'altises et font le bonheur des Tarins 
et des Chardonnerets. Le couvain d'un nid de guêpes, ré- 
colté à l'occasion d'une promenade en forêt, fournit une 
excellente nourriture. Les hannetons ou leurs larves sont mis 
aux profits des diverses espèces de Moineaux qui vivent dans 
ma collection ; ils sont également très appréciés des Merles 
et des Grives ; les Merles de roche s'en servent pour faire 
des exercices de (c coups de becs ». 

C'est certainement grâce à ce régime si varié que j'ai le 
plaisir de voir se reproduire la plupart de mes Oiseaux. Le 
résultat le plus heureux que j'ai obtenu jusqu'à ce jour, a été 
la reproduction de la RousseroUe verderolle ; un couple, reçu 
en juin, avec 5 petits, mis dans la volière, finit d'élever 
cette petite famille et nicha de nouveau dans les hautes 
herbes qui poussent parmi les buissons. Cette dernière ponte 
fut de II œufs, et le couple éleva les 4 oiselets éclos. Les 
jeunes abandonnèrent le nid à l'âge de neuf jours et sautil- 
lèrent d'une brindille à l'autre, jusqu'au moment où leur 
plumage, devenu complet, leur permit de voler. Ce fait est 
d'autant plus intéressant que tous les observateurs de cette 
espèce à l'état sauvage s'accordent à dire que ces Oiseaux ne 
font qu'une nichée par an. 






v>«- ^^:~fï^^^ 



V'S^"":??^'^:^-*!»^. 









E' I^^^^^IK^'i^^lnR' 



VoLiFRE DE M. E. CHAUDET a Bien:<e (Suisse) 
(Intérieur et extérieur) 



--^ 



CHRONIQUE ORNITHOLOGIQUE 

Un petit nombre de très intéressants Oiseaux dAbyssinie 
viennent d'arriver chez M. Delacour. Ce sont : 

5 Perroquets à ventre rose (Pœcephalw rufiventris) voisins 
du Perroquet du Sénégal, dit You-You, et du Perroquet de 
Meyer. Ils sont gris foncé, avec le bas-ventre les flancs et 
le croupion vert bleuté clair ; les mâles ont la poitrine et le 
front rose abricot, et sont marqués de même nuance sur le 
devant de la tête. 

I ^ Porte-Lambeau (Creatophora canincuîata) en livrée de 
jeune. * 

8 Spreo superhus, l'un des plus magnifiques des Merles 
bronzés, vert et bleu brillant, avec la poitrine roux orangé, 
barrée de blanc. 

3 Barbus perlés (Trachyphonus margaritatus) au plumage 
mêlé de jaune, de gris, de rouge, de blanc et de noir. 

I couple de Bulbuls Arsinoe (Pycnonotus arsiuoc). 

I Tisserin dinemelli {Dinemellia dinemelli), brun foncé 
avec la tête et le dessous du corps blanc et le croupion rouge. 

5 Plocepasser melanorhyiichus, brun foncé et blancs. 

L'envoi comprenait encore des Merles bronzés verts, des 
Agapornis taranta et un couple de Canards à bec jaune (Anas 
undulata) beaucoup plus foncés que les spécimens de l'Afrique 
du Sud. 

L'intérêt de cette collection réside en ce que c'est la pre- 
mière fois que des Oiseaux vivants nous arrivent de cette 
région. Aussi les Perroquets, les Spreos, les Barbus et les 
Bulbuls arrivent-ils en Europe pour la première fois. 



Le marquis de Tavistock ^nous écrit : 

«II. est reconnu depuis longtemps par les éleveurs que les 
<( volailles demandent "à "être périodiquement changées de 
(c terrain si l'on veut les élever avec succès pendant de lon- 
« gués années en les gardant en parquets. 



CHRONIQUE ORNITÎIOLOGIQUE l43 

« Peu d'amateurs, cependant, semblent s'être rendu 
<( compte que cette règle s'applique également aux Oiseaux 
(( de volière, en particulier aux Penuches. 

« Depuis plusieurs années, j'essaie d'en entretenir une im- 
« portante collection dans des volières fixes d'après les pro- 
(c cédés habituels. Bien que les volières aient été très légère- 
ce ment peuplées et que le sol ait été changé et désinfecté à 
(( la chaux et au sel périodiquement ; bien que les Oiseaux 
(( aient été nourris et tenus avec une scrupuleuse propreté, 
« les résultats ont été peu satisfaisants. 

(( Peu à peu, les succès d'élevage et la vigueur des pro- 
« duits déclinaient, tandis que les adultes mouraient ou tom- 
« baient malades plus fréquemment. Ces résultats pitoyables 
(( s'observaient à la fois dans les volières en plein air et 
(( dans les chambres où. étaient lâchés les Oiseaux. A la fin 
(( découragé, jai transporté toutes mes Perruches dans de 
« vastes volières mobiles de construction spéciale, qui peu- 
(( vent être transportées d'un endroit à un autre aussi sou- 
« vent qu'on le désire. Ainsi est respecté le principe de ne 
« pas laisser longtemps les Oiseaux sur le même terrain. 

c( Ces volières rectangulaires sont longues et hautes ; la 
c( partie inférieure est recouverte de grillage de 12 milli- 
er mètres, de façon à interdire- l'entrée des rats et autres ver- 
« mines, et à permettre à l'herbe de pousser à travers les 
(( mailles. Il n'y a pas de cabane, mais chaque angle est 
(1 plancheyé en dessus et sur les côtés, et il y a un abri cir- 
« culaire au centre, de façon à ce que les Oiseaux puissent 
(( se protéger de tous les vents et des pluies. La nourriture 
« et l'eau sont disposées à une extrémité et peuvent être chan- 
ce gées de l'extérieur par une petite porte, de sorte qu'il est 
ce rare d'être obligé de pénétrer dans la volière. En dépit de 
(c sa taille, six hommes peuvent facilement la transporter 
ce avec ses accessoires. A une extrémité, il y a un aménagement 
ce permettant de faire entrer les Oiseaux dans une cage gril- 
ec lagée et de les attraper sans les pourchasser au filet. 

ce La santé de mes Oiseaux, dans ces conditions, s'est mer- 
ce veilleusement améliorée ; pas un cas de maladie n'a été 
ce con.staté, et ils sont tous prêts à se reproduire. Je ne me 
ce servirai jamais plus de volières fixes, car bien que les 
ec transportables ne soient pas jolies, j'obtiens un bel effet 
(c en laissant voler en liberté la plupart des mâles en dehors 



r44 l'oiseau 

<( de la saison des nichées. Je trouve qu'ils vagabondent 
« moins que des couples et ne se querellent pas autant. 

(( Je ne doute pas que les personnes qui entretiennent des 
« Oiseaux, uniquement pour l'effet, ne continuent à se servir 
« des volières fixes habituelles, mais je recommande vivement 
(t à ceux qui cherchent à les élever pour la vente, ou à pré- 
« server de l'extinction, en captivité, les espèces rares, d'es- 
« sayer des volières mobiles et de les changer de place tous 
<( les six mois. S'il était nécessaire de les replacer à un en- 
« droit déjà occupé auparavant, il faudrait désinfecter le 
« terrain à la chaux et au sel pendant que la volière se trouve 
« autre part. » 



M. David Ezra vient d'envoyer de Calcutta, à M. Delacour. 
un lot important d'Oiseaux d'Extrême-Orient. Ces Oiseaux 
sont arrivés à Londres et ont pu être réexpédiés immédiate- 
ment à Clères grâce à l'amabilité de nos collègues du Jardin 
Zoologique de Londres. 

Le lot comprend : 3 Grues blanches d'Asie, si rares actuel- 
lement, des Grues cendrées, Antigones et de Numidie ; des 
Argus, des Faisans nobles, des Coqs de Java et de Bankhiva, 
et une soixantaine de Canards appartenant aux espèces sui- 
vantes : Sarcidiornes, Nyrocas, Siffleurs huppés et Dendro- 
cygnes de Java ; il y avait, en outre, deux Sarcelles de Coro- 
mandel, minuscules Canards, dont le transport est si difficile 
qu'elles n'arrivent que très rarement en Europe. 



L'Imprimeur-Gérant : G. L.\NGLOIS. 

CHA.TEAUROUX. - • I.MI'. LANGLOIS. 



Sociale Nationale d'Acclimalaliui 
L'OISEAU 



PL. VII 

ig2s 




Fkoupiai.e okdinaiui 
(Icteriis ic/erus) 

DOLICUONYX 

{Doliciwnyx o>yp;ivorus) 

Etourneau militaire 

( rriipia/is militaris) 



CaSSJOL'E a DOS JAUNE 

{(Jassicus persiciis) 

Cauouge soleil 
{AmbLyramphiis holosericei<s) 



Sociale Nalioiiald d'Accliiiialaliu)!. 
L'OISEAU 



PL. IX 




'A^^'éf^ 



Veuve géante 
(Diafi-optiia f rogne) 

Vf.uve en feu 
{Coliuspasser ardenf) 



LES OISEAUX 



u) 



CHAPITRE VII 



LES VEUVES 

Par W. SHORE-BAILY 

Les Veuves appartiennent à la grande famille des Ploceidœ, 
dont la plupart des membres comptent parmi les Oiseaux de 
Aolière les plus populaires : Tisserins, Astrilds, Diamants, Ca- 
pucins, etc. La classification scientifique de tous ces Oiseaux 
est encore assez confuse, et nous les répartirons en groupes 
surtout d'après leurs caractères extérieurs et leurs mœurs. 

Les Veuves sont propres au Continent Africain. Il en existe 
environ quarante espèces, qui, pour la plupart, habitent les 
régions côtières du Sud, de l'Est et de l'Ouest de l'Afrique ; 
quelques espèces, cependant, se rencontrent dans l'intérieur, 
mais seulement là où il y a de l'eau en abondance. 

On distingue facilement les Veuves de leurs proches pa- 
rents les Tisserins, à leur curieuse habitude de gratter le 
sol, à la manière des Gallinacés, et aussi à la longue queue, 
qui orne les mâles- de la plupart des espèces ; en fait, les 
seules Veuves qui ne possèdent jamais de longue queue, sont 
les Combassous (Hypocliera) ; celle des Urobrachja est de 
longueur moyenne. 

On a écrit peu de chose "sur ces Oiseaux à l'état libre, mais 
caines {Vidua sercnd), leurs habitudes sont les mêmes. Ils sont 
caines {Vidua \serena), leurs habitudes sont les mêmes. Ils sont 
polygames, et pendant la saison de la reproduction, le mâle 
est habituellement accompagné de plusieurs femelles. Les 
nids sont presque toujours situés près de terre, dans d'épaisses 
touffes d'herbes ou de roseaux, les tiges servant de supports 
au nid, tandis que les extrémités repliées au-dessus, forinent 
un abri contre la pluie. Parfois, le nid est prolongé par un 

(i) Voir l'Oiseau, Vol. IV, n° i, 2, 3 et '4. 

l'oiseau. — 1920 — 5 i 



1 46 l'oiseau 

couloir couvert ; dans d'autres cas, la femelle peut y péné- 
trer directement. 

Les mâles paradent devant les femelles en étalant leurs 
ailes et leur queue et aussi en voltigeant au-dessus d'elles ; 
ou bien, et c'est le cas de la Veuve de Jackson {Drepano- 
plectes jacksoîii), en accomplissant une série de bonds et de 
sauts. 

On rapporte que la Veuve dominicaine a des mœurs para- 
sitiques et dépose ses œufs dans les nids des Astrilds et autres 
petits Passereaux. Von Heuglin, cependant, déclare qu'il a 
trouvé le nid de cette espèce sur une banche retombante, à 
deux mètres environ du sol. Le Combassou, d'un autre côté, 
fait son nid dans des trous, comme le Moineau, et pond des 
œufs blancs. Parmi les Veuves qui ont été importées en Eu- 
rope, quelques-unes communémtent, d'autres à de rares in- 
tervalles, figurent : divers Combassous (Hypochera chaly- 
beata, nigerrima, amauropteryx) ; les Veuves Combassou 
(Vidua hypocherino) , dominicaine (V. serena), royale (F. ré- 
gla), de Fischer {V. fischeri), à collier d'or {Steganiira para- 
disea), géante (Diati'opura progne), en feu (CoUuspasser ar- 
dens), à large queue (C. laticaudus) , à épaulettes (C. albo- 
notatiis), à dos d'or (C. macruriis), de Jackson (Drepano- 
plectes jacksoni), à ailes rousses (Urohrachya axillaris), et 
quelques autres espèces. 

Toutes les Veuves sont d'excellents Oiseaux de volière ; la 
cage, en effet, ne convient pas à leurs longues queues qui s'y 
détériorent rapidement ; il leur faut de l'espace pour pro- 
duire tout leur effet. La plupart des espèces supportent l'hiver 
de nos climats, si elles ont à leur disposition' un bon abri, 
qu'il est prudent de chauffer légèrement en cas de grand 
froid. Elles se reproduisent assez facilement en volière. On 
les nourrit de petites graines, millet et alpiste surtout. En 
dehors de quelques espèces, les Veuves sont sociables et 
peuvent être réunies entre elles et aussi aux autres Oiseaux 
de même force. 

Les Combassous (Hypochera) ressemblent davantage, par 
la forme, à un Astrild qu'à une Veuve, mais ce sont de vrais 
Viduinœ, car leurs habitudes sont celles du groupe et ils 
changent de plumage suivant la saison. Il en existe cinq es- 
pèces ou formes dans les différentes parties de l'Afrique, 



LES VEUVES l47 

mais elles se ressemblent beaucoup. Tous les mâles, en été, 
sont d'un noir brillant teinté de bleu et de vert plus ou moins 
vil", avec du blanc sous les ailes, le bec blanc rosé et les pattes 
rouges ; les femelles, et les mâles en hiver, sont brun clair 
rayé de noir ; les jeunes sont d'un brun plus uniforme. L'es- 
pèce de beaucoup la plus fréquemmnt importée est celle du 
Sénégal (H. chalyheaia) ; elle est très commune en captivité. 
Chose étrange, les Combassous se sont très rarement repro- 
duits en volière ; en Allemagne, un couple a niché dans 
un nid de Moineaux Mandarins et pondit cinq œufs que la 
femelle couva seule pendant douze jours. 

Von Heuglin écrit de ces Oiseaux : « Le nid est placé sur 
« n'importe quel arbre et est fait d'herbes sèches. Nous 
« n'avons jamais rencontré cet Oiseau en très grandes 
(( troupes ; il est très vorace et consomme beaucoup de mil ; 
« il pénètre même dans les étables et les granges. J'ai trouvé 
« ses nids, de juillet au début de septembj-e, jusque sous les 
« toits et dans les trous des murs ; ils ressemblaient à ceux 
« du Moineau. Le Combassou fait sûrement plusieurs cou- 
ce vées ; il se sert parfois d'un nid abandonné d'Hirondelle. 
(( Les œufs, au nombre de trois à cinq, sont blancs ». 

La Veuve Combassou (Vidua hypochcrinn) ne diffère des 
Combassous que par sa longue queue effilée, dont les quatre 
plumes médianes dépassent 20 centimètres, et son bec rouge. 
Elle habile l'Est africain, notamment les Somalis et le 
Sud de l'Abyssinie. Cet Oiseau est rarement importé. 

La Veuve dominicaine (V. scrcna) est répandue dans toute 
l'Afrique tropicale. Le mâle, en plumage de noce, est d'un 
noir brillant avec le dessous du corps, les côtés de la tête, un 
mince collier et une large bande sur l'aile, d'un blanc pur ; 
les quatre plumes médianes de la queue, très allongées et 
étroites, sont noires ; bec et pattes rouges ; sa taille est de 
26 centimètres, dont 18 centimètres pour la queue. Les mâles, 
en hiver, et les femelles sont fauve rayé de noir. C'est une des 
Veuves les plus communément importées et elle figure dans 
presque tous les arrivages d'Oiseaux africains. Il en existe 
plusieurs races locales ; celles de l'Afrique du Sud sont plus 
grosses que* celles du Sénégal. 

Les Dominicaines ne sont pas très appréciées des amateurs, 



i48 l'oiseau 

en if^ison du caïadère luibulent des mâles en couleurs, qui 
lourmentent continuellement leurs compagnons de volière ; 
aussi ne faut -il pas les associer à des espèces plus faibles. 

En 1909, deux jeunes furent élevés par Mrs Annington, en 
Angleterre^ dans une vaste volière peuplée de divers Plo- 
céidés et de Passereaux. Malheureusement, aucune observa- 
tion ne fut faite en cette circonstance de 'sorte qu'on ignore 
si ces Veuves bâtirent un nid elles-mêmes ou pondirent 
dans le nid d'un autre Oiseau. Que cette espèce soit un para- 
site, cola semble certain, au moins en ce qui en concerne 
la variété de l'Est Africain, car M. Van Someren, écrivant 
de Nairobi, déclare : a Dans ce pays, la Veuve dominicaine 
« est parasitique, c'est-à-diTe que la femelle pond dans 
« les nids des autres Passereaux, un ou deux œufs dans 
« chaque nid ; je n'en ai jamais trouvé plus de deux. Les 
(( (eufs, une fois vidés, sont blanc pur. L'Oiseau qui est 
(( le plus souvent victime de ce parasitisme, est un petit 
(( Astrild, Ëstrilda massaica, mais j'ai aussi trouvé des œufs 
(( ou des jeunes dans les nids de E. paludicola, E. rhodo- 
(( pyga et Lagoiwsticta riihenima. En ce moment, il y a deux 
« j.eunes Dominicaines qui sont posées sur le toit de ma vo- 
« lière, et gavées par des Astrilds. Dans ma volière, ces 
« Veuves ont déposé leurs œufs dans le nid d'un Moineau 
« africain, Passer nifocinctus, mais cela tient, sans doute, à 
<( ce que seules ces deux espèces se reproduisaient au même 
« moment. Les jeunes Dominicaines ne ressemblent aucune- 
ce ment aux adultes ; elles sont d'un brun uniforme en des- 
(( sus, jaunes en dessous, avec le bec brun noirâtre ». 

La YeuYe royale (V. regia), de l'Afrique du Sud, ressemble 
de taille et de forme à la précédente, mais les quatre longues 
plumes de sa queue sont presque filiformes à la base et 
seulement élargies à l'extrémité. Le mâle adulte est noir, 
avec la nuque et tout le dessous du corps jaune fauve ; becs 
et pattes rouges. Les mâles, en hiver, et les femelles sont 
brun fauve, légèrement rayé de noir. 

On sait peu de chose sur la reproduction de cette espèce à 
l'état sauvage, mais de sa grande ressemblance avec l'espèce 
1 récédente, j'inclinerais à penser qu'elle a aussi des mœurs 
]^arasitiques. Il faudrait qu'on essayât de la faire nicher en 
captivité pour éclaircir ce point. On rapporte que la Veuve 



LES VEUVES 1491 

royale a été élevée en volière en Australie, mais aucune ob- 
servation n'a été publiée sur ce cas. 

La Yeuve de Fischer (V. fischeri) se rencontre en Afrique 
Orientale, depuis le Sud de l'Abyssinie jusqu'au Mozambique. 
Elle est noire avec le dessus de la tête, le ventre, le crou- 
pion et la longue et étroite queue, jaune pâle ; le dos et les 
ailes sont bruns ; bec et pattes rouges. Cette espèce se rap- 
proche des précédentes pour la taille et l'allure ; un petit 
nombre d'exemplaires lurent importés en Allemagne, en 
1911. 

La Yeuve à collier d'or {Steganura paradisea) est répandue 
dans toute l'Afrique tropicale et il en existe plusieurs races 
locales. Chez ces Oiseaux, le mâle adulte est noir, avec un 
très large collier brun roux et les parties inférieures blanc 
jaunâtre ; la queue, longue de 21 centimètres, a quatre 
plumes très larges et disposées verticalement ; les deux mé- 
dianes sont très élargies à la base et brusquement terminées 
en un long fil ; les deux autres sont beaucoup plus longues et 
se rétrécissent graduellement vers le sommet. Bec noir, pieds 
couleur de chair. Les mâles, en hiver, et les femelles sont 
gris fauve marqués de noir ; les jeunes sont d'un fauve uni- 
forme. 

La Veuve à collier d'or est de toutes les Veuves la plus 
communément importée. Chose étrange, le nid de cet Oiseau 
ne semble pas avoir été trouvé dans son pays d'origine, et sa 
reproduction n'a guère été obtenue que par Russ, en Alle- 
magne, dans une chambre d'Oiseaux. Le mâle en couleurs 
est l'une des plus belles Veuves et souvent les visiteurs, peu 
informés, le prennent pour un Oiseau de Paradis. Depuis des 
années, j'essaie de faire nicher cette espèce dans mes volières, 
mais je n'ai jamais eu l'ombre d'un succès. Souvent, d'ail- 
leurs, les mâles ne prennent pas leurs couleurs au bon mo- 
ment. Il faut cependant espérer qu'on les élèvera un jour- 
La Yeuve géante (Diatropura progne) habite l'Afrique du 
Sud. Le mâle adulte se fait remarquer par le développement 
extraojdinaire de sa queue qui atteint 87 centimètres sur 
liÇ) centimètres de longueur totale de l'Oiseau ; les ailes 
sont également très développées ; sa couleur générale est 



i5o l'oiseau 

noire, avec les épaules rouges, et les grandes plumes des 
ailes bordées de gris ; bec couleur de corne. En hiver, il 
perd sa longue queue et son plumage devient gris fauve mêlé 
de noir ; c'est également là le plumage de la femelle, qui 
est de taille très inférieure. Les jeunes lui ressemblent. 

C'est la Veuve géante qui fut élevée la première en Angle- 
terre, en 1909, par M. Teschemaker, qui en publia un récit 
détaillé. Le nid fut construit dans une touffe d'herbe près 
de l'eau, et avait la forme d'une coupe, les brins poussant 
alentour étant recourbés au-dessus pour protéger de la pluie. 
Deux ttufs y furent déposés ; ils étaient blanc oale, cons- 
tellés de points gris-bleu et brun-violet, surtout au gros 
bout. L'incubation dura une douzaine de jours. La femelle 
éleva les jeunes sans aucune assistance du mâle, qui fut 
relégué dans une volière voisine aussitôt après l'éclosion. 
On leur fournit des insectes à volonté, et les jeunes 
poussèrent très vite, le premier quittant le nid à l'âge d'en- 
viron quinze jours. Des trois petits élevés, deux étaient des 
femelles et l'autre un mâle ; ce dernier était beaucoup plus 
gros et plus fortement marqué sur le dos que les femelles .11 
se mit à prendre couleur à l'âge de deux mois, et en cela 
différait d'une façon remarquable des espèces élevées dans 
mes volières, qui en certains cas, mirent près de deux ans 
à montrer des traces de leur plumage d'adulte. 

Depuis lors, la Veuve géante a été élevée par d'autres ama- 
teurs, et notamment à Evvhurst Park, par la duchesse de 
Wellington, qui en possède toute une troupe dans une grande 
volière. Plusieurs femelles nichent à la fois, viennent con- 
tinuellement demander des vers de farine et les prennent 
presque à la main. 

Voici des années que je possède des mâles de cette belle 
espèce, mais bien que j'aie souvent cru acheter des femelles, 
mes acquisitions se sont toujours trouvées être du sexe op- 
posé. Cette année même, j'essayai de nouveau de choisir des 
femelles dans un lot de ces Oiseaux nouvellement importés, 
et cela avec l'aide de l'homme qui les avait amenés, .le pen- 
sais bien, cette fois, avoir réussi. Mais après une semaine de 
séjour chez moi, l'une de ces Veuves commençait à chanter ! 
Ce n'est sans doute pas un mâle de Veuve géante, car elle est 
Irop petite ; je croirais plutôt que j'ai affaire à une Veuve 
de .Tackson, si cette espèce se rencontrait en Afrique du Sud, 



LES VELVES l5l 

région d'où pi*o vient cette importation. Je ne serai fixé que 
le jour où l'Oiseau prendra couleur. 

La YeuYe en feu (Coliuspasser ardens) est commune dans 
le Sud-Est et le Sud-Ouest de l'Afrique. Le mâle est noir 
velouté, avec un demi-collier rouge sur k haut de la poi- 
trine et les ailes frangées de brun : la queue, longue et flot- 
tante, atteint 21 centimètres ; l'Oiseau mesure en tout 
3ô centimètres.- Le mâle, en hiver, et la femelle sont brun 
fauve rayé de noir et ressemblent beaucoup à des femelles de 
Tisserins ; c'est d'ailleurs le cas de toutes les espèces qui sui- 
vent. 

La Veuve en feu est assez souvent importée, mais son prix 
reste toujours assez élevé, et les femelles arrivent en petit 
nombre. La plupart des Oiseaux amenés en Europe provien- 
nent du Sud-Ouest. Cette espèce, comme la Dominicaine, a 
été élevée par Mrs Annington. en 1909 ; on ne s'aperçut de 
sa nidification qu'après que les jeunes furent sortis du nid, 
et aucune observation ne fut faite : on ne remarqua pas les 
couleurs que prirent plus tard les jeunes mâles, de sorte 
qu'il est même douteux que l'élevage de cette espèce ait 
été réalisé ; on a fort bien pu avoir affaire à des hybrides, 
car les femelles de beaucoup de Veuves sont absolument 
semblables. 

Cet accident m'arriva à moi-même. En loiS, je lâchai 
dans une de mes volières un couple de ce que je croyais être 
des Veuves en feu : les Oiseaux nichèrent dans un laurier, 
à I m. 5o du sol. Le nid, très lâche et composé de brins 
d'herbes, contint deux œufs vert bleuâtre pâle tacheté de 
brun. L'éclosion eut lieu et deux jeunes furent élevés. J'en 
publiai un récit détaillé et réclamai une médaille pour avoir 
le premier élevé cette espèce en Angleterre. En 1917, le jeune 
mâle prit ses couleurs, et, à ma grande surprise, montra le 
manteau jaune de la Veuve à dos d'or, Oiseau auquel, en fait, 
il ressemblait complètement, sauf qu'il avait la queue plus 
longue. Ce bel hybride ayant été tué par accident et envoyé 
au Muséum, M. Chubb pensa que c'était un hybride de C. 
ardens x C. macrurct 

En 1916, la femelle nicha de nouveau, avec, à mon idée, 
un mâle de Tisserin Monseigneur (Pyrom.elana jlammiceps) ; 
mais je me trompais encore, car quand le jeune hybride prit 



i52 l'oiseau 

couleur, il montra des épaules jaunes, mais pas de manteau 
jaune, et il est ainsi probable que le père l'ut une Veuve à 
ailes rousses {JJ rohrachya axillaris) qui habitait la volière. De 
ces expériences il découle qu'il n'est pas prudent de prétendre 
avoir élevé une espèce avant que les jeunes mâles produits 
n'aient pris couleur, et mon opinion est qu'encore aucune 
jeune Veuve «n feu n'a été élevée, du moins en Angleterre. 

Décrivant le nid et les œufs de cet Oiseau, en Rhodésie, 
M. Swynnerton écrit : (( Les nids sont placés à i mètre en- 
ce viron du sol dans les longues herbes, et sont entièrement 
(( composés d'herbes ; les parties les plus soignées sont faites 
« des sommets fleuris débarrassés de leurs graines ; l'inté- 
'< rieur en est garni ; les extrémités inférieures des tiges sont 
(( ramenées par dessus el forment toit pour abriter du soleil 
« et de la pluie. Les œufs sont au nombre de trois ; ils sont 
(( brillants et varient du bleu pâle au vert bleuâtre, tacheté 
(( partout de brun cendré et de brun de différents tons ; ils 
« ressemblent à certains œufs de Moineau. » 

En 1920, j'eus plusieurs nids de ce que je considérais 
comme une vraie femelle de Veuves en feu, car les œufs con- 
cordaient exactement avec la description ci-dessus : deux 
couvées sortirent de l'œuf, mais ne furent pas élevées. 

Une sous-espèce très voisine (C. a concolor) se rencontre en 
Afrique Occidentale et ne diffère de la Veuve en feu que par 
l'absence du collier rouge. Elle a été importée en Allemagne. 

La Yeuve à large queue (C. lalicauda) habile le Nord-Est de 
l'Afrique, de l'Abyssinie, au Kilima-n'djaro. Elle est très rare 
en captivité. Elle diffère de la Veuve en feu par sa queue 
légèrement plus large et moins longue, et par la couleur 
rouge du sommet de la tête et du large collier descendant 
des côtés de la nuque sur la poitrine. 

J'obtins un mâle et deux femelles de celte espèce de 
M. Harper qui les avait ramenés directement de l'Ouganda, 
en igiA- Ces Oiseaux, et surtout les femelles, étaient sensi- 
blement plus gros que des Veuves en feu. Mon mâle ne prit 
pas ses couleurs avant le mois d'août ; il construisit trois 
nids : le premier dans un buisson, le second dans un sapin 
et le troisième dans une touffe d'herbe ; mais il ne put in- 
<îuire les femelles à s'y intéresser. 

On rapporte qu'en liberté cet Oiseau aménage des terrains 



LES VEUVES l53 

de danse à la laçoii do la Veuve de Jackson, mais mon exem- 
plaire ne tenta rien de pareil ; de fait je le vis très rarement 
sur le sol. A mon avis, sa parade ressemble beaucoup à 
celle de la Veuve en feu ; par moment, il enfonce la tête 
dans les épaules, traîne ses ailes comme un Dindon, et porte 
sa queue horizontalement ; ensuite, il redresse le corps en 
bombant la poitrine, et ferme les yeux comme en extase. 
Parfois, je l'ai vu voltiger au-dessus d'une femelle comme 
une Veuve dominicaine. Son chant est très long .et imper- 
ceptible, sauf la dernière note qui ressemble au coassement 
d'une grenouille. 

Par malheur, je perdis mon mâle l'hiver suivant, de sorte 
que j'accouplai les femelles à un mâle de Veuve en feu. 
iToutes deux nichèrent, l'une» dans une touffe d'herbe, l'autre 
dans un arbuste. La première fit trois pontes de deux œufs, 
mais le nid était si lâche que le premier orage le détruisait. 
La seconde bâtit deux ou trois nids solides dans un troène, 
mais bien qu'elle y passa pas mal de temps, aucun œuf n'y 
fut déposé. Les œufs sont blanc verdâtre fortement pointillé 
de brun rouge ; ils sont plutôt plus allongés et moins bril- 
lants que ceux des Veuves en feu et à dos d'or. M. Van Some- 
ren écrit au sujet de cette espèce : (( Cette Veuve est commune 
« dans la région herbue de l'Afrique Orientale anglaise. On 
« trouve les nids dans les touffes d'herbes des savanes et 
« dans les marais. Le nid est composé d'herbes. Les brins 
« qui se trouvent sur place sont d'abord tissés en un anneau, 
« sur lequel s'appuie le reste de la construction. Le nid est 
« très frêle et reste généralement sans garniture intérieure 
« jusqu'à la ponte du premier œuf. Les œufs sont bleuâtres 
« ou verdâtres, avec de nombreux points et taches roux plus 
« ou moins foncé, la ponte est habituellement de deux œufs, 
« mais on en a trouvé de quatre. » 

La Yeuve à épaulettes (C. albonotatus) se rencontre en 
Afrique Orientale. Elle est sensiblement plus petite que l'es- 
pèce précédente ; c'est un joli Oiseau noir, avec l'épaulette 
jaune et un miroir blanc à l'aile, ornements qui apparaissent 
surtout quand il vole. 

Cette espèce a été élevée en yVllemagne, et, en Angleterre, 
dans ces dernières années, un assez grand nombre d'exem- 
paires ont été importés. En 1920, je reçus deux couples 



i54 l'oiseau 

que je lâchai en volière avec divers autres Passereaux, mais 
bien que plusieurs nids eussent été construits dans les lon- 
gues herbes, je n'obtins pas d'oeufs ; peut-être mes Oiseaux 
étaient-ils tous des mâles. Une invasion de rats, à l'au- 
tomne, décima mes pensionnaires, et je ne pus aller plus 
loin. Il semble que les mœurs de cette espèce, en liberté, 
soient peu connues ; on dit que ses œufs sont bleu foncé 
avec des points rouge sombre et violets. 

Une espèce voisine (C. eqiies), qui ne diffère de la précé- 
dente que par ses épaulettes brun rouge au lieu de jaunes, 
habite aussi l'Est Africain, mais plus au nord ; elle a été 
importée en Allemagne. 

La Yeuve à dos d'or (C. macrurn), est l'une des plus belles 
espèces. Le mâle, en pleines couleurs, est noir brillant avec 
le manteau, les scapulaires et les épaulettes jaune vif. On dit 
qu'elle est plus grosse que la Veuve en feu, mais le seul 
mâle que j'aie possédé était plus jjetit. J'ai rapporté plus haut 
qu'une femelle, que je crois être de cette espèce, nicha deux 
ans de suite avec des mâles d'espèces différentes. 

Cette Veuve habite à la fois l'Ouest et l'Est de l'Afrique. 
Un certain nombre d'exemplaires viennent d'être importés et 
je me suis procuré ce que je crois encore une véritable paire ; 
aussi ai-je l'espoir d'en élever la saison prochaine. Bien 
qu'elles aient niché par deux fois en France, aucun jeune 
n'a pu être encore élevé en captivité. 

De cette espèce, Von Heuglin dit : « .Te l'ai trouvée par 
« couples pendant les pluies d'été dans les vallées humides 
« du Bongo, au voisinage de la rivière des Gazelles. Le mâle 
« prend ses pleines couleurs au milieu de juillet et paraît 
« quitter le pays en aoilt et septembre avec ses jeunes. En 
a décembre, je remarquai de nouveau ces Oiseaux. Comme 
« ses congénères, la Veuve à dos d'or fréquente les hautes 
« cyperacées et autres herbes, dont elle mange les graines ; 
« ce n'est que pendant la période ds reproduction qu'elle ne 
« vit pas en société. Cet Oiseaii vit longtemps. » 

Les œufs sont vert pâle ou gris verdâtre, tachetés de ffris. 
En Abyssinie, on trouve une espèce voisine (P. macrocerca), 
noire, avec seulement les épaulettes jaunes, qui a été importée 
en Allemagne. 

La Yeuve de Jackson (Drepanoplectes jacTcsoni) est, à 



LES VEUVES l55 

mon avis, l'espèce la plus intéressante du groupe ; c'est 
aussi un tort bel Oiseau. Peut-être suis-je un peu partial 
en sa faveur, l'ayant élevé le premier en Europe. Cette espèce 
habite les parages du Lac Victoria ; elle se rapproche comme 
taille et allure de la Veuve géante, mais sa queue, beau- 
coup moins longue, est recourbée en faucille comme celle du 
Coq ; ses épaules sont brun cannelle. 

J'acquis mes Oiseaux, un mâle et deux femelles, de 
M. Low^, dont le frère les avait apportés directement d'Afrique 
Orientale. Je les plaçai dans une grande rage avec quantité 
d'autres Passereaux. Ils se comportèrent assez bien, quoi 
qu'au début le mâle effrayât ses compagnons en voletant au 
milieu d'eux. Au début de janvier, le mâle commença à 
perdre ses couleurs ; les longues plumes noires de la queue 
furent les premières à muer, puis les plumes du corps sui- 
virent, si bien qu'en une quinzaine, on ne put le distinguer 
des femelles que par sa taille plus forte et la proéminence 
frontale de son bec plus prononcée. Cette proéminence est très 
apparente chez le mâle en plumage gris, mais beaucoup 
moins lorsqu'il est en parure de noce. On aurait pu croire 
que le contraire se serait produit, car cette protubérance 
blanc d'ivoire contraste vivement avec le noir des plumes. 

Au milieu de mai, je lâchai les trois Oiseaux dans une 
vaste volière, dont la plus grande partie était herbue ; ils 
se trouvèrent tout à fait chez eux et le mâle ne tarda pas à 
aménager son terrain circulaire de danse. Le 20 mai. je re- 
marquai que du noir se montrait à sa poitrine ; le 7 juin, 
sa queue était poussée et il commençait à parader sur son 
terrain, qui avait plus d'un mètre de diamètre ; une touffe 
de 3o centimètres environ de hauteur était laissée au centre, 
tandis que l'herbe alentour n "excédait pas 5 à 7 centimètres. 
Dans cet amphithéâtre en miniature, il se livrait, chaque 
jour, à de nombreuses reprises, aux plus extraordinaires évo- 
lutions. A certains moments, après avoir tourné autour de 
la touffe centrale, les ailes balayant le sol, la tête renversée 
touchant la queue, il se retournait soudain et chargeait la 
touffe, les plumes du cou formant une véritable collerette. 
A d'autres, il se livrait à une série de grands bonds, la queue 
étalée et les plumes toutes gonflées ; ces bonds atteignent à 
peu près le sommet des herbes voisines, hautes d'un mètre 
environ. Il variait ces exercices de courtes visites à un arbre 



l56 l/oiSEAU 

voisin, émetlant sans cesse son senriblant de chant. Pendant 
tout ce temps, les femelles regardaient, du couvert des herbes. 

Après que ces danses eurent duré une semaine ou deux, 
je remarquai qu'une des femelles transportait de l'herbe et 
je parvins à situer le nid. Il était entièrement construit 
d'herbes, les brins verts étant plies au-dessus pour former 
un abri capable de protéger les habitants de tout, sauf d'un 
violent orage ; il était tapissé d'inflorescences d'iierbes. 

Trois œufs piriformes furent pondus, blanc verdâtre, ta- 
cheté et pointillé de roux et de gris de plusieurs tons ; j'en 
prélevai un pour ma collection, et les deux autres éclorent 
après douze jours d'incubation. Les jeunes nouvellement nés 
sont nus et couleur de chair. Ils furent nourris de graines 
d'herbes, de millet, d'alpiste ; on ne leur fournit aucune 
pâtée ou insectes vivants, mais sans doute beaucoup de 
petits insectes terrestres leur furent donnés : je n'ai 
jamais vu les adultes attraper des insectes au vol comme le 
font les Tisserins, et je doute qu'ils soient assez vifs pour 
le faire. Les jeunes quittèrent le nid au bout de seize jours et 
ressemblaient alors à la mère, en légèrement plus petit ; 
ils continuèrent à passer leur temps dans l'herbe. Le père, 
comme cela semble de règle chez les Veuves, ne prit aucune 
part à l'éducation des jeunes, mais il se tenait toujours aux 
alentours du nid et il remplissait le double rôle de garde et 
de sentinelle, ses cris d'alarme permettant à la femelle de 
se glisser hors du nid avant qu'on ait pu s'approcher et la 
voir fuir. A ce moment, il avait complètement cessé de pa- 
rader et de se ssrvir de son terrain de danse. 

La première fois que je vis les jeunes manger seuls, c'était 
sur les hautes herbes en graines de la volière, et ils ado- 
raient ces graines. 

La saison suivante, plusieurs autres nids furent occupés, 
mais le succès ne fut pas complet. Le jeune mâle, ayant en- 
core sa robe grise, s'aménagea un terrain de danse particu- 
lier, et se livra aux mêmes manèges que son père. Malheu- 
reusement, il ne vécut pas assez longtemps pour prendre son 
plumage d'amour, qui apparaît à l'âge de deux ans. 

La YeuYe à épaules rousses (Urobrachya axillaris) est 
une autre espèce de l'Est Africain. Le mâle est un bel Oiseau 
tout noir, à la queue assez courte, dont la couleur rousse des 



LES >EUVES 167 

épauk> est .appareille lorsqu'il vole. Slark s'exprime ainsi à 
son sujet : « Comme lous les autres membres de famille, il est 
u polygame et, au printemps, les mâles font grand effet dans 
« leur plumage neuf de velours noir, avec leurs épaulettes 
« brun rouge et orangées ; on les voit voltiger au-dessus des 
c( roseaux et des herbes, avec un curieux vol ondulant ; cha- 
« cun est accompagné de près par dix ou douze femelles, 
« petits Oiseaux bruns et insignifiants, qui se tiennent presque 
« toujours groupées à quelques mètres derrière leur maître 
« et seigneur. Vers le début de novembre, les femelles se 
i( séparent et commencent à bâtir leur nid. Celui-ci est géné- 
« ralement placé dans une touffe d'herbe, de 20 à 26 centi- 
« mètres au-dessus du sol ; c'est une belle et légère construc- 
<i tien ovale et munie d'un dôme, avec une entrée de côté 
(( vers le haut. Il est composé d'herbes fines et tissé comme 
(( ime sorte de filet. Les œufs, au nombre de trois, sont polis 
(( et vert clair, marqué de gros points et taches brun olive 
« foncé )i. 

Cette espèce s'est reproduite en Allemagne, dès 1898 ; les 
nids étaient placés dans un buisson. Elle est importée assez 
fréquemment sans être commune en captivité. 

La YeuYe de Du Bocage ((/. bocagei) est très rare en Eu- 
rope. Elle ressemble beaucoup à la précédente, mais est plus 
lourde et ses épaules sont jaune orange ; son bec est plus 
fort et blanc bleuâtre. Elle habite l'Angola et le Benguela. 

J'ai possédé plusieurs années un mâle de cette espèce ; une 
saison, il s'accoupla à une famille de Tisserin, d'es|>èce in- 
certaine, et les œufs furent fécondés, bien qu'aucun jeune ne 
fut élevé. 

La Veuve d'Heuglin (U. phœnicea) de la région du Victo- 
ria-Nyanza. a été importée en Allemagne ; elle ne diffère des 
j>récédentes que par les couvertures des ailes couleur cannelle. 

Les Veuves du genre Urobrachya se rapprochent beaucoup 
des Tisserins par leur forme et c'est à peine si leur queue est 
plus longue que chez ces Oiseaux. Elles forment transition 
avec eux. 

(A suivre). 



LES VOLIÈRES A GRILLAGE MOBILE 
par A. GODARD 

A propos des diverses catégories de volières que M. Dela- 
cour a décrites dans son introduction au Manuel d'élevage 
« Les Oiseaux », et qui a paru dans le numéro de janvier de 
cette revue, je voudrais attirer l'attention de nos collègues 
sur les volières à grillage mobile, que je préconise depuis 
plusieurs années. 

Inutile de retracer ici tous les détails que j'ai résumés 
dans les « Jardins-Volières ». Je dirai seulement que cette 
volière se compose de : 

1° Une logette pouvant servir d'abri en hiver pour les- 
espèces délicates. 

2° Un abri communiquant librement avec le jardin dont 
il n'est qu'une partie, recouverte seulement d'un vitrage au 
lieu d'un grillage. 

3° Le jardin, où nicheront les Oiseaux. 

Ce jardin est entouré de murs et recouvert de grillage, 
au travers duquel il est possible de laisser passer ou non 
les Oiseaux, suivant les circonstances. 

Les murs seront bien lisses à l'extérieur, afin d'empêcher 
l'intrusion des rongeurs, chats, etc. Il serait même bon 
d'ajouter en haut une corniche extérieure, dont la saillie 
s'opposerait mieux encore à cette intrusion. 

Pour la même raison, aucun arbre -extérieur ne devra 
allonger de branches au-dessus de l'enclos. 

Des fondations un peu profondes empêcheraient l'entrée 
des ravageurs par galeries souterraines ; une revêture en ci- 
ment serait indiquée, si l'on ne regardait pas à la dépense. 

Les murs seront percés, à l'intérieur, de trous-nichoirs ou 
abris pour les Mésanges, Bergeronnettes, etc.. On en variera 
la forme et la dimension. 

Mais voici la question importanle et un peu compliquée, 
celle sur laquelle repose tout le système d'élevage par les 
parents momentanément rendus à la liberté : la couverture 
mobile en grillage. 

Evidemment, il paraîtrait d'abord plus simple d'établir 



LES VOLIÈRES A GBILLAGE MOBILE 1 5<) 

un toit entièrement mobile, composé de châssis en grillage 
que l'on retirerait ou replacerait l'un après l'autre. Ce sys- 
tème peut s'adapter à une volière de petite dimension. Mais 
avec une surlace plus étendue, l'on se heurte à l'ennui d'un 
travail compliqué, et, ce qui est plus grave, au danger d'elTa- 
roucher les Oiseaux qui s'enfuiraient par les châssis ouverts, 
tandis qu'on remplacerait les premiers. Il importe donc que, 
même opérée la nuit, comme elle doit toujours l'être, la 
manœuvre des châssis soit simultanée. 

Il suffit en outre qu'un châssis sur deux soit mobile, car 
les Oiseaux finiront bientôt par retrouver l'entrée, surtout 
si le châssis mobile, replacé sur le châssis fixe, rend celui-ci 
moins transparent. 

Voici, en conséquence de tout cela, la disposition que je 
préconise : 

1° un assemblage de châssis fixes, solidement encastrés 
dans les murs, et maillés alternativement à i centimètre et 
à 5 centimètres ; 

2° reposant sur les bords latéraux de cet assemblage fixe, 
une bande de fer, en rail plat servant à la manoeuvre des 
châssis décrits ci-après ; 

3° une rame de châssis mobiles, maillés à i centimètre 
et (dans la position fermée de la volière) reposant sur les 
châssis fixes maillés à 5 centimètres. 

Pour ouvrir la volière, on repoussera cette rame au-dessus 
des châssis à mailles fines. Une tringle de fer munie d'une 
poignée et rivée à chaque châssis mobile facilitera cette 
manœuvre. Pour refermer la volière, on tirera la tringle en 
sorte que les châssis mobiles se replacent sur les châssis à 
larges mailles ; un butoir permettra de les tirer à fond, 
afin qu'il ne subsiste aucun intervalle par où s'échapperaient 
les Oiseaux. 

L'espace en hauteur séparant les châssis supérieurs des 
châssis inférieurs ne devra dépasser i centimètre, pour ne 
pas livrer de passage aux Oiseaux, dans la position fermée, 
entre les châssis fixes et les châssis mobiles. En conséquence, 
le rail plat sur lequel glissent les châssis mobiles ne devra 
•avoir que i centimètre d'épaisseur. Il pourra avoir de lo à 
1.5 centimètres de largeur. 

Une- difficulté naît dans la partie où il n'existe pas de mur 



,i6o l'oiseau 

pouf supporter les châssis et le rail. Ce mur sera remplacé 
par une poutrelle de fer sur laquelle reposera un bord dès 
«châssis inférieurs. Au-dessus d'eux, le rail continuera son 
cadre horizontalement bien uni, pour faciliter la manoeuvre 
des châssis mobiles. 

Les châssis mobiles seront entourés d'un cadre de fer 
aussi léger que possible, mais rigide et de forme ronde, 
$)Our glisser plus aisément sur le rail. Ils auront i mètre 
de largeur sur une longueur égale à celle du jardin à cou- 
ATir (4 mètres dans mes plans) avec 4 ou 5 centimètres en 
plus dans ce sens pour bien reposer sur le rail. 

J'insiste sur l'immense avantage de loger les Oiseaux dans 
une volière close sur les quatre côtés non par un grillage, 
mais par un mur. On évite ainsi les courants d'air, l'indis- 
crétion des visiteurs, l'introduction, si le mur est haut et 
bien lisse, des petits rongeurs et des serpents. Mais, sur- 
tout, les Oiseaux ne ressentent pas ainsi l'impression de leur 
captivité par la vue du monde extérieur ; point essentiel 
pour la nidification. 

Sur l'aménagement du jardin, je n'ai rien à ajouter aux 
recommandations de mon livre. Cet aménagement variera 
évidemment avec les sortes d'Oiseaux ^que l'on se propose 
d'élever. Il faudra, pour les petites espèces, des abreuvoirs 
peu profonds, non escarpés, et mêriie munis de légers ra- 
deaux, afin d'éviter la noyade des jeunes à leur premier vol. 
Pour le reste, tout se résume dans ce principe : reconsti- 
tuer à l'Oiseau son milieu normal d'habitat. 

On ménagera des abris contre la pluie, soit en remplaçant 
le grillage, sur tout le pourtour du mur, par une bordure 
en verre épais et teinté, soit en disposant aux angles, à l'in- 
térieur, des cabanes ouvertes, à toit de chaume. La bordure 
en verre aurait l'avantage de protéger les nids établis près 
du mur, et, dans ce but, on placerait là de préférence les 
asiles de nidification (halliers ou plantes grimpantes). 

Les trous ménagés dans la construction du mur, pour les 
espèces nichant ou dormant dans les creux, seront de forme 
et de dimensions variables, quelques-uns rétrécis à l'orifice, et 
-échelonnés à des hauteurs différentes. On s'inspirera là en- 
core des habitudes de chaque espèce. 

La possibilité de l'élevage dans les volières à grillage mo- 
bile repose sur deux constatations : 



Li;s vor.iKiiES A guii.lage mohim: i(m 

1° même dans une caiic ou une petite volière, les Oiseaux 
qui y ont niché et auxquels on ouvre la porte quand les 
petits sont eclos, vont chercher au dehors et rapportent à 
leur piofïénituré la nourriture appropriée ; 

2" beaucoup de Passereaux nichent sensiblement à la 
même é^xique. En tenant compte de c3 que, dans une volière 
assez vaste, tous les couplés reviendraient probablement 
alors même que le nid serait seulement commencé, et au 
besoin, en sacrifiant une ou deux couvées prématurées, il est 
possible de donner la liberté à tous les parents à une même 
date, par exemple vers le i*"" mai, époque 011 les premiers 
jeunes seraient éclos. 

On voit dès lors le niécanisTne des deux grillages : 

1" le grillage fixe, assez large pour penuettre la sortie et' 
la rentrée des parenté, est assez étroit pour empêcher l'in- 
trusion des chats et des épei-viers dans la volière ; 

2° le grillage mobile permet de retenir captifs les parents, 
ou.de les laisser sortir di'rant la période des élevages pour 
qu'ils aillent chercher aux alentours leur nourriture natu- 
relle. 

Conmie nous l'avius dit, iî n'est pas indispensable que le. 
double grillage règne sur toute la surface de la toiture. 
L'Oiseau, pour rentrer au nid, pourra hésiter un moment, 
mais découvrira bientôt l'accès. 

Pour qui connaît la psychologie des Oiseaux en volière, 
ce toit mobile ne suffit pas. Les captifs, une fois habitués 
à ne pas trouver d'issue, cessent de la chercher. Il faut que 
l'idée d'une évasion leur vienne de la découverte d'une 
ouverture imprévue si la volière est de dimension assez con- 
sidérable et le mur élevé. 

Aussi devra-t-on établir au milieu de chaque paroi du 
mur de clôture, une lucarne d'environ un mètre carré, qui 
sera fermée , extérieurement par un grillage fixe de 5 centi- 
mètres (contre les Rapaces) et du côté de la volière, par un. 
volet plein, et mobile, non par un petit grillage dont les cap- 
tifs ne remarqueraient pas l'enlèvement. La lucarne sera 
établie à 2 mètres du sol, pour éviter l'irruption des petits 
rongeurs, que le grillage de 5 centimètres n'arrêterait point. 
Alais cette lucarne ne rend pas superflu le grillage mobile de 
la toiture. En effet, pour rentrer, l'Oiseau volera probable- 



iGa l'oiseau 

luent au-dessus de son nid, et il s'épuiserait en vains efforts 
s'il ne trouvait un accès par la toiture en grillage. 

Le système de volière à double grillage ne peut être uti- 
lisé que si les Oiseaux, momentanément lâchés, ne risquent 
pas d'être aussitôt capturés par des oiseleurs ou des bêtes de 
proie. Il suppose donc des alentours bien surveillés. 

Il serait d'une extrême utilité, non seulement pour le re- 
peuplement de nos insectivores indigènes (les sédentaires de 
préférence), mais encore pour l'élevage des Passereaux exo- 
tiques capables de supporter la température de nos prin- 
temps. 

Je pense qu'il n'est pas, parmi nos sédentaires, jusqu'à 
la Mésange à longue queue, au Grimpereau, au Troglodyte 
et à la Bergeronnette, que l'on ne réussirait à multiplier 
de cette façon, au grand bénéfice de l'agriculture. Les jeunes, 
au moment oij ils s'échappent du nid, peuvent recevoir 
désormais la nourriture succédanée des insectivores, et il 
serait préférable de les conserver en volière jusqu'au début 
du printemps suivant. Les couples, alors lâchés, se reprodui- 
raient au dehors, et le repeuplement s'opérerait très vite. 
D'autre part, de telles volières permettraient l'élevage des 
insectivores exotiques les plus difficiles à faire nicher en 
<-aptivité. 



LES ROUGES-QUEUES 

par M. LEGENDRE 

Sous cette simple dénomination sont désignés deux jolis 
Oiseaux assez çominuns en France : le Rouge-queue de mu- 
raille, ou Rossignol de muraille (Riiticilla phœnicara L.) et 
le Rouge-Queue Tithys, ou Rubiette Tithys (Raticilla tithys 
Scop.). D'une taille à peu près semblable (1/4 à i5 cm., dont 
6 pour la queue), ayant le même genre de vie et les mêmes 
allures, ces deux Oiseaux sont parmi les premiers à nous 
revenir à la fin de l'hiver, et le paysan normand ne manque 
jamais de dire en les apercevant : (c Le R.ouge-queue est de 
retour, nous aurons maintenant le beau temps ». Néanmoins 



LKS UOUGES-QUEUE.S I 63 

pendant les hivers très doux, quelques sujets nous roslenl et 
ce sont souvent des Tithys ; mais, en général, ces deux 
espèces d'Oiseaux nous arrivent dans le mois de mars pour 
nous quitter en octobre. 

Les Ruticilla sont très répandus dans l'Ancien Monde et 
les espèces sont au nombre d'une douzaine, habitant prin- 
cipalement l'Asie. Les espèces asiatiques ont des mœurs sem- 
blables à celles de nos Rouges-queues indigènes et appa- 
raissent quelquefois en Europe Orientale. En Afrique du 
Nord, il existe un Ruticilla ayant un chant ressemblant à 
celui du Rouge-gorge et qui, comme lui, niche très souvent 
au pied des arbres : la Rubiette de Moussier (Ruticilla mous- 
sieri Tristram). J'ai eu l'occasion de voir dans la volière d'un 
ami un couple de ces petits Oiseaux, une des espèces les 
plus jolies de la famille. 

Le régime alimentaire de nos Rouges-queuss est purement 
insectivore ; ils cherchent leur nourriture sous les buissons, 
enhe les pierres, mais très souvent ils s'élèvent dans les airs 
à la manière des Gobe-mouches pour saisir les insectes. 

Le Rossignol de muraille est un des plus beaux Oiseaux 
de notre faune. Au printemps, le mâle revêt un très joli cos- 
tume : le front, la gorge et le cou acquièrent peu à peu un 
noir de velours, le sommet de la tête bleuâtre s'orne alors 
d'un diadème blanc, et le roux de la poitrine et de lo queue 
devient plus vif. Ces belles couleurs sont prises par l'Oiseau 
avant son retour parmi nous, car, en captivité, c'est vers 
février que le diadème prend toute sa splendeur et que, peu 
à peu, le noir remplace le grisâtre de la tête et de la gorge 
(il est à remarquer qu'à la même époque, la Gorge-bleue 
captive reprend de la même façon son joli plastron). La fe- 
melle a les parlies supérieures du corps d'un gris roussâtre, 
la gorge et le ventre d'un blanc sale, la queue, plus pâle 
que chez le mâle ; ce costume effacé la fait passer inaperçue. 

Le Rossignol de- muraille est un Oiseau solitaire ; souvent 
perché, il marque sa vivacité par un fréquent mouvement 
de la queue. Il est un des premiers éveillé pour faire en- 
tendre sa voix ; son chant est doux et mélodieux et on 
l'écoute toujours avec plaisir. Il aime les habitations déla- 
brées, le chaume des maisons rustiques et se perche avec 
plaisir sur les pierres moussues des vieux murs, ce qui a dû 
lui valoir son nom. 



i64 i/oisii;Aij 

Vers avril, il commenct^ son nid, toujours grossièrement, 
construfl d'herbe sèche, de crin, puis de plumes, le 'tout 
entrelacé sans art. Ce nid '.'.-i placé dans un creux d'arbre, 
une crevasse de mur, souvent aussi sous le toit d'une mai- 
son, d'une étable, enfin, toujours dans une excavation. La 
ponte est de 5 à 7 œufs d'un beau bleu sans tache ; ils res- 
semblent à ceux de l'Accenteur Mouchet. 

En juin a lieu une seconde ponte, ayant souvent le même 
nombre d'œufs. L'élevage se fait très vite ; j'ai constaté que 
les petits étaient prêts à sortir du nid, une douzaine de jours 
après leur naissance. Jusqu'à la mue, le plumage des jeunes 
est gris cendré mélangé de jaune roux. Il est à noter que 
le Rouge-queue de muraille vient très facilement dans les 
nichoirs artificiels placés aux bons endroits. 

Ls Rouge-queue Tithys est sensiblement plus l'ort que 
l'autre espèce ; il donne l'imptession d'être plus trapu. Le 
mâle, au printemps, a les parties supérieures d'un joli cen- 
dré bleuâtre, le front, les joues et la gorge d'un noir pro- 
fond, la queue d'un roux vif. La femelle a une livrée grise 
légèrement roussâtre en dessus. 

Le Tithys est un peu moins commun en France que le 
Rossignol de muraille, mais leur habitat et leurs moeurs 
sont à peu près identiques ; pourtant, le premier recherche 
les endroits plus élevés, plus pierreux ; il fréquente beaucoup 
les cheminées, les édifices, les églises, et se rapproche ainsi 
des villes, ce qui ne l'empêche pas de rester toujours défiant. 
C'est un grand chasseur d'insectes, vif et très agile ; il saute 
et s'envole avec légèreté ; il vit seul ou avec sa femelle, et 
comme le Rouge-gorge, ne supporte aucun autre petit Oiseau 
près de lui et même dans son domaine qu'il sait choisir. 
Son chant est beaucoup moins harmonieux que celui du 
Rossignol de muraille ; ce sont des notes rauques, rapides, 
puis des cris précipités. 

Au mois d'avril, le Tithys songe à son nid ; (""est dans 
une crevasse de rocher, un trou d'un mur, qu'il l'établit. 
Il' est aussi très grossièrement fait d'un amas do racines et 
d'herbes ; l'intérieur est garni de plumes et de poils. Les 
œufs, au nombre de 5 à 7, sont d'un blanc pur et lustré. 
J'ai l'cccasion d'observer depuis deux ans des nids de Tithys 
en plein Paris, dans le cimetière de Montmartre : un nid 
dans un trou de mur et deux autres dans des monuments- 



LES ROUGES-QUEUES I 65 

funéraires. .]"ajout^'rai qu'il séjourne dans ce cimetière pari- 
sien de nombreux Oiseaux d'espèces très variées : le Ros- 
signol de muraille s'y trouve aussi et j'y renconire toujours 
deux couples de Pies. 

Le Tithys fait, au commencement de juin, une seconde 
couvée et même quelquefois, plus tard, une troisième ; les 
jeunes, qui sont, comme dans l'autre espèce, très vite élevés, 
revêtent successivement deux plumages avant la livrée défi- 
nitive. Ces plumages de jeunes ont créé une confusion : en 
18/48, sous le nom de Ruticilla cairei fut décrit un mâle de 
Tithys se reproduisant dans les Basses-Alpes en habit de 
jeune. 

Ce fut, en effet, un ornithologiste, l'abbé Caire, qui fit 
la remarque que chez plusieurs couples d'Oiseaux proches 
du Tithys, Oiseaux adultes et en amour, le mâle portait un 
plumage d'un brun cendré uniforme à peu près semblable 
à celui d'une vieille femelle de Tithys. De nombreux exem- 
plaires furent tués et des mâles capturés près du nid, mais 
l'expérience aurait dû être poussée beaucoup plus loin avant 
que Gerbe n'admit l'espèce sous cette dénomination Ruti- 
cilla cmrei (centre d'habitat : Basses-Alpes). 

De nombreuses polémiques s'engagèrent ; l'attention des 
ornithologistes se fixa particulièrement sur les Tithys ; des 
observations furent faites, et l'on arriva à découvrir peu à 
peu, et de tous côtés, que cette soi-disant espèce se trouvait 
partout. En certains endroits, les nichées de Rubiettes de 
Caire étaient même plus nombreuses que celles de Tithys. 
Les œufs avaient été décrits légèrement moins gros et quel- 
quefois d'un blanc teinté de vert pâle, mais il faut admettre 
que les œufs des premières pontes (c'était le cas de toutes 
ces couvées) sont généralement plus petits. Quant à la cou- 
leur, on sait qu'en oologie surtout, l'exception n'est pas la 
règle. 

R. cairei n'est pas une espèce ni même une forme locale, 
mais simplement le Tithys n'ayant pas encore la livrée des 
adultes et qui, comme chez quelques Oiseaux, notamment 
le Loriot, se reproduit h l'âge d'un an avec sa robe grise. 
L'Oiseau ne prend sa livrée complète qu'à la seconde année. 
Il est facile de se rendre compte de ces plumages en captu- 
rant une nichée de Tithys. A la première mue, les jeunes 
prendront la livrée de la soi-disant espèce de Caire. Si le 



l66 L OISEAU 

mâle a été également capturé et s'il est de cette soi-disant 
espèce, il prendra alors la belle livrée du Tithys, c'est-à-dire 
la robe noire. 

Les Rouges-queues sont de bons Oiseaux pour la volière 
ou la cage ; purs insectivores, ils peuvent être classés parmi 
les délicats et réclament les mêmes soins et la même nour- 
riture que les Rossignols, Gorges-bleues, Traquets..., etc. 
Les adultes seront capturés de préférence dès leur arrivée ; 
Il faut toujours éviter de prendre les Oiseaux à l'époque où 
ils ont leur nid. Le sevrage s'opère comme celui de tous les 
Oiseaux fragiles : petite cage demi-voilée et tranquillité ; au 
bout de quelques jours, si l'Oiseau commence à manger 
normalement, la lumière lui sera peu à peu rendue. La nour- 
riture consiste, au début, en vers de farine et œufs de four- 
mis frais mélangés à très peu de pâtée. Comme toujours, il 
faut arriver à diminuer progressivement le nombre de vers 
de farine et d'œufs de fourmis et, au contraire, à augmen- 
ter la quantité de la pâtée. L'acclimatation est un fait ac- 
compli quand l'Oiseau peut se nourrir simplement avec la 
pâtée, laquelle, j'ajouterai, doit être de bonne composition 
si on veut maintenir la santé du pensionnaire. 

Les jeunes, que l'on désirera élever soi-même, seront en- 
levés du nid à la moitié de leur développement, c'est-à-dire 
ayant déjà le corps emplumé. Le cliangement trop brusque 
de nourriture est .souvent la cause de la perte des petits 
Oiseaux. L'amateur devra donc fournir, pendant deux ou 
trois jours, des petits insectes à ces délicats pensionnaires. 
Les premières becquées consisteront en œufs de fourmis 
frais et quelques vers de farine coupés en morceaux et choi- 
sis de petite taille. Puis, peu à peu, on intercalera des pe- 
tites boulettes de pâtée qui doivent devenir la base de leur 
nourriture. 

L'amateur a toujours tendance à trop nourrir ses jeunes 
Oiseaux ; il ne faut pas répondre à la demande continuelle 
des petits becs qui se tendent et espacer les becquées de demi- 
heure en demi-heure. On doit savoir éviter de surcharger 
leur appareil digestif. Autant que possible, en se rappro- 
chant de la nature, commencer les becquées très tôt le matin ; 
l'hygiène du nid est généralement bien observée par les 
Oiseaux ; imitons-les ; veillons à ce que les excréments ne 
souillent pas les jeunes pensionnaires ; donnons-leur les bec- 



CHRONIQUE ORNITIIOLOGIQUE 167 

quées soigneusement, de façon qu'il ne tombe pas de la 
nourriture sur leur plumage et qu'il n'en reste pas aux com- 
missures du bec. Nous serons récompensés de ces soins en 
ayant des Oiseaux familiers que chaque jour nous verrons 
grandir et nous pourrons étudier leurs changements de plu- 
mage. 

Le Rossignol de muraille est celui des deux Rouges-queues 
que l'on voit le plus souvent en captivité et c'est à juste 
titre, car comme Oiseau de cage, il est nettement supé- 
rieur au Tithys. Si la Nature a donné un joli costume à ces 
deux Oiseaux, elle a cependant su favoriser le premier ; il 
en est de même pour son chant. Avec ses compagnons cap- 
tifs, c'est un Oiseau doux, évitant toutes les querelles (le 
Tithys est plus sauvage et plus turbulent). Il conserve son 
caractère solitaire et il aime à se percher dans un endroit 
tranquille ; c'est ainsi posé qu'il émet son chant composé 
de notes très douces. Le seul défaut que lui reprochent quel- 
ques amateurs, c'est de pousser trop souvent son cri d'appel 
qui, pour lui, doit exprimer bien des choses, et qui se tra- 
duit par des : « Ouit, ouit. ouit... » très prolongés. Ce cri, 
qu'il fait entendre le soif quand ses compagnons sont déjà 
au repos, n'est pas sans avoir pour moi un certain charme 
mélancolique. 



CHRONIQUE ORNITHOLOGIQUE 

Il vient d'arriver en Europe deux Coqs de Java (Gallus 
varius) ; l'un a été acquis par M. H. D. Astley, l'autre par 
M. J. Delacour. Le Coq de Java est un magnifique Oiseau ; 
sa crête est bien développée et fort singulière : elle est en- 
tière (sans dentelure), vert d'eau à la base et violette au 
sommet ; il ne possède qu'un seul barbillon qui est rouge, 
jaune vif et bleu. Les plumes du camail et du dos ne sont 
pas effilées comme chez les autres Coqs, mais arrondies 
comme celles de certains Faisans, noir pourpre bordé de 
vert bronzé ; celles des flancs sont allongées, noires avec une 
bordure jaune ; les ailes sont recouvertes de plumes noires, 
frangées d'orangé ; la queue est vert métallique ; le reste du 



i()8 l'oiseau 

corps, noir pourpré. La Poule est brune, marquée de fauv6 
et de noir, avec des taches vert métallique sur le dessus du 
corps. 

Cette espèce est très rarement importée, bien qu'elle soit 
abondante dans son pays d'origine, Java, et dans les autres 
îles qui le prolongent à l'Est. 

D'après M. W. Beebe, les Javanais ne la chassent pas ; ils 
ne font que capturer des Coqs pour les croiser avec des 
Poules domestiques ; l'hybride ainsi obtenu est appelé a Bé- 
kisar ». Ces hybrides sont de couleurs variables et tiennent 
le milieu entre les parents ; mais ce n'est pas leur plumage 
qui les font rechercher ; c'est leur voix extraordinairement 
puissante et pénétrante. Leur chant s'entend à plus d'un 
kilomètre et demi ! Ce chant, d'ailleurs, n'est qu'un cri, 
sans rythme ni timbre agréable, et on se demande quel plai- 
sir les Javanais peuvent trouver à l'écouter. Cependant, ils 
l'apprécient assez dans ses diverses qualités pour en faire ma- 
tière à paris. Aussi ces Coqs hybrides sont-ils soignés avec 
raffinement, placés dans des paniers et squvent portés sur 
l'épaule. Certains atteignent * des prix considérables. Pour 
les entraîner au chant, on hisse leurs cages au sommet de 
longs bambous et, surpendus dans l'air, ils ne cessent de 
chanter. Plus le cri est long et pénétrant, plus l'Oiseau a 
de valeur. Ceux qui chantent avec ime fréquence qui ren- 
drait fou un Européen, sont également très appréciés. 

Ce chant du (( Békisar )) rappelle celui de son père, le 
Coq de Java, mais est infiniment plus fort. 

Il faut espérer que nos collègues élèveront quelques hy- 
brides et pourront nous communiquer leurs observations à 
ce sujet. 



V Imprimeur-Gérant : G. LANGLOIS 



CHATEAT'EOTJX. — IMPRIMERIE LANGLOIS. 



Société Natioinile cCAcclimalation . 
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{Drepanopleclea jaclx'soui] 

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Société Nationale iV Acclimatation. 
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LES ©ISEÎÏUX 



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CHAPITRE VIII 



LES TISSERINS 

par W. SHORE-BAILY 

Les Tisserins 'doivent leur nom à l'art avec lequel la plu- 
part de ces Oiseaux tissent leur curieux nid. 

Le nombre des Tisserins rencontrés dans les volières euro- 
péennes est très considérable. A l'exception de quatre espèces 
provenant de l'Inde, de Malaisie et des îles voisines, toutes 
nous arrivent d'Afrique. 

Les Tisserins appartiennent, comme les Veuves, à la famille 
des Ploceidœ et, scientifiquement, en sont très peu différents ; 
ce sont de petits Oiseaux variant de la taille de la Mésange 
à celle de l'Etourneau. Leur bec est assez fort et leur queue 
courte. Les mâles, chez presque tous les genres, ont, comme 
les Veuves, un brillant plumage d'amour une partie de 
l'année, et une livrée grise le reste du temps ; ils ressemblent 
alors aux femelles. 

Les Tisserins sont granivores ; ils vivent en général par 
troupes dans les plaines couvertes d'herbes ou de buissons. 
Ils constituent d'excellents Oiseaux de volière ; un très grand 
nombre supportent parfaitement notre climat toute l'année 
en volière en plein air, pourvu qu'elle ait un bon abri et 
ne soit pas exposée au vent. Les plus délicats se contentent 
d'un local faiblement chauffé pour y passer l'hiver. Les 
divers Tisserins sont généralement sociables et peuvent être 
associés à des Oiseaux de même taille ; ils nichent assez 
facilement, même s'ils sont réunis nombreux, pourvu qu'ils 
disposent d'un espace suffisant, de beaucoup d'arbustes et 
de longues herbes. On peut aussi garder en. cage des mâles 
isolés, mais leurs couleurs ne sont jamais aussi brilla ni <~ 
que celles des Oiseaux placés en grande volière. 

(i) V. l'Oiseau, vol. IV, n°" i, 2, 8, '1 et 5. 

l'oise.vu. — igaS — ^ f) j 



1 70 L OISEAU 



A — VIDUINÉS 

Les Tisserins du genre Pyromelana sont de beaucoup les 
plus beaux et les plus appréciés des amateurs. Ils sont peu 
différents des Veuves, .et la transition entre ces deux groupes 
est insensible. Ils ont souvent des mœurs et un chant ana- 
logues. Il en existe plus d'une vingtaine d'espèces dont la 
plupart se trouvent de temps à autre chez les marchands ; 
les espèces du Sénégal (Ignicolores, Monseigneurs et W'ora- 
bées) sont importés en France en quantités considérables. 
Beaucoup se sont reproduites en France^ en Angleterre et 
surtout en Allemagne, mais, dans ce dernier pays, à l'inté- 
rieur de cliambres d'Oiseaux chauffées. 

La plus commune et, en même temps, l'une des plus jolies 
espèces est l'Ignicolore (P. franciscana) . Ce petit Oiseau, 
lorsqu'il n'est pas en couleurs, peut être acheté pour 
quelques francs. Il est très rustique et peut rester tout l'hiver 
en plein air sans abri ; cependant, quand le temps a été 
très froid, on risque parfois de perdre les mâles quand ils 
changent de couleur, ce qui arrive souvent au milieu de 
l'hiver (les mâles prennent généralement leur bel habit en 
juillet et le perdent en décembre). En plumage de noces, 
le mâle est noir velouté, avec le cou, le menton, la poitrine, 
le dos'et les parties anales d'un rouge orangé brillant ; les 
ailes restent fauve barré de brun foncé ; plus l'Oiseau vieillit, 
plus le rouge devient intense ; les plumes du cou forment 
une collerette quand il fait le beau. La femelle est brun 
clair strié de noirâtre ; le mâle, en plumage d'hiver, est très 
difficile à distinguer de sa compagne et il est quelque peu 
délicat, dans ce cas, de choisir un couple lors des achats ; 
il en est de même pour les autres Oiseaux du groupe. 

Il est sûr qu'un Oiseau aussi commun a été élevé en vo- 
lière ; cependant, la seule nidification observée et men- 
tionnée eut lieu chez Lord Poltimore, en igiS. Dans mes 
volières, il a niché à différentes occasions, mais aucun jeune 
n'a été élevé. Les nids étaient habituellement construits dans 
quelque buisson, composés d'herbe sèche et très lâche, tel- 
lement que plus d'une fois les œufs ont passé au travers du 
nid. Ces œufs sont bleu vif, très brillants et sans marques. 



LES TISSERINS I7I 

Lo mâle est généralement le seul arcliiterte, mais, quel- 
quefois, la femelle l'aide ; cette dernière couve seule. En 
liberté, les nids sont construits dans les buissons et les 
(( dourabs », où ils sont alors suspendus aux tiges des 
céréales. 

L'Ignicolore est commun dans le Nord-Est et l'Ouest Afri- 
cains. 

Le Monseigneur (P. fJammiceps) est un autre magnifique 
Oiseau. Le mâle a la tête, le croupion et les couvertures de 
la queue rouge vif ; le manteau et les scapulaires sont roux 
orangé ; une mince bande frontale, une ligne dans l'œil 
les lores, les joues, la gorge, la poitrine, le ventre sont noir 
velouté. La femelle est fauve grisâtre rayé de brun foncé 
en dessus. 

Ce Tisserin n'est pas aussi abondamment importé que le 
précédent, mais il est cependant facile de se le procurer. 11 
a été élevé plusieurs fois en volière, notamment chez M. W.- 
T. Page, en iqio- Cbez moi. une paire nicha en 1922. Le 
premier nid était fixé à des branchettes poussant au travers 
du grillage de la volière. Il était fortement, mais négligem- 
ment bâti avec de l'herbe, tapissé de têtes fleuries ; trois 
œufs bleus, avec de vagues points au gros bout, furent pon- 
dus ; ils étaient clairs et furent enlevés. La femelle nicha 
alors 'dans une petite touffe de framboisier ; le nid était 
suspendu à deux ou trois dos tiges les plus minces ; l'entrée 
était partiquée dans la partie supérieure d'un côté, et les 
œufs n'étaient pas visibles, le nid étant trop profond. Après 
dix jours, deux jeunes naquirent, prospérèrent pendant une 
semaine, puis furent noyés par un orage. 

Les Monseigneurs s'accordent bien avec des compagnons de 
même force, et, en raison de leur grande beauté, consti- 
tuent d'excellents Oiseaux de volière. Ils habitent les mêmes 
régions que l'Ignicolore, et, comme lui, vivent dans les 
lieux découverts et les champs cultivés. Ils se réunissent 
pour dormir dans les roseaux. 

Le Tisserin à ventre noir (P. mgriventrii^) est une réduc- 
tion du précédent. Il en diffère surtout par l'absence de 
rouge sur le devant du cou. On le rencontre dans le Sud-Est . 
de l'Afrique. Il a été parfois importé. 



172 L OISEAU 

L'Oryx, ou Grenadier (P. 077a;), est un peu plus grand que 
le Monseigneur. On l'importe souvent. Il ressemble aux 
précédents par sa couleur rouge vif orangé, interrompue par 
le noir velouté du front, des joues et du menton, du bas 
de la poitrine et du ventre. 

Cette espèce fut élevée pour la première fois en 191 2 par 
M. de Quincey. Depuis, plusieurs amateurs l'ont imité. En 
1921, j'obtins sa reproduction ; au début d'avril, mon mâle 
construisit un nid en haut d'un jeune sapin ; la femelle y 
pondit deux œufs, plus gros, mais moins brillants que ceux 
de rignicolore. Le nid ressemblait à celui du Monseigneur. 
Les jeunes naquirent après six jours d'incubation et restèrent 
au nid seize jours. Le mâle ne prit aucune part au nourris- 
sage des jeunes, mais gardait le nid très efficacement. En 
dehors des insectes qu'elle pouvait attraper, la femelle reçut 
un petit nombre de vers de farine ; quand les jeunes eurent 
atteint l'âge d'une semaine, elle commença à les nourrir de 
mille! et de pain trempé. Lorsque les jeunes eurent environ 
deux mois, la mère nicha de nouveau et éleva encore deux 
petits. Ces derniers ressemblaient à la femelle, comme aussi 
le mâle quand il n'est pas en couleur. 

L'Oryx habite l'Afrique du Sud ; il est assez commun, mais 
on ne le trouve que par place ; il fréquente les roseaux, où 
il niche vers septembre. 

Le Worabée (P. afrn) ost l'un des Tisserins le plus com- 
muns. C'est Tm bel Oiseau, remuant et voyant en volière, 
très apprécié en cage. En plumage de noce, le mâle est jaune 
d'or, avec la face, le menton et le bas de la poitrine noir 
velouté. La femelle est brun clair marqué de brun plus 
foncé ; sa teinte générale est un peu plus foncée et plus dorée 
que celle des espèces précédentes : les mâles non en couleurs 
et les jeunes lui ressemblent. 

Ces Oiseaux se sont reproduits en France, chez M. Delacour, 
et en Angleterre, chez Lord Poltimore, en 1910 et 191 2, et 
depuis, dans de nombreuses volières. Chez moi, il nichèrent 
pour la première fois il y a cinq ou six ans et plusieurs 
jeunes furent élevés. Les nids sont faits d'herbe verte : ils 
sont presque sphériques, très lâches, et ont leur entrée de 
fôté ; les œufs sont blancs, légèrement pointillés de brun. 
Lo Worabée \h en Afrique Occidentale. 



LES TISSERINS I70 

Le Taha (P. taha) remplace le Worabée dans l'Alriquc du 
Sud ; il n'en diffère qu'en ayant tout le dessous du corps 
noir. Les femelles des deux espèces sont absolument pareilles, 
de même que les mâles en plumage d'hiver. 

Pendant l'été de igiS, j'élevai cette espèce pour la pre- 
mière fois en Angleterre. Un joli nid en forme de bourse fut 
construit dans une touffe de roseaux ; deux œufs y furent 
pondus, semblables à ceux du Wbrabée. L'incubation dura 
treize jours. Au début, la femelle nourrit les jeunes de petits 
insectes, mais, après quelques jours, elle accepta les vers de 
farine et larves de guêpe, qu'elle avalait et régurgitait. Le 
mâle, comme chez la plupart des Viduiniv, n'aida pas sa 
compagne à élever la couvée. Néanmoins, deux robustes 
petits sortirent du nid en temps voulu et l'un d'eux prit 
sa robe de noce le printemps suivant. On a obtenu des hy- 
brides de Worabée et de Taha. 

Cet Oiseau habite l'Afrique du Sud ; il vit en troupes 
parmi les arbres, les herbes et les roseaux. 

Une espèce, voisine des précédentes, P. aurea, a été im- 
portée du Gabon. 

Le Tisserin à dos jaune (P. capensis) est le plus grand des 
Tisserins jaunes et noirs ; c'est un Oiseau robuste, avec un 
bec d'apparence formidable. Je l'ai trouvé cependant tout à 
fait inoffensif pour les autres Oiseaux. Bien que Russ déclare 
que c'est l'un des Tisserins les plus faciles à élever, je ne 
pense pas que sa reproduction ait été obtenue en France ou 
en Angleterre. Cela tient peut-être à la difficulté de -se pro- 
curer des femelles. 

Il y a deux ou trois ans, j'achetai six exemplaires, dont 
trois étaient en plumage terne et trois en mue partielle. Les' 
mâles en couleur sont noir velouté, avec le bas du dos, le 
croupion et les couvertures des ailes d'un riche jaune d'or. 
Mes Oiseaux bâtirent plusieurs gros nids presque sphériques, 
dans les grandes touffes de roseaux du bassin, mais nul œuf 
ne fut pondu. Je craignis de n'avoir que des mâles, et tel 
était bien le cas, car, l'année suivante, tous prirent couleur. 
L'un d'eux, cependant, alors que ses couvertures et son dos 
devenaient jaunes, garda son costume gris, ce qui me fait 
me demander si, dans certains cas, ils ne prennent pas deux 
ans pour acquérir leur livrée complète. 



Ce Tisserin est confiné à l'Afrique du Sud, en particulier 
vers l'Ouest. Il est très commun au Cap. Il niche dans les 
roseaux. 

Une sous-espèce peu différente (P. c. xanthomelas) a éga- 
lement été importée de l'Est Africain. 

Le Travailleur (Quelea queleà) est le plus communément 
importé des Tisserins, et, néanmoins, il n'est pas des plus 
faciles à faire nicher en captivité ; peu de cas de repro- 
duction ont été constatés. J'ai conservé un petit lot de ces 
Oiseaux pendant plusieurs années, et bien que d'innom- 
brables nids aient été bâtis, je n'ai jamais vu leurs œufs. 
Ces nids sont sphériques, avec une entrée sur le côté, et 
plusieurs couples nichent les uns à côté des autres dans le 
même buisson ; pendant ce temps, ils se disputent sans 
cesse et font entendre une sorte de gazouillement qui n'est 
nullement désagréable. 

Le mâle en couleur est fort joli ; il est brun en dessus ; 
la tête et le dessous du corps sont roses ; le front et le devant 
de la face, noirs ; le bec est rouge. La femelle ressemble à 
celle du Moineau. Le mâle, en hiver, lui ressemble, et son 
bec devient alors généralement jaune. Cet Oiseau est répandu 
dans presque toute l'Afrique. Si l'on admet plusieurs espèces, 
Q. lathami habite le Sud-Est et Q. œtiopica le Nord-Est, 
alors que Q. quelea vivrait dans l'Ouest. Les différences entre 
ces prétendues espèces sont peu perceptibles. 

Le Travailleur de Russ (Q. russi) diffère des précédents 
en n'ayant pas de masque noir ; cette partie est fauve ou 
rose. Quelques ornithologistes pensent qu'il ne constitue pas 
une espèce, et il est certain que les deux formes arrivent 
ensemble de l'Afrique Occidentale ; lorsqu'ils ne sont pas 
en couleur, on ne peut les distinguer les uns des autres. 

J'ai eu la chance de faire nicher chez moi, l'année der- 
nière, un couple de Travailleurs de Russ, et je garde les 
jeunes pour voir s'ils prendront ou non le masque noir. Dans 
le premier cas, on ne pourrait certainement pas parler 
d'espèce. 

Mes Travailleurs ont niché dans une haie d'épine ; le nid 
était celui d'un Q. quelea, mais tissé plus serré. Les œufs 
des deux premières pontes, deux et trois respectivement, 
étaient blancs, fortement pointillés de brun ; ils étaient clairs 



LES TISSERINS l'jà 

et lurent retirés. Une semaine après, la femelle pondit de 
nouveau et, cette fois ,les œufs étaient bons et éclosaient 
apiès dix jours d'incubation. Les jeunes restèrent longtemps 
au 'nid, et, pendant ce temps, furent nourris par les deux 
parents. Quand ils s'envolèrent, ils étaient très forts et dif- 
ficiles à distinguer de la mère. Cellje-ci tenta une quatrième 
couvée à l'automne, mais les jeunes éclos ne purent être 
élevés. Cela donnera une idée flatteuse du tissage du nid, 
quand j'aurai dit qu'après y avoir fait quatre couvées, les 
parents pouvaient encore s'y retirer pour y passer la nuit. 

Le Tisserin à tête rouge {Q. eijthrops) est bien plus rare 
que le précédent et n'est pas souvent importé. Sa colora- 
tion générale est brune en dessus ; le dessus de la tète et 
la nuque sont rouges ; le dessous du corps est blanchâtre. 
La femelle ressemble à celle du Travailleur. 

J'ai possédé des couples de ces Oiseaux à différentes épo- 
ques, mais ils n'ont jamais cherché à nicher. On l'a néan- 
moins élevé en Allemagne. 

Cette espèce habite l'Afrique Occidentale et Orientale. 

Le Tisserin mahali (Plocepasser mahali) est rare en cap- 
tivité. Je ne l'ai rencontré que deux fois : une fois, chez 
un marchand, j'en vis deux douzaines dans une cage, mais 
on en demandait 25o francs le couple, et je renonçai à 
l'achat ! La seconde occasion fut celle qui me procura mon 
Oiseau actuel. Il se trouvait au milieu de Tisserins et de 
Veuves de l'Afrique du Sud, et le seul de son espèce. En 
apparence, il diffère absolument des autres Tisserins ; sa 
coloration générale en dessus est brun clair ; le bas du dos, 
le croupion et les couvertures de la queue sont blanches, 
ainsi que deux mai-ques sur l'aile, les sourcils et les côtés 
du cou ; le sommet de la tête est noir ; le dessous du corps 
blanc brunâtre, le bec et les pattes rougeâtres. La femelle 
est semblable au mâle. 

Le Mahali est le seul Tisserin que je connaisse qui ait 
réellement une voix mélodieuse ; il chante aussi fort qu'une 
Grive. Mon Oiseau, sans doute un mâle, a bâti deux nids ; 
ils étaient presque de la forme et de la taille d'un ballon de 
foot-ball, avec un trou sur le côté et une sortie derrière. Tous 
les matériaux possibles lui avaient servi, et la construction 



1-6 l'oiseau 

était tout à fait étanclie. J'ai eu des nids de ce genre cons- 
truits par des Moineaux du Cap (Passer arcuatus). 

Même en Allemagne, on n'a pas réussi à faire nicher cette 
espèce, mais je crois que ce ne serait pas difficile si on pou- 
vait se procurer de véritables couples. 

Anderson rapporte que les Mahalis vivent en troupe et 
fréquentent les endroits les plus désolés et les plus sauvages, 
loin de l'eau. Ils se nourrissent surtout de graines et d'in- 
sectes, qu'ils ramassent sur le sol. 

Des espèces voisines, P. superciliaris et P. melanorhynchus, 
ont été importées d'Abyssinie, et un petit lot de cette der- 
nière espèce, qui se distingue surtout par son bec noir et 
son corps blanc en dessous, vient d'arriver en France. 

On a aussi importé, exceptionnellement, un magnifique 
Tisserin : Pyrenestes ostrinus ; cet Oiseau possède un très 
gros bec bleuâtre ; il est noir velouté, avec le coupion, la 
queue, la tête, la gorge, le cou et la poitrine rouge vif ; chez 
la femelle, le noir est remplacé par du brun. Cette espèce 
habite l'Afrique Occidentale. Elle garde toute l'année son 
beau plumage. 

{A suivre.) 



L'HYPOLAIS PIIILOMELE 
par H. DARVIOT 

Un petit maître, comme on disait sous le Directoire. Vif, 
coquet, toujours en révérences, le chapeau sur l'oreille, alerte 
et pimpant, voilà l'impression que produit cette charmante 
créature ; son humeur suit le soleil, et joyeuse quand il fait 
beau, elle se voile en même temps que le moindre nuage 
vient en ternir les rayons. C'est l'Oiseau du printemps ; 
quand il arrive enfin, les arbres sont verts ; déjà tout est en 
fleurs, on dirait en fête, pour le recevoir. Aussitôt arrivé, 
il fait entendre son chant, bien caractérisé et sonore, au 
milieu des grands arbres, jamais dans les buissons qu'il 
semble plutôt éviter : revue et pot pourri de oe qu'il a en- 
tendu autour de lui, et le tout, agrémenté de liaisons, for- 
mées de tons très pleins et particulièrement mélodieux. Le 
chant de cette Hypolaïs, un des plus beaux qui «oient, est 
composé, au fond, de tous les chants des Oiseaux de son 
voisinage ; les passages de ces chants divers à d'autres chants 
sont reliés par des vocalises individuelles à chaque Oiseau ; 
ils causent toujours une surprise agréable et sans cesse re- 
nouvelée. Je ne puis me lasser d'écouter ce charmant chan- 
teur ; il chante pour son art, pour son plaisir, pour la fe- 
melle qui couve ; il chante de tout son cœur et est inépui- 
sable. 

Vous regardant d'un air narquois, en dressant sa petite 
huppe, il semble dire : « Hein ! qu'est-ce que vous dites de 
celle-là ? Et puis, écoutez-moi celle-ci ! Criez donc bravo ! 
Et tenez, en voici encore une ! De lintérieur d'un grand 
sycomore, j'entendais le chant de la Caille, suivi d'une fu- 
rieuse bataille de Moineaux, à laquelle succédait celui du 
Loriot ; voilà le mâle de la Perdrix qui rappelle là-bas au 
bout de la plaine et voilà la Fauvette. Tous ces tronçons 
de chant son réunis par une phrase plus jolie que chacun 
d'eux séparément. Pas un Oiseau ne chante avec tant de pas- 
sion et afin que nul n'en ignore, ce chant retentit, sans 
trêves ni repos, de l'aube au soleil couchant ; par contre, 
il ne commence pas avant mai et est, en liberté, déjà ter- 



178 



L OISEAU 



miné vers la fin de juin ; en captivité, il commence en mars, 
et quelquefois déjà fin février, pour durer jusqu'au milieu 
de juillet. 

L'Hypolaïs est un des plus élégants insectivores ; ses atti- 
tudes sont charmantes et il prend, qaund il redresse les 
plum.es du haut de sa tête, un petit air fanfaron qui lui va 
fort bien ; ison besoin de mouvement est immense et son 
agilité très grande. Cependant, il se contente parfaitement 
d'une cage de faibles dimensions ; si elle a 5o centimètres 
de longueur sur 3o de largeur et 3o de hauteur, cela suffit 
pour qu'il puisse se livrer à tous ses ébats. Il habitera volon- 
tiers une cage plus grande, mais j.e n'ai jamais remarqué 
que cela lui soit particulièrement agréable. Il semble tou- 
jours y chercher quelque chose oublié. 

L'Hypolaïs Philomèle a beaucoup de ressemblance avec la 
Polyglotte, qu'on appelle aussi Ictérine. La Polyglotte ou 
Ictérine est, en effet, un peu plus jaune que la Philomèle et 
a surtout les sourcils, les joues et les oreilles jaunes, tandis 
que, chez la Philomèle, ces parties sont franchement grises. 
Les autres Hypolaïs sont sans valeur et sans intérêt en temps 
qu'Oiseaux de cage ou de volière. 

Il est assez rare de trouver les deux espèces dans la même 
région. L'Hypolaïs Polyglotte est appelée ainsi par les natu- 
ralistes, qui sont des personnages très savants ; je me suis 
bien souvent demandé la raison de cette épithète de Poly- 
glotte qui veut cependant dire : beaucoup de langues. Or, 
l'Oiseau en question est doté pour tout chant de deux ou 
trois phrases aigres, qui ressemblent au chant peu sympa- 
thique de la Cigale. Celle qui est polyglotte est celle qui ne 
s'apelle pas ainsi. On a donné le nom évidemment plus har- 
monieux de Philomèle, à l'espèce qui, elle, est vraiment 
polyp'lotte, puisqu'elle parle toutes les langues des autres 
Oiseaux. La science renferme bien des mystères. 

Donc, laissons la Polyglotte à ses broussailles et restons 
à notre Philomèle ; celle-ci habite les lieux frais et ombra- 
gés de grands arbres ; elle aime le voisinage de l'eau (sans 
aimer les lieux humides), les jardins fruitiers, les approches 
des- villages. 

Pour établir son nid, notre Hypolaïs choisit souvent un 
arbuste isolé, et le place dans la tête, on bien l'extrémité des 
basses branches, d'un grand arbre. Ce nid est. bâti de façon 



l'htpolaïs philomele 179 

aussi solide que soignée ; bien capitonné à l'intérieur de 
plumes soyeuses et de matières souples et moelleuses, il 
l'orme un berceau parfait. Il contient de 3 à 5 œufs à fond 
rose, marbré de rayures brunes. Les petits sont insatiables et 
restent au nid bien plus longtemps que les Fauvettes avant 
de le quitter définitivement. La famille reste réunie jusqu'au 
moment du départ qui a lieu dans les permiers jours d'août ; 
alors, chaque individu voyage isolément. Cet Oiseau ne fait 
de seconde ponte que si la première n'a pas réussi, et cela 
seulement de très bonne heure ; le mois de mai passé, il 
ne recommence plus cette année-là. 

Dans nos pays de Bourgogne, cette Hypolaïs est assez rare 
et je l'ai rencontrée seulement cinq ou six fois. En Lorraine 
et en Franche-Comté, elle est plus commune. D'ailleurs, 
plus on s'éloigne à l'est de la France et plus elle est fré- 
quemment observée. A Vienne, pays où l'amour des Oiseaux 
est poussé au paroxysme, celui-ci y jouit d'une prédilection 
spéciale ; certains Oiseaux, au chant très pur et très beau, 
atteignent des prix fous ; j'ai eu plusieurs fois l'occasion 
d'en entendre qui jouissaient d'une véritable réputation et 
j'ai dii avouer que, vraiment, ils la méritaient. Les liaisons 
de phrases entre elles étaient composées de modulations si 
douces, si parfaites et d'une telle amplitude, qu'il fallait re- 
garder l'Oiseau chanter pour avoir la certitude que pareilles, 
notes provenaient d'un aussi petit être. 

Le caractère de notre Oiselet n'est pas bien commode ; 
aucun rival ne doit approcher du district qu'il s'est réservé, 
sous peine d'en être expulsé avec une vigueur qui décourage 
toute résistance, et d'autant plus forte qu'elle est basée sur 
le droit du premier occupant ; ce n'est pas toujours une 
bonne raison, surtout chez les humains. Même les autres 
petits Oiseaux qui s'approchent du terrain réservé sont pour- 
suivis et mis en fuite. Une singularité que possède l'Hypo- 
laïs est de continuer à chanter, même effrayée. Ainsi, j'en 
ai vu à qui on lançait des pierres et qui, au lieu de s'éloi- 
gner, n'en continuaient pas moins à chanter et avec encore 
plus d'ardeur ; je pense que c'est l'émotion du moment qui 
se traduit ainsi. Et cette probabilité a des chances d'être 
fondée ; je pourrais citer chez un autre Oiseau, le Rossi- 
gnol, un exemple analogue. Il m'est arrivé plusieurs fois 
de voir un Rossignol pris au piège chanter de toutes ses 



1 8o l'oiseau 

forces, dans la main qui le débarrassait du filet. Le chant 
n'est en somme, chez les Oiseaux, que l'expression d'un 
désir ou d'une émotion, qui se traduit instinctivement, que 
son origine soit la peur ou l'amour. 

La jalousie de notre Oiseau, encore un ornement de son 
mauvais caractère, est telle que deux Hypolaïs qui s'enten- 
dent chanter s'efforcent à tel point de se dominer récipro- 
quement par leur chant que la lutte ne cesse que par ce 
que l'un des deux succombe. Un amateur me racontait un 
jour à Vienne qu'il avait longtemps désiré acheter une Hypo- 
laïs merveilleuse que possédait un maître tailleur. Enfin, 
triomphant, il l'obtint à prix d'or et la rapporte chez lui. Il 
avait un autre mâle, excellent aussi, qui chantait depuis 
un mois ; seulement, entendant une fois le cri d'appel du 
nouvel arrivé, le vieux mâle se mit à bouder et ne chanta 
plus de l'année. 

En liberté, l'Hypolaïs chante perché et aussi en volant ; 
jamais à terre, où il ne descend d'ailleurs que très rarement. 

Les jeunes s'élèvent du nid relativement facilement, mais 
comme tous les jeunes Oiseaux pris au nid, ils ne valent 
jamais rien comme chanteurs. Certainement, ils imiteront 
volontiers les chants ou partie de chants des Oiseaux qui 
vivent dans leur voisinage, mais pour une raison qui 
échappe, les bribes qu'ils apprendront seront, toujours et 
régulièrement, les plus vilaines et surtout les plus désa- 
gréables. Les liaisons si charmantes, qui embellissent telle- 
ment les imitations que fait entendre l'Oiseau sauvage, ont 
complètement disparu du chant du jeune pris au nid. Jamais 
on n'obtient parmi les jeunes élèves du nid autre chose que 
des chanteurs très médiocres, et cela en mettant les choses 
au mieux. Ils isont, en général, plutôt désagréables ; je n'en 
ai jamais connu qui aient valu les soins qu'ils exigent. 

L'Hypolaïs est un Oiseau assez difficile à prendre au piège, 
parce que, très obserA^ateur ; tout ce qui ne resemble pas à 
ce qu'il a l'habitude de voir, lui porte ombrage. On le 
prend souvent à la glu avec im appeau ou même un Oiseau 
empaillé, sur le dos duquel on croise deux gluaux ; mais 
c'est une cruauté superflue parce que, si la glu a détérioré 
son plumage, il vaut mieux lui rendre la liberté ; il ne 
serait pas possible de lui faire passer les premiers jours de 
captivité. Le mieux est de le prendre au trébuchet, appâté 



l'hypolaïs phylomele i8i 

de Vers de farine et installé dans les branches. Lorsqu'il est 
pris, les difficultés sont loin d'être vaincues ; c'est en effet 
le plus difficile des insectivores à conserver en captivité, et 
ne doit pas s'y risquer qui n'a déjà une grande expérience. 
La cage qui doit le recevoir sera entourée de calicot 
blanc et placée dans un endroit silencieux et calme. Sa 
nourriture, introduite dans la cage par des augets coulis- 
sants, se compose d'œufs de Fourmis frais ; il ne doit rece- 
voir rien autre, jusqu'à ce que le chant soit terminé. Il 
commence à chanter, s'il est pris avant d'être accouplé 
c'est-à-dire dans la première quinzaine de mai, au plus tard 
dès le cinquième ou le sixième jour de captivité ; au bout 
de dix jours, il chante comme en liberté. 

Sa cage doit rester voilée aussi longtemps qu'il chante, et 
alors que le chant a cessé, mais, alors seulement, on soulève 
le voile de calicot progressivement chaque jour, de telle 
sorte qu'au bout de huit à dix jours, la cage soit totalement 
découverte. Le chant, cessant à la fin de juin, il y a encore 
longtemps des œufs de Fourmis frais ; on a tout le temps 
nécessaire pour l'habituer à la nourriture d'hiver. 

Voilà le moment critique arrivé, et le temps le plus pro- 
pice au changement de nourriture est le commencement 
d'août, parce qu'à cette époque, approche l'heure du départ ; 
poussé par les lois naturelles, l'Oiseau mange alors telle- 
ment, est excité par un tel appétit, qu'il dévore le double 
de nourriture de ce qu'il mange habituellement. C'est de 
ce moment-là dont il faut profiter, afin d'arriver, aidé par 
sa gourmandise, à lui faire accepter la nourriture d'hiver. 

Pour l'habituer à celle-ci. il faut procéder avec lenteur, 
patience et prudence. 

On commence à mélanger aux œufs de Fourmis frais un 
peu de pâtée, de telle sorte que l'Oiseau n'ait pendant une 
heure ou deux, comme reste dans dans son auget, que de 
la nourriture d'hiver, les œufs de Fourmis frais étant man- 
gés. S'il touche à cette nourriture de suite, les choses iront 
vite et il n'y aura plus qu'à augmenter journellement la dose 
et à diminuer les œufs de Fourmis frais jusqu'à leur sup- 
pression . 

S'il ne veut pas y toucher, il faut écraser à moitié une 
certaine quantité des œufs de Fourmis frais avec la nour- 
riture, afin que des parcelles adhèrent ; peu à peu, on aug- 



iSa L OISEAU 

mente les uns et on diminue les autres, suivant qu'on s'aper- 
çoit que l'Oiseau les accepte et y prend goût. Le moment 
critique est passé quand l'Oiseau se nourrit avec la nourri- 
ture d'hiver la journée entière. Mais il faut bien veiller à ce 
qu'il ne reste pas triste, près de son auget, sans y toucher ; 
car, alors, il faut retourner aux œufs de Fourmis frais aussi 
longtemps qu'il ne sera pas gai la journée entière. 

Il est bon aussi de mettre, pendant plusieurs jours, des 
Vers de farine coupés dans la nourriture ; peu à peu, il 
finira par is'y intéresser et lorsqu'il recherchera au travers 
de la nouriture les tronçons coupés, le procès sera bien près 
d'être gagné. Mais si après trois ou quatre tentatives, l'Oiseau 
redevient rapidement triste aussitôt qu'il n'a plus d'œufs 
de Fourmis frais, il ne reste plus qu'un seul moyen, radi- 
cal celui-là : c'est de lui rendre la liberté. J'ai eu autrefois 
plusieurs de ces Oiseaux à la fois ; ils ne coûtaient pas cher 
alors et avec les œufs de Fourmis frais, je les "recevais en 
parfait état de l'autre extrémité de l'Europe ; j'en achetais 
plusieurs ; il m'est arrivé de tous les réussir ; une autre 
fois, de tous les manquer et d'être obligé, à mon grand re- 
gret, de leur rendre la liberté, et de me hâter de le faire, pour 
ne pas trouver, le lendemain matin, de pauvres petits cada- 
vres. J'en ai eu un dont je me souviens encore parfaite- 
ment. Il était de très belle taille ; les grands sont en général 
plus robustes ; c'était probablement un vieux mâle ; il ne 
voulut jamais rien toucher de tout ce qui n'était pas œufs 
de Fourmis frais ou Vers de farine. J'y tenais, et je me 
suis décidé à le lâcher, lorsque, triste sur son auget, il fer- 
mait à moitié les yeux. Je pensais même qu'en le lâchant, 
je ne lui faisais pas un grand cadeau et je me reprochais la 
mort de cette charmante créature. Le lendemain, assis sur 
un banc dans le jardin, j'entends chanter à plein gosier une 
Hypolaïs dans une treille ; je m'approche, assez étonné, et 
je reconnais facilement mon grand mâle, à la queue chif- 
fonnée d'un côté. Rapidement, le trébuchet avec Vers de fa- 
rine et œufs de Fourmis frais fut installé ; le petit fûté m'a 
regardé ; il les a regardés, a dressé sa petite huppe, m'a 
fait deux révérences, qui semblaient un haussement d'épaules 
et me dire : a Non ! Penses-tu ? » Et il est parti. Il venait 
de Pologne. Y est -il retourné ? 

La nourriture à donner à ce très délicat pensionnaire n'est 



l'hypolaïs philomele i83 

pas bien compliquée ; mais il demande une surveillance 
constante ; il faut que sa vie soit bien réglée. On doit con- 
naître exactement le rôle de telle ou telle substance dans 
son alimentation, pour l'augmenter ou la diminuer suivant 
les besoins. 

Il est certain que le meilleur moyen de donner à un 
Oiseau en captivité une nourriture qui lui convienne parfai- 
tement, c'est de se rapprocher le plus possible de celle qu'il 
prend à l'état sauvage. Celle de l'Hypolaïs se compose alors 
surtout de petites Chenilles lisses, de Tenthrèdes, de petits 
Papillons ; il adore les Pucerons, et si on lui en présente 
une branche garnie, elle est vite dépouillée. Tous les In- 
sectes lui sont bons, pourvu qu'ils soient tendres : petits 
Cafards mous, petites Punaises de jardins, jeunes larves. Sa 
gourmandise ne s'arrête pas là ; il mange aussi volontiers 
les cerises douces et les baies sucrées de l'été. En somme, 
tout ce qu'il mange à l'état sauvage est tendre et il lui en 
faut beaucoup ; c'est un très gros mangeur, et tout petit 
qu'il est, il lui faut autant de nourriture qu'un Rossignol, 
cependant d'un tiers plus grand que lui. 

Il faut donc nous rapprocher, autant que cela est en notre 
pouvoir, des mets qu'il préfère à l'état sauvage, et les mettre 
à même d'être digérés par notre Oiseau. La nourriture qui 
semble la meilleure et donne satisfaction est composée par 
tiers d'Ephémères et d'œufs de Fourmis secs de toute pre- 
mière qualité et de fromage blanc sec râpé. Ce mélange est 
humecté avec des carottes râpées, mais en ayant bien soin 
d'en mettre juste la quantité nécessaire pour que le mélange 
soit seulement humide ; on y arrive très facilement après 
quelques tâtonnements. 

Il est bon, pendant la mue. d'ajouter à la nourriture quo- 
tidienne une petite pointe de sepia en poudre. 

Une condition absolument indispensable dans la confec- 
tion de sa nourriture est de mélanger la veille les éléments 
qui la composent ; ils sont ainsi ramollis par l'humidité 
qu'ils absorbent et. le lendemain, sont mous et assimilables 
comme ceux oui composent le fond de la nourriture de 
l'Hvpolaïs à l'état sauvage. 

Ceci est un point essentiel ; c'est une recommandation 
excellente pour la confection des nourritures de tous les in- 



i84 l'oiseau 

sectivores sans exception ; mais c'est pour celui qui nous 
occupe une précaution absolument indispensable. 

Je l'ai déjà fait remarquer, cet Oiseau est un très gros 
mangeur ; il lui faut, pour cette raison, beaucoup de nour- 
riture et il faut que cette nourriture soit très substantielle 
et assimilable ; aussi ne peut-on trop la corser d'aliments 
particulièrement riches en principes nutritifs, ni la faire 
trop molle. 

Tous les amateurs chez lesquels j'ai vu cet Oiseau, sont 
persuadés que le jaune d'œuf en poudre, répandu sur la 
nourriture chaque matin^ est un condiment indispensable à 
sa santé ; il suffit d'en mettre pour un Oiseau la valeur 
d'une bonne pincée par jour. Tous les Oiseaux aiment cette 
nourriture,- et tout particulièrement les plus délicats, tels 
que les Roitelets, Pouillots ou Verderoles. On peut aussi 
donner de temps en temps de la viande crue fine râpée et 
enfin c'est un des rares insectivores auxquels on peut 
donner à discrétion, pendant toute l'année, des vers de 
farine. Le seul défaut de cette nourriture réside dans l'obli- 
gation de ne la donner que matin et soir et jamais en d'autres 
moments. Les Oiseaux observent très bien ce qui se passe 
pour ou contre leur intérêt et si, à chaque fois qu'on s'ap-. 
proche de leur cage, c'est pour leur donner une friandise, 
ils l'attendront toujours et délaisseront leur nourriture habi- 
tuelle, ce qu'il faut à tout prix éviter. Enfin, comme der- 
nière recommandation, tl est à conseiller de donner à l'Hy- 
polaïs, en hiver, les vers de farine comme dernière ration, 
aussi tard dans la soirée que possible ; parce qu'il mange 
beaucoup, il digère naturellement très vite ; la déduction 
en est facile à tirer ; il ne peut supporter longtemps la pri- 
vation de nourriture. Lorsque chez nous les nuits sont lon- 
gues, lui est là-bas, où il y a de la chaleur et des nuits bien 
plus courtes que les nôtres. Ici il mange huit heures, et 
pendant seize heures il ne peut se nourrir ; là-bas, il mange 
douze heures et dort aussi douze heures. Il est donc indis- 
pensable de suppléer à la longueur de nos nuits en le met- 
tant à même de faire une petite provision de nourriture sous 
la forme d'une demi-douzaine de vers de farine, donnée très 
tôt et très tard en hiver, à la lumière. 

Voilà comment il faut soigner ce très délicat Oiseau ; 
cette frêle et charmante créature est digne de soins attentifs, 



UNE COLLECTION DE GALLINACES EN ITALIE l85 

par sa grâce, par son élégance, par la vie qu'elle répand 
autour d'elle, tant elle est vivante, et surtout par son chant, 
par ce chant admirable et si particulièrement agréable à en- 
tendre, qui, à mon avis, vient immédiatement après le chant 
du Rossignol. 

Evidemment, ce sont beaucoup de soins ; mais là n'est 
pas la question ; aimez-vous les Oiseaux et cet Oiseau ? Oui, 
ou non ? Si c'est oui et que vous teniez à ce qu'il vous donne 
le plaisir dont il disposera à votre endroit, donnez-lui à votre 
tour, et le premier, les égards auxquels il a droit, d'abord 
parce que vous lui devez une compensation à sa liberté que 
vous lui prenez, ensuite que son séjour sous votre toit doit 
lui être tellement doux qu'il n'ait rien à regretter, toutes 
ses ambitions étant satisfaites. 

Si vous trouvez que ces -soins sont trop spéciaux et que 
l'Oiseau ne les vaut pas, alors laissez-le passer sa vie dans 
le sommet des grands arbres en ne pensant qu'au chant, à 
la chasse et à ses amours. Ces soins, qui vous paraissent si 
difficiles, ne le seront pas, si vous aimez vraiment vos Oiseaux, 
car rien de ce qu'on fait avec plaisir ne coûte de peine, ni 
de difficulté ; soyez alors certain que cette charmante créa- 
ture saura vous rendre largement ce que vous aurez fait pour 
elle. 



UNE COLLECTION DE GALLINACÉS EN ITALIE 
Par J. DELACOUR 

Le docteur Alessandro Ghigi, professeur de zoologie gé- 
nérale à l'Université de Bologne, n'est pas seulement un sa- 
vant ; c'est aussi un amateur d'Oiseaux, passionné, et un 
aviculteur consommé. Aussi la visite de ses volières, comme 
celle du musée et du laboratoire qu'il dirige, présente-t-elle 
un intérêt de premier ordre. 

C'est au milieu du mois de mars que le professeur Ghigi — 
que beaucoup de nos collègues connaissent, car il vient de 
temps à autre parmi nous — voulut bien me faire l'honneur 
de ses installations. Il s'intéresse particulièrement aux Fai- 
sans, ainsi qu'aux Perdrix et aux Colombes. Ses volières sont 



i86 l'oiseau 

construites dans le vaste parc boisé de sa villa d'été, aux 
portes de Bologne, sur le versant d'une colline. Après avoir 
monté la côte, en lacet, on parvient près de l'habitation ; 
sur les pelouses s'ébattent des Paons blancs et spicifères, et 
quelques volailles croisées de Sonnerat. 

Dans une cour intérieure ouverte au Midi, on trouve'' 
d'abord quelques volières ; elles sont surtout destinées aux 
jeunes Oiseaux ; j'y remarque des Faisans dorés, d'Âmherst et 
versicolores. Devant la cour, sur la pente, une demi-douzaine 
de petites volières isolées renferment quelques Faisans isolés, 
des Perdrix et des Colombes. Plus loin, une volière ovale, 
assez vaste, est habitée par des Faisans argentés. 

On monte un sentier et on arrive à une série de cinq vo- 
lières de 20 mètres carrés environ chacune ; elles contien- 
nent des couples de Faisans vénérés, de Horsfield (tout à fait 
purs et magnifiques), de Reynaud (lineatus), de Formose et 
dorés charbonniers. On sait que cette dernière variété, muta- 
tion récente du Faisan doré ordinaire, se distingue par ses 
teintes foncées, sa gorge brune et sa queue. Elle est de- 
venue très rare depuis quelques années. 

Un peu plus loin, à gauche, une vaste volière est destinée 
à des Lophophores. En revenant vers la droite, on rencontre 
une nouvelle série de six volières 011 on admire des couples 
de Faisans de Horsfield, d'Amherst, Vénérés, Leucomèles, de 
Swinhoe et de Swinhoe dissimilis. Ces derniers Oiseaux sont 
encore des produits d'une mutation brusque survenue, il y a 
quelques années chez M. Ghigi, qui nous a promis une étude 
à leur sujet, dont la publication dans « L'Oiseau », avec 
planches en couleurs ne tardera pas à se produire. En conti- 
nuant, on trouve encore quelques petites volières isolées con- 
tenant des Perdrix, Colombes diverses, des Tinamous roux et 
une vieille Faisane de Wallich, seul représentant actuel en 
captivité de cette belle espèce ; elle a presqu 'assumé un plu- 
mage de mâle. 

Enfin, une belle série de dix volières vient d'être construite 
dans une situation très favorable ; chaque compartiment se 
compose d'une volière à l'air libre de 5 m. x 4 m. et 
d'un abri en brique de 4 m. x i m. 5o, ouvert par devant et 
séparé en deux parties communiquant par une trappe. La 
façade est pourvue de portes grillagées, de sorte qu'on peut 
à volonté garder les Oiseaux à l'abri, et aussi séparer le mâle 



UNE COLLECTION DE GALLINACES EN ITALIE 



187 




lOO L OISEAt 

de la leinelle en cas de balaiile. Le tour et les séparations des 
volières sont garnies d'écrans en bruyère, de 90 centimètres 
de hauteur, pour que les Oiseaux ne puissent être dérangés ; 
le sol est herbu ou sableux ; des branchages, des nids et des 
perchoirs sont disposés avec beaucoup de soin. 

Dans ces excellentes volières se trouvent des couples de 
Lophophores, de Ho-ki, de Faisans prélats, du Prince de 
Galles, de Mongolie, d'Elliott et Vénérés, ainsi que des paires 
de Perdrix rouges et de Cyrénaïque. 

Toutes les volières de M. Ghigi sont fort élégantes, très 
bien construites, en fer rond et grillage, sur de bonnes fon- 
dations ; toutes sont pourvues de grands abris ; le sol est 
garni, en général, de gravier ; l'entretien des volières, comme 
celui des Oiseaux, est impeccable et je n'ai jamais vu plus 
d'ordre et de propreté dans une faisanderie. L'effet en est 
d'autant plus agréable que les Faisans y sont tous remarqua- 
blement familiers et se font voir constamment. 

A la villa Ghigi, l'élsvage des Faisandeaux se fait en li- 
berté, dans des boîtes d'élevage, jusqu'à l'âge de trois mois 
environ. On reprend alors les jeunes dans des volières où on 
les nourrit. Cette méthode donne les meilleurs résultats. 

Au Musée zoologique de Bologne, M. Ghigi, m'a montré 
de nombreuses et intéressantes dépouilles provenant de se? 
élevages, ainsi que des pièces anatomiques, qui ont servi ou 
serviront à des études du plus haut intérêt. Il est rare, en 
effet, que l'éleveur et l'anatomiste se trouvent réunis en une 
même personne ! 

Le professeur Ghigi est encore directeur scientifique d'une 
grande station expérimentale d'aviculture, que le Gouverne- 
ment italien a récemment créée à Rovigo — et la visite que 
j'y ai faite sera relatée dans la « Basse-Cour Française ». 



L'Imprimeur-Gérant : G. LANGLOIS. 



CHATEAUROUX. — IMP. LANGLOIS 



CHRONIQUE ORNITHOLOGIQUE 

Les Phyllomis (Chloropsis aurifrous, malabaricus hard- 
wicki) ont été importés ces temps derniers. Ce sont de ravis- 
sants Oiseaux de la taille du Cardinal, au bec long, mince 
et recourbé, à la queue assez courte ; la gorge et le front 
des différentes espèces sont diversement ornés de noir, de 
bleu et de jaune d'or. 

M. F. de Lacger, qui en a tenu en cage pendant de longues 
années, nous adresse à ce sujet les notes suivantes : 

« J'ai toujours considéré les Phyllornis comme extrême- 
ment robustes et excellents sujets de cage surtout, car j'en 
ai peu fait l'expérience en volière. A titre de document, je 
viens vous faire part de ce que j'ai constaté ; cela m'a permis 
de conclure en leur faveur, comme je viens de le dire plus 
haut. 

« Ces notes montreront, en tous cas, que ces Oiseaux peu- 
vent vivre avec des régimes différents et qu'ils durent long- 
temps ou disparaissent rapidement selon le milieu. 

« Voici l'histoire, ou pour être plus exact, mon histoire 
avec les Phyllomis. J'en avais toujours désiré ardemment 
lorsque, commençant à avoir des insectivores exotiques, je 
fis leur connaissance par le livre du docteur Russ, et malgré 
la perspective d'être obligé de les nourrir, si le destin favo- 
risait mes recherches, avec du poivre de Cayenne, du 
miel, etc.. 

« C'est en vain que je demandai ces Oiseaux aux mar- 
chands qui ne les connaissaient, bien entendu, pas même 
de nom. Enfin, en désespoir de cause, je m'adressai, il y a 
ime trentaine d'années, à Christiane Hagenbeck, qui me 
répondit qu'elle n'en avait pas pour le moment, mais qpj'elle 
notait ma demande et m'aviserait lorsqu'il y aurait lieu. 
En effet, au bout de quelque temps, elle m'écrivit pour 
m 'annoncer l'arrivée chez elle d'un mâle Phyllomis de 
Hardw^ick. 

« Je me fis expédier l'Oiseau. Mais c'est là que commen- 
cèrent mes déboires ; pendant dix jours, on alla à la gare, 
et ce n'est qu'au bout de ce laps de temps qu'on me rap- 
porta une cage de voyage, admirablement aménagée, avec 



igO L OISEAU 

toile mélallique en plus, pour éviter l'évasion des vers de 
farine qui, seuls, étaient restés vivants dans ce comparti- 
ment ! Le Phyllornis, en effet, était mort, l'eau s'était 
épuisée ; par contre, une petite Fauvette était en parfait 
état de l'autre côté du sabot, et celle-là resta un temps indé- 
fini chez moi. 

(( Ce fut ainsi que je vis pour la première fois un Phyl- 
lornis de Hardwick, le seul de cette espèce que j'aie jamais 
vu, du reste. 

« Quelque temps après, je reçus, de Bordeaux, deux Phyl- 
lornis : l'un, très beau, ardent ; l'autre, un peu plus petit, 
moins bien portant, la pointe des ailes toujours, ou presque, 
en dessous de la queue. 

« Je soumis ces Oiseaux au même régime que mes autres 
insectivores ; ils passèrent l'été gaillardement ; en hiver, je 
les rentrais dans la cage de mon escalier pour en jouir entiè- 
rement. Un soir, je venais de les regarder et d'éteindre une 
lampe électrique placée en dessus de leur cage lorsque, à 
peine entré dans la pièce à côté, j'entendis un bruit sourd, 
un petit choc ; j'allai aux cages : mon plus beau Phyllor- 
nis gisait raide mort sur le fond. 

(( J'écrivis en vain partout ; seul Abrahams put, vers le 
mois de juillet suivant, m 'envoyer un superbe mâle, tout à 
fait analogue à celui que j'avais perdu. Ces Oiseaux restèrent 
en ma possession jusqu'au moment où un A^oyage d'assez 
longue durée devait m'éloigner de chez moi. Je vendis alors 
mes sujets précieux que je n'osais laisser à des mains insuf- 
fisamment sûres. Celui d 'Abrahams alla chez un amateur ou 
un marchand inconnu, l'autre revint chez Casartelli, qui le 
céda à un client qui, comme je l'ai signalé, assura l'avoir 
encore en superbe état deux ans après. Ces deux Oiseaux 
avaient séjourné chez moi, l'un huit ans, l'autre sept. 

« Reconstituant ensuite ma collection, je pus, par Fockel- 
mann, avoir deux très beaux mâles. Ceux-là sont restés 
-presque aussi longtemps chez moi que les premiers, sept ans 
environ. Je cherchais, il est inutile de le dire, des femelles : 
enfin, Abrahams m'envoya, un jour, une femelle. Mais celle-ci 
était différente de formes, plus longue, la queue moins 
courte ; toute verte était sa livrée sauf un peu de bleu sous 
le bec. Peu de temps après, je m'aperçus que cet Oiseau 
chantait, c'était un mâle que je crois avoir été de l'espèce 



CHRONIQUE ORNITHOLOGIQUE IQl 

P. swainsoiii. Je le perdis rapidement du reste, sans savoir 
de quoi. 

« Enfin, au cours de l'hiver qui précéda la dispersion 
complète de toute ma collection, pour cause d'instabilité de 
séjour chez moi, je reçus par Casartelli, venant de Ham- 
bourg, deux couples C. aurifrons, c'est-à-dire deux sujets 
forts, ardents, vigoureux, et deux autres plus petits et de 
moins belle tenue. 

« Ces quatre Oiseaux passèrent tout l'hiver dans une cham- 
bre chauffée, en cages séparées, et en juin, ils furent lâchés 
en volière, les deux couples ensemble, avec mes Diamants, 
Tangaras, etc. Ils s'y comportèrent bien, étaient assez pla- 
cides, volaient bien, mais d'un vol un peu mou, caractéris- 
tique sans doute de leur espèce. 

« Ils ne manifestèrent nullement le désir de se reproduire, 
les deux plus beaux, les mâles, se rencontrant aux man- 
geoires, se disputaient ; mais ils se bornaient pour cela à 
se dresser l'un contre l'autre, becs ouverts, ailes étendues ; 
le plus faible, ou le moins courageux, cédait et s'envolait 
après force cris réciproques, et c'était tout. Les deux autres 
ne se chamaillaient pas. Ces quatre Oiseaux partirent en 
novembre avec les deux autres que j'avais conservés en cage. 

(( Enfin, il y a environ deux ans, M. Delacour m'a cédé 
un Phyllornis. J'ai cru, à l'arrivée, à l'aspect de l'Oiseau, 
que c'était une femelle ; mais il n'en était rien, car il se mit 
à chanter. Je signalai le cas de notre collègue, qui m'écrivit 
que c'était un Phyllornis malabaricus. 

« Pendant les dix-sept ans au cours dequels j'ai eu des 
Phyllornis, je n'en ai perdu que deux : un aarifrons et un 
swainsoni ; tous les autres ont quitté ma demeure, beaux et 
vigoureux ; un seul reste ici, le dernier, acquis il y a deux 
ans. 

(( Comme régime, je ne leur donnais autrefois pas autre 
chose que pommes de terre, œuf dur, pâtée Duquesne et pain 
au lait ( simplement émietté sur lequel, dans une passoire, 
on versait du lait froid, mais bouilli toutefois). Ces Oiseaux 
étaient devenus très familiers, quémandeurs et on leur offrait 
des vers de farine ; des fruits étaient donnés à discré- 
tion, tous ceux qu'ils pouvaient consommer, par exemple 
une demi-poire, une moitié d'orange, des raisins, etc. Jamais 
ils n'en ont manqué un seul jour. 



iga L OISEAU 

(( J'ai toujours considéré que cette ingestion de pomme 
de terre était mauvaise, mais, à cette époque-là, moins ren- 
seigné, comment faire ? Et cependant, d'après ce qui pré- 
cède, mes Oiseaux se sont bien comportés. S'il était permis 
d'avoir une opinion sur ce sujet si délicat de la nourriture, 
je vous dirais qu'il faut en trouver la cause probable dans 
le lait et les fruits. Jamais je n'ai perdu un insectivore de 
diarrhée, malgré la quantité de fruits qu'on leur donnait, 
mais toujours on les choisissait sains. Les beaux sujets que 
j'avais étaient vifs, toujours remuants, poussant fréquem- 
ment leurs divers cris, assez stridents parfois. Seuls, ceux-là, 
placés au soleil, devant une place, sous une impression, en 
un mot, qui les excitait, redressaient les plumes de leur 
bandeau doré et celles aussi de leur rabat bleu ; ils étalaient 
en même temps le pommeau du pli bleu de leurs ailes, sans 
détacher le bout des grandes plumes de leur position de 
repos, tout en mettant aussi celles de leur queue en éventail. 
Dans ces moments-là, ils sautaient d'un perchoir à l'autre 
en poussant leurs cris les plus aigus, les plus stridents. Jamais 
les autres, femelles, ou soi-disant, et le malabaricus actuel, 
n'ont donné ce beau spectacle qui fait de cette espèce un 
Oiseau magnifique. 

« Je signale tous ces faits concernant les Phyllornis, à titre 
seulement de constatation et pour documenter nos lecteurs 
sur la résistance de mes Oiseaux, qui a été réellement très 
grande, malgré un régime qui n'était pas en rapport, pour 
une bonne part tout au moins, avec leurs besoins, comme 
l'indique la conformation de leur langue. » 



Société Nationale d' Acclivialation. 
L'OISEAU 



PL. XII 

1 ()_■ T, 





Tisserin Baya et son nid (i io) 
(Ploceiis baya) 

Tisserin Cap-.moor et son nid (2/5) 
(flyf^h an ternis vitellinns) 



Société Nationale d'Accliinatation 
L'OISEAU 



PL. XIII 

1923 




hn Baie. Sons 8, Daiuelsson.L" 



/ Veui^e à collier d'or. 2- Veuve royale 

(Ste ganura paradisea ). lÏLÉMâ £^9l3j- 

4. Veuve à dos d'or. 

(Çolius/Dasser macrura l. 



Veuve à large queue, 
(Colius passer laticauda ). 



S. Veuve de Jackson, 

lDrep_anppJeçtes Jackson/ '). 



LES 0ISEHUX 



(0 



CHAPITRE VIII 



LES TISSERINS 

Par W. SHORE-BAILY 

B — LES PLOCÉINÉS 

Nous avons passé en revue la série des Tisserins faisant 
partie, comme les Veuves, les Astrilds, les Diamants, etc., 
de la sous-famille des Viduinœ. Nous allons maintenant nous 
occuper de ceux qui constituent celle des Ploceinœ, un groupe 
«ncore plus nombreux. C'est parmi eux que l'on trouve les 
plus remarquables tisseurs de nids. Comme chez les précé- 
dents, les mâles ont, en général, des plumages différents 
suivant les saisons. 

Les Tisserins de ce groupe, que l'on rencontre le plus 
fréquemment dans les volières, appartiennent aux genres 
Hyphantornis et Sitagra. On les connaît chez les marchands 
sous le nom de Cap-moors et de Gendarmes. Ces Oiseaux 
sont divisés en une soixantaine d'espèces, et, pour la 
moyenne des amateurs, il y a peu de différence entre les 
deux genres. Il faut un ornithologiste spécialiste pour les 
distinguer ; ici, je les étudierai ensemble. 

Ces Tisserins varient de taille depuis celle d'un Pouillot 
jusqu'à celle d'une Grive,. 

Le plus grand et le plus beau est, je crois, le Tisserin mas- 
qué d'Abyssinie (Hyphantornis abyssiniens). Cet Oiseau est 
jaune vif, avec une large bande noire de chaque côté du 
manteau ; les ailes sont également noires, ainsi que la gorge 
et les côtes de la tête. La femelle est jaune brunâtre en 
dessus, blanc jaunâtre en dessous ; les- mâles en plumage 

(0 V. l'Oiseau, vol. IV, n"' i, 2, 3, '1 et 5. 

l'oiseau. — 1923 — 7 I 



1^4 l'oiseau 

d'hiver lui ressemblent, mais ce changement n'a pas tou- 
jours lieu ; je possède depuis plusieurs années un mâle qui 
n'a jamais perdu ses couleurs et qui reste en parfaite santé. 
Cet Oiseau n'est pas souvent importé, et, à ma connaissance, 
ne s'est pas encore reproduit en captivité. En 1914, je réussis 
presque ; un couple bâtit son nid dans une de mes volières ; 
ce nid était suspendu au grillage qui couvre la volière et 
avait la forme d'une cornue, dont le col mesurait dix centi- 
mètres. Trois œufs furent pondus, d'un ovale allongé, blancs 
fortement ponctués de rouge. Deux étaient clairs, mais le 
troisième éclot ; le jeune vécut treize jours et fut alors noyé 
par un orage. Les deux parents le nourrirent dès le début, 
différant en cela de la plupart des Tisserins du groupe des 
Viduinœ ; ils employaient des vers de farine, des graines et 
du pain au lait. Je ne doute pas que, sans cet accident, le 
petit n'eût été élevé. Je viens d'acquérir une nouvelle com- 
pagne pour mon vieux mâle et espère obtenir bientôt un 
succès complet. Le regretté major Dikinson me rapporta 
qu'il avait trouvé cette epèce nichant dans tout l'Ouganda et 
près des Grands Lacs ; beaucoup de nids sont construits sur 
le même arbre. Elle habite le Nord-Est Africain. 

Le Tisserin Cap-moor {H. cuciillatiis) est à peine aussi 
grand que le précédent. Il est souvent importé et peu coû- 
teux. Il diffère du Tisserin masqué par sa nuque et son cou 
de couleur rousse, et son ton jaune est moins brillant. Il s'est 
reproduit plusieurs fois au Jardin Zoologique de Londres et 
chez divers amateurs. J'ai eu beaucoup de nids, mais n'en 
ai jamais élevé, toutes mes prétendues femelles ayant été de 
jeunes mâles non en couleurs. Le Cap-moor habite l'Afrique 
Occidentale. 

Le Tisserin à dos tacheté (H. spinolotus) est une autre 
grande espèce, un peu plus petite cependant que les précé- 
dentes. Il est jaune gomme-gutte, avec le dos et les couver- 
tures des ailes vert jaunâtre, la face et la gorge noires. Il 
n'est pas souvent importé. 

Ce Tisserin habite le Sud-Est Africain, où il est fort com- 
mun ; les arbres sont surchargés de ses nids en forme de 
rognon, qui sont finement tressés d'herbe verte et ont une 
entrée au-dessous ; les œufs sont ^blancs, pointillés de rouge. 



LES TISSERINS 196 

Le Tisserin de Cabanis (H. cabanisi) atteint à peu près la 
taille du précédent ; il est vert olive terne en dessus, jaune 
vif en dessous, avec le front, les joues et la gorge noirs. Un 
lot important de ces Oiseaux arriva, il y a deux ans ; c'étaient 
les premiers que je voyais. Autant que je sache, ils n'ont pas 
encore été élevés en captivité.. Chez moi, l'été dernier, un 
mâle bâtit de nombreux nids ; à un certain moment, il en 
avait terminé jusqu'à huit, suspendus à la même branche. 
Il arriva à en faire occuper deux par des femelles, l'une de 
sa propre espèce, l'autre de Tisserin à demi-masque (H. vi- 
tellinus). La première fit trois pontes de trois œufs chacune, 
tous clairs ; la seconde ne réussit pas davantage. Les œufs 
sont blanc pur. Cette espèce habite l'Est Africain. 

Le Tisserin à tête noire (H. melanocephalus) est beaucoup 
plus petit et souvent importé ; il a la tête et la gorge noires, 
le dessus du corps vert jaunâtre, le dessous jaune vif. Il 
nicha pour la première fois en 191 2, chez Lord Poltimore, 
dans- un chêne vert, à 2 mètres de hauteur. Dans mes volières, 
ce Tisserin a fait son nid plusieurs fois, mais sans élever 
complètement ses jeunes. Les œufs étaient de couleur crème, 
sans marque. Il habite l'Afrique Occidentale. 

Le Tisserin à front noir (H. velatus) est une espèce sud- 
africaine de même taille environ que la précédente, mais 
différant par le sommet de la tête qui est jaune au lieu d'être 
noir^ Cet Oiseau se reproduisit au Jardin Zoologique de 
Londres dès 1892. Il nicha une ou deux fois dans mes vo- 
lières, sans mener à bien ses couvées ; les œufs sont blancs, 
fortement ponctués de brun rouge. Il est commun au Natal, 
dans les roseaux, où il suspend son nid oblong. 

Le Tisserin à demi-masque (H. vitellinus) est un peu plus 
petit que les deux espèces précédentes. Le sommet de sa tête 
et le bas de sa gorge sont roux ; le menton, le devant des 
joues, le tour et les côtés de la face, noirs ; le reste du 
plumage ressemble à celui des précédents. C'est un des plus 
jolis Gendarmes» Un couple nicha chez moi en 1916 ; le nid, 
en forme de rognon, était suspendu à ime branche de 
pin ; deux œufs blancs, fortement tachetés de rouge, furent 
pondus. L'incubation dura treize jours, et les jeimes quit- 



1^6 l'oiseau 

talent le nid quatorze jours plus tard ; malheureusement, 
ils ne survécurent pas. 

Cet Oiseau est l'un des plus acharnés constructeurs de nids 
du groupe. Pendant que la femelle couve, le mâle ne cesse 
de tresser et de défaire des nids ; un nid, qui a pu prendre 
deux ou trois jours à bâtir, peut être défait en moins d'une 
heure, et, aussitôt, un autre est commencé. 

Bien d'autres Hyphantornis, tous assez semblables à l'un 
ou l'autre des précédents, ont été importés : H. nigriceps, 
H. intermediiis, H. tœniopteriis, H. heuglini, H. reichardi, 
H capitalis, H. badins, H. grandis. 

Le Tisserin doré (Xanthophilus capensis) est l'un des plus 
brillamment colorés du groupe.. Le dessus de sa tête et ses 
parties inférieures sont jaune orangé vif, le reste du corps 
est jaune verdâtre, avec les lores et le tour des yeux gris- 
brun. 

Un couple de ces Oiseaux nicha chez moi en 1916. Le nid 
était suspendu au grillage qui recouvre la volière ; il était 
construit en forme de cornue et tapissé de plumes. Trois 
pontes de trois œufs y furent déposées, mais n'étaient pas 
fécondées ; ces œufs sont vert olive, pointillés et tachetés 
de rouge. Je crois que cette espèce a été élevée en captivité ; 
une fois, j'élevai deux beaux hybrides d'une femelle accou- 
plée à un mâle d'Hyphaîttornis cucullatus. 

Cet Oiseau habite l'Afrique du Sud. 

J'ai possédé des espèces voisines (X. galhula, X. subaurens, 
X. xanthops), mais aucune ne s'est reproduite. Tout récem- 
ment est arrivé un lot de la dernière espèce, et j'en ai acquis 
trois couples ; elle a les parties supérieures jaunes mêlées 
de gris, la tête et les parties inférieures jaime d'or, la gorge 
et le devant du cou marron. Elle habite le Sud-Ouest Afri- 
cain. On a encore importé X. hoieri. 

Une espèce du genre Cinnamopferyx (castancafuscus) a éga- 
lement figuré dans les volières. Ce sont de gros Tisserins 
noirs, avec le dos et îe ventre marron, qui habitent l'AfriqTic 
Occidentale. Une espèce d'un autre genre, Hyphanfurgiis ocii- 
lorius, a aussi été importée ; elle a le dessus du corps vert 
olive, la tête et le dessous du corps jaune d'or ; un trait 
noir traverse l'œil, et une ligne de même couleur se trouve 
au centre de la gorge. Elle habite le Sud et l'Est Africain. 



I.LS TISSIiKI>S 



'î)7 



Le Petit Tisserin masqué {Sitagra luteola) est le plus petit 
des Oiseaux qui nous occupent ; il n'est pas plus gros qu'un 
Pouillot. En dessus, il est jaune olivâtre ; en dessous, jaune 
vif ; le iront, les côtés de la tête, les joues et la gorge sont 
noirs. 

Ce petit Oiseau est rarement importé. En 191/1, j en obtins 
deux couples ; l'un se mit à nicher au milieu de l'été de la 
même année. Le nid était suspendu à une branche au-dessus 
d'un bassin et avait la forme d'une minuscule cornue ; l'ou- 
verture était si petite qu'il était impossible d'y mettre deux 
doigts à la fois. Deux œufs blancs furent pondus et couvés 
pendant douze jours. Les jeunes, nourris par les deux parents, 
surtout des insectes qu'ils attrapaient et de vers de farine que 
je leur donnais, quittèrent le nid à l'âge de quatorze jours ; 
ils volaient parfaitement. Il est possible que, voyant l'eau 
au-dessous d'eux, ils restèrent davantage au nid : en volière, 
tant d'Oiseaux le quittent avant qu'ils puissent voler conve- 
nablement, et il s'ensuit des désastres ! Plus tard en saison, 
deux autres couvées de deux œufs eurent lieu, et deux jeunes 
furent élevés. 

Le docteur Hopkinson rapporte que cette espèce niche en 
grand nombre le long de la rivière Gambie. Elle se ren- 
contre depuis la Sénégambie jusqu'à l'Est Africain. 

D'autres espèces du même genre ont aussi été importées : 
5. monacha, de la Côte Ouest de l'Afrique, presque semblable 
à .S. luteola, mais un peu plus foncé ; S. subpersonata. de 
Loango. un peu plus grand, marron jaunâtre en dessous, 
olive en des-sus ; S. pelzeni, de la région des Grands Lacs. 
olive en dessus, jaune en dessous, avec un masque noir. 

Le Foudi (Foudia madagascoi-iensis) était autrefois importé 
en grand nombre et son prix était peu élevé, mais depuis 
une dizaine d'années on ne le trouve plus qu'exceptionnelle- 
ment. Il est entièrement d'un rouge vif, avec les plumes du. 
dos, du manteau et des scapulaires marquées de noir ou 
centre. C'est un Oiseau magnifique, mais assez querelleur 
en volière. La femelle ressemble à celle du Moineau, de même 
que le mâle en plumage d'hiver. 

Le Foudi a été élevé en Allemagne : le nid avait la forme- 
d'une cornue sans col ; les œufs, au nombre de trois à six> 
sont bleu pâle, et l'incubation dure quinze jours. 



igS l'oiseau 

A Villers-Brelonneux, chez M. Delacour, un mâle Foudi 
s'accoupla à une femelle d'Hyphantornis vitellinus ; ils ni- 
chèrent plusieurs fois, en 1910 et 1911, dans une bûche, 
fait curieux pour des Tisserins. Trois jeunes furent élevés, 
deux femelles, semblables à celles du Foudi, et un mâle 
qui, la deuxième année, prit une couleur crème orangé. Le 
Foudi habite Madagascar et les îles voisines. 

Le Foudi jaune (F. flavicans) diffère du précédent ; il est 
gris-brun jaunâtre, avec la tête, le cou, la poitrine et le crou- 
pion jaune vif, teinté d'orange sur le masque et la gorge. 

Ici se placent deux petits Oiseaux assez communs en capti- 
vité qui, bien qu'appartenant au groupe des Ploceinœ, res- 
semblent plutôt aux Astrilds. Ce sont : le Tisserin à tête 
poîntillée {Sporopipes frontalis), qui habite l'Afrique Occiden- 
tale, Orientale et Équatoriale, et le Tisserin à tête écaillée 
(S. squamifrons) de l'Afrique du Sud. 

Le premier a le front et le dessus de la tête noir finement 
pointillé de blanc, de même qu'une mince moustache ; la 
nuque et les côtés du cou, couleur cannelle ; le dessus du 
corps, brun cendré ; les joues et le dessous du corps, beige 
pâle ; bec et pattes, blanchâtres. Sa taille est celle de ITgni- 
colore, avec une plus longue queue. Ces Oiseaux sont com- 
muns sur la côte d'Abyssinie ; ils nichent par couples isolés 
et construisent de gros nids tapissés de plumes ; leurs œufs 
sont gris verdâtre ; ils se réunissent ensuite en grandes bandes 
et fréquentent les champs et les toits comme des Moineaux. 
Leur chant est faible, mais mélodieux.. Cette espèce niche 
facilement en captivité. 

Le Tisserin à tête écaillée (Sporopipes squamifrons) est sen- 
siblement plus petit que l'espèce précédente, à laquelle il res- 
semble, n'en différant que par une couleur générale moins 
fauve, les couvertures des ailes et la queue brun-noir entouré 
de blanc, la couronne et la moustache, dont les plumes 
sont lignées de blanc au lieu d'être pointillées. Il a des mœurs 
analogues. Cette espèce est beaucoup plus fréquemment im- 
portée que la première et a niché en captivité. 

Le Tisserin à bec bleu (Spermospiza hœmatina) est l'un 
des plus beaux Oiseaux de toute la famille. De la taille du 
Foudi, il est noir, avec la poitrine d'un rouge éclatant ; le 



LES TISSEHINS 199 

bec, très gros, est bleu plombé, avec lextrémité rouge ; la 
femelle diffère du mâle par son ventre pointillé de blanc et 
les couvertures de sa queue rouge sombre. 

Ce magnifique Oiseau habite l'Afrique Occidentale et est 
abondant au Cameroun. Il est très rarement importé et c'est 
grand dommage. Il est inoffensif pour ses compagnons de 
captivité. 

Le Tisserin à gros bec (Amblyospiza albijrons) ressemble, 
au premier abord, à quelqu 'espèce de Gros-bec, et ne fait 
pas penser à un Plocéidé. C'est un Oiseau de forte taille et 
son énorme bec de Perroquet le fait paraître encore plus 
gros. Chez le mâle adulte, le plumage est brun chocolat en 
dessus, avec le croupion noirâtre ; les ailes sont noirâtres, 
avec un large miroir blanc ; tête et cou, brun chocolat ; 
front, blanc ; dessous du corps, gris cendré avec des raies 
brunes et fauves. La femelle est brun roux en dessus, avec 
le centre des plumes brun foncé ; la gorge et les parties 
inférieu7-es sont blanches striées de gris-brun. Les jeunes 
mâles ressemblent aux femelles. 

Pour la première fois, un petit lot de ces Oiseaux arriva 
à l'automne dernier, et j'acquis un mâle et deux femelles. 
En les rentrant dans ma chambre d'Oiseaux pour l'hiver, 
j'appris à connaître la puissance de leur bec ! Ils pincent 
aussi fort que de petits Perroquets, et une fois qu'ils ont 
saisi le morceau, ils s'y agrippent comme des bouledogues 
Ils sont cependant inoffensifs pour les autres Oiseaux, et 
jamais ils n'ont tourmenté les Astrilds et les Veuves qui 
vivent avec eux. Ils sont friands de grosses graines telles que 
le soleil, et sont ainsi faciles à nourrir. J'espère les faire 
nicher. 

D'après Woodward, cet Oiseau est connu dans le Sud-Est 
Africain, sa patrie, sous le nom de Gros-bec. La femelle 
chante bien et, fait curieux, on n'a pas remarqué le chant 
du mâle. Il vit dans les buissons, à la bordure des bois ef se 
nourrit de graines dures. Il niche dans les roseaux, parfois, 
en compagnie du Cap-môor, et construit un très beau nid 
presque rond, avec une sorte d'entrée couverte sur le côté. 
Les (Tufs sont verdâtres pointillés de brun violet. 

Le Tisserin DinemelK (DiireweWn dinemeUi) atteint près- 



200 L OISEAU 

que la taille de l'Etourneau ; son plumage est particulier r 
les épaules, les ailes, le dos et la queue sont bruns ; la tête, 
le cou et la poitrine blancs ; une tache blanche au bord de 
l'aile ; le bas du dos, le ventre, les couvertures de la queue 
et le dessous des ailes, vermillon ; bec et pattes, noirs. Le 
mâle et la femelle sont semblables et gardent toute l'année 
le même plumage. 

Les Dinemellis se rencontrent au Soudan, à Zanzibar ; ils 
fréquentent les champs et les petits arbres, sont bruyants et 
nichent en colonie ; les œufs sont bleu-vert tachetés de brun. 
Cet Oiseau est rare en captivité. Une espèce voisine, D. bœhmh 
de la région des Grands Lacs, a été aussi importée ; elle ne 
diffère de la précédente que par les parties brunes plus fon- 
cées et plus uniformes.. 

L'Alecto (Textor albirostris) est l'une des quatre espèces 
et sous-espèces d'un genre qui ressemble beaucoup plus aux 
Etourneaux et aux Carouges qu'aux vrais Tisserins, autant 
par leur aspect que par leur habitude de débarrasser les bes- 
tiaux et les Buffles de leur vermine. Ce qui les rend inté- 
ressants, c'est leur façon de construire des nids en commun, 
où un grand nombre d'Oiseaux pondent ensemble. Le Jardin 
Zoologique de Londres a possédé un ou plusieurs exem- 
plaires des différentes espèces, mais très peu ont habité les- 
volières des amateurs et, à ma connaissance, ils n'y ont pas 
encore niché. 

L'été dernier, le docteur Hopkinson rapporta de Gambie 
une cage pleine d'Alectos et m'en offrit six^ Deux ou trois 
étaient en livrée d'adultes ; les autres avaient la robe brune 
du jeune âge. Malheureusement, cinq d'entre eux succom- 
bèrent. Etait-ce un excès d'insectes ou de verdure ? Tou- 
jours est-il qu'ils perdaient l'usage des jambes et parais- 
saient empoisonnés. Fait curieux, les Oiseaux que le docteur 
Hopkinson offrit au Jardin Zoologique de Londres vécurent 
parfaitement. 

Anderson écrit au sujet de l'Alecto : « Ce grand Passereau 
(i est assez commun en Damaraland et dans la région des 
« Lacs, Il est bruyant, vit en troupes et niche en colonies, 
« construisant plusieurs nids sur le même arbre. Il est cu- 
« rieux que quand ces Oiseaux ont choisi un arbre pour 
« nicher, celui-ci ne tarde pas à mourir ; mais les Alectos 



LES TISSICKI.NS 201 

« choisisseiil-ils instinctivement un arbre malade i' Je ne 
« puis le dire. Les nids collectifs consistent en une énorme 
u masse de brindilles, dans laquelle se trouvent de quatre 
« à six loges de forme ovale, composées d'herbe seulement, 
(( mais réunies les unes aux autres par des amas inextricables 
« de brancliettes qui défient l'accès de tout intrus, hormis les 
(( petits serpents. Dans chacune de ces loges séparées sont 
« pondus trois ou quatre œufs, ressemblant absolument à 
(( ceux du Moineau, mais beaucoup plus gros. J'en ramassai 
« plus de quarante sur deux arbres. Le lendemain, les Alec- 
« tos travaillaient à refaire les nids communs. Je crois que 
u les mêmes nids sont réparés et servent plusieurs saisons ». 
Chez ces Oiseaux, les sexes sont semblables, noir brunâtre, 
avec la base des plumes blanche, une tache de chaque côté 
de la .poitrine et le centre des plumes des côtés sont blancs. 
Ils habitent l'Afrique Occidentale (T. senegalensis), le Nord- 
Est de l'Afrique (T. albirostris) , la région des Lacs (T. inter- 
Tïiedius), l'Angola et le Damaraland (T. niger). 

J'arrive maintenant aux Tisserins indiens, dont il existe 
quatre espèces : le plus souvent importé, bien qu'encore 
assez rarement, est le Tisserin Baya (Ploceus baya). Comme 
tisserand, cet Oiseau se classe facilement premier, et aucune 
autre espèce africaine ou asiatique ne peut lui être comparée 
comme ai'chitecte. J'en ai possédé deux ou trois exemplaires, 
tous mâles ; les femelles ne paraissent pas arriver. Mes Oiseaux 
ont fous bâti des nids. Ceux-ci étaient suspendus quelque- 
fois au grillage couvrant la volière, quelquefois à des bran- 
ches de saule. Quelques-uns de ces nids avaient plus d'un 
mètre de longueur, sans comprendre l'étroite entrée tubu- 
laire des nids occupés ; n'ayant pas de femelles, les mâles 
estimaient sans doute inutile d'ajouter ce détail. La matière 
employée était toujours de l'herbe verte. Ces nids étaient 
si finement tressés qu'ils étaient encore en parfait état après 
l'un de nos pires hivers. Une étrange particularité de ces 
nids est une large plaque de boue maçonnée à l'intérieur de 
chaque côté ; il y a aussi un très fort cordon d'herbe, près 
de la base, sur lequel le mâle couche la nuit. 

La saison dernière, mon mâle essaya désespérément de 
s'accoupler à une Cap-moor ; il la poursuivait du matin au 
soir, mais- quoiqu'elle parût bien disposée pour lui, rien 



n'advint. Je suppose qu'il aurait été douteux qu'elle pût ter- 
miner le nid convenablement.. 

Les mâles en couleurs ont la tête et la poitrine jaune vif, 
les parties supérieures brunes, les inférieures blanches. Les 
femelles, les jeunes et les mâles, en hiver, sont brun strié. 
Cette espèce vit dans l'Inde et à Ceylan ; des espèces très 
voisines habitent l'Himalaya (P. atrigulà), la Birmanie 
(P. bengalensis), l'Assam et Java (P. manyar). 

En liberté, les nids sont suspendus aux branches des arbres, 
mais en Birmanie, ils sont souvent attachés au toit de 
chaume des cases, et on en a vu plus d'un cent sur le même 
bâtiment, La ponte normale est de deux œufs, mais on en a 
parfois trouvé dix dans le même nid, provenant sans doute 
de plusieurs femelles.. Horne a publié une note intéressante 
sur la nidification du Baya : « Ce matin (7 juillet i865), en 
« passant devant un palmier isolé dans la campagne, j 'en- 
ce tendis un bruit singulier, et, levant la tête, je vis un si 
« beau spectacle que je ne puis l'oublier. De cet arbre pen- 
ce daient de trente à quarante de ces élégants nids tissés 
« d'herbe du Baya. Les gros orages de mai et juin les avaient 
« déchirés et abîmés, de telle façon qu'on aurait pu les 
« croire irréparables. Ce n'était pas l'opinion des Oiseaux, 
« car une soixantaine environ étaient venus les remettre en 
« ordre. La scène dans l'arbre défie presque la description. 
(( Chaque couple s'occupait seulement de son nid. -Comment 
(( Ils le choisissaient, je l'ignore, et j'aurais bien voulu les 
« voir arriver. Je suppose que les plus malins choisissaient 
« les meilleurs nids.. Les nids se balançaient au vent. Chaque 
« mâle apportait un long brin d'herbe ; il se posait à l'ex- 
« térieur du nid, se tenant par les ongles, avec l'herbe sous 
« lui ; il mettait l'extrémité dans le nid avec son bec, et la 
(c femelle, à l'intérieur, la tirait et la lui repassait à l'exté- 
(( rieur ; le tissage se faisait ainsi. Le tout se passait au 
« milieu d'un grand tapage, et les Oiseaux semblaient beau- 
ce coup s'amuser. Quand un brin était mis en place, l'un 
« donnait un coup de bec à l'autre, et lui ou elle s'envolait 
« pour chercher de nouveaux matériaux, tandis que l'autre 
« attendait tranquillement le retour de l'ouvrier. Pour se 
« procurer les brins d'herbe, le Baya se pose à la base des 
« grandes herbes « sarpat », la tête en bas, et en pince 
« l'épaisseur exacte qu'il désire. Il remonte ensuite, et 



I.A COLLECTION d'oLSEAUX DE M. l'A II, VEMJKAN ao3 

(( ayant mesuré la longueur voulue, coupe de nouveau 
« l'herbe. 11 la saisit alors à la base et s'envole, déchirant 
« la bande ». 

On a aussi importé le Tisserin de Java {Plocella javanen- 
sis), qui est jaune, laclieté de brun en dessus. On le ren- 
contre en Birmanie, au Siam et à Java.. 

Le Tisserin à sourcils {Pachyphaides superciliosus) a figuré 
dans les volières. Son plumage est mêlé de brun et de jaune 
olivâtre, avec le dessus de la tète jaune vif, les côtés de la tête 
et la gorge noirs ; cette couleur s'étend en pointe sur la 
poitrine, qui est jaune. Il habite le Libéria, le Congo et le 
Haut-Nil Blanc. 

Enfin, le Nelicourvi {Nelicurvius nelicourvi), de Madagas- 
car, a été également importé. Il ressemble aux Gendarmes ; 
le dessus et les côtés de la tête sont noirs ; le dessous du 
cou, le menton et la gorge jaune vif ; le dessus du corps est 
vert olive, le dessous gris terne. Il fiéquente les forêts de la 
côte, construit un nid tressé en forme de gourde et niche 
en colonies. 



LA COLLECTION D'OISEAUX 
DE M. PAUL VENDRAN, à MONTÉLIMAR (DROME) 

par J. DELACOUR 

Le climat, déjà assez méridional, de la vallée du Rhône, 
est certainement favorable à un grand nombre d'Oiseaux 
exotiques, et il est intéressant de suivre les résultats d'accli- 
matation qu'obtient M. P. Vendran à Montélimar. 

Au fond d'un vaste jardin, un peu en dehors de la ville, 
il a bâti de nombreuses volières et y a réuni, depuis quelques 
années, une très importante collection d'Oiseaux, principa- 
lement de Gallinacés, de Perruches et de Passereaux divers. 

D'abord, dans le bureau de M. Vendran, se trouvent de 
nombreuses cages qui, lors de ma visite à l'automne de 
1932, contenaient des insectivores indigènes en parfait état : 



:3o'| 



I, OISEAU 




VOLIKRES A FAISANS 






VOLIKRE A LOPHOPHORES 



I.A COLLECTION D OISEAUX DE M. PAUL VENDHAN 2O0 




GRANDE VOLllîRR 




VOLIÈRES A PAONS 



,20(J l'oiseau 

Rossignols, Rossignols de muiaille, Fauvettes à tête noire et 
des jardins, Loriots, Bergeronnettes, Troglodytes, Gorges- 
bleues, etc.. ; à côté d'elles, quelques raretés exotiques : 
Colibris {TJtalarania furcata), Souï-mangas (Cynniris afer et 
amethystijia), Paradisiers {Diphyllodes magnificd), Merles 
bronzés pourpres {Lamprotornis purpareus) , Guits-guits {Cya- 
nerpes cyaiieus). Dans une pièce voisine se trouve une col- 
lection de Canaris. 

Dans le jardin, le long des murs, M^ Vendran a bâti des 
séries de volières. Tout d'abord, nous en rencontrons sept, 
de 7 mètres de longueur, 2 mètres de largeur et 2 m. 5o de 
hauteur, avec abris ouverts de 2 m. 45 de profondeur. Ces 
volières sont bâties en fer et grillage, avec soubassement de 
ciment ; elles sont séparées les unes des autres par des écrans 
en ciment de i m. 25 de hauteur, de sorte que les Oiseaux 
ne peuvent se voir d un compartiment à l'autre. 

On admire dans ces volières des Argus, des Paons blancs, 
nigripennes et spicifères, des Lophophores, des Tragopans 
de Temminck. des Faisans versicolores, de Swinhoé, prélats 
d'Elliott et vénérés ; l'un dés compartiments est destiné à 
de petits Echassiers : petites Aigrettes, Râles de Cayenne, 
Blongios, Poules d'eau, etc. 

A angle droit avec les précédentes se trouvent quatre 
volières profondes de 3 mètres, larges de i mètre, couvertes 
d'un toit et seulement grillagées sur le devant, suivies de 
deux autres du même genre, de 2 m. 5o x 2 m. 5o. Elles 
contiennent des Perruches, des Colombes, des Tinamous, des 
Perdrix, des Cailles et toutes sortes de petits Oiseaux (Per- 
ruches de Pennant, d'Adélaïde, omnicolores, palliceps et on- 
dulées des diverses variétés ; Colombes poignardées, dia- 
mants, écaillées, à masque de fer ; Tinamous roux et tatau- 
pas ; Francolins divers ; Perdrix rouges, bartavelles, de Cy- 
rénaïque, gambras ; Colins de Californie et de Cuba ; Cailles 
naines et de Coromandel ; Papes de la Louisiane et de Le- 
clancher. Diamants, Astrilds et Tisserins divers ; Grives, 
Alouettes et Bouvreuils, et autres Passereaux indigènes). 

A leur suite viennent six nouvelles A^olières à Faisans, de 
4 m. 5o X I m. 35, hautes de 2 m, 70, avec abris de 2 m. 5o 
de profondeur. On y trouve plusieurs couples de Tragopans 
satyres, des Tragopans de Cabot, des Eperonniers chinquis, 
des "Faisans d'Amherst dorés, argentés, et des Ho-Kis. 



LES PKRUUCHES AMERICAINES 207 

L'installation est complétée par une grande volière formée 
d'un vaste abri et d'un jardin extérieur de 4 m. 65 x 7 mè- 
tres, pourvu d'un bassin et destiné à de petits Echassiers et 
à des Passereaux exotiques. 

Toutes ces volières sont solidement et élégamment cons- 
truites en fer et grillage ; les abris, en bois et maçonnerie, 
sont couverts en tuile ; ils sont toujours plus hauts que les 
volières, détail fort utile, car les Oiseaux s'en servent ainsi 
plus volontiers, surtout pour s'y percher la nuit. 

Cette belle installation vient d'être terminée ; nous souhai- 
tons vivement que M. Vendran, qui est un amateur passionné 
et ne recule devant aucun sacrifice pour assurer la prospé- 
rité de ses élevages, réussisse aussi complètement qu'il le 
mérite. 



LES PERRUCHES AMÉRICAINES 
par J. Berlioz 

Si l'Australie fournit aux volières d'amateurs les espèces 
de Perruches les plus jolies et les plus recherchées, on ne 
saurait néanmoins méconnaître que le Nouveau Monde pos- 
sède également de nombreuses espèces dignes d'attention. 
Elles sont, il est vrai, incontestablement inférieures à leurs 
proches parents australiens, quant à la variété et à la viva- 
cité des couleurs de leur robe : le vert, de toutes nuances, 
est en effet la couleur foncière et souvent très uniforme de 
leur plumage, rehaussé pourtant, parfois, de teintes jaunes 
ou rouges très vives. Mais l'élégance de leurs formes, leur 
vivacité, leur plumage brillant et lustré, méritent amplement 
de les voir figurer parmi les Oiseaux de cage les plus appré- 
ciés. 

L'Amérique, depuis les Etats-Unis du Sud jusqu'au détroit 
de Magellan, nourrit un grand nombre d'espèces de Per- 
ruches, dont quelques-unes sont localisées dans les Antilles. 
On n'en connaît pas moins de quatre-vingts, réparties dans 
les genres : Conunis, Gnathosittaca, Conupropsis, Rhyncho- 
psittacus, Cyanolyseus, Henicognathus, Microsîttace, Pyrrhura, 
Myopsittacus, Brotogerys, Bolhorhynchus et Pinîttacula. Elles 



2o8 l'oiseau 

constituent donc la majeure partie de la tribu des Co- 
nurinés des ornithologistes, groupe qui renferme en outre 
les Aras et autres Perroquets voisins, à face largement dé- 
nudée, que nous n'étudierons pas ici. 

Les Perruches américaines sont des Oiseaux de taille 
moyenne ou petite, à face emplumée, — sauf parfois autour 
des yeux. — à queue généralement allongée et cunéiforme, 
c'est-à-dire à rectrices graduellement allongées des plus ex- 
ternes aux médianes. On compte toutefois aussi dans ce 
groupe des formes à queue beaucoup plus courte, rappelant 
ainsi par leur aspect les Perroquets dits (c à queue courte » 
ou Pionidés. 

Les espèces du genre Conurus peuvent servir de type à la 
tribu entière. On en connaît une trentaine, dont beaucoup 
ont été déjà tenues en captivité en Europe. Elles sont carac- 
térisées par leur queue allongée, ainsi que les ailes, dont la 
quatrième rémige est brusquement atténuée au sommet, et 
par leur bec court, à cire en partie découverte, laissant les. 
narines à nu. La coloration des rectrices permet de les répar- 
tir en plusieurs groupes, faciles à reconnaître : 

a) Rectrices jaunes : 

Ce caractère n'appartient qu'à la seule Perruche guaruba 
ou Con. gnarouba (Gm.), très différente en cela de toutes les 
autres, -par son plumage en entier d'un jaune vif, avec les 
ailes seules d'un vert sombre. C'est une espèce de grande 
taille, atteignant jusqu'à 38 centimètres de longueur totale ; 
elle est propre au Brésil et ne se voit malheureusement que 
rarement dans nos volières. 

b) Rectrices vertes en dessus, noirâtres en dessous : 
Plusieurs espèces de ce groupe se rapprochent de la pré- 
cédente par la couleur jaune prédominante en leur plumage 
et leur bec noirâtre. Tel est le C. solstîtialis CL.), de Guyane 
et d'Amazonie ; sa taille est plus faible que celle du Guarouba 
et sa robe est en entier d'un beau jaune fortement teinté 
d'orangé, avec les ailes et la queue vertes, nuancées de bleu. 

La Perruche à tête jaune ou C. jendaya fGm.) est plus 
connue en captivité ; elle diffère de la précédente par la 
couleur verte du dos. le reste du corps étant d'un jaune vif 
passant au rouge orangé sur la face et l'abdomen, et les 
ailes en grande partie bleues. C'est un habitant des pro- 
vinces orientales du Brésil, ainsi qu'une autre espèce très 



à 



LES PEHRUCIIES AMEUICAINES 209 

voisine, le C. auricapillas (Kûhl), chez laquelle la coloration 
verte des parties supérieures s'étend jusqu'à l'occiput et aux 
joues, laissant seuls le devant de la face et le vertex jaunes 
comme le dessous du corps, avec les lores et le tour des yeux 
rouges. 

Dans ce même groupe, citons encore la Perruche à tête 
noire ou C. nanday (Vieill.), qui possède la taille (3o cm. en- 
viron) et l'aspect général des précédentes. Elle est aisément 
reconnaissable, entre tous ses congénères, au masque brun- 
noir, qui recouvre la face et la partie supérieure de la tête 
jusqu'à la nuque ; le reste du plumage est entièrement vert, 
nuancé de bleuâtre, et passant au jaunâtre sur l'uropygium 
et l'abdomen ; les plumes tibiales sont rouge vif et les ailes 
en parties bleues. Cette espèce, que l'on a observée assez 
souvent en captivité, est originaire du Paraguay et des ré- 
gions avoisinantes. 

c) Rectrices vertes en dessus, d'un jaune olive doré en 
dessous : 

Ce groupe est de beaucoup le plus riche en espèces et 
celles-ci peuvent être elles-mêmes rapportées à deux types 
de coloration différents : 

L'un est caractérisé par la couleur blanchâtre du bec et 
le plumage d'un vert uniforme, rehaussé seulement de quel- 
ques taches rouges à la tête, au pli de l'aile et aux pattes. 
Cette couleur rouge n'apparaît d'ailleurs qu'assez tardivement 
dans le développement de l'Oiseau et on ne peut guère iden- 
tifier ainsi avec sûreté que l'âge adulte de ces formes si voi- 
sines les unes des autres. 

Une des plus connues de ce groupe est la Perruche à tête 
écarlate, C. nibrolarvatus Mass et Souancé, originaire de 
l'Equateur et du Pérou ; de la taille environ de la Perruche 
à tête noire, elle se distingue de ses voisines par le rouge de 
son- plumage, qui, chez l'adulte, s'étend au front, aux joues. 
au tour des yeux, au pli de l'aile et aux sous-alaires, ainsi 
qu'aux plumes tibiales. 

Le C. mitratiis Tsch. ressemble beaucoup au précédent, 
mais il est de taille sensiblement plus forte et ne présente 
de rouge qu'à la tête et sur quelques plumes éparses sur le 
corps ; il habite la Bolivie et le nord de l'Argentine. 

Citons encore, dans ce même groupe, le C. Wagleri Gray, 
de Colombie, et le C. Finschi Salv.. de Costa-Rica. 



210 L OISEAU 

D'autres espèces, voisines des précédentes, s'en distinguent 
néanmoins par l'absence de rouge sur le front ; telles sont 
la Perruche de Cuba ou C. euops (Wagl.), la Perruche de 
Guyane ou C. leiicophtalmus (MulL), qui en diffère par ses 
grandes sous-alaires jaunes, et la Perruche de Porto-Rico ou 
C. maiigei (Soua.), localisée dans l'île Mona, près Porto- 
Rico ; nous ne citons celle-ci que pour mémoire, car on ne 
l'a signalée encore qu'une fois, en captivité, en Europe. 
Enfin, la Perruche du Mexique ou C. holochlorus Sel. ne 
présente plus trace de rouge dans son plumage, qui est en- 
tièrement vert, même à l'âge adulte. 

Un deuxième type de coloration, dans ce même groupe de 
Perruches, est caractérisé par l'absence constante de couleur 
rouge dans le plumage et par les ailes plus ou moins teintées 
de bleu ; en outre, le bec est brunâtre et rarement de cou- 
leur claire. 

A cette catégorie appartiennent les plus petites espèces du 
genre, entre autres le C. aztec Souancé, dont la taille n'ex- 
cède pas 25 centimètres de longueur. Il est originaire du 
Mexique et de l'Amérique centrale ; son plumage est vert 
passant au jaunâtre sur l'abdomen, avec la gorge et la poi- 
trine brun olivâtre et les rémiges en partie bleues. 

Le C. nanus (Vig.), propre à l'île de la Jamaïque, est de 
taille à peine plus forte que le précédent, dont il ne se dis- 
tingue guère que par son hec de couleur pâle et la teinte 
plus brune de la gorge et de la poitrine. 

Le C. cactornm (Neuw.) est une Perruche très commune 
au Brésil ; il est de la taille du C. naniis, mais son plumage 
vert est rehaussé par la couleur jaune orangé de la poitrine 
et de l'abdomen et les yeux sont entourés d'un cercle de 
plumes jaunes. Ce même cercle périophtalmique caractérise 
également deux espèces voisines, le C. œruginosus CL.), du 
Venezuela et de Guyane, et le C. pertinax (L.)., des Iles Saint- 
Thomas et Sainte-Croioc, ce dernier aisément reconnaissable 
à sa face jaune orangé. 

Enfin, on peut rapporter encore à ce groupe deux espèces 
remarquables par leur large tache frontale orangée : ce sont 
le C. canicvlaris (L.), du Mexique et de l'Amérique centrale, 
espèce de petite taille, et le C. aureus (Gm.), du Brésil, qui 
est sans doute, de tous les Conurns, celui que l'on voit le 
plus fréquemment en captivité. Son plumage en dessus est 



LES PERRUCHES AMERICAINES 2 I l 

vert avec le verlex bleuâtre ; le dessous du corps est olivâtre, 
passant au vert-jaune sur l'abdomen ; enfin, comme dans 
tout ce groupe d'Oiseaux, les ailes et la queue sont marquées 
de bleu. 

d) Rectrices vertes, les latérales marquées de rouge-brun 
à la base de leur moitié interne : 

Ce dernier groupe de Conunis ne comprend que deux es- 
pèces, dont la plus connue est le C. acuticaudiis (Vieill.), qui 
habite la Bolivie, le Paraguay et le nord de l'Argentine. C'est 
un Oiseau d'assez grande taille, au plumage d'un vert terne 
assez uniforme, avec la face et le dessus de la tête bleus, 
le bec à mandibule supérieure blanchâtre, 1 inférieure brune. 

Le C. hœmorrhous (Spix), du Brésil, est plus rare ; il ne 
se distingue guère du précédent que par sa teinte générale 
d'un vert plus vif, avec le front et le vertex seuls bleus, et 
par son bec entièrer-^ont de couleur claire. 

On a séparé des Conurus véritables, pour en faire le type 
du genre Gnathosittaca, la Perruche à oreilles jaunes, G. icte- 
rotis (Mass. et Souancé), qui diffère du type générique précé- 
dent par la cire emplumée, la quatrième rémige non atténuée 
au sommet, et son bec très robuste. C'est une des plus 
grandes espèces de Perruches, puisque la taille peut dépasser 
4o centimètres de longueur totale ; son plumage est entiè- 
rement vert, passant au jaunâtre sur l'abdomen et au jaune 
sur la face et la région auriculaire ; les rectrices latérales 
sont marquées de brun-rouge à la base, comme chez le Con. 
acuticaudus. Cet Oiseau habite l'Equateur ; il a toujours été 
rare' en captivité dans nos régions. ' 

Le genre Conuropsis, également voisin des Conurus pro- 
prement dits, n'est représenté que par la seule Perruche de 
la Caroline, C. carollnensis (Briss.), Oiseau qui offre à 
l'heure actuelle un intérêt tout particulier, mais d'ordre ré- 
trospectif ; on le considère, en effet, comme virtuellement 
éteint depuis une vingtaine d'années environ, à la suite des 
chasses acharnées qu'on lui a fait subir. Très abondant au- 
trefois dans les Etats-Unis du Sud, dont il ravageait les cul- 
tures, il existe peut-être encore à l'heure actuelle, tout au 
plus en très petit nombre, dans les districts solitaires des 
états du golfe du Mexique. 

La taille de cet Oiseau est à peu près celle de la Perruche 
à, tète jaune ; son plumage est as.<=ez élégant, vert, plus pâle 



312 L OISEAU 

en dessous, avec le pli de l'aile, la tète et la nuque jaunes, 
et la face orangée. Il fut, pendant des années, très fréquent 
dans les volières d'amateurs ; il ne compte plus maintenant 
que parmi les objets de musées, oii il figure d'ailleurs en 
abondance, car c'est, avec le Pigeon migrateur américain, 
un des plus récemment éteints parmi les Oiseaux de notre 
époque. 

Nous ne ferons que citer, comme représentant le genre 
Rhynchopsittacus, la Perruche à gros bec, R. pachyrhynchus 
(Sw.), très voisine aussi des Conurus et inconnue encore, 
semble-t-ii, en captivité en Europe. C'est un Oiseau de forte 
taille, remarquable par son bec noir, très robuste et com- 
primé ; son plumage vert, marqué de rouge sur la face et 
au pli de l'aile, est par contre peu brillant. Il habite le Mexi-' 
que et le Texas. 

Les espèces du genre Cyanolyseas s'éloignent davantage 
par leur aspect des Conurus précédemment décrits. Ce sont 
les plus grandes de toutes les Perruches, dont nous avons 
à nous occuper ici, et elles se rapprochent ainsi des Aras. 
On en connaît deux espèces, très semblables par leur plu- 
mage : la plus connue en captivité est le C. patagonus (Vieill.) 
ou Perruche de Patagonie, dont la taille atteint environ 
45 centimètres de longueur totale. Son plumage a des cou- 
leurs ternes, bien qu'assez variées, et rappelle ainsi dès l'abord, 
que cet Oiseau, dépourvu du brillant éclat de ses parents 
des tropiques, est originaire de régions tempérées ; il habite 
en effet l'Argentine et la Patagonie. Sa livrée est brun oli- 
vâtre, avec la gorge et la poitrine gris-brun, le bas du dos, 
l'uropygium et les flancs jaunes, le milieu de l'abdomen et 
les plumes tibiales d'un rouge orangé ; le haut de la poitrine 
présente une bande blanchâtre mal définie, souvent inter- 
rompue au milieu ; les ailes sont verdâtres, avec les rémiges 
primaires et leurs couvertures d'un bleu terne ; la queue 
est vert bleuâtre. 

Le C. byroni Sclat., du Chili, ne diffère de son congénère 
que par son développement encore plus considérable, sa lon- 
gueur totale dépassant en effet 5o centimètres. Il est fort 
rare en captivité. 

Une autre Perruche du Chili, rare également dans nos 
volières, est VHenicognathus leptorhynchus (King\ seule 
espèce du genre, caractérisée, entre tous les Conurinés, par 



CHRONIQUE ORMTHOLOGIQUE 2l3 

la forme très particulière du bec, dont la mandibule supé- 
rieure, à culmen presque droit, est prolongée en avant en 
une pointe aiguë. Sa taille est celle des grands Conurus, 
mais les couleurs générales du plumage l'apparentent davan- 
tage aux Perruches du genre Pyrrhura ; il est en effet dun 
vert terne, avec une bordure grisâtre à chaque plume, par- 
ticulièrement nette sur la tête ; le front et les lores sont 
rouge brunâtre, ainsi qu'une tache peu distincte vers le 
milieu de l'abdomen ; les ailes sont vertes, nuancées de bleu, 
et la queue est entièrement d'un rouge terne, avec la pointe 
verdâtre ; le bec est noir. 

Le genre Mîcrosittaoe ne renferme également qu'une seule 
espèce, le M. femigîneus (Miill.), très semblable par son plu- 
mage à la précédente, mais de taille plus faible, et pourvue 
d'un bec normal, analogue à celui des Pyrrhura. C'est sans 
doute le plus méridional de tous les Perroquets actuellement 
vivants puisqu'il habite le Chili jusqu'aux abords du détroit 
de Magellan. 

(A suivre). 



CHRONIQUE ORNITHOLOGIQUE 

Le marquis de Tavistock nous envoie des nouvelles de ses 
Perruches : 

« Je possède un mâle de Perruche de Barnard d'un tempé- 
« rament particulier. Il déteste tous les Platycerques, notam- 
« ment les femelles de sa propre espèce, mais témoigne de 
(( l'amitié aux Perruches des autres genres, quels que 
« soient leur âge, leur sexe et leur état. Il paraît déséqui- 
« libre. 

« J'ai au nid de jeunes Erythroptères et des Perruches à 
(' collier, jaunes (lutinos) ; mais beaucoup de mes couvées 
« n'ont pas réussi ; nombre de couples couvent en ce moment, 
« notamment l'un formé d'un mâle Erythroptère et d'une 
(( femelle « Queen Alexandra ». 

« Mon mâle Perruche de Latham gave ses femelles et visite 
« les bûches.. Ces Oiseaux paraissent s'accorder en société 
(( comme les Ondulées et les Barrabands. même au moment 
«des nids. Les mâles ont un gazouillement agréable. 



2 1 4 l'oiseau 

« Mon couple de Mélanures se comporte d'une façon 
étrange. Tous deux étaient en état de nicher et s'accor- 
daient fort bien au début. Malheureusement, un mâle Ery- 
throptère en liberté commença à gaver le mâle Mélanure 
à travers le grillage. Au début, ce dernier était furieux, 
mais, Oiseau très gourmand, il accepta bientôt la nourri- 
ture. Au bout de quelques jours, il recherchait l'Erythrop- 
tère et commençait à se désintéresser de sa compagne et 
à se disputer avec elle. Quoique j'aie fait disparaître l'Ery- 
throptère, le ménage ne s'est jamais réconcilié. La femelle 
recherche le mâle, mais ce dernier semble l'ignorer. 
« Un mâle Barnard fut furieux contre sa femelle et tenta 
de la tuer quand je la remis avec lui après deux jours 
d'absence. Je crus qu'il était trop surexcité et la prenait 
pour une femelle étrangère, mais quand je le lâchai en 
liberté pour >e calmer, il ne chercha pas une autre com- 
pagne ; il passa la journée à essayer de l'attaquer à travers 
le grillage. Cette attitude est d'autant plus étrange qu'elle 
est contraire à l'habitude des Oiseaux de sa famille, qui 
sont généralement ravis de se retrouver après une courte 
absence. » 






M. H. Darviot nous écrit : 

(( On sait combien il est difficile de se protéger contre des 
Insectes et leurs larves qui, pendant l'été, s-'introduisent 
dans les sacs de réserves de nourriture, s'y multiplient et 
arrivent à tout y perdre. 

(( Je viens vous exposer un moyen que j'ai trouvé et qui 
me rend de réels services. Pendant l'été, .environ tous les 
deux mois, c'est-à-dire trois ou quatre fois au plus, je 
fais vérifier les sacs devant moi ; si j'y aperçois la moindre 
larve, je fais balayer environ deux mètres carrés de ma 
volière et répandre, sur une épaisseur d'environ un cen- 
timètre, les denrées dont je compose mes nourritures : 
œufs de fourmis, éphémères, etc. Cette nourriture reste 
ainsi exposée, et est ratissée deux fois, environ à dix mi- 
nutes d'intervalle. Les Oiseaux sont très friands des larves 

et des insectes vivants qui s'y trouvent, et les dévorent, 

» 



CHRONIQUE ORNITHOLOGIQUE 2l5 

« Après une demi-heure, je fais clianger les denrées exposées, 
(( et, en deux heures, il ne reste plus l'ombre d'une larve ; 
(( tout a été avalé. » 



Un très grand nombre d'Oiseaux australiens sont arrivés 
au mois de juin chez Chapman, l'importateur de Londres. 
Les Diamants de Gould et mirabilis étaient au nombre de 
près de 2.000. Il y avait, en outre, plusieurs dizaines de Dia- 
mants à gouttelettes, à longue queue, masqués, phaétons et 
mandarins, des Colombes, lophotes et tranquilles, des Per- 
ruches multicolores, royales, à bonnet bleu, d'Adélaïde, de 
Pennant, mélanures, des Cacatoès rosalbins et à huppe jaune. 

Il paraît donc qu'en dépit des mesures prises récemment 
par le gouvernement australien pour protéger les Oiseaux et 
restreindre leur exportation, nous ne devions pas nous déses- 
pérer de peupler nos volières de ces jolies espèces. 

* 
* * 

La conduite des Oiseaux est souvent incompréhensible. 
Chez M. Delacour, un couple de Grues Antigones, dont le 
mâle est de plein vol et la femelle éjointée, se sont com- 
portées, le printemps dernier, de la plus étrange façon. 

Tourmenté du désir de nicher, le mâle, dès le mois d'avril, 
allait régulièrement visiter les nids de Nandous. Il tournait 
et retournait les œufs, les enterrait à moitié, les recouvrait 
d'herbe. Une fois même, il en cassa un. Ennuyé de voir que 
cet Oiseau gênait la reproduction des Nandous, M. Delacour 
prit la femelle et la transporta dans une prairie voisine du 
parc, entourée d'une bonne haie. Il y avait tout lieu de pen- 
ser que le mâle y volerait pour rejoindre sa compagne et que 
le couple s'établirait dans la prairie. Chez M. Astley, les 
différents couples de Grues habitent des prairies semblables, 
seulement clôturées de haies^ Or, tout le contraire arriva ; 
la femelle franchit aussitôt la haie et se sauva dans la cam- 
pagne. Quant au mâle, il resta dans le parc, criant sans cesse, 
mais ne prit jamais son vol pour retrouver sa femelle, qui ne 
lui répondait d'ailleurs pas. Celle-ci restait aux environs, mais 
à une certaine distance ; au bout de quelques jours, elle put 



2 10 L OISEAU 

être reprise et réintroduite dans le parc, où son compagnon 
lui fit le plus chaleureux accueil. 

Mais là ne s'arrêta pas la bizarrerie de ces Oiseaux. Après 
cette aventure» la femelle avait moins que jamais l'envie 
de nicher, mais le mâle tenait à son idée ; il s'appropria un 
çeuf de Nandou, pondu sur une pelouse, et le couva seul 
assidûment pendant plus de quinze jours. Dérangé alors par 
la coupe des foins, il le délaissa enfin. Il faut espérer que, 
l'an prochain, la femelle sera mieux disposée et que le cou- 
ple nichera avec succès. 

Chez le duc de Bedford, les Grues se reproduisent bien 
dans le vaste parc ; souvent, des croisements se produisent et 
il y a actuellement des hybrides de Grues de Stanley et de 
Grues à cou blanc, qui ressemblent plutôt à la première. 
Souvent, les jeunes, qu'on n'éjointe pas, s'éloignent ; sou- 
vent aussi, ils reviennent après une absence de plusieurs 
mois. 

' * 
* * 

Nous sommes heureux d'annoncer à nos lecteurs -que les 
numéros 9 et 10, vol. I (1920) de l'Oiseau, qui étaient épuisés, 
ont été réimprimés. On peut donc maintenant se procurer 
au siège social, la collection complète de notre Revue depuis 
le début. 



L' Imprimeur-Gérant : G. LANGLOIS. 

CH.\TEAUROl'\. — IMPRIMERIE LANGLOIS 



Société Nationale d'Acclimatation. 
L'OISEAU 



PL. XV 

1923 




Diamant a plastron 
(Munia pectoralisi. 

Bengali vert 
fStictospi-;,a formosa). 

Diamant a longue queue 
(Poephila acuticaudaj. 

Bengali bouge 
(Sporœginthus amandava). 



Astrild de Dufresne 
iCoccopygia dufresnei). 

Beau-Mabquet 
( Zonogastris melba). 

Diamant a queue rousse 
iBaihilda ruficauda). 

Astrild a moustache 
lEstrilda ervt/vonotai. 



LES eiSEftUX 



CHAPITRE IX 



LES ASTRILDS, 
LES MUNIES ET LES DIAMANTS 

par A. DECOUX 

Les Tisserins et les Veuves, qui sont le sujet des précé- 
dents chapitres, ont des caractères assez nettement déter- 
minés pour qii'on puisse en faire des groupes distincts. Il 
n'en est pas de même des Oiseaux qu'il nous reste à étu- 
dier, et qui forment, avec les Tisserins et les Veuves, la 
grande famille des Plocéidés. La classification scientifique 
de ces espèces est encore très incertaine ; c'est ainsi que 
les deux plus récentes autorités ornithologiques dans l'étude 
des Plocéidés africains, Reichenow *et Shelley, ont proposé 
deux classifications différentes ; l'une et l'autre sont criti- 
quables à beaucoup d'égards. Nous ne nous attarderons donc 
pas à rechercher ici quel est, au point de vue systématique, 
la meilleure classification de ces espèces, mais, nous plaçant 
au point de vue de leur biologie, qui doit être exclusive- 
ment le nôtre, nous les répartirons en trois groupes : les 
Astrilds, les Munies, auxquelles nous rattacherons les Sper- 
mètes, et les Diamants. Nous savons fort bien ce qu'on 
peut reprocher à cette division au nom de la systématique ; 
la biologie et l'aviculture s'accordent pour la trouver la plus 
raisonnable à toutes, croyons-nous. 

I. — LES ASTRILDS (Estrildinae) 

Les Astrilds sont des Oiseaux de petite taille, de forme 
allongée et élégante ; leur bec conique est petit, court et 
étroit ; leur queue, plus ou moins longue, est arrondie et 

(i) V. L'Oiseau, vol. IV, n°' i, 2, 3, l\, 5, 6 et 7. 

l'oiseau. — 1923 — 8 I 



2i8 l'oisead 

étagée ; leurs ailes sont plutôt longues ; l'ongle de l'orteil 
postérieur est plus court et plus fort que les autres. Le plu- 
mage est, d'une façon générale, très sensiblement le même 
chez les deux sexes à toutes les époques de l'année^ 

Ces Oiseaux sont pour la plupart originaires d'Afrique, 
mais quelques espèces habitent les régions méridionales de 
l'Asie. L'Australie possède également une espèce d'Astrild. 

Les Astrilds' vivent dans les steppes et les forêts, dans les 
buissons le long des cours d'eau et même dans les villages 
où ils viennent chercher, comme les Moineaux en Europe, 
les graines qui forment la plus grande partie de leur nour- 
riture quotidienne. On les rencontre par petites troupes dans 
lesquelles, la plupart du temps, plusieurs espèces sont repré- 
sentées. A l'époque des nids, des combats ont lieu entre 
mâles de la même espèce ou d'espèces parentes, mais ils 
sont sans gravité, et les nids se construisent à une faible 
distance les uns des autres. On peut donc, dans une même 
volière, réunir sans danger un grand nombre d'espèces. La 
danse d'amour des mâles diffère d'espèce à espèce, mais chez 
la plupart, l'Oiseau, en l'exécutant, tient au bec une tige 
d'herbe qu'il présente. à la femelle et laisse tomber au mo- 
ment opportun. Les nids ont une forme plus ou moins 
sphérique et sont plus ou moins volumineux selon les es- 
pèces. Ils sont faits d'herbes sèches, de duvet de plantes, 
doublés de plumes, parfois de crin ; l'entrée est une ouver- 
ture ronde diversement placée. Chez beaucoup d'espèces, le 
mâle, en rentrant au nid (que ce dernier contienne des petits 
ou des œufs), apporte une plume qui lui sert à en dissimuler 
l'ouverture. Les jeunes naissent généralement couverts de 
duvet et quittent le nid entre le dix-huitième et le vingt- 
deuxième jour, suivant les espèces. Tous, à cet âge, ont un 
plumage particulier. Les couvées se succèdent rapidement, et 
presque tous les Astrilds sont très prolifiques. 

Leurs mœurs en volière sont les mêmes qu'en liberté. 
Leur régime se compose de millet de Bordeaux, de millet 
blanc et en grappes, auxquels certains- ajoutent l'alpiste. 
Il est bon de leur offrir en outre des graines d'herbes fraîches 
ou séchées, et de maintenir dans leur volière une certaine 
quantité de criblures provenant d'un fenil. Quelques espèces 
acceptent le pain au lait et la pâtée pour nourrir leurs petits. 
Fresques toutes, à cette époque, sont insectivores et l'insuc- 



LES ASTRILDS 219 

ces, dont on s'est plaint parfois dans l'élevage de certaines 
d'entre elles, vient de l'ignorance de ce fait. Si on met à 
leur disposition des insectes, et siirtout des fourmis des prés 
et leurs œufs, presque toutes élèvent sans difficulté leurs petits 
dans une volière convenablement plantée et abritée des in- 
tempéries. 

Pour nicher, outre des buissons touffus, des plantes grim- 
pantes et des branches feuillues, on mettra à leur disposition 
de petites boîtes et des bûches creuses. Il faut éviter que 
des souris n'entrent dans leur volière, car elles détruisent 
les couvées. 

Les Astrilds sont presque tous d'une extrême rusticité ; 
ceux même qui proviennent des contrées les plus chaudes 
s-e font peu à peu à notre climat. Beaucoup ont été hiver- 
nés en volière ouverte. Il est préférable cependant de les 
rentrer en volières vitrées et complètement closes en hiver. 
Quelques espèces demandent une volière chauffée. Ce n'est ce- 
pendant pas- le froid qui les fait généralement périr, mais l'hu- 
midité et la longueur des nuits d'hiver. Il importe donc de 
leur donner des volières très sèches, et d'éclairer, matin ei 
soir, les plateaux à graines afin d'éviter à ces Oiseaux des 
jeûnes trop prolongés... 

A leur arrivée en Europe, les diverses espèces d 'Astrilds 
se comportent de façons très différentes, les unes adoptant 
rapidement le nouveau climat, les autres se montrant d'une 
délicatesse plus ou moins s^rande ; parmi ces dernières, nous 
citerons le Cordon-bleu, les diverses Amaranthes, les As- 
trilds- de Dufresne et à moustache noire. Il importe alors de 
les garantir avec soin des intempéries, de les habituer pro- 
gressivement à un régime alimentaire approprié à leurs be- 
soins, d'éviter les bains trop fréquents et l'humidité du 
sol de leur cage. A ce moment, l'usage de l'eau bouillie 
comme boisson est recommandable, et l'on doit leur procurer 
des insectes.. Une fois acclimatées-, elles se montrent aussi ro- 
bustes que les autres. 

Nous allons pass-er en reAoïe les diverses espèces qui ont 
été importées en Europe, en indiquant, quand il y aura lieu, 
les particularités qu'elles présentent au point de vue de leur 
vie en captivité. 

Le Cordon-bleu (Urœginthus phœnicotis) a la face supé- 



220 L OISEAU 

rieure du corps gris souris ; la face, la poitrine, les côtés, la 
queue, d'un bleu de ciel brillant ; une tache rouge en forme 
de croissant, sous l'œil, est la parure distinctive des mâles ; 
le ventre et les parties anales sont gris-blanc. 

Cet Oiseau est l'un des plus beaux Âstrilds, mais délicat à 
l'arrivée en Europe. Quelques insectes lui sont nécessaires. 
Il est préférable de l'hiverner en volière chaude. 

Habitat : Afrique tropicale, Sénégal, Gambie, Abyssinie. 

L'Astrild bleu (U. angolensis) est semblable au précédent ; 
de taille un peu supérieure, il n'a pas la tache rouge sous 
l'œil ; le bleu est plus intense et couvre une partie de l'ab- 
domen, La femelle est semblable au mâle, mais de teinte 
plus pâle. 

Cet Oiseau est sensiblement plus robuste en captivité que 
le précédent.' C'est, à mes yeux, l'un des meilleurs repro- 
ducteurs parmi les Astrilds. Il faut le faire hiverner en vo- 
lière chaude. 

Habitat : Afrique australe, Zambèze, Angola. 

Le Grenadin (U. granafiniis) a la face supérieure, la poi- 
trine et le ventre d'un bnm châtain très brillant ; joues 
violettes ; front, croupion, couvertures inférieures de la 
queue bleu bleuet ; queue noire bordée de bleu ; bec rouge 
violacé ; taille im peu supérieure à celle du Cordon-bleu. 

La femelle est plus grise en dessus, plus jaunâtre en des- 
sous du corps ; gorge blanche ; violet des joues plus pâle. 
Le bleu manque aux sous-caudales. 

Cet Astrîld, moins rare qu'il y a quelques années, s'est 
montré assez robuste en captivité. L'hivernage en volière 
vitrée semble lui convenir. Il ne s'est pas encore reproduit 
;\ l'état captif. Son chant est fort harmonieux. 

Habitat : celui de l'espèce précédente. 

Le Grenadin à lîoitrine bleue (U. ianthînogaster) est d'un 
brun-jaune en dessus et sur les côtés de la face et la gorge ; 
joues bleues ; poitrine et sous-caudales bleues ; queue noire. 
La femelle n'a pas la face bleue ; poitrine brun-jaune. 

Il n'a pas encore été importé vivant en Europe. . 

Habitat : Afrique orientale, Abyssinie. 

Le Bec-de-Corail, ou Astrild gris (Estrîlda cînerea) a la face 



LES ASriUI.DS 221 

supérieure du corps gris souris foncé plus clair à la tête ; 
face inférieure, gris cendré clair, lavé de rose au milieu du 
ventre ; bec rouge corail ; un trait de même couleur part du 
bec et s'étend jusqu'à l'oreille. Taille inférieure à celle du 
Cordon-bleu. La femelle est semblable au mâle, mais plus 
petite. 

C'est le plus commun de tous les Astrilds et l'un des plus 
robustes, mais celui qui niche le plus difficilement en cap- 
tivité.. Il s'est reproduit chez moi en 1910. 

Habitat : toute l'Afrique tropicale du 5° au 17° de lati- 
tude Nord. 

L'Astrild à croupion rose (E. rhodopygà) a la face supé- 
rieur gris-brun ; couvertures de la queue rose vif ; trait 
rouge sur l'œil ; gorge blanche ; dessous du corps, roux clair 
finement rayé de brun. La femelle a la gorge et les joues 
lavées de roux. 

Il est très rare en volière. Importé en petit nombre en igiS, 
il a donné des hybrides avec l'Astrild gris. 

Habitat : Afrique orientale, 

L'Astrild ondulé ou de Sainte-Hélène (£. astrild) a tout le 
corps gris sombre, plus clair à la face inférieure, finement 
strié de brun ; la poitrine et le ventre sont lavés de rose vif ; 
le milieu de l'abdomen rose Vif ; trait rouge sur l'œil ; bec 
rouge ; pieds bruns ; la queue est longue et étagée ; taille 
supérieure à celle des précédents.. La femelle a moins de 
rose au ventre ; queue plus courte ; taille inférieure. 

On distingue plusieurs variétés de cette espèce. Plusieurs 
ont été importées vivantes en Europe. Elles diffèrent peu de 
l'espèce type. Celle-ci, qui a ime aire de dispersion très 
étendue, habite l'Afrique tropicale et australe. 

Elle se multiplie facilement en Aolière, et es-t robuste. 

L'Astrild à tête noire (E. atiicapilla) a la partie supérieure 
de la tête noire ; le dos et les ailes rayés de noir sur fond 
gris ; queue noire ; croupion rouge ; joue et gorge gris- 
blanc ; ventre gpis noirâtre ; côtés du corps rouges ; man- 
dibule supérieure du bec rouge ; inférieure noire. Les- sexes 
sont semblables. 

Il a été importé une seule fois. 

Habitat : Cameroun, Gabon. 



323 L OISEAU 

L'Astrild à moustaches noires (E- erythronotà) est gris 
cendré lavé de rose vif en dessus ; bas du dos et couver- 
tures de la queue, roses ; queue noire : poitrine et ventre, 
gris fortement teinté de rose. L'ensemble du plumage est 
rayé de stries noires plus apparentes aux ailes ; les joues 
et la gorge sont noires. La femelle est semblable au mâle, 
mais plus petite. 

Il n'est plus rare aujourd'hui ; c'est l'un des plus beaux 
Oiseaux qu'on puisse acquérir. Il est très délicat à l'arrivée 
et semble plus insectivore que beaucoup d'Astrilds. Il faut 
le garantir de l'humidité et le faire hiverner au chaud. Il 
ne s'est pas encore reproduit en Europe, mais a niché dans 
une volière chez un amateur du Transvaal. Il existe plusieurs 
variétés de cette espèce. 
' Habitat : Afrique australe. 

L'Astrild à masque noir ou Amaranthe masquée (E. vina- 
ced) a le front, les joues et la gorge noirs ; tête grise ; le 
reste du plumage est rouge vineux dans son ensemble, teinté 
de gris ; le milieu du ventre est gris clair ; les plumes de la 
queue et des ailes, gris-brun ; côtés de la poitrine couverts 
de points blancs ; bec gris de plomb. La femelle n'a pas de 
masque noir ; gorge grise ; le brun et le gris dominent dans 
son plumage. 

Cet Astrild est rare ; assez robuste quand il est acclimaté : 
il s'est reproduit plusieurs fois en France. 

Habitat : Sénégambie. 

L'Astrild à masque noir ou Amaranthe masquée d'Abys- 
sinie (E. larvata), de taille un peu plus forte que le précé- 
dent, a la face supérieure du corps gris-brun, presque noir 
au front ; la nuque et le derrière de la tête, rose carminé . 
Pour le reste, il est semblable à l'espèce précédente. 

Il ne semble pas avoir été importé -vivant en Europe. 

Habitat : Afrique orientale, Abyssinie. 

L'Astrild gris-bleu ou Queue-de- Vinaigre (E. cœrulescens) 
est d'un gris-bleu tendre, plus clair aux joues ; trait noir 
sur l'œil ; queue, croupion, sus et sous-caudales, rouge cra- 
moisi. La femelle est semblable au mâle. 

Habitat : Sénégambie. 



LtS ASTRILUS 223 

L'Astrild gris-bleu à queue noire (E. incana) est en tout 
semblable au précédent, sauf la queue ; tache noire au men- 
ton à peine indiquée ; sous-caudales brun-noir. 

Habitat : Natal, Zoulouland. 

Il existe trois sous-espèces distinctes. 

Les Astrilds gris-bleu ont tous les mêmes mœurs et les 
mêmes besoins en captivité et se sont reproduits en volière. 
Les jeunes sont assez délicats et difficiles à élever. 

L'Astrild de Sydney ou Bec-de-Cire (E. temporalis) a la 
face supérieure gris olivâtre ; front, occiput, joues gris ; 
côtés du cou lavé de jaune ; poitrine et gorge blanchâtres ; 
un trait rouge vif sur l'œil ; croupion, sus-caudales rouge 
écarlate ; bec rouge. A la saison des amours, les flancs du 
mâle se teintent de gris-bleu. La femelle est semblable au 
mâle. 

Il se reproduit assez facilement, mais est sensible au froid. 

Habitat : Nouvelle-Galles du Sud, Australie. 

L'Astrild à ventre orange (Sporœginthus subflavus) est 
brun olive en dessus ; poitrine et ventre jaune citron ; gorge 
gris-blanc ; côtés marqués de gris ; un trait carmin sur 
l'œil. La femelle n'a pas de trait sur l'œil ; poitrine et veji- 
tre, jaune pâle.. 

Habitat : Sénégambie. 

L'Astrild à ventre orange du Cap (S. clarkei) est sem- 
blable au précédent, mais plus gros, la poitrine plus claire. 

Habitat : Afrique Australe. 

Ces deux Astrilds sont vigoureux et charmants en A'olière. 
Ils se reproduisent sans difficulté. 

L'Astrild à joues orange (S. melpoda) a la tête gris bleuté ; 
face supérieure du corps gris chamois ; croupion rouge 
orangé ; joues jaunes ; ventre gris Dâle, marqué de jaune 
au milieu ; grandes plumes des ailes et de la queue, brunes ; 
bec, rouge. La femelle est semblable, avec des teintes plus 
pâles. 

Très fréquemment importé, il se reproduit assez difficile- 
ment. Il est robuste. 

Habitat : Sénégambie, Congo. 



^2^4 l'oiseau 

Nous devons classer ici un Astrild originaire de l'Inde, et 
qu'on a nommé pour cette raison Bengali (S. amandava). 
Il se distingue de tous les autres Astrilds par Iç changement 
de couleurs de son plumage à l'époque des amours, trait 
qui le rapproche des Tisserins et des Veuves. Le mâle en 
couleurs a les ailes et le haut du corps d'un brun acajou ; 
la queue noire ; la tête et tout le reste du corps, rouge feu ; 
les flancs, les ailes et les- couvertures de la queue parsemés de 
larges points blancs. En hiver, l'ensemble du plumage est 
brun plus ou moins grisâtre ; ventre jaune pâle. C'est le 
costume de la femelle toute l'année. 

' Il se reproduit très facilement et a un chant agréable. Le 
changement de couleurs se fait parfois difficilement sous 
notre climat ; dans ce cas-, de l'exercice et la liberté dans 
une volière sont nécessaires à l'Oiseau.. 

jOn importe diverses races locales de cet Oiseau ; l'une 
d'elles, de taille inférieure, et dont le mâle en habit de noces 
a le ventre entièremnt noir, se vend dans le commerce sous 
le nom de Bengali de Chine. Les- diverses races locales et 
Variétés sont encore mal connues et restent à classer. 

Habitat : Inde, Annam, Cochinchine, Siam, .Tava. 

'Le Bengali à ventre jaune (.S. fiavidiventris) est semblable 
au précédent, mais le ventre reste ocre jaune en tout temps. 
Il est de taille un peu inférieure à celle du Bengali de l'Inde. 
Bec rouge et noir. 

J'ai possédé cet Oiseau de iqiS à 191 G. Ses moeurs sont 
semblables à celles des autres Bengalis. 

Habitat : Birmanie, l'île de Timor et l'île de Florès. 

Le Bengali vert (Stictospiza formosà) est d'un joli vert 
olive sur le haut du corps, excepté au croupion, qui est vert 
teinté de jaune ; les joues- et la gorge sont jaune pâle ; la 
poitrine et le ventre, jaune vif ; les flancs, vert foncé rayé 
de larges traits blancs ; bec. rouge. La femelle est plus pâle, 
surtout dans les parties jaunes de son plumage. 

Il est assez robuste, mais très timide ; il s'habitue bien 
à la vie en volière, et s'est plusieurs fois reproduit en capti- 
vité. 

Habitat : l'Inde moyenne. 



LES ASTRILDS 2 25( 

L'Amaranthe {Lagonoslicta senegala) est entièrement rouge, 
sauf aux ailes et à la queue où le brun domine ; bec rouge ; 
les côtés de la poitrine sont parsemés de petits points blancs. 
La femelle est d'un brun clair, presque blanc à la face infé- 
rieure. 

Très communément importé, il est délicat à l'arrivée : 
il faut le mettre à l'abri du froid et des courants d'air et 
l'habituer progressivement aux œufs de fourmis frais ; lui 
donner de l'eau bouillie ; éviter l'humidité de la cage. Une 
fois acclimaté, il est robuste. C'est le meilleur nidificateur 
de tous les Astrilds ; élevage facile. 

Habitat : Afrique occidentale, Sénégambie.. 

L'Amaranthe à tête brune (L. briineiceps) est semblable 
au précédent, mais le derrière de la tête est brun comme 
les ailes et la queue. 

Habitat Afrique tropicale et australe. 

L'Amaranthe pointillée (L. nifopictd) a le front et les par- 
ties inférieures du corps rose vineux. Des traits ou points 
blancs ornent la poitrine ; couvertures de la queue et crou- 
pion rose vineux ; face supérieure du corps gris-brun ; bec 
rouge, plus pâle à la racine. Femelle semblable au mâle, 
mais le brun des ailes est pliis net et les stries de la poi- 
trine sont moins nombreuses. 

H est assez rare dans le commerce ; Oiseau robuste, il 
niche facilement, mais est délicat à l'arrivée. 

Habitat : Sénégal, Gambie, Congo. 

L'Amaranthe rouge foncé (L. rubricata) hu Sénégali rouge 

a le derrière de la tête gris ardoisé ; dos gris-brun sombre ; 
croupion et sus-caudales carmin foncé ; tête et poitrine 
carmin ; cette dernière parsemée de points blancs ; ventre 
et parties anales noires ; queue noire ; mandibule supé- 
rieure du bec gris ardoisé ; inférieure rouge. La femelle 
est plus pâle avec le ventre jaune. 

Très rare dans le commerce, c'est un charmant Oiseau de 
volière qui, une fois acclimaté, se montre robuste. 

Habitat : Sud de l'Afrique orientale. 

L'Amaranthe de Jameson (L. jamesoni) a la face supé- 
rieure du corps brun lavé de rose ; joues et dessous du corps, 
rose clair ; quelques traces de points blancs aux côtés ; le 



326 l'oiseau 

milieu du ventre et les parties anales sont noirs ; croupion 
carmin vif ; queue noire frangée de rouge. Femelle sem- 
blable au mâle, mais plus pâle. 

Habitat : Sud de l'Mrique orientale, Zambèze. 

L'Amaranthe rare (L. rara) a la face supérieure, la tête et 
la poitrine rouge vineux ; le reste de la face inférieure du 
corps est noir ; ailes brun sombre ; queue, noire. 

Habitat : Afrique équatoriale. 

L'Amaranthe enflammée (Hypargos niveoguttatus) est un 
spleridide Oiseau plus gros que le précédent. Sommet de la 
tête gris-brun ; dos brun-rouge lavé de carmin ; crou- 
pion, joues, poitrine carmin ; le reste du corps est noir, 
avec de larges points blancs sur les côtés. La femelle est brun- 
jaune en dessus et grise à la face inférieure du corps, avec 
quelques points blancs cerclés de noir. 

Cet Oiseau, auquel nous conservons le nom français que 
lui a donné le marquis de Brisay^ est un excellent Oiseau 
de volière, beau et robuste. On le trouve parfois dans les 
arrivages du port de Marseille. 

Habitat : Afrique orientale jusqu'à l'équateur. 

Le Beau-Marquet (Pytilia melha) a le front, les joues et 
la gorge rouge écarlate ; reste de la tête gris ; dos, ailes 
vert olive vif ; queue rouge et noire ; croupion rouge ; 
poitrine orangée ; ventre d'un gris foncé noirâtre parsemé 
de traits et de points blancs. La femelle est plus sombre ; 
le rouge de la tête est remplacé par du gris cendré ; la gorge 
est gris pâle, barrée de blanc. 

C'est un Oiseau robuste ; il s'acclimate aisément ; un 
seul cas d'élevage à signaler en Angleterre. Les jeunes sont 
généralement abandonnés par les parents après leur nais- 
sance. C'est une espèce très insectivore. 

Habitat : Afrique orientale et ouest de l'Afrique australe. 
C'est de cette dernière région que viennent les sujets im- 
portés en Europe. 

Le Beau-Marquet de Wiener (P. afra) diffère du précédent 
par des teintes moins vives ; la gorge est grise et le ventre 
est zébré de blanc sur fond olive. La femelle n'a pas de 
rouge. 



LES ASTRILDS 22^ 

Très rare ; mais il a été importé plusieurs fois cependant. 
Il s'est montré plus apte à se reproduire en volière que le 
précédent ; des hybrides ont été obtenus avec l'Astrild au- 
rore. 

Habitat : Afrique orientale ; Nyassaland ; Abyssinie méri- 
dionale. 

L'Astrild aurore (P. phœnicopterà) a la face supérieure 
gris cendré ; tète et nuque zébrées de gris foncé ; ailes, 
croupion et queue rouge aurore ; face inférieure gris ceii- 
dré, zébrée de blanc ; bec noir. Chez la femelle, les stries 
du ventre sont plus nettes. 

Il s'importe fréquemment. Sa reproduction, qui a été 
obtenue maintes fois, est assez malaisée à mener à bien en 
volière. 

Habitat : Afrique occidentale du Nord. 

L'Astrild aurore à face rouge (P. hypogrammica) est sem- 
blable au précédent, mais avec le masque et la poitrine 
rouges ; le sommet de la tête est parfois pointillé de rouge. 
La femelle est semblable à celle de l'espèce précédente, mais 
a les grandes plumes des ailes bordées de jaune.. 

Cette espèce a été quelquefois importée en Allemagne ; 
elle est très rare en captivité. 

Habitat : Afrique occidentale ; bords du Niger. 

L'Astrild de Dufresne (Neisna dufresnei) a le front et le 
haut de la tête gris sombre ; gorge et joues noires ; man- 
teau et ailes vert olive sombre, parfois lavé de jaune pâle ; 
croupion rouge orange ; queue noire ; face inférieure gris 
pâle, avec une tache orange au milieu du ventre, La femelle 
n'a pas le masque noir. 

Il est très délicat à l'arrivée ; il m'a paru devoir se mul- 
tiplier aisément en volière. 

Habitat : Afrique australe. 

Les Astrilds-Cailles (Ortygospiza) diffèrent des autres 
Astrilds par leur queue courte et leurs orteils longs faits pour 
la marche. Ce sont, en effet, des Oiseaux humicoles, qui 
vivent dans les hautes herbes et établissent leur nid sur le 
sol. Deux espèces et de nombreuses variétés ont été classées. 



228 l'oiseau 

L'Astrild-CaîUe à masque noir (0. atricollis) a le front et 
la face noirs ; face supérieure du corps gris-brun sombre ; 
queue gris très foncé ; les côtés du corps sont noirs ou gris- 
brun rayé de blanc ; la poitrine est roux châtaigne et les 
parties anales blanches^ La femelle n'a pas le masque noir. 

Il est délicat à l'arrivée ; il faut prendre soin de leur 
donner du sable fin où ils nettoient leurs plumes et leurs 
pattes. Il craint l'humidité. 

Habitat : Sénégambie, Gabon. 

L'Astrild- Caille à lunettes (0. polyzona) est semblable au 
précédent, mais de taille un peu supérieure. L'œil est cerclé 
de blanc ; menton et lores blancs. Les femelles n'ont pas 
de noir à la poitrine. 

Il se comporte en captivité comme l'espèce précédente. 
L'une et l'autre se reproduisent sans difficulté dans une vo- 
lière herbue. 

Habitat : Afrique Australe. 



LES PERRUCHES AMÉRICAINES 
par J. BERLIOZ 

(Suite et fin) 

Les Pyn-hiira sont, avec les- Conurus, dont ils partagent 
d'ailleurs l'habitat, les représentants les plus typiques du 
groupe des Perruches américaines. Ils ont, comme eux, la 
cire du bec et les narines nues, caractère qui les distingue 
de tous les autres types précédemment décrits, chez lesquels 
ces organes sont toujours plus ou moins masqués par les 
plumes. 

Les Pyrrhura diffèrent néanmoins des Conuruis par la forme 
normale de la quatrième rémige et par leur système de colo- 
ration tout différent, à dessins plus compliqués et plus élé- 
gants, les rectrices étant en outre presque toujours d'un 
brun-rouge un peu cuivreux, au moins en dessous. Ce sont 
des Oiseaux de taille relativement faible ; on en connaît un 
assez grand nombre d'espèces, mais elles sont moins fré- 
quentes en captivité que les Conuras, et l'on n'en a signalé, 
semble-t-il, jusqu'à maintenant, qu'un assez petit nombre. 

Le P. cruentata (Neuw.), originaire du sud-est du Brésil, 
est une des plus grandes espèces du genre, bien que sa taille 
n'atteigne pas 3o centimètres de longueur totale. Son plu- 
mage présente des couleurs variées, sinon très brillantes : 
vert, avec la tête brun-noir, chaque plume étant étroitement 
bordée de jaune ochracé, le front et les lores brun-rouge, 
la gorge et un collier cervical bleus ; les côtés du cou pré- 
sentent une tache orangée, le bas du dos et le milieu de 
l'abdomen présentent également chacun une large tache d'un 
rouge sombre ; le pli de l'aile est rouge, le reste vert nuancé 
de bleu ; les rectrices, d'un brun cuivreux, sont fortement 
teintées d'olivâtre en dessus. 

Le P. vittata (Shaw) habite également le Brésil et le Para- 
guay. Il est plus petit que le précédent et présente un sys- 
tème de coloration à peu près analogue, différant toutefois 
par les bandes transversales grises et jaunâtres se détachant 



23o l'oiseau 

sur le fond olivâtre de la gorge et de la poitrine. En outre, 
la tête est entièrement verte, avec seulement une étroite bande 
frontale rouge-marron, et le pli de l'aile est également vert. 

Ce même système de coloration^ caractérisé par des ondu- 
lations sur la poitrine, dues aux bordures des plumes plus 
claires ou plus foncées, se retrouve chez la plupart des autres 
Pyrrhura : 

La Perruche à oreilles blanches, P. leucotis (Licht.), est 
sans doute la plus connue en captivité, bien qu'elle devienne 
actuellement de moins en moins fréquente. Originaire du 
Brésil oriental, elle se fait remarquer par sa petite taille, 
qui n'excède pas 22 centimètres. Elle ressemble par son plu- 
mage au P. vittata ; mais elle s'en distingue par le dessus 
de la tête brun-noir, les joues- d'un rouge-marron comme le 
front, et la région auriculaire d'un blanc sale, ainsi que par 
le pli de l'aile rouge. 

Chez le P. picta (Mull.), de Guyane et de Trinidad, les 
bordures gris clair des plumes de la gorge et de la poitrine 
se détachent nettement sur le fond brun-noir de la première, 
olivâtre de la seconde, ce qui donne à cette partie du plu- 
mage un aspect écailleux. Le dessus de la tête est noir, le 
front bleu et la région auriculaire grise ; le reste du plu- 
mage est analogue à celui du P. leucotis, mais sa taille est 
un peu plus forte. C'est d'ailleurs un Oiseau très rarement 
observé en captivité, de même que le P. Luciani (Dev.), très 
voisin, qui n'en diffère, à l'état adulte, que par le front, le 
vertex et les joues rouges. 

Les autres espèces du genre ne présentent pas de tache 
rouge dorsale. Le P. perlata (Spix), de la région du Bas- 
Amazone, est à peu près la seule de ce groupe, qui ait été 
signalée en captivité. Son plumage est vert, avec utie bande 
frontale, un collier cervical, les joues, les flancs et les sous- 
caudales bleuâtres, le dessus de la tête brun, la gorge et la 
poitrine brunes avec des bordures plus pâles ou noirâtres 
aux plumes, l'abdomen marqué d'une tache rougeâtre, le 
pli de l'aile et les sous-alaires rouges, la queue d'un brun- 
rouge cuivreux. 

Citons encore dans ce groupe quelques belles espèces, à 
peine connues en volière, mais remarquables néanmoins par 
leurs grandes couvertures alaires formant un miroir de cou- 
leur vive : telles sont le P. caniptera (Mass et Souancé), de 



LES PERRUCHES AMÉRICAINES a3l 

Colombie, dont le miroir est d'un jaune vif, teinté de rouge, 
et le P. soaancei (YerrO. de l'Equateur, à miroir rouge. 

Des deux espèces du genre Myopsittacus, seul le M. mona- 
clius (Bodd.), ou Perruche-souris, est connu en captivité ; 
mais c'est, il est vrai, de toutes les Perruches que nous venons 
de passer en revue, une de celles que l'on voit actuellement 
le plus fréquemment en cage. Originaire des régions subtro- 
picales de l'Amérique du Sud, Uruguay, Bolivie, Argentine 
du Nord, elle supporte sans doute plus aisément notre climat 
européen. Son plumage est très caractéristique : dépourvu 
de teintes vives, il est néanmoins assez élégant par le con- 
traste de la face, la gorge et la poitrine grises, chaque plume 
étant bordée de gris plus pâle, avec la couleur générale verte, 
un peu jaunâtre sur les flancs ; les rémiges sont bleues et 
le bec blanchâtre. Sa taille est à peu près celle de la Per- 
ruche à tête noire (C. nenday), mais elle est plus robuste, 
et, malgré son humeur assez querelleuse, c'est un Oiseau 
de cage apprécié. 

Les trois genres dont il nous reste à parler, renferment 
des espèces de taille généralement plus faible que les pré- 
cédents ; quelques-unes comptent même parmi les plus petits 
Perroquets connus. Elles ont, comme les Pyrrhwa, — et 
contrairement aux Myopsittacais, — la cire du bec nue et les 
narines découvertes. 

La forme du bec, grêle et un peu comprimé latéralement, 
caractérise les Brotogerys, dont on connaît près d'une 
douzaine d'espèces ; presque toutes ont été déjà importées 
vivantes en Europe. Chez les unes, la queue est encore aussi 
longue que l'aile, comme chez les Perruches les plus typi- 
ques, dont elles ont aussi l'aspect général ; ce sont : 

Le B. tirica (Gm.), géant du genre, quoiqu'il atteigne à 
peine 28 centimètres de longueur totale ; son plumage est 
assez uniforme, vert, plus pâle et plus jaunâtre sur la face 
et le dessous du corps, avec les rémiges bleues ; il habite le 
Brésil oriental ; le B. chiriri (1 ieill.), du Brésil Sud-Oriental 
et de Bolivie^ un peu plus petit que le précédent et orné 
d'une tache alaire jaune formée par les grandes couver- 
tures : et le B. virescens (Gm.), du Haut-Amazone, jolie es- 
pèce de taille médiocre, à face bleuâtre, et dont les ailes 
présentent, outre la tache jaune des grandes couvertures, les 
rémiges primaires les plus internes et les secondaires d'un 



232 JLOISEAU 

blanc jaunâtre, contrastant avec les rémiges externes bleues. 

Les autres espèces ont la queue sensiblement plus courte 
que l'aile, mais également cunéiforme. Dans ce groupe, 
citons : 

Le B. pyrrhopterus (Lath.), de l'Equateur et du Pérou» 
qui doit son nom à ses plumes sous-alaires d'un jaune orangé 
vif, rehaussant le vert uniforme du plumage. 

Le B. jugularis Miill., commun en Colombie et dans l'Amé- 
rique centrale, et caractérisé typiquement par les sous-alaires 
jaunes, les petites couvertures supérieures des ailes brun 
olive, contrastant avec la teinte générale verte ou bleuâtre 
du plumage, et par une petite tache orangée sur le menton ; 
mais ce dernier caractère n'existe pas chez la variété apu- 
rensis Del., récemment découverte au Venezuela par M. Dela- 
cour et ramenée par lui vivante en Europe. 

Le B. tuipara (Gm.), de la région du Bas-Amazone, au plu- 
mage orné d'une bande frontale et d'une tache sur le men- 
ton orangées, comme aussi d'un miroir de même couleur 
sur l'aile. 

Le B. chijsopterus (L.), petite espèce atteignant à peine 
i8 centimètres de longueur, ressemblant à la précédente et 
ayant, comme elle, le bec blanchâtre, mais avec le front et 
le menton bruns ; elle habite la Guyane et le Venezuela. 

Enfin, le B. tui (Gm.), du Haut-Amazone, de même taille 
que le précédent, auquel il ressemble par son plumage ; mais 
il a le bec brun et ne présente pas de miroir orangé sur 
l'aile ; par contre, le sinciput est jaune, et les côtés de la 
tête sont ornés parfois d'un trait post-oculaire de même 
couleur. 

Les Bolborhynchus, moins nombreux que les Brotogerys, 
en diffèrent par le bec, et surtout la cire, un peu renflés laté- 
ralement. Ils ont l'aspect massif des Perroquets à queue 
courte, sauf le B. aymara (D'Orb), chez lequel la queue est 
presque aussi longue que l'aile. C'est un Oiseau dépassant 
20 centimètres de longueur, au plumage vert, bleuâtre sur 
les ailes et la queue, avec la tête brune, passant au gris pâle 
sur les côtés ainsi que sur la gorge et la poitrine. Il vit dans 
les Andes de Bolivie, de l'Argentine et du Chili. 

Le B. aurifrons (Less.) est une espèce sensiblement plus 
petite que la précédente et propre au Pérou ; le mâle est 
vert, avec les rémiges bleuâtres, la face et la gorge jaunes^ 



LCs i'Euatciii:s améhicaIiNES 233 

ainsi que le milieu de k poitrine et les flancs ; la femelle 
est d'un vert uniforme. 

Le B. andicola (Finsch;, du Pérou également, est entière- 
ment vert. 

Le B. lineolatus (Sclat.), autre espèce signalée parfois aussi 
eu captivité, est propre au Mexique et à l'Amérique cen- 
trale ; il diffère notablement de ses congénères par son 
plumage : d'un vert terne, avec la face et le dessous du corps 
jaunâtre, il est orné sur le dos et les flancs de bandes trans- 
versales noires, ■ devenant des taches sur i'uropygium et les 
couvertures de la queue et des ailes, dont les pennes sont 
noires, bordées de vert. 

Enfin, les derniers types de Perruches, que nous ayons à 
signaler, appartiennent au genre Psittacula, qui renferme les 
plus petits de tous les Perroquets américains ; leur taille 
ne dépasse pas en effet i4 centimètres de longueur totale, 
supérieure donc encore, on le sait, à celle des Nasiternes néo- 
guinéens, véritables pygmées parmi les Psittaciformes. 

Le P. passerina (L.) est un petit Oiseau commun au Brésil 
et assez fréquent en captivité. Le mâle a un plumage élé- 
gant, d'un beau vert, avec la face et le dessous du corps un 
peu jaunâtres, le tour des yeux vert émeraude, I'uropygium 
et le bas du dos bleu d'outremer, ainsi que les rémiges secon- 
daires et les couvertures des ailes ; la queue, courte et ar- 
rondie, est verte, le bec blanchâtre. La femelle, sensible- 
ment différente du mâle, ne présente pas trace de bleu dans 
son plumage. 

Le P. Sclateri Gr., de la région du Haut-Amazone, de 
l'Equateur et du Pérou, est très voisin du précédent ; mais 
il est d'une teinte verte très foncée et son bec a la mandi- 
bule supérieure brune. 

Le P. guianensis (Sw.), répandu depuis la Colombie jus- 
qu'en Guyane et dans la région du Bas- Amazone, est presque 
entièrement vert. Le mâle a seulement les couvertures supé- 
rieures des ailes les plus internes et les inférieures bleues ; 
la femelle en diffère par l'absence totale de cette couleur. 

Avec les Psittacula, type encore très voisin des Perruches 
proprement dites, malgré les divergences d'aspect, nous 
avons achevé cette rapide revue des espèces de Perruches 
du Nouveau Continent, que l'on a signalées comme ayant 
vécu en captivité en Europe. On a pu constater que, malgré 



234 l/OlSEAU 

l'uniformité de ce groupe, certaines espèces, plus brillam- 
ment parées, méritent de retenir l'attention de l'amateur 
d'Oiseaux. On ne saurait toutefois perdre de vue que bon 
nombre d'entre elles sont originaires des régions intertro- 
picales de l'Amérique du Sud et ne sont donc pas suscep- 
tibles d'une acclimatation aussi facile que beaucoup de 
Perruches australiennes. 



MEDAILLES 

La médaille d'élevage (argent) est décernée à M. F. Hedges, 
directeur des élevages de M™^ E. Lécallier, à Caudebec-lès- 
Elbeuf (Seine-Inférieure), pour le premier élevage en Europe 
de la Colombe de Smith d'Australie. 

ELEVAGE DE LA COLOMBE DE SMITH 

Geophaps smithi (Jard. et Selby) 
par M"M LÉCALLIER 

En novembre 1921, je reçus deux couples de Colombes 
de Smith, par l'intermédiaire de M. A.-E. Le Souëf, qui 
amenait en Europe une collection d'Oiseaux australiens. 
Ils étaient tous deux en bon état et furent placés dans une 
volière d'hiver jusqu'en avril 1922. Ils furent ensuite lâchés 
chacun dans une vaste volière en plein air planté de troènes, 
de lauriers, de buis, de sapins et de divers buissons, et garnie 
de longues herbes, où les Colombes aimaient à se cacher. 
Dans la première quinzaine d'août, on remarqua qu'elles 
se tenaient toujours dans une certaine partie de la volière, 
près du mur bas qui sert d'assise à l'armature de la volière, 
et où sont plantées des roses grimpantes. Le 9 août, on 
trouva un oeuf blanc derrière un buisson de roses, et le 
second oeuf fut pondu le lendemain. Le nid n'était qu'une 
excavation creusée dans le sol, où les Colombes avaient at- 
tiré quelques brins d'herbes des côtés. 

Deux jeunes naquirent, couverts de duvet gris-brun, mais 



ÉLEVAGE DU MARTIN A AILES NOIRES 235 

après deux jours, l'un d'eux disparut sans qu'on put en 
retrouver la trace. 

Après la naissance des petits, la femelle restait presque 
constamment sur le nid pour veiller sur eux, ne les quittant 
que pour aller manger ; le mâle prenait alors sa place jusqu'à 
ce qu'elle revint. Il allait ensuite se nourrir et revenait en- 
suite se poster à quelques mètres du nid. La nuit, il rejoi- 
gnait toujours sa compagne sur le nid. Plus d'une semaine 
après qu'il l'eut quitté, le jeune retournait au nid avec ses 
parents pour y dormir. 

Le jeune s'éleva bien, et est maintenant complètement 
adulte ; c'est un bel et vigoureux Oiseau. 

J'ajouterai que les parents ont niché à nouveau cette année 
en avril, ce qui paraît fort tôt, car ces Colombes ne nichent 
en Australie que d'août à octobre. 



La médaille d'élevage (bronze) est décernée à M. F.-E. 
Fooks, directeur des élevages de Mv J. Delaoour, à Clères 
(Seine-Inférieure), pour le premier élevage en France du 
Martin à ailes noires de Java ; un jeune de cette espèce avait 
déjà été élevé au Jardin Zoologique de Londres, en 1922. 

ELEVAGE DU MARTIN A AILES NOIRES 

Graculipica melanoptera (Daud.) 

par J. DELACOUR 

J'acquis, en 1920, un couple de Martins à ailes noires, 
du marquis de Tavistock, à qui ils avaient été rapportés 
par M. Frost, avec une collection de Loris, de Paradisiers 
et d'autres Oiseaux de Nouvelle-Guinée et d'Extrême-Orient. 
En même temps, le Jardin Zoologique de Londres, M. H.-D. 
Astley et M™* Lécallier obtinrent chacun un couple de ces 
Oiseaux. 

De la grosseur d'un Etourneau, ce Martin est entièrement 
d'un blanc d'ivoire, avec les rectrices et les rémiges d'un 
noir pur. Une peau nue et jaune entoure les yeux. Le bec et 
les pattes sont jaune pâle. 

Depuis leur arrivée à Clères, ces Oiseaux passèrent la 



2.H6 l'oiseau 

bonne saison en volière en plein air et l'hiver dans une 
volière intérieure légèrement chauffée. 

Bien que chaque année ils aient été placés au printemps 
dans la même volière, ce n'est qu'au mois d'avril de cette 
année, dès qu'ils furent sortis, qu'ils songèrent à nicher. 

Ils habitent un compartiment composé d'une volière exté- 
rieure de 5 m. x 3 m., haut de 3 m. 5o, avec un auvent 
et un abri intérieur de 3 m. x 2 m. Ils vivent là en com- 
pagnie d'un couple d'Eperonniers chinquis et d'un couple 
de Perruches erythroptères.. 

Leur nourriture consiste en pâtée pour insectivores, pain 
au lait, riz cuit, figues sèches et un peu de viande crue. 

Dans l'abri intérieur se trouvent la haute boîte en forme 
d'horloge où nichent les Perruches erythroptères, et une 
grosse bûche creuse, privée de son couvercle et suspendue 
presqu 'horizontalement dans un coin sombre de l'abri, tout 
près du plafond. 

Les Martins choisirent cette bûche et y entassèrent du foin 
et des plumes. Ils firent un premier nid en mai et, à la fin 
du mois, on pouvait voir et entendre quatre jeunes bien 
développés ; l'un d'eux sortit du nid ; mais, à cette époque, 
il gelait chaque nuit ; deux jours après, le jeune périt de 
pneumonie, et les trois autres furent trouvés morts dans la 
bûche. 

Au même moment, à un mètre de lui, dans le même abri, 
les Perruches erythroptères élevaient deux jeunes qui sor- 
tirent du nid à la mi-juin et sont, en ce moment, en excel- 
lente santé. Jamais les deux couples ne se disputèrent sérieu- 
sement. 

Quelques jours après la perte de leur première couvée, les 
Martins pondirent de nouveau dans le même nid, et le i®"* juil- 
let, un petit en sortait, vigoureux, bien qu'encore assez 
jeune ; on sait que tous les Etourneaux quittent le nid de 
bonne heure. Le lendemain, deux autres jeunes, un peu 
moins développés, sortaient à leur tour. Au début, ils ne 
faisaient que voleter sur le sol et se cachaient dans le foin 
qui recouvre le sol de l'abri (par prudence, on retira les 
Eperonniers) ; mais ils purent bientôt voleter, et après une 
semaine, volaient parfaitement. 

Les jeunes ressemblent aux parents, en différant par une 



ÉLEVAGE DU STÉPHANOPHORE 287 

teinte brune qui se mêle à leurs* parties blanches, surtout 
sur le dos. 

Les œufs de ce Martin sont d'un bleu turquois-e sans tache, 
fort jolis. Il n'a malheureusement pas été possible de s'assu- 
rer d'une façon absolue de la durée de l'incubation, de 
crainte de déranger les parents. Ceux-ci, en effet, quittaient 
le nid aussitôt qu'ils entendaient du bruit. Ils ne parais- 
saient pas d'ailleurs couver très assidûment. Le mâle et la 
femelle se remplaçaient sur le nid et tous deux nourrissaient 
les jeunes et en prenaient le plus grand soin. Ces derniers 
s'élevèrent avec la nourriture habituelle des parents, à la- 
quelle furent ajoutés quelques vers de farine et des œufs de 
fourmis à discrétion. 

Les jeunes, aujourd'hui, sont de la taille des adultes et 
se nourrissent seuls. Les parents ayant recommencé une 
couvée, ils durent être retirés de la volière dès le i8 juillet. 

La médaille d'élevage (argent) est décernée à M. A. Decoux. 
à Géry, par Aixe-sur- Vienne (Haute-Vienne), pour le premier 
élevage en Europe du Stéphanophore de l'Argentine. 

ELEVAGE DU STÉPHANOPHORE 

Stephanophorus leucocephalus (Vieil.) 

par A. DECOUX 

J'ai eu l'occasion de parler déjà du Stéphanophore dans 
L'Oiseau, et n'ayant rien de nouveau à ajouter à ce que j'ai 
déjà dit sur les mœurs en liberté de ce Tangara, je ne puis 
mieux faire que de renvoyer mes lecteurs à ma précédente 
note (L'Oiseau, p. 1A9, t. I). 

Il me reste à préciser deux points qui n'avaient pu être 
qu'insuffisamment étudiés antérieurement : la distinction des 
sexes chez les Stéphanophores et la nature du chant du mâle. 

Le mâle a la poitrine plus développée, les parties bleu clair 
du plumage plus étendues, la tête plus arrondie, la calotte 
blanche plus large, la huppe rouge plus touffue et plus haute 
que la femelle. La forme plus allongée du crâne vue en- 
dessus est un indice qui permet de distinguer la femelle à 
première vue. 



238 l'oisea.u 

Je ne puis partager l'opinion de Hudson au sujet du chant 
du mâle, Jai eu l'occasion de l'entendre fréquemment cet 
été et je le trouve beaucoup moins « insuffisant » que le 
prétend Hudson. Sans doute ce Tangara n'a pas le talent 
du Rossignol ! Mais il serait injuste de le mettre fort au- 
dessous du Rouge-gorge ou du Gros-bec du Brésil pour l'har- 
monie de la voix. Sa phrase, qui rappelle celle de ces deux 
Oiseaux, est courte, mais agréable. Les notes qui la compo- 
sent ne sont ni « disparates » ni (( basses », comme le dit 
Hudson. Enfin, il se fait entendre presque toute la journée 
pendant la période des amours. Ce n'est guère que pendant 
les chaudes heures de l'après-midi qu'il cesse de chanter. 
Notons que son talent de musicien le rapproche plus des 
Fringilles que des Tangaras... 

En 1920, M. Fontana m'envoya une femelle qu'il avait 
reçue dans- un arrivage d'Oiseaux de l'Argentine. Un an plus 
tard, il reçut un mâle qui devint aussi ma propriété. Ces 
Oiseaux arrivent rarement en Europe. 

Le voyage d'importation ne semble par les éprouver beau- 
coup. Ils sont robustes et peu difficiles à nourrir. Mes Sté- 
phanophores mangent des fruits de toutes espèces, du pain 
au lait et de la pâtée composée de pommes de terre bouillies, 
d'œufs durs et de poudre spéciale Duquesne. 

En 1921 les deux Oiseaux furent lâchés dans une volière 
011 ils passèrent l'été sans chercher à se reproduire. Le mâle 
chantait à peine, et seulement au lever du jour. En octobre, 
ils furent rentrés en cage dans une chambre chauffée. Ils 
paraissent d'ailleurs as-sez peu sensibles aux variations at- 
mosphériques, et je pense qu'il serait possible de les garder 
dans une volière froide pendant un hiver moyen. 

Cette année, dès le mois d'avril, les Stéphanophores furent 
remis en volière, n'ayant pour compagnons que quelques 
couples de Diamants d'espèces- diverses, des Veuves en feu 
et des Pinsons rouges (Coryphospinqus cr/.sf af 7is) .. Le parquet 
est très fortement planté, et sauf par devant, les Oiseaux sont 
complètement dissimulés par les branches. 

Vers- la mi-avril, la femelle se mit à faire un nid au haut 
d'un sureau, à quelques centimètres au-dessous du grillage 
recouvrant la volière, dans des branches très touffues, par 
lescTnelles il était complètement dissimulé. Ce nid, très oros 
et très s-olide, à parois épaisses, est fait entièrement de foin 



ELEVAGE DU STÉPHANOPHORÈ 289 

et son iulérieur chl tapissé d'herbes sèches plus fines et moins 
daresv En trois jours, il était achevé. Puis les Oiseaux pa- 
rurent ahandonnei- leur projet d'élever des petits. La pluie 
avait reparu et ramené les nuits froides.. 

Le 22 mai, la femelle pondit un œuf ; le 24 elle en pon- 
dit un second et se mit aussitôt à couver. 

La ponte parait donc se composer de deux œufs et non de 
quatre, comme le rapporte Hudson. Le fait est intéressant à 
noter, car la plupart des Tangaras dont on a pu étudier la 
reproduction — ils ne sont pas nombreux, il est vrai — don- 
nent seulement deux œufs à chaque ponte. C'est la coutume 
des Tangaras rouges (Rarnphocelus brasilius), des bleus 
{Tanagra episcopus), des archevêques (T. ornata), des verts 
(ï'. palmariini). D'autres espèces à vrai dire pondent plus de 
deux œufs, notamment le Calliste tricolore, le Tangara noir, 
l'Organiste commun,.. 

L'œuf du Stéphanophore a environ le volume de l'œuf 
du Merle ; il est allongé et ses bouts sont presque d'égale 
grosseur ; il est blanc taché de brun rouge. 
Le femelle couve seule. 

Pendant l'incubation, le mâle, comme le remarque Hud- 
son, ne s'éloigne pas du nid et chante presque tout le jour. 
L'éclosion des deux œufs eut lieu le 6 juin. La position du 
nid ne m'a pas permis de voir les jeunes à ce moment-là, 
même à l'aide d'une glace. Il aurait fallu les sortir du nid 
pour les examiner, ce qui offrait de réels inconvénients.. 

Dès le début les petits reçoivent des parents, qui les nour- 
rissent l'un et l'autre, de petites portions de banane et des 
insectes, surtout des larves de fourmis et des vers de farine. 
Les vers sont tués et longuement écrasés par les parents 
avant d'être offerts aux jeunes ; la peau dure est rejetée ; les 
larves sont elles-mêmes triturées avant d'être présentées aux 
petits. Le père et la mère donnent la becquée, en se tenant 
perchés sur le bord du nid.. 

La croissance des jeunes est rapide. En quelques jours ils 
remplissent le fond de leur berceau. Voulant me rendre 
compte du progrès de leur croissance je glissai, un jour, 
ma main dans le nid ; aussitôt les deux petits se mirent à 
dresser le cou en criant, à la façon des jeunes qui ne sont 
pas nourris par régurgitation. Mais les parents étaient déjà 
là, m'attaquant résolument la main, et me volant au visage 



240 l'oiseau 

pour me chasser. Peu d'Oiseaux montrent autant de courage 
à défendre leur nichée. 

Le 20 juin les deux jeunes quittèrent le nid, bien em- 
plumés. 

A cet âge ils ressemblent à la mère par leur teinte plus 
terne. La calotte blanche et la huppe leur manquent encore ; 
celle-là étant seulement indiquée par un trait blanc terne 
au-dessus de l'œil. Les parties bleu clair sont peu apparentes. 

A partir de leur sortie du nid leur croissance est plus 
lente. Aujourd'hui, 20 juillet, ils ont atteint la taille des 
adultes, mais leur plumage reste terne ; la calotte blanche se 
dessine, mais la huppe ne commence pas encore à apparaître 
au-dessus du bec. Il y a peu de jours, ils recevaient encore 
la becquée, quoiqu'ils vinssent manger les bananes, les fraises 
et les cerises, et même la pâtée, depuis près de quinze jours 
déjà. 

Le mâle chante encore, et j'espérais qu'une seconde nichée 
aurait lieu. Mais les Stéphanophores se sont contentés d'éle- 
ver deux jeunes, jusque-là... La plupart des Tangaras font ce- 
pendant plusieurs nichées successives.. 



CHRONIQUE ORNITHOLOGIQUE 

Deux très- importants arrivages d'Oiseaux australiens vien- 
nent d'avoir lieu, l'un des- Chapman, où l'on a pu voir des 
centaines de Diamants et de Perruches, l'autre, privé, chez 
le marquis de Tavistock et Mrs Dalton Burgess. Nous donne- 
rons bientôt des détails sur ce dernier, qui présenta un inté- 
rêt exceptionnel. Il comprenait, en outre, un grand nombre 
de Kagous de la Nouvelle-Calédonie. La photographie repro- 
duite ci-contre est certainement unique en son genre. Jamais 
autant de ces Oiseaux n'ont pu être vus ensemble jusqu'ici, 
aussi bien en liberté qu'en captivité. 



L'Imprimeur-Gérant : G. LANGLOIS. 



CHATEAUROUX. — IMPRIMRRIE LANGLOIS 



Société Nationale d'Acclimatation 
" L'OISEAU" 



Pl. XYibis) 
1923 




XI 



<o 



O > 



Société Nationale d'Acclimatation. 
L'OISEAU 



PL. XVJ 

1923 




JohnBale.Sons 4. Damelsson.L'-'* 



Astrild qrls-bleu. 3. Diamant à bavette. S. Diamant de Bichenow, 

(Estnida cœru/escens ). (Poephila ci nota ). (Stictop_tera bichenov, ,)- 

Astnld de S*^ Hélène '^ fl/onne à tête noire, 6. Diamant à goutteletts. 

(Lstrilda astrild ). IS oermestes nignceps). (St_eganopJeura guttata ). 

7 Pape de prairie, 8. Astnld-Caille, 

lEr ythrura prasina ). (Ortygqspjza p^olyzona). 



LES ©ISEHUX 



(0 



CHAPITRE IX 



LES ASTRILDS, 
LES MUNIES ET LES DIAMANTS 

(Suite) 
par A. DECOUX 

II — LES SPERMÈTES 

A. — Les Spermètes ou Nonnes ont un bec fort et assez 
long, des ailes courtes, une queue courte et arrondie, des 
tarses et des pieds assez forts, des ongles longs et minces. 
Ces Oiseaux ont un aspect moins élégant que les Astrilds ; 
leur taille est plus forte ; leurs couleurs plus sombres ; le 
gris, le noir, le brun, le blanc sont les teintes générales de 
leur plumage. Les mâles et les femelles sont semblables. 

Les Spermètes construisent des nids formés comme ceux 
des Astrilds ; mais ils sont plus volumineux et faits sans 
art. Leurs œufs sont blancs. La durée de l'incubation diffère 
suivant les espèces. Les jeunes sont nourris en partie d'in- 
sectes, en partie de graines ramollies dans le jabot des pa- 
rents. Elles sont moins insectivores que les Astrilds, et par 
conséquent, demandent moins d'attention pendant l'élevage 
des petits. En captivité, elles se contentent souvent de pâtée, 
de pain au lait et de graines gonflées à l'eau pour nourrir 
leurs jeunes. 

La plupart des Spermètes se montrent très disposées à se 
reproduire en volière. Elles sont malheureusement, pour la 
plupart, des hôtes désagréables, qui poursuivent leurs com- 
pagnons plus faibles au temps des nids, les battent et parfois 
même les tuent. Avec des Oiseaux plus forts qu'elles, les 
Spermètes sont plus pacifiques, et comme elles sont robustes 

(0 Voir VOiseaii, Vol. IV, N* i à 8. 

L'OisE.iu. — 1928 — 9 1 



242 l'oiseau 

et capables, pour la plupart, de vivre en plein air toute- 
l'année, elles trouvent encore des amateurs parmi les éle- 
veurs d'Oiseaux. Elles- semblent cependant moins recherchées 
que les Astrilds et les Diamants. 
Les Spermètes se rencontrent en Afrique. 

La Spermète naine (Spermestes nanà) a le front et la gorge 
noirs ; têfe, dos et ailes brun terreux ; queue noire ; le des- 
sous du corps est gris, mêlé de brun au ventre ; bavette 
noire. Sa taille est celle de lAstrild gris. 

Cet Oisillon n'est pas rare ; sa petite taille et sa fécon- 
dité le font rechercher des amateurs. Il se reproduit faci- 
lement. 

Habitat : Madagascar, 

La Spermète à dos brun (S. nigriceps) a le bec gris ; tête, 
cou et gorge noirs ; ventre et parties anales blancs ; les 
côtés du corps sont noirs avec des traits blancs. Dos et ailes 
marron ; les rémiges et le croupion sont noirs, pointillés de 
blanc ; les sus-caudales et la queue sont noires. La fentelle 
est semblable au mâle. Leur taille est celle du Mandarin. 

Ce bel Oiseau est assez rare et se reproduit bien en volière. 
Il ne tourmente pas ses compagnons. 

Habitat : Afrique Orientale. Natal. 

La Spermète à des noir [S- pocnsis) a le bec noir ; elle 
ressemble à la précédente, mais son dos est noir et non pas 
brun. 

Très rarement importée, elle ne s'est pas encore repro- 
duite en volière. Elle est robuste et sociable. 

Habitat : Afrique Occidentale, Cameroun, Angola, 

La Spermète ou Nonnette bicolore (.S. hicolor) ressemble 
à l'espèce précédente, mais n'a pas de points blancs aux 
ailes et aux sus-caudales. Son bec est gris.. 

Elle n'est pas commune en captivité, se reproduit bien et 
est assez sociable dans une grande volière. 

Habitat : Afrique Occidentale. 

La Nonnette ou Spermète à capuchon (S. ciicullata) a le 
bec gris, la tète et la gorge noires ; le ventre blanc ; les 
flancs gris-brun rayés de blanc ; ailes et dos bruns avec des 



LES ASTRILDS 243 

taches noir vif aux épaules ; queue noire ; sus-caudales 
et croupion, brun clair rayés de brun sombre. 

Elle s'importe fréquemment ; robuste, elle est assez ta- 
quine en volière et élève bien ses petits. 

Habitat : Sénégambie, Congo. 

La Grande Nonne (Amnuresthes pingilloides) a la tête et 
le cou noirs ; dos et ailes brun très sombre, presque noirs ; 
queue noire ; le dessous du corps est blanc ; les flancs sont 
marqués de noir et de brun. Elle a la taille d'un Chardon- 
neret.. Son bec est fort et très long. 

Souvent importée, elle se multiplie facilement. Méchante 
envers tous ses compagnons de volière, elle se montre très 
robuste. 

Habitat : Afrique Orientale et Occidentale. 

B. — Les Munies (Mimiic) ont un bec épais, aussi haut que 
long, des narines rondes et découvertes, l'aile courte, la 
queue tantôt arrondie, tantôt pointue, les pieds forts, armés' 
d'ongles développés. Ces Oiseaux vivent en troupes plus ou 
moins nombreuses, dans les hautes herbes et les roseaux. 
Leurs nids sont fermés et énormes. Leur nourriture se com- 
pose entièrement de graines et de végétaux. Les jeunes sont 
nourris par régurgitation, et, même au début de leur vie, 
ne reçoivent pas de nourriture animale. 

Contrairement aux Spermètes, ce sont, pour la plupart, 
des Oiseaux extrêmement doux et tranquilles en volière. 
Mais ils se montrent généralement moins disposés à s'y re- 
produire. Ils sont aus-si moins résistants, et doivent presque 
tous être hivernes en volière vitrée froide. Dans presque 
toutes les espèces, le mâle se distingue difficilement de la 
femelle. On trouve les Munies dans les régions méridionales 
de l'Asie et les îles voisines ; trois espèces habitent l'Aus- 
tralie et trois l'Afrique. 

Le Damier commun (Rfunia piu^ctulata) est presque entiè- 
rement brun chocolat, plus foncé à la tête ; ventre blanc 
fauve ; la poitrine et les côtés sont tachetés de blanc sur 
fond brun. 

Souvent importé, il niche rarement en volière, mais se 
montre robuste. 

Habitat : Inde, Cevian. 



2/j4 l'oiseau 

Le Damier de Cochinchine (M. subnndulatd) diffère du 
précédent par le ton olivâtre du croupion et de la queue ; 
les côtés du corps sont tachetés moins nettement ; la femelle 
est semblable. Il est souvent importé. 

Habitat : Cochinchine Orientale. 

D'autres espèces très voisines : M. undulata, topela, niso- 
ria sont aussi importées. 

Les Dominos (Urolancha striata, U. melanopygia, U. 
acuticauda) . On désigne sous ce nom trois espèces d'Oiseaux 
qui diffèrent peu entre elles.. Leurs couleurs sont le brun 
sombre sur la face supérieure du corps et le blanc en des- 
sous ; la tête est noire, et le plumage est plus ou moins rayé 
suivant les espèces. Les femelles ressemblent aux mâles. 
Ces espèces nous intéressent surtout parce que l'une d'elles, 
probablement VU. acuticauda, est l'ancêtre de l'Oiseau sui- 
vant, créé par sélection par les éleveurs japonais il y a plu- 
sieurs siècles. 

Le Moineau du Japon (Munia domestica) existe en trois 
variétés. La première, d'un blanc pur sur tout le corps, est la 
plus belle et la moins répandue. La deuxième est blanche 
irrégulièrement tachée d 'Isabelle ; la troisième est blanche 
tachetée de brun chocolat. 

Ces Oiseaux s'accommodent mal de la vie en volière, mais 
sont charmants en cage ou dans la chambre d'Oiseaux, oiî 
ils se multiplient abondamment,. Ils se rendent fort utiles en 
élevant les jeunes Diamants. 

Le Bec d'argent (Aidemosyne cantans) est brun clair en 
■ dessus, plus sombre aux ailes, brun presque blanc en des- 
sous ; rémiges et queue brun-noir ; croupion et sus-caudales 
noirs ; bec couleur d'argent. 

Très souvent importé, il se reproduit abondamment en vo- 
lière. 

Habitat : Sénégambie, Afrique Occidentale. 

Le Bec de plomb (A. malabarica) est semblable au pré- 
cédent, mais a le croupion et les couvertures de la queue 
blancs, et le dessus du corps d'un brun plus soutenu. 

Mêmes mœurs que le précédent. 

Habitat : Inde, Ceylan. 



LES ASTRILDS 245 

Le Cou-coupé (Amadina fasciata) a l'ensemble du plumage 
brun-gris, plus clair au-des'sous du corps, rayé et tacheté 
de brun noirâtre. Chez le mâle, une sorte de collier rouge 
part des oreilles et s'étend sur la gorge. Il est très prolifique, 
mais ennuyeux en volière. Il existe une variété un peu dif- 
férente en Abyssinie, VA. /. alexanderî, et au Transvaal, 
A. f. meridionalis. 

L'espèce type habite l'Afrique Occidentale d'où elle est 
souvent importée. 

L'Amadine à tête rouge (.4. erythrocephalà) est de taille 
très supérieure à la précédente ; elle lui ressemble beaucoup, 
mais le mâle a la tête entièrement rouge et ne possède pas 
de collier. La poitrine est parsemée d'écaillés blanches. 

Cet Oiseau s'est maintes fois reproduit en volière. J'ai 
constaté chez lui une plus grande aptitude à vivre en société. 
Il pond souvent des oeufs clairs en captivité. 

Habitat : Afrique Australe. 

Le Calfat ou Padda (Munia oijzivorà) est un Oiseau de 
la taille du Moineau, avec un gros bec rose ; joues blanches ; 
tête et gorge, rémiges et queue, noires ; le reste du plumage 
est gris ardoise à reflet gris-rose, avec le ventre blanc. La 
femelle a le bec moins volumineux que le mâle.. 

Cet Oiseau, commun chez les marchands, se reproduit assez 
rarement en volière, où il se montre tranquille. Le riz est 
un élément nécessaire dans son régime alimentaire. 

Habitat : JaA^a, Sumatra ; s'est acclimaté à Zanzibar et à 
Sainte-Hélène. 

Une variété d'un blanc pur, beaucoup plus belle, a été 
obtenue de la précédente par sélection. Elle se reproduit beau- 
coup plus facilement en volière. Malheureusement, beau- 
coup de jeunes ont une fâcheuse tendance à revenir au type 
dont ils sont issus. 

Les Capucins doivent leur nom à la teinte de bure de leur 
plumage, qui rappelle celle de l'habit de certains moines : 
les femelles sont semblables aux mâles. Il en existe un assez 
grand nombre d'espèces ; parmi lesquelles les suivantes ont 
été importées : 

Le Capucin à tête noire (Munia atricapïlla) est d'un riche 



246 l'oiseau 

marron foncé, avec la tête, le cou et le ventre noirs et le bec 
argentéi 
Habitat : Himalaya, Inde moyenne, Malacca. 

Le Capucin à tête blanche (M. majà) a en blanc ce qui 
est noir dans le plumage du précédent ; ventre brun. 
Habitat ; Malacca, Sumatra, Java. 

Le Capucin à plastron (M. ferruginosà) est semblable au 
précédent, avec une large bavette noire sur la gorge et le 
bout de la poitrine. On l'importe moins fréquemment. 

Habitat : Java^ 

Le Capucin à ïentre blanc (M. malacca) est semblable au 
Capucin à tête noire, mais a la poitrine, le haut du ventre 
et les côtés d'un blanc très pur ; le milieu du ventre et les 
parties anales sont noires. Il est un peu plus gros que le 
Capucin à tête noire. On le voit moins souvent en capti- 
vité. 

Habitat : Inde et Ceylan. 

Tous ces Oiseaux ont les mêmes mœurs. Ils sont timides 
et doux en volière.. Assez robustes pour être hivernes en vo-' 
lière froide, ils se reproduisent rarement, bien que les deux 
espèces les plus souvent importées aient niché quelquefois 
en captivité. 

On a donné le nom de Donacole aux Munies qui habitent 
le continent australien. On en compte trois espèces. Ils ne 
se montrent pas moins aptes à la vie en volière que les au- 
tres Munies ; mais ils sont d'un naturel plus gai, et deux 
d'entre eux au moins se reproduisent très facilement en cap- 
tivité. Assez délicats au moment de l'importation ils se mon- 
trent ensuite très robustes. 

Le Donacole commun (Donacola costaneithorax) a le bec 
gris ; gorge et joues noires ; tête et nuque brun cendré, strié 
de brun plus sombre ; les ailes et le dos sont brun-châtain ; 
queue et sus-caudales d'un jaune ocré ; sous-caudales noires ; 
le ventre blanc est séparé par une bande noire de la poitrine 
qui est d'un châtain très pâle. La femelle est semblable au 
mâle, avec des couleurs moins nettes.. 

Des trois Donacoles, c'est celui qui niche le moins sou- 



LES ASTRILDS 2/17 

vent. Il s'est cependant reproduit plusieurs fois en France et 
à l'étranger. Son chant est monotone et singulier. 
Habitat : Queensland, Nouvelle-Galles du Sud. 

Le Donacole à tête blanche (D. flaviprymna) ressemble au 
précédent ; mais le haut de la tête est gris d'argent pâle, la 
face inférieure du corps, jusqu'aux sous-caudales, chamois 
pâle, presque blanc à la gorge. C'est au bec moins volumi- 
neux que se distingue la femelle. 

Très disposé à se reproduire, très robuste et assez singulier 
d'aspect, il est importé rarement. Un grand nombre de ces 
Oiseaux arrivèrent en igiS et 191/1. On n'en a pas revu de- 
puis. 

Habitat : le Nord et le Nord-Ouest de l'Australie. 

Le Donacole à poitrine blanche (D. pectoralis) a le bec 
gris comme les précédents ; gorge et joues noires entourées 
de fauve ; occiput et nuque gris cendré ; le rehie de la 
face supérieure du corps est gris un peu plus sombre ; queue 
brun-noir ; croupion gris clair ; la poitrine est maculée de 
blanc pur et de noir, disposition qu'on retrouve aussi sur 
les flancs ; le ventre et les sous-caudales sont gris très pâle. 
La femelle diffère du mâle par des teintes plus pâles, moins 
nettes ; le noir du masque est lavé de brun. 

C'est un très bel Oiseau ; robuste, il s'acclimate vite et 
d'ordinaire vit longtemps. 

Habitat : Nord-Ouest Australien. 



m — LES DIAMANTS 

Lorsqu'à la fin du XVIIP siècle, le Steganopleara guttata 
fut importé en Europe pour la première fois, les marchands 
le vendirent sous le nom que lui donnaient les colons aus- 
traliens (( Diamond sparrow )), traduit en français par Dia- 
mant. Ce nom lui avait été donné en raison des petits points 
blancs qui ornent ses flancs. Plus tard les marchands français 
appliquèrent cette dénomination à tous les petits Plocéidés 
originaires de l'Australie, et des îles du Pacifique, bien que 
la plupart d'entre eux n'aient pas dans leur plumage les 



248 l'oiseau 

points blancs auxquels le Diamant à gouttelettes doit son 
nom. 

Ces Oiseaux, comme la plupart des animaux australiens, 
ont une physionomie et des moeurs particulières qui suffi- 
raient, à nos yeux, pour les classer à part des espèces que 
nous avons examinées antérieurement.. Originaires, pour la 
plupart, des régions tempérées de l'Australie, presque tous 
se sont montrés très- disposés à s'acclimater en Europe, et ils 
méritent d'être mis au nombre des meilleurs Oiseaux de vo- 
lière. 

Les- Diamants se nourrissent de graines, fréquentant les 
hautes herbes et les buissons bas oii ils établissent leurs nids 
de forme sphérique. Ils vivent en petites troupes, jeunes et 
vieux réunis après les nichées, et vont boire à heures fixes 
aux ruisseaux du voisinage. C'est là que les oiseleurs ten- 
dent leurs filets pour les capturer. 

Tous les Diamants sont robustes, et quand ils sont habi- 
tués à notre climat, ils peuvent, pour la plupart, passer 
l'hiver en volière froide. Les soins à leur donner en capti- 
vité sont les mêmes que ceux que nous avons indiqués pour 
les Astrilds. 

Quand ils arrivent en Europe, la durée de l'acclimatation 
est plus longue pour eux que pour les Astrilds africains. Il 
est prudent de ne les mettre en volière qu'à la fin de l'hiver 
qui s-uit leur importation en Europe. Cependant certaines 
espèces robustes s'acclimatent plus vite.. 

Ces Oiseaux se sont presque tous reproduits en volière. 
Certains même y ont fait preuve d'une très grande fécon- 
dité. Ils sont plus aisés à multiplier que la plupart des 
Astrilds, car beaucoup d'entre eux élèvent leurs petits avec le 
millet, l'alpiste, le pain au lait et la pâtée qui forment le 
régime des adultes. 

Nous répartirons ces Oiseaux en deux groupes : i° ceux 
qui semblent se rapprocher davantage des Astrilds d'Afrique 
par leurs caractères et leurs moeurs, mais qui en diffèrent 
pourtant pas une taille supérieure, des formes plus lourdes, 
un bec plus fort, et ime attitude très différente dans la danse 
nuptiale des mâles. 

2° Un second groupe qui se rapproche des Spermètes et 
comprend tous les Diamants- qui, par leur bec épais, leurs 
formes massives et moins élégantes, rappellent ces derniers 



LES A.STR1I,DS 2^9 

Oiseaux. En volière, ils se mondent en général plus sociables 
"que les Spermètes, plus- disposés à se reproduire, et moins 
exclusivement granivores à l'époque des nids. 

Premier groupe 

Le Diamant phaéton {.\eochmia phaeton) a le dessus de 
la tête brun ; la même couleur plus fauve et lavée de rouge 
se retrouve sur les ailes et le dos ; queue très longue, rouge 
en dessus, noire en dessous. Bec rouge vif ; les joues et tout 
le dessous du corps rouge écarlate moucheté de très petits 
points blancs sur les côtés. La femelle est brune avec les joues, 
le bec et la queue rouges ; la poitrine et les flancs gris. 

Sans être rare il n'est pas souvent importé. Assez délicat 
à l'arrivée, surtout la femelle. Il demande alors une nour- 
riture très animalisée, il attaque les Oiseaux plus faibles que 
lui au temps des nichées.. On l'hivernera au chaud. C'est im 
reproducteur moyen. 

Habitat : Australie du Nord. 

Le Diamant à queue rousse (Bathilda ruficauda) a le des- 
sus du corps vert olive jaunâtre ; sus-caudales rouge sombre, 
tacheté de rouge pâle ; queue rousse ; le front, les joues, 
la gorge sont rouge rubis, pointillé de blanc aux joues ; 
poitrine, côtés du corps, vert olive lavé de gris, couvert de 
taches blanches plus larges que celles des joues ; ventre 
jaune clair. La femelle ressemble au mâle dans des teintes 
plus claires. 

Robuste quand il est acclimaté, excellent reproducteur, 
il est très doux envers ses compagnons de captivité. 

Habitat : Australie Méridionale. 

L'Emblème peinte (Emblema picta) est brun-rouge en 
dessus ; croupion, sus-caudales, front, joues, gorge, haut de 
la poitrine rouge écarlate ; les côtés du corps, d'un gris- 
brun foncé, sont couverts de points blancs : parties anales 
jaunâtres ; queue brun-noir. Bec rouge et noir. La femelle 
n'a pas de rouge aux joues et à la gorge ; la poitrine est 
seulement teintée de rouge ; la face inférieure du corps est 
plus brune.. 

Très rare, cet Oiseau est robuste et niche aisément en 



25u L OISEAU 

captivité, où il est extrêmement décoratif. Il faut l'hiverner 
au chaud. Il est timide et paisible en volière. 

Habitat : Australie occidentale, Nouvelle-Galles du Sud, 
Australie méridionale. 

Le Diamant modeste (Aidemosyne modesta) a la face supé- 
rieure du corps brune, ponctuée de blanc aux couvertures 
des ailes- ; dessous du corps blanc régulièrement rayé de 
brun ; tache noire à la gorge ; sommet de la tête rouge 
cerise. Bec noir. La femelle n'a pas de noir à la gorge ni 
de rouge à la tête. 

Cet Oiseau, commun autrefois, s'importe à peine aujour- 
d'hui. C'est un excellent reproducteur, robuste en volière. 

Habitat : Queensland, Australie méridionale. 

Le Diamant de Bichenow (Stictoptera hichenowi) a le haut 
de la tête, la nuque, les côtés du cou, le dos- gris cendré, 
très finement rayés de teinte plus foncée ; le croupion est 
blanc pur ; la queue et ses couvertures noires ; les ailes 
d'un gris-noir, parsemées de très nombreux points blancs 
aux rémiges ; face blanche entourée de noir faisant collier 
sur la gorge ; poitrine blanche entourée d'un deuxième col- 
lier noir ; le reste du dessous du corps est d'un blanc jau- 
nâtre ; bec gris d'argent. La femelle est semblable au mâle. 

Assez délicat à l'arrivée, il demande à être rentré l'hiver 
dans une chambre chauffée. Il est très prolifique. 

Habitat : l'Australie, 'surtout les parties orientales. 

Le Diamant de Bichenow à croupion noir (S. awnilosd) 
est semblable au précédent, mais a le croupion noir. 

Il se comporte comme le Bichenow ordinaire en captivité. 
Habitat : Australie septentrionale et occidentale. 

Deuxième groupe 

Le Diamant mandarin (Tœniopygia castanotis) a le haut 
du corps gris cendré ; la queue est noire tachetée de bandes 
blanches ; les joues châtain vif ; un large trait blanc entouré 
de noir est placé au-dessous de l'œil.. La gorge et la poitrine 
sont rayées de noir sur fond blanc pur ; ventre blanc pur ; 
les côtés du corps sont châtain vif, pointillé de blanc. Bec 



LES ASTRILDS 25 1 

orangé. La femelle a les joues grises et le dessous du corps 
gris pâle, sans trace de châtain. Il est très prolifique en vo- 
lière et même en cage, où il fait son nid dans une boîte 
fermée percée d'une petite ouverture ronde. Les jeunes s'élè- 
vent avec de la verdure et du pain au lait. C'est l'un des 
meilleurs Oiseaux de volière. 
Habitat : Australie. 

Le Diamant à gouttelettes {Steganopleura guttata) a le 
bec rouge ; face supérieure du corps brun lavé de gris- ; 
front, tête et nuque d'un gris blanchâtre ; sus-caudales, 
rouge vif ; le dessous du corps est blanc de neige ; une bande 
noir velouté traverse la poitrine et court le long des flancs, 
où elle est parsemée de larges points blancs. La femelle est 
semblable au mâle ; sa tête est plus petite et plus ronde. 

Excellent Oiseau de volière, c'est cependant l'un des moins 
bons reproducteurs parmi les Diamants. 

Habitat : Australie orientale. 

Le Diamant à queue de feu (Zonœginthus bellus) a le des- 
sus du corps brun rayé de fines lignes noires, plus visibles 
sur le dos et les épaules ; front, lores, tour des yeux, noirs ; 
sus-caudales rouge vif ; queue et sous-caudales noires ; le 
dessous du corps est gris, avec des rayures noires à peine 
distinctes à la gorge ; bec rouge. Femelle semblable au mâle. 

Très rarement importé, il s'est montré délicat. 1\ a fait des 
nids en volière, mais n'a pas élevé encore de jeunes. 

Habitat : Queensland, Tasmanie, Nouvelle-Galles du Sud, 
Australie méridionale. Très commun partout. 

Le Diamant à oreilles rouges (Z, cculatus) a la face supé- 
rieure du corps brune, avec ondulations noires ; croupion 
et sus-caudales rouge écarlate ; front, lores, tour de l'œil 
noirs ; tache rouge derrière l'œil ; les joues, la gorge, la 
poitrine, brun plus clair, finement rayées de noir ; le reste 
de la face inférieure du corps est blanc pur parsemé de larges 
traits noirs- ; bec rouge-gris à la base de la mandibule infé- 
rieure. La femelle est semblable au mâle. 

Très rarement importé en Europe, il paraît plus robuste 
que le précédent. 

Habitat : Australie méridionale et occidentale. 



202 l'oiseau 

Le Diamant à masque (Poephila personatà) est d'un mar- 
ron vif en dessus, plus clair en-dessous et à la tête ; bec 
jaune, entouré d'un masque noir ; le bas du ventre et les 
parties anales blancs ; queue noire, allongée ; à la hau- 
teur des cuisses, une large tache noire formant une cein- 
ture interrompue au milieu du ventre. Femelle semblable. 

Timide et doux en volière, il se reproduit bien. 

Habitat : Nord et Nord-Ouest Australien. 

Le Diamant à oreilles blanches (P. leucotis) est semblable 
au précédent, mais a la région des oreilles blanche. 

Plus rare que le précédent, il est quelquefois importé et 
présente les mêmes qualités comme Oiseau de volière. 

Habitat : Australie du Nord. 

Le Diamant à bavette (P. cinctd) a la tête et le cou gris 
cendré bleuté ; côtés de la tête plus clairs ; large bavette 
noire ; lores noirs ; dessus du corps châtain clair ; le des- 
sous, d'une nuance plus claire encore ; ceinture noire dis- 
posée comme les précédentes espèces ; queue carrée courte. 
Bec noir. La femelle, semblable au mâle, se reconnaît à la 
forme de la bavette plus allongée et moins large. 

Très prolifique en volière, il est un peu taquin envers ses 
compagnons et très robuste. On l'a à peine importé depuis 
quinze ans.. 

Habitat : Australie orientale. 

Le Diamant à longue queue (P. acnticauda) est semblable 
au précédent ; mais 1 "ensemble du plumage est plus clair ; 
queue très longue, avec les deux rectrices médianes allon- 
gées en forme de fil. Bec jaune. 

Habitat : partie occidentale de l'Ausiralie du Nord. 

H existe une variété de l'espèce (P. hecli) qui a le bec 
rouge. 

Habitat : partie orientale de l'Australie du Nord. 

Ces deux Oiseaux sont l'un et l'autre de bons reproduc- 
teurs en volière. Un peu moins robustes, mais aussi moins 
turbulents que le Diamant à bavette. Ils craignent l'humi- 
dité. 

Le Diamant de Gould à tête rouge (Poephila mirahilis) a 



' LES ASTRILDS 253 

le sommet de la tête et le front rouge écarlate bordé de noir ; 
gorge noire ; une bande bleu turquoise, plus large • à la 
nuque, entoure le noir de la tête ; dos et ailes vert d'herbe 
brillant ; croupion bleu clair ; poitrine violette ; haut du 
ventre orange ; le reste est jaune plus pâle, et les parties 
anales blanches ; queue noire ; les deux plumes médianes, 
effilées, dépassent les autres.. Bec blanc, à pointe rouge. 
La femelle est semblable au mâle, mais ses teintes sont 
lavées et sans éclat. La bande bleue manque à la nuque. 

Le Diamant de Gould à tête noire (P. gouldiae) est sem- 
blable au précédent, mais le sommet de la tête et le front 
sont noirs au lieu d'être rouges. 

Le Diamant de Gould à tête jaune (P. armitiana) a le 
sommet de la tête et le front orangé pâle. 

Les Diamants de Gould sont très délicats à l'arrivée ; après 
une mue faite en captivité, ils deviennejit robustes. Ils crai- 
gnent l'humidité, mais non le froid. Ils abandonnent sou- 
vent leurs jeunes après l'éclosion, mais se reproduisent assez 
aisément. 

Habitat : Queensland, Nord et Nord-Ouest Australien. La 
variété à tête jaune paraît propre à la région du Nord. 

Le Diamant quadricolore ou Pape des prairies (Erythrura 
pmsina) possède un gros bec noir ; la tête, le dos, les ailes 
sont vert perroquet ; croupion et queue rouge brique ; plu- 
mes médianes de la queue très allongées ; joues et gorge 
bleu ciel ; poitrine rouge ; flancs verts. La femelle n'a ni 
bleu ni rouge à la face inférieure, qui est d'un brun très 
clair. 

Ce magnifique Oiseau s'acclimate en général difficilement, 
faute d'une nourriture appropriée à ses besoins.. Il faut le 
nourrir à son arrivée en Europe de riz en balle gonflé à 
l'eau froide, et l'habituer progressivement à l'avoine et au 
millet blanc, gonflés à l'eau froide et bien essuyés, qui doi- 
vent former sa nourriture en captivité. Il est alors robuste, 
mais craint le froid ; il faut l'hiverner en volière. Il existe 
une variété de l'espèce qui a le ventre jaune vif. Il s'est 
reproduit plusieurs fois en captivité en Allemagne. 

Habitat : Java, Bornéo, Sumatra. 



abli l'oiseau 

Le Diamant psittaculaire ou Pape de Nouméa (E. psit- 
tacea) a le front, les joues et la gorge, le croupion et la queue 
rouge écarlate. Le reste du corps est vert perroquet, plus 
terne au ventre et à la poitrine ; bec noir. La femelle est 
semblable au mâle. 

Très rare aujourd'hui en volière, c'est un excellent repro- 
ducteur ; il ne craint pas le froide 

Habitat : Nouvelle-Calédonie. 

Le Diamant de Kitlitz (E. trichroa) est semblable au pré- 
cédent ; mais le front et les joues sont bleus et la gorge 
verte. Taille un peu supérieure à celle du Diamant psitta- 
culaire. Femelle s-emblable au mâle. 

Robuste, il s'est reproduit plusieurs fois en volière, mais 
m'a semblé moins prolifique que le précédent. 

Habitat : les îles Carolines, Nouvelle-Guinée, Moluques. 

Le Diamant de Peale (E. peali) ressemble au Diamant 
psittaculaire, mais a le haut de la gorge noire passant au 
bleu sur le haut de la poitrine. 

Comme mœurs, il est en tout semblable au précédent et a 
niché en volière. 

Habitat : les îles Fidji. 



LA COLOMBE PLUMIFÈRE 

(Lophophaps leucogaster) 
par F. de LAGGER 

Ce doit être vers 1898 ou 1894 qu'un couple de ces Oiseaux 
me parvint avec des Roulrouls de Malacca. Ils venaient de 
chez Casartelli, qui les- avait acquis à Lyon pour moi. Sa 
mère les lui céda après les avoir elle-même achetés à Mar- 
seille. 

La Colombe plumifère est une des plus étranges et des 
plus jolies qui soit ; de petite taille (28 cm.), la queue courte, 
elle a des habitudes tout à fait terrestres et court sur le sol 
comme une Caille. Elle porte haute sa tête assez forte, ornée 
à l'arrière d'une très longue huppe verticale et effilée, et son 



LA COLOMBE PLUMIFEUE 



255 



aspect est saisissant. Mâle et femelle sont semblables : ils 
ont une couleur générale brun cannelle clair ; le front, une 
ligne sur les côtés de la tête au-dessus de l'œil, et l'arrière 
des joues sont gris perle ; le devant des joues, le menton et 
le haut de la gorge, blancs ; du bec aux yeux et autour de 
ceux-ci, la peau est nue et rouge ; cette peau rouge est en- 
tourée de noir, qui est 
aussi la couleur du bas 
et des côtés de la gorge ; 
la huppe est brun can- 
nelle clair, blanchâtre à 
l'extrémilé ; sur tout le 
dessus du corps, le brun 
cannelle est barré de bt un 
foncé ; sur les ailes, les 
barres sont plus appa- 
rentes et mêlées de gris, 
et les rémiges secondai- 
res ont des miroirs bleu- 
vert ; la queue est brun 
foncé ; sur la poitrine se 
trouve une barre blan- 
che, suivie d'une autre 
grise ; le reste des par- 
ties inférieures est blanc teinté de fauve. Bec brun, pattes 
rouges. 

Dès le premier abord, je fus charmé par l'apparence très 
particulière de ces Oiseaux et me rendis compte aussitôt que 
j'étais bien en possession d'un couple. Mais l'aspect du mâle 
me donna de suite de l'inquiétude ; il était réduit à l'état 
d'anémie, de maigreur extrême et se tenait tout juste sur 
ses pattes. Après les avoir installés dans une cage bien 
pourvue de nourriture variée, de sable mélangé de débris de 
démolition et de raclures de murs salpêtres, je les laissai 
tranquilles jusqu'au lendemain. 

Il me fut aisé alors de me rendre compte que l'état défec- 
tueux, inquiétant, du mâle provenait de ce qu'il mourait 
absolument de faim et qu'il en était au point ultime. La 
mandibule supérieure de son bec avait poussé outre mesure, 
dépassant de beaucoup l'inférieure, et ce n'était qu'avec la 
plus grande difficulté que l'Oiseau parvenait parfois à saisir 




256 l'oiseau 

quelque grain. Un canif bien aiguisé remédia à cet état 
de chose lamentable et ce fut avec une véritable satisfaction 
que je vis ce miâle picorer indéfiniment grains divers, sa- 
ble, etc. Au bout de huit jours, il était entièrement remis 
et il avait pris l'aspect vigoureux de la femelle. Je laissai 
ce couple séjourner dans sa cage jusqu'au moment où on lui 
donna la liberté dans la volière, avec local clos et partie à 
l'air libre. Les Colombes adoptèrent de suite l'extérieur où 
elles passaient tout leur temps, soit à se promener, soit à 
prendre d'interminables bains de soleil. 

Ces Oiseaux rentraient pour manger et rien n'égalait la rapi- 
dité inouïe avec laquelle ils repartaient d'un coup d'ailes puis- 
sant vers l'extérieur. Les changements de direction dans le 
sens horizontal et vertical se faisaient avec une prestesse quasi- 
électrique, à angles aigus, et avec claquement d'ailes secs 
et puissants. 

A terre, si quelque chose les effarouchait, ils couraient 
avec une telle rapidité que la perception de leurs pattes dis- 
paraissait ; ces Oiseaux avaient alors l'air de glisser comme 
un éclair un peu au-dessus de la surface du sol. 

L'attachement de ces Plumifères l'une pour l'autre était 
très grand ; elles ne se quittaient pas et si, par hasard, quelque 
chose venait les séparer, elles avaient une manière très parti- 
culière de s'appeler. 

Dans le courant de juillet, je trouvai deux petits œufs 
dispersés et pondus au hasard sur le sol. Je les mis sous des 
nourrices, mais je dois confesser, à ma courte honte, que ce 
genre d'élevage ne m'a jamais réussi, alors que mon collè- 
gue, M.. Delaurier, le pratiquait avec im succès aussi cons- 
tant que brillant. 

J'étais désolé de cet état de choses, lorsqu'un beau jour. 
la femelle choisit un endroit sur le sol de l'abri intérieur, 
y pratiqua une petite dépression où elle mit en ordre trois 
ou quatre brins de pailles qui se trouvaient là, et y pondit 
ensuite deux œufs qu'elle se mit à couver assidûment. 

Environ une douzaine de jours après, je me rendis compte 
que les œufs avaient donné naissance à deux jeunes qui 
avaient l'apparence ordinaire et le duvet des petites Colombes. 

Leur croissance fut rapide ; au bout de peu de jours, la 
mère ne les couvait plus le jour et il était intéressant de 
constater combien la nature a bien fait les choses : le plu- 



LA COLOMBE PLUxMIFERE 



267 



mage de ces jeunes Oiseaux se confondait complètement par 
sa couleur avec le sol. Les tons différents de ce plumage étaient 
très peu accentués, sauf ceux qui devaient plus tard former 
les marques les plus foncées ; à ces places, au lieu d'être 
beige clair, ils étaient plus rougeâtres. Au bout de trois se- 
maines environ, ces jeunes se promenaient dans l'intérieur 
de leur domaine clos et au cours de l'hiver, ils avaient acquis 
l'apparence des parents. 

J'eus par la suite d'autres couvées, mais ce ne fut pas tou- 
jours avec le même succès que la première année ; parfois 




les jeunes venaient bien, prospéraient, mais ils étaient, une 
fois développés, incapables de marcher. Ou bien c'était seu- 
lement l'un des deux qui était atteint de cette défectuosité. 
Je n'ai jamais su à quelle cause il fallait attribuer cette in- 
firmité, les Oiseaux ayant toujours niché à l'intérieur, sur 
le terre-plein qui était absolument sain et sec. 

Je m'étais défait des jeunes dans cette imprévoyance oiî 
l'on était alors et qui nous laissait croire que les importa- 
tions continueraient régulièrement ; il advint un accident à 
mon vieux couple. Entre temps, cependant, j'en avais acquis 
un autre pour avoir des reproducteurs importés, préférant 
toujours ceux-ci aux Oiseaux élevés en volière. 



258 l'oiseau 

Le mâle de ce couple était mauvais ; il mourut^ Bref, un 
beau jour, je me trouvai démuni de ces Oiseaux si intéres- 
sants et ce fut en vain que je tentai d'en acquérir d'autres. 
Ils avaient entièrement disparu du marché, après avoir été 
relativement assez abondants pendant un certain temps. 

En 1914, quelques-uns arrivèrent par l'Allemagne, et en 
1921, M. le Souëf en amena d'Australie. M°* Lécallier et 
M. Decoux en acquirent quelques-uns, dont la plupart sont 
encore vivants, mais qui, jusqu'ici, ne se sont pas encore 
reproduits. 

A l'arrivée, il faut prendre la précaution de ne pas effa- 
roucher ces Colombes, généralement très nerveuses, car elles 
sont sujettes à des peurs subites, s'envolent brusquement et 
se fracturent ainsi soit le crâne au plafond, soit les pattes 
en retombant sur le sol. 



HISTOIRES DE FORÊT TROPICALE 
par James B. HOUSDEN 

Je m'étais souvent demandé ce que cela pouvait être que 
d'errer dans une forêt tropicale ; et voilà que l'occasion m'en 
a été offerte, il y a quelques mois. 

Après plus de 4.000 kilomètres de chemin de fer, j'arri- 
vais chez mon frère qui vit au bord d'une forêt tout à fait 
tropicale, dans le sud-ouest du Texas — et c'est un. vrai 
paradis pour le naturaliste. Je n'oublierai pas de sitôt ma pre- 
mière promenade, sous le chaud soleil, dans ces bois où tout 
était nouveau pour moi et où j'ai passé depuis tant d'agréa- 
bles moments. 

Je me rappelle le temps où j'étais un écolier de douze ans, 
cherchant les nids ; il y a de cela soixante ans, et j'y trouve 
toujours le mênie plaisir, sans crainte maintenant d'être 
pris en faute... 

Nous eûmes la visite de deux voleurs ; ils ne prirent rien 
de précieux, sauf à moi : un couple de jolies Souris améri- 
caines fit son nid dans l'une de mes caisses, dans ma cham- 
bre, s'empara de mes feuillets de route et les déchiqueta 
pour se faire un bon nid ; aussi ai-je à écrire de mémoire. 

Un voyageur en Afrique écrivit : « Loin dans le désert, 



HISTOIRES DE FORET TROPICALE 269 

M j'adore monter à cheval, avec un indigène silencieux à 
« mon côté ». Je trouvai tout à fait impos-sible de monter à 
cheval ; par places, les branches descendaient aussi bas que 
mes épaules, et je trouvai plus simple de marcher. Au début, 
j'emmenais deux jeunes indigènes : ils faisaient un bruit 
terrible dans la forêt et effrayaient les Oiseaux ; comme, de 
plus, un enfant avait été mordu par un Serpent à sonnette 
et en était mort, je jugeai plus prudent par la suite d'aller 

seuK 

En passant, je remarquai quelques troncs bruts servant de 
poteaux téléphoniques : de jolis Pics à tête rouge en avaient 
fait leur habitation ; beaucoup regardaient par les trous 
ronds qu'ils s'étaient creusés dans les troncs, ainsi que des 
petites Mésanges. 

Je suivis alors des sentiers de bestiaux et la scène devint 
splendide : d'un côté apparaissaient des kilomètres de fleurs. 
J'entrai dans la forêt et vis des Oiseaux de toutes couleurs, 
dont de nombreux Moqueurs, des- Cardinaux rouges, des 
Papes, des Troupiales, des Carouges, et bien d'autres ; de 
toutes parts se montraient des Papillons grands comme la 
main et d'autres encore de toutes formes et de toutes cou- 
leurs ; des Guêpes aux nuances vives, qui construisent un cu- 
rieux nid pendant aux branches ; de grosses Fourmis noiies 
et rouges (une des premières choses qui me frappa fut un 
gros tas de suie, qui, à l'examen, n'était qu'un nid de Four- 
mis rouges) ; de jolis Lézards verts et dorés ; des quantités 
de Grenouilles cornues et beaucoup de nids intéressants. 

Je trouvai en abondance les nids du Moqueur : la première 
semaine, j'en comptai cinquante avec des jeunes ou des 
œufs. Ceux du Cardinal rouge étaient aussi très nombreux ; 
on m'avait dit que je reconnaîtrais ces nids à ce que l'Oiseau 
se sert toujours de débris de journaux ou de papier quel- 
conque. J'examinai une vingtaine de nids et reconnus que 
cette assertion est exacte. Je trouvai un nid avec des jeunes 
qui venaient d'éclore ; ils étaient d'un rouge vif ; je les pris 
et les examinai : le jour suivant, quand je visitai le nid, je le 
trouvai vide : les parents avaient emporté leurs petits ; du 
moins je le crois, car les petits avaient disparu. J'ai souvent 
observé une femelle couvant, nourrie par le mâle qui brillait 
magnifique au grand soleil. 

J'ai rencontré de nombreux nids de la Colombe triste et 



s6o ■ L'OJSEAU 

de la jolie petite Colombe du Mexique, au dessous des ailes 
roux vif. Un couple des premières avait bâti son nid sur 
un arbre voisin de notre salle à manger. J'épiai souvent la 
mère couvant ses œufs pendant les orages et elle devint très 
privée ; dès que les jeunes furent éclos, si je m'approchais 
de l'arbre, la femelle se laissait tomber du nid et voletait à 
terre pour attirer mon attention, comme le ferait en Europe 
un Vanneau. 

Dans les parties plus ouvertes de la forêt, il y avait des 
Troupiales, des Sturnelles, des Quiscales, des Carouges et 
beaucoup d'autres Oiseaux encore, avec leurs nids^ Dans un 
très petit nid en bourse, je trouvai sept œufs (ceux de trois 
différentes espèces, dont un Carouge parasite). Dans la plu- 
part des nids se trouvait un œuf de Carouge noir ou bronzé. 

Le Troupiale de Baltimore construit un très beau nid. J'en 
trouvai deux qui avaient été détruits par quelque Chat sau- 
vage. 

Nous étions sur la ligne de migration Sud-Nord des Oi- 
seaux. Quand j'arrivai (4 avril), la plantation et la forêt 
étaient remplies de jolis Jaseurs des Cèdres, par milliers ; 
en quelques jours, ils avaient tous disparu. 

Je vis mon premier Oiseau-Mouche près de la maison d'un 
Mexicain ; comme je désirais explorer la vallée oiî coule la 
rivière San Antonio et que je ne connaissais pas le chemin, 
je pris cette fois un jeune garçon comme guide. Il y avait eu 
une grande inondation quelque temps auparavant et des mai- 
sons avaient été emportées. Depuis, la rivière s'était en partie 
desséchée ; la scène était des plus curieuses : on voyait parmi 
les branches des plus grands arbres des débris de mobilier 
et d'ustensiles domestiques qu'y avaient abandonnés les eaux. 

Je rencontrai près de là une vaste colonie de Carouges 
pourprés et de nombreux Cardinaux rouges. 

Je contemplais un grand arbre couvert de fleurs jaunes, 
quand mon guide m'appela : « Colibri ! Colibri ! » et je 
découvris mon premier Oiseau-Mouche à une grande hau- 
teur ; il avait l'air d'un gros Insecte. Plus tard, je vis des 
quantités de ces ravissants petits Oiseaux, 

Je n'avais qu'à m 'asseoir sous notre véranda pour voir les 
Colibris de près ; nous avions tout près une corbeille de fleurs 
qui les attirait vivement. Ces charmants petits Oiseaux étaient 
si familiers qu'ils venaient se baigner dans une petite mare 



CHRONIQUE 0R?<1TH0L0G1QUE 26 I 

au-dessous du robinet et s'envolaient ensuite sur les fils té- 
léphoniques pour se sécher et se lisser les plumes. Près de 
la porte du jardin, un couple bâtit un nid minuscule (de la 
taille d'une coquille de noix) et fit éclore ses deux jeunes ; 
ils étaient très apprivoisés lorsqu'ils étaient en train de cou- 
ver, quoique les gens passassent continuellement auprès du 
nid.. Les jeunes sont si petits- qu'ils semblent des atomes de 
vie. Les mêmes Colibris avaient niché et élevé leurs petits 
dans le même pêcher l'année précédente. 



CHRONIQUE ORNITHOLOGIQUE 

Depuis le mois de mars dernier, notre collègue, le docteur 
Millet-Horsin, a envoyé d'Afrique Occidentale, à la Ménagerie 
du Muséum, des Oiseaux fort intéressants, dont voici la 
liste : 

7 mars 1928. — i Corbeau à cou blanc ; A Tourterelles vi- 
neuses ; I Aigle bateleur ; 3 Cigognes épiscopales ; i Fran- 
colin à pieds rouges ; i Francolin à pieds jaunes ; 2 Garde- 
bœufs ; 2 Mouettes cirrhocéphales ; i Butor. 

3o mars 1923^ — 7 Perroquets cendrés noirs ; 4 Chalcopé- 
lies ; 5 Tourterelles vineuses ; 3 Tourterelles à demi-collier ; 
I lot d'Astrilds. 

12 mai 1923. — I Butor tigrisome ; i Hibou ; 3 Poules 
d'eau naines (Limnocorax) ; i Merle métallique ; 3 Alouettes 
(Pyrrhulauda) ; i Ganga ; i Pygargue vocifer ; 6 Agapornis à 
tête rouge ; 2 You-yous à ventre orange ; 2 Grues couronnées ; 
I Marabout ; i Bucorax ; i Poule de rocher (PUlopachys) ; 
I Traquet ; i lot d'Astrilds divers. 



M. Dulignier nous écrit de Saint-Gérand-le-Puy (Allier) : 

« Une Sarcelle formose, dont j'escomptais la reproduction, 

a été mangée par un Oiseau de proie alors qu'elle allait pondre 

loin de la pièce d'eau. Je n'ai du reste pas trouvé le nid dans 

les buissons. 



262 l'oiseau 

« Elle pondait, cependant, car le couple avait été vu à plu- 
sieurs reprises à la recherche d'un emplacement. Et ensuite 
la Cane s'absentait seule chaque jour, alors qu'auparavant, 
elle ne quittait jamais- le mâle. Puis elle a disparu et j'ai plus 
tard retrouvé ses restes. 

« Quant à mes Grues cendrées, pas d'œufs encore cette 
année ; cependant, il y a le couple et il est en complète liberté 
dans le parc. Je n'ai pu jusqu'ici trouver une compagne pour 
l'unique Grue de Numidie qui me reste ». 

Il est bien regrettable que M. Dulignier n'ait pu réussir 
l'élevage de la Sarcelle formose qui est l'un des Canards- les 
plus difficiles à faire nicher en captivité, même lâché dans 
un parc ou sur une vaste pièce d'eau. 



M. G. Jeanselme qui, depuis deux ans, se consacre à l'éle- 
vage des Faisans et autres Gallinacés, commence à obtenir de 
très bons résultats ; voici ce qu'il nous écrit sur ses élevages 
en 1928 : 

« Ce sont les Faisans dorés qui m'ont le mieux réussi cette 
année. J'ai élevé également un certain nombre de Faisans 
d'Amherst, 

« J'ai voulu changer mon mâle Argenté et je n'ai rien pu 
obtenir d'une centaine d'œufs dont pas un n'a été fécondé. 

(( Les Vénérés mouraient tous en coquilles et c'est à peine 
si j'en ai une vingtaine de la dernière couvée. 

(( Les Prélats n'ont pas pondu. Agés de deux ans, on me 
dit qu'ils ne sont aptes à la reproduction qu'à l'âge de trois 
ans. 

« Les Lophophores, trop jeunes aussi, n'ont pas pondu, mais 
j'ai reçu 4 œufs de ces derniers de M. Maillet, pour élevage à 
part égale. J'ai obtenu 4 jeunes ; malheureusement, ces jours- 
ci, je viens d'en perdre un assommé par un Ho-ki de la même 
couvée. 

« La Paonne blanche, jeune, qui avait commencé à pondre 
en février, en est à sa cinquième ponte avec respectivement : 

8 — 9 — 6 — 5 — 3 œufs. 

(( J'ai une vingtaine de Paonneaux blancs. 

« Voilà, à peu près résumé, tout le résultat de l'année, si 



CHRONIQUE ORMTHOLOGIQUE 263 

j'ajoute un jeune Tragopan Satyre, 3 Swinhoes, 5 Versicolores 
et 2 Hybrides Paons bleus x spicifères ». 



M. E. Chaude!, de Bienne (Suisse), a lâché, au printemps, 
deux couples de Cardinaux gris pour voir si ces Oiseaux sha- 
bitueraient à la vie libre et étaient susceptibles de s'acclima- 
ter. Il nous envoie à leur sujet les nouvelles suivantes : 

« L'un des Cardinaux gris a été pris par un Epervier ; sur 
les deux couples lâchés à lo kilomètres d'ici, un couple s'est 
déplacé et se trouAC actuellement aux environs immédiats de 
la ville de Brienz (Oberland bernois). Je viens d'en recevoir 
des nouvelles d'une personne qui me dit être une grande amie 
des Oiseaux ; elle ne savait pas d'oiî étaient venus ces char- 
mants Passereaux : c'est en lisant mes articles dans notre or- 
gane la « Tierwelt », qu'elle a appris que leur présence était 
bien intentionnelle. Le sujet, privé de son compagnon par 
l'Oiseau de proie, est venu se fixer en pleine ville de Bienne, 
dans un ancien cimetière entouré de deux côtés par le cours 
d'eau (( la Suze ». Cet Oiseau se rend chaque matin chez un 
éleveur de volailles et va manger avec les Poules. Il est sur- 
prenant que les Cardinaux recherchent encore le grain tandis 
que les insectes et les bourgeons ne font nullement défaut en 
cette saison. Le même sujet allait, il y a quelques semaines, 
manger, avec les Poules et les Pigeons, à Worben-dessous. 
non loin de l'endroit où il avait été lâché. Je me demande 
quelle va être la destinée définitive de ces Oiseaux. Si j'avais 
encore un ou deux couples, j'irais immédiatement les lâcher 
à Brienz ». 



La planche XIV ci-jointe, représentant des Tisserins Plo- 
céinés, est destinée à accompagner le chapitre VIII du Ma- 
nuel Les Oiseaus. Un retard d'impression ne nous a pas 
permis de la faire paraître plus tôt. 



L' Imprimeur-Gérant : G. LANGLOIS. 

CH.VTE\LROLX. — IMPRIMERIE LANGLOIS 



264 



L OlSE\C 




Sociclé Xatidimlc d'.\ccliiualatii>!i. 
L'OISKALJ 



PL. XIV 

iy23 




C\p-.MooR 
(H\-phanliirni.s ciicullatus) 



Petit Tisskrin masqlé 
'Sitaifra lutenla, 



FoiDi 
'Fo udia m a datsasca rie nsis 



DlNEMELLI 

'Dineviellia dijiemelli) 



Pybeneste 
I Pyrenestes osti'inus, 

Tisserin a gros bec 
(Ainblyospi^a albifronsi 



Société Nationale d'Acclimatation. 
L'OISEAU 



PL. XVII 

1923 




Tangara de Desmabest 
iCalliste demarestii 



Tangara a ailes bleues 
(Calliste cyanopterai 



Tangara doré d'Arthus 
(Calliste arthusii 



LES ©ISERUX 



CHAPITRE X 



LES TANGARAS 

par J. DELACOUR 

Les Tangairas forment lune des plus belles iainilles parmi 
les Oiseaux américains. 

Par leurs formes régulières et, peut-on dire classiques, leurs 
becs robustes, ils rappellent les Plocéidés et surtout les Pas- 
sereaux (Fringillidés) ; leur régime frugivore et insectivore et 
les couleurs brillantes de la plupart d'entre eux les en dis- 
tinguent cependant à première vue. Mais le caractère qui 
les différencie surtout, c'est la présence d'un crochet, ou dent, 
qui termine leur mandibule supérieure. Toutefois la transi- 
tion entre les Passereaux et les Tangaras est insensible ; aussi 
certains genres sont-ils classés tour à tour dans les deux 
familles. 

Tous les Tangaras habitent les Tropiques, mais quelques- 
uns émigrent dans les régions tempéiées pour y nicher. 
Tantôt les deux sexes sont à peu près semblables, tantôt le 
mâle seul est revêtu d'un beau plumage ; chez quelques es- 
pèces, ces maies ont un plumage terne d "éclipse une partie 
de l'année. 

Les Tangaras les plus brillants, tels que les Ramphocèles 
et les Callistes (Scarlafcs, Septi colores, etc.) sont souvent im- 
portés et deviennent les favoris de beaucoup d'amateurs. Peu 
d'Oiseaux, en effet, sont ornés de couleurs plus brillantes. 
Mais ils ne sont pas faciles à conserver longtemps en bonne 
santé. Ils doivent être chauffés en hiver. 

En liberté, en effet, les Tangaras fréquentent les fourrés 
et les forêts dont les fruits, les baies et les insectes for- 
ment leur nourriture. La plupart des espèces sont très abon- 
dantes, certaines même dans les jardins des villes et de leurs 

l'oiseav. — igaS. — lo i 



266 l'oiseau 

alentours, et forment l'un des attraits des contrées où ils 
vivent. Ils construisent sur les arbres des nids en formes de 
coupe. 

J'ai eu l'occasion d'observer et de capturer un assez grand 
nombre d'espèces au Venezuela et en Guyane, En général, 
leur capture est aisée, à la glu ou au trébucliet, et il est 
assez facile de les habituer à la cage ; ils mangent générale- 
ment bien dès le début, et j'ai trouvé que la meilleure nour- 
riture à leur donner consiste en fruits divers, surtout banane 
et papaye, et en pain au lait S'ucré ; il faut aussi y ajouter 
des insectes et un peu de pâtée pour insectivores. Il est 
curieux de constater combien des espèces voisines diffèrent 
dans leurs goûts ; certaines sont presque totalement frugi- 
vores, alors que d'autres sont plutôt insectivores. La plus 
grande difficulté que l'on rencontre pour ramener des Tan- 
garas en Europe, c'est d'arriver à les tenir propres pendant 
le voyage. Ces Oiseaux salissent beaucoup, comme tous les 
frugivores ; ils souillent leur plumage, se baignent sans cesse 
sans pouvoir se sécher, se refroidissent et succombent. Tl faut 
avoir soin de ne pas en mettre trop dans chaque cage, de les 
tenir très propres, et de nettoyer les Oiseaux eux-mêmes cha- 
que fois que cela devient nécessaire. Une cage à double fond, 
dont l'un est en grillage, à quelques centimètres au-dessus de 
l'autre en bois, donne de bons résultats, car la plus grande 
partie des déjections passe à travers le grillage et les Oiseaux 
ne peuvent se salir en les piétinant, comme cela arrive dans 
une cage ordinaire. 

En captivité, en Europe, ces Oiseaux peuvent se diviser en 
deux groupes : les gros Tangaras (Saltators, Tachyphones, 
Ramphocèles, etc.), qui sont robustes, vivent aussi bien en 
volière qu'en cage et ne demandent que le régime des insec" 
tivores-frugivores, avec une grande proportion de fruits frais ; 
les petits (Callistes, Organistes, etc.) exigent une alimentation 
plus recherchée et vivent mieux en cage. J'ai conservé long- 
temps de ces petits Tangaras en les nourrissant d'un peu 
de pâtée pour insectivores, de beaucoup de pain au lait et 
de fruits frais. Mais on a réussi à les conserver avec toutes 
sortes de régimes ; chacun, d'ailleurs, présente des incon- 
vénients et il semble qu'on n'ait pas encore trouvé la meil- 
leure alimentation à leur donner ; avec les unes, ils sont en 
superbe état, mais enclins à mourir d'attaques d'appoplexie. 



LES TANGARAS 267 

auxquelles ils sont sujets ; avec les autres, ils dépérissent et 
n'arrivent pas à faire leur mue. 

M. A. Decoux, qui a possédé de nombreux Callistes, écrit 
à ce sujet : 

« Il semble que nous ignorions encore quelle est la nour- 
riture qui convient aux Callistes. Les marchands leur donnent 
la pâtée de pomme de terre et d'œufs durs, que tous les ama- 
teurs connaissent bien. Cette pâtée, qui est bonne pour les 
gros Oiseaux, Merles ou Martins, et même pour les Rampho- 
cèles, à la condition qu'on ne les laisse pas manquer de fruits, 
et qu'on alterne son usage avec celui du pain au lait; mène 
les Callistes à une mort certaine. Ils engraissent trop et meu- 
rent d'une maladie de foie : cet organe s'enveloppe de graisse 
et devient si gros qu'il emplit peu à peu toute la cavité abdo- 
minale. 

« Un couple de Callistes cyanocéphales (C. festiva) que j'ai 
conservé un certain temps fut mis au même régime que les 
Guits-guits, c'est-à-dire à base de crème composée d'aliment 
Mellin, de miel et de lait. Ce régime qui convient bien aux 
Guits-guits, et grâce auquel on les a vus nicher en captivité, 
est médiocre pour les Callistes. Mes Cyanocéphales restèrent 
très beaux pendant tout le premier été ; la mue d'automne 
fut pénible aux deux Oiseaux ; la femelle finit par se rem- 
plumer, mais le mâle, au contraire, perdit en novembre ses 
dernières rémiges qui ne repoussèrent jamais. II mourut en 
janvier, encore gai, malgré son infirmité, qui l'empêchait 
de voler, cela va sans dire. Il était évident qu'une nourriture 
indispensable avait manqué à cet Oiseau. La femelle fut at- 
teinte en mars suivant du même mal ; en mai, elle ne volait 
plus. ,Ie fis ajouter au biscuit moulu une égale quantité d'œufs 
de fourmis frais : elle se remit alors peu à peu et redevint 
très belle. En décembre suivant, la même fausse mue reparut, 
et cette fois, il fut impossible de sauver l'Oiseau qui (faute 
d'œufs de fourmis sans doute ?) mourut misérablement. 

« Les Callistes. semblent plus essentiellement frugivores 
que les autres Tangaras. J'ai cru longtemps qu'une grande 
quantité de fruit produisait des diarrhées mortelles chez ces 
Oiseaux. J'ai perdu plusieurs Fastueux et Tricolores de celte 
façon. Je pense aujourd'hui que, dans la plupart des cas, 
les fruits ne sont nuisibles que s'ils ne sont pas assez mûrs 



268 I/OISEAU 

OU s'ils ne sont pas frais. L'orange acide des premiers mois 
d'hiver est évidemment mauvaise. La banane me paraît inof- 
iensive, et je crois qu'on peut en donner une grande quantité 
sans inconvénient. C'est sans doute le meilleur des fruits pour 
ces Oiseaux. Le raisin, la figue et la pomme, à laquelle quel- 
ques Callistes ne touchent pas, sont aussi très recomman- 
dables.. 

(( La carotte râpée incorporée par parties égales à la pâtée 
paraît être salutaire aux petits Tangaras. C'est avec une pâtée 
faite de carotte râpée, d'œufs de fourmis secs, d'éphémères 
et de biscuit ou de pain râpé, que je nourris mon Callisle 
du Brésil, qui reçoit en supplément autant de banane qu'il 
en veut manger, et un peu de miel. Quelques jours après son 
arrivée, il a fait une mue complète et son plumage est parfait 
maintenant. 

(( Le D"" Russ donne diverses formules de pâtées pour les 
petits Tangaras. En voici quelques-unes que je n'ai point 
essayées, mais qui méritent de l'être : 

i" Biscuit, œufs de fourmis secs et farine de pavot, deux 
parties de chaque : sucre en poudre et cœur de bœuf cuit et 
haché, une partie, le tout bien mélangé et travaillé avec un 
peu d'eau pour épaissir le mélange. En plus de la pâtée, on 
doit donner un peu de miel dans un godet à part ; 

2° Biscuit réduit en poudre mélangé à un peu do sucre 
en poudre et à des œufs de fourmis frais, le tout légèrement 
humecté d'eau. Fruits doux, suivant la saison ; 

3° Riz cuit au sucre mélangé à des œufs de fourmis. Fruiis. 

J'ai essayé de nourrir des Fastueux avec du riz très sucré, 
tel qu'on le sert à table. Les Oiseaux refusaient cet aliment 
trop visqueux qu'ils pouvaient difficilement saisir avec leur 
bec. Je crois qu'il serait préférable de faire gonfler le rix dans 
l'eau chaude, de le retirer du feu avant que la cuisson ne 
soit complète et de le faire macérer ensuite dans le lait chaud 
avant de le donner aux Oiseaux. Le grain resterait entier de 
cette façon. 

« Un amateur m'écrivait qu'au Brésil tous les insectivores 
ou frugivores du pays étaient nourris en captivité de haricots 
noirs cuits à l'eau et de fruits. Je doute. que cette nourriture 
soit, excellente pour les Callistes ! 

(( J'indiquerai, pour finir, une recette de pâtée donnée par 



LES TANGARAS 2G9 

M. Towiiscud, ;muilcur qui s'esl spécialisé dans l'étude des 
Taiiiiaias captifs. Elle me paraît excellente. Celte pâtée se 
compose de biscuit de Spratt réduit eu poudre, d'reufs de 
fourmis trempés dans assez d'eau chaude pour humecter la 
* farine, de chrysalides de vers à soie, de mouches, mêlés à 
de la carotte râpée ou à de la laitue hachée. 

a Les insectes vivants sont un régal pour Ions les pi-lils 
Tangaras. Tous mes Callistes, à l'exception du C fcsiiva. 
mangeaient avec joie les deux vers de farine que je leur oc- 
troyais parcimonieusement tous les deux jours. Les araignées 
leur sont plus salutaires. Chiapella parle d'un Tangara dont 
la sanlé chancelante se rétablit grâce aux petites araignées 
qu'il lui donnait chaque jour. Les mouches d'appartement 
sont mangées volontiers pai- les Callistes. 

« Ces Tanagridés vivent moins longtemps en captivité que 
beaucoup d'auties. J'avoue que j'ai rarement conservé plus 
de deux ans ceux qui ont pris successivement place dans ma 
collection. J'ai eu cependant des Fastueux et des Tricolores 
qui ont vécu en cage pendant cinq ans. M. de Lacger, -m'écri- 
vait, il y a quelques années, qu'il avait conservé ces variétés 
plus longtemps encore. Un Scepticolore (C. paradisea), venu 
de Hand30urg, a vécu trois ans ; puis il est mort subitement 
comme beaucoup de Tangaras. 

« J'ai noté chez un de mes vieux Tricoloi'es une atténuation 
du coloris du plumage qui augmentait à chaque mue, sans 
pouvoir en découvrir la cause. » 

Les Tangaras construisent des nids en forme de coupe et 
pondent des œufs tachetés. 

C'est en France qu'ils se sont reproduits en premier lieu. 
M. Ollivry éleva le Tricolore {CaUistc tricolor) près de Nantes. 
Il domia, à leur sujet,- les détails suivants : 

« C'e.st dans les premiers jours de juin que des Tangaras 
septicolores ont commencé la construction de leur nid. Placé 
dans un petit panier accroché à la muraille de leur volière, 
il .se composait de brins d'herbes, de racines et de filasse : 
le fond était semblable à celui d'un nid de Pinson. La femelle 
pondit trois œufs d'un blanc verdàtre, tachés de points d'un 
brun rouge, (>! de la grosseur de ceux du Moineau, mais de 
forme plus arrondie. L'incid)alion fut longue. Il est wai que 
le temps était mauvais et que la femelle, qui couvait seule. 



270 L OISEAU 

ne le faisait pas très assidûment. Enfin, au l)out de vingt- 
deux jours environ, me décidant à regarder dan^^ le nid, j'y 
trouvai deux petits, le troisième étant mort dans l'œuf. Ils 
pouvaient avoir cinq ou six jours.. Leur peau rouge était re- 
couverte de longs' poils noirs et la. mandibule inférieure se 
montrait bordée d'une large peau jaune. 

« Dans les premiers jours, la femelle ne quittait pas le 
nid ; le mâle lui apportait la nourriture qu'elle distribuait 
ensuite à ses petits : c'étaient des asticots et leur chrysalide, 
de la pâtée Duquesne et surtout des œufs de fourmis dont ils 
faisaient une grande consommation. 

« Très paresseux, ils restèrent au moins- trente ou trente- 
cinq jours au nid, et à l'âge de deux mois et demi, ils se 
faisaient encore nourrir par les parents. Leur croissance est 
lente, et ce n'est qu'au printemps suivant qu'ils" prennent 
leurs vives couleurs. La première livrée, moins belle que celle 
des adultes en fait déjà de très jolis Oiseaux. Mes deux 
jeunes formaient un couple et tous deux étaient entièrement 
verts, très brillant le mâle, plus pâle la femelle. ». 

M. de Lacger a vu aus'si nicher le Tricolore dans sa vo- 
lière, dans le Tarn, et, si je ne me trompe, il a obtenu égale- 
ment des jeunes du C. fastuosa. 

Parmi les grosses espèces des Saltators, les Tangaras noirs 
(Tachyphoîtiis rufus), bleus (Tanagra episcopus) . des palmes 
(T. pnlmarum), pie (Cissopis leveriana) et écarlate (Rani- 
phocelns brasUius) ont niché en volière.. L'année dernière, 
en outre, la duchesse de Wellington a obtenu, en Angle- 
terre, la reproduction du Tangara archevêque (T. ornata) ; 
elle écrivit à ce sujet : 

« Dans mie grande volière se trouvaient deux gros vases 
chinois posés' sur des pieds ajourés ; c'est dans la cavité d'un 
de ces pieds que les Tangaras archevêques construisirent leur 
nid, une jolie coupe faite d'herbes et de brindilles, et y 
élevèrent deux couvées de trois jeunes chacune. 

« Nous ne découvrîmes les nids qu'après la naissance des 
jeunes, aussi ne puis-je dire si le mâle et la femelle couvè- 
rent tous deux. Les jeunes furent élevés avec des vers de 
farine et les insectes que les parents pouvaient capturer ; 
plus tard, ils mangèrent de la pâtée et des fruits. 

« Ce nid était situé près de la porte, de sorte que chacun 



LES TANGAKAS 27 I 

passait à moins d'un mèlre de la couveuse ; on aurait pu 
croire qu'elle aurait choisi un coin plus tranquille. 

« Ayant découvert les jeunes en juin, le premier nid dut 
être fait en mai. Une troisième couvée, S'ans résultat, eut lieu 
en septembre.. 

« Les œufs sont gros, fortement ponctués de brun. Le même 
nid servit les trois fois- et était toujours tenu dans le plus 
grand état de propreté. Les jeunes ressemblent aux parents 
en plus ternes, sans jaune à l'aile. » 

Enfin, cette année même, un couple de Tangaras à cou- 
ronne blanche (Stephanophonis Iriicocrphalus) a nit hé chez 
M. Decoux. près de Limoges. 

On voit, d'après ce qui précède, que si les Tangaras ne sont 
point précisénient des Oiseaux faciles, on peut obtenir avec 
eux de bons résultats. En tous cas, leurs merveilleuses cou- 
leurs et leurs formes gracieuses, quoique simples, sont une 
source de joies pour l'amateur qui possède ces Oiseaux, et 
ils valent bien qu'on prenne quelque peine pour les faire 
vivre. 

Nous allons d'abord parler de grosses espèces à plumage 
plutôt terne, sans très grand intérêt comme Oiseaux de cage, 
mais qui vivent facilement, et même sont enclins à se repro- 
duire en volière. Ils sont très proches parents des Fringillidés 
et .*^ont parfois classés parmi eux. 

Nous trouvons tout d'abord les Saltators, qui ressemblent 
tout à fait à des Gros-Becs ; leur taille est celle du Cardinal ; 
ils sont en partie granivores. 

Le Grand Saltator (Saltntor maximus), habite l'Amérique, 
de Panama au sud du Brésil ; il est vert olive en dessus, 
fauve en dessous ; sa tête ^.est gris cendré, avec de légers 
sourcils blancs, le menton blanc bordé de noir de chaque 
côté ; gorge fauve ; bec noirâtre. 

Le Saltator allié (S. similis), du sud du Brésil et de l'Ar- 
gentine, est gris en dessus, fauve en dessous, avec la gorge 
blanche lignée de noir. Les S. (jrandis. du ^fexique et S. oli- 
vascens, du Venezuela, ressemblent aux précédents. 

Le Saltator à bec orangé (S. aiirnntiirGsfris) est gris cendré 
en dessous, fauve en dessous ; côtés de la tête et gorge noires; 



bande sourcilère partant de l'œil, blanche ; collier jugu- 
laire noir ; bec orangé pâle.. Cette espèce habite rUr\}gua\, 
le Paraguay et l'Argentine et est assez souvent importée. 

Le Saltator à cou noir (S. atricollis) est brun cendré en 
dessus, blanc jaunâtre en dessous, avec la tète, la gorge et 
le devant du cou noirs ; bec orangé. Il habite le sud du 
Brésil et la Bolivie. 

Les Tangaras du genre Schistochlamys se rapprochent 
moins des Gros-Becs que les précédents ; leur bec es! moins 
épais. 

Le S. capistratus, du sud-est du Brésil, est gris, avec les 
ailes et la queue noires, ainsi que le masque ; les parties 
inférieures sont jaune roussâtre. 

Le S. atra, qui habite plus au nord jusqu'en Colombie et 
Trinidad, ressemble au précédent, avec les parties inl'érieur-es 
gris pâle, la moitié de la tête et la gorge, jusqu'au milieu 
de la poitrine, noires.. Ces Oiseaux sont de la taille des Sal- 
tators. 

Les Tangaras Pies (Cissopis) sont plus- appréciés des ama- 
teurs. Ce sont de forts Oiseaux, à longue queue, ayant l'as- 
pect d'une Pie-Grièche ; leur plumage est blanc, avec la tête, 
le cou, la poitrine, les ailes et la queue noir brillant ; 
l'œil est jaune. Deux espèces ont été importées : C. leve- 
riana du nord, et C. major du sud de l'Amérique du Sud. 
Ce sont de 1res bon Oiseaux de volière, capables de nicher. 

Le PsiUospiza rieffcri ressemble par sa forme au Saltator ; 
c'est un magnifique Ois-eau de la Colombie et de l'Equateur, 
vert pré, avec les côtés de la face, le menton et l'abdomen 
châtains ; bec orangé et pieds jaunes.. Il a figuré dans la 
superbe collection ramenée de l'Equateur par M. Goodfellow, 
pour M. Brook. 

Le Diiicopis fasciain, du sud-est du Brésil, a aussi été 
importé ; plus petit que les précédents, c'est un Oiseau terne, 
gris en dessus, blanc grisâtre en dessous, avec les ailes va- 
riées de blanc et de noir et la face noire. Il en est de même de 
VAircmcn auraiitHrosiris de l'Américjue (lentrale, vert olive, 



LES TANGAHAS 



:3 



avec la lêle marquée do bandes noires- et blanches, et le bec 
jaune. 

Les Bu.avrernon sont également de couleurs toncées, niais 
plus élégantes, surtout le B. hrunncinucha de l'Amérique Cen- 
trale, brun olivâtre, avec la couronne châtain vif, les côtés 
de la tète et le tour de la gorge noirs, ccWe dernière étant 
blanche ; le front est noir, avec de petites taches blanches. 

Le Chlorospimjas ophtalmicus, du sud du Mexique, appar- 
tient à un genre nombreux de Tangaras, de taille plus faible 
que les précédents ; il est vert olive en dessus avec le som- 
met et les côtés de la tête marron foncé ; un point blanc 
derrière l'œil ; dessous du corps jaunâtre, avec la gorge et 
la moitié du ventre blanchâtres. 

Le Lamproies loricatiis est un fort Oiseau noir, avec le mi- 
lieu de la gorge et de la poitrine rouge. Il habite le sud-est 
du Brésil. 

Le Tangara quadricolore {Trichothraiipis melanops), du sud 
du Brésil, est gris olive en-dessus, avec une grande huppe 
jaune ; les côtés de la tête, les ailes et la queue sont noirs ; 
ailes marquées de blanc. La femelle n'a pas de huppe. 

Les Tangaras noirs (Tachyphoniis) , sont de beaux Oiseaux 
au plumage sombre, où domine le noir chez les mâles, le 
roux chez les femelles.. Ce sont des Oiseaux de volière ro- 
bustes, qui nichent assez facilement en volière, dans les 
buissons. Leurs œufs sont blancs, maculés de brun noir. 

Le T. rufiis est souvent importé. Il atteint 17 centimètres ; 
le mâle est noir brillant, avec les épaules blanches ; la femelle 
est entièrement rousse. Cette espèce est extrêmement répan- 
due dans toute l'Amérique Centrale et du Sud, depuis Costa- 
Rica jusqu'au sud du Brésil. Au Venezuela et à la Guyane, 
je l'ai observé et capturé autour des habitations.. 

Le T. luctiiosus habite les mêmes régions et ressemble au 
précédent ; le mâle n'en diffère que par une taille inférieure 
(12 cm.) ; la femelle est vert olive, avec la tête grise et le 
dessous du corps jaunâtre. Il est moins commun que T. rafus. 



2^4 l'oiseau 

Le T. cristatus est une belle espèce, rarement importée, qui 
habite les contrées septentrionales de l'Amérique du Sud. 
Le mâle est noir, avec une longue huppe rouge orangée, le 
croupion fauve, les épaules blanches, et une raie fauve sur 
la gorge. La femelle est brun roussâtre. 

Le T. miriuamus habite les mêmes régions ; il est noir 
avec une raie médiane fauve dorée, formant huppe, sur la 
tête, le croupion fauve et les épaules blanches ; la femelle 
est gris olivâtre en dessus-, fauve pâle en dessous. J'ai ramené 
deux mâles de cette espèce, capturés à Saint-Laurent-du- 
Maroni (Guyane française). C'est une espèce assez rare. 

Le T. coronatas, du sud-est du Brésil, est souvent importé. 
Il ne diffère du T. rufus que par la présence d'une raie rouge 
sur la tête du mâle. 

Les Tangaras rouges {Pyranya), sont des Oiseaux migra- 
teurs, dont trois espèces remontent en Amérique du Nord au 
printemps. Ils se distinguent des autres Tangaras en ce que 
les mâles ne gardent leurs brillantes couleurs que l'été, pre- 
nant en hiver les tons ternes des femelles, qui sont toutes 
de couleur générale vert olive. Ils sont de la taille des pré- 
cédents. 

Le P. œstiva passe la bonne saison en Amérique du Nord 
et le reste du temps en Amérique Centrale et jusqu'au Pérou. 
Le mâle est rouge rosé. Sa taille est celle du Tangara noir. 

Le P. saim, du sud-est du Brésil, est d'un rouge rosé plus 
vif que le précédent. 

Le P. riibra est rouge écarlate avec les ailes et la queue 
noires. II passe l'été dans l'^st des Etats-Unis. 

Le P. ludoviciana, qui habite l'ouest de l'Amérique du 
Nord, est jaune, avec la tête et la gorge teintées de ronge. 
Le dos, les ailes et la queue sont noirs, les secondes barrées 
de jaune. 

Le P. nibriceps, de Colombie, ne diffère du précédent que 
par sa tête, sa nuque et sa poitrine écarlates. 

Le P. leucoptern, de l'Amérique Centrale, est rouge écarlate, 
avec le front, le tour des yeux, les lores, le menton, les ailes 
et la queue noirs ; les ailes ont deux barres blanches. Il est 
de plus faible taille que les précédents. 



LES TANGARAS 27b 

Le Plilogothranpis sanyuinolenict, de l'Amérique Centrale, 
est noir terne, avec le derrière de la tête et du cou, la poitrine 
et les couvertures de la queue, écarlates. Le mâle et la fe- 
melle sont semblables. 

Les Tangaras Rhamphocèles (Rhamphocelus) se distinguent 
des autres Tangaras par le grand développement et la colora- . 
tion blanc argenté de la mandibule inférieure du bec. Les 
mâles sont rouges et noirs, ou jaunes et noirs. 

Le Tangara scarlate (R. brasilius) est bien connu des ama- 
teurs. C'est un excellent Oiseau de volière, robuste et gai. 
De la taille du Tangara noir, il est d'un rouge foncé magni- 
fique, avec les ailes, la queue et les- cuisses d'un noir de 
velours. La femelle est brun rougeâtre. Il habite le sud-est 
du Brésil. 

Le Tangara jacapa (R. corbo), ressemble au précédent, mais 
est d'une couleur écarlate très foncée, presque noire par 
endroits. Il est commun depuis la Colombie et le Venezuela 
jusqu'au centre du Brésil. J'en ai capturé un grand nombre 
dans le jardin de ma maison à Saint-Laurent-du-Maroni, En 
volière, ces Tangaras se nourrissent bien de fruits et de pain 
au lait dès le début, mais sont très farouches, et je ne pouvais 
en conserver qu'environ 60 % ; ils sont moins robustes en 
volière que les Scarlates. 

Le R. dimidiatiis est plus rare ; il habite aussi le nord du 
Continent Sud-Américain et diffère du précédent par le bas 
de son dos- et son ventre rouge vif. 

Une quatrième espèce de Rhamphocèle a été importée pour 
M. Brook : R. icteronotas , de l'Equateur, tout noir, avec le 
bas du dos et le croupion jaune vif. Cet Oiseau, donné par 
la suite au Jardin Zoologique de Londres, a vécu près de dix 
ans en captivité. 

Les Spindalis forment un petit groupe de Tangaras propres 
aux Antilles, chez lequel les mâles- sont orangé vif, avec des 
marques noires et blanche.s. 

Le Tangara de Prêtre (S. pretrei), de Cuba, mesure 12 cen- 
timètres et demi ; le mâle a le dos olive ; un large collier, 
la poitrine et le croupion orangés ; les ailes et la queue 
marquées de blanc et de noir ; la tête noire, avec deux larges 



2n6 l'oiseau 

bandes blanches au-dessus et au-dessous de l'œil ; la gorge 
jaune. La femelle est gris olivâtre. Cette espèce vit bien en 
captivité, mais est très rarement introduite. 
Le S. zena, des Bahamas, a été aussi importé. 

Les Tangaras bleus (Tanayra) se rencontrent souvent dans 
les volières. Ils sont de la taille des Tangaras noirs et rouges 
et sont, comme eux, robustes en captivité. Ils sont extrême- 
ment communs dans leurs pays d'origine, fréquentant jus- 
qu'à l'intérieur des villes. Le mâle et la femelle sont à peu 
près semblables. 

Le Tangara évêque (T. episcopus) est gris bleuâtre très 
clair, avec des teintes mauves sur le croupion et la poitrine ; 
les plumes des ailes et de la queue sont noirâtres frangées de 
bleu pâle ; les épaules sont blanc bleuâtre. La femelle est 
légèrement plus terne que le mâle. Cette espèce habite les 
Guyanes. Elle est remplacée en Amérique Centrale, en Co- 
lombie, au Venezuela, à l'Equateur et au Pérou, par le Tan- 
gara bleu (T. cann) qui n'en diffère que par ses épaules bleu 
violacé vif. Il existe d'ailleurs de nombreuses variétés locales. 

Le T. cyanoptera, du sud du Brésil, de l'Argentine, de 
Paraguay et de Bolivie, ressemble aux précédents, dont il 
diffère par sa taille plus forte et la teinte verdâtre de sa tête. 

Le T. sayaca, de l'est du Brésil, se dislingue par les tons 
verdâtres de ses ailes et de sa queue. 

Le Tangara des palmes (T. palmamm) est répandu depuis 
le Sud du Brésil jusqu'en Amérique centrale. Il est vert olive, 
avec les ailes et la queue noires. Il n'est pas rare en volière. 

Le Tangara archevêque (T. omatà) est également assez 
commun ; il habite le sud-est du Brésil. 11 est vert olive en 
dessus ; la tête, la gorge, la poitrine et les flancs sont bleu 
violet ardoisé ; les épaules sont jaunes ; le reste du plumage 
est gris noirâtre. 

J'ai capturé, au Venezuela, et gardé quelque temps en cage, 
sans toutefois l'amener vivant en Europe, le magnifique 
T. olivicyanea, vert doré en dessus, bleu vif en-dessous, avec 
la tête de cette dernière nuance. 

Le T. bonariensis, de l'Argentine, a les ailes et la queue 
bleues, ainsi que la tête ; le tour des yeux, les lores et le 
dos sont noirs ; le croupion et le dessous du corps sont jaune 



LES TANGARAS 277 

orangé. La femelle est grisâtre. Enfin, le T.. darwiid, qui vit 
à l'Equateur, au Pérou et en Bolivie, difïère du précédent 
par soTi cou bleu et son dos vert olive ; il est aussi un peu 
plus petil. 

Les' CompsocGmn comptent parmi les plus beaux Tan- 
garas.. Ils babitent les montagnes élevées. Jai rencontré l'un 
d'eux dans les montagnes du Venezuela, en grande foièt, el 
je n'oublierai jamais l'effet produit par ce magnifique Oiseau 
bleu et jaune au milieu des merveilleuses frondaisons tropi- 
cales. L'espèce que j'ai rencontrée, G. somptuosa a été im- 
portée de l'Equateur par M. Ooodfellow en compagnie du 
C. notabilis. 

Le premier babite le Venezuela, la Colombie, l'Equateur et 
le Pérou. Il mesure i6 centimètres ; sa queue est relativemenf 
courte. Il est noir en dessus, avec des teintes vertes au crou- 
pion ; ailes et queue noires, bordées de bleu brillant ; le des- 
sous du corps est jaune vif ; la tète est noire, avec une bande 
jaune du vertex à la nuque. 

Le C. TiofabiJis est jaune olive en dessus ; les ailes et la 
queue sont noires, avec des bordures bleues ; épaules jaune 
verdâtres ; reste du corps comme le précédent. Cette espèce 
b.al>ite l'ouest de l'Equateur. 

Le Bufhrav])is cucuUata a élé également amené de l'Equa- 
teur avec les espèces précédentes ; il est de forte taille : le 
dessus du corps est bleu pourpré ; la tête et la gorge noires ; 
le ventre jaune. Avec lui, fut importé le PœciJathmapis lii- 
nulnta, de taille un peu moindre, noir en dessus, avec le 
croupion et les couvertures des ailes blancs et une tâcbe i-ouge 
aux oreilles ; le dessous du corps est rouge et la gorge noire. 

Le Stéphanore à couronne blanche (Sfcplianoplwnis leuco- 
cephalug), que l'on rencontre dans le nord de l'Argentine et 
les pays limitropbes, est un excellent Oiseau de volière, trop 
rarement importé. Son bec court et crocbu rappelle un peu, 
en plus mince, celui du Bouvreuil. Tl est bleu très foncé avec 
le dessus de la tête blanc soyeux et une petite buppe rouge 
sur le front. 



•2'jS l'oiseau 

Nous arrivons maintenant aux petits Tangaras, qui, comme 
nous l'avons dit plus haut, demandent plus de soins en cap- 
tivité que les grosses espèces^ Néanmoins, on peut les y faire 
vivre longtemps et on arrive même à les voir nicher. 

Le groupe le plus nombreux et aussi le plus beau de toute 
la famille," est constitué par le genre Calliste. Ce sont de 
petits Oiseaux variant de la taille du Moineau à celle de 
la Linotte, avec une queue de moyenne longueur, et un 
bec presque conique, mais faible. Les espèces les plus fré- 
quemment importées, telles que le Tricolore (improprement 
appelé Septicolore par les marchands) et le Fastueux (Sexti- 
colore) sont bien connues des amateurs et excitent l'admi- 
ration de tous. Le plumage des Callistes-, en effet, est splen- 
dide ; le vert, le bleu ou le jaune le plus riche y dominent 
et les plumes ont un aspect de soie brillante tout à fait parti- 
culier ; les Callistes comptent parmi les plus beaux Oiseaux 
de la création. En général, les femelles ressemblent aux 
mâles en plus terne. 

J'ai observé et capturé plusieurs espèces au Venezuela et 
en Guyane. Ils viennent facilement au trébuchet. On les 
rencontre toujours dans les endroits boisés, et la plupart 
dans les parties montagneuses. Je n'ai vu en plaine que les 
C. paradisea et C. punctata en Guyane, et le C. cayana, au 
Venezuela. Parmi les branches, ils se meuvent avec vivacité 
et rappellent les Mésanges ; on les trouve souvent mêlés aux 
Guits-guits, Dacnis, etc., et habituellement en bande. Un 
arbres à baies fréquenté par une de ces bandes offre un spec- 
tacle inoubliable. 

Les Callistes se répartissent en près de cent espèces, toutes 
magnifiques, que l'on peut diviser en groupes d'après leurs 
affinités de plumage. LIne trentaine d'espèces ont été im- 
portées vivantes. 

En premier lieu se place le Tangara de Paradis (C. para- 
disea) de la Guyane, qui est l'un des plus beaux du genre ; 
d'assez forle taille, il a la nuque, les épaules, le haut du dos, 
la queue et les ailes noirs ; la gorge, la poitrine et tout le 
dessus du corps d'un bleu turquoise soyeux et étincelant ; 
le bas du dos jaune avec du rouge yif vers le hayt ; la tfte 



LES TANGABAS 279 

vert doré ; tour du bec noir.. Le C. yeni, qui habita plus à 
l'ouest, n'en diffère que par le bas du dos entièrement rouge. 
Ces espèces sont rares en captivité. 

Le groupe suivant comprend les espèces que l'on rencontre 
le plus souvent en cage.. 

Le Tangara sexticolore ou fastueux (C. f(istuof:ii) est fort 
beau. Tête, nuque et liant du dos bleu teinté de vert soyeux ; 
tour du bec, poitrine, moyen dos et queue noirs à reflets 
bleus- ; ailes variées de noir, de bleu et de jaune ; dessous 
du corps bleu foncé passant au bleu clair sur le devant ; 
tout le bas du dos et le croupion sont d'un jaune orangé vif. 
Cette belle espèce est l'une des plus robustes du genre ; sa 
taille est forte (i.S cm., b). Il habite les environs de Per- 
nambouc (Brésil). 

Le Tangara tricolore (C. fricolor), le « Septicolore » des 
marchands, est de taille plus faible que le précédent ; c'est le 
plus fréquemment importé parmi les Callistes ; il habite le 
sud-est du Brésil. Son plumage est très varié ; tour du bec, 
poitrine, bande sur les épaules et les ailes, et milieu de la 
queue noirs ; tête vert d'eau ; manteau vert doré ; ailes 
variées de noir et de vert doré, avec les épaules bleu de 
cobalt ; parties inférieures bleu vif, pas.sant au vert en ar- 
rière ; dos orangé. 

, Le Tangara cyanocéphale (C. festiva) est encore plus petit ; 
il est vert pré, avec le tour du bec, le dos et les épaules noirs; 
la queue et les ailes variées de vert et de noir ; le dessus de la 
tête et la gorge bleu vif ; les joues et l'arrière du cou rouge 
vif. Il habite le sud-est du Brésil ; on l'importe souvent, 
mais il se montre délicat en captivité. 

Le Tangara à poitrine jaune (C. fhomcica), habite la même 
région que les précédents, mais est moins souvent importé ; 
il est vert clair ponctué de noir, avec le tour du bec noir ; 
le front et le tour des yeux bleus ; la gorge, la poitrine et 
les épaules jaune d'or, ces dernières tachetées de noir ; une 
tache noire sur la gorge. 

Le groupe suivant est celui des Callistes tachetés, c(ui sont 
moins brillants que les précédents, mais encore fort b'\au\ ; 
on les importe moins souvent. 



28o l'oiseau 

Le Tangara tacheté (C. (juttata) est très abondant dans tout 
le Nord de T Amérique du Sud ; il est vert en dessus plus 
doré sur la tête, blanc teinté de vert bleuâtre eji dessous, le 
tout tacheté de points noirs, sauf les ailes, le bas du dos et 
la queue. 

M» Goodfellow a rapporté de l'Equateur une autre espèce 
du même groupe (C rufigularis) qui diffère surtout du pré- 
cédent par le dessus de sa tête noirâtre et s'^ gorge brun 
rouge. 

Nous trouvons ensuite des Callistes dorés, chez qui le jaune 
d'or le plus soyeux et le mordoré orangé dominent. Ce sont 
des Oiseaux magnifiques, mais rares, peu abondants dans 
leurs pays d'origine. Trois espèces ont été importées vivantes, 
deux par M. Goodfellov^' (C. auriilenta et C icteroccphala), 
la troisième par moi-même (C. arfhiisi). Ils ressemblent par 
la forme et l'allure au Fastueux. 

Le Tangara doré (C. nuriilenta), de la Colombie et de 
l'Equateur, est jaune doré, avec les ailes, le dos et la nuque 
marquées de noir ; la queue, le bec et les joues noirs 

Le Tangara d'Arthus (C. arthusi), de taille un peu plus 
forte, habite les montagnes du Venezuela, ovi je l'ai capturé. 
Il a la queue, les joues et la base du bec noirs ; les ailes 
et le dos jaune doré marqué de noir ; le croupion, la tête 
et le cou jaune d'or ; le dessous du corps marron mordoré. 

Le Tangara à tête jaune (C. icterocephnla), qu'on trouvé 
depuis le Costa-Rica jusqu'à l'Equateur, est jaune d'or, mar- 
qué de noir sur les ailes et le dos, avec les rémiges et les 
rectrices noires frangées de vert, im collier nuclial et la 
gorge vert argenté ; une bande noire du bec à la nuque. 

Chez les Callistes jaunes, qui forment le groupe suivaîil, 
dominent le jaune pâle ou le vert pâle ; le dessus de la fête 
est jaune ou roux. On les importe assez souvent, et quelques 
espèces, bien que n'ayant pas les riches reflets soyeux des 
groupes précédents, sont tout à fait remarquables (C. meJa- 
notata, C. pretiosa). 

Le Tangara à tète rousse (C. oUrioUna) rapporté de l'Equa- 
teur par M. Goodfellow, est vert d'eau cendré, avec le bonnet 
roux, la gorge grise et une bande noire allant du bec au cou 
en passant par l'œil. 



LES TANGAIIAS 20 I 

Le Tangara de Cayenne (G. cayana) que l'on trouve de la 
Guyane au Pérou et qui est commun partout, est souvent im- 
porté. Il a des couleurs im peu laveés ; couronne rousse, 
dos variant du jaune pâle au vert d'eau ; queue et ailes vert 
bleuâtre ; dessous du corps crème ; joues et tour des yeux 
noirs ; gor^îe et poitrine gris bleuâtre clair. 

Le Tangara jaune (C. flava), du sud-est du Brésil, est d'un 
jaune fauve ; les ailes e' la f[utue sont noires, bordées 
de vert d'eau ; depuis l'ceil et le bec. la gorge, la poitrine et le 
milieu du ventre sont noirs. La femelle, par exception, est 
assez différente, ayant le dos vert pâle, les joues et la poi- 
trine grisâtre. 

Le Tangara à dos roux (Calliste pretiosa) est beaucoup 
plus joli que les précédents, et un peu plus gros ; il a la tête, 
le cou et le dos d'un beau marron cuivré ; le bas du. dos et 
le croupion jaune pâle ; la gorge, la poitrine et le ventre vert 
d'eau ; la queue noire, bordée de bleu, ainsi que les ailes, 
dont les petites couvertures sont jaunes ; un trait noir va du 
bec à l'œil, La femelle est beaucoup plus terne ; elle a 
le dessus du corps vert sombre. Cette espèce lial)ite le sud du 
Brésil et le Paraguay. 

Le Tangara à dos noir (C. nielanonoia) ne se distingue guère 
de l'espèce précédente que par son dos noir. Il habite aussi 
le sud du Brésil. Ces trois dernières espèces sont assez rares 
dans les collections. 

Les Callistes à tête rousse sont également peu fréquemment 
importés. Ils .sont vert pré, plus ou moins teinté de bleu, et 
ont la tête d'un roux cuivré. 

Le Tangara de Desmarest (C. desmnresti)^ du Venezuela, 
arrive de temps à autre. Il est d'un brun vert franc, avec la 
tête et les cuisses rouge cuivré. On a aussi importé le C. gyro- 
loides, qu'on trouve depuis le Costa-Rica jusqu'en Bolivie ; 
il diffère du précédent par sa poitrine, son ventre et son crou- 
pion teintés de bleu et sa tête marron bordée en arrière d'un 
collier jaune. 

Les Callistes bleu el iidii- ont les parties supérieures de ces 
deux tons, les inférieures blanches ou jaime pâle. Ils sont 
importés à de rares intervalles. Ils rappellent par leurs allures 
le Fastueux et les Callistes dorés. 



282 l'oxse/vu 

Le Tangara du Brésil (C. hi-asiliensis) est de forte taille. 
11 est noir à la face, sur le dos, les ailes et la queue ; les 
flancs sont marqués de bleu et de noir, le ventre est blanc ; 
le teste du plumage est d'un bleu de cobalt un peu argenté. 
Cette espèce vit assez bien en cage. 

Le Tangara de Yiellot (C. vielloti), de Trinidad, et les for- 
mes voisines du Continent : C. média, C. flavivcutris, C. boJi- 
viana, diffèrent surtout de l'espèce précitée par leur ventre 
jaune. Je ne sais- trop laquelle de ces espèces a été importée 
sous le nom de vielloti, car je crois quil y a là une erreur. 

J'ai capturé au Venezuela le Tangara écaillé (C. nigriviridis) 
superbe Oiseau ayant le dos et les côtés de la tête noirs ; 
les autres plumes du corps sont noires à la base, bleu vert à 
l'extrémité.. Cette espèce a été également amenée de l'Equa- 
teur par M. Goodfellow. Ce même voyageur apporta en 
même temps les espèces suivantes. C. cyfuieicollis, noir, avec 
les ailes et le droupion marqués de vert clair, la tète et le cou 
bleu vif ; C. cyanopygia, qui diffère du précédent par son 
croupion bleu ; C. ru.ficervix, bleu tacheté de noir en dessus, 
avec un masque noir, ime tache roux orangé à la nuque, 
bleu pâle en dessous, avec le ventre fauve ; C. labradorides, 
vert bleuâtre brillant, marqué de noir aux ailes et à la queue, 
avec l'arrière du cou et la nuque noirs et les' épaules bleu 
vif ; C. Innigera, dont le dessus et les côtes de la tête sont 
jaune orangé, les lores, deux taches sur les côtés de la tête, 
la nuque, le dos, les épaules, la queue et les ailes noirs, le 
croupion et la poitrine verts, le dessous du corps vert rous- 
sâtre brillant ; C. argentea, gris d'argent, avec la tête, la poi- 
trine noires, sauf la gorge et les joues (jui sont jaune d'or, 
les ailes et la queue noires frangées de gris bleuté. 

Pour terminer, je citerai les deux espèces du groupe des 
Callistes à tête noire qui ont été importées. Le Tangara à 
ailes bleues (C. cyanoptem) arrive à de rares intervalles du 
Venezuela ; je l'y ai captiiré et en ai rapporté plusieurs exem- 
plaires. C'est un bel Oiseau dont la tête et le cou sont noirs ; 
les plumes des ailes et la queue noires, largement bor- 
dées de bleu ; le reste du corps est d'un vert jaunâtre argenté 
très pâle. La femelle ressemble au mâle, avec des teintes 
beaucoup moins vives, 



LES TANGAKAS 



283 



Enfin, le Tangara à tête noire (C. ntricapilla) , que j'ai 
trouvé en abondance dans le nord du Venezuela, d'où je l'ai 
rapporté, a le dessus du corps d'un bleu argenté ; les ailes et 
la queue noires marqués de bleu verdâtre ; le dessous du corps 
bleu ; le dessus de la tête noire ; les joues, le cou et la poi- 
trine garnis de plumes noires, largement terminées de vert 
soyeux. La femelle est vert d'eau, avec le dessus de la lête 
bleuâtre ; la gorge et la poitrine possèdent des plumes aT)a- 
logues- à celles du mâle, mais plus ternes. 

Par les descriptions qui précèdent, il est difficile, je le 
crains, de bien se représenter ces Callistes si beaux et si 
divers ; mais elles permettront sans doute au lecteur d'iden- 
tifier les- Oiseaux qu'il pourrail posséder . 

Près des Callistes se rangent plusieurs autres genres de pe- 
tits Tangaras, dont on a vu parfois de rares représentants 
dans les collections. La plupart ont été rapportés de l'Equa- 
teur par M.. Goodfellow^. 

Le Procnopis vassori rapporté de l'Equateur, se trouve aussi 
au Venezuela, en Colombie et au Pérou. Il est entièrement 
bleu foncé. 

Le Pipridea melanonota. que l'on trouve depuis le Vene- 
zuela jusqu'au Paraguay, est bleu violacé marqué de noir 
en dessus, jaune d'ocre en dessous. Il ressemble aux Tana- 
grelles, 

L'Iridophanes pvlclu'rrhna, de la Colombie et de l'Equa- 
teur, qui a été longtemps classé parmi les Sucriers, est noir 
en dessus, avec collier jaune pâle sur la nuque ; dos vert 
pâle ; queue et ailes noires, bordées de bleu ; dessous du 
corps vert argenté. 

Le Chrysachloi-n phœnicotis est vert brillant,- avec une tache 
rouge corail sur la région parotique, des points jaunes de- 
vant et sous l'œil, et les petites couvertures des ailes de même 
couleur. On trouve cette espèce dans l'Equateur. 

Les Tanagrelles soni [)lus souvent rencontrées dans les col- 
lections. Elles se distinguent surtout des Callistes par leur 
bec très mince. 

La Tanagrelle de Cayenne (Taivigrella velia) qui habite les 



284 l'oiseau 

Guyanes, est noir en des-sus, bleu vif en dessous, ainsi qu'au 
front, aux côtés de la tête et au croupion ; le bas du dos 
est vert argenté et le milieu du ventre roux. 

La Tanagrelle bleue et noire (T. cyanomelana) , du Sud- 
Est du Brésil, diffère de la précédente par la présence d'inie 
tache vert argenté sur le front et le sommet de la tête. 

Nous n'avons plus qu'à passer en revue les membres de la 
sous-famille des Euphones ou Organistes, pour finir lexamen 
des Tangaras. Ces Oiseaux se distinguent de leurs- voisins 
par un bec court et renflé, une tête épaisse et une queue 
courte. Ils sont très communs dans leur pays d'origine où 
on les tient souvent en cage en raison de leur voix agréable. 
Cependant, ils sont assez difficiles à conserver en bonne santé, 
du moins en Europe, et je les' considère comme les plus déli- 
cats des Tangaras. 

Le Pyrrhiiphonîa jamaica est gris bleu, varié de jaune. On 
l'a exceptionnellement importé. 

L'Hypophax chalybea, du sud-est du Brésil, est vert bronzé 
bleuâtre en dessus, jaune au front en dessous, la gorge verte 
comme le dos. 

Les Euplîones' proprement dits, ou Organistes, sont très 
nombreux ; une douzaine d'espèces ont été importées, cer- 
taines très fréquemment. On peut les diviser en plusieurs 
groupes ; dans le premier, les Euphones ont le sommet de 
la tête bleu. 

L'Organiste (E. musica) est l'espèce de Saint-Domingue 
auquel Buffon a donné le nom qui a été ensuite appliqué 
indistinctement aux autres Oiseaux de ce genre. Le mâle est 
noir bleuté en dessus, jaune orange en dessous ; cette nuance 
se retrouve sur le front et le croupion ; le sommet de la lêie 
est coiffé de bleu clair ; la gorge est noire. La femelle est 
vert olive, avec la calotte bleue. Cette espèce est très rare- 
ment importée, mais on trouve parfois \'E. nigricollis, qui 
habite depuis la Colombie et jusqu'au Paraguay et au Pérou. 
Je l'ai rapporté du Venezuela ; il était très commun sur le 
marché aux Oiseaux de Caracas. Il diffère à peine du pré- 
cédent. 



LES TANGABAS 285 

LE. elegantissima, de l'Amérique Centrale, se distingue 
des précédents par la teinte brun orangé rougeâtre de ses- 
parties inférieures et une bande châtain foncé sur le front. 

Ï/E. flavifrons, des Petites Antilles, est différent ; il est 
vert olive, avec la calotte et la nuque bleues et le front jaune 
bordé de noir en arrière ; la femelle est un peu plus pâle. 

Dans le deuxième groupe d'Euphones, le des-sus de la tôte 
est jaune ou rouge, et la gorge noire. 

De celui-là, on a importé VE. saturafa, de l'Equateur, qui 
est noir pourpré, avec le sommet de la tête, la poitrine et tout 
le dessous du corps jaune vif. La femelle est jaune olivâtre 
foscé. LE. olivacea, qu'on trouve depuis le Guatemala jus- 
qu'à l'Amazone, n'a qu'une large b*ide jaune sur le front. 

Les espèces du troisième groupe sont les mieux connues ; 
elles ont le front et tout le dessous du corps jaune, le reste 
noir. Les femelles sont vert olive, plus jaunes ou blanchâtre 
en dessous.. 

L'Euphone violet (E. violacea) e.st fréquemment importé ; 
il a un peu de blanc aux ailes et le noir de son plumage a 
des reflets violets. On le trouve des Guyanes au Sud-Est du 
Brésil. 

L'E. hirundicea, de l'Amérique Centrale, et VE. laniirostris, 
qu'on trouve de Panama à l'Amazone, sont peu différents et 
souvent aussi importés. Ils se distinguent surtout par leurs 
reflets bleus. 

LE. hypoxantha, de l'Equateur, a été rapporté par M. Good- 
fellow. Tout le dessus de sa tête est jaune. 

Dans un quatrième groupe se trouvent des Euphones dont 
tout le dessus du corps et la gorge sont noirs. 

L'Euphone à plastron CE. pectoralis), du sud-est du Brésil, 
a les parties inférieures marron foncé et deux touffes de 
plumes jaunes de chaque côté de la poitrine. 

L'E. cayana, des Guyanes, est tout noir, avec les touffes 
jaunes des côtés- de la poitrine. 

Les Chlorophonia ne se distinguent guère des Euphones que 
par leur couleur générale vert vif. On les importe souvent, 



286 l'oiseau 

mais ils sont encore plus délicats en captivité. Il semble 
que presque toutes- les espèces soient parvenues vivantes en 
Europe, mais il y a quelque confusion à ce sujet. L'espèce 
du sud-est du Brésil (C. viridis) a tout le dos et le tour des 
yeux bleus ; les ailes et la queue noirs bordé de vert ; le 
ventre jaune vif ; le reste du corps vert brillant. La femelle 
est semblable, mAis beaucoup plus terne. 

Le C. longipennis, de l'Equateur, ne diffère que son ventre 
d'un jaune plus vif encore. 

Le C. froiitalis, du Venezuela, est vert avec un collier sur 
la nuque, le tour des yeux et le croupion bleus ; le front et 
le ventre jaunes. La femelle est presque entièrement verte. 
J'ai rapporté cette espèce, qui est très commune près de Car- 
racas. 

Le C. occipitalis, du Mexique, est vert, avec une tacbe bleue 
sur l'occiput ; le dessous du corps vert et jaune, et une 
ligne marron au-dessous de la poitrine. 

* 
* * 

On peut placer à la suite des Chlorophojua, le Procnias 
viridis. que l'on a sépai'é des Tangaras pour en faire une fa- 
mille particulière. Cet Oiseau s'éloigne des Tangaras par 
son bec court et aplati, son large gosier et ses longues ailes 
qui le font ressembler un peu aux Hirondelles. De plus, il 
niche dans les creux des arbres ou à terre, alors que les Tan- 
garas bâtissent des nids en forme de coupes. 

Le Procnias est un superbe Oiseau de i5 centimètres de 
longueur. Le mâle est bleu turquoise, avec le front, les côtés 
de la face et la gorge noirs. La femelle, aussi belle que le 
mâle, est d'un vert brillant. Cette espèce a été exceptionnel- 
lement importée. .T'ai conservé une femelle en captivité quel- 
que temps à Caracas. Elle se nourrissait comme les Callistes 
et aimait surtout les petites baies. Cet Oiseau se prête moins 
bien à la vie en cage que les Tangaras. 



CHAPITRE XI 



LES SUCRIERS 

par J. DELACOUR 

La famille des Sucriers (Cœrebidœ) se rapproche de celle 
des Tangaras. Ces Oiseaux habitent les mêmes régions et 
vivent souvent ensemble. Comme les Tangaras, les Sucriers 
sont frugivores- et insectivores, mais ils se nourrissent aussi, 
de plus, du nectar des fleurs oii ils recherchent les petits 
insectes. Par là, ils se rapprochent des Souï-Mangas de l'An- 
cien Monde auxquels la plupart d'entre eux ressemblent d'ail- 
leurs par la forme. Tous- les Sucriers sont de petite taille ; 
leur queue est assez courte, leur bec mince, souvent long et 
recourbé ; leur langue présente un pinceau à son extrémité. 

Ils construisent des nids en forme de bourse. 

J'ai souvent observé des Sucriers dans leur patrie, soit aux 
Antilles, soit au Venezuela ou aux Guyanes. Ce sont des Oi- 
seaux arboricoles, qui fréquentent les jardins ou les forêts, 
souvent en compagnie des petits Tangaras. Ils animent déli- 
cieusement les lieux où ils se trouvent. On les capture faci- 
lement au trébuchet ou à la glu. Les Sucriers vivent bien 
en captivité, soit en cage, soit en volière. On est mêm.e arrivé 
à faire reproduire l'un d'eux, le Guit-guit Saï (Cyanerpes 
cyaneus). On doit les chauffer en hiver. On peut les conserver 
avec la nourriture que l'on donne aux petits- Tangaras, mais 
les meilleurs résultats s'obtiennent en leur donnant de la 
crème à Souï-Mangas, composée d'aliment Mellin, de miel 
et de lait, à laquelle on ajoute des fruits et parfois un peu de 
biscuit à la cuiller. Les Sucriers sont beaucoup moins délicats 
que la plupart des petits- Tangaras. 

Les Sucriers proprement dits (Cœreba) se ressemblent tous. 
Ce sont de très petits Oiseaux au bec recourbé, jaunes et 
noirs, avec un peu de blanc ou de gris ; mâles et femelles 



288 L OISEAU 

sont semblables. On les rencontre dans les Antilles et l'Amé- 
rique tropicale. Ils fréquentent surtout les jardins. 

Le Sucrier jaune (C. Inteola) que l'on importe parfois du 
Venezuela, est de la taille d'un Roitelet. Il est noir, avec le 
croupion et le dessous du corps jaune vif ; les sourcils blancs 
et la gorge grise ; les ailes* sont marquées de blanc. Une 
fois rétabli, ce petit Oiseau est très rustique et passe parfai- 
tement l'été en volière. 

Le Sucrier de la Martinique (C. nuirtinicana) fut importé 
pour la première fois en France, en 191 3, par le marquis 
de Ségur. J'en ai ramené moi-même quelques-uns en 1922. 
Il ne diffère du précédent que par sa taille légèrement supé- 
rieure, la commissure du bec rouge, le menton et les côtés 
de la gorge noirs, avec le centre blanc. On a aussi importé le 
C. flaveola, de la Jamaïque, et le C. chloropygia, que l'on 
trouve depuis les Guyanes jusqu'au Paraguay. De la Jamaïque, 
également, on a importé de temps à autre le filosfiopfila nifi- 
collis, gris bleuté avec les lores noirs et la gorge rousse. 

Les Guit-guits (Cyanerpes) ont de très brillantes couleurs 
bleues. Les mâles ont deux plumages, ressemblant aux fe- 
melles pendant la moitié de l'année.. Ce sont des Oiseaux 
de forêts ; à la Guyane, j'ai observé deux espèces de Guit-guits : 
les Guit-guits Saï se tenaient surtout en bandes nombreuses 
sur les arbres bas de la forêt secondaire ; ils s'y nourrissaient 
de baies ; en février, les mâles étaient en pleine couleur, et 
c'était un spectacle merveilleux que de les voir évoluer, mon- 
trant dans leur vol les taches jaune d'or de leurs ailes. Les 
Guit-guits bleus, au contraire, vivent dans la grande forêt, 
sur les hauts arbres, et par petites bandes. 

On importe souvent le Guit-guit Saï (C. cyneus). C'est un 
magnifique Oiseau, d'un bleu de roi superbe, avec le tour des 
yeux, le haut du dos, la queue et les ailes d'un noir de 
velours ; ces dernières sont marquées de jaune d'or ; le dessus 
de la tête est d'un bleu-vert clair et soyeux ; les pattes sont 
rouges ; le bec est long et un peu recourbé ; il mesure 
10 centimères. La femelle et le mâle en éclipse sont d'un vert 
foncé, avec des sourcils blanchâtres et le dessous du corps 
vert clair strié de gris brun. On trouve cette espèce depuis le 
sud du Mexique jusqu'au Brésil. 



LES SUCKIEHS 289 

].e Guit-guit bleu (C. cœnilea) est aussi importé, mais 
moins riéqucmiiienl ; il est d'un bleu plus violacé, avec les 
lores el la goige noirs, ainsi que les ailes et la queue ; les 
patios sont jaunes et ont l'appaieiice de la cire. La femelle et 
le niàle en éclipse sont d'un l)oau vert en dessus, avec les lores 
et la gorge toux ; jaune pâle sliié de vert sombre en des- 
sous. Le r.uit-guit bleu est un peu plus petit et plus r,i 
massé (|Lie le (îuit-guit Saï. On le trouve dans le nord de 
rAmériquo du Sud jusqu'à rx\mazone et au Pérou. 

Le Guît-guit brillant (C. lucidiis) est rarement importé. Il 
habite l'Amérique Centrale. Il ressemble au précédent et n'en 
dilTèic que par sa taille un peu plus forte et ses tons bleus plus 
clairs. 

Le Grand Sucrier à tête noire (Chlorophanes spiza) est as- 
sez fréquemment importé. Le mâle est un superbe Oiseau d'un 
vert d'émeraude, un peu bleuté, avec le sommet et les côtés de 
la tête noirs ; bec jaune et noir ; pattes noires. La femelle est 
entièrement d'un beau vert pré. Cette espèce mesure i3 centi- 
mètres ; on la trouve depuis le Guatemala jusqu'au sud-est 
du Brésil. Elle vit bien en captivité. 

Le Dacnis bleu (Dacnis caynnn) est de taille un peu plus 
faible que l'espèce précédente ; son bec est plus court. Le 
mâle est bleu ciel, avec le front, les lores, la gorge, le haut 
du dos, les ailes et la nucjue noirs ; pattes couleur de chair ; 
la femelle est vert brillant, avec la tête bleue et la gorge grise. 
Ces Oiseaux sont souvent importés et vendus sous le nom de 
« Fauvettes bleues » ou u Fauvettes vertes », suivant le sexe. 
Ils sont plus délicats en captivité que les espèces précédentes. 
Ils liabitent les mêmes régions que les Ouit-guits Saï. 

Une espèce du sud-est du Brésil D. ni(jnj)es. a aussi été im- 
portée ; elle ne diffère de la précédente que par ses pattes 
noires et sa queue plus courte. 

Enfin, M. Goodfellow a importé de l'Equateur une espèce 
du genre Dùilossa, qui se distingue par une taille plus grande, 
une queue plus longue et la forme du bec. qui est assez court, 
plus épais, légèrement recourbé vers le haut et terminé par 
un crochet. 

Le F), pcrsoiiatfi est bleu, avec les ailes. la queue, la face 
et la corce noires. 



LE ROSSIGNOL BLEU 

(Sialia sialis) 

par F. de LAGGER 

Ce bel Oiseau a complètement disparu des catalogues des 
marchands, mais, cette fois, pour une cause connue : la 
prohibition de son importation des Etats-Unis. L'amateur 
passionné déplorera cette absence sans espoir de retour, mais 
le naturaliste épris d'ornithologie ne pourra s'empêcher de 
s'incliner devant l'idée haute d'un pays qui a su comprendre 
que tout se tient dans la nature et que, pour en conserver 
l'admirable harmonie, il faut empêcher la disparition de 
ce qui en est un de ses plus beaux ornements. Il n'en est 
pas malheureusement ainsi chez toutes les nations où l'on 
ne sait, au contraire, que détruire. Aussi voyons-nous dis- 
paraître peu à peu bien des espèces d'Oiseaux, dont le Ros- 
signol, qui n'existe pour ainsi dire plus dans ma région. 

L'apparition sur le marché du Rossignol bleu doit dater, si 
mes souvenirs sont exacts, de igoi ou 1902. Il figura surtout 
d'abord sur les catalogues des marchands anglais, tels que 
Abrahams et .Tamrach, puis il arriva en abondance, à tel point 
qu'on le trouvait chez de vagues oiseliers de l'Ouest qui l'of- 
fraient à tout venant. Chose curieuse, il ne parvint à Bordeaux, 
où se trouvaient cependant des maisons sérieuses et bien 
achalandées (celles de Fontana et Casartelli) qu'après avoir 
figuré chez les marchands de second ordre. 

J'acquis mon premier couple chez un de ces derniers, à 
la suite d'une annonce parue dans le journal L'Acclimata- 
tion, pour la modique somme de 2.5 ou 3o francs, A la suite 
de cette commande, je reçus une petite boîte grillagée, d'où 
sortit un Oiseau en assez bon état, dont les couleurs, l'as- 
pect, l'œil grand, me plurent infiniment, puis un autre à 
plumage moins brillant : c'était la femelle. Mais celle-ci 
avait une patte complètement de travers et était infirme. 

Je renvoyai cette femelle et pour en finir avec ce marchand 
marron, je lui en payai une autre et lui" abandonnai l'éclopée. 
Ces deux Oiseaux, soustraits à leur mauvais régime de choux 



LE ROSSIGNOL BLEU 201 

hachés et de chènevis écrasé, se remirent très vite et, je pus 
admirer ainsi le màlc si joli dans son plumage bleu et mar- 
ron, à la tenue un peu verticale, à l'aspect digne d'un petit 
rentier cossu. 

Quelque temps après, il m'en parvint un autre couple de 
Bordeaux. Ces Oiseaux furent mis en liberté dans deux 
grandes volières, vers le mois de mai. Ils s'habituèrent vite 
à leur nouveau genre de vie ; le soleil, l'extérieur les atti- 
raient ; ils se baignaient fréquemment, allaient souvent à la 
mangeoire où ils trouvaient diverses pâtées, des fruits et diffé- 
rents insectes que -l'on jetait sur le sol trois fois par jour. 
Au sujet des insectes, qu'il me soit permis d'indiquer le pro- 
cédé que j'avais adopté pour capturer ceux que l'on trouve 
surtout en abondance lorsque les prairies n'ont pas encore 
été fauchées. J'avais fait confectionner, avec une tige de fer 
de la grosseur du petit doigt, un cercle de 60 centimètres de 
diamètre, dont les deux bouts, en se rejoignant, étaient réu- 
nis ensemble et redressés perpendiculairement au cercle dans 
le même plan ; le tout était fixé à une tige de bois assez 
forte, d'environ 70 centimètres, qui servait de manche. On 
adaptait autour de ce cercle un sac de toile de 70 centimètres 
environ de profondeur, puis un autre, moitié moins profond ; 
celui-là avait im trou dans le fond, muni d'une coulisse ; 
le tout était fortement cousu autour de ce cercle. Avant 
d'opérer, on s'assurait que la coulisse du premier sac n'était 
pas complètement serrée et qu'il existait un passage de 5 à 
6 centimètres de diamètre. 

Cela fait, on était armé ; on pénétrait dans les prairies 
en prenant le manche de bois de l'appareil par son extré- 
mité avec la main droite, de façon à tenir le cercle perpen- 
diculairement au sol et à faucher la tige des herbes à envi- 
ron 10 centimètres de leur extrémité. Puis, tout en mar- 
chant, on ramenait son bras le plus en arrière possible, en 
tenant l'appareil dans la position indiquée. On lui faisait 
alors décrire un vigoureux cercle autour de soi. en fauchant 
les herbes à a hauteur indiquée. Arrrivé à fin de -course sur 
la gauche, on rattrapait prestement l'appareil avec la main 
de ce même côté, on le retournait de façon à ce que son 
orifice soit face au nouveau cercle que l'on allait faucher 
vers la droite tout en marchant rapidement. Et ainsi de suite 
jusqu'au moment où l'on pouvait supposer que la récolte 



292 L OISEAU 

était suffisante. Par suite de la vitesse imprimée, les sacs 
se maintenaient tendus, les insectes étaient ainsi projetés vio- 
lemment sur le fond du premier sac et de là dans le second, 
d'où ils ne pouvaient plus- sortir une fois que la récolte avait 
cessé. On ramenait ainsi une quantité incroyable d'insectes 
de toutes sortes : araignées vertes et autres, petites chenilles 
vertes, stégomias, cousins, etc., le tout mélangé à un amas 
de petites graines, de fleurs, etc. Arrivé dans la volière, on 
dénouait la coulisse du premier sac, ce qui permettait, en 
retournant l'appareil, de laisser tomber sur le sol le contenu 
du second. 

Il est inutile d'indiquer qu'on ne pouvait se servir de cet 
appareil par temps de pluie, les sacs en toile se raidissant 
au contact de l'eau, et qu'on devait se munir d'une paire 
de forts gants pour éviter les piqûres des abeilles qui se 
trouvaient toujours parmi ces bestioles grouillantes. On peut 
opérer de cette même façon pour capturer les gros criquets, 
en août, sur les Causses, et si l'année est favorable, on peut, 
en quelques heures, en rapporter des quantités incroyables. 

(A suivre.) 



MEDAILLES 

Deux médailles d'élevage (argent) sont décernées à M. W. 
Shore-Baily pour le premier élevage en Europe de la Per- 
ruche d'Azara, de Colombie, et du Moineau de Benguella. 

ËLEVAGE DE LA PERRUCHE D'AZARA 

Pyrrhura chiripepc (Vieil.) 
Par W. SHORE-BAILY 

Ma première rencontre avec cette petite Perruclie eut lieu 
dans la boutique d'Hayter, à Southampton. Quand je vais 
dans cette ville, j'ai toujours l'iiabitude de passer chez Hayter, 
et un beau matin du printemps de 1922, j'eus le plaisir de 
voir qu'il venait de recevoir un lot de Perruches de l'Amé- 
rique du Sud. Il y avait plusieurs espèces mélangées et, panni 
elles, trois ou quatre couples des Oiseaux dont je m'occupe 



ÉLEVAGli DE LA PERRUCHE d'aZARA 298 

ici. Après quelqu'hé^^•ilalion, j'en pris quatre. Comme chez 
la plupart des Conures, les sexes sont semblables et je ne 
savais si j'avais bien pris des couples. Cependant, après les 
avoir lâchées dans une volière munie dun bon abri, je cons- 
tatai qu'elles s'entendaient bien et je crus que c'était des 
jeunes de l'année. 

Après quelques mois, l'une d'elles mourut et je pus alors 
examiner complètement son plumage. J'en conclus que c'était 
une Perruche perlée (P. peiiaia), bien que sous deux ou trois 
aspects elle différât de la description donnée dans l'ouvrage 
de M. Seth-Smith. 

A l'automne, je rentrai les trois survivantes ; j'étais main- 
tenant convaincu d'avoir un vrai couple, car deux d'entre 
elles restaient toujours ensemble et chassaient la troisième 
quand elle essayait de s'approcher. 

A la fin de l'automne, j'obtins d'un amateur une autre de 
ces Perruches. On me la décrivait comme Pen-uche de Lu- 
cien, mais elle ne différait de mes Oiseaux que par sa taille 
légèrement supérieure, ce qui était probablement dû à l'âge, 
car c'était un vieil individu. Il me fut impossible de le laisser 
avec les autres ; il les aurait tués. Finalement, je le perdis. 
Peu après, je perdis l'une des autres Perruches et envoyai 
sa dépouille au Muséum de Londres, demandant de l'iden- 
tifier ; on me répondit que c'était la Perruche d'Azara, 
de Colombie, et qu'elle était probablement importée pour 
la permière fois. 

Mes deux dernières Perruches constituaient une paire ba- 
tailleuse, et je craignais qu'elles ne fussent du même sexe. 
Je leur donnai cependant une bûche qu'elles occupèrent 
rapidement, et on les vit peu pendant les trois ou quatre 
mois qui suivirent. L'inspection périodique de la bûche ne 
révélait aucun œuf, et j'étais convaincu d'avoir deux mâles. 
Aussi, en les sortant en volière au printemps, je ne prenais 
que peu d'intérêt à leur avenir. Toutefois, en allant aux 
volières, à la fin de mai, je regardai par hasard dans la 
bûche et, à ma surprise, je trouvai les Perruches couvant 
cinq œufs. Là-dessais. je partis en vacances, avec l'espoir 
qu'un nouveau succès viendrait récompenser nos efforts dans 
les volières de Boyer's House. 

A mon retour, le 2 juin, la femelle couvait encore, mais 
deux jours plus tard, un unique jeune était éclos, les quatre 



294 l'oiseau 

autres œufs étant clairs. Ceci porte à trente jours environ la 
durée de l'incubation. 

Le jeune, venant d'éclore, était nu et le resta près d'une 
quinzaine, après laquelle des zones emplumées commencèrent 
à se montrer. L'emplumement est lent ; je ne constatais que 
de légers progrès à chacune de mes inspections hebdoma- 
daires. Le corps, cependant, grossissait bien, et à cinq se- 
maines, il était presqu 'arrivé à s-a taille définitive. A ce mo- 
ment, toutes lés plumes que l'on pouvait voir étaient celles 
des ailes et de la queue et dune petite tache au sommet de 
la tête. 

Le 7 août, j'eus la visite de notre collègue le D"" Amsler, 
et nous regardâmes ensemble le jeune au nid. Le lende- 
main, il l'avait quitté et il y avait grande émotion dans ia 
volière. Bien que son dos fut encore sans plumes et seule- 
ment couvert de duvet, il volait très bien. La nuit, il rentrait 
à la bûche. 

Le lo août, M. Seth-Smith vint me voir et je pus lui mon- 
trer les parents et le jeune. A la fin d'août, ce dernier était 
tout emplumé et indépendant de ses parents. C'est fort amu- 
sant de le voir tenir dans sa patte une grosse pomme, dont il 
est très friand. Je crois qu'il ferait un compagnon familier 
si on le tenait en cage. 

ÉLEVAGE DU MOINEAU DE BENGUELLA 

Passer jagoensis (Gould) 
Par W. SHORE-BAILY 

Ce Moineau, rarement importé, est le plus gros des Moi- 
neaux que j'aie possédés, dépassant même en taille le beau 
Moineau du Cap (Passer arcuatus). 

Ces Oiseaux me furent envoyés pour des Tisserins Mahali, 
mais comme j'en avais alors un beau mâle dans mes vo- 
lières, je savais qu'ils ne pouvaient pas appartenir à cette 
espèce. C'est aux autorités du Muséum que je dois leur déter- 
mination. 

Très tôt en avril, ces Moineaux se mirent à nicher, se 
servant de la boîte et, en fait, du nid même où les Moineaux 
du Cap avaient élevé des quantités de jeunes l'année dernière. 
Comme il était trop tôt en saison, j'enlevai les œufs pour 



ÉLEVAGE DE LA PERRUCHE D AZARA 203 

ma collection. La femelle pondit vite mais les œufs furent 
à nouveau clairs ; à cette époque, nous avions des vents 
froids qui affectaient la fertilité des œufs de la plupart des 
Oiseaux. 

Après ces deux insuccès, les Moineaux se reposèrent, mais 
ils nichèrent de nouveau pendant que j'étais en vacances, 
et à mon retour, je trouvai deux jeunes nouvellement éclos. 
Ils poussèrent bien, nourris par les parents de tous insectes 
que je pouvais leur donner et de pain au lait ; ils restèrent 
longtemps au nid, probablement trois semaines, et quand ils 
le quittèrent, se cachèrent dans un épais buisson,, de sorte 
que je ne pus les- voir à mon aise ; je remarquai seulement 
qu'ils avaient pas mal de blanc aux ailes et à la queue. 

Après quelques jours, les parents cessèrent de venir cher- 
cher des insectes et la femelle pondit de nouveau ; j'en 
conclus que les jeunes étaient morts, mais ne trouvai pas 
leurs cadavres ; ils avaient probablement été pris par un 
rat qui fut attrapé plus tard dans la volière. 

Douze jours plus tard, le 20 juillet, trois jeunes Moineaux 
naquirent et je recommançai à donner aux parents des osticots 
et des vers de farine ; je crois que les vers de farine seuls 
sont trop nourrissants. Les parents les nourrissaient bien 
mais une semaine après, il n'y avait plus que deux jeunes 
dans le nid, et un autre disparaissait quelques jours- plus 
tard ; le troisième, profitant de tous les insectes que ses 
parents pouvaient attraper et de ceux que je leur donnais, 
grossit vite et je m'attendais à le voir voler de jour en jour. 
Je suppose, cependant, qu'il trouvait son nid confortable, 
car il ne le quitta que le i,> août, juste une semaine plus 
tard qu'un jeune Chanteur d'Afrique éclos le même jour 
que lui. 

Deux jours plus tard, j'avais reçu la visite du docteur Hop- 
kinson et nous avions tiré le petit du nid pour l'examiner ; 
il me dit qu'il n'avait pas rencontré cette espèce en Gambie. 
Le jeune différait considérablement de ses deux parents. Il 
avait le dessus de la tête, la nuque et le dos gris-brun, les 
plumes des oreilles brun noirâtre, une tache de même cou- 
leur à la gorge, les parties inférieures blanc sale, les ailes 
blanches, sauf le bout des rémiges et une étroite bande brunes 
au travers des couvertures, la queue brune avec une large 
barre blanche. .T'imagine que cette couleur des ailes et de 



296 



r. OISEAU 



la queue est anormale, bien que deux des trois jeunes Moi- 
neaux du Cap, que j'élevai l'an dernier, lussent marqués 
d'une façon très semblable. 

Voici la description des adultes : 

Mâle. — Couronne, cou, dos et croupion châtain vit' ; joues 
et côtés de la gorge blanc sale ; ligne derrière l'œil, menlon 
et gorge noirs ; 

Femelle. — Plus' terne, gris-brun sur la tête et le dos au 
lieu de châtain et la tache de la gorge moins foncée. 

Je crains que mon jeune ne soit un mâle, mais seul le 
temps pourra décider. Il est fort joli au vol, avec ses ailes 
blanches, et n'est pas sans ressembler à un Bruant des neiges. 



CHRONIQUE ORNITHOLOGIOUE 

M™" Lécallier vient de recevoir de fort beaux Oiseaux : plu- 
sieurs Faisans nobles ; des Pigeons à tête blanche, des Co- 
lombes à tête bleue et Geotryg'on chijsia, de Cuba ; des Loris 
musqués et de Swainson ; un couple d'Oiseaux cà berceaux. 
Mais sa plus belle acquisition est un couple de ravissants 
Pigeons carpophages du nord de l'Australie : Ptilopus sii- 
perbiis. D'assez petite taille, le mâle est d'im vert foncé bril- 
lant avec des taches bleu vert sur les ailes ; le sommet de 
la tête est d'un violet pourpré, les côtés et l'arrière du cou 
d'un roux rosé ; le menton, les joues et la poitrine gris perle, 
cette dernière bordée par une bande noire. La femelle est 
verte avec le sommet de la tête bleuâtre. 



M. .1. Delacour partant en mission pour l 'Indo-Chine, toute 
correspondance concernant l'Ornithologie devra être adressée 
désormais à M. ,1. Berlioz, 6, rue Petrelle, Paris (9"). 



L' Imprimeur-Gérant : G. LANGLOIS. 

CHATEAUROUX. — IMPRIMERIE LAiNGLOIS 



LES 0ISEAUX 



CHAPITRE XII 



LES FRINGJLLES 

par le D^ Arthur G. BUTLER 

Le seul caractère par lequel les véritables Passereaux (Frin- 
gillidés) se distinguent des Ploceidés, c'est que leur dixième 
rémige primaire est plus courte que les couvertures ; et ce 
n'est pas là une distinction bien convaincante quand on sait 
combien cette petite plume varie chez les différentes espèces ; 
cependant, à cause du manque d'autres caractères de struc- 
ture bien fixes, on doit l'accepter, par commodité, pour sé- 
parer ces deux vastes groupes (i). 

De la famille des Passereaux (Fringillidœ) , la sous-famille 
des Frin0illinx ou Fringilles, est considérée comme la plus 
normale, avec le Pinson comme type. 

Sharpe (Catalogue of Birds, vol. XII) observe : 

« La ligne de démarcation entre les Fringillidœ et les 
Tanngridœ semble très arbitraire » et Sclater (vol. XI) admet 
que les Tangaras sont très proches parents des Passereaux, 
tandis que M. Ridgway y transfère certains genres, parce 
qu'ils possèdent dix rémiges primaires. En tous cas, je ne 
vois pas bien comment le caractère dentirostral de la mandi- 
bule supérieure distingue les Tangaras des Pinsons, dont le 
bec se termine par une « dent » petite, mais visible. 

Si des modifications si mal définies dans la conformation 
du bec sont suffisantes pour séparer les familles, pourquoi 
n'attribue-t-on aucune importance à l'extraordinaire modi- 
fication du bec des Becs-croisés ? 

Dans un article publié dans VAviculturol Magazine, j'ai 

(i) Autrefois, on affirmait que la rémige primaire bâtarde n'existait pa 
dans certaines familles (erreur due à ce qu'on ne la cherchait pas), et on 
distinguait les Oscines à g et à lo primaires. 

l'oise.w. — 1923. — n I 



298 l'oiseau 

avancé que la façon de nicher des différentes espèces, qui a 
probalement une origine plus ancienne que de légères modi- 
fications extérieures, devrait entrer en ligne de compte pour 
décider de l'affinité des genres et des espèces, et j'ai montré 
que l'espèce typique de Passer, genre classé dans les Fringil- 
linse, se rapprochait des Tisserins par son mode de nidifi- 
cation : le P. arcuatus, d'après Stark, non seulement bâtit 
un nid couvert, mais niche en communauté comme le Tis- 
serin sociable. Notre Friquet est une exception, nichant dans 
les trous des arbres et des talus : c'est cependant une espèce 
plus légère et plus* vive que le type du genre et ses voisins ; 
les sexes sont semblables et rappellent les Moineaux chan- 
teurs du Nouveau-Monde ; et ce fait semble avoir frappé un 
Moineau Chanteur Chingolo, dans ma volière, qui s'est ac- 
couplé avec une femelle de Friquet, malheureusement sans 
résultat. 

Bien que les mœurs des Oiseaux doivent être considérées 
pour la classification, il ne faut cependant pas y attacher une 
trop grande importance, car elles sont toujours sujettes à 
modifications d'après les goûts et les commodités des 
Oiseaux : ainsi, j'ai dans ma collection le nid d'un Moineau 
ordinaire qui ressemble un peu à un nid de Canard et a été 
pris dans la fourche d'une épine ; les œufs sont singulière- 
ment gros et de couleur bizarre. D'autre part, les amateurs 
auront remarqué combien les Oiseaux, gardés en captivité, 
s'adaptent parfois à des conditions entièrement différentes de 
celles qu'ils rencontrent en liberté. 

En résumé, faute d'une meilleure classification, il faut re- 
venir à celle exposée au début de ce chapitre. 

Les Fiingillînœ sont donc des Oiseaux qui, pour la plu 
part, construisent des nids découverts en forme de coupe, 
bien que quelques-uns édifient des berceaux recouverts d'un 
dôme ; au début, ils nourrissent leurs petits du contenu de 
leur jabot, plus tard d'insectes, d'araignées et de mille-pattes-, 
parfois de petits v€rs. Les adultes ne mangent pas seulement 
de ces insectes, mais se nourissent de verdure, de baies, de 
fruits et surtout de graines. Ils- varient beaucoup de tempé- 
rament, certains étant farouches, méchants et difficiles à 
apprivoiser, alors que d'autres sont doux, confiants et s'habi- 
tuent vite à la captivité. 



LES FRINGILLES 399 

Etant surtout granivores, les véritables Passereaux sont 
faciles à nourrir, mais il faut choisir avec discernement les 
graines qui conviennent aux différentes espèces, alpiste, mil- 
lets variés, avoine, chènevis, navette, cardère, etc.. 

Ce sont tous de bons Oiseaux de volière, vigoureux et résis- 
tants, disposés à se reproduire ; les mâles des espèces chan- 
teuses sont d'excellents Oiseaux de cage. 



I. — LES PINSONS 

Les Pinsons sont plus insectivores que beaucoup d'autres 
Passereaux et commencent à donner à leurs jeunes de la nour- 
riture non digérée avant qu'ils ne quittent le nid ; on peut les 
conserver quelque temps en ne leur donnant que du grain 
— alpiste, avoine, millet, navette et chènevis — mais ils 
vivent mieux quand on leur donne des insectes, des arai- 
gnées et de la verdure. A terre, ils marchent ou courent ; 
leur chant est fort et bref, finissant généralement par une 
double note ; leur cri de peur est aigu, plus ou moins répété. 

Le Pinson ordinaire (Fringilln cœlebs) et le Pinson des Ar- 
dennes (F. JVonfifrinfjiUa) sont bien connus de tous, et peut- 
être le seul fait qui éc|jappe, c'est que le jeune Pinson, nourri 
au nid, hoche la tête de côté et d'autre, de sorte qu'élevé à 
la main, il est presqu 'impossible de ne pas le barbouiller de 
nourriture. 

Le Pinson bleu (F. feydea) est le plus gros et le plus com- 
battif du genre ; la couleur dominante du mâle est le bleu 
ardoisé, mais il est taché de blanc aux ailes et au ventre. 
Chez la femelle, le bleu est remplacé par du brun olivâtre. 
Des exemplaires vivants de ce rare Oiseau ont été ramenés par 
M. Meade-Waldo et aussi, je crois, par M. Scott B. Wilson. 
Il habite l'île de Ténériffe. 

Le Pinson de Madère (F. ?naderensis) est moins remar- 
quable ; le mâle, en dessus, est gris ardoisé devant et jaune 
verdâtre en arrière, avec les com^ertures de la queue grises ; 
ailes et queue gris foncé, les ailes tachetées de blanc et bor- 
dées de jaunâtre ; les côtés de la tête, les lores, la gorge et la 
poitrine sont fauves, le menton plus pâle ; reste du dessous 



3oo l'oiseau 

du corps gris. Les femelles sont plus ternes et plus olivâtres, 
la teinte fauve étant remplacée par du gris. Abrahams importa 
quelques Oiseaux de Madère, en iSgS, et m'en offrit un 
couple ; ils me parurent plus familiers et moins nerveux que 
l'espèce d'Europe ; leur chant est plus fort et leur cri 
d'alarme répété quatre ou cinq fois, quand notre Pinson ne 
l'émet qu'une ou deux fois. Le Pinson des Canaries, qui est 
importé de temps à autre, n'est qu'une sous-espèce du pré- 
cédent. 

Le Pinson d'Algérie (F. spodiogenys) est une charmante 
espèce avec le menton et les lores noirs, le reste de la tête, 
la nuque, les scapulaires et les couvertures supérieures de la 
queue gris ardoisé ; le dos et le croupion veits ; les' ailes et la 
queue noires liserées de blanc et de jaunâtre ; le dessous du 
corps et la gorge sont rose vineux. La femelle ressemble à 
celle du Pinson ordinaire, mais est plus petite, a pins de 
blanc aux ailes et est plus grise en dessus. Ce Pinson niche 
ordinairement de 2 m. -50 à ,5 mètres de hauteur ; son nid et 
ses œufs sont un peu plus volumineux que ceux du Pinson 
ordinaire. 



n — CHARDONNERETS ET TARINS 

J'ai toujours considéré le Chardonneret comme le plus 
beau de nos Oiseaux et. pendant de longues années, j'en ai 
toujours possédé dans mes volières ; les Tarins, cependant, 
sont, à mon avis, de meilleurs chanteurs et montrent sûre- 
ment plus de familiarité. 

La meilleure nourriture pour ces Oiseaux consiste en alpiste, 
navette, chénevis, chardon, cardère et moa, en herbes fleu- 
ries et en toutes sortes de chardons, séneçons, etc.. 

Le Chardonneret d'Europe {Cardiielis elegans) est trop 
connu pour être décrit ; il varie beaucoup de taille, et j'ai 
vu des exemplaires presqu 'aussi gros que des Chardonnerets 
de Sibérie (G. major), qui sont plus grands et plus brillants. 
La femelle est un peu plus petite que le mâle, moins agile ; 
son bec est peut-être un peu moins droit, le rouge de la face 
plus étroit, le blanc des joues et du dessous plus teinté de 



Société Nationale d'Acclimatation 
"L'OISEAU'' 



. XVIIl 

1923 




LES FRINGILLES 30l 

brun, le croupion et les ailes franchement plus bruns ; la 
bande jaune de l'aile est plus étroite et jaune pâle au lieu 
de jaune d'or chez les adultes. Lâchés dans une grande vo- 
lière le jour de leur capture, j'ai trouvé les Chardonnerets 
indifférents à ma présence, alors que des Oiseaux en cage 
restaient alors très sauvages pendant quelque temps. Cette 
espèce s'élève sans 'difficulté en captivité. 

Le Chardonneret oriental (Carduelis caniceps) diffère du 
précédent par l'absence de noir sur la tête et de blanc sur 
la nuque ; la bande rouge est plus- réduite, le bec plus pointu 
et les rémiges secondaires bordées de blanc. Il a les mêmes 
mœurs que le Chardonneret d'Europe. On le trouve dans 
l'Himalaya. 

J'estime que les Yerdiers (Chloris) doivent être placés dans 
les F ringillinse , non seulement parce qu'ils se rapprochent des 
Chardonnerets par la couleur de leurs ailes et des Serins 
à gros bec {Serimis albigularis et -S. sabpleuratiis) par leur 
genre de bec, mais encore parce qu'ils se croisent volontiers 
avec les Passereaux typiques et que les hybrides obtenus, 
parfois fertiles, sont parfaitement intermédiaires de cou- 
leur (i). Je suis certain, lorsque l'ensemble des espèces con- 
nues de Fringillidés aura été étudie dans son anatomie, que 
la sous-famille des Coccothraiistînie devra être considérable- 
ment réduite. 

Le Yerdier de Chine (Ligarinus siniciis) est parfois importé. 
Il est plus petit que le Verdier ordinaire et d'une couleur 
générale brun chocolat teinté de vert olive ; ses ailes- res- 
semblent à celles du Chardonneret. 

Le Tarin d'Europe (Spinus spimis) est le plus familier des 
petits Passereaux et on arrive à le faire manger dans la main 
trois ou quatre jours après sa capture (c'est tout au moins mon 
expérience personnelle, mais la plupart des Oiseaux, deviennent 
vite familiers- avec moi). Le nid du Tarin, comme celui du 
Chardonneret, est une jolie petite coupe, jolie et bien tressée ; 
les œufs petits, au nombre de cinq à six, sont généralement 

(0 Leur chant, en dehors de la note terminale de défi qui rappelle celle 
du Pinson des Ardennes, ressemble à celui d'un vigoureux Serin ordinaire; 
leurs œufs aussi, quoique plus gros, sont très semblables. En Picardie, on 
appelle le Verdier « Serin bâtard ». 



3o2 l'oiseau 

bleu verdâtre, tachetés et pointillés et quelquefois barrés de 
brun sombre. Les nids sont souvent placés sur les hautes 
branches des pins et des bouleaux. 

Le Tarin d'Amérique ou Serin triste (S. tristis) pré- 
sente la particularité d'un plumage saisonnier ; en été, le 
mâle est jaune vif, avec le front et le dessus de la tête noirs, 
les ailes et la queue variées de noir et de blanc, les couver- 
tures supérieures de la queue blanches. La femelle est vert 
olive, avec les ailes et la queue variées de brun foncé et de 
blanc et les couvertures gris clair. En hiver, le mâle perd le 
jaune de son plumage et sa calotte noire, qui sont remplacés 
par du vert olive teinté de brun, surtout sur le dos ; il garde 
l'épaule jaune ; la femelle devient d'un brun grisâtre. Le nid 
et les œufs de cet Oiseau ressemblent à ceux du Chardonneret 
d'Europe. Sa nourriture préférée est la graine de chardon 
et des autres composées, mais en hiver il vit surtout de graines 
de sycomore ; il fait une couvée par an. Ce Tarin est moins 
souvent importé qu'autrefois, à cause des mesures prises pour 
la protection des Oiseaux aux Etats-Unis, son pays d'origine. 
Je ne l'ai pas entendu chanter, mais on dit que son chant 
ressemble un peu à celui du Canari. 

Le Tarin de Yarrell {Spinus yarrelli) est un Oiseau brésilien 
rarement importé, mais qui a été en la possession de plusieurs 
amateurs ; il est jaune vif en dessous, olive en dessus, avec les 
ailes et la queue marquées de noir et un capuchon noir sur la 
tête. 

Les espèces américaines suivantes, ressemblant aux précé- 
dentes, ont été importées : les Tarins de l'Arkansas (S. psal- 
trid), de Colombie (S. columhiana) ; puis des Oiseaux noirs, 
avec du jaune aux lores, au croupion et au ventre : les Tarins 
à ventre jaune (S. xanthogastrà) , à croupion jaune (.S. uro- 
pygialis) ; puis le Tarin à tête noire (S. icterinà), un excellent 
chanteur dont je rapportai un spécimen d'Argentine, en 
1893 ; malheureusement, c'est un Oiseau délicat, et le mien, 
comme les autres importés, ne vécut pas longtemps. 

Vient ensuite le Tarin rouge du Venezuela (.S. cucuUata) ; 
c'est la plus jolie espèce de la famille ; sa taille est très pe- 
tite ; il se reproduit en volière, mais est délicat à l'arrivée ; 
une fois acclimaté, il Adt parfaitement ; le mâle est rouge 
vermillon avec la tête noire, les ailes et la queue marquées de 



LES FRIJNGILLES 3o3 

noir ; la femelle est gris cendré, avec les ailes et la queue 
mêlées de noir ; sur les ailes et sur la poitrine, elle présente 
une teinte rouge pâle ; le Tarin des pins (S. pinus) de l'Amé- 
rique du Nord, de plumage terne, mais de voix mélodieuse. 
Le Tarin totta (S. totta), de l'Afrique du Sud, est assez som- 
bre, mais a été beaucoup plus fréquemment importé que l'es- 
pèce américaine, bien que son chant soit inférieur, et que 
Stark et Sclater considèrent comme plus proche parent des 
Serins que des Tarins. Enfin, l'espèce indienne (S. spinoî- 
des), que Hume trouve ressembler au Verdier, est parfois 
importée. 



m — LES SERINS OU CANARIS 

Les Serins sont connus comme de bons chanteurs, mais ils 
diffèrent beaucoup les- uns des autres par la qualité de leur 
voix; ils sont faciles à nourrir : alpiste, millet, navette, gruau, 
un peu de chènevis, avec du mouron, du séneçon et, quand 
ils nichent, un peu de pâtée d'insectes ou d'œufs ; voilà tout 
ce qu'ils demandent. A l'état naturel, ils construisent des nids 
en coupe bien tapissés, sur un buisson ou un arbre fruitier ; 
mais en captivité, ils se contentent d'une boîte ou d'un pa- 
nier suspendu au mur. Par nature, ils sont moins confiants 
que les Tarins, bien que, lorsqu'ils sont élevés à la main, ils 
deviennent, comme beaucoup d'autres Oiseaux, très privés. 

Le Cinl (Serinus hortiilanus) , qui n'est peut-être qu'une 
sous-espèce du Serin sauvage, habite le sud de l'Europe et les 
pays méditerranéens. Il s'étend de plus en plus vers le Nord. 
Son plumage est varié de jaune, de vert olive et d.e gris. Il se 
croise facilement (et donne des hybrides féconds) avec le 
Canari domestique. Son chant se rapproche de celui du 
Tarin. 

Les Canaris domestiques descendent du Serin des Canaries 
(S. canarius) qui ressemble au Cini, mais est moins jaune et 
plus uniforme de ton ^ 

Les Serins importés d'Afrique sont bien connus des ama- 
teurs : 



Soi l'oiseau 

Le Serin de Mozambique (S. îcterus) est un petit Oiseau 
jaune, avec le dos, la nuque et le dessus de la tête gris oli- 
vâtre ; les ailes et la queue marquées de noir ; deux bandes 
gris foncé partent Tune du milieu du bec, l'autre de la base 
du bec ; chez la femelle, les deux bandes inférieures se rap- 
prochent sur la gorge. Ces Oiseaux sont communs dans toute 
l'Afrique au sud du Sahara ; la forme du Sénégal {S. hart- 
laubi) est constamment importée. 

Le Serin de Mozambique est plus querelleur que la plupart 
de ses congénères ; il est facile de l'amener à construire son 
nid et à pondre, mais je n'ai jamais réussi à l'élever ; les 
œufs crèmes et tachetés disparaissaient rapidement et je 
crois que le mâle les dévorait. Son chant est fort, brillant et 
court, mais inférieur à celui de quelques autres Serins. 

Le Serin de Sainte-Hélène (S. flaviventris) est un très- bel 
Oiseau, qui ressemble à un très gros' Serin de Mozambique, 
dont le jaune serait plus vif et plus doré ; la femelle est 
beaucoup plus grise. On le trouve au Cap. Il a un chant mé- 
lodieux et fort qui rappelle un peu celui de l'Alouette. 

Le Serin soufré (S. siilphiiratus) est un proche parent du 
précédent, à forme plus lourde avec le dessus du corps vert 
olive ; il est commun en Afrique du Sud et plus au nord, 
dans l'Est Africain. Il a un bec puissant, mais est très pai- 
sible envers ses compagnons de volière. Celui que j'ai pos- 
sédé chantait très peu, et sa voix était insignifiante, mais 
Stark et Russ parlent avec enthousiasme de son chant. En 
liberté, ce Serin niche habituellement sur un buisson bas ; ses 
œufs ressemblent à ceux des autres Serins et varient de tons. 

Le Serin du Cap (S. camcollis) est un autre Oiseau ra- 
massé, jaune, avec le dessus du corps vert grisâtre, la nuque 
et les côtés du cou gris ; il a un joli chant, que Russ com- 
pare à celui de l'Alouette, mais qui, à mon avis, ressemble 
plus à celui du Canari saxon. Mon spécimen n'était pas que- 
relleur. 

Le Serin à gorge blanche (.S. albiguJaris), qui vient égale- 
ment de l'Afrique du Sud, est le plus lourd et le moins inté- 
ressant des Serins ; on dit cependant qu'il a une jolie voix. 
Sa couleur dominante est le brun ; le croupion est jaune 
olive, la gorge et le milieu du ventre blancs. II a un bec 
puissant et pince fortement. 



LES FRINGILLES 3o5 

Le Serin à croupion jaune (S. angolensis) est un charmant 
petit Oiseau, des mêmes régions, que je n'ai malheureusement 
jamais possédé ; il ne diffère du Chanteur d'Afrique, qui est 
bien connu, que par son croupion jaune, des taches jaunes 
dans l'aile et son front brunâtre. On dit que son chant sur- 
passe celui de son congénère gris, ce qui semble incroyable. 
■ Le Chanteur d'Afrique (S. leucopygius) a toujours été mon 
préféré, non seulement à cause de son chant délicieux, res- 
semblant à celui de l'Alouette, qu'il répète à courts inter- 
valles, du matin au soir, mais encore de son incessante acti- 
vité, de son vol gracieux et de sa couleur discrète. Il est 
entièrement gris pâle, avec le croupion blanc. Deux ou trois 
mâles, dans une même volière, s'amusent à se provoquer et 
à chanter tout le temps, sans .se faire aucun mal. 

Le Serin asiatique (.S. pudllus) est brun noirâtre en dessus, 
avec les plumes bordées de jaune ; les couvertures supérieures 
de la queue sont blanc cendré, le front rouge orangé, la poi- 
trine et les côtés du corps jaune vif, tacheté de noir. La fe- 
melle est plus pâle et plus terne.. Cette espèce habite le Cau- 
case, le nord de la Perse, le Turkestan, et hiverne en Asie 
Mineure jusqu'au Liban et dans le nord-ouest de l'Himalava. 
Il niche sur les arbres et rappelle davantage par ses moeurs 
les Tarins que les Serins africains. 

L'Alario (Man'o alario) diffère des .Serins par son plumage 
et son chant. Il ressemble un peu de tons au Capucin trico- 
lore, surtout en dessous ; il a le dos et la queue marron, les 
ailes marron et noir, la tête et la poitrine noires, le dessous 
du corps blanc, ainsi qu'une bande allant de la nuque aux 
flancs. La femelle est variée de brun, de fauve, de marron et 
de noir. Cet Oiseau a une jolie A'oix douce, mais est très inrii- 
t^teur. de sorte que, l'ayant mis avec des Serins et des Linots, 
il substitua rapidement leur chant au sien propre, ce que je 
regrettai. 

IV — LES LINOTS 

Les Linots sont certainement de proches parents des Tarins 
et des Serins. Elevés à la main, ils sont confiants, mais 
seulement tant qu'on ne les associe pas en volière avec d'au- 



3o6 l'oiseau 

très petits Oiseaux ; dans de pareilles circonstances, cepen- 
dant, des Tarins, même capturés adultes, deviennent privés. 
Leurs nids et leurs œufs ressemblent à ceux des groupes pré- 
cédents. 

Le Linot ordinaire (Acanthis cannabiria) est très répandu et 
bien connu. C'est un Oiseau d'un brun châtain, que l'on dis- 
tingue facilement en toutes saisons aux bordures blanches de 
ses rémiges ; elles sont beaucoup plus larges chez le mâle 
que chez la femelle ; l'aspect de l'aile aussi diffère, et, au 
printemps, le mâle sauvage a le front, la gorge et la poi- 
trine carmins, couleur qui manque à la femelle et qui dispa- 
raît plus ou moins complètement après la première mue en 
captivité. Cette espèce est d'humeur douce et s'élève facile- 
ment. Elle est commune dans toute l'Europe, dans le nord 
de l'Afrique et jusqu'au Turkestan. 

Le Linot à bec jaune (^1. flavirdstris) habite les montagnes 
du nord de l'Europe^ Il passe l'hiver en Europe Centrale. On 
le distingue du Linot ordinaire au centre noir des plumes du 
dessus et des côtés du corps, au rose du croupion au prin- 
temps et à son bec jaune. Je le trouve gourmand, égoïste et 
querelleur ; on l'a élevé en captivité. 

Le Sizerin cabaret (.4. rufescens) habite l'ouest de l'Eu- 
rope où il est commun dans le Nord. En dehors de sa taille 
inférieure, on le distingue du Linot ordinaire par sa forme 
plus arrondie et sa queue plus courte ; au printemps, le mâle 
a le front et la calotte roses, les lores et le menton noirs, 
la gorge, la poitrine et le croupion teintés de même nuance. 
Il est de caractère curieux et espiègle ; aussi est-il désagréa- 
ble dans une volière et enclin à troubler les couvées. 

Le Sizerin boréal (.4. linaria) est une forme septentrionale 
un peu plus claire du précédent ; on le trouve dans le nord 
de l'Europe, en Sibérie et au Canada. Il hiverne plus au sud. 

Le Yenturon (,4. citrinella) se distingue par son plumage 
vert olive relevé de jaune, gris à la nuque et sur les côtés. 
Il habite les montagnes du sud de l'Europe, notamment les 
Alpes. 



LES FRINGILLES 807 

La NiveroUe (Montifringilla nivalis) habite les mêmes mon- 
tagnes que le Venturon ; elle est brun châtain sur le dos et 
gris bleuté à la tête, ailes et queue blanc et noir, tache noire 
à la gorge, reste du plumage blanc. Elle est assez rare en 
caare. 



V — LES ROSELINS 

Les Roselins sont de ravissants Oiseaux dans leur plumage 
de liberté, mais malheureusement, comme chez les Linots, 
le carmin de leur robe disparaît après leur première mue en 
captivité et est remplacé par un jaune terne. Leurs nids et 
leurs œufs ressemblent à ceux des Linots. Ils sont familiers 
de nature, et si l'on pouvait se procurer des couples, je 
croirais qu'ils seraient faciles à faire nicher. Comme nour- 
riture, je recommande millet, alpiste, avoine et riz en balle, 
verdure et des chenilles. 

Le Roselin cramoisi (Carpodacus eijthrinus), chez qui la 
couleur dominante est le carmin pour le mâle, eti le brun 
pour la femelle, est une espèce bien connue qui habite le nord 
de l'Europe Occidentale et hiverne généralement dans l'Inde 
et en Birmanie. Il niche dans les buissons et les lianes ; 
son chant est faible et intermédiaire entre celui du Char- 
donneret et celui du Sizerin ; son cri d'appel ressemble à 
celui du Canari. 

Le Roselin pourpre (Carpodacus purpiireus) ressemble au 
précédent ; le vineux et le carmin dominent chez le mâle, 
divers tons de brun avec bordure blanchâtre des plum.es chez 
la femelle. Il habite le nord-est de l'Amérique et niche depuis 
le milieu des Etats-Unis jusqu'au nord. On dit qu'il bâtit 
son nid sur les arbres bas ; son chant est fort varié. Je reçus 
ui) exemplaire de l'Ontario en 1896, mais il avait été endom- 
magé en voyage et ne vécut pas longtemps. 

Le Roselin du Mexique (C. mexîcanus) est un Oiseau plus 
sombre que les précédents ; le mâle est brun de divers tons, 
avec les bordures des plumes des ailes, il a les côtés et les 
flancs fauves, ces derniers striés de brun foncé ; le front, une 
bande au-dessus de l'œil, la face, les joues, la gorge, le bas 
du dos et le croupion carmins ; la femelle n'a pas de rougo 



3o8 l'oiseau 

dans son plumage. Cet Oiseau est un brillant chanteur ; dans 
sa nidification, il est, dit-on, semblable au Moineau, nichant 
dans toutes sortes de trous, de crevasses, de toits, de granges 
ou même les nids des autres Oiseaux. Il est assez souvent 
importé en France et plus facile à obtenir que les autres 
espèces. 

Le Roselin fauve et rose (Propasser rhodochrous) , de l'Hi- 
malaya, a été aussi importé ; il est rose vineux avec les ailes, 
la queue, le dos, l'arrière du cou, le sommet de la tête et une 
bande allant jusqu'à l'œil d'un fauve châtain. 

Le Roselin à ailes lilas {Rhodospiza obsoletà) que Ton a 
importé, se trouve depuis l'Asie Mineure jusqu'en Mongolie. 
Il est fauve pâle, nuancé de gris en dessus avec les couver- 
tures primaires de l'aile rose lilacé ; le mâle a le bec et 
son pourtour noirs, alors que la femelle a ces parties gris 
fauve.. Chez M. Delacour, une feinelle non accouplée a fait 
plusieurs fois son nid et a couvé. 

Le Sipaye (Erythrospiza indicà) est l'Oiseau le plus frap- 
pant du groupe ; la couleur dominante est le rouge écarlale 
brillant chez le mâle ; différents tons de brun, avec des bor- 
dures blanchâtres à de nombreuses plumes chez la femelle. 
Il habite le centre et l'est de l'Himalaya, et fréquente les 
forêts et les buissons. Il siffle avec force. On l'importe rare- 
ment ; d'ailleurs, en captivité, sa belle couleur écarlate se 
change en jaune terne. 

Les Uragues (Uragas lepidus, etc..) sont si rares en captivité 
qu'il est inutile d'en parler longuement. Ils ont un bec court 
et une longue queue ; la couleur dominante, chez le mâle, 
est le rose tendre mêlé de gris argenté. Ce sont des Oiseaux 
chinois. 



VI — LES BEGS-CROISÉS 

Je ne crois pas un instant que les Becs'-Croisés soient des 
Passereaux typiques ; non seulement le caractère de leur 
bec est-îl très aberrant, mais encore leurs pieds et leurs ongles 
adaptés aux habitudes grimpeuses de ces Oiseaux, sont parti- 
culièrement foris. Leurs façons de progresser sur les arbres 



LKS FH1.\GII.LI£S .So() 

et à terre, sont celles des Perroquets, et conime ces derniers, 
ils sont très destructifs, mordant et déchiquetant le bois. Par 
d'autres caractères, bien entendu, ils se rapprochent des Frin- 
gillinés, et les tons rouges des mâles se changent, en captivité, 
en jaune de chrome, comme ceux des Pioselins. Leurs nids 
ressemblent assez à ceux des Bouvreuils, et leurs œufs, à ceux 
de certains Linots en trois fois plus gros. Les vraies affinités 
de ces Oiseaux et de tous ceux du groupe, cependant, ne pour- 
ront être établies avec sûreté que par l'étude de leur anatomie. 

Le Bec-Crcisé ordinaire (Loxia curvirostra) mesure i6 cen- 
timètres, a le bec allongé et recourbé, les deux pointes se, 
croisant ; sa queue est courte. Les mâles adultes sont rouge 
plus ou moins pur et intense, avec les ailes et la queue brunes. 
Ils prennent ce plumage rouge peu à peu en vieillissant. Les 
femelles sont gris verdâtre, varié de jaune et de brun. Il est 
commun dans le nord de l'Europe et de l'Asie et descend 
parfois dans les régions tempérées. J'ai trouvé cet Oiseau très 
peu intéressant en cage. Son cri était un continuel « chip, 
chip, chip » ; il était assez familier, prenant des grains de 
soleil dans ma main ; mais mon couple abîma tellement sa 
cage, que je fus obligé de le transférer dans une autre en 
métal, d'oià ils se libérèrent en démontant la fermeture de la 
porte ; après que j'eusse réparé celle-ci avec du fil de fer. ils 
périrent bientôt, quoique leurs organes fussent en parfait état. 

Le Bec-Croisé bifascié (Loxia bifasciata) ressemble au pré- 
cédent et n'en diffère guère que par les bandes blanches de 
ses ailes et sa queue terminée de blanc. Il habite les forêts 
de pins du nord de la Russie et de la Sibérie pendant l'été, 
mais vagabonde à travers l'Europe en automne et en hiver.. 
En liberté, il se nourrit surtout de graines de conifères ; en 
captivité, il aime, dit-on, la pomme. Son chant est un peu 
supérieur à celui du Bec-Croisé ordinaire, mais encore très 
ordinaire. , 



VIL — LES BOUVREUILS 

Le Dur-Bec (Pinicola enucleator), à rencontre des Bou- 
vreuils de moindre taille, ne garde pas plus que les précé- 



Sïo l'oiseau 

dents ses beaux tons carminés en captivité. Il habite le nord 
-de l'Europe et de l'Amérique. 

Quand il vient d'être importé, c'est un bel Oiseau dont 
le mâle est d'un rose vineux et la femelle d'un brun cuivré, 
légèrment olivâtre sur le dos et plus doré sur le croupion. 
Ils sont très confiants ; les miens prenaient sans hésitation 
dans ma main les graines de soleil et c'était peut-être les 
Oiseaux les plus familiers que j'eusse jamais possédés. Mal- 
heureusement, ils ne survécurent pas au premier hiver 
passé dans la volière en plein air.. Le nid et les œufs de 
cette espèce sont semblables, en plus gros, à ceux des 
.Bouvreuils, et, en liberté, sont généralement placés sur une 
grosse branche de pin ou de bouleau, tout près du tronc. 
Le Dur-bec a été élevé en captivité par M. Saint-Quintin. Sa 
nourriture consiste en graines de conifères (et, en captivité, 
de soleil), de baies, de bourgeons, d'insectes de toute espèce, 
de vers de terre, d'araignées et de mille-pattes. 

Le Bouvreuil ordinaire {Pyrrhula europea) est un bel Oi- 
seau bien connu, avec le dessus du corps gris bleuté, la tête, 
les ailes et la queue noires, le bas du dos et le croupion blancs, 
et tout le dessous du corps d'un beau rose. La femelle est 
gris violacé, avec la tête, les ailes et la queue du mâle. C'est 
un excellent Oiseau de cage et de volière. Il devient très privé 
et apprend à siffler toutes sortes d'airs. La grosse espèce de 
Sibérie (P. major) est encore plus appréciée. 

Je n'ai jamais trouvé que les exemplaires attrapés adultes 
vivent longtemps en captivité, même quand ils y nichent, 
alors que les Bouvreuils élevés à la main sont connus pour 
leur longévité. 

Le Bouvreuil à tête rouge (P, eiythrocephala), est plus 
élancé que l'espèce européenne, mais lui ressemble '; sa 
queue est nettement fourchue ; sa tête, au lieu de noir, est 
entièrement rouge orangé chez le mâle, teinté de jaune chez 
la femelle. 

Des exemplaires de cette espèce de l'Himalaya furent en- 
voyés en 1914 par M. D.. Ezra, à son frère et allèrent à M. 
Astley, qui publia un article à leur sujet. D'autres exem- 
plaires furent offerts au Jardin Zoologique de Londres. Son 
chant est plus rapide que celui de son congénère d'Europe 
et son cri d'appel plus doux. 



LES FRINGILLES 3 I i 

Le Bouvreuil à poitrine grise (P. gnseiventris) habite le 
nord-est de l'Asie et le Japon. Il diffère du Bouvreuil ordinaire 
par sa poitrine, ses flancs et son ventre gris, parfois un peu 
rosé. La femelle diffère de celle d'Europe par son ton cho- 
colat. Trois exemplaires furent exposés au Jardin Zoologique 
de Londres en igoS. 

Le Bouvreuil du désert (Erythropsiza githaginea) se rap- 
proche peut-être davantage des Moineaux soulcie que des 
Bouvreuils. Il a le dessus du corps, les joues, la gorge et les 
flancs brun cendré, chaque plume ayant une étroite bordure 
rose ; les couvertures primaires sont terminées par de petits 
points blancs ; le croupion et la plus grande partie du dessous 
du corps sont rosés ; bec rouge corail et pattes orangées. En 
hiver, il est plus fauve et le bec est plus pâle. C'est un Oiseau 
des rochers, qui niche dans les crevasses ou sous des touffes 
d'herbes, sur les- talus. Son nid est une jolie construction de 
brindilles tapissée de poils ; les œufs sont vert d'eau tacheté 
de brun rouge. Son chant est un babillage insignifiant mêlé 
de notes qui rappellent celle d'une trompette d'enfant ; son 
cri d'appel est métallique.. Ce petit Oiseau se rencontre depuis 
le sud de la Méditerranée jusque dans l'ouest de l'Inde. Il 
se nourrit surtout de graines d'herbes, et aussi d'insectes. En 
1897. M. Meado Waldo éleva, d'un seul couple, quatre cou- 
vées, trois de six et une de quatre jeunes ; ceux-ci furent 
entièrement nourris d'alpiste, de millet en grappe et de 
bourse à pasteur digérés dans le jabot. 

VIII — LES MOINEAUX 

Ces Oiseaux, dont le Moineau domestique est le type, pré- 
sentent quelques formes intéressantes. Baucoup d'entre eux, 
cependant, sont de plumage fort terne, et bien qu'ils aient 
été importés pour la plupart, nous ne ferons que les signaler ; 
tels sont les Petronia flavicollis, P. dentata. P. pyrîgita, P. 
petronella, Passer cinnamoneus, P. emini, P. swmnsoni, 
P. niotitensis, P. socius. 

Les Moineaux Soulcie (Petronia) se rapprochent beaucoup 
des Moineaux proprement dits par leur plumage sombre, leurs 
nids peu soignés, leurs œufs tachetés et leur cri aigu. Ils sont 



3i2 l'oiseau 

assez querelleurs et présentent peu d'attrait pour l'amateur. 
On affirme que l'espèce européenne (P. p&tronid) chante bien. 
Il semble inutile de les décrire en détails ; ils ne diffèrent 
d'une femelle de Moineau ordinaire que par les tons jaunes 
des sourcils et de la gorge. 

Les Moineaux jaunes construisent des nids plus soignés. 
Ils vivent en troupe et aiment le voisinage de l'eau. M. Seth 
Smith les trouve querelleurs en volière, alors que Russ, qui 
n'avait que des mâles, dit qu'ils étaient paisibles ; en réalité, 
lorsqu'ils sont accouplés, ils deviennent méchants au moment 
des amours ; chez moi, ils déplumaient un Tangara écarlate. 
L'espèce de l'Est africain et du Soudan (Aiiripasser lutens) a 
la tête, le cou, le croupion et le dessous du cou jaune vif ; 
le dessus du corps marron ; épaule noirâtre ; la femelle est 
brun fauve. Cet Oiseau niche facilement en captivité. 

Le Moineau doré C4. euchlorus) du sud de l'Arabie diffère 
du précédent par son dos jaune et ses ailes blanchâtres avec 
les rémiges noires ; la fennelle est jaunâtre. Cette espèce est 
beaucoup plus rare en captivité que la précédente. 

Le Moineau du désert (Passer simplex) semble, sous bien 
des rapports, proche du Friquet. Comme lui, il niche dans 
des. trous ; son cri est semblable. Il est d'une couleur générale 
d'un fauve crème, légèrement cendré sur la tête et le man- 
teau ; ailes marquées de blanc et de noir ; marques noires 
sur les côtés du front, devant l'œil et au-dessus des oreilles ; 
joues blanches ; menton et gorge noirs. La femelle est plus 
jaunâtre en dessus, et n'a pas de marques noires à la tête. 
C'est un habitant du Sahara, rarement importé. 

Le Friquet (P. rnontaniis) présente la particularité que le 
mâle et la femelle sont semblables. Ils ressemblent, en plus 
petit et mieux marqué, au mâle du Moineau ordinaire. Il est 
peu intéressant en volière. 

Le Moineau à tête grise (P. diffusus) est brun roux en 
dessus, avec du marron au croupion et sur les ailes, qui ont 
aussi des points blancs ; gris sombre sur la tête, le cou et 
le dessous du corps ; la femelle est plus pâle. Cet Oiseau 
est très répandu en Afrique. On l'importe de temps à autre, 
mais il est peu intéressant. 

Le Moineau du Cap (P. arcuatiis) a le dessus du corps, 
;lea petites couvertures des ailes incluses, couleur cannelle : 



LES fringim.es 3i3 

nuque et manteau gris ; moyennes et grandes couvertures 
noires, terminées de blanc ; queue noire, lisérée de roux ; 
tête noire, avec une large bande sourciiière, les côtés du cou 
et l'arrière des joues blancs ; gorge et devant de la poitrine 
noirs ; dessous du corps blanc, grisâtre sur les côtés ; bec 
noir ; la femelle est plus petite et beaucoup plus terne. C'est 
une espèce très abondante dans l'Afrique du Sud ; il se 
rend utile en détruisant des quantités de chenilles au moment 
de la reproduction ; plus tard, comme notre Moineau, il 
s'attaque aux graines et aux fruits. Il niche dans les trous, 
mais quelquefois aussi sur les arbres-, où il construit des nids 
couverts en forme de cornue comme les grands Tisserins : 
souvent, comme eux aussi, il niche en communauté. M. Seth- 
Smith a élevé cette espèce en 1901. Les œufs sont variables, 
mais généralement gris-bleu pâle, fortement maculé de divers 
tons de brun et de violet. 

IX — LES BOUTONS D'OR 

A en juger par leurs mœurs et l'aspect de leurs œufs, il 
n'est pas douteux qu'Hudson ait eu raison de ranger les 
Boutons d'or parmi les Moineaux : mais leurs couleurs sont 
plus voyantes et leur chant, bien que peu musical, est cer- 
tainement en progrès sur celui des espèces de Passer que je 
connais. 

Le Bouton d'or ordinaire (Sycalis flaveola) est bien connu ; 
il est d'un beau jaune d'or légèrement verdâtre, mêlé de gris 
sur les ailes et la queue ; la tête est fortement teintée d'orangé. 
La femelle est semblable quand elle est vieille, mais, pendant 
plusieurs années, elle reste beaucoup plus terne. Les jeunes 
sont gris jaunâtre. Cet Oiseau se trouve depuis le Brésil jus- 
qu'au Venezuela ; il est commun. Il est impétueux et parfois 
méchant, mais il niche facilement en cage et en volière ; 
l'alpiste, les millets divers et la verdure lui conviennent, 
ainsi qu'aux espèces voisines ; à l'époque des couvées, on 
ajoute de la pâtée. 

Le Bouton de Pelzeln (S. pelzelni) est un peu plus petit 
que le précédent ; il est semblable, avec toutefois les flancs 
striés de noirâtre. Il habite du Brésil à l'Argentine, se croise 



3i4 l'oiseau 

souvent avec l'espèce ordinaire, et les hybrides sont fécondsv 
Dans ma chambre d'Oiseaux, les produits retournaient rapi- 
dement au flaveola dont le pelzelni dérive probablement. 

Le Bouton d'or jaunâtre (S. arvensis) est nettement plus 
petit et varie quelque peu en taille et en coloris ; aussi l'a-t-on 
divisé en plusieurs sous-espèces dont je considère la valeur 
comme douteuse, sauf peut-être en ce qui concerne le S. lu- 
teiventris qui a du blanc sur les couvertures externes de la 
queue. La forme typique est vert olive, avec le manteau et 
le dos strié de brun foncé ; les ailes sont brun noirâtre 
avec des bordures pâles aux plumes et les petites couvertures 
jaune verdâtre ; sourcil jaune vif ; gorge et poitrine fauve 
très clair ; ventre jaune vif ; la femelle est semblable, plus 
brune quand elle est jeune. Cette espèce habite l'est de l'Ax- 
gentine et au Chili, au Pérou. On importe parfois la variété 
minor du Venezuela et de la Guyane. 

Le S. arvensis n'est pas seulement beaucoup plus petit que 
le S. flaveola ; il est encore plus gracieux de forme, et son 
vol ressemble à celui du Chanteur d'Afrique ; il vit en grandes 
troupes et fréquente les champs après la moisson ; son 
chant est supérieur à celui de ses gros congénères. Il niche 
près du sol et pond des œufs bleuâtres pointillés de brun. 
L'un de ceux que j'ai possédés fit son nid dans une boîte à 
cigare, mais ne pondit pas. 

Autant que cela m'a semblé possible, j'ai classé les Passe- 
reaux typiques dans un ordre naturel ; il y a cependant des 
distances considérables entre les Pinsons, les Chardonnerets 
et les Becs-croisés, tant par leur structure que par leurs 
habitudes. 



LE ROSSIGNOL BLEU 

{Sialia sialis) 
par F. de LACGER 

(fui) 

En juillet, les Rossignols bleus adoptèrent une boîte à 
nicber placée au-dessus d'une des fenêtres, c'est-à-dire à 
contre-jour, position éminemment recberchée par les Oiseaux, 
si j'en juge par la rapidité (ju'ils apportaient à s'en empa- 
rer avant toutes les autres. Ces boîtes,' de o m. 25 x o m.. 08 
X o m. i5, avaient un dessus à charnières et étaient percées 
de deux ouvertures sur leur face. Ils y aménagèrent un nid, 
y pondirent quatre œufs et, «treize à quatorze jours après, 
les jeunes étaient nés. La sortie du nid eut lieu dix-huit jours 
plus tard environ ; les jeunes Oiseaux étaient presque entiè- 
rement développés, extrêmement vigoureux, avec le dessus 
du corps de la nuance de celui de la femelle ; ils avaient 
le dessus du corps tacheté de points foncés, sur cette nuance 
blanche qui leur donnait l'aspect de petites Grives. L'autre 
couple me donna également des jeunes qui s'élevèrent dans 
les mêmes conditions, en tout, huit. 

Ces élevages s'effectuèrent sans accroc ; les jeunes étaient 
aussi beaux, aussi vigoureux, aussi forts que s'ils étaient nés 
en liberté, et cela tint uniquement à ce qu'il fut possible 
de tenir à la disposition des parents une quantité très grande 
d'insectes de toutes sortes.. 

L'année suivante, j'acquis d'autres couples et je fus, le 
mot est exact, littéralement encombré de jeunes, pour les- 
quels je fus très heureux de trouver preneur au prix de 
6 francs la paire. 

N'ayant que de l'imprévoyance, une fois de plus, au point 
de vue d'une remonte par les jeunes de cette espèce ; comp- 
tant, s'il y avait des pertes, sur de nouvelles importations, 
il m 'arriva ce qui advient toujours en pareil cas : la guigne. 
Des couples furent dépareillés à un moment donné par suite 
d'accidents ou autres causes, et cette espèce disparut complè- 
tement de ma collection, après m 'avoir donné beaucoup 
d'agrément par la simplicité avec laquelle on pouvait en effec- 
tuer l'élevage. Après en avoir été démuni complètement, je- 



3i6 l'oiseau 

cheichai inutilement à m'en procurer d'autres. En 1918, on 
en offrait un couple en Suisse. C'est le seul à ma connais- 
sance qui ait été offert sur le marché. 

Depuis lors, nous n'en avons pas vu entrer un couple. Seuls 
M'"** Lécallier et M. Delacour, en France, et quelques ama- 
teurs anglais en possèdent actuellement. Ces Oiseaux leur 
ont été offerts par la Société Zoologique de New^-York qui, 
seule, a le droit d'en exporter quelques rares couples au 
profit des établissements publics et de quelques éleveurs 
connus. 

Il faut espérer que ce»s Oiseaux reproduiront et que, bientôt, 
les amateurs pourront se procurer quelques-uns de leurs 
descendants. 



LES OISEAUX DE CLÈRES en igaS 
par J. DELACOUR 

Il faut considérer le printemps et l'été de 1928 comme 
l'une des plus détestables saisons d'élevage que l'on ait vue 
•depuis longtemps. Après quelques jours de chaleur cuisante à 
la fin d'avril, le mois de mai et une partie de. juin ont été 
extrêmement froids ; la température descendit souvent en 
'dessous de zéro la nuit, et l'on conçoit que de telles gelées, 
singulièrement déplacées alors, ont causé des pertes de toutes 
sortes. Puis, dès le milieu d'août, les nuits furent de nouveau 
très froides. Il en résulta l'arrêt de la ponte, qui devint au 
moins irrégulière, puis la mort par pneumonie de nombre 
de jeunes et de quelques adultes. 

En examinant mes Oiseaux par ordre de taille, nous cons- 
tatons d'abord un échec complet avec les NandouSv Je m'étais 
débarrassé des six jeunes gris élevés l'année dernière et n'avais 
gardé que deux mâles blancs, deux femelles grises et en outre, 
un couple de blancs récemment achetés. A partir de mars, les 
femelles pondirent abondamment pour ne s'arrêter qu'en 
août, me donnant plus de cent œufs. Mais les mâles, sans se 
battre beaucoup, se dérangèrent continuellement ; aucun ne 
prit le nid, et tous les œufs mis à la couveuse se trouvèrent 
clairs. Aussi, vais-je séparer les trois couples, chacun dans 
une prairie différente d'oii il ne pourra voir les autres, et 



Soctàlé Nationale d Acclimalallon 
" L'OISEAU" 



Pi-. XIX 
1938 




I,KS OISEAUX DE CLKRES EN 1 928 817 

j'espère ainsi réparer l'an prochain l'insuccès de cette saison. 
De plus, le duc de Bedford a aimablement promis de m 'en- 
voyer au printemps prochain plusieurs jeunes Nandous blancs 
élevés cette année. 

TiCs Ornes ont vu leur troupeau s'augmenter : M. D. Ezra a 
enfin pu obtenir pour moi et nn'envoyer de Calcutta trois 
Crues blanches asiatiques (G. lencogernnus), qu'il est très 
difficile de se procurer aujourd'hui. Ce sont de superbes Oi- 
seaux tout blancs, avec les rémiges noires. Avec eux sont 
arrivées éûfaloment trois Crues d'Europe. Plus tard, un couple 
do Crues couronnées du Soudan m'est parvenu du .Tardin Zoo- 
logique de Londres : ces Oiseaux ressemblent beaucoup à l'es- 
pèce de l'Afrique Occidentale et n'en diffèrent, très légère- 
ment,- que par leur taille un peu inférieure, leur couleur 
générale plus foncée et leurs joues plus rouges. 

Aucune jeune Crue n'est née cette année ; le mâle Antigone 
de plein vol. tourmenté du désir de la paternité, s'est mis par 
deux fois h couver nn œuf de Nandou : sa femelle, que j'avois 
exilée du parc et qui s'était sauvée dans la campagne, a pu 
être reprise au bout de quelques jours : elle n'a pas pondu. 
Chose curieuse, alors qu'elle A'agabondait aux environs, le 
mâle, qui peut voler, n'alla jamais la rejoindre, bien qu'il 
l'appela sans cesse. 

Pour en terminer avec les Crues, je dirai qu'elles ont été 
particulièrement désagréables cette année au moment des nids, 
détruisant des quantités d 'neufs de Canards. Ce sont surtout 
les Cnics de Stanley et de Mandchourie qui ont commis des 
déo-âts, et mal leur en prit, car, en deux jours, j'en perdis 
une de chaque espèce, empoisonnées, je crois, par des œufs* 
corrompus. Les Ornes .t cou blanc, blanches asiatirrues. d'Eu- 
rope, couronnées diverses et de Numidie n'ont pas détruit 
de nids ; je ne croîs pas non plus que les Antifrones v aient 
touché. Pour éviter de pareils ennuis*, j'enfermerai en enclos, 
pendant la saison des couvées, les Onies les nhis destructrices, 
et l'entourerai les îles, où pondent la plupart des Canards, de 
crillafres au-dessous desquels passeront ces derniers, mais qiii 
arrêteront les Orues quands elles essayero^it d'aborder à la 
nafi|-e. 

ATes' Kamirhis ne se sont pas encore reprodm*t<; cette année. 
Ala vieille femelle ayant péri l'hiver dernier, je l'ai remplacée 



3i8 



L OISEAU 



par une autre à qui j'ai laissé ses ailes entières ; elle n'en 
abuse pas, et se perche de temps à autre au sommet des 
arbres. 

Enfin, trois Râles à bec vert (Aramides chericote) et deux 
Agamis (Psophia crepitans et P. ochropteriis) sont venus 
s'ajouter à ma collection d'Echassiers. 

Les Flammants roses d'Afrique continuent à vivre dehors 
toute l'année, et, grâce à la nourriture naturelle qu'ils trou- 
vent dans la rivière, conservent assez bien leurs belles ailes 




rose vif. Au troupeau de Flammants roses ordinaires sont 
venus s'ajouter de jolis petits Flammants du Chili, de taille 
moindre, mais d'un rose vif sur tout le corps, avec les ailes 
rouges et noires, les pieds et la jointure des pattes rouge vif, 
et un couple de jeunes Flammants rouges du Mexique. Ces 
deux espèces sont rentrées chaque soir dans une cabane. 

Les Palmipèdes ont assez bien réussi, malgré les très 
nombreux nids détruits par les Grues ; plusieurs espèces 
aussi, dérangées par la température insolite du printemps, 
après un hiver doux qui les avait disposés à se reproduire, 
n'ont pas pondu ou ont pondu très tard quelques œufs, clairs 



LES OISEAUX DE CLKRES EN igaS Sig 

pour la plupart. Néanmoins, une centaine de jeunes Canards 
ont été élevés, comme toujours par des Poules naines, ils 
appartenaient aux espèces suivantes : Canards à bec jaune, à 
bec tacheté, Carolin, Milouin, siffleurs d'Europe, d'Amérique 
et du Chili. Pilets du Chili, Chipeaux, Dendrocygnes veufs. 
Barbarie sauvages. 

Une couvée de Sarcelles à ailes bleues et une autre de 
Bahama furent écrasées par les Poules à l'éclosion : il semble 
toujours que, quelque précaution qu'on prenne, de pareils 
accidents arrivent aux espèces les plus rares ! 

A la fin d'août, j'obtins encore douze jeunes Dendrocygnes 
veufs ; de plus, une couvée de Pilets du Chili, dont le nid 
était passé inaperçu, se montra un beau jour sur le lac ; à 
mon grand étonnement, trois jeunes survécurent et furent 
élevés. 

Un accident se produisit avec une couvée d'Oies de Ross 
qui furent tuées par une Poule ; les Bernaches à tête grise 
ont de nouveau élevé quatre jeunes ; quant aux Bernaches 
de Magellan, leurs œufs furent brisés par un Bélier de Soay ; 
seule une jeune femelle put être élevée. 

M. D. Ezra m'a envoyé de l'Inde une très belle collection de 
Canards : Sarcidiornes, Siffleurs huppés, Nyrocas et Dendro- 
cygnes de Java ; ces derniers voyagent bien, mais sont sujets 
à mourir subitement quelque temps après leur arrivée ; je 
l'ai constaté chez moi el chez quelques amis avec qui j'avais 
partagé ce lot. 

A l'arrivée, il est indispensable de tenir les Canards im- 
portés dans de petits parquets où on puisse les surveiller de 
près, les habituer progressivement à l'eau et les nourrir 
fortement, pour réparer la fatigue du voyage. Si on les lâche 
directement sur l'étang, on en perd une grande partie. 

Enfin, l'envoi comprenait deux Sarcelles de Cororaandel 
(Nettapiis coromandeliamis) , ravissantes et minuscules petites 
Oies, de la taille d'une Tourterelle ; elles sont extrêmement 
difficiles à transporter et deux sur sept seulement arrivèrent ; 
la fois précédente, toutes étaient mortes en route. Je les ai 
installées dans une grande volière pourvue d'un bassin, et les 
nourris de petites graines et de lentilles d'eau ; depuis le 
début, elles sont en parfait état, 

J'ai aussi reçu d'Abyssinie un couple de Canards à bec 



Sao l'oiseau 

jaune (Anas undulata) bien différents de l'espèce type de 
l'Afrique du Sud : ils sont de taille un peu inférieure et 
d'une couleur générale bien plus foncée : le tour des plumes, 
fauve clair, chez les exemplaires typiques, est peu distinct 
du centre chez la variété d'Abyssinie ; aussi les marques du 
plumage sont-elles beaucoup moins nettes ; la tête est d'un 
noirâtre très foncé. Je crois que ces Oiseaux, quand j'aurai 
pu les étudier davantage, mériteront d'être nommés comme 
une sous-espèce. 

Des Dendrocygnes à bec rouge du Mexique (Dendrocygna 
aiitumnalîs) me sont également parvenus, ainsi que d'autres 
du Brésil (D. discolor), beaucoup mieux connus en captivité. 

C'I suivre.) 



CHRONIQUE ORNITHOLOGIQUE 

M. H.-D. Astley a reçu récemment deux couples de Per- 
roquets à calotte rouge (Pionopsitta pileata), que l'on im- 
porte très rarement.. Il nous écrit . 

(( C'est une charmante espèce, paisible et douce. L'un 
« des mâles que je possède se perche sur mon doigt et ac- 
« cepte que je le prenne à la main pour le sortir de sa cage. 
« Le riche vert du plumage, avec le bleu du bout des ailes 
« et le rouge cerise du bonnet constituent un bel ensemble 
(( de couleurs. J'imagine que mes Oiseaux sont de la même 
« couvée, et fort jeunes. L'espèce est de la taille d'un Perro- 
« quet du Sénégal ou de Meyer. Il y a au moins sept autres 
(( espèces du genre Pionopsitta en Amérique du Sud. Le 
(( P. pileata habite le sud-est du Brésil et le Paraguay. » 



U Imprimeur-Gérant : G. LANGLOIS. 



CHATEAUROUX. — IMPRIMERIE LANGLOIS 



Soc-ii'tc' Nûtioiiah' d'Aùliiimtatiivi 
i.-()isi"..\r 



PL XX. 



U)'-'.-. 




Cardinal iji \'km,zikl\ 
t Cardinal is phœniccus) 

GUIRACA A POITRINE ROSE 

/ Zamelodia ludoviciana) 

CvRDlNAI. ROUGE 

(C.ardinalis viroinianusi 



( ^V|)|llN A 1. \ KKT 

iGubernairix crisiatcllai 

Tarin rouge 
(Spinus cucttllatus/ 

Père noir 
(I.oxiifella noctis) 



LES 0ISEHUX 



CHAPITRE XIII 
LES GROS-BECS 

par A. DECOUX 

Le docteur Sliarpe divise la famille des Fringillidés en trois 
sous-familles : les Coccothraustinés, les Fringillinés et les 
Embérizinés. C'est de la première de celles-ci que nous allons 
parler ci-après. 

Le professeur Ridgway critique (i) justement cette classi- 
fication et n'hésite pas à dire que ces groupes, et surtout le 
premier, sont artificiels. Il est certain, par exemple, que les 
Evêques, les Sporophiles ou les Cardinaux n'ont que des 
rapports assez lointains avec les Euphonia par exemple ou les 
Gros-Becs proprement dits. Du reste, ce fait n'échappait pas 
à Sharpe puisqu'il écrivait : (( Il faut accepter ces divisions 
plutôt parce qu'elles nous sont commodes que parce qu'elles 
sont basées- sur des caractères structuraux bien établis ». 

Les Oiseaux que Sharpe réunit dans la sous-famille des 
Coccothraustinés sont répandus dans toutes les parties du 
monde, la région australienne exceptée. Leur taille varie de 
celle de la Grive à celle des petits Astrilds. Ils sont presque 
tous fortement bâtis, avec une tête ronde et grosse, un bec 
très gros, tantôt arrondi, tantôt plus haut que large, des 
tarses forts-, des pieds armés d'ongles assez longs. Leurs 
ailes S'ont plus ou moins courtes et la disposition des rémiges 
diffère suivant les genres. Leur queue est tantôt arrondie, 
tantôt coupée à angle droit, généralement assez courte. Le 
plumage des femelles ne ressemble pas à celui des mâles. 
Ceux-ci sont parfois très brillamment colorés ; quelques es- 
pèces ont la tête ornée d'une huppe. 

Par leurs moeurs, ces Oiseaux diffèrent aussi assez forte- 
ment les uns- des autres. Ils sont tous arboricoles et se nour- 

(i) R. Ridgway. — Birds of North .\merica, p. 25. Première partie. 
l'oise.\u. — 1923. — 12 I 



62-2 l'oiseau 

rissent surtout de graines, de bourgeons, parfois de fruits. 
Ils nourrissent leurs jeunes en partie d'insectes qu'ils ajoutent 
volontiers aussi à leur menu quotidien quand l'occasion s'en 
présente. Leurs nids, placés dans des arbres, ne sont jamais 
à un grande hauteur. Presque tous les construisent en forme 
de coiipe. Quelques groupes cependant, les Eiietheia par 
exemple, font des nids fermés,- analogues à ceux des Plo- 
céidés. 

Un grand nombre de ces Oiseaux se sont montrés très 
aptes à supporter la vie captive en Europe, et se sont plus 
ou moins adaptés à notre climat. Certaines espèces robustes 
peuvent être tenues en volière ouverte toute l'année, pourvu 
que cette volière leur offre des refuges contre les vents et 
les pluies. D'autres sont plus délicates et demandent à être 
protégées des gelées et des pluies hivernales dans un abri 
sec et bien éclairé, mais non chauffé. 

Une grande variété dans le régime alimentaire est néces- 
saire : le millet, l'alpiste, le chènevis, dont on ne doit pas les 
laisser abuser, le blé, parfois l'avoine, sont les graines qu'ils 
préfèrent. Les plus gros d'entre eux aiment le tournesol. 
Beaucoup doivent avoir à leur disposition des ffuits et baies 
diverses, de la pâtée d'insectivores et du pain au lait. Les 
distributions d'insectes vivants sont bien accueillies par la 
plupart des espèces. 

Certains de ces Oiseaux, tels que les Guiracas, les Cardi- 
naux, certains Spermophiles, sont appréciés pour leur chant. 
Nous signalerons ceux qui sont les plus dignes d'être tenus 
en cage comme Oiseaux chanteurs. 

Beaucoup des Coccothraustinés importés en Europe se 
sont déjà reproduits en captivité. Leur élevage n'offre généra- 
lement pas de très grandes difficultés, s'il a lieu dans une 
volière d'assez grandes dimensions et bien plantée d'arbres 
et de buissons. Ils y construisent leurs nids. Presque tous 
refusent de faire usage des nichoirs qu'on peut mettre à leur 
disposition. 

Les Oiseaux de ce groupe sont assez sociables avec des 
Oiseaux de leur taille et de leur force. Au milieu de com- 
pagnons plus petits, les plus grosses espèces se sont com- 
portées de très diverses- façons. D'une manière générale, il 
nous semble préférable de ne pas leur adjoindre d'Oi- 
seaux beaucoup plus faibles qu'eux, car des accidents peu- 



LES GROS-BECS 828 

vent se produire, surtout au moment des nichées. Qu'on me 
permette de citer ici un cas de sociabilité dont j'ai été té- 
moin. Dans une volière assez exposée au froid, j'avais un 
Cardinal de Virginie mâle, plusieurs Oiseaux indigènes et 
deux Astrilds gris ; pendant les gelées, les Astrilds se blo- 
tis-saient, la nuit, près du Cardinal qui acceptait leur voisi- 
nage de fort bonne grâce... 

Voici quelles sont les espèces de Coccothraustinés qu'on a 
étudiées en captivité : 

Le Gros-Bec d'Europe (Coccothraiistes coccathraustes) . — 
Tête marron, cou cendré, gorge noire, poitrine et côtés cen- 
drés, lavés de rouge, dos roux, ailes noires- avec miroir 
blanc ; pattes roses, bec bleu en été, couleur de corne, à 
pointe noire l'hiver. La femelle est plus pâle et moins grosse. 

Cet Oiseau n'a rien de particulièremnt attrayant. Est 
robuste et vit longtemps- en volière, où, d'ailleurs, on le 
voit rarement. S'est reproduit en captivité en Angleterre. 

Des sous-espèces ont été découvertes au Japon (C. c. japo- 
niciis), dans l'Afrique du Nord (C. c. buvryi) et dans l'Inde 
(C. c. humei). Je ne crois pas qu'elles- aient été importées. 

Le Gros-Bec à queue noire (Eophona melanura). — Tête 
et gorge noires ; face supérieure du corps gris-brun, grisâtre 
au croupion, couvertures supérieures de la queue noires ; 
queue et ailes noir métallique ; bout de l'aile blanc ; poitrine 
gris cendré ; côtés du corps- lavés de rose ; bec jaune à base 
bleuâtre. 

Femelle gris-brun, plus pâle en dessous du corps ; ventre 
blanc ; tête grise ; côtés du corps jaunâtres ; couvertures de 
la queue grises- ; ailes et queue noires. 

Cet Oiseau est moins gros que le Gros-Bec d'Europe. Il 
est beaucoup plus beau aussi. Est assez rarement importé. 
S'est cependant reproduit en captivité, en Allemagne, et 
peut-être en Angleterre. 

Habitat : Chine, sauf dans sa partie occidentale ; se ren- 
contre en été en Sibérie. 

Le Gros-Bec masqué {E. personnia) . — De taille plus forte 
que le précédent, il lui ressemble à beaucoup d'égards. Le 
noir de la tête est moins étendu ; pointe de l'aile noire ; la 



324 l'oiseau 

face supérieure du corps est gris cendré ; face inférieure plus 
pâle ; bec jaune pâle. 

Femelle : brune en dessus ; parties noires du plumage 
moins brillantes ; taille plus petite que le mâle. 

Arrive très rarement en Europe, où il est connu cepen- 
dant depuis longtemps comme Oiseau de volière. Quelques 
mâles furent importés en igiA- Semble robuste. Ne s'est pas 
encore multiplié en captivité. 

Habitat : les parties montagneuses du Japon. 

Le Gros- Bec jaune et noir (Mycerobas melanoxanthus) . — 
Le dessus du corps est ardoisé, presque noir, chaque plume 
ayant une bordure plus claire ;la gorge, la poitrine, les cou- 
vertures supérieures de la queue noires ; ailes et queue noires 
frangées de jaune pâle ; dessous du corps jaune brillant. 

Femelle plus petite, noire en dessus avec taches jaunes, 
jaune en dessous. Le milieu du ventre est noir. 

Je n'ai jamais vu cet Oiseau vivant. Quelques rares exem- 
plaires ont pris place dans les collections des Jardins zoolo- 
giques, notamment dans celle du Jardin de Londres. En 1914, 
un amateur anglais fît couver des œufs de ce Gros-Bec par 
des Fauvettes d'hiver {Accentor modiilaris), qui élevèrent un 
petit. 

Habitat : Himalaya, Chine occidentale. 

Le Guiraca à poitrine rose (Zamelodia liidoviciana) . — Tête, 
cou, épaules, dos noirs ; croupion blanc pur ; couvertures 
de la queue blanches tachées de noir ; aile noire avec marques 
blanches ; sous-alaires ros-es ; parfois, le pli de l'aile est 
rose aussi ; gorge noire ; poitrine rose ; le reste du dessous 
du corps est blanc. En hiver, la tache de la poitrine pâlit 
et disparaît en partie. 

Femelle d'un gris olivâtre en dessus ; la tête est rayée de 
brun et d'ocre ; face inférieure blanche. 

Les jeunes mâles ressemblent à la femelle ; mais il est aisé 
de les distinguer à la couleur des sous-alaires qui sont roses 
chez eux, et jaune pâle chez la femelle. 

Ce bel Oiseau est un délicieux chanteur qui se fait en- 
tendre surtout au printemps ; c'est à mon avis le meilleur 
chanteur qui soit parmi les Gros-Becs. Assez commun autre- 
fois-, on le voit rarement en Europe depuis que les Etats-TTnis 



LES GBOS-BECS 325 

ont interdit son exportation. Les quelques sujets qui arri- 
vent encore viennent du Mexique et de l'Amérique centrale 
où le Guiraca émigré en hiver. 

Se reproduit assez facilement en volière. Il passe pour 
avoir bon caractère et pour vivre en paix avec des Oiseaux 
plus faibles. J'ai eu cependant parfois à me plaindre de lui 
à cet égard. 

Habitat : sud du Canada, partie orientale et centrale des 
Etats-Unis. 

Le Guiraca à ventre brun (Z. melanocephala) . — De taille 
un peu supérieure au précédent, le mâle a la tête et le des- 
sous du bec noirs, le dos et les ailes noirs avec marques 
blanches, la queue noire ; le cou et toute la partie inférieure 
du corps d'un brun rougeâtre ; le milieu du ventre est jaune ; 
sous-caudales blanches. 

La femelle ressemble à celle de l'espèce précédente, mais 
est plus pâle et a le dessous du cou brun-isabelle. 

Ce Guiraca est un Oiseau de volière moins intéressant et 
moins beau que le précédent ; il a pourtant un chant assez 
agréable, mais peu soutenu. Je l'ai trouvé plus querelleur 
que le Guiraca à poitrine rose. S'importe plus souvent que 
naguère. Ne s'est pas encore reproduit en captivité. 

Habitat : ouest des Etats-Unis, Mexique. 

Le Gros-Bec jaune du Mexique (Pheucticus chrysopephis). 
— Ailes et queue noires avec taches blanches ; tout le reste 
du corps d'un jaune cadmium magnifique ; bec gris-bleu ; 
pieds et tarses gris. 

Femelle : vert olivâtre mêlé de gris sur le dos, avec rayures 
d'un brun noirâtre au croupion et sur le dos ; ailes et queue 
grises- marquées de blanc ; côtés de la tête et dessous du 
corps jaune pâle. 

S'importe assez rarement, les femelles surtout, ce qui est 
d'autant plus fâcheux que tout laisse supposer que l'espèce 
se multiplierait aisément en captivité. Est assez calme en vo- 
lière ; mais je parle ici de mâles non accouplés. Robuste. 

Habitat : sud et ouest du Mexique. 

Le Gros-Bec jaune du Venezuela (P. chrysogaster). — 
Ressemble au précédent, mais le jaune de son plumage est 



320 l'oiseau 

citron; le dos, les épaules et les couvertures de la queue sont 
noirs, ces dernières tachées de blanc. 

La femelle a les parties du plumage qui sont jaunes chez 
le mâle, olivâtres, sauf à la face et à la poitrine qui sont jaune 
pâle ; les parties supérieures du corps grises et brunes. 

Malgré qu'il soit fort estimé des Vénézuéliens, on le voit 
rarement en captivité en Europe, surtout les femelles. Ce 
Gros-Bec a élevé deux jeunes dans la volière de M. Brook, 
en 1918. 

Habitat : Venezuela, Equateur, Pérou. 

Le Gros-Bec à ventre jaune (P. aureiventris) . — La plus 
grande partie du corps est noire, parfois tachetée sur le dos ; 
poitrine noire ; ventre jaune brillant ; sous-caudales blan- 
ches ; le pli de l'aile est jaune et l'aile et la queue sont mar- 
quées de blanc ; le haut des cuisses est noir ; bec gris plomb. 

La femelle et le mâle jeunes sont bruns en dessus, avec 
quelques traces de jaune dans le plumage ; la tête et le cou 
presque noirs ; joues gris-brun ; un trait jaune encercle la 
joue ; le menton et la face inférieure du corps sont jaunes 
avec des traces de noir surtout à la poitrine. 

Ce bel Oiseau s'importe plus souvent que les précédents . 
Il est très décoratif et assez calme en volière. Il mange volon- 
tiers le maïs cuit, comme on le prépare pour les Perroquets. 
Ne s'est pas encore reproduit. Il ne paraît pas souffrir du 
froid et peut vivre constamment en plein air. 

Habitat : sud du Brésil, Bolivie, Haut-Paraguay. 

L'Amérique du Nord et l'Amérique centrale possèdent 
quatre espèces de Gros-Becs, très semblables au nôtre quant 
aux caractères généraux, mais qui en diffèrent par un bec 
plus droit gris-bleu ou jaune. Ils forment le genre suivant : 

Le Gros-Bec des Etats-Unis {Hesperiphona vespertina) . — 
Front et sourcils jaunes ; tête noire ; dessus et dessous du 
corps olive ; croupion et ventre jaunes ; ailes et queue noires ; 
taille un peu supérieure à celle du Gros-Bec commun. 

Quelques très rares exemplaires sont parvenus en Europe. 

Habitat : l'est et le centre des Etats-Unis. 

Le Gros-Bec d'Abeilles (H. abeillei). — Tête et cou noirs ; 
sus-caudales noires, tachées de jaune ; reste de la face supé- 



LES GROS-BECS 827 

rieure du corps olive ; côtés du cou, face intérieure jaunes ; 
cuisses noires ; bec jaune. Taille du Pinson commun. 

Femelle plus terne ; les parties jaunes chez le mâle passent 
au jaune olive chez elle. 

Importé pour la première fois par Fockelmann en 191/1. 
Paraît robuste. 

Habitat : Amérique centrale, Guatemala. 

On a coutume de réunir sous le nom d'EYêques bleus les 
trois Oiseaux suivants qui appartiennent à deux genres voi- 
sins, mais différents. Ce sont d'excellents Oiseaux de volière, 
extrêmement décoratifs. 

L'Evêque bleu à épaulettes brunes (Guiraca cœrulea) est 
d'un bleu de cobalt brillant ; front, menton, lores noirs ; 
les rémiges et rectrices sont noires bordées de bleu ; les 
couvertures moyennes de l'aile sont d'un brun roux ; œil 
brun ; bec noir, gris-bleu clair en dessous ; taille un peu 
inférieure à celle du Cardinal vert. 

En hiver, les plumes prennent un liséré brun ou ocre sur 
les flancs- et le ventre. 

La femelle est plus petite, brun olive en dessus, lavé de 
roux et de gris au croupion et sus-caudales ; les plumes du 
dos et des épaules sont plus foncées à leur centre ; face infé- 
rieure brune. 

Cette espèce a été importée en Europe en assez grand nom- 
bre entre 191 1 et 1914. Les femelles ont toujours été rares. 
J^'en ai eu plusieurs, en mauvais état. L'une d'elle?, ayant 
fait sa mue, fit un nid dans une volière, mais mourut d'acci- 
dent avant d'avoir pondu. Les mâles sont taquins et même 
méchants envers leurs compagnons plus faibles. Ils leur 
donnent la chasse incessamment et leur arrachent les plu- 
mes. Dans une grande volière peuplée de gros Oiseaux, l'Evê- 
que est beau et vit longtemps. 

Habitat : est et sud-ouest des Etats-Unis ; émigré pendant 
l'hiver au Mexique, à Cuba, dans le Yucatan. 

L'Evêque bleu du Brésil (Cyanocompsa cyanea) est bleu 
foncé brillant ; front et côtés du bec noirs ; petites couver- 
tures des ailes bleu cobalt ; le haut de la tête et la région 
des oreilles sont du même bleu brillant ; poitrine' bleu som- 



3^8 l'oiseau 

bre passant au noir soir le ventre et les parties anales ; ré- 
miges et rectrices noires bordées de bleu ; bec noir. Il existe 
plusieurs variétés de l'espèce, qui diffèrent surtout par la 
taille. 

La femelle est brun-roux assez clair ; brun plus foncé aux 
rémiges et rectrices. 

Importé assez souvent mais jamais en grand nombre ; les 
femelles sont plus rares que les mâles. Ces derniers ont 
un chant agréable qui rappelle celui du Rouge-gorge. A niché 
plusieurs fois chez moi et chez d'autres amateurs. S'élève 
facilement. Doux en volière. 

Habitat : est et sud du Brésil. 

L'Eïêque lazuli (C. parelUna) ne dépasse pas la taille du 
Ministre. Le mâle est bleu indigo ; le croupion, le front, les 
joues, les petites couvertures des ailes sont bleu cobalt ; les 
lores, ailes et- queue noirs ; les rémiges et rectrices sont 
bordées de brun ; bec noir. 

Femelle d'un brun uniforme. 

S'importe rarement. Un mâle se trouve actuellement dans 
la collection de M. Delacour. Cette espèce s'est reproduite, 
il y a une vingtaine d'années, dans la volière de M. l'abbé 
Charruaud, près de Bordeaux. 

Habitat : est et sud du Mexique. 

Le Gros-Bec à poitrine rouge (Loxigella noctis). — Un 
trait au-dessous de l'œil et une tache couvrant le menton, et 
la gorge brun de Sienne vif. Le reste du plumage est noir 
profond. Bec noir. Taille du précédent. 

La femelle est brun olive sombre en dessus et brun grisâtre 
à la face inférieure du corps. 

Cette espèce, qui figura dans la collection de M. Chia- 
pella, s'importe à peine. M. Delacour a rapporté sept ou huit 
de ces Oiseaux de la Martinique. Robuste et doux en volière. 
Ne s'est pas encore reproduit. 

Habitat : Martinique, petites Antilles. 

Les Cardinaux doivent leur nom à la couleur dominante 
de leur plumage qui rappelle celle des princes de l'Eglise ro- 
maine. Il existe une vingtaine d'espèces répandues aux Etats- 
Unis, au Mexique, dans l'Amérique centrale et le nord de 



LES GUOS-BECS 829 

l'Amérique du Sud. La plus souvent importée est l'espèce 
suivante : 

Le Cardinal rouge {Cardiiialis cardinalis) est rouge écarlate 
soyeux ; un large trait noir velours entoure le bec et s'étend 
sur la gorge ; les rémiges et rectrices sont d'un rouge plus 
terne, bordées de rose vif. Une huppe longue et touffue orne 
la tête de l'Oiseau ; bec rouge corail. 

La femelle est brun-rouge pâle en dessus, plus terne en 
dessous ; gorge grise ; les rémiges et rectrices sont bordées 
de rouge ; huppe brune ; bec corail. 

C'est l'un des plus beaux Oiseaux qui soient ; dans une 
grande volière, il se comporte généralement avec douceur 
envers tous ses compagnons de captivité. Supporte bien les 
basses températures, redoute l'humidité froide et persistante. 
S'est reproduit très souvent en volière. Le régime des jeunes 
se compose surtout d'insectes vivants. 

Habitat : les Etats-Unis ; il ne remonte pas au nord de 
New-York, est abondant dans le Texas, à la Louisiane. H 
existe une dizaine de races locales plus au Sud ; quelques- 
unes ont été importées. Ce sont : 

C. c. floridanus, Ridgway, un peu plus petite et plus som- 
bre. Vit en Floride. 

C. c. superbus, Ridgway, de taille plus forte que l'espèce 
type, porte une huppe rouge feu. Habitat : partig septen- 
trionale du Mexique. 

C. c. canicauidus, Chapman, aile plus courte ; bec plus 
fort ; noir moins étendu sur la face. Les femelles ont plus 
de gris sur la face supérieure du corps. 

C. c. igneus ressemble à C. c. siipei-biis, plus petit, d'un 
rouge plus foncé : bec plus court et plus épais. Habitat : 
Californie méridionale. 

Le Cardinal à huppe droite (C. phœniceus) forme la tran- 
sition entre C. cardinalis et Pyrrhuloxia sinvata et devrait 
être classé en un genre séparé. H se dis'tingue nettement pai 
la forme fortement arquée de son bec plus haut que large. 

Le mâle est rouge vermillon, plus clair au croupion et aux 
couvertures de la queue ; la huppe, longue et droite, se re- 
courbe légèrement en avant à son extrémité ; elle est rouge 
vermillon plus foncé par d€*\'ant et à la pointe : un trait noir 



'6'6o l'oiseau 

peu visible autour du bec et au menton ; tête et dessous du 
corps vermillon ; petites et moyennes sus-alaires écarlates ; 
grandes sus-alaires et rémiges gris-brun sombre, frangées 
d'écarlate ; queue écarlate, plus sombre à l'extrémité ; bec 
gris. 

La femelle est brune ; tête et joues grises ; huppe grise, 
rouge par devant et à l'extrémité ; tache noire, peu visible, 
sous le bec ; rémiges et rectrices bordées de rouge. 

J'ai possédé une dizaine de ces beaux Oiseaux à diverses 
époques. Ils sont robustes et doux envers leurs compagnons 
de captivité. Ils sont très rarement importés, s-urtout les 
femelles. Le couple que je possède en ce moment a fait un 
nid l'année dernière et cette année encore, mais ces nids ont 
été démolis et pas un jeune n'a été élevé. Les Cardinaux à 
huppe droite arrivent généralement en très mauvais état et 
demandent des soins pendant la période d'acclimatement. 
La femelle que j'ai, a été achetée en décembre igiS ; le mâle 
en 1920. 

Habitat : Trinidad, Venezuela. 

Le Cardinal rose (Pyri-huloxia sinuata) est 'de taille plus 
forte que les précédents. Gris cendré lavé de rose en dessus ; 
couvertures de la queue plus vives ; huppe touffue mais moins 
haute que celle du Cardinal rouge, carmin mêlé de noir ; 
joues carmin vif ; tête, cou gris cendré la^é de rose ; dessous 
du corps carmin clair, mêlé de gris pâle au ventre ; cuisses 
carmin ; les côtés de la poitrine et les flancs gris pâle lavé 
de rose ; rémiges et rectrices brun-rouge ; couvertures des 
ailes carmin ; bec jaune orange. 

Femelle : grise en dessus, avec une teinte d'ocre ; huppe 
plus sombre que le mâle ; tête et cou gris cendré ; rose à la 
poitrine ; bec plus clair. 

Plus rare encore que le précédent. Importé en 1895, il 
figura dans la collection du Jardin zoologique de Berlin. Si 
l'on en croit un amateur allemand, cet Oiseau devient très 
privé et se montre très pacifique au milieu de compagnons 
plus petits (Dîe Gefiederte Welt, année 1896, p. 3/j3). 

Paraît rare dans son pays d'origine, M. W. Beebe écrit à son 
sujet : (f LTne fois, et rien qu'une fois, j'ai vu le Pyrrhiiloxîa 
an Mexique. J'eus la chance, en descendant brusquement 
dnns un fossé, d'effrayer un couple d'Oiseaux qui s'envo- 



LES GROS-15ECS 33 l 

lèreiit et m'offrirent le complet spectacle de leur beauté. Us 
sont semblables aux Cardinaux par leurs mouvements et leur 
huppe, mais sont d'un délicat gris clair. La femelle n'a qu'un 
léger rappel de rose sur la gorge et la poitrine ; le mâle, 
perché, les ailes enlr'ouvertes, brillait d'un éclat chaud et 
pur, au front, à la poitrine, au dessous des ailes et sur les 
flancs. Au bout d'une minute, les deux Oiseaux disparurent 
laissant vaines toutes nos recherches. » {Two bird-lovers in 
Mexico, p. 47). 

Habitat : Texas, sud et est du Mexique. Il existe diverses 
races locales de PyrrJiuloxia. 

On trouvera plus loin la description des autres Oiseaux 
connus dans le commerce sous le nom de Cardinaux verts 
€t gris. Ils n'appartiennent pas au groupe des Coccothraus- 
tinœ. 

Le Gros-Bec à tête noire (Orizoborus torridus) est un 
Oiseau d'assez petite taille qui a un bec épais et très court ; 
il a la tête, le cou, la queue et les ailes noirs ; ime petite 
tache blanche orne celles-ci ; le reste de son corps est châ- 
tain brillant. 

La femelle est d'un brun plus foncé sur le dessus du corps, 
plus clair en dessous. 

On l'importe de temps en temps, pas souvent ; c'est l'un 
des Oiseaux préférés des habitants de la Guyane. 

Habitat : Brésil. Guyane, Venezuela, Equateur. 

Le Gros-Bec noir (0. crassirostris) est en tout semblable au 
précédent, mais a le plumage entièrement noir ; les rémiges 
ont des bordures blanches ou brunes. 

Femelle brune. 

Plus rarement encore importé que 0. torridus, il offre peu 
d'intérêt comme Oiseau captif. 

Habitat : Guyane, Venezuela, Colombie. 

Les Orizoborus se rapprochent à beaucoup d'égards des 
Spermophiles ou Sporophiles. Ceux-ci, nous dit Russ. sont 
« des Gros-Becs de petite taille, à l'aspect comique, aux 
mœurs douces et aimables ». Beaucoup d'entre eux ont un 
chant agréable, et bien qu'ils n'aient pour la plupart qu'un 



332 l'oiseau 

plumage peu éclatant, ils devraient être plus recherchés 
qu'ils ne le sont d'ordinaire des amateurs, car ils sont ro- 
bustes et bons compagnons de volière. Peu d'espèces se sont 
jusqu'à ce jour reproduites en captivité, uniquement sans 
doute parce que peu d'amateurs leur en ont offert l'occasion. 
Les quelques Sporophiles qui ont niché en Europe ont élevé 
leurs petits très aisément avec des graines et quelques in- 
sectes. Ils sont donc, à beaucoup d'égards, de bons Oiseaux 
de volière. Il existe environ 60 espèces de Sporophiles. Celles 
qui suivent ont été importées vivantes en Europe. On les 
vend en France sous le nom de petits Bouvreuils d'Amérique. 

Le Sporophile à joues blanches (Sporophila cœrulescens) 
est gris ardoise foncé passant au noir sur le dos et le cou ; 
oreilles noires ; joues blanches ; tache noire sous le bec ; la 
gorge blanc grisâtre est séparée du ventre de même teinte 
par une bande noire qui traverse la poitrine ; bec jaune. 

La femelle est gris-brun en dessus, blanchâtre en dessous ; 
bec gris-noir. 

Habitat : Paraguay, Brésil. 

Le Sporophile orné (S. ornata) est semblable au précédent, 
mais a les joues noires et un simple trait blanc entre celles-ci 
et la gorge qui est noire ; enfin, il a un miroir blanc à l'aile. 

Habitat : Bahia. 

C'est sous le nom de Bouvreuils du Brésil que les mar- 
chands mettent ces Oiseaux en vente. Quoique ces deux es- 
pèces soient les plus fréquemment importées, elles ne sem- 
blent pas avoir niché en volière. Ces Sporophiles chantent 
bien. 

Le Sporophile à gorge blanche (S. albigularis), gris ardoise 
foncé en dessus ; front et tête noirs ; mince ligne blanche 
du bec à l'œil ; gorge, côtés du cou, ventre et parties anales 
blancs ; bande noire sur la poitrine ; bec jaune. 

Femelle gris-brun en dessus, blanche en dessous ; bec noir. 

A niché plusieurs fois en captivité, sans difficulté. A même 
élevé des jeunes en cage. Chanteur agréable. 

Habitat : Brésil oriental. 

Le Sporophile à front blanc (S. lineola), noir à reflets sur 
la face supérieure du corps ; bande blanche au croupion ; 



LES GKOS-BECS 333 

une large bande blanche part du bec et s'étend sur le som- 
met de la lête ; la région de l'œil est noire ; au-dessous, une 
large tache blanche remonte jusqu'au bec ; gorge noire ; le 
reste de la face inférieure blanc pur ; lavé de gris' sur les 
côtés du corps ; bec noir. 

Femelle brun olive, blanc jaunâtre en dessous. 

Cet Oiseau est fort joli, mais s'importe assez rarement. 

Habitat : Guyane, Venezuela, Brésil oriental. 

Le Sporophile à front noir (S. ocellata) ressemble au pré- 
cédent, mais n'a pas de blanc sur le front et le crâne ; une 
ligne de points blancs plus ou moins nette le remplace ; le 
haut du cou et des flancs sont écaillés de noir, écailles assez 
peu visibles parfois ; bec noir. 

Femelle brun olive. 

Très rarement importé. 

Habitat : Guyane, Venezuela, Colombie. 

Le Sporophile à ventre jaune (5. gutturalis) , face supé- 
rieure du corps vert olive ; rectrices et rémiges brunes bordées 
de vert olive ; tête, cou et gorge noir mat ; le reste de la 
face inférieure jaune pâle. 

Femelle brun olive. 

Des- hybrides ont été obtenus en Allemagne entre ce Spo- 
rophile et le Sporophile à gorge blanche. 

Habitat : Brésil. Guyane, Venezuela, Colombie. 

Le Sporophile à poitrine châtaine (Sporophila castaneiven- 
tris) a l'ensemble du plumage gris-bleu ; ailes et queue noi- 
res, chaque plume étant bordée de gris-bleu ; gorge, poi- 
trine et sous-caudales brun vif ; une tache blanche à la base 
des mandibules ; bec et pieds bruns. 

Femelle brune, ocre pâle à la poitrine et aux sous-caudales. 

Très rare en captivité. A été exposé au Jardin zoologique 
de Londres. 

Habitat : Guyane, Colombie, Pérou. 

Le Sporophile nain (S. minuta) est l'un des plus jolis du 
genre. H a les joues, la face inférieure et le croupion brun 
cannelle ; la tête, le cou et le reste de la face supérieure 
gris-brun, parfois gris olive ; une petite tache blanche au 



i^Slx l'oiseau 

bas du bec ; rémiges et rectrices brun noirâtre avec bordures 
plus claires ; œil brun ; bec noir. 

Femelle : olive clair ; jaune olivâtre en dessous du corps. 

A fait partie des collections du Jardin zoologique de Lon- 
dres. Rarement importé. 

Habitat : Panama, Colombie, Equateur. 

Le Spcrophile gris de plomb (S. plumbea), gris cendré en 
dessus du corps, un peu plus clair au croupion ; petite tache 
blanche au bas des joues ; lores noires ; cou et poitrine gris 
cendré ; milieu du ventre, sous-caudales blancs ; ailes et 
queue noires frangées de gris cendré ; petit miroir blanc sur 
l'œil ; bec gris-noir ; pieds gris. 

La femelle est gris-brun jaunâtre, plus clair en dessous. 

Chante assez bien. On le garde souvent en cage dans sa 
patrie, le Brésil, pour jouir de son chant. Une amie voulut 
bien prendre la peine de me rapporter un mâle du Brésil. 
Il vécut en cage plusieurs années. On cite un cas de repro- 
duction en Allemagne. 

Le Sporophile bleuâtre (S. grisea) ressemble au précédent, 
n'a pas de tache blanche au bas des joues. Femelle brune. 

Arrive rarement ; c'est un agréable chanteur qui rappelle 
l'Alouette. S'est reproduit chez plusieurs amateurs en Alle- 
magne, notamment chez le docteur Russ et chez le docteur 
Jantzen, de Hambourg. 

Habitat : le Venezuela. 

Le Sporophile gris à bec rouge {S. hypoleuca), semblable 
au précédent, taille un peu plus forte ; bec rouge. 

On le garde en cage dans sa patrie à cause de son chant, 
que Russ décrit comme monotone et peu varié. 

Habitat : le Brésil. 

Le Sporophile à capuchon noir (S. cucullatà), face supé- 
rieure noire ; épaules, bas du dos gris, lavé d'ocre ; croupion 
brun ocré ; région des oreilles noire ; gorge et plumes à la 
base du bec blanc crème ; large bande noire sur la poitrine ; 
le reste de la face inférieure d'un brun clair ; queue et ailes 
noires, avec miroir blanc. 

Femelle brune ; brun plus clair en dessous du corps ; 
ailes gris-brun sombre frangées de brun olive. 



LES GKOS-BECS 335 

S'est reproduit en Allemagne ; chant bas, mais très agréable. 
Habitat : nord du Brésil, Guyane. 

Le Sporophile à ventre blanc (.S. collaris), semblable au 
précédent, mais a la face inférieure, les côtés du cou et le 
croupion blanchâtres. Taille plus faible que celle de S. cacul- 
lata. 

S'importe rarement. 

Habitat : sud-est du Brésil. 

Le Sporophile cannelle {S. nigroaiirantia) a l'ensemble du 
plumage couleur cannelle, sauf la queue, les ailes et un capu- 
chon sur la tête qui sont noirs ; tache blanche au milieu de 
l'aile. 

Femelle brune et ocre en dessous. 

S'importe de temps en temps ; c'est l'un des plus petits 
et aussi des plus jolis Sporophiles. Chant assez insignifiant. 

Le Sporophile des marais (S. pahistris), haut de la tête, 
derrière du cou, partie antérieure du dos gris-bleu parsemé 
de rayures longitudinales plus sombres ; le resté de la face 
supérieure du corps, sauf les sus-caudales, qui sont gris- 
bleu, brun-rouge brillant ; dessous de l'œil, joues et gorge 
blancs ; le reste de la face inférieure brun-rouge brillant ; 
ailes noires avec bordures gris sombre ; queue noire ; bec 
noir. 

Femelle brun olive ; dos tacheté ; dessous du corps brun 
clair. 

Importé pour la première fois en 1913 et resté rare. 

Habitat : l'Argentine. 

Le Sporophile géant (S. superciUaris), face supérieure gris 
olivâtre ; face inférieure gris blanchâtre, avec larges bandes 
blanches au front et à la gorge ; taille du Serin. 

La femelle est uniformément gris olivâtre. 

Est peu intéressant. A élevé ses petits dans la volière du 
docteur Russ. Chant désagréable. 

Vient du Brésil ; s'importe peu. 

Le Sporophile de Tobago (.S. amerîcana), croupion . gris 
cendré, taché de noir ; le reste de la face supérieure du corps 
est noir à reflets brillants ; sus-caudales grises ; une petite 
tache blanche au-dessous de l'oeil ; les joues, le menton, la 



336 l'oiseau 

gorge, la poitrine, le milieu du ventre, les sous-caudales 
blancs ; les côtés de la poitrine et une bande sur le jabot 
noirâtres ; flancs gris ; ailes noires bordées de gris ; deux 
traits blancs sur l'aile ; bec gris plomb. 

Femelle brun olive. 

En iQiS, au Jardin zoologique de Berlin. 

Habitat : l'île de Tobago, le nord du Brésil, la Guyane. 

Le Sporophile à lunettes (S. ophthalmicd) ressemble au pré- 
cédent ; cuisses blanches au lieu d'être gris-noir ; bec noir. 
Rare ; importé en 191 2 pour la première fois. 
Habitat : Equateur. 

Le Sporophile à croupion cannelle (S. torqueolà), croupion 
cannelle ; tête, face supérieure du corps noires ; bande noire 
sur le haut de la poitrine ; à partir de cette bande, la face 
inférieure du corps est cannelle et passe au blanc ; côtés du 
cou blancs, ailes et queue noires ; bec gris. 

Femelle olive clair, jaunâtre en dessous. 

Importé une fois en iSgS en Angleterre. 

Habitat : sud-ouest du Mexique. 

M. le docteur A. -G. Butler a proposé de créer une sous- 
famille, les Phoaipariiuc, pour les Oiseaux appartenant aux 
genres : Melopyrrha et Eiietheia (ou Phonipara), parce que 
ces Oiseaux construisent des nids complètement fermés, ce 
qui les rapproche» des Ploceidœ ; le nombre de leurs rémiges 
ne permet cependant pas de les classer parmi ces derniers. 

Le Bouvreuil noir de Cuba (Melopyrrha nigra) est noir 
brillant avec une petite tache blanche à l'aile ; les sous- 
alaires sont blanches ; bec noir ; pieds et tarses brun-noir 

H est difficile de distinguer la femelle du mâle, celle-là 
paraissant un peu moins brillante quand les Oiseaux sont du 
même âge et adultes. Selon M. Teschemaker, qui a étudié 
cette espèce, les rémiges secondaires du mâle sont presque 
entièrement blanches, tandis que celles de la femelle ne le 
S'ont pas. Si cette observation est exacte, il sera aisé de dis- 
tinguer les sexes de ces Oiseaux. 

Le 'Bouvreuil noir s'est reproduit pour la première fois en 
captivité dans les volières de M. Shore-Baily, en 1914. Cette 
espèce lui a paru robuste et prolifique. 

Habitat : ces Gros-Becs sont propres à la faune de Cuba. 



LES GKOS-BECS '6'6-j 

Le Petit Chanteur de Cuba ou Sincerini {Euetheia canora). 
Le mâle ne dépasse pas la taille d'un Astrild ; il esl \eil 
sur la face supérieure du corps ; un masque noir de velours 
couvre la l'ace ; un large demi-collier jaune d'or entoure ce 
masque ; la poitrine est noire et cette couleur se dégrade en 
gris sur les côtés et le ventre. 

La femelle ressemble au mâle, mais la face est gris-brun 
noirâtre ; le collier jaune est moins large et couleur de paille ; 
la poitrine gris-noir ; elle est sensiblement plus petite que 
le mâle. 

Rare autrefois, cet Oiseau s'importe maintenant chaque 
année. Il se reproduit bien en volière. Est vif et toujours en 
mouvement. Il faut le tenir éloigné de toutes les autres es- 
pèces du genre et ne garder qu'un seul couple dans la même 
volière. 

Habitat : Cuba. 

Le Grand Chanteur de Cuba (Euetheia olivaced), partie 
supérieure du corps olivâtre ; une petite bavette jaune safran 
s'étend sous Je bec ; un trait noir passe sur le front et des- 
cend le long du bec et de la tache jaune de la gorge ; un 
trait jaune soir l'œil ; joues noires ; poitrine noire ; ventre 
et région anale gris-bleu. 

La femelle ressemble au mâle en des teintes plus effacées : 
le jaune safran devient jaune paille ; le noir manque à la 
poitrine qui est gris pâle, presque blanc. 

S'importe fréquemment aujourd'hui, mais est resté long- 
temps rare. Il n'est pas toujours paisible en volière ; il s'y 
reproduit facilement et s'y montre prolifique. J'ai été le pre- 
mier éleveur de cette espèce en France et ai donné un compte 
rendu de cet élevage dans la Revue Fronçaise d'Ornithologie 
(année igiS, p. 26 et suiv.). 

Habitat : Cuba, Jamaïque, Haïti. 

Le Catalogue of Birds (t. XII) cite deux sous-espèces : E. o. 
intermedia et E. o. pusîUa. Elles diffèrent d'E. o. oUvacea 
par le plus ou moins d'étendue du noir de la poitrine, E. pu- 
silla étant la plus fortement marquée. L'une et l'autre sous- 
espèces ont la bavette jaune. E. pusilla vit sur le continent 
au Mexique, dans l'Amérique centrale, au Panama, en Co- 
lombie. L'autre vit aux Antilles. 

I,e dernier représentant du genre, E. bicolor, diffère des 



338 l'oiseau 

autres par le manque de noir à la face et à la gorge. On le 
trouve aux petites Antilles, au Venezuela et en Colombie. Il 
existe une sous-espèce au plumage moins sombre, E. b. mar- 
chii, qui vit à la Jamaïque, dans les îles de Sainte-Croix, de 
Sainte-Lucie, etc. Mais beaucoup d'auteurs se refusent à la 
distinguer de l'espèce type. Ces derniers Oiseaux sont sen- 
siblement moins beaux que les précédents. En volière, ils 
se comportent comme E. olivacea. E. o. piisilla a produit des 
jeunes dans la volière de cet excellent éleveur d'Oiseaux exo- 
tiques que fut M. Reginald Phillips. 

Le Jacarini {Volatinia jacarini) est noir brillant avec des 
reflets bleus plus visibles à la tête et au cou ; quelques 
plumes grises apparaissent dans le plumage, surtout à l'au- 
tomne. Quand il vole, le blanc de neige de l'épaule devient 
visible. 

La femelle est brun olive, et a le dessous du corps blan- 
châtre rayé de petits traits gris-brun foncé. 

Il arrive chaque année quelques mâles, mais les femelles 
sont rarenient importées. Cet Oiseau est timide et doux en 
volière. Il s'y reproduit très aisément. La danse nuptiale 
du mâle est particulièrement curieuse : il agite les ailes et 
la queue et exécute des pirouettes singulières devant la fe- 
melle. Le Jacarini rappelle un peu le Combassou quant à 
1h couleur du plumage. 

Habitat : Amérique tropicale. 

Il existe une sous-espèce V. j. splendens, qui a été égale- 
ment importée. Elle vient de la Guyane et de l'Equateur. Le 
mâle diffère de l'espèce type par les sous-alaires qui sont 
noires au lieu d'être blanches. Lin couple de ces Jacarinis 
a niché cet été dans une de mes volières, mais n'a pu élever 
ses petits. 



NOTES SUR LES GALLINACÉS 
par Ed. H. LABBE 

I. — Relation d'un cas de refroidissement de Faisandeau 

PEU APRÈS LA NAISSANCE 

On croit généralement que les jeunes Faisandeaux ne peu- 
vent pas rester plus de quelques instants privés de la chaleur 
de leur mère et que le moindre refroidissement leur est 
fatal. Leroy, notre guide à tous, insiste beaucoup là-dessus 
€t j'avoue que, de mon côté, il m'est arrivé souvent de trou- 
ver, le jour de l'éclosion, des Faisandeaux inanimés parce 
qu'ils s'étaient un peu écartés de leur couveuse et qu'ils 
n'avaient pas pu revenir vers elle, ne comprenant pas sans 
doute son appel. Cela m'est même si souvent arrivé avec des 
Vénérés que, maintenant, je ne les laisse jamais plus éclore 
que dans des boîtes munies d'un volet mobile que je ferme 
pendant au moins 34 heures après l'éclosion. 

Mais je dois ajouter que toujours les Faisandeaux trouvés 
inanimés sont revenus à eux très rapidement lorsque je les 
ai réchauffés et qu'après quelques instants, il ne restait plus 
aucune trace de l'accident. Quelques-uns d'entre eux avaient 
cependant dû rester inanimés pendant assez longtemps. Je 
me souviens, en effet, d'un fait arrivé dans ma jeunesse, lors 
de mes débuts comme amateur. A cette époque, étant retenu 
par mes études-, je devais confier au jardinier le soin de s'oc- 
cuper de mes Faisandeaux. Il en perdait beaucoup. Sur une 
certaine table, ce brave serviteur déposait les cadavres que 
je Amenais contempler avec mélancolie les jours de congé. Un 
jour, j'en pris un tout petit dont la perte m'affectait parti- 
culièrement. Or, au bout d'un instant, je fus très étonné de 
voir qu'il remuait un doigt. Je le réchauffai et j'eus la grande 
joie de le voir complètement revenu à lui après quelques 
minutes. Une heure après, il courait avec les autres et man- 
geait très bien. Or. il y avait déjà quelque temps, combien, 
je ne pus me le faire préciser, qu'il avait été déposé sur la 
table des morts. 



34o l'oiseau 

Quoiqu'il en soit, je dois relater un double fait qui s'est 
produit en mai 192 1, sans essayer de le concilier avec les 
autres faits également certains de Faisandeaux tombés ina- 
nimés pour être restés séparés de leur mère pendant quel- 
ques instants. 

Donc, en mai 192 1, j'avais une Faisane de Lady Amherst 
couvant, dans le jardin, au milieu d'une haute touffe d'herbe, 
sept œufs, cinq d'elle et trois de sa sœur accouplée à un 
jeune Coq hybride (demi-Versicolore demi- Amherst). 

L'incubation, commencée le 24 ou le 26 avril, devait pren- 
dre fin vers le 17 ou le 18 mai. 

Le 17 au matin, il y eut une panique, provoquée sans- doute 
par le passage d'un chat. Craignant que mes œufs hybrides, 
que je savais fécondés et auxquels je tenais beaucoup, ne 
fussent pas en sûreté dans le jardin, je les retirai et ne laissai 
à la Faisane que ses cinq œufs, dont aucun n'était encore 
bêché. 

Le 18, le 19 et le 20, je jetai de temps en temps un coup 
d'œil discret du côté du nid, mais je ne vis aucun Faisan- 
deau se promenant en dehors des hautes herbes. D'ailleurs 
les hybrides mis sous une poule ne naquirent que le 19 et 
le 20. 

Le 21, à 2 h. 1/2 du matin, je fus réveillé par les cris de 
la Faisane. Je descendis en toute hâte au jardin et je trouvai 
la pauvre bête au pied de l'escalier de la maison, à trente 
mètres du nid environ, donnant des signes d'une violente 
terreur. J'essayai en vain de la faire retourner du côté du nid. 

Je mis la main dans celui-ci et je ne trouvai ni petit, ni 
œuf, je sentis seulement des débris de coquilles. Tous les 
œufs étaient donc éclos, mais tous les petits avaient disparu. 

La Faisane parcourut le jardin à une allure affolée jusqu'au 
jour. Ce n'est que vers 5 h. 1/2 qu'elle disparut dans les 
hautes herbes oij je la laissai tranquille. 

Vers 9 heures, je me promenai du côté des hautes herbes 
et j'y perçus le bruit spécial que fait entendre la Poule 
Amherst qui mène des petits. Elle en avait donc retrouvé un 
ou plusieurs. 

Ce ne fut cependant que le 28 que j'en aperçus un. J'en 
vis trois le lendemain 24. A partir de ce jour, ils vinrent avec 
leur mère manger ce que je leur apportai et je pus me con- 
vaincre qu'ils étaient trois sans plus. Il y en avait donc eu 



.NOTES SUR LES GALLINACÉS 3^1 

deux qui s'étaient perdus ou avaient été mangés par le chat, 
cause certaine de la panique, ou étaient morts de froid. Ce- 
pendant, trois avaient résisté au refroidissement pendant 
trois heures environ. La température de la nuit avait été de 
i8°5 minimum ; celle de 7 heures du matin (première portée 
sur le relevé officiel) était de 26°2 (le tout sous abri), le mi- 
nimum à découvert étant de 17° pour la journée du 21. 

De nouveau, le 27, à i heure du matin, je fus réveillé par 
les cris de terreur de la Faisane. Je descendis au jardin et 
je la trouvai seule dans un endroit découvert. Elle parcourut 
encore le jardin en tous sens jusqu'à 5 h. 20, moment où 
elle disparut dans les herbes ayant rallié ses petits, demeurés 
vivants tous les trois, comme je pus m'en assurer un peu 
plus tard en leur donnant à manger. 

Cette nuit-là la température était un peu plus basse (i6°2 
minimum sous abri ; i7°4 à 7 heures ; i5° minimum du jour 
à découvert) et vers 5 heures, il tombait une petite pluie fine. 
Le i4 juin au matin, les trois Faisandeaux qui avaient très 
bien poussé et qui couchaient dans les arbres avaient disparu 
sans laisser aucune trace. Au moment de la distribution de 
la nourriture, la mère était seule et je n'ai jamais su ce que 
les Faisandeaux étaient devenus. Sans doute un chat, toujours 
le même vraisemblablement, invisible le jour, mais rôdeur 
nocturne, avait dû essayer de s'en emparer et ils s'étaient 
envolés au loin, tandis que la mère, qui était éjointée, était 
restée dans le jardin. 

Encore une fois, je n'essayerai pas d'expliquer comment 
les Faisandeaux avaient pu, notamment dans la nuit du 20 
au 21, à une époque très Aoisine de l'éclosion, rester séparés 
de toute source de chaleur pendant 3 heures. Je ne m'arrête 
pas à l'hypothèse d'après laquelle la mère les ayant retrouvés 
inanimés le matin les avait rappelés à la vie, comme j'ai 
observé que cela pouvait être fait facilement par l'éleveur. 
Cela supposerait en effet : 1° que la Faisane en aurait retrouvé 
trois rassemblés en un même endroit ; or l'expérience dé- 
montre que lors des paniques, les Faisandeaux s'éparpillent 
et mes investigations m'avaient prouvé que le nid était vide ; 
2° que la Faisane se serait donné à tâche de réchauffer 
des petits corps inanimés ; or l'expérience démontre que la 
mère se désintéresse des petits étendus à terre, ne remuant 
plus et ne criant plus. 



342 l'oiseau 



II. — Notes au sujet du refroidissement des œufs 

PENDANT LE COURS DE L 'INCUBATION 

Lorsque je relatais (La Basse-Cour Française, 1928, p. 89) 
que j'avais constaté qu'un œuf était resté, pendant 36 h. 1/2, 
en fin d'incubation, dans les conditions d'un œuf abandonné, 
sans perdre sa vitalité, a par une assez forte chaleur », j'au- 
rais peut-être bien fait de préciser quelle était cette chaleur. 
Voici, d'après le relevé officiel, quelle a été la température 
pendant les trois jours d'expérience (sous abri) : 

28 août : minimum, 2o°8 ; maximum, 34°5. 

29 août : minimum, 23°5 ; maximum, 36°5. 

30 août : minimum, 25°4 ; maximum, 34°7. 

Je viens de renouveler l'expérience, mais sur des œufs tout 
à fait au début de l'incubation, cette fois. 

Le 2 août, vers 5 heures du soir, je trouvai une petite 
Poule de Barbarie couvant trois œufs sous un oranger. 
Il y avait quelques jours que je n'avais pas eu le temps de 
visiter le nid, et je ne savais- pas à quel moment la petite 
Poule avait commencé à couver. J'enlevai les trois œufs. 
J'en mis deux dans le nid d'une autre petite Poule que je 
soupçonnais d'être sur le point de commencer à couver à 
son tour et dont je pris les œufs pour les donner à un ami. 
Quant au troisième, un peu plus gros que les autres, je le 
mis dans l'eau bouillante pour m'en servir le lendemain 
matin à la confection de la pâtée de petits poussins. 

Quand je l'ouvris pour hacher le contenu, je constatai 
qu'il présentait l'aspect d'un œuf ayant subi un commence- 
ment d'incubation et dont le poussin est déjà en cours d'évo- 
lution : jaune réduit en bouillie, blanc pris en masse dure 
ayant la consistance du cartilage et embryon nettement recon- 
naissable. 

La petite Poule, dans le nid de laquelle j'avais placé les 
deux œufs, s'installa pour couver quarante-huit heures après, 
le 4 août, à l'heure du percher. Je la laissai tranquille et ne 
lui ajoutai pas d'autres œufs, n'ayant pas besoin de pous-sins 
et m'en tenant à l'expérience en cours. Je me contentai de 
vérifier, quelques jours après, que les œufs étaient fécondés 
et évoluaient. 



KOTES SIU LES GALLLNACÉS 3/|3 

Le 2 1 au matin, l'un des poussins était né, l'autre naquit 
le même jour dans le courant de l'après-midi 

Il y avait 17 jours que l'incubation avait repris lorsque 
le second naquit. En admettant que, vu la température, l'in- 
cubation n'ait duré que 20 jours, les œufs devaient être en 
incubation depuis trois jours lorsque j'avais interrompu 
celle-ci le 2 août. 

Voilà donc un nouveau cas d'interruption, sans aucun dom- 
mage (car les poussins sont en excellente santé), pendant 
hS heures, et cela au début de l'incubation, époque cepen- 
dant considérée comme particulièrement périlleuse par beau- 
coup d'auteurs. J'ajoute que le nid était en plein air, caché 
simplement par des touffes de hautes herbes, alors desséchées. 

La température était : le 2 août, sous abri, minimum iS"/!, 
maximum 35°4 ; le 3 août : minimum i9°3, maximum 32°5 ; 
le 4 août : minimum 21 "7, maximum SS^a ; c'est-à-dire à 
peu près semblable, légèrement plus basse cependant, que 
lors des expériences de l'an dernier. 

Il serait intéressant évidemment de faire les mêmes expé- 
riences plus tôt en saison, lorsque la température est moins 
élevée. Pour ma part, je ne pense pas que cela ait une grande 
influence. Du moment que la température est suffîsammeni 
chaude pour que le poussin ne soit pas tué pnr le froid, peu 
doit importer le degré exact s'il est inférieur à celui 
où l'embryon recommence à se développer. Mais c'est à véri- 
fier. Si je ne l'ai pas fait jusqu'ici, c'est qu'en bonne saison 
j'ai généralement besoin de toutes mes couveuses pour faire 
de l'élevage pratique et que je n'ai pas le moyen d'en dis- 
traire pour des expériences. Un jour ou l'autre, cependant, 
je ferai ce sacrifice. 

III. — Influence de la captivité 

SUR LA FÉCONDITÉ d'uNE FaiSANE d'AmHERST 

A priori, j'aurais cru que la liberté augmentait l'aptitude 
à la ponte ; j'avais lu le contraire et l'expérience de ladite 
Faisane, sans parler d'autres pour lesquelles les données 
sont moins précises, à cause des circonstances, vient démon- 
trer que la seconde opinion est bien la bonne. 

Il s'agit d'une Faisane née en 1918. 



344 l'oiseau 

Pendant l'année 191 9, elle était en parquet avec une autre. 
Ensemble elles donnèrent 5i œufs, soit 25 par tête. 

Pendant l'année 1920, elle était encore en parquet, seule 
cette fois. C'est alors qu'elle me servit à faire des hybriàes 
demi-sang avec un Coq Versicolore. Elle m'a donné, cette 
année-là, 34 œufs, le premier pondu le i5 avril, le dernier 
le iG juillet. 

Pendant l'année 1921, elle était en liberté dans le jardin 
avec un Coq d'Amherst. Elle pondit son premier œuf le 
8 avril et se mit à couver le 24, après avoir pondu son sep- 
tième œuf. Les trois petits qu'elle élevait ayant disparu 
(comme Je le raconte autre part), le i4 juin au matin, je 
pensai que, peut-être, elle ferait une nouvelle ponte. Il n'en 
fut rien. Elle ne produisit donc en toute cette année-là que 
7 œufs. 

En 1922, elle était encore en liberté dans le jardin. Elle 
pondit son premier œuf dans le début du mois d'avril 
(j'ignore le jour exact parce que j'étais en France, que je 
ne rentrai à Tunis que le 7 et que je ne trouvai le nid que 
le lendemain, 8.) Ce nid contenait déjà 3 œufs. Elle en pon- 
dit 12 et commença à couver, après le douzième, le 2 mai. 
Fréquemment dérangée, sans doute la nuit par les chats, 
elle déplaça plusieurs fois son nid pendant le cours de l'in- 
cubation et la couvée manqua complètement. Je pensais 
que, cette fois, elle ferait une seconde ponte. Il n'en fut 
rien. Elle ne produisit donc en tout cette année-là que 
12 œufs. 

Enfin, cette année-ci, en 1923, elle était tout d'abord en 
liberté. Elle pondit son premier œuf le 6 avril Fréquem- 
ment dérangée par les petites Poules- de Barbarie qui ve- 
naient pondre avec elle, elle ne paraissait pas devoir se déci- 
der à couver en liberté. D'ailleurs, vu l'insuccès des couvées 
en plein air les deux années précédentes, je jugeai qu'il 
valait mieux la faire couver en parquet. Le 11 mai, alors 
qu'elle avait pondu i5 œufs déjà, je la mis en parquet. Mais 
j'eus beau lui laisser ses œufs pour la décider à garder le 
nid. elle continua à pondre jusqu'à ce qu'elle ait donné 
37 œufs, et elle s'arrêta sans se décider à couver. 

Ce dernier point n'a d'ailleurs pas une grande importance 
puisqu'une autre Faisane a couvé en parquet après son 5i' 
œuf. Je veux seulement souligner que ce ne semble pas être 



NOTES SUR LES GALLINACÉS" 345 

parce qu'elles éprouvent le besoin de couver lorsqu'elles ont 
réuni un certain nombre d'œufs qu'elles arrêtent leur ponte 
en liberté, mais parce que, dans ces conditions plus natu- 
1 elles, elles commencent à couver lorsqu'elles ont donné un 
nombre d'œufs normal, tandis qu'en captivité, parce que 
leur situation est plus anormale, sans doute, elles continuent 
à pondre même après avoir au nid une quantité d'œufs supé- 
rieure à celle d'une couvée normale. 



CHRONIQUE ORNITHOLOGIQUE 

Notre collègue M. Reginald Paget, qui a installé dans sa 
villa de Biarritz une série de volières pour Loris et Insépa- 
rables (Agapornis), nous écrit : 

« J'ai été surpris, il ya environ i5 jours, de trouver dans 
une bûche un jeune hybride de Lori à collier rouge (Tricho- 
glossiis rubritorqu.es) et de Lori orné (Trichoglossus ornatus). 
Ce jeune a environ i5 jours aujourd'hui et semble bien se 
développer. J'espère qu'il vivra ; sauf erreur, je n'ai jamais 
vu cet hybride et n'ai jamais ouï dire qu'il ait été élevé en 
volière. » 

C'est en effet la première fois que cet hybride est né en 
Europe. Le Lori orné lui-même, originaire de l'Ile Célèbes, 
se rencontre assez rarement en captivité, en Europe, ce qui 
est fâcheux, car c'est un fort bel Oiseau. 



La Société a reçu de bonnes nouvelles de M. Delacour, ac- 
tuellement en Indo-Chine. Il nous écrit : 

(( Je viens de visiter Ceylan. On y voit assez peu d'Oiseaux. 
J'ai rencontré des Corbeaux partout, C. splendens et C. ma- 
ci'orhynchus . J'ai vu souvent des Zosterops, diverses Fau- 
vettes, des Crateropus, des Colombes turverts et à nuque 
perlée, quelques Hérons. On aperçoit parfois dans les bran- 
ches des Barbus et des Perruches, surtout la Perruche à tête 
bleue (Palœornis cyanocephala)... J'ai commencé à rassem- 
bler quelques Oiseaux pour les rapporter en France, notam- 
ment des Palœornis calthropœ. » 



346 l'oiseau 



Erratum. — Dans le chapitre sur les Sucriers, écrit par 
M. Delacour, à la veille de son départ pour l'Orient, s'est 
glissée une erreur. M. Delacour écrit, à propos du Guit-Guit 
bleu {Cyanerpes cœriilea), p. 289, ligne 5 : « La femelle et 
le mâle en éclipse sont verts... ». C'est : « mâle en plumage 
de jeane » qu'il faut lire. En effet, ce Guit-Guit ne subit 
aucun changement de couleurs quand il a une fois revêtu 
son plumage bleu. Il est probable que le Guit-Guit Saï (C. cya- 
nea) est la seule espèce du genre qui perde son beau plumage 
bleu après la saison des amours. 

A. Decoux. 



TABLE DES MATIÈRES 



TABLE ALPHABÉTIQUE DES AUTEURS 

DONT LES ARTICLES SOM PUBLIÉS DANS CE VOLUME 



Berlioz (J.)- — Le? Perruches américaines 207, 239 

Butler (Dr Arthur). — Les Fringilles 397 

Chaudet (Eugène). — Ma volière pour petits Oiseaux i38 

Darviot (H.). — LTIypolais philomèle 117 

Darviot (H.). — Le Loriot 6.^ 

Decol-x (A.). — Les Astrilds, les Munies et les Diamant; 217, aii 

Decoux (A.). — Les Gros-Becs 32i 

Dhcoux (A.). — Mes élevages d'Oiseaux en 1922 Sg, 72 

DeIgoux (A.). — Elevage du Sfephanophore — Stephanophonis leu- 

cocephalus (Viell.) 287 

Delacour (J.)- — Une collection de Gallinacés en Italie i8.5 

Delacour (J.). — La collection d'Oiseaux de M. Paul Vendran, à 

Montélimar, (Drôme) 2o3 

DeJlacour (J.).^ — Elevage du Martin à ailes noires — Grdculipica 

melanoptera (Daud.) • • 235 

Delacour (J.). — Indications générales sur l'installation, la nour- 
riture, les soins et achats ■ 3 

Delacour (J.). — Les Oiseaux de Boyers House 93 

DiâLvcouR (J.). — Les Oiseaux de Clères en if)23 3i6 

Delacour (J.). — Les Oiseaux de Woburn 37 

Delacour (J.). — Les Drongos 92 

Delvcour (J.). — Les Etourneaux ii3 

Delacour (.T ) . — Les Loriots 90 

Delacour (J.). — Les Tangaras 265 

Delacour (J.). — Les Troupiales la'i 

Delacour (J.). — Les sucriers . . • • 287 

FEun.LÉE-BrLLOT (M™e A.). — Mes Mulets de Charrlonnerel i3'i 

Godard (A.). — Les Volières à grillage mobile i56 

IIoL'SDiN (James B.). — Histoires de forêt tropicale 258 

Labbe (Ed. H.). — Notes sur les Gallinacés 33;i 

Lacger (F. de). — La Colombe plumifère — (Lophophaps leuco- 

gaiter), S, ao.'i 

Lacger (F. de). — Le Geai vert à tête bleue du Venezuela — [Xnn- 

thiira cœruleocephala) 107 

Lacger (F. de). — Le Rossignol bleu — (Sinlia sialis) 290, 3i5 

LÉCALLIER (M™«). — Elevage de la Colombe de Smith — Genphaps 

smithis (Jard et Selby) 23i 

Legendre (M.). — Les Rouges-queues 162 

LoYi<R (Maurice). — Bêtes et gens d'autrefois — Les Tourterelles 

de la Duchesse de Bourgogne 0^ 



348 



L OISEAU 



Meade-Waldo (E. g. B.). — Les Corvidés (Corbeaux, Geais, Pies).. ?i 

Pam (Major A.)- — La construction d'une volière iù 

Richard (D""). — L'élevage du Cordon-bleu en appartement i35 

RouGÉ (Comte E.i de). — Exposition — Concours d'Oiseaux de cage ■ 

et de volière de Verviers (Belgique) 76, loA 

Seth-Smith. — Les Oiseaux de Paradis et les Oiseaux h berceaux ig 

Shore-Baily (W.). — Elevage du Moineau de Benguella — Passer 

jagoensis (Gould) • • 39/4 

Shore-Baily (W.). — Elevage de la Perruche d'Azara — Pyrrhura 

Chiripepe (Viell.) 292 

Shore-Baily (W.). — Les Tisserins 169, 198 

Shore-Baily (W.). — Les Veuves i â5 



INDEX ALPHABÉTIQUE DES OISEAUX 

MENTIONNÉS DANS CE VOLUME 



Acanthis cannahina 3o6 

— cUrinella 3oC 

— flavirostris 3o6 

— Uiiaria 3o6 

— rufescens 3o6 

Accenteur mouchet 77 

Acridotheres ginginîanus .... 118 

— tristis 118 

.•Ehirœdus buccoides 63 

— melanocephalus . . 63 

— viridis 63 

Ethiopsar cristatellus 119 

— fuscus 118 

— grandis 119 

— javanicus 119 

Agami 3i8 

Agnpornis taranAa i42 

— à tête rouge 261 

\gelaius flavus 128 

— frontalis 128 

— humeralis 128 

— icterocephalus 128 

— phœniceus 128 

— mficapillus 128 

— thilius 128 

MdPinosyne cantaiis 2^4 

— malabarica 2 A4 

— modesta 260 

Aigle bateleur 261 

Aigle bateleur d'Afrique io5 

Aigrette (Petite) 206 

1 ix sponsa 96 

A lario alario 3o5 

Alecto 200 



Alouette 106, 206, 261 

— des champs 77 

— des déserts. 96 

— à joues blanches. .95, 97 

— Lulu 77 

Amadina erythrocephala .... 245 

— fasciata 2 45 

— — alexanderi 245 

— — meridionalis 2 45 

Amadine à tête rouge 245 

Amaranthe 48, 225 

_ — enflammée 226 

— de Jameson 225 

— pointillée .... 74, 225 
— ■ rare 226 

— rouge foncé 225 

— à tête brune 226 

Amauresthes fringilloides . . . 243 

Amblycercus holosericeus ... 126 

— solitariiis 126 

Amhlyornis subalaris 6i 

Amblyospyza albifrons 199 

Amhlyramplius holosericeus. . 129 

Ammomanes deserti qS 

Ampeliceps coronatus 120 

Amydrus morio 128 

Anas undulata i43, 820 

A nihropoides virgo 96 

Aphelocoma sordida 86 

Aprosmictus cyanopygius .... 42 

Aramiâes chericote 3iS 

Argus 1 44, 206 

Arremon aurantiirostris 273 

Astrarchia stephaniœ 52 



TABLE DES MATIERES 



349 



Aslrild 7. 9. 13, 27, i/i5 

206, 217, 2/11, 
Astrild amarante 

— aurore 

— à face routro.... 

bleu 

— — du Cap 

— — à queue noire.. 

— Caille 

— à lunettes.... 

— — masque noir -jh 

— à croupion rose 

— de Dufresne 

— gris : 

— — bleu ou Queue- 

de-Vinaigre 

— à joues oranges 

— — noires 

— à masque noir ou 

Amaranlhe masqué. 

— à masque noir ou 

Amaranlhe masquée 

d'Abyssinie 

- — à moustaches noires. 

— ondulé ou de Sainte- 

Hélène 

— de Sydney ou Bec de 

cire 

— à tête noire 

— à ventre orange 74, 
_ _ _ du 

Cap 

Auripasser eiichlorus 

— lliieus 

Aufiuche 

Barbu 

— perlé 

Barge rousse 

Bathilda ruficauda 

Beau-Marquet 76, 

— de Wiener . . . 
Bec d'argent j!i8, io5, 

— de corail io5, i35, 

— croisé 77, gS, 297, 

— — bifascié 

— de plomb io5, 

Bengali 8, 

— de Chine 

— cordon-bleu 

— à joues oranges 

— piqueté 

— rouge ti8, 

— à ventre jaune 

— vert 

Bergeronnette i58, 

— printanière . . . 
Bernache k cou roux 



2C1 
io5 
237 
327 
220 
74 

223 
227 
228 
228 
221 



222 
!23 

95 



222 
122 



220 
221 
2a3 

228 

3l2 

3l2 

JO 

l/,2 

2 -'19 
22O 
22G 
24/1 
220 
3j9 
3o9 
244 
224 
224 
io5 
io5 
io5 
74 
.j4 

2i4 

206 

77 



Bernache cravant .... 

— de Magellan.. 

— nonnetle .... 

— à tête crrise.. 

— à tête rousse 

Blongios 

Bolborhynchus andicola .... 

— aiirifrons .... 

— aymara 

— lineolatus ... 
Bouton d'or i5, 37, 

— jaunâtre 

— de Pelzeln .... 
Bouvreuil 77, i35, 20C, 

— du désert 

— noir 

— — de Cuba 

— à poitrine grise.... 

— • à tête rouge 

Branta rufina 

Brotogerys chiriri 

— chrysopterus 

— jugularis 

— var. apurensis . . . . 

— pyrrhopterus 

— \tirica 

— tui 

— tuipnra 

— virescens 



.. 37 

96, 3 19 

.. 37 

37, Si-;» 



Bruant 



— fou 

— jaune 

— ortolan 

— à poitrine jaune 

— des rochers 

— des roseaux 

— zizi 

Buarremon brunneinucha ... 
Bubo bengniensis 

— maculosus .'. 

— virginianus falklandicus 
Buchanga assimilis 

— cœrulescens 

Bucorax 

Bulbul Arsinoe 

— à joues blanches... 43, 
Buphaga africana 

— erythrorhyncha .... 

Buthraupis cucullata 

Butor 

— tigrisome 

Cacatoès à huppe jaune 

— rosalbin 

Caille 4o. 66, 

— de Coromandel 

— de jungle 

— naine 



20C 
233 

23» 
232 

233 
3i3 
3i4 
3i3 
3io 
3ii 

97 
336 
3ii 
3 10 

96 

33l 
232 
282 
232 
232 
23l 

282 
282 
281 
i35 

77 
77 

95 
95 
77 
77 

273 
95 
95 
95 
92 
92 

261 

i4? 

189 

123 

H23 

277 
261 
261 

2l5 
2l5 

206 

206 

97 

20O 



35o 



L OISEAU 



Caille plombé* 

Calfat 

Callisle 

CalUsle argentea <. . 

— artlnisi 

— atricapillu 

— auriilenta 

— boliviana 

— brasiliensis 

— cayana 

— cyaneicollis 

■ — cyanocephala 

— ayanoptera 

— cyanopygia 

— desmaresti 

— fastuosa 

— festiva 2G7 

— flava 

— flaviventris ■••• 



— giVUata 



■ — gyroloides 

- — icterocephala 

— labradorides 

— lunigera 

— média 

— melanonota 

— nigriviridis 

— paradisea 2G9 

— pretiosa 

— ruficervix 

— rufigularis 

— Ihoracica 

— tricolor 289, 2G9, 

— vielloti 

— intriolina 

— yeni 

Callocitta formosa 

Callothrus œneus 

Canard 19, 25, 26, 87, 

— d'Amérique 

— • de Baiijarie sauvage. 

• — à bec jaime .... 1/12, 

— — rose 

— • — tacheté 

— carolin 19, 96, 

— du Chili 

— Cliipeau 

— col-vert 

— mandarin 19, 

— Milouin 

— siffleur 

— — du Chili ..... 

— — d'Europe .... 

— — huppé 

Canari... io5, i35, i38, 206, 
Capucin i35, 



2/l5 

265 
283 
280 
283 
280 
282 
282 
281 
282 
267 
282 
282 
281 
279 
279 
281 
282 
280 
281 
280 
282 
282 
282 
281 
282 
278 
281 
282 
280 
279 
279 
282 
280 

379 

80 

127 

lU 

3 19 

3i9 

3i9 

96 

819 

3 1,9 

819 

3i9 

38 

38 

019 

38 

96 

3i9 

9*5 
3o3 
i45 



Capucin à plastron 246 

— . h tête blanche 2/16 

— — noire 2^5 

— à ventre blanc 266 

Cardinal 10, 37 

— gris 268 

— à huppe droite .... 829 

— rose 33o 

— rouge 259, 828 

— vert 189 

Cardinalis cardinaUs 828 

— — canicau- 

dus 329 

_ _ flofidn- 

nus 829 

— — igneus. . 829 

— — super- 
bus 829 

— phœniceus 829 

Carduelis caniceps 801 

— elegans 95, 800 

— major 800 

Carouge 259 

— à ailes marron 128 

— brillant 128 

— bronzé 127 

— à épaulettes brunes. 128 

— — jaunes. 1,28 
. — . — rouges 128 

— noir 128 

— pourpré 128 

— soleil 129 

— soyeux 128 

— à tête jaune 129 

Carpodacus erythrinus 807 

— mexicanus 807 

— purpureus 3o7 

Casarca 37 

Casoar 20 

Casse-noix S8 

Cassicus affmis 126 

— persiciis 12C 

Cassidix 126 

Cassique 126 

— à dos. jaune 126 

— — rouge 126 

— huppé (Grand) .... 126 

— de Montczunia 
(Grand) 126 

Céréopse 38 

Chalcopélie 261 

Chanteur d'Afrique.... 9, i5, 

95, io5, 8o5 

— à croupion jaune.. 95 

— de Cuba 9, i5 

— — (Grand) 



TAULE DES MATIEHES 



35 r 



(;ii;iriteiir de Cuba 97, 337 

_ _ (Petit) 

97. 336 

Cliardonneret . . 77, 96, i3/i, i^B 

— d'Europe 3oo 

— oriental 3oi 

— de Sibérie .... 3oo 

Cliibia hottenlotn 92 

Chlaniydodera maculata 63 

Chloëphagn mngellanica 96 

C.hloris 3oi 

Ç.hlorophanes spiza 299 

Chlorophonia frontalis sSO 

— lonf/ipennis .... 286 

— occipitalis .... 286 

— viridis 286 

Chloropsis aurifrons 189 

Chlorospingiis ophfalmicus . . 273 

Chocard des Alpes 83 

Choucas 82 

(^hrysochlora phœnicotis .... 283 

CAcinniiriis regius 5o, 56 

Cigogne 20 

— épiscopale 261 

Cini i35, 3o3 

Cinnamopteryx 396 

Cinnyricinclus leucogaster ... 121 

— — leu- 
cogaster verreauxi .. 121 

Cissa venatoria 88 

<Assilopha beecheyi 86 

— sanhlasiana 86 

— yucatanica 86 

Cissopis leveriana 270, 272 

— major 272 

Coccothraustes coccothraustes. 323 

biivryi 323 

Coccothraustes coccoi^hraustes 

humei 32 3 

Coccothraustes coccothraustes 

japonicus 3^3 

Cochevis .huppé 77 

Cœreba chloropygia 288 

— flaveola 388 

— luteola 288 

— martinicana 288 

Cohl^ri C, 9, 29, 206, 260 

Colin Z,o 

— de Californie 96, 206 

— de Cuba 206 

— hybride écaillé x Cali- 

fornie 97 

^ — du Mexique 97 



Coliuspnsser albonotatus i46, i53 

— ardens. 90, i46, ï5i 
-^ — concolor loa 

— eqiies i54 

— laticauda gS, i46, i5a 

— inacrura. . . . i46, i54 
Colombe.. 12, 22, 27, 39, i85, 206 

— à ailes vertes /jo 

— de Barbarie 4o 

— du Cap 4i 

— diamant 96, 206 

— écaillée 206 

— humérale 4o 

— lophote 4i, 2(5 

— à masfiue de fer. 97, 206 

— du Mexique 260 

— à oreillons 97 

— Picui 97 

— plumifèrc 254 

— poignardée lu, 206 

— rieuse 4i 

— rousse 96 

— du Sénégal 4o 

— de Smith 234 

— à tête bleue 296 

— tigrée 96 

— tranquille... 4o, 97, 2i5 

— triste 259 

— zébrée qj 

Colombi-galline de la Marti- 
nique 4o 

Columbula picui nn 

— talpacoti ç)6 

Combassou io5 

Cojnpsocoma tTotabilis 277 

— somptuosa .... 277 

Conuropsis carolinensis 211 

Conurus acmticaudus 211 

— aureus 210 

— auricapillus 209 

— aztec 2ip 

— cactorum cfi 

— canicularis 210 

— euops 210 

— Finschi 209 

— guurouba 208 

— hœmorrhous 211 

— holochlorus 210 

— jendnya 208 

— leucophtalmus 210 

— Maugei 210 

— mitratus 209 

— nanday 209, 23i 

— nanus 210 

— ocularis 97 



352 



L OISEAU 



Conurus œruginosus 210 

— pertinax 210 

— rubrolarvatus 209 

— solstitialis 208 

— \Vagleri 209 

Coq de Bankhiva iW 

— Java ilil\, 167 

Corbeau 81, 12/1 

— (Grand) 82 

— barbu 82 

blanc loi 

— corneille 77 

— à cou blanc 261 

— à scapulaire 82 

— aux yeux bleus .... 82 

Corbiveau d'Abyssinie fl 

Corcorax melanoramphus . . 83 

Cordon bleu, Z18.1 gB, 97, i35, 219 

Cormoran 2Z1 

Corneille de l'Inde 82 

— mantelée 82 

— noire 82 

Corvultur crassirostris 82 

Corvus australis 82 

— cora.r 82 

• — niacrorhyiichus 82 

— scapulatiis 82 

— splendeus 82 

Coryphos>pingus cristatus ... 288 

Coscorobas hk 

Cou-coupé .. 48, io5, i35, 245 

Crave d'Australie 83 

— à bec rouge 83 

Creatophora cariu^culata iii6, 162 

Crossoptilum inandchuricum . 96 

Crypf.orhina afra 88 

Cyanerpes cœrulea 289 

— cyaneus 206, 287, 288 

— hicidus 289 

Cyanocitta coronata 85 

— cristata 85 

— diadematn 85 

^- stelleri 85 

Cyanocompsa ayanca 327 

— . parellina 328 

Cyanocorax chrysops 86 

— cœriileus . . 87, 95 

— cyanomelas .... 8G 

— cyanopogon 80 

Cyanolyseus hyroni 212 

— patagonus 212 

Cyanopolius conki 83, PS 

— sinensis . . 83, 89 
Cygne 19, 25 

— de Bewick 38 

— . à col noir 44 

— trompette 38 



Ciygnus buccinaior 38 

dynniris afer 206 

— am0*,hystina 206 

Dacnis bleu 289 

— cayana 289 

— nigripes 289 

Damier commim 243 

— de Cochinchine .... 244 
Demoiselle de Numidie .... 96 
Dendrocitta hinialayensis .... 88 

— rii'/a ". 88 

— sinensis 88 

Dendrocygna aiitumnalis .... 820 

— discolor 820 

Dendrocygne à bec rouge du 

Mexique 320 

— de Java 819 

— veuf 3i9 

Diamant 9, 12, 27, i45, 

206, 240, 217, 247 

— à bavette 262 

— de Bichenow .... 78, 25o 

— — à croupion noir 25o 
■ — de Gould 74, 97, 189, ai5 

— — à tête jaune .... 253 

— — — noire .... 253 

— — — rouge .... 252 

— à gouttelettes 78, 2i5, 25i 

— de Kitlitz 254 

• — ?i longue queue 48, 78, 

2l5, 252 

— mandarin 2i5, 25o 

— masqué 2i5 

— à masque 78, 252 

— mirabilis 2 1,5 

— modeste 25o 

— à oreilles blanches . . . 252 

— — rouges .... 25i 

— de Peale 254 

— Phaéton ... 78, 2i5, 249 

— psittaculaire 78, 254 

— quadricolore 253 

— à queue de feu 261 

— — rousse 249 

— tricolore 78 

Diatropura progne 95, i46, i49 

Diglossa personnta 289 

Dindon sauvage . . 18, 22, 88 

Dinemellia bœhmi 200 

— dinemelli ...i42, 199 
Diphyllodes magnifica 206 

— — hunsteini 58 

Dissenuirus paradiseus 98 

Diuca minor 95 

Diucopis fasciata 272 

Dolichonyx oryzivorus 127 

Domino 48, 244 



TABLE DES MATIEKES 



353 



Donacola castaneiithorax .... 240 

— flavijjryinna 2^7 

— [)ectoralis ^47 

Donacolc; commun 2,'|(J 

— à poitrine blanclic 2/17 

— à tête blanche ... 2/17 

Draine 77 

DrepanopIeCites jdcksoni . yô, 

i4<J, i54 

Drepanornis cervinicauda ... 5i 

Drongo à raquelles 93 

Dur-Bec 809 

Dyal i3o 

Edolius forficatiis 92 

Ëniberiza flaviventris g5 

Eniblema picta 2/19 

Emblème peinte 2/19 

Emeraude (Petit) 5o 

Emeu 20 

Eophona melanura 328 

— personata 323 

Eperonnier chinquis ... gG, 20G 

Eperv'ier 22 

Epiinachus meyeri 62 

Erythrosjjiza githaginea .... 3ii 

— indica 3o8 

Ery^hrura peali 25/t 

— prasina 253 

— psittacea 254 

— trichroa 73, 254 

Estrilda astrild 221 

— atricapilla 221 

— cinerea 220 

— cœrulescens 222 

— erythronota ... gb, 222 

— incana 228 

— larvata 222 

— massaica 1 48 

— paludicohi v. i48 

— rhodopyga ... i)42, 221 

— temporalis 228 

— vinacea 222 

Etourneau 12, i5, 28, 77, 

ii3, ii5, 124 

— améthyste 121 

— chauve 120 

— militaire 129 

Eudocimus ruber 96 

Euetheia bicolor 887 

— — marcha ... 338 

— canora 97, 336 

— lepida 97 

— oJivacea 887 

— • — intennedia 887 

— — pusilla.... 887 
Eulabes intermedia 119 

— javanensis 120 



Eulabes plilugenya 

— religiosus .... 
Euplionc c\ pla.stron . . 

— violet 

Eup)ionin cayana 

— elegantissinia 

— flavifrons .... 

— hirundinaceu 

— hypoxantha .. 

— laniirostris 

— inusica 

— nigricollis . . 

— oUvacea .... 
- — pectùralis 



— satiirutn 

— violacen 

Evèque bleu du Brésil 

— — à épaulettes brunes 
• — lazuli 

Faisan 10, 18, 89, 

— d'Amherst. . 38, 77, 

ii8G, 206, 2G2, 

— argenté 22, 186, 20G, 

— doré 186, 206 

— — charbonnier .... 

— d'EUiott 188, 

— de Formose 

— Ho-Ki 22, 89, gG, 188, 

— de Horsfield 

— leucomèle 

■ — de Mongolie 

— ■ noble i44, 

— prélat 22, 

— du Prince de Galles . . 

— de Reynaud 

— de Swinhoe 22, 186, 

— vénéré 22, 88, 186, 206, 

— versicolor .... 77, 18G, 

— de Wallich 



1,2 O 

"9 
285 

285 
285 
285 
285 
285 
285 
285 
284 
284 
285 
285 
285 
285 
827 
827 
328 
339 

343 
2G2 
262 
186 
20C 
18O 
206 
186 
186 
188 



88, 206 



Fauvette 



— babillarde 

— grisette 77, 

— des jardins- . . iSg, 

— Orphée 65, 

- — à tète noire 77, 189, 

Freux 

Flammant 22, 24, 

— du Chili 

— rose d'Afrique . . 

— rouge du Mexique 
Foudi 

— jaune 

Foiidia flavicans 

— madagascariensis 
Frnncolin 

— à pieds jaunes .... 

— — rouges 



18G 
20G 
262 
206 
186 

I 1,2 
189 
189 
206 
189 
20G 
82 

44 
3i8 
3i8 
3i8 
197 



197 
206 
261 
261 



354 



L OISEAU 



FringiUa cœlebs 

— mnderensls 

— montijrlngilla 

— te\yâea 

FringiUaria tahapisi . . . 

Friquct 

dallus varius 

Ganga 

Garde-bœufs 

(iarrulas hispeciilaris 

— glandariiis . . 
Geai 

— Acahé 

— azuré 

— de Beechey 

— bleu 

— — et noir . . . . , 

— du Canada 

— couronné 

— geng 

— de l'Himalaya . . 

— lancéolé 

— de Lidth 

— ?i longue queue 

— du Mexique .... 

— du Pérou 

— de San Blas 

— de Sibérie 

— de Siebers 

. — de Steller 

— du Venezuela . . . . 

— vert ;t tête bleue 

— du Yucatan 

Geocichla litsipsirupa 
Geopelia cuneata 

— humeralis 

— ^ siriata 

— tranquilla . . . 

Geophaps smithi 

Geotrygon chrysia . . . . 
Glossoptila ruficollis . . 
Gnathosittaca icterotis 

Gobe-mouches 

Goéland 

Gorg«-4>leHe 77 



93. 



i5, 28, 
.'.'.' 87, 



i3o, 



Goura 

GrncuUpica melannY)iera 117, 

— nigricoUis 

Grand-Duc du Bengale 

— des Iles Falkland 

— tacheté d'Afrique 

Grenadier 

Grenadin 76, 

— à poitrine bleue.. 

Grimpereau 

Grive i5, 28, 112, 

— draine 



299 
299 
299 
299 
95 

3l2 

1G7 
2C1 
261 
85 
83 
83 
8G 

95 

80 
85 
80 
85 
85 
86 
85 
85 
85 
85 
87 
87 
80 
84 
8G 
85 



86 

95 

96 

ho 

97 

97 

234 

296 

288 

211 

29 

24 

206 

10 

235 

117 

95 

95 

95 

172 

220 

220 

162 

206 

95 



Grive de Kurrichaine gS 

— mauvis. 77 

. — musicienne 77 

— olivâtre 96 

— tachetée gS 

Gros-Bec d'Abeilles 326 

— des Etats-Unis .... 826 

— d'Europe 323 

— jaune du Mexique 325 

— — du Venezuela 325 

— jaune et noir .... 324 

— masqué 323 

— noir 32 1 

— à poitrine rouge . . 328 

— à queue noire .... 323 

— à tête barrée .... 95 

— — noire 33 1 

— à ventre jaune ... 326 
Grue 20, 24, 37 

— antigone 39, ii44> 210, 3i7 

— blanche d'Asie i44 

— — asiatique 3i7 

— cendrée 38, i44, 262 

— à cou blanc... Sg, 216, 3i7 

— couronnée 261 

— — du Soudan .. 3i7 

— d'Europe 3i7 

— de Mandchourie .... Sg, 3i7 

— de Numidie ... i44- 262, 3i7 

— de Stanley .... 39, 216, 3i7 
Guiraca coerulea 327 

— à poitrine rose 324 

— à ventre brun 325 

Guit-Guit c, 29, 206 

— bleu 289 

— brillant 289 

— Saï 287, 288 

Gymnomystax melanicterus. . i3o 

Gymnostinops montezumœ .. 126 

Hammoperdix heyei 96 

HenicognMius leptorhynchus 212 

Hesperiphonn abeillei 320 

— vespertina .... 326 

Hibou 22, 261 

Hocco ip, 18, 22, 25 

Hochequeue grise 77 

Holoquiscalus gundlachi .... i33 

— luguhris i33 

— martinicensis .. i33 
Ui^fmrgos niveogutfntus .... 226 
llyjihantornis ahyssinicus ■ 95, 'o3 

— badius\ 196 

— cahnnisi . . . gb, 196 

— capitalis 196 

— cncuTlritus . 194, II.'*' 

— grandis 196 

. — heuglini iç6 



TABLE DES MATIERES 



355 



— intermedius .. 196 

— melanocephala. gb 

— inelanocephalus 95 

— nigriceps 196 

. — reichfiirdli .... 1,96 

— spilonotus .... 194 

— tœniopterus . . 196 

— velatiis 195 

— vh'.elUnus. . 196, 198 
Hyphanlurgus ocularius ... id6 

Hypocanthis spinoides 97 

Hy pochera amauropfery.r .... i46 

— chalybeata i4G 

— nigerriina 1/16 

Hypolais philomèle 177 

— polyglotte 178 

Hypophœa chalybea aS'i 

Ibis rouge 96 

Tcterris abeîllei i3i 

— auricapilhis i3i 

— baltimore i3i 

— bonana i3i 

— bullocki i3i 

— cayennensis i3i 

— chrysocephalus i3i 

— croconotus t3i 

— gularis i32 

— icterus iSa 

— jamacnii iSa 

• — mesomelas i3i 

— pectoralis i3a 

— pustulatus i32 

— pyrrhopterus i3i 

— spiirius i3i 

— Wagleri i3i 

— xanithornus 182 

Ipnicolore .. 10, /|8, io5, 170 

Inséparables m, 

— à tête rose .... !^3 
Iriâophanes pulcherrima .... 283 

Tacarini 338 

■Taseur des Cèdres 260 

.Joues oranges i35 

Kagou 2 4o 

Kamichi 26, 3i7 

Lagonosticta brunneiceps ... 22b 

— jamesoni 225 

— rara 226 

— ruberrima i.'i8 

— rubricata 335 

— rufopicta... -jh, 225 

— senegala 225 

Laletes lanceolatus 85 

Lnlocitta lidthî 85 

Lamprocorax chalybea 121 

— metallica 120 

Lamproies loricatus 273 



Lampratornis aruticaudn!< — 
— anstralis 



— caiidalus 

— chidcurus 

— cludybciis 

— cidoropteru 

— mevesi . 

— phfcnicopterus 

— porphyropterus 

— purpureiceps . 

— purpureus 122, 

— sycobiits 

Leisfes guiancnsis 

— siiperciUaris 

Lentoptihis cruiucnifcr 

Ligurinus sinica 

— sinicus 

Liinnocora.T 

Limosa lapponica 

Linot i35, 

• — à bec jaune 

Linota flavirostris 

Linotte 77' 

— ?i bec jaune ... 77, 
Lophophaps 

— leiicogaster .... 

Lophophore.. 22, 38, 39, 96, 

188, 206, 

Lophophorus impeyanus 

Lophorina superba minor . . 
Lophontyx californiens 

— squammata x L. 
calijornica 

Lori 

— musqué 

— de Swainson 

Loria loriœ 

Loriot 63, 112, 124, i3o. 

— de l'Inde 

— jaune 

— de Java 

Kundoo 

— marron 

— à tète noire 

— Vert 

Loxia bifasciata 

— curvirostra 0^, 

Loxigella noctis 

Mncrocorax fuscicapillus .... 

Malabaricus hardwicki 

Mandarin 7, '(8, 73, io5, 

Manucaude bo, 

Manucodia atra 5o, 

— chalybœata . oo. 

Marabout 96, 

Mareca chiloensis 

Martin (Grand) 



122 
122 
121 
1 22 
122 
122 

122 
132 
122 
I<2 3 
206 
I 22 
128 
129 

97 
3oi 
261 

96 
3o6 
3o6 

95 
loG 

95 

'.o 

254 

262 
96 
60 
96 

97 

27 

296 

296 

61 

206 

91 

90 

91 

91 

91 

91 

91 

3o9 

3o9 

328 

82 

180 

i35 

59 
60 
60 

2fil 

96 

119 



356 



L OISEAU 



Martin à ailes noires .. 117, 

— brun 

— de Chine hh, 

— a cou noir 

— huppé 

— de Java 

— ou Merle à lunette.. 

— des Pagodes 

— Pie 

— — de Java 

— rose 

— triste 

Martinet 

Maubèche 

Meinate (Grand) 

— de Ceylan 

— couronné 

— intermédiaire 

— religieux 

Meleagris cornuta 

Melopsittacus undulutus .... 

Melopyrrha nigra 97, 

Merle 7, 12, 106, 

— à ailes rousses 

— bleu 

— bronzé 

— — (Petit) 

— — à ailes pourpres 

— — de Burchell . . . 
- — — à longue queue 
■ — — de Meves 

— — pourpre.. 122, 

— — vert 122, 

— — aux j'ieux rouges 

— métallique.. i5, 120, 

— noir 

— de roche 

— de Tristan 

Mésange 39, i35, 

— bleue 

— charbonnière 

— huppée 

— à longue queue 77, 

— nonnette 

— petite charbonnière. 

Mésangeai 

Metopiana peposaca 

Microsittace ferrngineus .... 

Mimeta sagvttata 

Mimus modultttor 

— polyglottus 

Moineau africain 

— de Benguella 

— du Cap 95, 176, 29/1, 

— chingolo 

— du désert 

— doré 



235 
118 
117 
117 
"9 
119 
118 

I117 
116 
116 
116 
118 
66 
96 
120 
120 

130 

"9 

119 

96 

96 

337 

lia 

I|2 3 

i39 

l43 
123 
123 
133 
121 
133 
206 
l/Î3 
123 
261 

77 
i4o 

123 

i58 

77 

77 

77 

162 

77 
77 
8A 
9e 

2l3 

91 

72 

72 

i48 

29I 

3l2 

95 

3l3 
3l2 



Moineau l'riquef 

— à gorge jaun'e . . . . 

— du Japon 73, io5, 

— jaune 

— Soulcie 

— à tête grise. . . gb, 

— des vergers 

Molothrus citer 

• — atronilens 

— hadiiis 

— uonariensis 

• — purpurescens .... 

Monseigneur 48, io5, 

Monitifringilla nivalis 

Moqueur 

— de l'Argentine . . . 
Mouette 

cirrhocéphale 

]\Innia atricapilla 

— domestica 

— ferraginosa 

— maja 

— malacca 

— nisoria 

— oryzivora 

— punctulata 

— suhundulata 

topela 

■ — undiilata 

Munie 

Mycerobas inelanoxanthus . . 

Myopsittaciis monachus 

Nandou 20, 37, 2i5, 

— blanc 

— de Darwin 

Neisna dufresnei 

Nelicourvi 

Nelicnrviu's nelicourvi 

Neochinia phaeton .... -j3, 
Nettapus coromandeUanus ... 

Niverolle 

Nonne 7, 48, 

— (Girande) 

Nonnette 

— bicolore 

Nucifraga 

Nymphicus novœ-hoUandiœ . . 

Nyrocas 

Œna capensis 4i, 



Oie 



19- 



à bec court 
du Canada . 
cendrée .... 
d'Egypte . . . 
Empereur . . 
des moissons 
des neiges . . 



77 

95 

244 

3l3 

3ii 

3l3 

95 

128 

128 
128 
128 
1,28 
171 

3o7 

269 

73 

34 

261 

34& 

244 
2 46 
2 46 

2 46 
244 
245 
243 
244 
244 
244 
317 
324 

33l 

3i6 
38 
39 

227 

3 03 

2o3 

249 
3i9 
3o7 
io5 
243 
243 
242 
83 
96 
3i9 

97 

35 

37 
37 
37 
37 
38 

37 
37 



TABLE DES MATIERES 



357 



Ole ricus'e 

— de Ross 37, 

— à tête barrée ....•• 

Oiseau à berceaux ig, 

— — jardinier.. 
—^ — de Lndiy 

Mac Gregor. . 

— — satiné 

— — tacheté . . 

Oiseau-Chat d'Australie 

Oiseau-Mouche 

— de Paradis 

— Régent 

Organiste 289, 

Oriolus (jalbula 

— indiens 

— Kundoo 

— maculatus 

— melanocephalus 

— ifraJZ/i 

Orizoboriis crassirostris 

— torridus 

Ortolan des Indes 

Ortygospiza 

— atricollis. .. . 7/1, 

— polyzona 

OntYX inexicana 

Oryx 

Ostinops decainanus 

— viridis 

Otocoris alpestris 

Pachyphantes superciliosus . . 
Padda 

— gris et blanc 

Palœornis aleqandri 

Paon 18, 

— blanc 186, 20G, 

— nigripenne gC, 

— spicifère 186, 

Pape i5, 48 

— de Leclancher. . . . io5, 

— de la Louisiane . io5, 

— de Nouméa 

— des prairies 

Parndisea apoda 

— major . 

— minor 5o, 

— raggiana 

Paradisier 

— (Grand) 

— P'etit) 

— d'Albertis 

— bleu 

— magnifique d'Huns- 

tein 

— de la Princesse 

Stéphanie 



37 
3ig 

38 
296 

Ci 

Ci, 
61 
63 
63 
260 

49 
62 

28/1 

90 



91 

91 
9' 
33i 
33i 
io5 
227 
228 
228 

97 
172 
126 
126 

77 

2o3 

245 

io5 

97 

33 

262 

■>oG 

20G 

269 

206 

206 

354 

253 

00 

53 

54 

54 

9 
53 
54 
5i 
55 

58 

53 



Paradisier de Raggi 5/i 

— rouge 5o, 55 

— royal 56 

— superbe 60 

— de Wilson 09 

Paradisornis rudolfi 55 

Parotia 60 

Passer arcuatus g5, 17G, ng.'i, 

298, 3l2 

-^ cinnamomcus 3ii 

— diffusas 95, 3i2 

— emini 3ii 

— jagoensis 294 

inontanus 3i2 

— inatitensis 3i i 

— rufocinctus i '|f< 

— simplex 013 

— socius 3 1,1 

— swainsoni 3ii 

Pastor rQseus n6 

Pavo cristatus var. nigripen- 

nis 96 

Pelidne cincle gC 

Perdrix iS5. 206 

— bartavelle 206 

— de Cyrénaïque 188, 206 

— d'Egypte 96 

— . gambra ani". 

— rouge 188, 206 

Perisoreiis canadensis 85 

— infaustus 84 

Perroquet . . 4, i5, 23, 27 

- — à calotte rouge . . . 32o 

— cendré noir 261 

— de Maximilien .... g6 

— de Meyer i42 

— du Sénégal i42 

— à ventre rose i42 

Perruche 4, i5, 22, 27, ■ 

87, 39, 143,, 2o3, 

206, 207, 229, 24o 

— d'Adélaïde .. 2o5, 2i5 

— Alexandre 97 

— d'Azara 292 

— de Barnard 2i3 

— à bonnet bleu ... 3i5 

— de^s cactus gO 

— callopsitte 9C 

— de la Caroline ... 211 

— à collier 2i3 

— — rouge . . 37 

— à croupion rouge, iio 

— de Cuba 210 

— erythroptère 230 

— guaruba 208 

— de Guyane t 10 

— à joues grises ... 97 



358 



L OISEAU 



Pcrrudie de Lalliaiu 21S 

— niélanure 2i5 

— du Mexique 210 

— multicolore 2i5 

— oinnicolore . . 97, 206 

— ondulée.. 48, y6, 

110, 206 

— — b'eu ciel. iSg 

— à oreilles blanches 2'io 

— — jaunes.. 211 

— de Patagonie .... 21^ 

— de Pennant. ^2, 20C, 2i5 

— perlée 96, 298 

— de Porto-Rico ... 210 

— royale i2, 2i5 

— souris aSi 

— de Stanley .' lu 

— à tête écarlate . . . 209 

— — jaune , . . . . 208 

— — .noire. 209, 281 

— de Swainson .... 37 
Petronia dentcPa 3ii 

— ^flavicollis 3ii 

— pyrigitn 3ii 

— petronella gS, 3ii 

Phlogothraupis snnguinolenta. 276 

Pheucticus aureinventris ...•. 026 

— chrysogaster 820 

— chrysopephus .... 3 ni 
• — petronia 8ha 

Phonygania jamesi 60 

— Keraudreni 60 

Phrygilus fruticeti 96 

Phylloruis de Hardwick .... 189 

— malabaricus 191, 

— swainsoni 191 

Tic épeiche 77 

— à tête rouge 269 

Pica mauritanica 89 

Pie i5, 28 

— Acahé 86 

— ^ l)Ieue à bec jaune 87 

— — de Chine 87 

— — l'Himalaya 83, 87 

— de Cook 83, 88 

— geng 8e 

— grièche 77 

— noire du Sénégal 88 

— vagabonde de Chine .... 88 

— — lîHimalaya. 88 
Pigeon 12, 27 

— carpophage 27, 296 

— — vert 97 

— migrateur 21a 

Pigeon à tête blanche 296 



Pilet du Chili 819 

Pingouin 24 

Pitiicola eniicleator 809 

Pinson 77, i35, ago 

— des ardennes 99, loO, 29g 

— bleu 299 

— des. Canaries 3oo 

— de Madère 299 

— rouge 288 

Pintade cornue 96 

Pionopsilta pilecda 820 

Pionus maximilianus 96 

Pipit des arbres 77 

■ — obscur 77 

— des prés 77 

Pipridea melanonota 288 

Pifjue-Dœufs 128 

Pirolle chasseur de l'Hima- 
laya 88 

Pivert 77 

Platalea nlha 96 

Platycercus exiinius 97 

Plectrophane lapon 77 

Ploceipasser lyiahali .... 96, 176 

— meianorhyrtchus 

i42, 176 

— superciliaris . . . 176 

Ploceella javanensis 2o3 

Ploceus atrigula 202 

— baya 96, 201 

— bengalensis 202 

— manyar 202 

Pluvier varié 96 

Pœcilothraupis lunulata 277 

Pœocephalus rufiventris .... 1^2 

Poephila acuticauda .... 78, 202 

— armitiana 255 

— cincta 262 

— gouldiœ 97, 258 

— heckù 1 262 

— leucotis 252 

■ — mirabilis 262 

— persoiiata 78, 252 

Piliospiza gularis 96 

Polyplectron chinquis 96 

Porte-Lambeaux 11,6, 1^2 

Pouillot 189, 184 

Poule de Barbarie 842 

— d'eau 206 

— — naine 261 

— de rocher 261 

Prélat 262 

Procnias viridis 28G 

Procnopis vassori 288 

Proméfîl d'Australie 5o 

— de Nouvelle Guinée 5i 



TABLE DES MATIEBES 



359 



Proniérops do Meycr 62 

l'ropasser rhodoclirints .... 3o8 

Proyer d'Europe 77 

Pséphole à croupion rouge . . 4a 

Pseudoleistes 129 

P.sittacula (juidnensis 23S 

— passerina 233 

— sclateri 233 

Psittospiza riefferi î 272 

deus .... 5i 

paradisea ôq 

P.tiloi^orhyiichus violaceus . . 61 

Ptilopachys 261 

Ptilopus siiperbus 296 

Psophia crepitans 3i8 

— ochropterus 3i8 

Ptilorhis magnijica irv'crce- 

Pycnonotus arsi'noe i^-? 

Pygargu* v-ocifer aCi 

Pyranga leucoptera 274 

— ludoviciana 274 

I — ■ œstiva { 274 

— ruhra 274 

— rubricepjs 274 

— saira 274 

Pyrenestes ostrinus 176 

Pyromelana afra 172 

— aurea 173 

— capensis 178 

— ■ — rnnlho-. 

mêlas. 174 

— flainrniceps. . gb 

i5i, 171 

— franciscana. qG, 170 

— nig'riventris .... 171 

— oryx 96, 172 

— taha 07, 173 

Pyrrhocorax graculus 83 

— YAyfrhocorax ... 83 
PyrrhuJa erythrocephala .... 3io 

— europœa 3io 

— griseiventris 3ii 

— major 3io 

Pyrrhulauda 261 

— leucotis 95 

Pyrrhuloxia sinudta 33o 

Pyrrhuphonia jamaica 284 

Pyrrhura calliptera 23o 

— chiripepe 292 

— cruentata 229 

— leucotis^ 23o 

— Lucidiii 23o 

— perlata. . . . 96, 23o, 293 

— picfa 23o 

— Souancci 23i 

— vittata 229 

Pytilia afra 22C 



Pytilia liypogrammicn 22- 

— melba 226 

— phoenUoplera 227 

Quelea œlhiopica i-;4 

— erythrops 176 

— lathami ij.^^ 

— quelea 174 

— russi 174 

Quiscale i33, 260 

— de CuIju i33 

- — de la Martinique ... i33 

— du Venezuela i33 

Quiscalus quiscaliis i33 

Râle à bec v-ert 3i8 

— de Cayenne 206 

Raraphocèle 266 

Ramphocœlus brasilius. . 289, 

270 275 

— carbo 276 

— dimidiatus .... 275 

— icteronolus ... 276 
Rhynchopsittacus pachyrrhyn- 

chus 212 

Rhinocorax afjinis 82 

Rhodospiza obsolela 3o8 

Roitelet 139, i84 

Roselin à ailes lilas 3o8 

— cramoisi 807 

— fauve et rose 3o8 

— du Mexique 807 

— pourpre 807 

Rossignol 77, 112, 189, 179, 206 

— bleu 290, 3i5 

— du Japon 12, i5, 29 

43, ip5 

— de muraille. i35, 

162, 206 

— progné 189 

Rouge-gorge 77, 112 

■ — queue 77 

— — de muraille . . 162 

— — Tithys 1C2 

Rousserolle verderolle i4o 

Rubiette de Moussier i63 

Ruticilla cairei i65 

— moussicri i63 

— phœnicura 162 

— tithys 163 

Saltator (Grand) 271 

— allié 271 

■ — ■ atricollis ' 273 

— aurantiirostris 271 

— à bec orangé 271, 

— à cou noir 273 

— grandis 271 

— m(LTimus 271 

— oJivascens 271 



36o 



L OISEAU 



Sdltutor similis 271 

Sansonnet ii5 

Sarcelle à ailes bleues i^nj 

— de Bahama Sig 

— de Coromandel i44, 819 

— formose 261 

Sarcidiorne 3ig 

Sarcops calvus 120 

Schistochlamys atra 273 

— capistratus ... 272 

Schegelia Wilsoni 69 

Seleucide à douze brins 5i 

Seleucides (V/noitus 5i 

Sénégali iSg 

— rouge 226 

Sericnlus chnysocefjhala 62 

Serin 7, i34, 3o3 

— asiatique 3o5 

— des Canaries 3o3 

— du Cap 3o4 

— à croupion jaune .... 3o5 
- — à gorge blanche 3oii 

— à gros bec 3oi 

■ — méridional 77 

— de Mozambique 7, 95, 

i,o5, 3o4 

— de Sainte-Hélène 3o4 

— soufré 97, 3o4 

— ■ triste L 802 

Serinas albigularis 3oi, 3o/( 

— angolensis 96, 3o5 

— canariiis 3o3 

canicollis 3o/l 

— ilariventris 3o4 

— harllnuhi 96, 3o/j 

— hortulanus 3o3 

— icterus 3o4 

— leucopygiiis 98, 3o5 

— pusillus 3o5 

— subi)leuratus 3oi 

— sulphuratus 97, 3o4 

— triSi'As 3o2 

Shama 29, 189 

SiaUa sialis 290 

Sibia à tête noire 189 

Sifflet 60 

Siffleur huppé 819 

Sipaye 3o8 

Sitngra luteoJa 97, 197 

— monacha 197 

— pelzeni 197 

— subpersonata 198 

Sitelle torche-pot 77 

Siva ît ailes bleues '89 

Sizerin boréal 3o6 

— cabaret 806 

— roussâtre 77 



Souï-Manga C, 9, 29, 20G 

Spatule blanche 96 

Spermestes bicolor 3Z12 

— cucullata 2^2 

— nana 242 

— nigriceps 242 

— poensis 242 

Spermète 217, 242 

— à capuchon ^:i^ 

— à dos brun 24a 

— — hoir 342 

— naine 243 

Spennospiza hœmatina 198 

Sphenocercus sphenurus .... 97 

Spilopelia tigrina 96 

Spindalis pretrei 276 

— zeiia 276 

Spinus columbinna 802 

— cucullata 3o2 

• — ■ icterina 803 

— pinus 3o3 

— psaltria 802 

• — spinoïdes 8o3 

■ — spinwi 3oi 

— totta 3o3 

— uropygialis 802 

— xanithogastra 802 

— yarrelli 802 

Spodinpsar andamensis 1 1,0 

— birmanicus 116 

— blythi iifi 

— cambodianus .... 116 

— cineraceus 116 

• — malabaricus .... 116 

— sericevs 116 

Sporœginfhus amaiidava .... 224 

— Clarkei 228 

— flavidiventris . 224 

— melpoda 228 

— subflavus. . 74, 333 
Sporophila albigularis 883 

— americana 835 

— castaneiventrJ:; .... 333 

— cœrulescens '182 

— coUaris 334 

• — cucullata 384 

— grisea 334 

— gutturalis -JS 

— hypoleuca 334 

— lineola 882 

— minuta 3j3 

• — nigro-aurantia .... 33B 

— ocellatn 333 

— ophtahnica 336 

— ornata ^82 

— palus^ris 335 

— plumbea "34 



TABLE DES MATIERES 



36i 



Sporophila superciliaris 3^5 

— torqueola 336 

Sporophile bleuâtre 334 

— cannelle 335 

— à capuchon noir . . 334 

— à croupion cannelle 336 

— à front blanc .... 3^a 

— à front noir 333 

— géant 335 

— à gorge blanche . 332 

— gris à" bec rouge . 334 

— gris de plomb . . 334 

— à joues blanches 332 

— à lunettes 3i6 

— des marais 335 

— de Tobago 335 

— nain 333 

— orné 332 

— à poitrine châlaine 333 

— à Ventre blanc . 334 

— à ventre jaune . 333 
Sporopipes fronialis lyS 

— squamifrons 198 

Spreo de Hildebrandt i33 

— pulcher t:!3 

— superbus i23, 142 

— à ventre orangé .... 1^3 

Squatarola helvetica <.S 

Steganopleura guttata .. 247, 25i 

Steganura paradisea ■ o5, i46, 149 

Stephanophore 43, 237 

— à couronne - 

blanche H77 

Stephanophorus leucocephalus 

43, 237, 271, 277 

Stictoptera nnnulosa 25o 

— bichenowi C'.'.o 

Si^ictospiza formosa 2 2 4 

Stourne bronzé : o 

— métallique 121 

Strepera argiitn P.i 

— fuUginosa ?9 

— graculina >^g 

— versicolor S9 

S>*rncthiden cinerea Po 

SturneUa magna i .>9 

Sturnelle 129, 260 

Sturnia sinensis 117 

Sturnopastor contra 116 

— jalla I iC 

Sturnus vulgaris 1 15 

Sucrier 29 

— jaune 288 

— de la Martinique .... 288 

— à tête noire (GrnnJ) '89 
Sycalîs arvensis . 3i 4 

— flaveola . . "".il 



Sycalis lv\teiventris 96, 374 

— pelzelni , 3.3 

Synaccas plumh^us 5,6 

Tachytphonus coronatus 274 

— crislatus ■j']Ii 

— luctnosus 378 

— ru/us .... 270, 273 

— surinamus .... 274 

Taha n^ 

Talégalle 38 

Tanagra bonariensis 27O 

— cana -7^ 

— cyanoptera 276 

— episeopus . 239, 270, 276 

— olivicyaj^ea 276 

— ornata . . 239, 270, 276 

— palmnrum 239, 270, 276 

— sayaca ■.' ;6 

Tanagrella cyanomelana 284 

— velia 283 

Tanagrelk bleue et noire . 2S4 

— de Cayenne 2S3 

Tangara .... 9, 12, 29, 260, 297 

— à ailes bleues .... 282 

— archevêque 289, 270, 276 

— d'Arthus 280 

— bleu .... 239, 270, 276 

— du Brésil 282 

— de Cayenne tSi 

— à couronne blanche -271 

— cyanocéphale 179 

— de Desmaret 281 

— doré 280 

— .\ dos noir 281 

— à dos roux 281 

— écaillé 282 

— écarlate 270 

— évêque ■:76 

— jacapa 276 

— jaune ^81 

— noir .... 239, 270, 278 

— des palmes .. 270, 276 

— de Paradis "78 

— pie 270, 272 

— à poitrine jaune . . 279 

— de Prêtre 275 

— quadricolore ^78 

— Rhamphocèle 275 

— rouge 289, 274 

— scarlafe 375 

— sexticolore ou fas- 

tueux. 270 

— tacheté 280 

— à tête jaune 280 

— à tête noire 288 

— à tête rousse 280 

— tricolore 279 



363 



L OISEAU 



Tangara vert aSg 

— de Viellot aSa 

Tarin 77 

— de l'Arkansas '602 

— de Colombie 3o2 

— d'Europe 3oi 

d'Amérique '^02 

— à croupion jaune .... 3o2 

— des pins 3o3 

rouge du Venezuela iSg, 802 

- — du Sikkim 97 

— à tête noire 3o2 

— totta 3o3 

- — à ventre jaune 3o2 

— de Yarrell B02 

Temenuchus pagodanim .... 117 

Te.Ttor albirostris 200, 201 

— intermedius 201 

— niger >oï 

— senegalensis 201 

Thahirania furcata 20O 

Tinamou io, rofi 

— roux 186, 206 

— ta'taupa 206 

Tisserin.. 12, 27, i,i5, 169, 206 

— (Petit) io5 

— d'Abyssinie gb 

— baya 96, 201 

— à bec bleu 198 

— de Cabanis 95, 195 

— Cap-moor io5, 194 

— à demi masque tpô 

— dinemelîi j!\2, 199 

— doré 195 

— à dos jaune 1 73 

— — tacheté 1,9/1 

— à gros bec 199 

— fi front noir 195 

— ignicolore 96 

— de Java 2o3 

— inahali 96, 176 

— masqué io5 

— — (Petit) 197 

— — d'Abyssinie . 193 

— monseigneur .... gB, i5i 

— nain 97 

— oryx (,6 

— » sourcils 2o3 

— taha \ 97 

— à tête écaillée 198 

— — noire .... 90, igfi 

— — pointillée .... 198 

— — rouge 170 

— à ventre noir 171 

Tœniopygcn cnstanofis .... 260 

Torcol --7 

Toucai» •• i5, ',8 



Touraco 28 

Tourterelle 22 

— blanche 100 

— à demi-collier ... 2C1 

— ■ rieuse i oo 

— ■ vineuse 2O0 

Tracbyphonus margaritatus . -.1*2 

Tragopan de Cabot 39, 206 

— satyre 96, ao6 

— de Teraminck )o6 

Traquet 261 

— motteux 77 

Travailleur io5, 174 

— de Russ 174 

Trichoglosse 27 

Trichothraupis melanops .... 273 

Tringa alpina 96 

— canutus 96 

Troglodyte .... 77, 189, 162, 306 

Troupiale .. 12, i5, 124, i32, ';59 

— à ailes marron .... i3i 

— de Baltimore i3o, ado 

— de Bullock i3i 

— de Cayenne i3i 

— doré i32 

— à dos jaune 182 

— à flancs noirs 1^1 

— k gorge noire .... 182 

— jamacaï 182 

— jaune et noir j,3f> 

■ — de la Martinique.. i3i 

— moriche 1 3 1 

— à queue jaune .... i3i 

— soleil 129 

— tacheté 182 

— à tête rouge 182 

— — d'or 'Si 

— des vergers i3i 

— de Wagler i3i 

Triipialis defilippi 129 

— militaris 129 

Tnrdus libonynnus 95 

— olivaceus 98 

— rfscîrorij.ç ri5 

Urague 808 

Vragus lepidus 3o8 

Uranornis ruhra 5o, 55 

Vrohrachyo avillaris i46, iBa, i56 

— bocagei 1^7 

— phœnicea i57 

Urocissa erythrorhynchn .... 87 

— ^ flavirosfris 87 

— occipitalis 88, 87 

Urœginthus angolensis 20 

— hengalus .... 96, 97 
• — granriUnus '20 

— ianthinogaster .. -!2o 



TABLE DES MATIERES 



3G3 



— phœnicotis ng 

Vroloncha acaticauda aW 

— melanopygia 2tt!i 

— striata ^44 

Ventre orange 48, i35 

Venturon 77, 3oC 

Verderole 184 

Verdier 77, 3oi 

— de Chine 97, 3oi 

Veuve 12, i5, 27. :45 

— à ailes rousses ... i46, i52 

— <t collier d'or 48, gS, i,o5 

i46, i49 

— — rouge r)5 

— combassou i46, i47 

— dominicaine. io5, i4C, i47 

— à dos d'or.. i46, i5i, i54 

— de Du Bocage 157 

— à épaules rousses .... i56 

— à épaulettes i46, i53 

— en feu.... 90, i46, iBi,, -38 

— de Fisher i46. !49 

— géante gS, i46, t49 

— d'Heuglin JÔ7 

— de Jackson . . gS, i46, i54 

— ;i large queue .... 'i46, iBa 

— royale 48, i46, i48 



Vidua fischeri i4C, i49 

— lnypochcrina .... i4C, t47 

— regia i,46, i48 

— screna i4G, 147 

Volatinia jacarini 338 

— — xplendens .. 338 

Worabée 172 

Xanthocephalus longipes .... 129 

Xanthophihis bojeri 196 

— capensis lofi 

galbula 196 

— subaureus .... (96 

— xanthops 19O 

XanUiura cœruleocephala. 87, 107 

— hixuosa 87 

— yncas 87 

You-You à ventre orange .... 261 

Zamelodia ludoviciana 324 

— melanocephnln .... 3^5 

Zenaida auriculata 97 

Zonœginthns bellus 261 

— oculatus 25i 

Zonotrichia pileata gB 

Zosterops 12 

— du Cap -2 

— palpebrosa ^,2 

— virens r^ 



TABLE ALPHABÉTIQUE DES ARTICLES 



PUBLIÉS DANS CE VOLUME 



Astrilds (Les), les Munies et les Diamants 217, 241. 

Bêtes et gens d'autrefois. — Les Tourterelles de la Duchesse de 

Bourgogne 98 

Chronique ornithologique 48, 77, 11,0, 142, 1C7, i8g, 2i3, 2I10, 261, 

296, 320 

Collection d'Oiseaux (La) de M. Paul Vendran, à Montélimar (Drôme) 2o3 

Colombe plumifère (La). — {Lophophaps leucogaster) 254 

Construction (La) d'une volière 44 

Corvidés (Les) — (Corbeaux, Geais, Pies) '<i 

Drongos (Les) 92 

Elevage de la Colombe de Smith — Geophaps Smii*.his (Jard et 

Selby) 234 

Elevage du Cordon bleu en appartement i35 

Elevage du Martin à ailes noires. — Graculipicn melanoptera (Daud) 235 

Elevage du Moineau de Benguella. — Passer jagoensis (Goild) .... :"94 

Elevages d'Oiseaux (Mes) en 1922 32, 72 

Elevage de la Perruche d'Azara. — Pyrrhura chiripepe (Wieill) 292 
Elevage du Stéphanophorc. — Sfepbanophorus leucocephaîus 

(Vieill) a37 



36i l'oiseau 

Etourneaux (Les) 1 13 

Exposition. — Concours d'Oiseaux de cage et de volière de Verviers 

(Belgique) 75, io4 

Fringilles (Les) ■JQ^ 

Gallinacés (Une collection de) en Italie i85 

Gallinacés (Notes sur les) 338 

Geai vert (Le) à tête bleue du Venezuela. — {Xanthura cœruleo- 

cephala) 107 

Gros-Becs (Les) Ja i 

Histoires de forêt tropicale 268 

Hypolais philomèle (L') 177 

Indications générales sur l'installation, la nourriture, les soins et 

les achats 3 

Loriot (Le) 63 

Loriots (Les) oo 

Médailles 234, 292 

Mulets de Chardonneret (Mes) i34 

Oiseaux (Les). — Leur entretien. — Leur élevage i 

Oiseaux (Les) de Boyers House (.)3 

Oiseaux (Les) de Clères en 1,923 3i6 

Oiseaux de Paradis (Les) et les Oiseaux à berceaux 69 

Oiseaux de Wobum (Les) 37 

Perruches américaines (Les) 207, 229 

Rossignol bleu (Le). — {Sialia sialis) 290, 3i5 

Rouges-queues (Les) 162 

Sucriers (Les) 287 

Tangaras (Les) sCa 

Tisserins (Les) 169, igS 

Troupiales (Les) ia4 

Veuves (Les) 1 45 

Volières à grillage mobile (Les) i58 

Volière (Ma) pour petits Oiseaux i38 



TABLE DES ILLUSTRATIONS 

PLANCHES HORS-TEXTE 



Planches 



Amarante {Lagonosticta senegala) I 

Astrild de Dufresne {Coccopygia dufresnei) XV 

Astrild gris bleu [Estrilda cœrulescens) XVI 

Asfrild à moustaches (Esti-ilda erythronota) XV 

Astrild de Sainte Hélène {Estrilda astrild) XVI 

Astrild-Caille (Ortygospiza polyzona) XVI 

Beau-Marquet (Zonogastris melba) XV 

Bengali rouge (Sporœginthus amandava) XV 

Bengali vert (Stictospiza Jormosa) XV 

Cap Moor {Hyphantornis cucullatus) XIV 

Carouge soleil {Amblyratnphus holosericeus) , VII 



TABLE DES MATIÈRES 365 

Cassique à dos jaune (Cdssicus persicus) VU 

Cordon bleu {Urœiiinthus phœnicoi'.is) I 

Diamant à bavette {Pocphila cinO\a) XVI 

Diamant de Bichenow (Sfictoptera bichenovii) XVI 

Diamant à goufteIett<^s (Steganopleura guttata) XVI 

Diamant à longue queue [Pœphila aciificauda) XV 

Diamant mirabilis {Poephila mirabilis) I 

Diamant à plastron (Mania pectoralis) XV 

Diamant psittaculaire {Erythriira psittacea) I 

Diamant à queue rousse [Bathilda ruficauda) XV 

Dinemelli [Dinemellia dinemeîli) XIV 

Dolichonix (Dolichonyx oryzivorus) VII 

Drongo îi raquettes {Dissemuriis paradiseus) VI 

Etourneau militaire [Triipialis militaris) VII 

Foudi (Foiidia madaçiascaricnsis) XIV 

Geai vert à tête bleue (Xanthiira cœruleocephala) IV 

Grenadin (Granatina granatina) I 

Grive draine et son nid (Tardas viscivorusî) V 

Grues de Mandchourie à Clérès XVIII 

Ignicolore (Pyromclana franciscana) I 

Kagous (Rhinochetas jahatus, J. VERREAtx et des Murs) ... XV bis 

Loriot jaune (Oriolus galbahi) VI 

Marabouts de l'Inde iLeptotihis javanicas) * V 

Martin des Pagodes (Temenachas pagodaram) VI 

Meinate (Grand) (Eulabes javnnensis) VI 

Merle bronzé \eri(LamprocoUas chalybœas) VI 

Nandous blancs et gris, à Clères XIX 

Nid et œufs de Tisserin taba (Pyromclana taha) XI 

Nid et œufs de la Veuve à large queue (Coliuspaser laticauda) XI 

Nonne à tète noire (Spermestes nigriceps) XVI 

Pape de Leclancher (Passerina lechlancheri) I 

Pape de prairie (Erythrara prasina) XVI 

Paradisier bleu V i>is 

Paradisier magnifique (Diphyllodes magnifica) III 

Paradisier magnifique V bis 

Paradisier petit émeraude (Paradisca mij-ior) III 

Paradisier royal (Cincinnarus regiiis) III 

Paradisier royal V bis 

Paradisier Wilson (Schlegelia Wilsoni) III 

Petit Emeraude V I)is 

Pie acahé (Cyanocorax chr^'^sops) IV 

Pie bleue de l'Himalaya (Urocissa occipitalis) IV 

Pie de Yucatan (Cissilopha yacatanica) IV 

Pyreneste (Pyrenestes osfrinus) XIV 

Tangara à ailes bleues (Callisite cyanoptera) XVII 

Tangara de Desmarest (Callisfe desmare^U) XVII 

Tangara doré d'Arthus (Callisfe arthasi) XVII 

Tisserin de Baya et son nid {Ploceas Baya) XII 

Tisserin Cap Moor et son nid (Hyphantornis vitellinas) XII 

Tisserin à gros bec (Amblyospiza albifrons) XIV 

Tisserin masqué (Petit) (Sitagra lafeola) XIV 

Troupiale ordinaire (Icteras icteras) VII 

Veuve à collier d'or (Sfeganara paradisea) XIII 

Veuve à dos d'or {Coliuspasser niacrara) '. XIII 

Veuve en feu (Coliuspasser ardens) IX 

Veuve géante; (Diatropura progne) IX 



366 l'oiseau 

Veuve de Jackson (Drepanoplectes Jacksoni) X, XIII 

Veuve à large queue (Coliuspasser laticauda) X, XIII 

Veuve royale {Vidua regia) XIII 

Volière à Astrild et Diamants et groupe de volières à Per- 
ruches XII 

Volières (Groupe de cinq) II 

Worabé (Pyromelana afra) I 



FIGURES DANS LE TEXTE 

Colombe plumifère 254, 357 

Faisanderie (La nouvelle) chez M. A. Ghigi, à Bologne (Italie).... 187 

Flammants (Un groupe de) à Clères HiS 

Oie céréopse d'Australie montant la garde près du nid de sa femelle 

sur une île, dans le parc de Clères 264 

Volière (Grande) chez M. Paul Vendran 10b 

Volière de M. E. Chaudet, à Bienne (Suisse), (Intérieur et exté- 
rieur) i4i 

Volière du Major A. Pam 46 

Volières à Faisans 3o4 

Volière à Lophophores 2o4 

Volières à Paons ....•• 2o5 



L'Imprimeur-Gérant : G. LANGLOIS. 

CUATE>UR0UX. I.MP. LANGLOIS 



REVUE 




PUBLIEE PAR 

L\ SOCIÉTÉ NATIONALE D'ACCLIMATATION DE FRANCE 



DEUXIÈME PARTIE 

ORNITHOLOGIE — AVICULTURE 



L'OISEflU 




VOL. rV. — N° 1 — JANVIER 1923 

Le numéro : 4 francs. — Pour les abonnés : 3 francs 

Abonnement : un an, 25 fr. — Pour les membres de la Société d'Acclimatation : 15 !r. 

La première partie de la Revue d'Histoire naturelle appliquée est réservée 

à la Mammalogie, l'Aquiculture, l'Entomologie, la Botanique, la Colonisation, 

aux Aquariums et Terrariums. 



SOMMAIRE 

Pagres. 

Les Oiseaux. — Introduction {illustré) 1 

J. Dela-cour. — Les Oiseaux de Woburn 37 

A. Deoux. — Elevages [illustré] 39 

A. Pam. — Volière {illustré). . 4i 

Chronique ornithologiquc /i8 



AU SIËGE SOCIAL : 198, BOULEVARD SAINT-GERMAIN 

PARIS (VIP) 

Téléphone : FLEURUS, 04-76. — Chèque Postal n° 6.139, Paris 



BOREAO DE LA SECTIGTI D'OI^NITHOLOOrE POUR 1923 

Président : M. Jean Dei.acouh, château de Clères (Spine-In'érieure). 

M"° E. LÉcvLLiEii, 109 nie de Ja Hépabliquiî, Caudebcc-les-Elbeiif (Seine-ïnlérieureJ) 
' S. A. le HrincB PHiil Mukat, 68, rue de la Faisanderie, Paris XVî*. 
1^ MM. J. BERLroz, C, rue Pelielle, Paiis^IX". 

A-. Decoux, Géry, par Aixe-sur-VieBne (Haiilte-Vienhe), 



Mce Présidents \ 



Secrèlairt s 



( 



« L'Oiseau » est uire partie spéciale de la Revue d'Histoire naturelle appliquée publiée 
par la Société nationale d'Acclimatation de France. C'est l'organe de la Section d'Ornitho- 
logie de la Société. 

Il a pour but de favoriser l'étude des Oiseaux par leur observation tant à l'état sauvage 
qu'en captivité. Notre Société entend ainsi apporter une contribution nouvelle au bien-être 
général en faisant mieux connaître et en utilisant mieux une des ressources de la Nature. 
« L'Oiseau » paraît mensnellemenf et contient des planches en noir ou en couleurs. Il 
traite toutes les questions d'Ornithologie, en réservant une large part aux Oiseaux de ,ca^e, 
de volière et de parc. 

Les membres de la Société et les abonnés ont droit chaque trimestre à une annonce gra- 
tuite de vingt mots ; les autres annonces sont payées à raison de o fr. ao le mot. 

Toute correspondance concernant l'Ornithologie doit être adressée à ^f. J. Delacour, 
président de la Section d'Ornitholo:^ie de la Société Nationale d'Acclim-atation, château de 
Clercs (Seine-lnfcrîeure). 

TARIF D' ABONNEMENT h la Revue d'Histoire naturelle appliquée: 



UN AN 



k-UANCE ET COLO'MES PRAPIÇAISES 



}" Partie 
•Mamniah'gie 
A(|iiiculiure 
lînt(>molo<; e 
Rolaiii((iiP, Colo- 
nisalioii, Aqua- 
riums 
et Ter.aiiums 



2" Partie 

•* L'Oiseau " 
OrnJlholoj^ie 



Pour les personnes ne faisant 25 francs 25 francs 

pas partie de la Société ' Les deux parties EO fraitcs 



ETRANGER 



i" Partie 

Mammaingie 
Aquicullure 
liiitomoloaie 
Botanique, Colo- 
nisation, Aqua- 
riums 
et Terrariums 



2* Partie 

" L'Oiseau " 
Oinitholosie 



30 francs 30 francs 

Les deux parties 55 francs 



Les ntembres de la Socrété dom<ci>iés en France ou dans Ifls Colonies françaises peu- 
vent s'abonner à chaque partie de la Pevue, moyennant Ib francs et aux deux parties 
(Revue complète , moyennant le prix global de 20 francs. Tous les abonnements partent 
du ( •' Janvier. 

Ces prx sont augmentés de 5 francs pour les membres de la Société domiciliés à 
l'étranger. 



Prière d'adresser le montant de l'abonnement à la Société d'Acclimatation, 
198, boulevard Saint-Germain, Paris (VU*). 

La Société ne prend sous sa responsabilité aucune des opinions émises par les auteurs 
des articles insérés dans « L'Oiseau ». 

La reproduction, sans indication de source ni de nom d'auteur, des articles publiés dan» 
« L'Oiseau » est interdite. • 

Ligue Française pour la Protection des Oiseaux 

FONDÉE PAR 

LA SOCIÉTÉ NATIONALE D'ACCLIMATATION DE FRANCE 

mS, l»ouievarii Saint Germain, PARIS (VU') 

BULLETIN MENSUEL. — SEANCES. COTISATION ANNUELLE : 10 FRANCS 



La diminution constante du nombre Je.s Oiseaux qui menace d'extinction prochaine 
beaucoup d'espèces, est un pressant danger, tant au point de vue économique qu'au point de 
vue scienliliquc et artistique. Nous devons le combattre en toute hâte et nous efforcer de 
conserver complète au Monde, pour les génératiotis futures, sa magnifique parure ailée. 

Tous ceux qui aiment, admirent et étudient l'Oiseau, doivent contribuer à le défendre en 
devenant membre de la Ligne Française pour la Protection des Oiseaux. 

J. DELACOUR, PRÉSIDENT DE LA LIGUE. 



REVUE 




PUBLIEE PAR 

LA SOCIÉTÉ NATIONALE D'ACCLIMATATION DE FRANCE 



DEUXIÈME PARTIE 

ORNITHOLOGIE — AVICULTURE 



L'OISEflU 




VOL. IV. — N 2 



FEVRIER 1923 



Le numéro : 4 francs. — Pour les abonnés : 3 francs 

Abonnement : un an, 25 fr. — Pour les membres de la Société d'Acclimatation : 15 fr. 

La première partie de la Revue d'Histoire naturelle appliquée est réservée 

à la Mammalogie, l'Aquiculture, l'Entomologie, la Botanique, la Colonisation, 

aux Aquariums et Terrariums. 



SOMMAIRE 



Pagrea. 
Les Oiseaux. — Chapitre premier. - D. Seth Smith ; Les Oiseaux de paradis et les Oiseaux 

à berceaux 49 

H. Darviot. — Le Loriot 63 

A. Decoux. — Mes élevages d'Oiseaux en 1922 72 

E. DE HouGÉ. — Exposition-concours d'oiseaux de cage et de volière de Verviers (Bel- 



gique) 



Chronique omithologique '7 



AU SIËGE SOCIAL : 198, BOULEYARD SAINT-GERMAIN 

PARIS (VIP) 
Téléphone : FLEURUS, 04-76. — Chèque Postal n' 6.139, Paris 



BUREAU DE LA SECTION D'ORNIT^HOLOGIE POUR 1923 

i'.li'' -''' '■' " ' 
Président : M. Jean Delacouk, château de Clères fSein,efI,nîéripure). 

.. n . • • j ( M"* E. LÉCALLiER, 109 Mlle Idè la République, Caiulebcc les Elbeuf (Seine-Inférieure) 

' s. A. le Prince Paul Murât, 08, rue de la Faisanderie, Pans WI*. 

\ VIM. J. Berlioz, G, rue Pelrelle, Paris, IX*. 



Secrétaires 



A. Decol'x, Géry, par Aixe-sur-Vienne (Haule-Vienne). 



« L'Oiseau » est une partie spéciale de la Revue d'Histoire naturelle appliquée publié* 
par la Société nationale d'Acclimatation de France. C'est l'organe de la Section d'Ornitho- 
logie de la Société. 

Il a pour but de favoriser l'étude des Oiseaux par leur observation tant h l'état sauvage 
qu'en captivité. Notre Société entend ainsi apporter une contribution nouvelle au bien ôtre 
général en faisant mieux connaître et en utilisant mieux une des ressources de la .Nature. 

« L'Oiseau » paraît mensuellement et contient des planches en noir ou en couleurs. Il 
traite toutes les questions d'Ornithologie, en réservant une large 'part aux Oiseaux de cage, 
de volière et de parc. ./ 

Les membres de la Société et les abonnés ont droit chaque trimestre à une annonce gra- 
tuite de viiiyl mots ; les autres annonces sont payées à raison de o fr. ao le mot. 

Toute (-orrespondcince concernant l'Ornithologie doit être adressée à M. J. Dei.acour, 
président de la Section d'Ornithologie de la Société Nationale d'Acclimatation, château de 
Clercs (Seine-Inférieure). 

TARIF D' ABONNEMENT à la Revue et Histoire nalurelle appliquée : 



UN AN ; 

Pour les iiersonnes ne faisant 
pas partie de la Société. . . . 



FR.^^NCE ET COLONIES FRANÇAISES 



i" Partie 

Mamraaiogie 
Aquiculture 
Entomologie 
Botanique, Colo- 
nisation, Aqua- 
riums 
et Terrariums 



2* Partie 

-' L'Oiseau " 
Ornithologie 



25 francs 25 francs 

Les deux parties 50 francs 



ETRANGER 



i" Partie 

Mammalogie 
Aquiculture 
Entomologie 
Botanique, Colo- 
nisation, Aqua- 
riums 
et Terrariums 



2' Partie 



" L'Oiseau " 
Ornithologie 



30 francs 30 francs 

Les deux parties 55 francs 



Les membres de la Société domiciliés en France ou dans les Colonies françaises peu 
vent s'abonner à chaque partie de la Revue, moyennant I5 francs et aux deux parties 
(Revue complète), moyennant le prix global de 20 francs. Tous les abonnements partent 
du I " Janvier. 

Ces prix sont augmentés de 5 francs pour les membres de la Société domiciliés à 
l'étranger. 



Prière d'adresser le montant de l'abonnement à la Société d'Acclimatation, 
196, boulevard Saint-Germain, Paris (VIP). 

La Société ne prend sous sa responsabilité aucune des opinions émises par les auteurs 
des articles insérés dans « L'Oiseau ». 

Ln reproduction, sans indication de source ni de nom d'auteur, des articles publiés dan» 
« L'Oiseau i> e?t interdite. 



Ligue Française pour la Protection des Oiseaux 

FONDÉE PAR 

LA SOCIÉTÉ NATIONALE D'ACCLIMATATION DE FRANCE 

198, boulevard Saint -Germain, PARIS <VII'> 

BULLETIN MENSUEL. SEANCES. COTISATION ANNUELLE : 10 FRANCS 



La diminution constante du nombre des Oiseaux qui menace d'extinction prochaine 
beaucoup d'espèces, est un pressant danger, tant au point de vue économique qu'au point de 
vue scientifique et artistique. Nous devons le combattre en toute hâte et nous efforcer de 
conserver complète au Monde, pour les générations futures, sa magnifique parure ailée. 

Tous ceux qui aiment, admirent et étudient l'Oiseau, doivent contribuer à le défendre en 
devenant membre de la Ligue Française pour la Protection des Oiseaux. 



J. DELACOUR, PRÉSIDENT DE LA LIGUE. 



R EV U E 




PUBLIKE PAU 

TA SOCIÉTÉ NATIONALE D'ACCLIMATATION DE FRANCE 

DEUXIÈME PAIVIIK 

ORNITHOLOGIE — AVICULTURE 



L'OISEAU 








na 



èF\W£ 



VOL. IV. — N" 3 — MARS 1923 

Le numéro : 4 francs. — Pour les abonnés : 3 francs 

Abonnement : un an, 25 fr. — Pour les membres de la Société d'Acclimatation : 15 't 

La première partie de la Revue d'Histoire naturelle appliquée est réservée 

à la Mammalogie, l'Aquiculture, l'Entomologie, la Botanique, la Colonisation, 

aux Aquariums et Terrariums. 



SOMMAIRE 

Pagei. 

Les Oiseaux. - Chapitre II. - E.-G.-B. Meade-Waldo : Les Corvidés (i//«s?ré) 81 

Chapitre III. — J. Delacour : Les Loriots 90 

Chapitre IV. — I. Delacour : Les Drongos 92 

J. Dklacour. — Les Oiseaux' de Boyeis House {illustré) 9'< 

M. CoYKR. - Les Tourterelles de la duchesse de Bourgogne 9S 

C" E. DE RouGÉ. — Exposition-Concours d'Oiseaux de cage el de volière d^ Vervters. {fin). 104 

A. DE Lacger. — Le Geai vert à lêle bleue du Venezuela 107 

Chronique orttilhologique HO 

AU SIÈGE SOCIAL : 198, BOULEVARD SAINT-GERMAIN 

PARIS (VIV) 
Téléphone : FLEURUS, 04-76. — Chèque Postal n* 6.139, Paris 



BUREAU DE LA SECTION D'ORNITHOLOGIE POUR 1923 



Président : M. Jkan Dëlacouk, château de Clères (Seine-Inlérieure). 

M" E. LÉCALLiER, t09 niK de la République, Caiidebcc-les-Elbeuf (Seiac-Inlérieure). 

le Prince Paul Morat, 68, rue de la Faisanderie, Paris XVI*. 

4;„„,.^i_v.. - 'i ^'■^'- J- Berlioz, 6, rue Pelrelle, Paris, IX'. 
Secrétaires ] ' ' ' 



}}ce Présidents 



A. Decoux, Géry, par Aixe-sur-VIenne (Haule-Vienne). 



« L'Oiseau » est une partie spéciale de la i?evue d'Histoire naturelle appliquée publiée 
par la Société nationale d'Acclimatation de France. C'est l'organe de la Section d'Ornitho- 
logie de la Société. 

11 a pour but de favoriser l'étude des Oiseaux par leur observation tant à l'état sauvage 
qu'en captivité. Notre Société entend ainsi apporter une contribution nouvelle au bien-ètr« 
général en faisant mieux connaître et en utilisant 'mieux une des ressources de la Nature. 

« L'Oiseau » paraît mensuellement et contient des planches en noir ou en couleurs. Il 
traite toutes les questions d'Ornithologie, en réservant une large part aux Oiseaux de cage, 
de volière et de parc. 

L»s membres de la Société et les abonnés ont droit chaque trimestre à une annonce gra- 
tuite de vingt mots ; les autres annonces sont payées à raison»de o fr. ao le mot. 

Toute correspondance concernant l'Ornithologie doit être adressée à M. J. Delacour, 
président de la Section d'Ornithologie de la Société Nationale d'.\cclimatation, château de 
Clères (Seine-Inforieure). 

TARIF D ABONNEMENT à la Revue d'Histoire naturelle appliquée : 



UN AN : 



FRANCE ET COLONIES FRANÇAISES 

i" Partie a* Partie 

Mammalogie 
Aquicullure 
Enlomologie 
Botanique, Colo 
nifialion, aqua- 
riums 
et Tenariums 



'' L'Oiseau " 
Ornitholosie 



Pour les personnes ne faisant 25 francs 25 francs 

pas partie de la Société. ... 1 Les deux parties 50 francs 



ETRASGEU 



i" Partie 

Mamnialogle 
Aquicullure 
Entomologie 
Botanique, Colo- 
nisation, Aqua- 
riums 
et Terrariiims 



3* Partie 

" UOiseau " 
Ornittiologie 



80 francs 30 francs 

Les deux parties 55 francs 



Les membres de la Soc'été dom>cillés en France ou dans les Colonies françaises peu- 
vent s'abonner à chaque partie de la Pevue, moyennant Ib francs et aux deux parties 
.(Revue complète , moyennant le prix global de 20 francs. Tous les abonnements partent 
du I " Janvier. 

Ces prix sont augmentés de 5 francs pour les membres de la Société domiciliés à 
l'étranger. 



Prière d'adresser le montant de l'abonnement à la Société d'Acclimatation, 
198, boulevard Saint-Germain, Paris (VIP). 

La Société ne prend sous sa responsabilité aucune des opinions émises par les auteurs 
des articles insérés d^ns « L'Oiseau ». 

La reproduction, sans indication de source ni de nom d'auteur, des articles publiés dans 
a L'Oiseau » est interdite. 



Ligue Française p9ur la Protection des Oiseaux 



FONDEE PAR 



LA SOCIÉTÉ NATIONALE D'ACCLIMATATION DE FRANCE 

lî>8, boulevard Saint Germain, PARIS «VU') 

BULLETIN MENSUEL. SEANCES. COTISATION ANNUELLE : 1 FRANCS 



La diminulion constante du nombre Jes Oiseaux qui menace d'extinction prochaine 
beaucoup d'espèces, est un pressant danger, tant au point de vue économique qu'au point de 
vue scientifique et artistique. Nous devons le combattre en toute hâte et nous efforcer de 
conserver complète au Moade, pour les générations futures, sa magnifique parure ailée. 

Tous ceux qui aiment, admirent et étudient l'Oiseau, doivent contribuer à le défendre en 
devenant membre de la Ligue Française pour la Protection des Oiseaux. 

J. DELACOUR, PRÉSIDENT de la ligle. 



LISTE DES SOUSCRIPTIONS AU FONDS DES ILLUSTRATIONS DE " L'OISEAU 



MM. J. Delacour 1.000 francs 

le Prince Paul Murât. 5oo — 

A. Decoux 200 — 

M, et M"' E. Lecallier 300 — 

M"* la Baronne Gourgaud. . . 100 — 

MM. le D' F. Cathehn .. loo — 

Ch. Debreuil. . . . . . . . «00 — 

A. Duquesse 100 — 



MM. le Comte B. d'Imécourt . 100 francs 

F. de I^acger 100 — 

Sellier 100 — 

André Dupost 5o — 

VVORMS DE RoMILLTf 5o — 

Scribe 5o — 

M"' B. de CoNFEVRON 3o — 



Société Nationale d'Acclimatation de France 



BUREAU POUR 1923 

Président : M. Louis Mangin, Membre de rinslilut, Directeur du Muséum d'Histoire naturelle, Paris, V 
MM. D. Bois, Professeur au Muséum d'Histoire naturelle, 55, rue Cuvier 
1 Pari.s V ; 

1 D' Chauveau, Sénateur, 225. boulevard St-Gerraain, Paris, VII* ; 

Vice- Présidents ,g Prince Joachim Murat, Député, 28, rue de Monceau, Paris VIII*; 

' le Baron A. d'ANTHOOARn, Ministre plénipotentiaire, 121 bis, rue de la 

Pompe, Paris, XVI* ; 

Secrétaire général : M. Madrice Loyer, 4, rue de Tournon, Paris, VI* ; 

/■ M.Vl. le Comte Delamarre de Monchauy, rue de Bellechasse, Paris (Conseil) 
, . \ J. Crepin, 55, rue de Verneuil, Paris, Vil» [Séances) : 

Secrétaires < ç,^ Dkbreuil, 25, rue de Chàleaudun, t'aris, IX' {Intérieur) ; 

' Jean Delacour, châleau de Clères (Seine-Inférieure) {Etrangei') ; 

Trésorier : M. André Tuignart. 58, rue Cusiinc, Paris, XVIII* ; 
Archiviste-Bibliothécaire : M. Philibert de Clermont, 29, rue Vergniaud, Paiis, XIII*. 



I,« but de la Société nationale d'Acclimatation dé France est de concourir : 1° à l'intro- 
duction, à l'acclirnal.ilion et à la domestication des espèces d'animaux utiles et d'ornement ; 
3" au perfectionnement et à la multiplication des races nouvellement introduites, créées ou 
domestiquées; 3° à l'introduction et à la prop.iiralioii di^ vci»-ctau\ nliles ou J'orncmei^. D'une 
façon générale, elle étudie la Nature vivante sous ses deux formes, animale et végétale. 

La Société se compose de membres Titulaires, membres à Vie, membres Donateurs, 
tnenibros Bienfaiteurs. 

Le membre Titulaire est celui qui paie un droit d'entrée de 10 francs et une cotisation 
annuelle de a5 francs. 

Le membre à Vie est celui qui paie un droit d'entrée de 10 francs et qui s'aHranchll de 
1.1 cotisation annuelle par un versement de 260 francs. 

La Société décerne, chaque année, en Séance solennelle, des récompenses. 

Elle tient des séances générales bi-mensuelles. 

La Société encourage d'une manière toute spéciale les études de Zoologie et de Botanique 
appliquées en distribuant des graines et en confiant des cheptels d'animaux à ses membres. 

Ella publie, outre le Bulletin: la lîevue d'Histoire nnlurelle appliquée, composée de deui 
narties et illustrée de gravures. Ces publications traitent de toutes questions concernant les 
êtres vivants. 

On y trouve des articles de fond relatifs aux applications de l'histoire naturelle : inifol- 
lation, éducation des animaux, culture des plantes, usages, introduction, etc., etc. 

Le Bulletin est adressé gratuitement ; la Revue est servie, par abonnement, aux membres 
d« la Société, au prix réduit de i5 francs pour chaque partie ou de ao francs pour les deux 



A N NONCES 



OFFRES 

Toate l'année Ondulées vertes, jaunes, 

bleues. Egulcoient, rréation le ninn éloTagn, 
ondulées '.lives. 

5.000 kilos engrais de gnano, 7 fr. 50 les 
100 kilos, pris chez moi. 

.\. BL.\N<JHAKD, 1, allée de Garonne, Ton 
lonse. 

Un mâle Faisan mélanote, parfaite santé. 
Occasion pressée, 100 fr. 
P. CREPIN, 55, rue de Verneuil, Paris. 
1 d* Gyanocorax cœruleug, 120 fr. 
F. de LACGER, Navès, par Castres (Tarn). 



DEMANDES 

Cigognes blanches. 

Baronne GOURCrAUD, ch. de La Grange, 
Terres (S.-et-O.). 

Ftmelies lady Aniherst, Co. Vénérés. Fe- 
nielle Vénéré. 

S'adresser au Secrétariat. 

Oo. Emea, Co. Lama et tout Mammifères 
e.Y0tique8. 

Mj VERMOREL, à Villefranchcvsnp-Saône 
(Hliône). 

Mâle Perruche à tête rose i Paleornis rosit 
ou cyanocephala) . 

M. ADAM, 17, avenue des Trois Couleurs, 
V. O'iioe Saint-Pierre-Brabant (Belgique). 

Tarin? rouges du Brésil, Cardinal ronge de 
Virginie, Cardinal vert, Niltava. 

M. Eug. CHAUDET, Bitnne (Suisse). 

Couple colombes lopliotes reproducteur. Achè- 
terais ouvrage M" de Brisay, « Colombes exo- 
tiques ». 

Faire offre Ch. GAUTR.^ND, 38, r. Fagerie, 
Castres (Tarn). 

1 cf Shama irréprochable. 

F. de LACGER, Navès, par Castres (Tarn). 

2 cf Perruches Bonnet-bleu, on échangerait 
9 pour cf ; 1 cf Croupion-rouge. 

A. DECOUX. Géry, Aixe-sur-Yienne (Haute- 
Vienne). 




Pâtées Duquesne 

JPOUR JiA NOUFtFtlTUJRE DES OISEAUX 

Ephémères, œufs fourmis, jaunes d'œufs, ^ Nourritures spéciales pour l'élevage 
cœur et viande de bœuf, viande de ^^^ faisandeaux, perdreaux, dindon- 
cheval, baies de sureau, vers de f a- 1 1 * „♦„ 
rine,etc., etc. ^ * «^eaux, etc., etc. 

PAtées complètes pour poussins et Jeune» poulets 



Nourritures économiques pour volailles, chiens, lapins, veaux, pores, etc. 



BISetltT UUf^UESiKE pour CHIKSîifi 



Demander Catalogue et renseignements à 
M. A. DUQUESNE, eieveur, Montfort-sur-RisIe (EURE) 



CBATBAtTROUX. IMP. LANGL0I8 



LISTE DES SOUSCRIPTIONS AU FONDS DES ILLUSTRATIONS DE " L'OISEAU ' 



MM. J. DELArouR 1 .000 francs 

le Prince Paul Mlra 1 âoo — 

A. Decoux . 200 — 

M. et M"* E. Lecallier ; '> 

M"* la Baronne Gourgald 

MM. Ch. Debreuil 100 — 

Scribe ôo — 



Société Nationale d'Acclimatation de France 



BUREAU POUR 1923 

Président : M. Lodis Mangin, Membre de llnsUtut, Directeur du Muséum d'Histoire naturelle, Paris, V 
MM. D. Bois, Professeur au Muséum , d'Histoire naturelle, 55, rue Cuvier 
I Pari», V ; 

\ D' Chaoveau, Sénateur, 225, boulevard Si-Germain, Paris, VII' ; 

Vice-Présidents . S. A. le Prince Joachim Murât, Député, 28, rue de Monceau, Paris VIII' 

f le Baron A, d'ANTHOCARo, Minisire plénipolenliaire, I2t bis, rue de la 

Pompe, Paris, XVI" ; 

Secrétaire général : M. Maurice Loteb, 4, rue de Tournon, Paris, VI* ; 

/ MM. le Comte Delam.vrre de Monchaux, rue de Bellechasse, Paris {Conseil) 
, 1 J. Crepin, 53. rue de Verneuil, Paris, VII» (.Séance.') : 

Itecretaves \ ^^ Debreoil, 25, rue de Chàteaudun, t^aris, IX' (Intérieur) ; 

' Jean Delacour, château de Clères (Seine-Inférieure) {Etranger) ; 

Trésorier : M. André Tkignart. 58, rue Cusline, Paris, XVIII* ; 
Archiviste-Bibliothécaire : M. Philibert de Clermont, 29, rue Vergniaud, Paris, XIII*. 



Le but de la Société nationale d'Acclimatation de France est de concourir : 1° à l'intro- 
duction, à l'acclimatcilion et à la domestication des espèces d'animaux utiles et d'ornement ; 
a" au perfectionnement et à la multiplication des races nouvellement introduites, créées ou 
domestiquées; 3° à l'introduction et à la propagation do vtigéiaux utiles ou d'ornemonf. D'une 
façon g-énérale, elle étudie la \ature vivante sous ses deux formes, animale et végétale. 

La Société se compose de membres Titulaires, membres à Vie, membres Donateuri, 
membres Bienfaiteurs. 

Le membre Titulaire est celui qui paie un droit d'entrée de 10 francs et une colisalion 
annuelle de sS francs. 

Le membre à Vie est celui qui paie un droit d'entrée de 10 francs et qui s'affranchit de 
h cotisation annuelle par un versement de 260 francs. 

La Société décerne, chaque année, en Séance solennelle, des récompenses. 

Elle tient des séances générales bi-mensuelles. 

La Société encourage d'une manière toute spéciale les études de Zoologie et de Botanique 
appliquées en distribuant des graines et en confiant des cheptels d'animaux à ses membres. 

Elle publie, outre le Bulletin., la Revue d'Histoire naturelle appliquée, composée de deux 
parties et illustrée de gravures. Ces publications traitent de toutes questions concernant les 
êtres vivants. 

On y trouve des articles de fond relatifs aux applications de l'histoire naturelle : instal- 
lation, éducation des, animaux, culture des plantes, usages, introduction, etc., etc. 

Le Bulletin est adressé gratuitement ; la Revue est servie, par abonnement, aux membres 
de U Société, au prix réduit de i5 francs pour chaque partie ou de ao francs pour les deux. 



AN NONCES 



OFFRES 

Toute l'année Ondulées vertes, jannee, 

bleues. Egalement, création de mon élevage, 
oBdulf^es '.lives. 

5.000 kilos engrais de guano, 7 fr. 50 les 

lOO kilos, pris chez moi. 

A. BLAN'JHAHD, 1, allée de Garonne, Toa- 
tonae. 

5 jeunes Nandous gris, issus de père blanc, 
500 francs pièoe. 
,T. DELACOUR, 01ères (Seine-Inférieure). 

1 9 Permche erythroptère, 400 francs. 
1 0. Dimiers, 8 franos. 

1 cf Ministre, 30 francs. 

2 c. Oalopsitte«, 100 francs le couple. 

1 Pomatorhinus erypthrogenys, 150 francs. 
1 Phyllornis aurifrons, 300 fr.anos. 
1 Guit-Guit, 60 francs. 
1 Geai vert, 120 franos. 
1 Cossypha caffra, 200 francs. 
Mandarins, 35 francs le couple. 
1 Argia malcolmi, 80 francs. 
A. DEGOUX, Géry, .\ixe-sur-Vienne (Haute- 
I Vienne). 



DEMANDES 

Femelles lady Amherst, Co. Vénérés, Fe- 
melle Vénéréi- 
S'adresser au Secrétariat. 

Go. Emeu, Co. Lama et tous Mammifères 
exotiquesi. 

Mf VERMOREIi; à Vill«ftranoho-snn Saône 
(Rhône). 

Mâle Perruche à tête rose (Paleotmis rosa 
ou cyanocephala). 

M. ABAM, 17, avenue des Trois-Couleurs, 
VVolome Saint-Pierre-Brabant (Belgique). 

Tarins rouges du Brésil, Cardinal rouge de 
Virginie, Cardinal vert. 

M. Eug. CHAUDET. Bienne (Suisse). 

Une femelle Cardinal rouge de Virginie. 

Couples Martins Roselins. 

Bruants rares et exotiques. 

Oiseaux européens atteints d'aberration de 
plumage, totale ou partielle : albinisme, mé- 
lanisme, isabellisme. 

Faire offres à José Van BAETEN, 21, rue 
Basse-Ville, Courtrai, Belgique. 

Demande Perruche roséicolis, Loris à collier 
rouge, femelles Perruches ondulées bleues irré- 
prochables. 

M. F. MÊREL, 143, route de Sem, Rennes. 





Pâtées Duquesne 

JPOt7« IjA ISrOUFtFtlTUFtE nES OISEAUX 

Ephémères, œuîs îourmis, jaunes d'œuis, ^ Nourritures spéciales pour l'élevage 
cœur et viande de bœuf, viande de j^gg faisandeaux, perdreaux, dindon- 
cheval, baies de sureau, vers de îa- H _„-,,, p*^ etr 
rine, etc., etc. ^ neaux, eic, eic. 

PAtées complètes pour poussins et jeunes poulets 



Nourritures économiques pour volailles, chiens, lapins, veaux, porcs, etc. 



BliSeUIT IIITQUESWE pour CHIEIVS = 

Demander Catalogue et renseignements à 
M. A. DUQUESNE, Eleveur, Montfort-sur-RisIe (EURE) 



CHATEAURODX. IMP. LANQLOIB 



LISTE OFS SOUSCRIPTIONS AU FONDS DES ILLUSTRATIONS DE " L'OISEAU 



MM. J. Delacour 1 .000 francs 

le Prince Paul Murât 5oo — 

A. Decoox aoo — 

M. et M"* E. Lecallieu aoo — 

M"' la Baronne Golrgaud 100 — 

MM. Ch. Debreuil 100 — 

Scribe 5o — 



Société Nationale d'Acclimatation de France 



\ 



BUREAU POUR 1923 

l'résidenl : M. Louis Mangin, Membre de l'Inslilut, Directeur du Muséum d'Histoire naturelle, Paris, V 
MM. D. Bois, Professeur au Muséum d'Histoire naturelle, 55, rue Cuvier 
Paris, V ; 
D' Chauveau, Sénateur, 2:!5, boulevard St-Gerraain, Paris., Vil* ; 
Mce- Présidents g ^ j^ prince Joachi.m Murât, Député, 28, rue de Monceau, Paris Vlif 

f le 3aron .A. d'ANTiiouAR'), Ministre plénipotentiaire, 121 bis, rue de la 

Pompe, Paris, XVI' ; 

Secrétaire général : M. Maorice Loyer, 4, rue de Tournon, Pari«, \'l' : 

f M.M. le Comte Delamarre de Mo>cHALx,rue de Bellechasse, Paris [Conseil) 
. . \ J. Crepi.n, 55, ru«', de Verneuil, Paris, VII« (.Séance.":) : • ^ 

Secreinires \ ^^ Debreuil, 25, nif d*- Chàleaudun, t'aris, IX" (Intérieur) ; 

( Jean Delacour, cliàleaii de C'èrr-s (Ss-ine-Inférieure) (Etranger) ; 

Trésorier : M. André Tkignabt. 58, rue Cusiine, Paris, XVIII* : 

irchiristi -Itiblimhècaire : M. Philibert de Clermont, 29, rue Ver«niaud, Paris, XIII*. 



Lé but de la Société nationale d'Acclimatation de France est de concourir : 1° à l'intro- 
duction, à l'acclimatation et à la domestication des espèces d'animaux utiles et d'ornement ; 
î" au perfectionnement et à la multiplication des races nouvellement introduites, créées ou 
domestiquées ; 3° à l'introduction et à la propagation de végétaux utiles ou d'ornement. D'une 
façon générale, elle étudie la Nature vivante sous ses deux formes, animale et végétale. 

La Société se compose de membres Titulaires, membres à Vie, membres Donateurs, 
membres Bienfaiteurs. 

Le membre Titulaire est celui qui paie un droit d'entrée de 10 francs et une cotisation 
annuelle de a5 francs. 

Le membre à Vie est celui qui paie un droit d'entré© de 10 francs et qui s'affranchit de 
la cotisation annuelle par un versement de 260 francs. 
La Société décerne, chaque année, en Séance solennelle, des récompenses. 
Elle tient des séances générales bi-mensuelles. 

La Société encourage d'une manière toute spéciale les études de Zoologie et de Botanique 
appliquées en distribuant des graines et en confiant des cheptels d'animaux à ses membres. 

Elle publie, outre le Bulletin, la Revue d'Histoire naturelle appliquée, composée de deux 
parties et illustrée de gravures. Ces publications traitent de toutes questions concernant les 
êtres vivants. 

On y trouve des articles de fond relatifs aux applications de l'histoire naturelle : instal- 
lation, éducation des animaux, culture des plantes, usages, introduction, etc., etc. 

Le Bulletin est adressé gratuitement ; la Revue est servie, par abonnement, aux membres 
de la Société, au prix réduit de i5 francs pour chaque partie ou de ao francs pour les deux. 



AN NONCES 



OFFRES 

Tonte l'année : Ondulées yertes, jaanea, 
blenea. Egalement, création -le mon élerage, 
ondnlées r.IiTes. 

6.000 kilos engrrais de gnano, 7 fr. fîO lee 
100 kilos, pris chez moi. 

A. BLAN'JHARD, 1, allée de Garonne, Ton- 
lonie. 

J. DBLACOUR, Clères (Seine-Inférieure). 

5 jeunes Nandous gris, issus de père blanc, 
500 francs pièce. 

1 9 Perruche erythroptère, 400 francs. 
1 c. Dxmiers, 8 francs. 
1 cf Ministre, 30 francs. 
3 c. Calopsittes, 100 francs le couple. 
1 Pomatorhinus erypthragenys, 150 francs. 
1 Pomatorhinue sp., 80 francs. 
1 Traqnet noir de l'Inde, 100 francs. 
1 Phyllornis aurifrons, 200 francs. 
1 Guit-Gnit, 60 francs. 
1 Geai vert, 120 francs. 
1 Cossypha caffra, 200 francs. 
Mandarins, 35 francs le couple. 
A. DECOTJX, Géry, Aixe-sur- Vienne (Hante- 
( Vienne). 



DEMANDES 

Femelles lady Amherst, Co. Ténéréa, Fe- 
melle Vénéré. 
S'adreaser an Secrétariat. 

Co. Emeu, Oo. Lama et tout" Mammifères 
exotiqnea. 

M> YERMO'KEIL, à VilleCranoho-snn-SaAne 
(Rhône). 

Mâle Perruche à tête rose (Paleomts rota 
ou cyanoeephala). 

M. ADAM, 17, avenue des Trois-Conlenrs, 
V»'oiD(ue Saint-Pierre-Brabant (Belgique). 

Tarins rouges du Brésil, Cardinal ronge de 
Virginie, Cardinal yert. 

M. Eug. CHAUDET, Bienne (Suisse). 

Une femelle Cardinal ronge de Virgfinie. 

Couples Martins Roselins. 

Bruants rares et exotiques. 

Oiseaux européens atteints d'aberration de 
plumage, totale ou partielle : albinisme, mé- 
lanisrae, isabellisme. 

Faire offres à José Van BAETEN, 21, rue 
Basse- Ville, Courtrai, Belgique. 

Demande Perruche roséicolis, Loris à oollier 
ronge, femelles Perruches ondulées bleues irré- 
prochables. 

M. P. MËREL, 143, rente de Sem, Bennes. 





Pâtées Duquesne 

JPOUR JLA ISrOUFtJFtlTUFtE IDE S OISEAUX 

Ephémères, œufs fourmis, jaunes d'œufs, * Nourritures spéciales pour l'élevage 
cœur et viande de bœuf, viande de ^gg faisandeaux, perdreaux, dindon- 
cheval, baies de sureau, vers de fa- 1 1 . . 
rine, etc., etc. ^ neaux, etc., etc. 

PAtées complètes pour poussins et jeunes poulets 



Nourriturea économiques pour volailles, chiens, lapins, veauac, porcs, etc. 



BIISCV1T DUQUEISIVE pour CHIEIVS 



Demander Catalogue et renseignements à 
M. A. DUQUESNE, Eleveur, Montfort-sur-RisIe (EURE) 



CHATEAUROUX. — IMP. LANGLOIS 



R EV U E 




istete mtureli ipl 



PUBLIEE PAU 

LA SOCTTlTÉ NATIONALE D'ACCLIMATATION DE FRANCE 




DEUXIEME PARTIE 

ORNITHOLOGIE — AVICULTURE 



L'OISEAU 




E N^- 



VOL. IV. _ N° 4 — AVRIL 1923 

Le numéro : 4 francs. — Pour les abonnés : 3 francs 

Abonnement : un an, 25 fr. — Pour les membres de la Société d'Acclimatation : 15 fr. 

La première partie de la Revue d'Histoire naturelle appliquée est réservée 

à la Mammalogie, l'Aquiculture, l'Entomologie, la Botanique, la Colonisation, 

aux Aquariums et Terrariums. 



SOMMAIRE 

Pagres. 

Les Oiseaux. — Chapitre V. — J. Delacour : Les Etourneaux (illustré) 113 

Chapitre VI. — J. Delacouu : Les Troupiales {illustré) 124 

M"° A. FeuilléeRillot. — Mes Mulets de Chardonneret 134 

D' Richard. — L'élevage du Cordon-Bleu en appartement 135 

E. Chaudet. — Ma volière pour petits Oiseaux {illustri') 138 

Chronique ornithologique 142 

AU SIËGE SOCIAL : 198, BOULEVARD SAINT-GERMAIN 

PARIS (YIP) 

Téléphone: FLEURUS, 04-76. — Chèque Postal n° 6.139, Paris 

La Revue parait chaque mois 



BUREAU DE LA SECTION D'ORNITHOLOGIE POUR 1923 

Président : M. Jean Delacouh, château de Clères (Seine-Inférieure). 

Vice- Présidents ! ^°° ^' Lécallier, 109 rue de iâ République, Caudebcc-les-Elbeuf (Seine-Inférieure), 
le Prince Paul Morat, 68, rue de la Faisanderie, Paris XVI'. 



Secrétaires \ 



MM. 



J. Berlioz, 6, rue Pelrelle, Paris, IX". 

A. Dhxoux, Géry, par Aixe-sur-Vienne (Haute-Vienne). 



« L'Oiseau » est une partie spéciale de la Revue d'Histoire naturelle appliquée publiée 
par la Société nationale d'Acclimatation de France. C'est l'organe de la Section d'Omitlu- 
iogie de la Société. 

il a pour but de favoriser l'étude des Oiseaux par leur observation tant à l'état sauv.i^e 
qu'on captivité. Notre Société entend ainsi apporter une contribution nouvelle au bien-être 
général en faisant mieux connaître et en utilisant mieux une des ressources de la Nature. 
« L'Oiseau » parait mensuellement et contient des planches en noir ou en couleurs. Il 
traite toutes les questions d'Ornithologie, en réservant une large part aux Oiseaux de cage, 
de volière et de parc. 

Les membres de la Société et les abonnés ont droit chaque trimestre à une annonce gra- 
tuite de vingt mots ; les autres annonces sont payées à raison de o fr. ao le mot. 

Toute correspondance concernait l'Ornithologie doit être adressée à M. J. Delacour, 
président de la Section d'Ornithologie de la Société Nationale d'Acclimatation, «hâteau de 
Clères (Seine-Inférieure). 

TARIF D'ABONNEMENT à la Revue d'Histoire naturelle appliquée : 



UN AN : 

Pour les personnes ne faisant 
pas partie de la Société. . . . 



FRANCE ET COLONIES FRANÇAISES 



Partie 



Mainmalogie 
Aquiculture 
Entomologie 
Botanique, Colo- 
nisation, Aqua- 
riums 
et Terrariums 



2" 


Partie 


■' L'Oiseau " 


Orn 


thologie 


25 


francs 



25 francs 
Les deux parties 50 francs 



ETRANGER 



i" Partie 

Mammalogie 
Aquiculture 
Entomologie 
Botanique, Colo- 
nisation. Aqua- 
riums 
et Terrariums 



2* Partie 



" L'Oiseau " 
Ornlttiologie 



30 francs 30 francs 

Les deux parties 55 francs 



Les membres de la Société dom>ciliés en France ou dans les Colonies françaises, peu- 
vent s'abonner à chaque partie de la Revue, moyennant 15 francs et aux deux parties 
(Revue complète,, moyennant le prix global de 20 francs. Tous les abonnements partent 
du I " Janvier. 

Ces prix sont augmentés de 5 francs pour les membres de la Société domiciliés à 
l'étranger. 



Prière d'adresser le montant de l'abonnement à la Société d'Acclimatation, 
198, boulevard Saint-Germain, Paris (VIP). 

La Société ne prend sous sa responsabilité aucune des opinions émises par les auteurs 
des articles insérés dans « L'Oiseau ». 

La reproduction, sans indication de source ni de nom d'auteur, des articles publiés dani 
« L'Oiseau » est interdite. 

Ligue Françaîse pour la Protection des Oiseaux 

FONDÉE PAR 

LA SOCIÉTÉ NATIONALE D'ACCLIMATATION DE FRANCE 

1 os, boulevard Salut Germain, PARIS «A'^II') 

BULLETIN MENSUEL. SEANCES. COTISATION ANNUELLE : 10 FRANCS 



La diminution constante du nombre Jes Oiseaux qui menace d'extinction prochaine 
beaucoup d'espèces, est un pressant danger, tant au point de vue économique qu'au point de 
vue scientifique et artistique. Nous devons le combattre en toute hâte et nous efforcer de 
conserver complète au Monde, pour les générations futures, sa magnifique parure ailée. 

Tous ceux qui aiment, admirent et étudient l'Oiseau, doivent contribuer à le défendre en 
devenant membre de la Ligue Française pour la Proteclion des Oiseaux. 

J. DELACOUR, PRÉSIDENT DE LA LIGUE. 



REVUE 




PUBLIEE PAR 

' LA SOCIÉTÉ NATIONALE D'ACCLIMATATION DE FRANCE 
©EUXIÈMË PARTIE 

OR fN ITHOLOQ I E — AVICULTURE 



L'OISEAU 




VOL. IV. — N'' 5 — MAI 1823 

Le numéro : 4 francs. — Pour les abonnés : 3 francs 

Abonnement : un an, 25 fr. — Pour les membres de la Société d'Acclimatation : 15 îi 

La première partie de la Revue d'Histoire naturelle appliquée est réservée 

à la Mammalogie, l'Aquiculture, l'Entomologie, la Botanique, la Colonisation, 

aux Aquariums et Terrariums. 



SOMMAIRE 



Les Oiseaux. — Chapilrp VII. — W. Shore-Baily : Les Veuves {illustré) 145 

À. Godard. — Les volières à grillage mobile lo8 

M. Legendre. — Les Rouges-Queues ■ . . . , 162 

Chronique ornithologique 167 



AU SIÈGE SOCIAL : 198, BOULEVARD SAINT-GERMAIN 
PARIS (VIP) 

Téléphone : FLEURUS, 04-76. — Chèque Postal n° 6.139, Paris 

La Revue parait chaque mois 



BUREAU DE LA SECTION D^ORNITHOLOGIE POUR 1923 

rrésident : M. Jean Delacouk, château de Clères (Seine-Inférieure). 

V ice- Préside II Is^ ^ ^" ^' ^^^'^^*'*^^' ^09 rue de la Képublique, Caudebcc-les-Elbeul (Seiae-lnféneur.). 

' k Prince Paul Murai, 08, rue de la Faisanderie, Paris XVI*, 
Secrétaires '> ^'•^'' '' Berlioz, 6, rue Pelrelle,. Paris, IX*. 

' A. I>Ecoiix, Géry, par Aixe-sur-Vienne (Haute-Vienne). 



« L'Oiseau » est une partie spéciale de ia Revue d'Histoire naturelle appliquée publiée 
par la Société nalionale'd'AecUmatation de France. C'est l'organe de la Section d'Ornitho- 
logie de la Société. 

Il a pour but de favoriser Tétude des Oiseaux par leur observation tant à l'état sauvage 
qu'en captivité. Notre Société entend ainsi apporter une contribution nouvelle au bien être 
général en faisant mieux connaître et en utilisant mieux uae des ressources de la Nature 

o L'Oiseau » paraît mensuellement et contient des planches en noir ou en couleurs. Il 
traite toutes les questions d'Ornithologie, en réservant une large part aux Oiseaux de cage, 
de volière et de parc. 

Les membres de la Société el les abonnés ont droit chaque trimestre à une annonce gra- 
tuite de vingt mots ; les autres annonces sont payées à raison de o fr. ao te mot. 

Toute corresporrdance concernant l'OmithoIogie doit être adressée à M. 3. Delacour, 
président de la Seclioii d'Ornitholog-ie de la Société Nationale d'Acclimatation, château de 
Clères (Seine-Inférieure). 

TARIF D ABONNEMENT à la Revue d'Histoire naturelle appliquée : 



UN AN : 

Pour les personnes ne faisant 
pas partie de la Société .... 



FRANCE ET COLONIES FRANÇAISE» 



i" Partie 

.Mammalogie 
Aquicullare 
Entomologie 
Botanique, Colo- 
nisalion. Aqua- 
riums 
el Teriariums 



2* Partie 

" L'Oiseau " 
Ornitholosie 



25 francs 25 francs 

Les deux parties 50 francs 



ETRANGER 



i" Partie 

Mamraaiogie 
Aquicullure 
Eiilomologie 
Botanique, Colo- 
nisation, Aqua- 
riums 
et Terrariums 



2* Partie 

" L'Qiseau " 
Ornithologie 



30 francs 30 francs 

Les deux parties 55 francs 



Les membres de la Société domiciliés en France ou dans les Colonies françaises peu- 
vent s'abonner à chaque partie de la Revue, moyennant ib francs et aux deux parties 
(Revue complète , moyennant le prix global de 20 francs. Tous les abonnements partent 
du 1" Janvier. 

Ces prix sont augmentés de 5 francs pour les membres de la Société domiciliés à 
l'étranger. 



Prière d'adresser le montant de l'abonnement à la Société d'Acclimatation, 
198, boulevard Saint-Germain, Paris (VU'). 

La Société ne prend sous sa responsabilité aucune des opinions émises par les auteurs 
des articles insérés dans « L'Oiseau ». 

La reproduction, sans indication de source ni de nom d'auteur, des articles publiés dans 
a L'Oiseau » est interdite. 

Ligue Française pour la Protection des Oiseaux 

FONDÉE PAR 

LA SOCIÉTÉ NATIONALE D'ACCLIMATATION DE FRANCE 

19S, boulevard Saint -Germain, PARIS <VII'> 

BULLETIN MENSUEL. SEANCES. COTISATION ANNUELLE : 10 FRANCS 



La diminution constante du nombre Jes Oiseaux qui menace d'extinction prochaine 
beaucoup d'espèces, est un pressant danger, tant au point de vue économique qu'au point de 
vue scientilique et artistique. Nous devons le combattre en toute hâte et nous efforcer de 
conserver complète au Monde, pour les générations futures, sa magnifique parure ailée. 

Tous ceux qui aiment, admirent et étudient l'Oiseau, doivent contribuer à le défendre en 
devenant membre de la Ligue Française pour la Protection des Oiseaux. 

J. DELACOUR, PRÉSIDENT DE LA LIGUE. 



PUBLIEE PAR 

LA SOCIÉTÉ NATIONALE D'ACCLIMATATION DE FRANCE 



DEUXIÈME PARTIE 

ORMITHOLOaiE — AVICULTURE 



L'OISEAU 




VOL. IV. - N° 6 - JUIN 1923 

Le numéro : 4 francs. — Pour les abonnés : 3 francs 
Abonnement : un an, 25 fr. — Pour les membres de la Société d'Acclimatation : 15 !r. 

La première partie de la Revue d'Histoire naturelle appliquée est réservée 

à la Mammalogie, l'Aquiculture, l'Entomologie, la Botanique, la Colonisation, 

aux Aquariums et Terrariums. 



SOMMAIRE 



Payes. 

les Oiseaux. — Chapitre VIII. — W. Shore-Baily : Les Tisserins (Viduinés) [Hluslré) 169 

H. Dabviot. — L'Hypolaïs pliilomèle 177 

J. Del.vcooh. — Une collection de Gallinacés t-n Italie {IHusIré], 185 

Chronique ornithologique 189 



AU SIÈGE SOCIAL : 198, BOULEVARD SAINT-GERMAIN 
PARIS (VIP) 

Téléphone .- FLEURUS, 04-76. — Chèque Postal n' 6.139, Paris 
La Bévue parait chaque mois 



BUREAU DE LJÎ SECÎPIOÎN P'ORNITHOLOGIE POUR Î923 
Président ; M. Jkan Delacouk, château de Clères (Seine-Inféiieure). 
y ice- Présidents 



, M"' E. LÉCALLiER, 109 rue de la République, Caiidebcc-les-Elbeu» (Seiae-lntérieuri V 
' le Prince Paul Morat, 68, rue de la Faisanderie, Paris XVI°, 
Secrétaires '> '^'■^'' "'• '^'^'''-'o^, C, rue Pelrelle, Paris, IX'. 



A. Decoux, Géry, par Aixe-sur-Vienne (Haute- Vienne). 



a L'Oiseau » est une partie spéciale de la Revue d'Histoire naturelle appliquée publiée 
par la Société nationale d'Acclimatation de France. C'est l'organe de la Section d'Ornitho- 
logie de la Société. 

Il a pour but de favoriser l'étude des Oiseaux par leur obser\ation tant h l'étal sauvage 
qtz'en ciplivité. Notre Société entend ainsi apporter une contribution nouvelle au l>>en être 
général en faisant mieux connaître et en utilisant mieux une des ressources de la Nature. 

« L'Oiseau » paraît mensuellement et contient des planclies en noir ou en couleurs. Il 
traite toutes les questions d'Ornithologie, en réservant une large part aux Oiseaux de cage, 
de volière et de parc. 

Los membres de la Société et les abonnés ont droit chaque trimestre à une annonce gra- 
tuite de vingt mots ; les autres annonces sont payées à raison de o fr. 30 le mot. 

Toute corresponddince concernant l'Orrrithologie doit être adressée à M. J. Delacour, 
président de la Section d'Ornitholoi^ie de la Société Nationale d'Acclimatatiwi, château de 
Clères (Seine-Inférieure). 

TARIF D'ABONNEMENT à la Revue cf Histoire naturelle appliquée: 



UN AN : 

Pour les personnes ne faisant 
pas partie de la Société. . . . 



FRANCE ET COLONIES FRAWÇAISES 

Partie 



i" Partie 

.Mammaidgie 
Aquiculture 
Enlntnologie 
Botanique, Colo- 
nisation, Aqua- 
riums 
et Terrariums 



'' L'Oiseau " 

Ornilholosie 



25 francs 25 francs 

Les deux parties 50 francs 



ETRANGER 



i" Partie 

Mammalogie 
Aquiculture 
Entntnolosie 
Botanique, Colo- 
nisaticin. Aqua- 
riums 
et Terrariums 



2* Partie 



" L'Oiseau " 
Ornilliolosie 



30 francs 30 francs 

Les deux parties 55 francs 



Les membres de la Société domiciliés en France ou dans les Colonies françaises peu- 
vent s'abonner à chaque partie de la Bévue, moyennant IS francs et aux deux parties 
(Revue complète , moyennant le prix global de 20 francs. Tous les abonnements partent 
du t " Janvier. 

Ces pr'x sont augmentés de 5 francs pour les membres de la Société domiciliés à 
l'étranger. 



Prière d'adresser le montant de l'abonnement à la Société d'Acclimatation, 
198, boulevard Saint-Germain,' Paris (VU'). 

La Société ne prend sous sa responsabilité aucune des opinions émises par les auteurs 
des articles insérés dans « L'Oiseau ». 

La reproduction, sans indication de source ni de nom d'auteur, des articles publiés dans 
a L'Oiseau » est interdite. 

Ligue Française pour la Protection des Oiseaux 

FONDÉE PAR 

LA SOCIÉTÉ NATIONALE D'ACCLIMATATION DE FRANCE 

19S, boulevard Saint -Germain, PARIS (VII'> 

BULLETIN MENSUEL. — • SEANCES. COTISATION ANNUELLE : 10 FRANCS 



La diminution constante du nombre des Oiseaux qui menace d'extinction prochaine 
beaucoup d'espèces, est un pressant danger, tant au point de vue économique qu'au point de 
vue scientifique et artistique. Nous devons le combattre en toute hâte et nous efTorcer de 
conserver complète au Monde, pour les générations futures, sa magnifique parure ailée. 

Tons ceux qui aiment, admirent et étudient l'Oiseau, doivent contribuer à le défendre en 
devenant membre de la Ligue Française pour la Protection des Oiseaux. 

J. DEL.\COUR, PRÉSIDENT DE LA LIGUE. 



IISTE DES SOUSCRIPTIONS Ail FONDS DES IlllST RAT IONS DE " L'OISEAU " 



MM. J. Delacour i.ooo francs 

le Prince Paul Murât. 5oo — 

A. Decoux soo — 

M! et M"* E. Lecallier aoo — 

M"* la Baronne Gourgacd... ioo — 

MM. le D' F. Cathelin .. lOO — 

Ch. Debreuil IOO — 

A. Dlquesne lOO — 



MM. le Comte B. d'Imécolrt. ioo franco 

F. de Lacger loo — 

Sellier . . '. too — 

André DL'Po:iiT ôo — 

WoRMS de Romilly 5o — 

Scribe 5o — 

H. Poisson i o — 

M"* B. de CoFEVRON ?>o — 



Société Nationale d'Acclimatation de France 



Vice- Présidents 



BUREAU POUR 1923 

Président : M. Loiis Va>gin, Mi mbie de l'Inslilut, Directeur du Muséum d'Hisloi:e naturelle, Paris, V 
MM. I). Boi«, Profes«e"r au Muséum d'Hi-^toire naturelle, 57, rue Cuvier 
l l*ari>, V* ; 

D' Chacveac, SénalHur, 225. boulevard Si-Germain, Paris,, VII' ; 
le prince JoACHiM .Murat, Député, 2S, rue de Monceau, Paris VIII'; 
^ le baron X. d'ANTriouAR>, Minisire plenipolenliaire. 121 bis, rue de la 

Pompe, Paris, XVI" ; 

Secrétaire général ; M. Macbicb Loyer, 4, rue de Toumon. Paris, Vr ; 

^ .M.\l. le comte Delamvrre de Moxcualx, rue de Bellechasse, Paris {CoyiseiD 
. . \ J. Crepin. 55 ru.! de Vemeuil, Paris, VII' (SeaTices) : 

Secrétaires \ ^^^ Ophreuil, 25, ru.; de Chàleaudnn, t'aris, IX' {Intérieur) ; 

\ Jban Delacoor, chàleau de C'éres (Seinè-Iuférieure) {Etranger) ; 

Trésorier : M. André TRinNAKT. 58, rue Cusiiiie, Paris, XVHI' ; 
Archiviste-Bibliothécaire : M. Philibert de Clermo.nt, 29, rue Vergniaud, Paris, XIII*. 



Le but de la Société nationale d'Acclimatation de France est de concourir : i° à l'intro- 
duction, à l'acclimatation et i\ la domestication des espèces d'animaux utiles et d'ornement ; 
3" au perfectionnement et à la multiplication des races nouvellement introduites, créées ou 
domestiquées ; 3° à l'introduction et à la propagation de végétaux utiles ou d'ornement. D'une 
façon g-c'nérale, elle étudie la Nature vivante sous ses deux formes, animale et végétale. 

La Société se compose de membres Titulaires, membres à Vie, membres Donateurs, 
membres Bienfaiteiirs. 

Le membre Titulaire est celui qui paie un droit d'entrée de lo francs et une cotisation 
annuelle de aS francs. 

Le membre à Vie est celui qui paie un droit d'entrée de lo francs et qui s'aflranchil de 
Il cotisation annuelle par un versement de a5o francs. 

La Société décerne, chaque année, en Séance solennelle, des récompenses. 
Elle tient des séances générales bi-mensuelles. 

La Société encourage d'une manière toute spéciale les études de Zoologie et de Botanique 
appliquées en distribuant des graines et en confiant des cheptels d'animaux à ses membres. 

Elle publie, outre le Bulletin, la Revue d'Histoire naturelle appliquée, composée de deux 
parties et illustrée de gravures. Ces publications traitent de toutes questions concernant les 
êtres vivants. 

On y trouve des articles de fond relatifs aux applications de l'histoire naturelle : instal- 
lation, éducation des animaux, culture des plantes, usages, introduction, etc., etc. 

Le Bulletin est adressé gratuitement ; la Revue est servie, par abonnement, aux membres 
de la Société, au prix réduit de i5 francs pour chaque partie ou de ao francs pour les deux. 



A N INONCES 



OFFRES 



Tonte l'année Ondulées Tertes, jaanes, 

bleues. Egalement, nréution ie mon élcrage, 
on^liii^es '.lives. 

6.000 kilcs engrais de guano, 7 fr. 50 tes 
100 kilos, pris chez moi. 

A. BLANCHARD, 1, allée de Garonne, Ton- 
loaae. 

A échanger : 1 Scops, contre Moineaux Man- 
darins ou oiseaux analogues. 

J. MARNIER-LAPOSTALLE, 8, place de 
l'Opéra, Paris. 

1 d* Dyal ; 1 cf Sibia. 

J. DELACOUR, Clères (8.-I.). 



DEMANDES 



Canards diyers ; Grues de Numidie ; Ber- 
naches, ciseaux de parc. 

DULIGNIER, Saint-Gérand-le-Puy (Allier). 

Tarins rouges du Brésil, Cardinal rouge de 
Virginie, Cardinal vert, Niltava. 
M. Eug. CHAUDET, Bicnne (Suisse). 

Colombes poignardées, turverts, diamants ; 
ouvrage de Temminck ; 11 pigeons et galli- 
nacés. 

Faire offre Ch. GAUTRAND, 38, r. Fagerie, 
Castres (Tarn). 

2 cT Perruches Bonnet-bleu, on échangerait 
9 Vcmr cf ; 1 cf Croupion-rouge. 

A. DECOTJX, Géry, Aixe-sur-Vienne (Haute- 
Vienne). 

Ouvrages du M'» de Brisay : « Dans nos 
Volières » et « Les Colombes exotiques ». 

Faire offre à M. L. GACHE, 267, rue de Tu- 
renne, Bordeaux. 












Pâtées Duquesne 

POUR LA ISrOUFtFtlTUjRE DES OISEJLU2C 

Ephémères, œufs fourmis, jaunes d œufs, ^ Nourritures spéciales pour l'élevage 
cœur et viande de bœuf, viande de (jgg faisandeaux, perdreaux, dindon- 
cheval baies de sureau, vers de fa- M ^^^ ^^^ 
rine, etc., etc. ^ ' 

I*Atées complètes pour poussins et jeunes poulets 

Nourritarea économiques pour volailles, chiens, /apins, veaux, porcs, etc. 

= Blf^ClIlT MIKIlUESKE pour CH1K]«S = 

Demander Catalogue et renseignements à 
M. A. OUQUESNE, eieveur, Montfort-sur-RisIe (EURE) 



CHATEAUROUI. IMP. LANGLOI8 



LISTE DFS SOISCRIPIIONS Al FONDS DES IILISTRATIONS DE " L'OISEAl 



MM. J . Del ACOL'ii i . ooo francs 

le Prince Paul Mlrat. 5oo — 

A. Decoiix 200 — 

M. et M"* E. Lecalher . ... 200 — 

M"* la Baronne GouRG.^UD. . . 100 — 

MM. le D' F. Cathei-in ... loo — 

Ch. Debreuil 100 — 

A. DcQUESJiE. lOO — 



MM. le Comte B. d'Imécolut. 100 francs 

F. de LvcGEH 100 — 

Sellier 100 — 

André Dupont 5o — 

WORMS DE ROMILLY 5o — 

Scribe 5o — 

H. Poisso?( 10 — 

M"' B. de GcxFEVRON 3o — 



Société Nationale d'Acclimatation de France 



BUREAU POUR 1923 



Président : M. Loiis Vavgin, Mimbie de l'Inslilul, Directeur du Muséum d'Histoire naturelle, Paris, V 
MM. I). Bois. Professeur au Muséum d'Histoire nalurelie, 57, rue Cuvier 
1 Pari>, V ; 

\ D' Chaoveau, SénalHur, 225. boulevard St-r>erniain, Paris., VII* ; 

Vice-I'vésidetits 1^ prince Joachi.m Murât, Député, 28, rue de .Monct-au, Paris VIII'; 

' le baron A, d'ANTtioOAR'i, Minisire plenipolenliaiie, 121 bis, rue de la 

Pompe, t^aiis, XVI' ; 



.Maurice Loyeh, 4, nie de Touinon. Paris, VI' ; 

le comte Del.imvrre de Monchaus, rue de Bellechasse, Paris (Conset/) 
J. Crepi.n, 55 ru'- de Veineuil, Paris, VI1« {Séances) : 
Ch. Df.brel'il, 25, ru<; de ChàlPiuidiin, Paris, IX' (tiilh'ieur) ; 
{ Jean Delacouh, chàleau de Cières (Sf ine-Inférieure) (Etranger-) ; 

Trésorier : M. André Thignakt, 58, rue Cusiine, Paris, XVIII' ; 

Archiviste-Uibliothécaire : M. Philibert de CLER.MO^T; 29, rue Vergniaud, Paris, XIII'. 



Secrétaire général : .M 
^ M. M 

Secrétaires \ 



Le but de la Société nationale d'Acclimatation de France est de concourir : t" à l'intro- 
duction, à l'acclimatation et à la domestication des espèces d'animaux utiles et d'omeoient ; 
3" au perfectionnement et à la multiplication des races nouvellement introduites, créées ou 

domestiquées ; 3" à l'introduction et à la propagation de végétaux utiles ou d'ornement. D'une 
façon gi-n'rale, elle étudie la Nature vivante sous ses deux formes, animale et végétale. 

La Société se compose de membres Titulaires, membres à Vie, membres Donateurs, 
membres Bienfaiteurs. 

Le membre Titulaire est celui qui paie un droit d'entrée de 10 francs et une cotisation 
annuelle de 35 francs. 

Le membre à Vie est celui qui paie un droit d'entrée de 10 francs et qui s'a.lranchil de 
H cotisation annuelle par un versement de aBo francs. 

La Société décerne, chaque année, en Séance solennelle, des récompenses. 

Elle lient des séances générales bi-mensuelles. 

La Société encourage d'une manière toute spéciale les études de Zoologie et de Botanique 
appliquées en distribuant des graines et en confiant des cheptels d'animaux à ses membres. 

Elle publie, outre le Bulletin; la Bévue d'Histoire naturelle appliquée, composée de deux 
oarties et illustrée de gravures. Ces publications traitent de toutes questions concernant les 
êtres vivants. 

On y trouve des articles de fond relatifs aux applications de l'histoire naturelle : instal- 
lation, éducation des animaux, culture des plantes, usages, introduction, etc., etc. 

Le Bulletin est adressé gratuitement ; la fleuue est servie, par abonnement, aux membres 
de la Société, au prix réduit de i5 francs pour chaque partie ou de ao francs pour les deux 



ANNONCES 



OFFRES 

Tonte l'année : Oodnlées vertes, jaanea, 
hlfiipg. Egralement, creiilion 'le mon éleTagp, 
on'liil'^ea '.lives. 

5.000 kilos engrais de g^ano, 7 fr. 50 \ca 
100 kilos, pris chez moi. 

A. BLAN'JflA.HD, 1, allée de Garonne, Toa 
louse. 

A échanger : 1 Scops, contre Moineaux Man- 
darins ou oiseaux analogues. 

■T. MARNIER-LAPOSTALLE, 8. place de 
l'Opéra, Paris. 

1 cf Dyal ; 1 d Sibia. 

.T. DELACOUR, Clères (S.-I.). 



DEMANDES 

Canards divers ; Grues de Numidie ; Ber- 
naches, oiseaux de parc. 
DULIGNIER, Saint-Gérand-le-Puy (Allier). 

Tarins rouges du Brésil, Cardinal rouge de 
Virginie, Cardinal vert, Niltava. 
M. Eug. CHAUDET, Bicrne (Suisse). 

Colombes poignardées, turverts, diamants : 
ouvrage de Temminck ; 11 pigeons et galli- 
nacés. 

Faire offre Ch. GAUTRAND, 38, r. Fagerie, 
Castres (Tarn). 

2 d* Perruches Bonnet-bleu, on échangerait 
9 pour cf* ; 1 d* Croupion-rouge. 

A. DECOUX, Géry, Aixe-sur-Vienne (Haute- 
Vienne). 

Ouvrages du M" de Brisay : « Dans nos 
Volières » et «- Les Colombes exotiques ». 

Faire offre à, M. l,. GACHE, 267, rue de Tu- 
renne, Bordeaux. 




Pâtées Duquesne 

F'OUR JLA. ISrOUFtJRITURE DES OISEAUX 

Ephémères, œufs fourmis, jaunes d'œufs, ^ Nourritures spéciales pour l'élevage 
cœur et viande de bœuf, viande de ^gg faisandeaux, perdreaux, dindon- 
cheval, baies de sureau, vers de fa- 1 1 . . 
rine, etc., etc. ^ neaux, etc., etc. 

Pâtées complètes pour poussins et jeunes poulets 



Nourritures économiques pour volailles, chiens, lapins, veaux, porcs, etc. 



Bli^ClTIT MU^IJCS^E pour CHIKIÏS 



Demander Catalogue et renseignements à 
m> A. OUQUESNE, eieveur, IVPontfort-sur-RisIe (EURE) 



CHATEAUROUX. IMP. LANGLOIS 



LISTE DES SOUSCRIPTIONS AU FONDS DES ILLUSTRATIONS DE " L'OISEAU " 



MM. J. Delacour i.ooo francs 

le Prince Paul Murât. 5oo — 

A. Decoox 30O — 

M. et M°° E. Lecvllier 200 — 

M°* la Baronne GotncAin. . . 100 — 

MM. le D' F. Cathelin loo — 

Ch. Dehreuil 100 — 

A. DUQLESNE lOO — 



MM. le Comte B. d'Tmécourt . 100 francs 

F. de Lacger 100 — 

Sellier 100 — 

André Dupont 5o — 

WoHMs de Romilly 5o — 

SCRI BE 5o — 

H. Poisson 10 — 

M"' B. de CoNKEVRO.N 3o — 



Société Nationale d'Acclimatation de France 



BUREAU POUR 1923 

Président : M. Loois Mangin, Membre de rinstilut. Directeur du Muséum d'Histoire naturelle, Paris, V 
MM. D. Bois, Professeur au Muséum d'Histoire naturelle, 55, rue Cuvier 
i Paris, V ; 

\ D' Chadveac, Sénateur, 225. boulevard St-Germain, Paris, Vil* ; 

Vice-Présidents , lg prince .Ioachim Murat, Député, 28, rue de Monceau, Paris VIII'; 

' le baron A\ d'ANTHOOARo, Minisire plènipolenliaire, 121 bis, rue de la 

Pompe, Paris, XVI' ; 

Secrétaire général : M. Maurice Loyer, i, rue de Tournon. Paris, VI* ; 

/ MM. le comte Delamarre de Monchaux, rue de Bellechasse, Paris {Conseil) 
. . 1 J. Crepin, 35. rue de Verneuil, Paris, VII' [Séances) : 

Secrétaires j ç,^ Debreuil. 25, me de Chàleaudun, Paris, IX' {Intérieur) ; 

{ Jean Delacoor, château de Clères (Seine-Inférieure) {Etranger) ; 

Trésorier : M. André Trignart. 58, rue Gusline, Paris, XVIII* ; 
Archiviste-Bibliothécaire : M. Phh.ihert de Clermont, 29, rue Vergniaud, Paris, XIII*. 



Le but de la Société nationale d'Acclimatation de France est de concouriT : i" à l'intro- 
duction, à racclimatation et à la domestication des espèces d'animaux utiles et d'ornement ; 
s" au perfectionnement et à la multiplication des races nouvellement introduites, créées ou 

domestiquées ; 3° à l'introduction et à la propa^jation de Yc-Kctaux utiles on d'ornement. I>'nne 
façon générale, elle étudie la Nature vivante sous ses deux formes, animale et végétale. 

La Société se compose de membres Titulaires, membres à Vie, membres Donateurs, 
membres Bienfaiteurs. 

Le membre Titulaire est celui qui paie un droit d'entrée de 10 francs et une cotisation 
annuelle de a5 francs. 

Le membre à Vie est celui qui paie un droit d'entréo de 10 francs et qui s'affranchit de 
la cotisation annuelle par un versement de a5o francs. 

La Société décerne, chaque année, en Séance solennelle, des récompenses. 
Elle tient des séances générales bi-mensuelles. 

La Société encourage d'une manière toute spéciale les études de Zoologie et de Botanique 
appliquées en distribuant des graines et en confiant des cheptels d'animaux à ses membres. 

Elle publie, outre le Bulletin, la Revue d'Histoire naturelle appliquée, composée de deux 
parties et illustrée de gravures. Ces publications traitent de toutes questions concernant les 
êtres vivants. 

On y trouve des articles de fond relatifs aux applications de l'histoire naturelle : inttal- 
lation, éducation des animaux, culture des plantes, usages, introduction, etc., etc. 

Le Bulletin est adressé gratuitement ; la Revue est servie, par abonnement, aux membres 
de ta Société, au prix réduit de i5 francs pour chaque partie ou de 20 francs pour les deux. 



A N NONCSES 



OFFRES 

Toute l'année Ondulées Tertes, jaunes, 

bleues. Egalement, crt .lion 'le mon élevage, 
omdnléea f.livpg. 

6.000 kilos engrais de guano, 7 fr. 50 lei 
100 kilos, pris chez moi. 

A. BLANOHAHD, 1, allée de Garonne, Tou- 
lonse. 

Un mâle Faisan mélanote, parfaite santé. 
Occasion pressée, 100 fr. 
P. OREPIN, 55, tue de Verneuil, Paris. 
1 o* Cyanocoraz cœruleus, 120 fr. 
F. de LACGBR, Navès, par Castres (Tara). 

Tangara écarlate, jeune mâle, 60 fr. 

Etonrneau à tête rouge du Brésil, 100 fr. 

Verdin à front d'or, mâle, 100 fr. 

Rossignol à ailes bleues (Siva), le couple, 
450 fr. 

Rossignol à oreilles Manches, mâle, 180 fr. 

Shama, mâle (Mesia), 200 fr. 
Dramant de Gould, le couple, 220 fr. 

Perroquet santhoptère, le couple, 420 fr. 
Papes de Leolancher, un couple, 150 fr. 

Gobe-mouche Niltava, mâle, 400 fr. , 

Gobe-mouche gris-bleu, 200 fr. 

Astrilds à moustaches, la paire, 85 fr. 

Barbu à joues bleues, 100 fr. 

O. CORDIER, Werdgutstr. 7, Zurich (Suisse). 



DEMANDES 

Jeunes Cygnes blancs, à acheter ou échan- 
ger contre mâles adultes de Paons ordinaires. 

M"» BESSAIGNE, S^-rcelles. 

Cigognes blanches. 

Baronne GOURGAUD, ch. de La Grange, 
Terres (S.-et-O.). 

Mâle Perruche à tête rose (Paleomis rosa 
ou cyanocephala). 

M. ADAM, 17, avenue des TroiB-Ooulenrs, 
Woiame Saint-Pierre-Brabant (Belgflque). 

Tarins rouges du Brésil, Cardinal rouge de 
Virginie, Cardinal vert, Niltava. 
M. Eug. OHAUDET, Eienne (Suisse). 

Couple colombes lophotes reproducteur. Achè- 
terais ouvrage M" de Brisay, « Colombes ero- 
tiques ». 

Faire offre Oh. GAUTRAND, 38, r. Fagerie, 
Castres (Tarn). 

2 cf Perruches Bonnet-bleu, on échangerait 
Ç pour d' ; 1 c? Croupion-rouge. 

A. DBCOUX, Géry, Aise-sur-Vienne (Haute- 
Vienne). 

On demande acheter mâle Perruche à crou- 
pion rouge ou vendre femelle même espèce, 
100 fr. 

René SCRIBE, 38, Coupure, Gand (Belgi- 
que). 




, Pâtées Duquesne 

POUTi J.A JSrOURJRITUHJE] JDJSS OISEAUX 

Ephémères, œufs îonrmis, jaunes d'œuis, ^ Nourritures spéciales pour l'élevage 
cœur et viande de bœuî, viande de ^gg faisandeaux, perdreaux, dindon- 
cheval baies de sureau, vers de îa- M ^^^ ^^^ 
rine, etc., etc. ^ ' . 

Pâtées complètes pour poussins et jeunes poulets 

Nourritures économiques pour volailles, chiens, lapins, veaux, pmrcs, etc. 



BIfiiClJIT DUÇUES^E pour CHIEWS 



Demander Catalogue et renseignements à 
I. A. DUQUESNE, Eleveur, Montfort-sur-RisIe (EURE) 



CHATEAUROUX. IMP. LANGLOI8 



REVUE 




PUBLIEE PAR 

LA SOCIÉTÉ NATIONALE D'ACCLIMATATION DE FRANCE 



DEUXIÈME PARTIE^ 

ORMITHOLOGIE — AVICULTURE 



L'OISEAU 




VOL. VI* 



JUILLET 1923 



Le numéro : 4 francs. — Pour les abonnés : 3 francs 

Abonnement : un an, 25 fr. — Pour les membres de la Société d'Acclimatation : 15 fr. 

La première partie de la Revue d'Histoire naturelle appliquée est réservée 

à la Mammalogie, l'Aquiculture, l'Entomologie, la Botanique, la Colonisation, 

aux Aquariums et Terrariums. 



SOMMAIRE 

Pagea. 

Les Oiseaux. — Chapitre VKI. — W. Shore-Baily : Les Tisserins {Illustré) 193 

J. Delacocb. — La collection d'Oiseaux de M. P. Vendran [Illustré) 203 

J. Berlioz. — Les Perruches américaines 207 

Chronique omithologique 213 

AU SIÈGE SOCIAL : 198, BOULEYARD SAINT-GERMAIN 
PARIS (VIP) 

Téléphone : FLEURUS, 04-76. — Chèque Postal n' 6.139, Paris 

La Revue parait chaque mois 



BUREAU DE LA SECTION D'ORNITHOLOGIE POUR 1923 

/'résident : M. Jean Oklacouh, château de Glèi-es (Seine-Inférieure). 

Mce- Présidents * *^°° ^' '^'^'^^ '•''"'•*' '09 rue de la République, Catidebcc-les-Elben! (Seine-Inférieure) 

' le Prince Panl Morat, 68, rue de la Faisanderie, Paris XVI'. . 
Secrétaires ^ '^'■^^' ''■ ^'^"'''°^' ^< """^ Pelrelle, Paris, IX*. 



A. Dëcoux, Géry, par .\ixe-.sur-Vienne (Haute- Vienne). 



a L'Oiseau » est une partie spéciale de la Revue d'Histoire naturelle appliquée publiée 
par la Société nationale d'Acclimatation de France. C'est l'organe de la Section d'Ornitho- 
logie de la Société. 

Il a pour hul de favoriser l'étude des Oiseaux par leur obsenalion tant h l'état sauvage 
qu'en captivité. Notre Société entend ainsi apporter une contribution nouvelle au bien être 
général en faisant mieux connaître et en utilisant mieux une des ressources de la Nature. 
« L'Oiseau » parait mensuellement et contient des planches 'en noir on en couleurs. Il 
traite toutes les questions d'Ornithologie, en réservant une large part aux Oiseaux de cage, 
de volière et de parc. 

Las membres de la Société et les abonnés ont droit chaque trimestre à une nnnonco gra- 
tuite de vingt mots ; les autres annonces sont payées h raison de o fr. 20 le mol. 

Toute correspondance concernant l'Ornithologie doit être adressée à M. .1. Delacouu, 
président de la Section d'Ornithologie de la Société Nationale d'Acclimatation, château de 
Clères (Seine-Inférieure). 

TARIF D'ABONNEMENT à la Revue (T Histoire naturelle appliquée : 



UN AN : 



FRANCE ET COLONIES FRANÇAISES 



r° Partie 

Mammalogie 
Aquiculture 
Entomologie 
Botanique, Colo- 
nisation, Aqua- 
riums 
et Terra ri uni s 



2' Partie 

" L^OIseau " 
Ornithologie 



Pour les personnes ne faisant 25 francs 25 francs 

pas partie de la Société. ... Les deux parties 50 francs 



ETRANGER 



1" Partie 

Mammalogie 
Aquiculture 
Entomologie 
Bi'laniqiie, Colo- 
nisation, Aqua- 
riums 
et Terrariums 



2' Partie 

• 

" L'Oiseau " 
Ornithologie 



30 francs 30 francs 

Les deux parties 55 francs 



Les membres de la Société domiciliés en France ou dans les Colonies françaises peu- 
vent s'abonner à chaque partie de la Revule, moyennant 15 francs et aux deux parties 
(Revue complète , moyennant le prix global de 20 francs. Tous les abonnements partent 
du I " Janvier. 

Ces prix sont augmentés de 5 francs pour les membres de la Société domiciliés à 
l'étranger. 



Prière d'adresser le montant de l'abonnement à la Société d'Acclimatation, 
198, boulevard Saint-Germain, Paris (VU"). 

La Société ne prend sous sa responsabilité aucune des opinions émises par les auteurs 
des articles insérés dans « L'Oiseau ». 

La reproduction, sans indication de source ni de nom d'auteur, des articles publiés dans 
B L'Oiseau » est interdite. 



Ligue Française pour la Protection des Oiseaux 

FONDÉE PAR 

LA SOCIÉTÉ NATIONALE D'ACCLIMATATION DE FRANCE 

1»S, nonlevnrcl Saint Germain, PARIS <VII'> 

BULLETIN MENSUEL. — SEANCES. COTISATION ANNUELLE : 10 FRANCS 



La diminution constante du nombre Jes Oiseaux qui menace d'extinction prochaine 
beaucoup d'espèces, est un pressant danger, tant au point de vue économique qti'au point de 
vue scientifique et artistique. Nous devons le combattre en toute hâte et nous efforcer de 
conserver complète an Monde, pour les générations futures, sa magnifique parure ailée. 

Tous ceux qui aiment, admirent et étudient l'Oiseau, doivent contribuer à le défendre en 
devenant membre de la Ligue Française pour la Protection des Oiseaux. 

J. DELACOUR, PRÉSIDENT DE LA LIGUE. 



REVUE 




PUBLIEE PAR 

LA SOCIÉTÉ NATIONALE D'ACCLIMATATION DE FRANCE 



DEUXIÈME PARTIE 

OR IN ITHOLOQ I E — AVICULTURE 



L'OISEflU 




t 




VOL. IV. — N° 9 — SEPTEMBRE 1923 

Le numéro : 4 francs. — Pour les abonnés : 3 francs 
Abonnement : un an, 25 fr. — Pour les membres de la Société d'Acclimatation : 15 fr. 

La première partie de la Revue d'Histoire naturelle appliquée est réservée 

à la Mammalogie, l'Aquiculture, l'Entomologie, la Botanique, la Colonisation, 

aux Aquariums et Terrariums. 



SOMMAIRE 

P»gu. 

Les Oiseaux. — Chapitre XI, {suite). — A. Decoux : Les Spermètes et les Diamants 
(illustré) 241 

F. DE LiiCGER. — La Colombe plumifère {Illustré) 254 

J. HonsDEN. — Histoires de Forêt tropicale 258 

Chronique Ornithologique {illustré) 261 

AU SIÈGE SOCIAL : 198, BOULEVARD SAINT-GERMAIN 

PARIS (VIP) 
Téléphone: FLEURUj, 04-76. — Chèque Postal n* 6.139, Paris 

La Revue paraît chaque mois 



BUREAU DE LA SECTION D'ORNITHOLOGIE POUR 1923 

Président : M. Jean Delacour, château de Clères (Seine-Inférieure). 
'^lice-Présidents * ^°' ^' ^^'^''^^^^^' '^^ """^ ^^ '=• République, Caudebcc-les-Elbeuf (Seine-Inférieure) 
' le Prince Paul Morat, 68, rue de la Faisanderie, Paris XVI*. 
M.M. J. Berlioz, 6, rue Petrelle, Paris, IX*. 

A. Decoux, Géry, par Aixe-sur-Vienne (Haute- Vienne). 



Secrétaires 



• L'Oiseau » est une partie spéciale de la Revue d'Histoire naturelle appliquée publiée 
par la Société nationale d'Acclimatation de France. C'est l'organe de la Section d'Ornitho- 
logie de la Société. 

Il a pour but de favoriser l'étude des Oiseaux par leur observation tant à l'état sauvage 
qu'en captivité. Notre Société entend ainsi apporter une contribution nouvelle au bien-être 
général en faisant mieux connaître et en utilisant mieux une des ressources de la Nature. 

« L'Oiseau » paraît mensuellement et contient des planches en noir ou en couleurs. Il 
traite toutes les questions d'Ornithologie, en reservant une large part aux Oiseaux de cage, 
de volière et de parc. 

Les membres de la Société et les abonnés ont droit chaque trimestre à une annonce gra- 
tuite de vingt mots ; les autres annonces sont payées à raison de o fr. ao le mot. 

Toute correspondance concernant l'Ornithologie doit être adressée à M. J. Delacour, 
président de la Section d'Ornithologie de la Société Nationale d'Acclimatation, château de 
Clères (Seine-Inférieure). 

TARIF D'ABONNEMENT à la Revue d'Histoire naturelle appliquée : 



UN AN : 

Pour les personnes ne faisant 
pas partie de la Société. . . . 



FRANGE ET COLONIES FRANÇAISES 



i" Partie 

Mammalogie 
Aquiculture 
Entomologie 
Botanique, Colo- 
nisation, Aqua- 
riums 
et Terrariums 



2° Partie 



" L'Oiseau " 
Ornithologie 



25 francs 25 francs 

Les deux parties 50 francs 



ETRANGER 



i" Partie 

Mammalogie 
Aquiculture 
Entomologie 
Botanique, Colo- 
nisation, Aqua- 
riums 
et Terrariums 



2* Partie 

" L'Oiseau " 
Ornithologie 



30 francs 30 francs 

Les deux parties 55 francs 



Les membres de la Société domiciliés en France ou dans les Colonies françaises, peu- 
vent s'abonner à chaque partie de la Revue, moyennant 15 francs et aux deux parties 
(Revue complète', moyennant le prix global de 20 francs. Tous les abonnements partent 
du 1" Janvier. 

Ces prix sont augmentés de 5 francs pour les .membres de la Société domiciliés à 
l'étranger. 



Prière d'adresser le montant de l'abonnement à la Société d'Acclimatation, 
198, boulevard Saint-Germain, Paris (VII'). 

La Société ne prend sous sa responsabilité aucune des opinions émises par les auteun 
des articles insérés dans « L'Oiseau ». 

La reproduction, sans indication de source ni de nom d'auteur, des articles publiés dans 
a L'Oiseau » est interdite. 

Ligue Française pour la Protection des Oiseaux 

FONDÉE PAR 

LA SOCIÉTÉ NATIONALE D'ACCLIMATATION DE FRANCE 

19S, boulevard Saint Germain, PARIS <VII'> 

BULLETIN MENSUEL. SEANCES. COTISATION ANNUELLE : 10 FRANCS 



La diminution constante du nombre des Oiseaux qui menace d'extinction prochaine 
beaucoup d'espèces, est un pressant danger, tant au point de vue économique qu'au point de 
vue scientifique et artistique. Nous devons le combattre en toute hâte et nous efforcer de 
conserver complète au Monde, pour les générations futures, sa magnifique parure ailée. 

Tous ceux qui aiment, admirent et étudient l'Oiseau, doivent contribuer à le défendre en 
devenant membre de la Ligue Française pour la Protection des Oiseaux. 

J. DELAGOUR, président de la hgle. 



LISTE DES SOUSCRIPTIONS Al FONDS DES ILLUSTRATIONS DE " L'OISEAU " 



MM. J. Delacour i.ooo francs 

le Prince Paul Mlrat. 5oo — 

A. EZRA 25o — 

A. DeCOUI .200 — 

M. et M"' E. Lecaluer 200 — 

M"' la Baronne Golrgald. . . 100, — 

MM. le D' F. Catheu> loo — 

Gh. Debreuil 100 — 

A. Dcqoes^e 100 — 



MM. le Comte B. d'Imécourt . 100 francs 

F. de Lacger 100 — 

Sellier 100 — 

André Dupont 5o — 

WORMS DE ROMILLT 5o — 

Scribe 5o — 

H. Poisso?i I» — 

M"' B. de CoNFEVRON 3o — 



Société Nationale d'Acclimatation de France 



BUREAU POUR 1923 

Président ; M. Loois Mangin, Membre de l'Inslilut, Directeur du Muséum d'Histoire naturelle, Paris, V 
MM. D. Bois, Professeur au Muséum d'Histoire naturelle, 57, rue Cuvier 
Paris, V* ; 
D' Chadveau, Sénateur, 225, boulevard St-Germain, Paris, Vil* ; 
Vice-Présidents ' ,g prince Joachim Murat, Député, 28, rue de Monceau, Paris Vlil'; 

I le baron A, d'ANTHOOARO, Ministre plénipotentiaire, 121 bis, rue de la 

Pompe, Paris, XVI" ; 

Secrétaire général ; M. Maorice Loyer, 4, rue de Tournon. Paris, VI* ; 

/ MM. le comte Delamarre de Moixchaux, rue de Bellechasse, Paris {Conseil) 
\ J. Crepin, 55, rue de Verneuil, Paris, VII« (Séances) ; 

Secrétaires < ç.^ Debreuil, 25, rue de Chàteaudun, earis, IX' {Intérieur) ; 

( Jean Delacour, château de Clères (Seine-Inférieure) {Etranger) ; 

Trésorier : M. André Trignart, 58, rue Custine, Paris, XVIH* ; 

Archiviste-Bibliothécaire : M. Philibert de Clermont, 29, rue Vergniaud, Paris, XIII*. 



Le but de la Société nationale d'Acclimatation de France est d« concourir : 1° à l'intro- 
duction, à l'acclimatation et à la domestication des espèces d'animaux utiles et d'ornement ; 
a» au perfectionnement et à la multiplication des races nouvellement introduites, créées ou 

domestiquées ; 3" à lintroduction et à la propagation de végétaux utiles ou d'ornement. D'une 
façon générale, elle étudie la Nature vivante sous ses deux formes, animale et végétale. 

La Société se compose de membres Titulaires, membres à Vie, membres Donateurs, 
membres Bienfaiteurs. 

Le membre Titulaire est celui qui paie un droit d'entrée de 10 francs et une cotisation 
annuelle de aS francs. 

Le membre à Vie est celui qui paie un droit d'entrée de 10 francs et qui s'affranchit de 
la cotisation annuelle par un versement de 25o francs. 

La Société décerne, chaque année, en Séance solennelle, des récompenses. 

Elle tient des séances générales bi-mensuelles. 

La Société encourage d'une manière toute spéciale les études de Zoologie et de Botanique 
appliquées en distribuant des graines et en confiant des cheptels d'animaux à ses membres. 

Elle publie, outre le Bulletin, la Revue d'Histoire naturelle appliquée, composée de deux 
parties et illustrée de gravures. Ces publications traitent de toutes questions concernant les 
êtres vivants. 

On y trouve des articles de fond relatifs aux applications de l'histoire naturelle : instal- 
lation, éducation des animaux, culture des plantes, usages, introduction, etc., etc. 

Le Bulletin est adressé gratuitement ; la Revue est servie, par abonnement, aux membres 
de la Société, au prix réduit de i5 francs pour chaque partie ou de ao francs pour les deux. 



AN INONCES 



OFFRES 

Colombes Lophotes ; colombes à ailes rons- 
ses ; 1 c? ondulée bleue. 
1 Geai vert, 200 fr. 
1 Picthoris, 200 fr. 
1,1 Moqueurs de l'Argentine. 
MaÀdarias, S5 fr. eo. 
1 Grive orange. 
1 couple Stéphanophores. 

A. DECOITX, Géry, Aixe-sur-Vienne (Haute- 
Vienne). 

Palliceps, 500 fr. ; Picthoris, 350 fr. ; Se- 
rins Norwich orange, 200 fr. ; 1 cf Canard Ca- 
rolin, 180 fr. ; couples Canards Barbarie sau- 
rages, 500 fr ; Pilets du Chili, 300 fr. ; Sif- 
fleurs du Chili, 300 fr. ; Dindons sauvages, 
800 fr. pièce. 

J. DELACOUR, Clères (Seine-Inférieure). 

Couples perruches, croupion-rouge, Pennant, 
palliceps, erythroptères. Ondulées bleues. 

Mme LÉCALLIEK, 109, rue de la République, 
Caudebec-les-Elbeuf (Seine-Inférieure). 

Couples jeunes Renards à vendre ou échanger 
contre c. Cardinaux de Virginie, Perroquet on 
o. Calopsittes. 

M. RONSIIi, Ménilles (Eure). 

Farine de lait entier (non dégraissée), 4 lires 
italiennes le kilo, au départ. 

I. STANGA. Crotta d'Adda, Cremona (Italie). 



DEMANDES 

2 cf Perruches Bonnet-bleu, on échangerait 
Ç pour cf. 

A. DECOUX, Géry, Aixe-sur-Vienne (Hante- 
Vienne). 

20 Faisans ordinaires de chasse 1922, Colnis 
de Californie, Bartavelles, Tinamou. 

I. STANGA, Crotta d'Adda, Cremona (Italie). 

Navmann : Naturgeschichte der Vœgel Mittel- 
Eiiropas, 1905. Tomes I à IV (Passereaux), on 
l'ouvrage complet en 12 volumes. M. Henri 
Jouard, Gd Hôtel de Ift Fresnaie, à Lompsès, 
par Hauteville (Ain). 





lO»"^-^^^ 







Pâtées Duquesne 

IPOTJFl IjA. NOURFilTUFtE JOES OISEAJj:X. 

Ephémères, œufs fourmis, jaunes d'œufs, ^ Nourritures spéciales pour l'élevage 
cœur et viande de bœuf, viande de ^gs faisandeaux, perdreaux, dindon- 
cheval baies de sureau, vers de fa- U neaux, etc., etc. 
rine, etc., etc. ^ 

Pâtées complètes pour poussins et jeunes ponlets 

Nourritures économiques pour voiailJes, chiens, lapins, veaux, porcs, etc. 



Blf^CUIT »IQIIESJ«E pour ClIIEUîS 

Demander Catalogue et renseignements à 
M. A. OUQUESNE, Eleveur, Montfort-sur-Risle (EURE) 



CDArEAUROUX. IMP. LANGLOI8 



LISTE DES SOUSCRIPnONS AU FONDS DES ILLUSTRATIONS DE " L'OISEAU 



MM. .T Delacour i.ooo francs 

le Prince Paul Mlrat. 5oo — 

A. EzKA aSo — 

A. Oecoux 200 — 

M. et M"' E. Lecau-ieh . ... soo — 

M"' la Baronnft Golhcai.d... 100 — 

M\\. le \y F Cathemn .. loo — 

Ch. Debreihi 100 - 

A. Olqi ESM-; lOO — 



MM le Comte 13. d'Imécolut io.i 

F. de Lacreu 100 

Sellier 100 

André Dupont ûo 

WORMS DE ttOMILr.V 5o 

SCRIDE 5o 

H. POISSOK 10 

M"' H. de CONI EVKON .'^0 



francs 



Société Nationale d'Acclimatation de France 



BUREAU POUR 1923 

Président ; M. Locis Mavgin, Membre de l'Inslitnt, Directeur du Muséum d'Histoire naturelle, Paris, V 

/ MM. D. Bois, Professeur au Muséum d'Hi!»toire naturelle, 57, rue Cuvier 

i Pari?. V ; 

) D' Chaoveau, Sénateur, 225. boulevard Ht-Germain, Paris, VIP ; 

Vice-Presidents . le prince Joachim Murât, Député, 28, rne de Monceau, Paris VHP; 

I le baron A, d'ANTuoDARo, Ministre plénipotentiaire, 121 bis, rue de la 

Pompe, Paiis, XVI" ; 

Secrétaire général : M. Madbice Loyer, 4, rue de Tournon. Paris, VP ; 

t MM. le comte Delamarre de Monchaux, rue de Bellechasse, Paris {Conseil) 
1 J. Crepix, 55. rue de Verneuil, Paris, VII« [Séances) : 

secrétaires < ^^ Debreoil, 25, rue de Chàteaudun, t^aris, IX' (Intérieur) ; 

( Jkan Delacour, château de C'ères (Seine-Inférieure) [Etranger) ; 

Trésorier : M. André Tuignart. 58, rue Cnsline, Paris, XVIIP ; 

Archiviste-Bibliothécaire : M. Piim.ibeht de Cler.mont, 29, rue Vergniaud, Paris, XIII'. 



Le but de la Société nationale d'Acclimatation de France est do concourir : 1° à l'intro- 
duction, à l'acclimatation et h la domeslic.nlion des espèces d'animaux utiles et d'ornement ; 
3" au perfectionnement et h la mulliptication des races nouvellement introduites, créées ou 
domestiquées; 3" à l'introduction et à la propao:ation de véîi'ctaux utiles ou d'ornement. D'une 
façon g'onérale, elle étudie la Nature vivante sous ses deux formes, animale et végétale. 

La Société se compose de membres Titulaires, membres à Vie, membres Donateuri, 
inembres Bienfaiteurs. 

Le membre Titulaire est celui qui paie un droit d'entrée de 10 francs et une cotisation 
annuelle de aS francs. 

Le membre h Vie est celui q»ii paie un droit d'entrée de 10 francs et qui s'a!îranchil de 
H cotisation annuelle par un versement de a5o francs. 

La Société décerne, chaque année, en Séance solennelle, des récompenses. 

Elle tient des séances générales bi-mensuelles. 

La Société encourage d'une manière toute spéciale les études de Zoologie et de Botanique 
appliquées en distribuant des graines et en confiant des cheptels d'animaux à ses membres. 

Elle publie, outre le Bulletin, la Revue d'Histoire naturelle appliquée, composée de deux 
parties ol illustrée de gravures. Ces publications traitent de toutes questions concernant les 
êtres vivants. 

On y trouve des articles de fond relatifs aux applications de l'histoire naturelle : instal- 
lation, éducation des animaux'^ culture des plantes, usages, introduction, etc., etc. 

Le Dullelin est adressé gratuitement ; In Uevue est servie, par abonnenient, aux membres 
ie la Société, au prix réduit de i5 francs pour chaque partie ou de ao francs pour les deux 



ANNONCES 



OFFRES 

Colombes Lophotes ; colombes à ailes rous- 
ses ; 1 cf ondulée bleue. 

I Geai vert, 200 fr. 

1 Picthoris, 200 fr. 

1,1 Moqueurs de l'Arg-entine. 

Mandarins, 35 fr. co. 

1 Grive orange. 

1 couple Stéphanophores. 

A. DECOUX, Géry, A ixe-sur- Vienne (Haute- 
Vienne). 

Couples Ag^pomis tête rose, 350 fr. ; palli- 
oeps, 500 fr. ; Picthoiis, 350 fr. ; Serins Nor- 
wicli orang-e, 200 fr. ; Sucriers de la Martini- 
que, 500 fr. ; 1 d* Etourneau améthyste, 300 fr.; 
1 d Canard Carolin, 180 fr. ; couples Canards 
Barbarie sauvages, 500 fr. ; Pilets du Chili, 
300 fr. ; Siffleurs du Chili, 300 fr. ; Coq et 
Poule Sonnerat, 1.000 fr. ; cf Tragopan de 
Temminck, 800 fr. 

.T. DBLACOUR, Clères (Seine-Inférieure). 

Couples perruches croupion-rouge, Pennant, 
paTliceps, Erythroptères, Ondulées bleue», 
Swaineon et musquées. 

Mme LÊCALLIER, 109, rue de la République, 
Caudebec-les-Elbeuf (Seine-Inférieure). 

Couples jeunes Renards à vendre ou échanger 
contre c. Cardinaux de Virginie, Perroquet ou 
c. Calopsittes. 

M. RONSIL, Ménilles (Eure). 



Farine de lait entier (non dégraissée), 4 lire» 
italiennes le kilo, au départ. 

J. STANGA-CROTTA B'ADDA, Cremona (Ita- 
lie). 



DEMANDES 

2 cf Perruches Bonmet-blen, on échangerait 
$ pour cf. 

A. DECOUX, Géry, Aixe-sur-Vienne (Hante- 
Vienne). 

20 Faisanes ordinaires de chasse 1922, Colins 
de Californie, Bartavelles, Tinamou. 

J. STANGA-CROTTA D'ADDA, Cremona (Ita- 
lie). 




■tty^ t^iJ.'^^^AiM.^Mtt^^ 




Pâtées Duquesne 

JPOUn lu A. JSrOUFlFlITUFlE nES OISEAUX 

Ephémères, œufs fourmis, jaunes d'œufs, 'p Nourritures spéciales pour l'élevage 



cœur et viande de bœiif, viande de 
cheval, baies de sureau, vers de fa- 
rine, etc., etc. 



des faisandeaux, perdreaux, dindon- 
neaux, etc., etc. 



Pistées complètes pour poussins et Jeaues poulets 

Noiirt itures économiques pour volailles, chiens, lapins, veaux, pores, etc. 



BISCUIT MLI^UKS^E pour CHIKWS 



Demander Catalogue et renseignements à 
M. A. DUQUESNE, Eleveur. Montfort-sur-RisIe (EURE) 



CMArEAURutrX. — IMP. LANGLOI8 



LISTE DES SOUSCRIPTIONS AU FONDS DES ILLUSTRATIONS DE " L'OISEAU 



MM. J. Delacour i.ooo francs 

le Prince Paul Murât. 5oo — 

A. EZR.A 25o — 

A. Decoux 200 — 

M. et M"* E. Lecallier 200 — 

M"* la Baronne GounRAun. . . 100 — 

MM. le D' F. Cathei-in loo — 

Ch. Debrel'il 100 — 

A. DuQUESXE 100 — 



MM. le Comte B. d'Imécourt . 100 francs 

F. de Lacger 100 — 

Sellier 1 00 — 

André Dlpojit 5o — 

WORMS DE ROMII.Ll 5o — 

SCRTBE • 5o 

H. Poisson 10 — 

M"* B. de CoNi-EVRON .3o — 



Société Nationale d'Acclimatation de France 



BUREAU POUR 1923 

Président : M. Louis Mangin, Membre de l'InsUlut, Directeur du Muséum d'Hisloiie nalurelle, Paris, V 
MM. D. Bois, Professeur au Muséum d'Histoire naturelle, 57, rue Cuvier 
1 Paris, V ; 

] D' Chadveau, Sénateur, 225. boulevard St-Germain, Paris, VII" ; 

Vice-Présidents le prince Joachim Murat, Député, 28, rue de .Monceau, Paris VIlI'; 

' le baron A, d'AsTiiouARo, Minisire plénipolenliaire, 121 bis, rue de la 

Pompe, Paris, XVI* ; 

Secrétaire général ; M. Maurice Loyer, 4, rue de Tournon. Paris, VI" ; 

r MM. le comte Delamarre de iMo:«ciiaux, rac de Bellechasse, Paris {Conseil) 
. -. S J. Crepin, 55, rue de Verneuil, Paris, VII« (.Séance.':) : 

secrétaires \ ç^^ Debreuil, 25, rue de Chàteaudnn, Paris, IX* (Intérieur) ; 

( Jean Delacoob, château de Clères (Seine-Inférieure) {Etranger) ; 

Trésorier : M. .\ndré Tkignart. 58, rue Custine, Paris, XVIII* ; 
Archiviste-Bibliothécaire : M. Philibert de Clermont, 29, rue Vergniaud, Paris, XIII*. 



Le but de la Société nationale d'Acclimatation de France est de concourir : 1° à l'intro- 
duction, à l'acclimatation et à la domestication des espèces d'animaux utiles et d'ornement ; 
a» au perfectionnement et à la multiplication des races nouvellement introduites, créées ou 
domestiquées ; 3° à rintrodiiction et à la propagation de végétaux utiles ou d'ornement. D'une 
façon générale, elle étudie la Nature vivante sous ses deux formes, animale et végétale. 

La Société se compose de membres Titulaires, membres à Vie, membres Donateurs, 
membres Bienfaiteurs. 

Le membre Titulaire est celui qui paie un droit d'entrée de 10 francs et une cotisation 
annuelle de a5 francs. 

Le membre à Vie est celui qui paie un droit d'entrée de 10 francs et qui s'affranchit de 
la cotisation annuelle par un versement de a5o francs. 

La Société décerne, chaque année, en Séance solennelle, des récompenses. 

Elle tient des séances générales bi-mensuelles. 

La Société encourage d'une manière toute spéciale les études de Zoologie et de Botanique 
appliquées en distribuant des graines et en confiant des cheptels d'animaux à ses membres. 

Elle publie, outre le Bulletin., la Revue d'Histoire naturelle appliquée, composée de deux 
parties et illustrée de gravures. Ces publications traitent de toutes (pieslions concernant les 
êtres vivants. 

On y trouve des articles de fond relatifs aux applications de l'histoire naturelle : instal- 
lation, éducation des animaux, culture des plantes, usages, introduction, etc., etc. 

Le Bulletin est adressé gratuitement ; la Revue est servie, par abonnement, aux membres 
de la Société, au prix réduit de i5 francs pour chaque partie ou de ao francs pour les deux. 



AN NONCES 



OFFRES 

Tonte l'année Ondolées vertes, jaanes, 

bleues. Egalement, oréalion 'le mon élevage, 
o&dnlées olives. 

6.000 kilos engrais de guano, 7 fr. 50 Isa 
100 kilos, pris ohei moi. 

A. BLANOHAHD, 1. allée de Garonne, Ton- 
lonse. 

Colombes Lophotes ; colombes à ailes rous- 
ses ; 1 cT ondulée bleue. 

A. DECOUX, Géry, Aixe-sur-Tienne (Haute- 
Vienne). 



DEMANDES 

Merles bronzés verts : 100 fr. 

Tyran : 160 fr. ; Troupiale-Soleil : 160 fr. ; 

Troupiale mesomelas : 160 fr. ; Geais verts du 
Mexique : 400 fr. ; Co Grives Sabia : 400 fr. ; 

9 Grive d'Amérique : 100 fr. ; cf Grive à 
tête orange : 240 fr. ; Co Pigeons carpophages: 
400 fr. ; Sucriers de la Martinique : 250 fr. ; 

Co Sonnerais : 1.000 fr. ; cf Tragopan de Tem- 
rainck : 800 fr. 
J. DELACOUR, Clères (Seine-Inférieure). 

2 cf Perruches Bonnet-bleu, on échangerait 
9 pour cf. 

" A. DECOUX, Géry, Aixe-sur-Vienne (Hante- 
Tienne). 





''v^ ^^*J^l'r-t^:l^:i^ 'a^-Vw^^■'Si^-iJ|J.i^l^^^'^l' 'f^niir^'"'^^- 'm.^T""gsjj 



Pâtées Duquesne 

POUJR IL, A. JSrOUFtniTURE DES OISEAXJ:^. 

Ephémères, œufs fourmis, jaunes d œufs, ^ Nourritures spéciales pour l'élevage 
cœur et viande de bœuf, viande de ^^^ faisandeaux, perdreaux, dindon- 
cheval, baies de sureau, vers de fa- Il ^^ ^^^ ^ ^^^ 
rine, etc., etc. ^ 

PAtées complètes pour poussins et Jeunes poulets 

Nourritures économiques pour volailles, chiens, lapins, veaux, porcs, etc. 



BlSeiJIT UUQUESJÏE pour CHIEWS 



Demander Catalogue et renseignements à 
M. A. DUQUESNE, Eleveur. Montfort-sur-RisIe (EURE) 



CHATEAUROCX. — IMP. LANGLOI8 



REVUE 




PUBLIEE PAR 

LA SOCIÉTÉ NATIONALE D'ACCLIMATATION DE FRANCE 



DEUXIÈME PARTIE 

OR M ITHOLOa I E — AVICULTURE 



L'OISEAU 




■^N 




È r^vÉRÏT^ 



VOL. lY. — N° 10 ^ OCTOBRE 1923 

Le numéro : 4 francs. — Pour les abonnés : 3 francs 

Abonnement : un an, 25 fr. — Pour les membres de la Société d'Acclimatation ; 15 fr. 

La première partie de la Revue d'Histoire naturelle appliquée est réservée 

à la Mammalogie, l'Aquiculture, l'Entomologie, la Botanique, la Colonisation, 

aux Aquariums et Terrariiuns. 



SOMMAIRE 

Pagr«8. 

Les Oiseaux. — Chapitre X. — J. Delacour : Les T^ingaras {illustré) 265 

Chapitre XI. — J. Delacour : Les Sucriers 287 

F. DE Lacger. — Le Rossignol Bleu 290 

Médailles. — Elevage de la Perruche d'Azara 292 

Elevage du Moineau de Renguella 294 

Chronique Ornithologique ■ 296 

AU SIÈGE SOCIAL : 198, BOULEYARD SAINT-GERMAIN 

PARIS (VIP) 

Téléphone : FLEURUS, 04-76. — Chèque Postal n' 6.139, Paris 

La Revue parait chaque mois 



BUREAU DE LA SECTION D'ORNITHOLOGIE POUR 1923 

Président : M. Jean Delacouk, château de Clèrés(Se'ine-Infèiieure). 

\ice-Presidents ' ^" ^" '^^*^*'''''E''' '0^ ■■"*= l'^ 'a République, CaiKl.>bcc-les-Elbeiif (Seine-Inférieure) 

' le Prince Paul Morat, 68, rue de la Faisanderie, Paris XVP. 
Secrétaires !' ^^^' "'• "Seri-ioz, 6, rue Pelrelle, Paris, IX'. 

( A. Decoux, Géry, par Aixe-sur-Vienne (Haute-Vienne). 



« L'Oiseau » est une partie spéciale de la Revue d'Histoire naturelle appliquée publiée 
par la Société nationale d'Acclimatation de France. C'est l'organe de la Section d'Ornitho- 
logie d« la Société. 

Il a pour but de favoriser l'étude des Oiseaux par leur observation tant à l'étal sauvage 
qu'en captivité. Notre Société entend ainsi apporter une contribution nouvelle au bien-6tra 
général en faisant mieux connaître et en utilisant mieux une des ressources de la Nature. 

«t L'Oiseau » paraît mensuellement et contient des i^lanches en noir ou en couleurs. 11 
traite toutes les questions d'Ornithologie, en réservant une large part aux Oiseaux de cage, 
de volière et de parc. 

Les membres de la Société et les abonnés ont droit chaque trimestre à une annonce gra- 
tuite de vingt mots ; les autres annonces sont payées à raison de o fr. ao le mot. 

Toute correspondance concernant l'Ornitholofîie doit être adressée à M. J. Delacour, 
président de la Section d'Ornithologie de la Société Nationale d'Acclimatation, château d& 
Clères (Seine-Inférieure). 

TARIF D'ABONNEMENT à la Revae d'Histoire naturelle appliquée : 



UN AN : 

Pour les personnes ne faisant 
pas partie de la Société. . . . 



FRANCE ET COLOMES FRANÇAISES 



i" Partie 
Mammalogie 
Aquiculture 
Entomologie 
Bolanique, Colo- 
nisation, Aqua- 
riums 
et Terrariums 



2" Partie 

" L'Oiseau " 
Ornilholonie 



25 francs 25 francs 

Les deux parties 50 francs 



ETRANGER 



i" Partie 

Mammalogie 
Aquiculture 
Entomologie 
Botanique, Colo- 
nisation, Aqua- 
riums 
et Terrariums 



2* Partie 

*■' UOiseau " 
Ornithologie 



30 francs 30 francs 

Les deux parties 55 francs 



Les membres de la Société domiciliés en France ou dans les Colonies françaises peu- 
vent s'abonner à chaque partie de la Revue, moyennant is francs et aux deux parties 
(Revue complète), moyennant le prix global de 20 francs. Tous les abonnements partent 
du (" Janvier. 

Ces prix sont augmentés de 5 francs pour les membres de la Société domiciliés à 
l'étranger. 



Prière d'adresser le montant de l'abonnement à la Société d'Acclimatation, , 
198, boulevard Saint-Germain, Paris (VU'). 

La Société ne prend sous sa responsabilité aucune des opinions émises par les auteun 
des articles insérés dans « L'Oiseau ». 

La reproduction, sans indication de source ni de nom d'auteur, des articles publiés dam 
« L'Oiseau s est interdite. 

Ligue Française pour la Protection des Oiseaux 

FONDÉE PAR 

LA SOCIÉTÉ NATIONALE D'ACCLIMATATION DE FRANCE 

19S, boulevard Saint Germain, PARIS (VII'> 

BULLETIN MEÎVSUEL. SEANCES. COTIS.\TION ANNUELLE : 10 FRANCS 



La diminution constante du nombre des Oiseaux qui menace d'extinction prochaine 
beaucoup d'espèces, est un pressant danger, tant au point de vue économique qu'au point de 
vue scientifique et artistique. Nous devons le combattre en toute hâte et nous efforcer de 
conserver complète au Monde, pour les générations futures, sa magnifique parure ailée. 

Tous ceux qui aiment, admirent et étudient l'Oiseau, doivent contribuer à le défendre en 
devenant membre de la Ligue Française pour la Protection des Oiseaux. 

3. DELACOUR, président de la ligue. 



REVUE 




PUBLIEE PAR 

LA SOCIÉTÉ NATIONALE D'ACCLIMATATION DE FRANCE 



DEUXIÈME PARTIE 

ORNITHOLOGIE — AVICULTUR 



L'OISEAU 






^. 



'*>^ 




VOL. IV. — NM1 - NOVEMBRE 1923 

La première partie de la Revue d'Histoire naturelle appliquée est réservée 

à la Mammalogie, l'Aquiculture, l'Entomologie, la Botanique, la Colonisation, 

aux Aquariums et Terrariums. 



SOMMAIRE 

Pares. 

Les Oiseaux. — Chapitre XII. — D' A. G. Butler. — Les Fringilles 297 

F. DE I.ACGER. — Le RnssigDOl bleu {(in) 315 

J. Delacour. — Les Oiseaux de Clères en 1923 {illustré) 316 

Chronique Ornithologique 320 

AU SIÈGE SOCIAL : 198, BOULEVARD SAINT-GERMAIN 

PARIS (VIP) 

Téléphone : FLEURUS, 04-76. — Chèque Postal n' 6.139, Paris 

La Revue parait chaque mois 



BUREAU DE LA SECTION D'ORNITHOLOGIE POUR 1923 
Président : M. Jean Delacour, château de Clères (Seine-Inférieure). 
yice-Présidents ' ^° ^' ^^^^^^^'''^' "^^ riieile la Képublique, C» ulrtbco-les-Elbeuf (Seine-Inférieure) 



Secrétaires 



le Prince Paul Murât, 68, j'ue de la Falsai.ilei le, Paris XVI'. 
MM. J. Beklioz, 6, rue Petreile, Paris, IX". 

A. Decoux, Géry, par Aixe-sui-Vienne (Haiiie-Vienne). 



« L'Oiseau » est une partie spéciale de la Revue d'Histoire naturelle appliquée publiéo 
par la Société nationale d'Acclimatation de France. C'est l'organe de la Section d'Ornitho- 
logie de la Société. 

Il a pour but de favoriser l'étude des Oiseaux par leur obsenation tant à l'état sauvage 
qu'en captivité. Notre Société entend ainsi apporter une contribution nouvelle au bien-dtre 
général en faisant mieux connaître et en utilisant mieux une des ressources de la Nature. 
o L'Oiseau » parait mensuellement et contient des planches en noir ou en couleurs. If 
traite toutes les questions d'Ornithologie, en réservant une large part aux Oiseaux de cage, 
de volière et de parc. 

Les membres de la Société et les abonnés ont dro'it chaque trimestre à une annonce gra- 
tuite de vingt mots ; les autres annonces sont payées h raison de o fr. ao le mot. 

Toute correspondance concernant rOrnithologrie doit être adressée à M. J. Delacour, 
président de la Section d'Ornithologie de la Société Nationale d'Acclimatation, château de 
Clères (Seineylnférieure). 

TARIF D'ABONNEMENT à la Revue d'Histoire naturelle appliquée : 



UN AN 



FRAIVCE ET COLONIES FRANÇAISES 

Partie 



i" Partie 
Mammalogie 
Aquiculture 
Enlomoloîjie 
Botanique, Colo- 
nisation, Aqua- 
riums 
et Teriaiiums 



' L'Oiseau " 
OrnilholOKie 



Pour les personnes ne faisant 25 francs 25 francs 

pas partie de la Société. ... Les deux parties 50 francs 



ETRANGER 



i" Partie 

Mamoaaiogie 
Aquiculture 
Entomolooie 
Botanique, Colo- 
nisation, Aqua- 
riums 
et Terrariums 



3* Partie 



" L'Oiseau " 
Oinilhologie 



30 francs 30 francs 

Les deux parties 55 francs 



Les membres de la Société domiciliés en France ou dans les Colonies françaises peu- 
vent s'abonner à chaque partie de la Revue, moyennant 15 francs et aux deux parties 
(Revue complète , moyennant le prix global de 20 francs. Tous les abonnements partent 
du I " Janvier. 

Ces pr>x sont augmentés de 5 francs pour les membres de la Société domiciliés à 
l'étranger. 



Prière d'adresser le montant de l'abonnement à la Société d'Acclimatation, 
198, boulevard Saint-Germain, Paris (Vil*), 

La Société ne prend sous sa responsabilité aucune des opinions émises par les auteurs 
des articles insérés dans « L'Oiseau ». 

La reproduction, sans indication de source ni de nom d'auteur, des articles publiés dana 
« L'Oiseau » est interdite. 



Ligue Française pour la Protection des Oiseaux 

FONDÉE PAR 

LA SOCIÉTÉ NATIONALE D'ACCLIMATATION DE FRANCE 

198, boulevard Saint Germain, PARIS |VII'> 

BULLETIN MENSUEL. SEANCES. COTISATION ANNUELLE : 10 FRANCS 



La diminution constante du nojjibre Jes Oiseaux qui menace d'extinction prochaine 
beaucoup d'espèces, e.st un pressant danger, tant au point de vue économique qu'au point de 
vue scientifique et artistique. Nous devons le combattre en toute hâte et nous efforcer de 
conserver complète au Monde, pour les générations futures, sa magnifique parure ailée. 

Tous ceux qui aiment, admirent et étudient l'Oiseau, doivent contribuer à le défendre en 
devenan membre de la Ligue Française pour la Protection des Oiseaux. 

J. DELACOUR, PRÉSIDENT DE LA LIGL'E. 



REVUE 




PUBLIEE PAU 

LA SOCIÉTÉ NATIONALE D'ACCLIMATATION DE FRANCE 



DEUXIÈME PARTIE 

ORNITHOLOGIE — AVICULTURE 



L'OISEAU 






£ Mtf^i »*^ 



VOL. IV. — N° 12 — DECEMBRE 1923 

La première partie de la Revue d'Histoire naturelle appliquée est réservée 

à la Mammalogie, l'Aquiculture, l'Entomologie, la Botanique, la Colonisation, 

aux Aquariums et Terrariums. 



SOMMAIRE 

PafM. 

Les Oiseaux. — Chapitre XIII. — A. Decoux. — Les Gros-Becs {illustré) 321 

H. Labbe. — Noies sur les Ga llinacés 339 

Chronique ornithologique 345 

Table des matières 347 



AU SIËGE SOCIAL : 198, BOULEVARD SAINT-GERMAIN 

PARIS (VIP) 
Téléphone : FLEURUS, 04-76. — Chèque Postal n* 6.139, Paris 

La Revue parait chaque mois 



BUREAU DE LA SECTION D'ORNITHOLOGIE POUR 1923 

Président .- M. Jean Delacour, château de Clères (Seine-Inléiieure). 

yice-Présidents * ^°" ^' '^'^^*^'''^"> '09 rue de la République, Caudebcc-les-Elbeuf (Seine-Inférieure> 



Secrétaires 



' le Prince Paul Morat, 68, rue de la Faisanderie, Paris XVI'. 
MM. J. Berlioz, 6, rue Pelrelle, Paris, IX'. 

A. Decoux, Géry, par Aixe-sur-Vienne (Haute-Vienne). 



« L'Oiseau » est une partie spéciale de la Rmue d'Histoire naturelle appliquée publiée 
par la Société nationale d'Acclimatation de France. C'est l'organe de la Section d'Ornittio- 
logie de la Société. 

II a pour but de favoriser l'étude des Oiseaux par leur observation tant à l'état sauvage 
qu'en captivité. Notre Société entend ainsi apporter une contribution nouvelle au bien-être 
général en faisant mieux connaître et en utilisant mieux une des ressources de la Nature. 

« L'Oiseau » paraît mensuellement et contient des planches en noir ou en couleurs. Il 
traite toutes les questions d'Ornithologie, en réservant une large part aux Oiseaux de cage, 
de volière «t de parc. 

Les membres de la Société et les abonnés ont droit chaque trimestre à une annonce gra- 
tuite de vingt mots ; les autres annonces sont payées à raison de o fr. ao le mot. 

Toute correspondance concernant l'Ornithologie doit être adressée à M. .1. Delacour, 
président de la Section d'Ornithologie de la Société Nationale d'Acclimatation, château de 
Clères (Seine-Inférieure). 

TARIF D'ABONNEMENT à la Revue d'Histoire naturelle appliquée : 



UN AN : 

Pour les personnes ne faisant 
pas partie de la Société. . . . 



FRANCE ET COLONIES FRANÇAISES 

i" Partie a* Partie 

Mamraalogie 
Aquiculture 
Entomologie 
Botanique, Colo- 
nisation, Aqua- 
riums 
et Terrariums 



■' L'Oiseau " 
Ornithologie 



25 francs 25 francs 

Les deux parties 50 francs 



ETRANGER 



i" Partie 

Mammalogie 
Aquiculture 
Entomologie 
Botanique, Colo- 
nisation, Aqua- 
riums 
et Terrariums 



a' Partie 

" L'Oiseau " 
Ornithologie 



30 francs 30 francs 

Les deux parties 55 francs 



Les membres de la Société domiciliés en France ou dans les Colonies françaises, peu- 
vent s'abonner à chaque partie de la Revue, moyennant I5 francs et aux deux parties 
(Revue complète), moyennant te prix global de 20 francs. Tous les abonnements partent 
du I" Janvier. 

Ces prix sont augmentés de 5 francs pour les membres de la Société domiciliés à 
l'étrai 



Prière d'adresser le montant de l'abonnement à la Société d'Acclimatation, 
198, boulevard Saint-Germain, Paris (VU*). 

La Société ne prend sous sa responsabilité aucune des opinions émises par les auteurs 
des articles insérés dans « L'Oiseau ». 

La reproduction, sans indication de source ni de nom d'auteur, des a rtrcles publiés dans 
« L'Oiseau •> est interdite. 



Ligue Française pour la Protection des Oiseaux 

^ FONDÉE PAR 

LA SOCIÉTÉ NATIONALE D'ACCLIMATATION DE FRANCE 

198, bouleTard Saint -Qermain, PARIS (VU") 

BUL,iJETIN MENSUEL. SEANCES. COTISATION ANNUELLE : 10 FRANCIS 



La diminution constante du nombre des Oiseaux qui menace d'extinction proch«ine 
beaucoup d'espèces, est un pressant danger, tant au point de vue économique qu'au point de 
vue scientifique et artistique. Nous devons le combattre en toute hâte et nous efforcer de 
conserver eomplète au Monde, pour les générations futures, sa magnifique parure ailée. 

Tous ceux qui aiment, admirent et étudient l'Oiseau, doivent contribuer à le défçndre en 
dsvenaB «ambre de la Ligue Française pour la Protection des Oiseaux. 

3. DELACOUR, président de la ligue. 



LISTE DES SOUSCRIPTIONS Al) FONDS DES ILLUSTRATIONS DE " L'OISEAl) " 



MM. J. Delacour 1. 000 francs •. MM. F. de La.cger loo francs 

le Prince Paul Murât. . 5oo — Sellier loo — 

A. Decoux 34o — André Dupont 5o — 

A. EZRA 25o — WORMS DE RoMILLY 5o — 

M. et M"' E. Lecvllier 200 — Scribe 5o — 

M"* la Baronne fiouRGAUD. . . 100 — H. Poisson 10 — 

MM. le D' F. Cathelin . . . lOO — 1 M"' B. de Gonfevron .3o — 

Ch. Debreuil 100 - I MM. A. DÉRiARD ûo — 

A. DUQUESNE 1 00 A. BaRRIOL 20 — 

le Comte B. d'Imécourt. 100 



Société Nationale d'Acclimatation de France 



BUREAU POUR 1923 

Président ; M. Louis Mangin, Membre de rinstilut, Directeur du Muséum d'Histoire naturelle, Paris, V 
MM. D. Bois, Professeur au Muséum d'Histoire «aturelle, 57, rue Cuvier 
Paris, V* ; 
, D' Chadveau, Sénateur, 225, boulevard Ht-Germain, Paris, Vil* ; 

Vice-Présidents Ig prince Joachim Murat, Député, 28, rue de Monceau, Paris VIII'; 

/ le baron A, d'ANTHOUARs, Ministre plénipotentiaire, 12t bis, rue de la 

' Pompe, Paris, XVI* ; 

Secrétaire général : M. Maurice Loyer, 4, rue de Tournon, Paris, VI' ; 

r MM. le comte Delamarre de Mo:«ch.vux, rue de Bellechasse, Paris {Conseil) 
S s. Crepin, 55, rue de Verneuil, Paris, Vil' (Séance.';) : 

becrétaires < ^^ Debreuil, 25, rue de Chàteaudun, t'aris, IX' {Intérieur) ; 

{ Jean Delacocr, cliàloau de Cières (Seine-Inférieure) {Etranger) ; 

Trésorier : M. André Trignart, 58, rue Cusiine, Paris, XVIII* ; 

Archiviste-Bibliothécaire : M. Philibert de Clermont, 29, rue Vergniaud, Paris, XIII'. 



Le bnt de la Société nationale d'Acclimatation de France est de concourir : 1° à l'intro- 
duction, à racclimatation et à la domestieation des espèces d'animaux utiles et d'ornement ; 
a" au perfectionnement et à la multiplication des races nouvellement introduites, créées ou 

domestiquées ; 3° à l'introduetion et à la propagation de végétaux utiles ou d'ornement. D'une 
façon générale, elle étudie la Nature vivante sous ses deux formes, animale et végétale. 

La Société se compose de membres Titulaires, membres à Via, membres Donateurs, 
membres Bienfaiteurs. 

Le membre Titulaire est celui qui paie un droit d'entrée de 10 franw et une cotisation 
annuelle de a5 francs. 

Le membre à Vie est celui qui paie vu droit d'entrée de 10 francs et. (f«i s'affranchit de 
la cotisation annuelle par un versement de a5o francs. 

La Société décerne, chaque année, en Séance solennelle, des récompeases. 

Ellie tient des séances générales bi-mensuelles. 

La Société encourage d'une manière toute spéciale les études de Zoologie et de Botanique 
appliquées en distribuant des graines et en confiant des cheptels d'animaux à ses membres. 

Elle publie, outre le Bulletin, la Revue d'Histoire naturelle appliquée, composée de deux 
parties et illustrée de gravures. Ces publications traitent de toutes questions concernant les 
êtres vivants. 

On y trouve des articles de fond relatifs aux applications de l'histoire naturelle : inatal- 
lotion, éducation des animaux, culture des plantes, usages, introduction, etc., etc. 

Le Bulletin est îcdressé gratuitement ; la Revue est serrie, par ab©«nement, aux membres 
de la Société au prix réduit de i5 francs pour chaque partie ou de ao francs pour les deux 



A N NONCES 



OFFRES ■ 

F&rine de lait entier (non dégrraissée), 4 lires 
italienneE le kilo, aa départ. 

I. STANOA, Orotta d'Adda, Oremona (Italie). 

Désire échanger 1 cf £meu pour 1 Ç. 

A. EZRA, Foiwarren Park, Cobbam, Sur- 
rey (Angleterre). 

Dindons gauvages, 800 fr. pièce ; Paons spi- 
oifers, 500 fr. ; Bankhiva, 150 fr. ; couple 
B»rbarie sanvages, 500 fr. 

J. DELACOUE, Clerès (Seine-Inférieure). 

Co. Pintades blanches. 

Oomte A. de la, CHEVALERIE, à Piloué, par 
Ohiré-en-Montreuil (Vienne). 

2 cT 1 9 Perruches croupion rouge 1923 ; 
1 d* Colin de Californie ; 1 cf Troupiale jamaï- 
caï, 100 fr. pièce. 

M. G.rH. ADAM, 17, av. des Trois-Oonleurs, 
Wolnve, SaintPierre-lez Bruxelles (Belgique). 

Pigeons cauchois purs, couple maillé hya- 
cinthe ; maillé jaune. 

D' L0I8EL. 6, rue de l'Ecole-de-Médeoine, 
Paris. 

Cyanocorax cœrulens cf. 

M. de LACG-BR, Navès, par Castres (Tarn). 



DEMANDES 

3 cf Perruches Bonnet-bleu, on échanireralt 
S? pour cT. 

A. DECOUX, Géry, Aixe-aur- Vienne (Haute- 
Tienne). 

20 Faisans ordinaires de chasse 1923, Oolnis 
de Californie, Bartavelles, Tinamou. 

I. STANGA, Crotta d'Adda, OreMona (Italie). 

Natjmann .- Naturgeschichte der Vœgel Mittel- 
Europas, 1905. Tomes I à IV (Passereaux), on 
l'ouvrage complet en 12 volumes. M. Henri 
Jouard, Gd Hôtel de ijk Fresnaie, à Lompsès, 
par Hauteville (Ain). 

Cinis, Linote montagnarde, Ventnron, C»r- 
podace cramoisi. Bruants rares et exotiques. 
Oiseaux européens atteints d'aberratio» de plu- 
mage totale ou partielle albinisme, méla- 
nime, isabellisme. 

J. VAN BAETBN, 21, rue Basse-Ville, Cour. 
trai (Belgique). 

Mâle Sarcelle Formose à vendre ou échanger 
contre oiseaux de parc. Achèterais femelle 
Formose, palmipèdes et éohassiers. 

DULIGNIER, Saint-Gérand-le-Puy (Allier). 

Poule faisane versicolore pur sang. 

Ed. LABBE, 27, rue d'Arles, Tunis (Tu- 
nisie). 




Pâtées Duquosne 

POUR Xi A NOUFtHITUHE DES OISEA.UX 

Ephémères, œufs fourmis, jaunes d'œufs, * Nourritures spéciales -pour l'élevage 
cœur et viande de bœuf, viande de ^gg faisandeaux, perdreaux, dindon- 
cheval, baies de sureau, vers de fa- M . 
rine, etc., etc. ^ neaux, etc., eic. 

Pâtées complètes pour poussins et jeunes poulets 



Nourritures économiques pour volailles, chiens, lapins, veaux, porcs, etc. 



BISCUIT BUÇUESJÏE pour CHIJEaïS 



Demander Catalogue et renseignements à 
M. &. OUQUESNE, Eleveur, IWontfort-sur-RisIe (EURE) 



CHATEAUHOUX. IMP. LAKGLOI8 



LISTE DFS SOUSCRIPTIONS AU FONDS DES ILLUSTRATIONS DE " L'OISEAU " 



MM. J. Delacour i.ooo francs 

le Prince Paul Mlrat. 5oo — 

A. EzRA aBo — 

A. Decoux 200 — 

M. et M"* E. Lecalher 300 — 

M"* la Baronne Golroaud... 100 — 

MM. le D' F. Gathelin ... loo — 

Ch. Debreuil 100 — 

A, Dlqlesne 100 — 



MM. le Comle B. d'Imécourt. 100 francs 

F. de Lacger 100 — 

Sellier 100 — 

André Dupont 5o — 

VVORIIS DE ROMILLY 5o — 

Scribe 5o — 

H. Poisson..., 10 — 

M"' B. de CoNi-EVRON. 3o — 



Société Nationale d'Acclimatation de France 



BUREAU POUR 1923 



Vice-Présidents 



Président : M. Louis Mangin, Membre de l'Inslilut, Directeur du Muséum d'Histoire naturelle, Paris, V 
MM. D. Bois, Professeur au Muséum d'Histoire naturelle, 57, rue Cuvier 
[ Paris, V ; 

D' Chaovkau, Sénateur, 225. boulevard St-Germain, Paris, VII* ; 
le prince Joachim Murat, Député, 28, rue de Monceau, Paris VIII'; 
f le baron A. dANTuouAiio, Minisire plénipotentiaire, lâl bis, rue de la 

Pompe, Paris, XVI* ; 

Secrétaire général : M. Maurice Loyer, i, rue de Tournon, Paris, VI' ; 

/ MM. le comte Delamarre de Monchaux, rue de Bellechasse, Paris {Conseil) 
„ . . 1 J. Crepix, 55. rue de Verneuil, Paris, Vil' [Séances) : 

i>ecre(aires j ^^ Dkbreuil, 25, rue de Chàteaudun, Paris, IX' [Intérieui-] ; 

{ Jkan Delacobh, château de Clères (Seine-Inférieure) [Etranger) ; 

Trésorier : M. André Tuirsart. 58, rue Cusiine. Paris, XVIII' ; 
Archivisle-Bibliothécaire : M. Phii.ibbht de Cleh.mont, 29, rue Vergniaud, Paris, XIII'. 



Le but de la Société nationale d'Acclimatation de France est de concourir ; 1° à l'intro- 
duction, à l'acclimatation et à la domestication des espèces d'animaux utiles «l d'ornement ; 
J" au perfectionnement et à la multiplication des races nouvellement introduites, créées ou 
domestiquées ; 3° à l'introduction et à la propagration de végétaux utiles ou d'ornement. D'une 
façon générale, elle étudie la Nature vivante sous ses deux formes, animale et végétale. 

La Société se compose de membres Titulaires, membres à Vie, membres Donateurs, 
membres Bienfaiteurs. 

Le membre Titulaire est celui qui paie un droit d'entrée de 10 francs et une cotisation 
annuelle de 35 francs. 

Le membre à Vie est celui qui paie un droit d'entrée de 10 francs et qui s'affranchit de 
la cotisation annuelle par un versement de aSo francs. 

La Société décerne, chaque année, en Séance solennelle, des récompenses. 
Elle tient des séances générales bi-mensuelles. 

La Société encourage d'une manière toute spéciale les études de Zoologie et de Botanique 
appliquées en distribuant des graines et en confiant des cheptels d'animaux à ses membres. 

Elle publie, outre le Bulletin, la fieuue d'Histoire naturelle appliquée, composée de doux 
parties et illustrée de gravures. Ces publications traitent de toutes questions concernant les 
êtres vivants. 

On y trouve des articles de fond relatifs aux applications de l'histoire naturelle : inttal- 
lation, éducation des animaux, culture des plantes, usages, introduction, etc., etc. 

Le Bulletin est adressé gratuitement ; la Revue est servie, par abonnement, aux membres 
de la Société, au prix réduit de i5 francs, pour chaque partie ou de ao .francs pour les deux 



AN NONCES 



OFFRES 

Farine de lait entier (non dégraiasée), 4 lires 
italiennes le kilo, an départ. 

I. STANGA, Orotta d'Adda, Cremona (Italie). 

Désire échanger 1 cf Emeu pour 1 Ç. 

A. EZRA, Foxwarren Park, Cobbam, Sur- 
rey (Angleterre). 

Dindons sanyages, 300 fr. pièce ; Paons epi- 
cifers, 500 fr. ; Bankhiva, 150 fr. ; couple 
Barbarie sauvages, 500 fr. 

J. DELACOUR, Clerèe (Seine-Inférienre). 

Oo. Pintades blanches. 

Comte A. de 1» CHEVALERIE, à Piloné, par 
Ohiré-en-Montreuil (Vienne). 

2 cf 1 $ Perruches croupion rouge 1923 ; 
1 cf Colin de Californie ; 1 d' Troupiale jamaï- 
caï, 100 fr. pièce. 

M. G.^H. ADAM, 17, av. des Trois-Couleurs, 
Woluve, Saint-Pierre-lez Bruxelles (Belgique). 



DEMANDES 

2 d* Perruches Bonnet-bien, on échanfrerait 
9 pour cf. 

A. DECOTTX, Géry, Aixe-sur-Vienne (Hante- 
Vienne). 

20 Faisans ordinaires de chasse 1922, Oolnis 

de Californie, Bartavelles, Tinamou. 

I. STANGA, Crotta d'Adda, Cremona (Italie). 

Nauuann ; Naturgeschichte der Vœgel Mittel- 
Europas, 1905. Tomes I à IV (Passereaux), ou 
l'ouvrage complet en 12 volumes. M. Henri 
Jouard, Gd Hôtel de 1* Fresnaie, à Lompsès, 
par Hauteville (Ain). 

Cinis, Linote montagnarde, Venturon, Car- 
podace cramoisi. Bruants rares et exotiques. 
Oiseaux européens atteints d'aberration de plu- 
mage totale ou partielle : albinisme, méJa- 
nime, isabellisme. 

J. VAN BAETEN, 21, rue Basse-Ville, Cour- 
trai (Belgique). 

Mâle Sarcelle Formose à vendre ou échanger 
contre oiseaux de parc. Achèterais femelle 
Formose, palmipèdes et éohassiers. 

DULIGNIER, Saint-Gérand-le-Pny (Allier). 




Pâtées Duquesne 

POUn LA. NOURRITURE DES OISEA.UJC 

Ephémères, œufs fourmis, jaunes d'œuîs, <'^ Nourritures spéciales pour l'élevage 
cœur et viande de bœuf, viande de ^gg faisandeaux, perdreaux, dindon- 
cheval baies de sureau, vers de fa- \\ ^^^ ^^^ 
rme, etc., etc. ^ ' 

Pâtées complètes pour poussins et Jeunes poulets 



Nourritux'ea économiques pour vol&illes, chiens, lapins, veaux, porcs, etc. 



BISCUIT UIJQIJESJVE pour CHIE^^VIS 



Demander Catalogue et renseignements à 
M. A. OUQUESNE, Eleveur. Montfort-sur-RisIe (EURE) 



CflATBAXmODX. IKP. LAROLOIS 



LISTE DtS SOUSCRIPTIONS AU FONDS DES ILLUSTRATIONS DE " L'OISEAU " 



MM. J. Delacour 1 .000 francs 

le Prince Paul MLR.\r. 5oo — 

A. EzRA 25o — 

.\. Decoux 200 — 

M. et M"' E. Lecallier 200 — 

M"* la Baronne Gourgaud... 100 — 

MM. le D' F. C.ATHEUN , . . . loo — 

Ch. Debrel'il !oo — 

A. Duquesne lOO — 



MM. le Comte B. d'Imécourt . 100 francs 

F. de Lacger 100 — 

Sellier 100 — 

André Dupont 5o — 

\N orms de Romilly 5o — 

Scribe 5o — 

H. Poisson 10 — 

M"* B. de C0NFEVRON 3o — 



Société Nationale d'Acclimatation de France 



BUREAU POUR 1923 

Président ; M. Louis Mangin, Membre de l'Inslitut, Directeur du Muséum d'Histoire naturelle, Paris, V 
MM. D. Bois, Professeur au Muséum d'Histoire naturelle, 57, rue Cuvier 
( Paris, V ; 

) D' Chadveau, Sénateur, 225. boulevard St-Germain, Paris, VII* ; 

Vice-Présidents ^^ prince Joachim Murat, Député, 28, rue de Monceau, Paris VIII'; 

/ le baron A, d'ANTHOOARD, Ministre plénipotentiaire, 121 bis, rue de la 

Pompe, Paris, XVI* ; 

Secrétaire général : M. Maurice Loyer, 4, rue de Tournon, Paris, VI' : 

r MM. le comte Delamarre de Mowchaux, rue de Bellechasse, Paris {Conseil) 
. . \ J. Crepin, 53, rue de Verneuil, Paris, Vit' (Séances) : 

Secrétaires j ^.^ Debreuil, 23, rue de Chàleaudun, faris, IX* [Intérieur) ; . 

' Jean Delacour, château de Clères (Seine-Inférieure) (Etranger) ; 

Trésorier : M. André Thignart, 58, rue Custine, Paris, XVIII' ; 

Archiviste-Bibliothécaire : M. Philibert de Clermont, 29, rue Vergniaud, Paris, XIII'. 



Le but de la Société nationale d'Acclimatation de France est de concourir : i" à l'intro- 
duction, à racclimatation et à la domestication des espèces d'animaux utiles et d'ornement ; 
2" au perfectionnement et à la multiplication des races nouvellement introduites, créées ou 

domestiquées ; 3° à l'introductioii et à la propafration de végétaux utiles ou d'ornement. D'une 
façon générale, elle étudie la Nature vivante sous ses deux formes, animale et végétale. 

La Société se compose de membres Titulaires, membres à Vie, membres Donateurs, 
membres Bienfaiteurs. 

Le membre Titulaire est celui qui paie un droit d'entrée de 10 francs et une cotisation 
annuelle de a5 francs. 

Le membre à Vie est celui qui paie un droit d'entrée de 10 francs et qui s'affranchit de 
la cotisation annuelle par un versement de aSo francs. 

La Société décerne, chaque année, en Séance solennelle, des récompenses. 

Elle tient des séances générales bi-mensuelles. 

La Société encourage d'une manière toute spéciale les études de Zoologie et de Botanique 
appliquées en distribuant des graines et en confiant des cheptels d'animaux à ses membres. 

Elle publie, outre le Bulletin, la Revue d'Histoire naturelle appliquée, composée de deui 
parties et illustrée de gravures. Ces publications traitent de toutes questions concernant les 
êtres vivants. 

On y trouve des articles de fond relatifs aux applications de l'histoire naturelle : instal- 
lation, éducation des animaux, culture des plantes, usages, introduction, etc., etc. 

Le Bulletin est adressé gratuitement ; la Revue est servie, par abonnement, aux membree 
. de la Société, au prix réduit de i5 francs pour chaque partie ou de ao francs pour les lieui. 



A N N ONCES 



OFFRES 

Farine de lait entier (non dégrraiasée), i lires 
italiennes le kilo, au départ. 

I. STANGA, Crotta d'Adda, Cremon» (Italie). 

Désire échanger 1 cf Emeu pour 1 Ç. 

A. EZRA, Foxwarren Park, Cobbam, Sur-^ ^ 
rey (Angrleterre). * 

Dindons sauvages, 300 fr. pièce ; Paons epi- 
cifers, 600 fr. ; BankhiTa, 150 fr. ; couple 
Barbarie sauvages, 500 fr. 

J. DELACOUR, Clerès (Seine-Inférieure). 

Co. Pintades blanches. 

Comte A. de la CHEVALERIE, à Piloué, par 
Ohiré-en-Montreuil (Vienne). 

3 d* 1 Ç Perruches croupion rouge 1923 ; 
1 cf Colin de Californie ; 1 cf Tronpiale jamaï- 
caï, 100 fr. pièce. 

M. G.I-H. ADAM, 17, av. des Trois-Couleurs, 
Woluve, Saint-Pierre-lez Bruxelles (Belgique). 



DEMANDES 

2 çf Perruches Bonnet-bleu, on échangerait 
$ pour cf. 

A. DECOUX, Géry, Aixe-aur-Vieane (Hante- 
Vienne). 

30 Faisans ordinaires de chasse 1922, Colnis 
de Californie, Bartavelles, Tinamou. 

I. STANGA, Crotta d'Adda, Oremona (Italie). 

Naumakn .• Naturgeachichte der Vœgel Mittel- 
Buropas, 1905. Tomes I à IV (Passereaux), ou 
l'ouvrage complet en 12 volumes. M. Henri 
ïouard, Gd Hôtel de 1a Fresnaie, à Lompsès, 
par Hauteville (Ain). 

Oinis, Linote montagnarde, Venturon, Car- 
podaoe cramoisi. Bruants rares et exotiques. 
Oiseaux européens atteints d'aberration de plu- 
mage totale ou partielle : albinisme, méla- 
nime, isabellisme. 

J. VAN BAETEN, 21, rue Basse- Ville, Cour, 
trai (Belgique). 

Mâle Sarcelle Formose à vendre ou échanger 
contre oiseaux de parc. Achèterais femelle 
Formose, palmipèdes et échassiers. 

DULIGNIER, Saint-Gérand-le-Puy (Allier). 




Patêes Duqursne 

F'OUFt LA. JSrOURRITUJRJE DES 0ISEAU:K 

Ephémères, œufs fourmis, jaunes d'œufs, !* Nourritures spéciales pour l'élevage 

cœur et viande de bœuf, viande de ^gg faisandeaux, perdreaux, dindon- 

C cheval baies de sureau, vers de fa- M ^eaux, etc., etc. 

rine, etc., etc. ^ ' 

Pâtées complètes pour poussins et jeunes poulets 



Nourriturea économiques pour volailles, chiens, lapins, veaux, porcs, etc. 



= Bl[§eUlT III'QUES^JE pour CHIEÎiS = 

Demander Catalogue et renseignements à 
M. A. DUQUESNE, Eleveur. Montfort-sur-RisIe (EURE) 



CHATEAUROUX. IMP. LA5GU)I8 





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